Syrie: le caricaturiste Farzat dédie son prix aux « martyrs de la liberté »


Le célèbre caricaturiste syrien Ali Ferzat, récompensé jeudi par le prestigieux prix Sakharov du Parlement européen, a dédié sa récompense

Le célèbre caricaturiste syrien Ali Ferzat, récompensé jeudi par le prestigieux prix Sakharov du Parlement européen, a dédié sa récompense « aux martyrs de la liberté ».
Le célèbre caricaturiste syrien Ali Ferzat, récompensé jeudi par le prestigieux prix Sakharov du Parlement européen, a dédié sa récompense « aux martyrs de la liberté ».

« Je partage cette récompense avec tous ceux qui sont épris de liberté et de démocratie. Elle suscite l’espoir dans l’avenir », a déclaré à l’AFP M. Farzat joint par téléphone à Koweït.
« La liberté est un message que se renvoient les générations.

Je dédie cette récompense à tous les martyrs qui ont donné leur vie pour la liberté et qui nous ont appris la culture de la liberté », a-t-il ajouté.
« Je leur suis reconnaissant, ainsi qu’aux (militants) dans la rue qui, partout dans le monde, recherchent la liberté, la démocratie et la dignité », a-t-il poursuivi.
La Syrie est secouée depuis la mi-mars par un mouvement de contestation sans précédent contre le régime du président Bachar al-Assad. Plus de 3.000 personnes ont été tuées par la répression menée par le régime, selon l’ONU.
Le 25 août, M. Farzat avait été enlevé et frappé à Damas par des membres des services de sécurité masqués et des miliciens du régime d’Assad. Il avait subi notamment des fractures aux mains.
Outre M. Farzat, le Parlement européen a décerné son Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit à quatre autres militants du Printemps arabe.
Les autres lauréats sont le protestataire tunisien Mohamed Bouazizi –honoré à titre posthume–, la militante égyptienne Asmaa Mahfouz, le dissident libyen Ahmed al-Zubair Ahmed al-Sanusi, l’avocate syrienne Razan Zeitouneh.

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Mashaal Tammo assassiné de sang froid : un autre crime contre l’humanité



Le vendredi 7 octobre, Mashaal Tammo, un militant bien connu et un porte-parole pour le futur parti kurde, a été martyrisé par les sbires de Bachar Al Assad dans la ville de Qamishli. Ceci est un autre acte d’agression non seulement contre les Kurdes et le mouvement démocratique syrien mais contre la communauté internationale et tous les gens qui luttent pour la démocratie dans le monde. L’opposition syrienne veut souligner que le sang de Tammo Mashaal et de toutes les autres personnes innocentes tuées en Syrie est sur les mains de Bachar Al Assad et des pays comme la Chine et la Russie qui, par leur veto sur la résolution de la Sécurité de Sécurité des Nations Unies réitère leur soutien à des actes odieux de terrorisme.
Le Comité belge pour soutenir la révolution syrienne, appelle les Nations Unies et tous les pays libres dans le monde à condamner le triangle de la terreur qui inclut l’Iran, la Chine et la Russie pour leur soutien inhumain au régime criminel syrien. Il est temps que le monde comprenne que les intérêts économiques ne justifient pas le massacre d’une nation.
Le peuple syrien n’oubliera jamais ces actes de trahison à l’échelle internationale et réitère sa détermination à apporter la liberté et la démocratie dans son pays.

Le 8 octobre 2011
Le Comité belge pour soutenir la révolution syrienne

Syrie: « Confessions » télévisées et manipulations


Par LEXPRESS.fr, publié le 06/10/2011 à 18:16

Syrie: "Confessions" télévisées et manipulationsune jeune fille présentée comme Zaïnab al-Hosni a été ehibée à la télévision syrienne le 5 octobre pour démentir les informations sur sa mort brutale dénoncée par desassociations de défense des droits de l’Homme.Copie d’écran de la télévision syrienne

Une opposante, un colonel et une ambassadrice qui réapparaissent à la télévision syrienne pour discréditer les contempteurs du régime de Bachar al-Assad. La bataille de la désinformation bat son plein à Damas.

