Israël : l’inquiétude croît pour les détenus palestiniens en grève de la faim


mardi 8 mai 2012, par La Rédaction

La Croix-Rouge, l’Union européenne (UE) et le gouvernement palestinien ont exprimé mardi leur inquiétude pour les détenus palestiniens d’Israël en grève de la faim, certains depuis plus de deux mois, l’UE appelant à leur fournir l’assistance médicale nécessaire.

« Les missions de l’UE à Jérusalem et Ramallah sont préoccupées par la détérioration de l’état de santé des Palestiniens en détention administrative en grève de la faim depuis plus de deux mois. L’UE demande au gouvernement d’Israël de mettre à leur disposition toute l’assistance médicale nécessaire et d’autoriser les familles à leur rendre visite, à titre d’urgence », selon un communiqué.

L’UE réaffirme son opposition à la pratique des détentions administratives en Israël : « les détenus ont le droit d’être informés des raisons de leur détention et d’avoir un procès équitable sans délai injustifié ».

A Genève, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) s’est déclaré « extrêmement préoccupé » par la détérioration de l’état de santé de six détenus palestiniens en « danger de mort imminent » après une grève de la faim qui dure depuis 45 à 71 jours selon les cas.

« Nous demandons instamment aux autorités pénitentiaires de transférer les six détenus dans un hôpital correct de telle sorte que leur état puisse être constamment surveillé et qu’ils puissent recevoir les soins médicaux et infirmiers spécialisés, adaptés à leur état », a insisté Juan Pedro Schaerer, chef de la délégation du CICR en Israël et dans les Territoires occupés.

L’ONG palestinienne de soutien aux prisonniers Addameer a souligné dans un communiqué que Thaër Halahla et Bilal Diab, soupçonnés d’appartenance au mouvement radical Jihad islamique, étaient entrés mardi dans leur 71ème jour de grève de la faim.

L’organisation cite aussi les cas de Hassan Safadi (65ème jour), Omar Abou Chalal (63ème), Mohammad Taj (52ème), Mahmoud Sarsak (51ème) et Jaafar Ezzeddine (48ème).

Le CICR a aussi « regretté que les autorités israéliennes aient suspendu les visites des familles auprès des grévistes de la faim ».

Mardi, l’ONG Médecins pour les droits de l’Homme-Israël (PHR-Israël) a précisé à l’AFP que les autorités pénitentiaires refusait tout visite à la famille Diab sous prétexte que son état n’était « pas si grave que cela ».

« En vertu du droit international et de la législation israélienne, tout patient a le droit de voir sa famille », a protesté l’ONG.

De son côté, le gouvernement du Premier ministre palestinien Salam Fayyad a affirmé mardi « tenir Israël pour pleinement responsable de la sécurité des prisonniers en grève de la faim dans les prisons de l’occupation ».

Dans un communiqué, il a appelé à une intervention internationale « immédiate pour sauver les prisonniers de l’occupation et forcer le gouvernement israélien à répondre à leurs revendications légitimes », citant « la fin des punitions collectives, des fouilles au corps humiliantes et de l’isolement carcéral », ainsi que la privation de visites, en particulier pour les prisonniers originaires de la bande de Gaza.

Le Hamas, qui gouverne Gaza, a jugé l’appel de l’UE « insuffisant » et réclamé des « mesures concrètes et sérieuses pour assurer la sauvegarde de nos prisonniers dans les prisons de l’occupation, répondre à leurs revendications justes et humanitaires et mettre fin à leurs souffrances, compte tenu de la gravité de leur état de santé ».

(08 mai 2012 – Avec les agences de presse)

Dix prisonniers palestiniens en grève de la faim hospitalisés


samedi 5 mai 2012, par La Rédaction

L’ambassadeur palestinien à l’ONU a attiré vendredi l’attention du Conseil de sécurité sur le sort de dix prisonniers palestiniens en grève de la faim dans des prisons israéliennes et qui ont été selon lui hospitalisés dans un état grave.
« La vie de plusieurs prisonniers palestiniens en grève de la faim depuis 59 à 67 jours est désormais en danger », affirme Riyad Mansour dans une lettre adressée au président en exercice du Conseil, l’ambassadeur d’Azerbaïdjan Agshin Mehdiyev.
M. Mansour mentionne dix prisonniers détenus à la « prison Ramleh », dont « l’état de santé grave » a nécessité le transfert à l’hôpital de la prison. Il souligne en particulier que deux d’entre eux, Bilal Diab, et Thaer Halahla, sont en grève de la faim depuis le 29 février. Ils souffrent notamment de « perte de poids importante, atteinte nerveuse, déshydratation et baisse de la tension artérielle », selon la lettre.
« Israël est responsable du bien-être de ces prisonniers » et le Conseil de sécurité doit lui rappeler ses « obligations légales en la matière », affirme M. Mansour.
Au moins un tiers des quelque 4.700 détenus palestiniens d’Israël sont actuellement en grève de la faim, selon l’administration pénitentiaire israélienne et des sources officielles palestiniennes.
Thaër Halahla, 34 ans, et Bilal Diab, 27 ans ont comparu jeudi devant la Cour suprême israélienne, qui a renvoyé sa décision sur leur demande de remise en liberté. Ils sont détenus sans inculpation sous l’accusation d’appartenance au mouvement radical Jihad islamique.
Le coordinateur de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, Robert Serry, s’était déclaré jeudi « très inquiet des informations concernant (leur) condition critique ». Dans un communiqué, il avait appelé « Israël à se conformer à ses obligations en matière de droit international et de faire tout ce qui est en son pouvoir pour protéger la santé des prisonniers ».