Forte du soutien de la Russie et de la Chine à l’ONU, la Syrie, en marge de la brutale répression qu’elle exerce contre ses opposants, mène une nouvelle fois la bataille sur le plan de la communication.

afp.com

On se souvient de la vraie-fausse défection de l’ambassadrice de Syrie à Paris, Lamia Chakkour, en juin dernier. Selon plusieurs connaisseurs de la Syrie, il s’agissait d’une manipulation des services de renseignement de Damas visant à discréditer la chaîne d’information internationale France 24, jugée hostile au régime de Bachar al-Assad.

Le même scénario pourrait s’être reproduit, visant cette fois les organisations de défense de droits de l’Homme, avec l’apparition à la télévision syrienne, mercredi soir, d’une jeune fille présentée comme Zaïnab al-Hosni, pour démentir les informations sur sa mort brutale.

Amnesty, Human rights Watch et Zaïnab al-Hosni

L’histoire de cette jeune fille avait fait le tour du monde en septembre, après l’annonce par des organisations internationales des droits de l’Homme de la découverte de son corps décapité et démembré. « J’ai fui ma famille car mes frères me battaient. Mes parents ne savent pas où je suis », a affirmé ce mercredi cette jeune fille à la télévision syrienne. Vêtue de noir, elle a montré une carte d’identité avec le nom de Zaïnab al-Hosni.

« La famille de Zaïnab al-Hosni a confirmé que la jeune femme apparue à la télévision syrienne était bien Zaïnab al-Hosni », ont reconnu les organisations de défense des droits de l’Homme Amnesty international et Human Rights Watch (HRW). Amnesty et HRW « regrettent cette erreur d’identification » et affirment que l’erreur est venue de la famille qui pensait effectivement avoir reconnu le corps de Zaïnab. L’identité de la victime enterrée par la famille al-Hosni demeure inconnue, et les deux organisations ont appelé à une enquête indépendante pour déterminer qui elle est.

Un site pro-syrien en français

Bien organisée, la communication syrienne dispose d’un site de soutien en français, InfoSyrie qui dénonce les médias hostiles, « de CBS à Al Jazeera » qu’elle accuse de désinformation. On remarquera les cautions morales françaises de ce site: Alain Soral, ancienne « plume » de Jean-Marie Le Pen, et ami de Dieudonné, qui a claqué la porte du Parti en 2009 parce qu’il n’avait pas été désigné comme tête de liste frontiste pour les élections européennes en Île de France. Autre fan de Bachar al-Assad mis en avant par InfoSyrie, Gilles Munier, ancien secrétaire général des Amitiés franco-irakiennes, suspecté d’avoir bénéficié de barils de pétrole de Saddam Hussein en récompense de son soutien au régime baasiste.

Les deux organisations qui ont demandé aux autorités de pouvoir se rendre en Syrie pour pouvoir enquêter sur ce cas et sur d’autres suspects, rappellent qu’elles sont interdites d’accès depuis le début de l’insurrection populaire en mars.

Amnesty avait annoncé que la jeune fille avait été enlevée par des hommes en civil le 27 juillet, apparemment pour faire pression sur son frère Mohammad qui participait à l’organisation de manifestations à Homs. Le 13 septembre, leurs parents ont été convoqués dans un hôpital militaire pour récupérer le corps de Mohammad, apparemment torturé et mort en détention. Ils ont alors découvert un corps, mutilé et défiguré, qu’ils ont cru être celui de Zaïnab mais ils n’ont été autorisés à le récupérer qu’après avoir signé un document selon lequel leurs enfants ont été tués par une « bande armée ».

Les opposants harcelés à l’étranger

Parallèlement à cette affaire, l’ambassade syrienne à Washington s’en est pris mercredi aux « allégations fausses » d’Amnesty international, selon laquelle le régime de Bachar el-Assad harcèle et menace des opposants en Europe et en Amérique.

Amnesty citait les cas de plus de 30 militants au Canada, au Chili, en France, en Allemagne, en Espagne, en Suède, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. « Rapport haineux », selon l’ambassade, qui évoque des « histoires inventées de toutes pièces ».

Le colonel Hussein Harmouche enlevé en Turquie?

Le mois dernier, un autre cas de vraie-fausse information a entouré la disparition du colonel Hussein Harmouche en Turquie, où il avait trouvé refuge, et sa réapparition à la télévision syrienne. La télévision publique a diffusé le 15 septembre des déclarations de cet officier qui avait fait défection au printemps. Début juin, Hussein Harmouche avait annoncé sa désertion dans une vidéo diffusée par des sites internet et des chaînes de télévision arabes en expliquant son « refus de tuer des civils sans armes ».

Pour l’opposition, le colonel Harmouche a vraisemblablement été kidnappé en Turquie et ramené de force au pays. Dans l’entretien diffusé par la télévision syrienne, Hussein Harmouche affirme avoir décidé de « rentrer » en Syrie de son propre chef et nie avoir été forcé d’ouvrir le feu sur des civils. Le 8 septembre, le frère de Hussein Harmouche était mort quelques heures après son arrestation dans le village d’Abline, dans le nord-ouest du pays, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Les opposants syriens pourchassés jusqu’à Paris


LEMONDE | 03.10.11 | 14h39   •  Mis à jour le 04.10.11 | 08h02

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Loin de Rastan, dont l’armée syrienne a repris le contrôle ce week-end au prix de dizaines de morts et de cinq jours de bombardements à l’arme lourde. Loin d’Istanbul où l’opposition syrienne au régime de Bachar Al-Assad a mis en place un Conseil national de 190 membres. Si loin, mais si semblable. Le sort de la révolution syrienne, qui a débuté le 15 mars dernier, se joue aussi à Paris, théâtre d’une guerre de l’ombre menée par les moukhabarat, les redoutés et pléthoriques services de renseignement syriens. Dans un rapport publié mardi 4 octobre, Amnesty International s’inquiète de ces pratiques de fichage et d’intimidation, qui peuvent aller jusqu’à l’agression brutale.

La scène se répète tous les week-ends sur la place du Châtelet. A 17 heures, plusieurs dizaines de Syriens et de sympathisants à leur cause se rassemblent autour de la fontaine. Ils déploient drapeaux, affiches et photos dénonçant la dictature et la répression en Syrie. L’atmosphère paraît chaleureuse, fervente. Tout ce que risquent ces manifestants, se dit-on, est l’indifférence.

Un œil plus exercé remarquera le manège des mouchards qui tournent à pied ou en voiture, filmant l’assistance avec leurs téléphones portables. Le 26 août dernier, Azad Namo s’occupait de la sono. « J’ai entendu une insulte. Soudain, des mains ont empoigné mon visage par derrière. Je me suis débattu, une femme a tenté de me mordre. Quand j’ai chuté au sol, au moins cinq personnes, deux jeunes hommes, deux jeunes femmes et une femme plus âgée, me donnaient des coups de pied, de poing. » Azad, photographe de formation, a quitté la Syrie en 2008 à la suite d’un séjour en prison de deux mois et demi pour avoir célébré le Nouvel An kurde. Militant de la cause de ce peuple, il est aussi un membre de la Déclaration de Damas, une coalition d’opposants.

Les deux policiers en civil affectés à la protection du rassemblement du 26 août, autorisé par la préfecture, sont vite débordés par l’irruption des casseurs. Pendant qu’Azad se faisait agresser, plusieurs manifestants sont pris simultanément à partie par des « infiltrés », qui crient des slogans à la gloire du président syrien.

Shevan Amhani est également roué de coups. Agé de 31 ans, il vit en France depuis 11 ans, où il est responsable d’exploitation dans une société de transports. Ce jeune cadre à l’allure soignée n’avait jamais milité avant la révolution. Depuis qu’il participe à des rassemblements, il reçoit des courriels où ses interlocuteurs, toujours anonymes, le menacent : « Même là où tu es, on t’aura. »

Le président syrien Bachar Al-Assad à Damas, le 20 juin 2011.

Le président syrien Bachar Al-Assad à Damas, le 20 juin 2011.AP

Neuf perturbateurs sont finalement appréhendés. Un policier confie à Azad qu’au moins deux d’entre eux détiennent des passeports diplomatiques. Shevan, Azad et Georgette Alam, elle aussi agressée, se rendent au commissariat du 2e arrondissement pour porter plainte. Le commissaire leur demande d’identifier leurs agresseurs : « Je ne voulais pas, raconte-t-il. Mais il a insisté. Quand je suis monté dans le fourgon, ils m’ont insulté et menacé en arabe. Ils me filmaient avec leur téléphone. J’en ai reconnu quatre qui m’avaient personnellement frappé. » Les agresseurs demandent à porter plainte à leur tour. Quelques heures plus tard, tout le monde est relâché.