(05 mai 2012 – Avec les agences de presse)

source

Voir aussi cet autre article sur le même site : Le Hamas met en garde Israël contre le décès de détenus en grève de la faim

La femme au drapeau, Rana Hamadeh.


Soutien aux grévistes de la faim en face de la prison d’Ofer; les militants ont été vaporisés au poivre dans la figure (alors qu’ils sont inactifs) et aspergés d’eau sale (l’eau du camion).

La dimension stratégique de la bataille des prisonniers politiques palestiniens


La dimension stratégique de la bataille des prisonniers politiques palestiniens,
et les tâches du mouvement de solidarité internationaliste.

(JPG) Dans le dernier paragraphe (Notre combat) de son article « Pour quoi se battent les prisonniers politiques Palestiniens ?« , Ameer Makhoul qui est un dirigeant de la société civile palestinienne, prisonnier politique actuellement enfermé à la prison de Gilboa, énonce clairement les raisons du combat des prisonniers.

« La véritable préoccupation pour le peuple sous occupation n’est pas de savoir si la détention de leurs fils ou de leurs filles relève d’un ordre administratif israélien ou d’un ordre de tribunal militaire ou civil. L’oppression, la répression et le pillage sont identiques, quel que soit l’outil que l’occupation utilise. La bataille d’Adnan est un combat contre le projet colonialiste dans son ensemble et pas seulement contre l’un de ses outils.

« Mais quand des dirigeants palestiniens et des militants des droits de l’homme déclarent que la prochaine étape consiste à intensifier la campagne contre les ordres de détention administrative, cela montre une faiblesse et une vision erronée.

« La bataille contre les lois d’urgence israéliennes est une bataille qui regarde les Israéliens, pas le peuple palestinien. La bataille pour les Palestiniens, et pour toutes celles et ceux dans le monde qui s’opposent à l’occupation et au colonialisme, est contre l’occupation et l’État occupant, et pour la libération nationale, pour le rétablissement de la patrie et le retour de ses habitants aujourd’hui réfugiés et exilés.« (souligné par JLM)

Dans une interview récente, Khader Adnan, à qui on demandait les raisons de sa grève de la faim le jour de son arrestation, réaffirmait lui aussi les objectifs stratégiques du combat des prisonniers et de son action. En se mettant en grève de la faim le jour de son arrestation il affirmait ainsi ne pas se battre seulement contre les mauvaises conditions de détention, et contre la « détention administrative » mais contre l’injustice de l’arrestation elle -même : « Ma réjection de la détention administrative est le complément direct de ma réjection de l’occupation elle-même et de ma quête pour retrouver la dignité qui nous a été volée par les Israéliens. »

La réaffirmation des revendications fondamentales :

L’un et l’autre affirment que l’objectif stratégique de la bataille engagée est la fin de l’occupation, de la colonisation, le retour des réfugiés et la libération nationale. Qu’ils ne refusent pas seulement les mauvaises conditions, la torture, l’arbitraire illégal de la détention administrative mais le fait des arrestations elles-mêmes. Même si Israël cessait les détentions administratives et respectait les droits des prisonniers, il faudrait combattre les arrestations et exiger la libération de tous les prisonniers. Ce qui ne saurait advenir sans la fin de l’occupation, de la colonisation et de l’apartheid.

Ce retour aux revendications fondamentales et cette volonté de lier les objectifs tactiques aux objectifs stratégiques est énoncé avec fermeté dans l’Appel BDS Palestinien de 2005 et réaffirmé sans cesse. Il semble que, au delà des partis impliqués, l’ esprit qui anime la bataille actuelle des prisonniers palestiniens est celui de l’écrasante majorité de la société civile palestinienne aujourd’hui et que nous connaissons mieux depuis et à travers l’Appel BDS. Rien de surprenant à cela puisque la quasi-totalité des associations de prisonniers et des familles sont signataires de l’Appel BDS. A l’occasion de la journée internationale des prisonniers, 12 organisations palestiniennes de prisonniers et de familles des prisonniers ont signé aux côtés du BNC Palestinien (Comité National Palestinien pour le BDS) un appel adressé aux sociétés civiles et aux organisations des droits de l’Homme demandant de boycotter l’entreprise israélienne G4S qui exporte dans le monde son « savoir faire »( !) en matière de surveillance et de répression dans les prisons.

L’appel des organisations de prisonniers au mouvement de solidarité : Inclure la question des prisonniers dans le BDS

Sans doute, sur le plan tactique faut-il dénoncer les violations du droit international et des conventions qui régissent les droits des prisonniers, sans doute faut-il dénoncer la « détention administrative » parce qu’elle est illégale au regard du droit actuel et aussi parce qu’elle est une forme de torture psychologique. Mais rien ne serait plus dommageable que d’isoler la lutte tactique pour le respect des droits des prisonniers et contre la détention administrative de l’objectif stratégique qui est la libération nationale du peuple Palestinien et le retour des Réfugiés.

Que les ONG humanitaires et des droits humains s’en tiennent à réclamer l’application des conventions de Genève en matière du droit des prisonniers et exigent l’interdiction de la détention administrative, cela relève de leur registre d’intervention et c’est tout à leur honneur. Le mouvement de solidarité à la Palestine se tient et se tiendra sans conteste à leurs côtés dans ce travail incontournable et indispensable.

Il appartient au mouvement de solidarité, non seulement de faire connaître et de porter l’ensemble des objectifs (tactiques et stratégiques) de la bataille engagée par les prisonniers palestiniens, mais aussi et surtout d’inventer les actions et les modalités d’un rapport de force qui fasse reculer Israël.

En liant la lutte actuelle des prisonniers à la campagne BDS internationale, les 12 organisations palestiniennes de défense des prisonniers ont clairement fait entendre leur choix et nous appellent explicitement à inclure la question des prisonniers politiques palestiniens dans la Campagne internationale BDS.


José Luis Moraguès

CCIPPP- BDS France


(JPG)

* José-Luis Moraguès est militant CCIPPP et BDS France

Du même auteur :

-  Trois ans du mouvement BDS en France – 2 février 2012
-  Comment Mehadrin incarne l’imaginaire sioniste au 21e siècle néo-libéral – 31 janvier 2012
-  Mettre l’Apartheid israélien au coeur de la cible de la campagne BDS européenne – 10 décembre 2011
-  UNESCO : Les peuples et les États disent NON à Israël-USA – 7 novembre 2011
-  Ceux qui sortent et ceux qui sont encore en prison – 20 octobre 2011
-  Agrexco en faillite ! – 15 août 2011
-  La stratégie du BDS : une arme pour la « reconnaissance » et l’édification d’un État pour le peuple palestinien – 5 juin 2011

source

Prisonniers palestiniens : au-delà des statistiques


vendredi 20 avril 2012, par La Rédaction

Le département des statistiques de l’Autorité palestinienne à Ramallah a publié, à l’occasion de la journée nationale des prisonniers, le 17 avril 2012, les chiffres récents concernant les prisonniers détenus dans les geôles de l’occupation.

Les forces de l’occupation ont arrêté, depuis 1967, jusqu’au mois de mars 2012, 800.000 Palestiniens. Depuis le début de l’Intifada al-Aqsa, plus de 70.000 Palestiniens ont été arrêtés. Depuis la date du 18 octobre 2011, jour de l’échange entre les prisonniers palestiniens et le soldat sioniste Shalit, 2000 Palestiniens ont été arrêtés, soit l’arrestation de 10 Palestiniens par jour.

124 prisonniers sont détenus avant la signature des accords d’Oslo, 50 sont détenus depuis plus de 20 ans et 23 prisonniers sont détenus depuis plus de 25 ans.

Selon le département, 4700 prisonniers palestiniens et arabes sont détenus dans 17 prisons et centres de détention, dont six prisonnières, 185 enfants, 27 membres du conseil législatif.

Plus de 20.000 Palestiniens ont subi la détention administrative depuis 2002, dont 320 toujours détenus.

527 prisonniers sont condamnés à la prison à vie, voire à plusieurs perpétuités, et 822 Palestiniens sont en état d’arrestation, en attente de « jugement ».

Le nombre des prisonniers décédés en prison s’élève à 201 martyrs, depuis 1967, à cause de la torture, de l’assassinat ciblé ou de la négligence médicale, ou suite à des coups violents ou des tirs de balles, ayant entraîné la mort. 76 prisonniers sont décédés depuis 2000.

L’année 2007 fut la plus meurtrière à l’intérieur des prisons, avec le décès de 7 martyrs, à cause de la négligence médicale.