Shevan, Azad et Georgette se font raccompagner par Salem Hassan, un militant kurde et membre fondateur de la Déclaration de Damas, et Mohamad Taha, cheville ouvrière du Comité de coordination de Paris pour le soutien à la révolution syrienne. Arrivés rue Lafayette, une voiture rouge pile à leur hauteur. Quatre hommes en descendent, armés de battes de base-ball. « Ils disaient : « Alors, fils de putes, vous faites des manifestations ? », se souvient Mohamad Taha. D’autres sont arrivés. Je me suis retrouvé immobilisé au sol, pendant qu’un homme cognait ma tête contre le trottoir. » Il a cru mourir quand il a vu la voiture rouge manoeuvrer pour l’écraser. Dans un sursaut, il se dégage et gagne un café, où Georgette et les autres ont pu se réfugier. Une vingtaine de personnes les assiègent. « Un film d’horreur, complète Mohamad. Soudain, j’ai compris ce que vivaient les Syriens au jour le jour. Je n’aurais jamais imaginé qu’il y avait des chabiha (milice de civils armés pro-régime) à Paris. J’ai reconnu au moins deux agresseurs du Châtelet. Ils nous avaient suivis. » Seuls deux assaillants ont pu être interpellés.

« PRÉTEXTE DE L’IMMUNITÉ DIPLOMATIQUE »

Shevan, Mohamad et Salem, sérieusement blessés et couverts de sang, passent la nuit à l’hôpital Lariboisière. Au petit matin, ils vont porter plainte au commissariat du 9e, d’où ils voient, médusés, deux de leurs agresseurs sortir, libres. Depuis, la peur s’est installée, même si les militants démocrates continuent de se mobiliser par des manifestations et en diffusant les informations et vidéos qu’ils reçoivent du pays. Georgette passe son temps à consulter son rétroviseur quand elle se gare dans un parking.

« Je n’avais pas conscience de prendre un risque ici », assure cette gérante d’un restaurant oriental de 43 ans, installée à Paris depuis 1985. Mohamad, lui, sursaute dès qu’on l’approche de trop près. La famille d’Azad Namo a appris ses mésaventures parisiennes par une visite des hommes au blouson de cuir. « Mon frère m’a appelé pour me dire : « S’il te plaît, toi tu es loin, ne nous fais pas d’ennuis. »« , raconte Azad. Les vieux parents du pianiste Malek Jandali, réfugié aux Etats-Unis, ont été violemment battus à Homs. Le frère de Radwan Ziadeh, un chef de file de l’opposition en exil, a été arrêté le 30 août à Damas.

L’avocate des victimes des deux tabassages du 26 août, Me Seve Aïdin, met en garde : « Je ne pourrais pas comprendre que les agresseurs présumés ne soient pas traduits en justice sous prétexte de l’immunité diplomatique. » Contrairement à Washington et Londres, le Quai d’Orsay n’a pas convoqué l’ambassadeur de Syrie pour lui exprimer son indignation. Paris a nié que les Syriens impliqués, réputés appartenir à la belle-famille de Maher Al-Assad, le frère du président, détiennent des passeports diplomatiques. Volonté de discrétion, crainte de représailles sur l’ambassadeur de France à Damas, agressé la semaine dernière par des manifestants pro-régime ? « Nous avons de très bonnes raisons de croire que l’ambassade syrienne à Paris est impliquée », assure Neil Sammonds, le coordinateur de l’enquête d’Amnesty International, qui énumère 30 cas dans huit pays, révélant le caractère systématique de la surveillance et du harcèlement.

La pratique n’est pas nouvelle. Déjà en 1982, une manifestation, entre le boulevard Saint-Germain et le siège de l’Unesco, contre le massacre de Hama avait été sauvagement attaquée par des dizaines d’agents syriens, venus spécialement de Damas. Rencontré samedi à la manifestation place du Châtelet, Salim Al-Awabdeh s’en souvient très bien : il porte encore des blessures aux mains.