Au-delà de ces statistiques qui démontrent le vrai visage de l’Etat sioniste et de ses prisons, les nouvelles en provenance des prisons indiquent que les prisonniers palestiniens et arabes (les prisonniers égyptiens et jordaniens notamment) poursuivent la grève de la faim commencée le 17 avril dans un climat de terreur : en effet, les autorités carcérales sionistes ont procédé à des transferts collectifs, touchant toutes les prisons, afin de punir les grévistes. Des centaines de prisonniers ont été transférés d’une prison à l’autre dans une tentative de déstabiliser les grévistes de la faim, mais en vain. Ceux-ci ont poursuivi le mouvement. D’autre part, les autorités carcérales ont voulu casser le mouvement en dépêchant, à la veille du 17 avril, un comité pour rencontrer les prisonniers et écouter leurs demandes. Mais les prisonniers ont refusé de répondre à cette manœuvre sioniste de dernière minute.

La répression des prisonniers grévistes prend de plus en plus d’ampleur. Le commandant de la région sud les a menacés disant qu’il utiliserait tous les moyens pour faire cesser la grève. D’après le représentant des prisonniers dans la prison de Ascalan, Nasser Abou Hamid, les forces spéciales ont investi les cellules et confisqué tous les objets personnels, y compris les vêtements et les couvertures. De plus, elles ont coupé l’arrivée d’eau chaude et retiré les appareils électriques, les ustensiles de cuisine, les cahiers et crayons. Dix prisonniers ont été transférés dont le frère de Nasser, Mohammad Nawara, Shadi Barghouty, Wael Abou Dalal, ces derniers n’ont même pas été autorisés à prendre leurs vêtements.

Par ailleurs, les prisonniers Thaer Halahla et Bilal Diab, du mouvement du Jihad islamique, en grève de la faim depuis plus de 50 jours maintenant, ont refusé la proposition sioniste consistant à les libérer contre leur déportation à Gaza. Leur état de santé s’est gravement détérioré. Les autres prisonniers grévistes depuis plusieurs jours, que ce soit plus de 30 jours comme sheikh Jaafar Izzidine, Hassan Safadi, Omar Abou Shalal, ou depuis une semaine, comme Abdallah Barghouty, réclament leur libération immédiate (pour les détenus administratifs) ou la fin de leur isolement et la possibilité de voir leurs familles.

Du côté de la solidarité populaire avec le mouvement des prisonniers, la région de Jénine poursuit les manifestations et les rassemblements de solidarité, en présence du prisonnier libéré sheikh Khodr Adnan, et plusieurs rassemblements ont eu lieu en Cisjordanie et notamment dans al-Qods. Dans Gaza, le comité des déportés de l’Eglise de la nativité, ont déclenché une grève de la faim devant les bureaux du CICR, en signe de solidarité avec les prisonniers grévistes.

A Jénine, le prisonnier libéré Khodr Adnane, qui a mené la plus longue grève de la faim pour réclamer la fin de sa détention administrative, a déclaré que tous les prisonniers grévistes sont unis et déterminés pour poursuivre leur mouvement, ils ont uniquement besoin de la solidarité et du soutien de la part des peuples libres dans le monde, car les prisonniers palestiniens luttent pour la dignité de tous les peuples, et notamment des peuples arabes et musulmans.

(20 avril 2012 – « Baladi »)

source

Khader Adnane : les grévistes palestiniens ont juré de ne pas renoncer


Les forces d’occupation israéliennes ont libéré mardi soir le gréviste palestinien, Khader Adnane, ayant observé une grève de la faim de 66 jours.

Dans un discours adressé à une foule qui l’a accueilli en grande pompe dans son village Aarabe, en Cisjordanie occupée, Adnane a assuré que les détenus palestiniens ont juré de ne pas renoncer à la stratégie de la grève de la faim. Il a également révélé qu’il a été menacé par les forces de l’occupation sioniste, de nuire à ses amis et aux membres de sa famille. Le détenu libéré a en outre affirmé que sa grève et la grève de tous les prisonniers, visent à rejeter toutes les formes de détention, dont la détention administrative.

Le Jihad islamique a pour sa part souligné que la ténacité de Khader Adnan a fait plier l’occupation, et a tracé une nouvelle victoire contre l’occupation.

L’expérience de Khader Adnane, 34 ans, a en effet inspiré 1200 autres détenus. Sa stratégie de grève de la faim a relancé le dossier très controversé de la détention administrative. L’occupation israélienne garde en prison plus de 300 Palestiniens sans jugement pour des périodes indéfiniment renouvelables de six mois.
Les grévistes coupés du monde extérieur

Entre-temps, le ministère palestinien des Prisonniers a révélé mercredi que les services pénitentiaires israéliens ont renforcé les pressions contre les grévistes. Les grévistes ont été placés, depuis mardi, à l’isolement. Ils sont désormais privés d’électricité, de radio, de télévision et même des journaux.

Le ministère rappelle que 201 prisonniers palestiniens ont trouvé la mort dans les prisons israéliennes depuis 1967. Les prisonniers sont morts de torture, de négligences médicales, de meurtres prémédités…

Près de 2000 Palestiniens ont été arrêtés depuis l’accord d’échange de prisonniers d’octobre 2011 entre le Hamas et l’occupation, soit une moyenne de plus de 10 arrestations par jour.

Israël  détient actuellement près de 4700 Palestiniens en prison, dont six femmes, 185 mineurs et 27 membres du Conseil législatif palestinien. Plus de 20 000 Palestiniens ont été en détention administrative – sans inculpation ni jugement – depuis 2002, dont 320 prisonniers sont encore en prison à ce jour. A cela s’ajoute 822 personnes en détention préventive.

source

Journée internationale pour les Prisonniers palestiniens


Appel à un rassemblement : Le 17 avril 2012 à Bruxelles


Le 17 avril 2012 à Bruxelles :

La Journée internationale pour les Prisonniers palestiniens

Appel à un rassemblement devant le Parlement européen et un meeting de solidarité.

Chères amies, Chers amis,

En avril 2011, vous avez participé à l’action devant la Commission européenne à Bruxelles à l’occasion de la Journée internationale pour les Prisonniers palestiniens. Plusieurs organisations ont publié des reportages et les messages de solidarité des différentes organisations présentes.

Nous vous invitons à être à nouveau parmi les organisateurs d’un

Un rassemblement devant la Commission européenne – Bruxelles (Rond-Point Schuman)

de 12h00-14h00

et

Une soirée de solidarité avec film 

« Libres dans la prison de Gaza » de Chris Den Hond et Mireille Court (25 min.) 2012)

et des témoignages.

de 18h00-22h00

Source et complément d’information

La Coquille : prisonnier politique en Syrie


Après six ans de séjour en France, où il a obtenu un diplôme d’études cinématographiques, le narrateur décide de rentrer au pays. Dès son arrivée à l’aéroport de Damas, il est arrêté par la police politique et conduit dans un bâtiment sinistre du centre-ville, appartenant aux Services de renseignements. Là, il est violemment frappé avant d’être accusé contre toute vraisemblance, lui, le chrétien grec-catholique, d’être membre du mouvement des Frères musulmans. Quelques jours plus tard, il se retrouve dans la gigantesque et terrible prison du désert, en compagnie de milliers de détenus. Commence alors son calvaire qui va durer treize ans… Ce récit, qui se présente comme un journal, restitue sous une forme légèrement romancée les choses vues et entendues par Moustafa Khalifé durant son long enfermement dans les prisons syriennes. Les scènes se succèdent, d’autant plus insoutenables qu’elles sont décrites sobrement sans vaine rhétorique ni pathos. Elles donnent à voir, non seulement la barbarie des geôliers, mais aussi le processus de déshumanisation des détenus et, au-delà, de toute la société.

– 4e de contenu –

Traduit de l’arabe par Stéphanie Dujols

source

voir   aussi  cet article Écrire la stupeur

« … Emprisonné pendant près de treize ans, Moustafa Khalifé a vécu les épisodes qu’il raconte, ou bien il les a entendus de la bouche même de détenus. Certains noms évoquent des personnes que l’on peut identifier. Le lieu de la détention, bien que jamais nommé, est même visible sur des photographies aériennes. Des rapports de sociétés pour la défense des prisonniers politiques, déjà anciens, témoignent, eux, directement, de l’existence de ce qui s’est passé, là-bas, près des ruines de l’antique Palmyre. » … »mémoriser pour pouvoir, un jour peut-être, raconter. Replié dans sa coquille, l’être regarde le monde par un orifice qui laisse entrer les choses dans un champ limité. Mais aussi il faut mettre en mémoire, fabriquer un texte, quotidiennement mémorisé, réitéré, fixer l’attention à ce bruissement inéluctable, qui semble sans cesse vouloir forcer l’être à dépasser les limites, malgré l’enfermement dans les ténèbres et dans l’abandon. Document de nature parfois anthropologique, La Coquille décrit les techniques de mémorisation, qui ont permis de retenir les noms des disparus, par le fait de la torture ou exécutés. La récitation du Coran, lui aussi intégralement mémorisé par le narrateur, participe de cet exercice, qui consiste à intégrer des parcelles du monde dans une mémoire qui pourrait elle aussi être sans objet, si le prisonnier disparaissait. »

«Libres dans la prison de Gaza »


En Exclusivité Belge le vendredi 17 Février

De 19h00 à 22h00

La projection du film est suivie d’une table ronde entre les participants.