Christophe Ayad

Syrie, dans l’enfer de la répression


Syrie, dans l’enfer de la répression par magazinelavie
Sofia Amara, 43 ans, est la première journaliste indépendante à avoir pu filmer – en août 2011 – la révolte du peuple syrien et sa sanglante répression. Son documentaire Syrie, dans l’enfer de la répression, sera diffusé le 11 octobre à 20h40 sur Arte.

Les arrestations et les menaces de mort réduisent au silence les militants syriens


Muhammad Al Hamwi et son père sont détenus au secret.

Muhammad Al Hamwi et son père sont détenus au secret.

© DR

27 septembre 2011

Lorsque des membres des forces de sécurité syriennes sont venus chercher Muhammad Al Hamwi le 23 septembre, ils ont proféré des menaces destinées à instiller la peur dans le cœur de n’importe quel parent syrien.

Le soldat en charge de l’arrestation a dit aux parents de Muhammad Al Hamwi : « Je piétinerai la gorge de votre fils avec mon pied. Quand je vous le rendrai, il sera dans le même état que Ghayath Mattar. »

La famille Al Hamwi ne savait que trop bien ce qu’il voulait dire. Ghayath Mattar, un ami de leur fils, a été arrêté le 6 septembre après avoir contribué à organiser des manifestations pacifiques à Daraya, dans la banlieue de Damas. Son corps sans vie a été remis à ses parents quatre jours plus tard. Il présentait des marques de torture.

Amnesty International a recueilli des informations sur plus de 100 personnes qui seraient mortes en détention depuis le mois d’avril.

Muhammad Al Hamwi aurait été emmené dans la nuit du 23 septembre, avec son père et deux autres habitants de leur immeuble.

Son frère Haytham a raconté à Amnesty International que Muhammad a été pris pour cible parce qu’il avait filmé des manifestations en faveur de réformes et téléchargé ces vidéos sur Internet. En revanche, il ignore totalement pourquoi son père a été arrêté.

Amnesty International a fait part de ses craintes concernant la sécurité d’au moins neuf militants de Daraya qui ont été placés en détention ces derniers mois.

Haytham Al Hamwi, militant qui a passé deux ans et demi derrière les barreaux en tant que prisonnier d’opinion avant de quitter la Syrie pour le Royaume-Uni, estime que ce chiffre est bien en deçà de la réalité. Selon lui, environ 600 personnes ont été arrêtées dans son ancien quartier et il affirme que parmi ses anciens amis, il y en a plus en prison qu’en liberté.

« Chaque famille compte désormais l’un de ses membres en prison, explique-t-il. »

Mais Haytham préfère les placer dans la catégorie des « disparus » plutôt que dans celle des prisonniers. Personne ne sait où ces personnes ont été conduites ni quelles sont les charges qui pèsent contre elles. Cependant, d’après des défenseurs des droits humains, des rumeurs laissent entendre qu’elles se trouveraient aux mains des services de renseignements de l’armée de l’air, principal organe de sécurité syrien actuellement en opération à Daraya.

Haytham est convaincu que les arrestations toujours plus nombreuses font partie d’une nouvelle stratégie des autorités syriennes visant à étouffer six mois de manifestations en faveur de réformes.

« Même si les homicides se poursuivent, ils ont trouvé qu’il était plus efficace d’arrêter les gens que de les tuer. Lorsque le sang est versé, cela met généralement le feu aux poudres… Tandis que les arrestations font grimper la peur. »

Et s’il s’agit bien d’une stratégie, selon Haytham, elle fonctionne. Il raconte que les manifestations à Daraya sont désormais réduites à des rassemblements de 20 ou 30 militants, qui filment rapidement leur manifestation avant de se disperser.

« Aujourd’hui, Daraya est plutôt silencieuse, car la majorité des militants sont derrière les barreaux. Les forces de sécurité sont partout, dans les rues, dans les immeubles, partout ! »

Haytham ne considère pas son frère Muhammad comme un militant politique. Il espère que la menace de mort proférée à l’encontre de Muhammad n’était qu’une parole en l’air. Mais après la mort de Ghayath Mattar, comment en être sûr ? Les familles des « disparus » ne peuvent qu’attendre et espérer.