En présence du réalisateur Chris Den Hond et  de Luk Vervaert  spécialistes des prisonniers nous parleras des conditions de détentions  des prisonniers Palestiniens.

Prix : 2 Euro

Mener le combat pour la libération à l’intérieur et à l’extérieur des prisons d’Israël

samedi 28 janvier 2012 – 10h:26

Ameer Makhoul – E.I


Prison de Gilboa – La réussite dans l’internationalisation d’une question se mesure à la capacité à transformer celle-ci en préoccupation d’ordre mondial.
(JPG)

Libérer les prisonniers politiques palestiniens signifie les libérer maintenant – Photo : APA images

Elle signifie la création sur le terrain d’une situation où il devient impossible au système international de continuer à fuir ses responsabilités ou à entretenir la collusion avec les puissants au détriment des victimes spoliées de leurs droits. Il devient alors possible d’actionner les mécanismes internationaux allant dans le sens de la restauration des droits des victimes, ce qui implique contraindre ceux qui violent ces droits à se soumettre aux décisions internationales.

Dans une telle situation, la justice devient pour la victime une arme puissante, capable de faire pencher le rapport de force en sa faveur face à la puissance répressive de la partie dominante- dans notre cas, face au régime colonialiste et raciste d’Israël.

Il y’a cependant une règle incontournable et que connaissent toute révolution populaire et tout mouvement de libération : il ne suffit pas d’être victime d’injustice pour gagner la solidarité mondiale. Pour que celle-ci naisse et se développe en leur faveur, il faut que les victimes soient non seulement conscientes mais aussi et surtout activement engagées dans la lutte pour la restauration de leurs droits, dans la résistance contre leurs oppresseurs. C’est dans la ténacité de cette lutte, sa capacité à toujours faire face aux nouveaux défis que se trouve l’ingrédient capable de transformer la sympathie internationale en solidarité agissante et efficace, c’est-à-dire en action politique douée de vision stratégique.

L’internationalisation consiste essentiellement à mobiliser et à entretenir la solidarité populaire mondiale ainsi qu’à agir en vue d’encourager les organismes internationaux à assumer leurs responsabilités.

Un mouvement de solidarité mondial actif et en pleine expansion peut puissamment influer sur les gouvernements, les instances législatives ainsi que les médias dans différentes sociétés et pays à travers le monde ; il peut aussi agir sur les instances officielles et internationales, tout cela en vue d’amener des changements de politiques sur deux fronts : soutenir et renforcer les victimes de l’injustice, d’une part, donner davantage de vigueur à leur espoir de voir leur juste combat aboutir grâce à leur lutte et grâce à la légalité internationale et, d’autre part, affaiblir et isoler l’oppresseur colonial raciste en le soumettant à des sanctions et en le privant de sa légitimité, le but ultime étant le démantèlement de ses structures répressives.

Libérez-les maintenant !

Pourtant, la position officielle palestinienne sur la question des détenus palestiniens dans les prisons israéliennes compromet gravement cette cause centrale dans le combat de notre peuple. (Voir Palestinian prisoners in Israeli jails).

La position officielle , en substance , est qu’aucun accord de paix avec Israël ne sera signé tant que tous les prisonniers n’auront pas été libérés. En pratique , cela revient , non seulement à pérenniser leur détention en remettant la question de leur libération à un avenir indéterminé mais à la réduire à un statut mineur dans l’agenda national palestinien. Libérer les prisonniers doit signifier les libérer maintenant.

Israël s’est acharné à transformer le cas d’un de ses soldats d’occupation capturé par la résistance palestinienne en question humanitaire de dimension internationale alors que dans le même temps elle a exigé que les 7000 prisonniers palestiniens de la liberté soient considérés comme des « terroristes ».

Pourquoi la position officielle palestinienne manifeste- t’elle autant de déférence à l’égard de cette curieuse logique ? Pourquoi la victime, la partie qui a la justice de son côté doit-elle présenter des excuses, présenter des excuses au nom des Palestiniens qui ne font que défendre leurs droits ? Pourquoi adopter la posture de celui qui demande pardon ? Quand avons-nous entendu pour la dernière fois une voix palestinienne officielle s’élever aux Nations Unies ou à l’Union Européenne ou même à Ligue Arabe pour défendre le droit et le devoir des Palestiniens de résister par tous les moyens à l’occupation, à la colonisation et à l’exode forcé ?

Cette étrange mentalité a récemment conduit un officiel de haut rang de l’Autorité Palestinienne à soulever la question de « l’incitation mutuelle » (à la violence) et à demander que soit réactivée la commission mixte supposée la gérer. Quelle tournure d’esprit a pu conduire un représentant supposé d’un peuple qui est soumis dans son intégralité à la colonisation, à la dépossession, à l’exode forcé et au blocus à accepter l’idée même d’une « symétrie » entre l’oppresseur colonial occupant et sa victime ?