Lettre du mari de Rafah Nached aux journaux


Publié le 27 septembre 2011 par midite



Le Monde ,Le Figaro, Libération, Lorient, LeJour Alsafir

A propos de l’arrestation de Madame Rafah Nached, psychanalyste syrienne

Monsieur, Madame

Vous avez publié récemment des informations sur l’arrestation de la psychanalyste syrienne Rafah Nached (66 ans qui a des problèmes de santé) à l’aéroport de Damas, le 10 septembre 2011.

Elle est toujours détenue, après 5 jours de disparition entre les mains des services de la sécurité militaire. Nous vous remercions pour toutes les informations justes et claires que vous avez diffusées pour soutenir notre demande de sa libération.

D’autre part, nous voulons vous informer que Madame Nached n’a jamais exercé aucune activité politique, ni d’activités autre que son travail de psychanalyse.

Au début des événements dramatiques qui se déroulent actuellement en Syrie, elle a entrepris un projet de travail de thérapie de groupe avec un collègue, père jésuite psychanalyste aussi.

Ce travail était fondé sur le psychodrame et se tenait dans les lieux de prière des jésuites à Damas.

Un jour, un journaliste de l’AFP a assisté à une scène de psychodrame sur la peur. A la suite de quoi, il a publié un article sur ce psychodrame, et bien qu’on lui ait demandé de ne pas citer de noms des personnes présentes, il a cité le nom de Madame Rafah dans son article.

Vous trouverez ci-joint l’article de AFP et les correspondances entre Madame Nached et le journaliste Sammy Ketz, article qui a causé certainement son arrestation en même temps que mis sa vie en danger.

Nous souhaitons que vous donniez votre témoignage sur cette affaire pour nous aider à sa libération.

Quant au journal, l’Orient le Jour, il a publié une caricature en citant son nom, ce qui jette de l’huile sur le feu et augmente le danger de sa vie en prison.

Nous vous remercions pour votre attention et nous vous demandons de publier cette lettre dans votre journal. Fayssal Abdallah Professeur d’histoire a l’Université de Damas Mari de madame Rafah Nached

source

Appel pour la libération de Rafah Nached !


Signer la pétition   –   Voir les signataires


Notre collègue, la psychanalyste syrienne Rafah Nached, a été arrêtée le samedi 10 Septembre à 1 heure 30 du matin (heure de Damas) à l’aéroport de Damas par les services de renseignement syriens. On ignore les raisons de son arrestation. Aucune information n’a pu être obtenue auprès des services de l’aéroport. L’engagement professionnel de Rafah Nached a toujours été de nature scientifique et humanitaire.

Nous réclamons sa libération immédiate

Nous demandons à l’ambassade de France d’intervenir au plus tôt pour obtenir des informations concernant son état de santé et les motifs de sa détention.

Nous invitons la communauté psychanalytique à montrer sa solidarité avec notre collègue en diffusant cette information par tous les moyens et en signant cette pétition. Nous invitons tous ceux et toutes celles qui veulent exprimer leur solidarité à la signer et à la faire connaître.


L’affiche à diffuser

Nous vous invitons à imprimer et à diffuser par tous les moyens cette affiche. Elle peut être apposée à votre travail, dans les hôpitaux, les dispensaires et tous les lieux publics. Vous pouvez en adresser un exemplaire à ceux que vous connaissez (presse locale, personnalité, députés, maires, etc.)
Vous pouvez bien entendu joindre le texte complet de la pétition.
Tenez-nous informés en retour des actions que vous entreprenez ainsi que des réponses éventuelles que vous pourriez recevoir

Laurent Le Vaguerèse

Cliquez ici pour télécharger l’affiche à imprimer et diffuser

Zainab el Hosni 19 ans torturée et démembrée par la milice de Bachar al Assad


Le corps de Zainab Al-Hosni a été découvert par sa famille le 13 septembre dans un hôpital militaire où ses parents s’étaient rendus pour identifier le corps de son frère Mohammad, lui-même arrêté, et torturé, et mort en détention. Zainab a été décapitée, démembrée et écorchée

Zainab Al-Hosni avait été enlevée par des hommes en civil le 27 juillet, pour faire pression sur son frère Mohammad pour qu’il se rende. Agé de 27 ans, il participait à l’organisation de manifestations à Homs. Après l’arrestation de sa soeur, il a etait  informé qu’elle ne serait libérée que s’il mettait fin à ses activités. Arrêté le 10 septembre, il a été détenu à Homs. Le 13 septembre, sa mère a été convoquée pour récupérer son corps dans un hôpital militaire. Il portait des traces de torture, notamment des traces de coups sur le dos et de brûlures de cigarette, ainsi que des impacts de balles sur les bras, les jambes et le torse. Sa mère a ensuite découvert le corps de sa fille dans le même hôpital mais n’a été autorisée à le récupérer que le 17 septembre après avoir signé un document selon lequel ses enfants avaient été tués par une « bande armée ».

L’immaturité comme origine du mal: étude clinique du cas de Bachar el-Assad


par le docteur Haytham Khoury

Dans ma réponse1 à l’Initiative nationale pour le changement2, qui était basée sur la prémisse que Bachar allait démissionner peu après le début des manifestations, j’ai expliqué que cela n’arriverait pas et que  le combat avec le régime allait prendre plusieurs mois.

J’ai basé mon jugement sur mon évaluation personnelle de la situation en Syrie et aussi sur ma connaissance personnelle de la personnalité de Bachar. Cette personnalité se caractérise principalement par son immaturité et en conséquence par son manque de conscience. La question que beaucoup peuvent se poser est comment l’immaturité personnelle peut conduire une personne à perdre son âme et sa conscience. Ainsi,pour rester au pouvoir, il commet des crimes affreux, et se détruit lui-même ainsi que beaucoup de gens autour de lui.

Une caractéristique importante des personnes matures, c’est qu’elles peuvent comprendre et faire face à des réalités sociales complexes. Ces complexités résultent principalement de la profondeur de la psyché humaine et de la complexité des relations sociales. Ainsi, des personnes mûres peuvent comprendre leurs propres besoins qui leur sont nécessaires pour grandir psychologiquement et s’épanouir.

De plus, elles peuvent comprendre les besoins réels des autres, qui sont importants pour que ces personnes réalisent leur propre potentiel. Ainsi, les personnes matures peuvent satisfaire leurs propres besoins et les besoins des autres d’une manière harmonieuse. Enfin, les personnes matures ont une bonne connaissance des lois qui régissent les relations et les interactions humaines,elles mènent ainsi leur vie de la manière la plus bénéfique pour elles et pour leur entourage.

Elles apprennent ainsi à prendre des décisions et à être conscientes de leur pouvoir.

En effet, en tant qu’êtres humains, nous développons ces capacités dans le laboratoire de la vie à travers nos expériences personnelles  dès les premiers jours de nos vies. Si pour quelque raison que ce soit notre vie n’est pas enrichie par des expériences dont nous tirons les leçons, nous ne pouvons pas acquérir ces capacités.

D’ailleurs, toutes ces capacités déterminent l’état de notre conscience et nous rendent donc en mesure d’établir des principes sûrs pour distinguer le bien du mal. Par conséquent, les gens matures sont caractérisés par une conscience développée, tandis que les gens immatures n’ont pas cette faculté précieuse.

J’ai connu Bachar pendant mes études de médecine. Bachar à cette époque avait l’air gentil et modeste. D’ailleurs, il avait l’air heureux, ou plutôt il avait l’habitude de plaisanter tout le temps. Ce caractère mettait son entourage à l’aise. Cela, parce qu’il n’était pas besoin d’être formel même en étant en présence du fils du président.

Cependant, quand je réfléchis maintenant au comportement de Bachar pendant ses études de médecine, je pouvais voir les premiers signes de son immaturité. En effet, ses relations avec les gens autour de lui étaient superficielles. Il était très entouré , mais il n’avait pas de véritable vrai ami . Il avait pourtant besoin de profondes et vraies relations pour pouvoir mûrir et grandir psychologiquement. Il avait besoin de relations réelles afin de se connaitre et de connaitre les êtres humains autour de lui. En outre, ses plaisanteries étaient une sorte de rigolade superficielle; elles ne venaient pas de situations tirées de la vie réelle, ni ne reflétaient un bon état d’esprit ou de l’intelligence.