Nous touchons là directement à la question des prisonniers. La position palestinienne officielle sur la scène internationale est, d’une part, de « condamner la violence » et donc tout acte de résistance contre l’occupant et, d’autre part, de coopérer étroitement avec l’establishment sécuritaire israélien. Quel message une telle position envoie- t’elle aux prisonniers palestiniens dont certains sont détenus depuis des dizaines d’années pour avoir participé à la lutte de libération ? La position officielle palestinienne n’est-elle pas négation de leur statut de prisonniers de la liberté, de la libération nationale, de la conscience et de la justice ?

Si nous voulons qu’un message gagne en popularité internationale, il faut qu’il soit clair et cohérent. Clarté et cohérence sont absolument cruciales dans tout effort d’internationalisation. Les discours et les actes des instances officielles palestiniennes doivent être en accord avec ceux du peuple- la société civile, les mouvements populaires- et ceux des mouvements internationaux de solidarité.

La direction palestinienne ne doit pas saper la solidarité

La fidélité à un tel principe est vitale si nous ne voulons pas que se répète l’expérience amère que nous a fait vivre l’Autorité palestinienne dans le sillage de la campagne de boycott des universités israéliennes menée au Royaume-Uni, campagne qui s’insère dans le cadre plus vaste du boycott académique et culturel d’Israël. Cette action, de par son ampleur et son efficacité inédites, a permis aux mouvements de solidarité de faire une avancée de portée stratégique mais voici ce qui est arrivé : quelques semaines à peine après le lancement de la campagne, l’université Al Qods de l’Autorité Palestinienne conclut un accord avec la Hebrew University israélienne. Cette décision n’est rien d’autre qu’un coup de poignard dans le dos, porté aux mouvements de solidarité avec le peuple palestinien.

Nous devons aussi nous poser la question de savoir l’importance qu’accordent l’A.P et l’OLP à la question des prisonniers dans leur diplomatie internationale, à l’ONU et dans leurs réunions avec les Israéliens. La considèrent-ils comme une question nationale prioritaire ? Il semble que non, car rien ne peut justifier leur incapacité à lui donner, durant les pourparlers qui ont eu lieu ces dernières années, statut de question centrale dont la solution conditionne à l’avance tout progrès.

Les accords d’échange de prisonniers ne peuvent en eux-mêmes prendre en charge la question des prisonniers dans son ensemble. De même, se confiner dans l’attente d’un accord de paix doté de pouvoirs magiques est s’égarer dans la futilité. On ne peut, non plus, porter cette question devant l’appareil judiciaire israélien puisque cet appareil est dans son essence organe du dispositif répressif de l’Etat raciste occupant, organe destiné à légitimer les crimes de celui-ci en leur donnant « couverture légale ».

La question des prisonniers pourtant reste un élément essentiel du conflit et nul ne peut ignorer que son issue dépend des rapports de force. Il est certain que les révolutions arabes auront un effet décisif sur le rapport de force à l’échelle régionale et sur la gestion du conflit. Dans ce contexte, l’internationalisation offre la possibilité de se libérer des règles du jeu qui ont prévalu jusqu’à présent et d’en imposer de nouvelles.

En dehors de cette voie, le renoncement de la direction officielle palestinienne à son rôle et le déclin de la lutte populaire qui s’en est ensuivi, offrent aux prisonniers peu d’options dans la lutte autres que la grève de la faim. Et il n’est pas toujours assuré que celle-ci permette des gains mineurs ou du court-terme, sans parler de sa capacité à faire avancer la cause de leur libération. De nouvelles formes de lutte s’imposent. Elles doivent être élaborées dans les prisons et être liées à la lutte d’ensemble et à ses objectifs stratégiques.

Engager la société civile

Il y’a dans le monde un gisement immense et varié d’organisations palestiniennes, arabes et internationales qui sont crédibles et compétentes, qui possèdent un parcours de lutte en faveur des droits palestiniens incluant, bien sûr, la lutte en faveur des prisonniers. Les organisations palestiniennes peuvent entretenir des relations plus denses avec elles, tisser des réseaux avec leurs homologues dans le monde afin d’amener des changements de politiques en faveur des droits palestiniens.

Les bureaux de représentation officielle palestinienne doivent se montrer plus disposés à faciliter un tel travail, à encourager les mouvements populaires et à leur donner un soutien officiel. La décentralisation et la complémentarité sont indispensables dans ce contexte. Nous constatons malheureusement que trop souvent, les politiques et pratiques quotidiennes des instances palestiniennes officielles entravent ou entrent en conflit avec le militantisme pro-palestinien non-officiel. Ce fait s’est manifesté de façon flagrante dans le cas du mouvement palestinien et international BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions) lancé contre Israël. Les instances officielles supérieures palestiniennes s’y sont opposés sous le prétexte des négociations en cours avec le gouvernement de Ehud Olmert.