En effet, Bachar était déconnecté de sa propre réalité et de celle de son entourage et sa personnalité agréable et amusante n’était qu’une dérobade.

J’ai formulé mon interprétation de la personnalité de Bachar ci-dessus à partir des idées que j’ai acquises en étudiant le parcours de sa présidence et en reliant ces idées aux souvenirs anciens que j’ai gardés de Bachar .

Puisque j’ai assez parlé de mes anciens souvenirs, penchons-nous sur le parcours de sa présidence. Bachar a commencé son mandat avec son célèbre discours d’investiture. Dans ce discours, Bachar a promis beaucoup de réformes. Cependant, dix ans plus tard, il est venu nous dire qu’il n’avait été en mesure de réaliser aucune de ces réformes en raison de circonstances difficiles.

De fait, si Bachar n’a pas été capable de réaliser ces réformes, c’est qu’il a un handicap inhérent à sa personnalité. Ce handicap est précisément son indécision et son sentiment omniprésent d’impuissance.

Un autre événement qui a marqué le début de la présidence de Bashar a été le printemps de Damas. Lorsque Bachar a autorisé les forums de discussion, il a sous-estimé l’amplitude du désir des Syriens pour la liberté d’expression et les échanges intellectuels. Il ne comprenait pas l’effet de plusieurs décennies de répression de la liberté d’expression. Il ne comprenait pas que lui et les gens autour de lui n’avaient pas la perspicacité intellectuelle leur permettant de suivre les idées qui pourraient découler de ces forums. Il se voyait comme un adulte distribuant des bonbons à des enfants, et les enfants devaient être heureux et reconnaissants de ce cadeau. Ainsi, lorsque ces forums ont essaimé et que les « chiens de garde» du régime n’ont pas été en mesure de suivre les idées issues de ces forums, Bachar a ordonné la brusque fermeture de ces forums, et a même envoyé certains participants en prison. Il a semé non seulement la déception, mais aussi la douleur et l’amertume parmi les intellectuels syriens.

Une autre grosse erreur que Bachar a commise a été de mélanger les affaires de l’État avec les affaires familiales. L’exemple le plus flagrant de ce népotisme a été le monopole sur le business des téléphones mobiles que Bachar a offert à son cousin (Rami Makhlouf); il a ainsi choqué les hommes d’affaires damascènes en rompant l’accord implicite que Hafez al-Assad avait passé avec eux. Cela l’a aussi conduit à mettre Riad Saif et Maamoun al-Homsi en prison sur de fausses accusations, ce qui a blessé la classe traditionnelle des hommes d’affaires damascènes. Tous les exemples mentionnés ci-dessus reflètent l’incapacité de Bachar à comprendre et gérer des réalités sociales complexes.

Cependant, l’exemple le plus choquant de ses émotions négatives et de sa déconnexion d’avec la réalité a été son premier discours lors de la révolution syrienne, au cours duquel il souriait tout le temps tandis que des gens mouraient dans la rue. Ce sourire indiquait que Bachar avait perdu toute forme de conscience. De plus, ce sourire m’a fait penser à son sourire naïf et immature quand il était jeune et comment il s’est transformé en un sourire idiot et méchant quand il est devenu plus âgé. Cela m’a suggéré l’idée que l’immaturité engendre le mal.

En effet, tous les exemples mentionnés ci-dessus reflètent la façon dont des situations complexes, comme la présidence, peuvent faire voler en éclats les fondements psychologiques des gens immatures et naïfs, les transformant en personnes sans conscience et en chefs impitoyables, amenés à commettre des crimes atroces.

De plus, il y a de quoi nous faire douter de la sagesse du père, Hafez el-Assad, dont le souhait d’éternité l’a amené, malgré les mises en garde contre cette décision, à léguer son trône à un fils incapable, Bachar, lui jetant ainsi une malédiction.

(1) http://haytham-khoury.blogspot.com/2011/09/reponse-linitiative-nationale-pour-le.html

(2) http://www.facebook.com/note.php?note_id=222919367722674

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