La tâche de l’internationalisation doit être confiée à un Comité National de Coordination comprenant des représentants des organisations populaires et de la société civile ainsi que des représentants des instances officielles, tous provenant aussi bien de la Palestine historique que de la diaspora. Les missions confiées à chacun des groupes en son sein doivent être coordonnées et se fonder sur la vision que la cause palestinienne est une et indivisible et que, d’autre part, Israël constitue un bloc oppresseur dont la nature reste toujours la même par delà ses diverses politiques. En d’autres termes, l’occupation de la Cisjordanie et de Gaza, la spoliation des terres, le régime raciste à l’intérieur de la Ligne Verte ainsi que l’épuration ethnique subie par les réfugiés et les déplacés procèdent tous de la nature coloniale et raciste de l’Etat israélien.

Revoir la stratégie et les priorités

Dans le processus de gestion du conflit, il ya des questions essentielles qui ne peuvent ni être gelées ni remises à plus tard. Aucun officiel palestinien n’a mandat pour les mettre de côté au profit d’autres tâches, même s’il est vrai que les résultats ne peuvent être obtenus simultanément pour toutes les questions.

Il faut, à l’échelle arabe et palestinienne, faire une réévaluation d’ensemble de la stratégie consistant à négocier afin d’obtenir des solutions transitoires. Cette réévaluation doit inclure les effets de cette stratégie sur les droits palestiniens ainsi que sur la lutte en vue de les réaliser. A cet égard, les conséquences désastreuses des accords d’Oslo durant les deux dernières décennies sont devenues claires. En morcelant les droits palestiniens fondamentaux, on en a fait des fragments otages les uns des autres, de la monnaie d’échange par le biais de laquelle obtenir un droit signifie en concéder un autre.

Au niveau international, il peut parfois sembler que des gains diplomatiques peuvent être obtenus en donnant la priorité à une série de droits fondamentaux -ou à une question, telle que la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem- et en ignorant les autres. Mais il y’a un risque, aussi bien à l’intérieur que sur le plan international, que ces droits soient indéfiniment laissés à l’abandon parce qu’ils ne sont pas considérés comme prioritaires par la direction palestinienne actuelle. Par exemple, la campagne palestinienne officielle tentant d’attirer l’attention internationale sur la colonisation porte, à dessein ou non, le message implicite que la libération des prisonniers n’est pas une grande priorité.

Nous n’avons jamais entendu un négociateur official palestinien menacer d’arrêter les pourparlers ou de porter la question devant le Conseil de Sécurité tant que les prisonniers n’ont pas été libérés ou que, au moins, un calendrier pour leur libération soit discuté. Nous avons là affaire à une décision politique palestinienne marquée par l’indécision et le refus d’assumer une position claire étant donnés les rapports de force à l’échelle régionale et internationale. Nous avons là, en d’autres termes, affaire aux conséquences désastreuses des accords d’Oslo qui ont induit une impuissance qui touche aussi bien à la substance qu’à l’application.

Toutes les questions liées aux droits des Palestiniens qui ont été « remises à plus tard » sous les accords d’Oslo restent encore « remises à plus tard » et semblent condamnées à rester ainsi indéfiniment. Ce sort s’applique à la question des réfugiés et des déplacés ainsi qu’à celle de Jérusalem. Cela, sans parler de l’acceptation tacite par la direction palestinienne de l’idée que les Palestiniens de 1948 constituent une affaire interne israélienne- une notion que ces mêmes Palestiniens rejettent de toutes leurs forces.

A propos des prisonniers, l’expérience nous a montré qu’Israël n’est pas fidèle à son principe déclaré de ne pas libérer les prisonniers impliqués dans des actions où des Israéliens ont été tués. La même chose s’applique à son refus de libérer des prisonniers provenant de Jérusalem ou des territoires de 48. Ce qui compte, ce sont les rapports de force et les rapports de force ne sont pas statiques, ils changent avec le niveau de la lutte populaire palestinienne, avec la politique officielle palestinienne et avec la volonté libératrice palestinienne dans son ensemble.

La cause de la libération des prisonniers exige que la lutte soit menée sur deux fronts qui se complètent l’un l’autre, à l’intérieur et à l’extérieur des murs des prisons.

* Ameer Makhoul est un dirigeant palestinien de la société civile actuellement détenu dans la prison de Gilboa.

L’original en arabe de cet article a d’abord été co-publié par le journal Al-Akhbar de Beyrouth.

(JPG)

Consultez le blog pour Amir Makhoul

18 janvier 2012 – The Electronic Intifada – Vous pouvez consulter cet article à :
http://electronicintifada.net/conte…
Traduction : Info-Palestine.net – Najib Aloui

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