Chants de la Révolution syrienne


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شوفوا بلدي ( سوريا ) بلد الاحرار

Ibrahim Qashoush, le chanteur de Hama à qui ils ont arraché les cordes vocales

La mort plutôt que l’humiliation

 

Citations de « Les Damnés de la Terre » (1961)


Le 11 novembre 2011 était le 50ème anniversaire de sa mort. N’hésitez pas à relire « Les Damnés de la terre » et « Peaux noires, masques blancs ». Toujours d’actualité.

 
Citations de « Les Damnés de la Terre » (1961)

jeudi 24 septembre 2009

« Le langage du colon, quand il parle du colonisé, est un langage zoologique. On fait allusion aux mouvements de reptation du Jaune, aux émanations de la ville indigène, aux hordes, à la puanteur, aux pullulements, aux grouillements, aux gesticulations. Le colon, quand il veut bien décrire et trouver le mot juste, se réfère constamment au bestiaire. »
- Les Damnés de la Terre (1961), Frantz Fanon, éd. La Découverte poche, 2002, p. 45

« Chaque fois qu’il est question de valeurs occidentales, il se produit, chez le colonisé, une sorte de raidissement, de tétanie musculaire. […] Or il se trouve que lorsqu’un colonisé entend un discours sur la culture occidentale, il sort sa machette ou du moins il s’assure qu’elle est à portée de sa main. La violence avec laquelle s’est affirmée la suprématie des valeurs blanches, l’agressivité qui a imprégné la confrontation victorieuse de ces valeurs avec les modes de vie ou de pensées des colonisés font que, par un juste retour des choses, le colonisé ricane quand on évoque devant lui ces valeurs. »
- Les Damnés de la Terre (1961), Frantz Fanon, éd. La Découverte poche, 2002, p. 46

« Pour le peuple colonisé, la valeur la plus essentielle, parce que la plus concrète, c’est d’abord la terre : la terre qui doit assurer le pain et, bien sûr, la dignité. Mais cette dignité n’a rien à voir avec la dignité de la personne humaine. Cette personne humaine idéale, il n’en a jamais entendu parler… »

- Les Damnés de la Terre, Frantz Fanon, éd. La Découverte poche, 2002, p. 47-48

« Le colon fait l’histoire. Sa vie est une épopée, une odyssée. Il est le commencement absolu : « Cette terre, c’est nous qui l’avons faites. » Il est la cause continuée : « Si nous partons, tout est perdu, cette terre retournera au Moyen-Age. » En face de lui, des êtres engourdis, travaillés de l’intérieur par les fièvres et les « coutumes ancestrales », constituent un cadre quasi minéral au dynamisme novateur du mercantilisme colonial. »

- Les Damnés de la Terre (1961), Frantz Fanon, éd. La Découverte poche, 2002, p. 52-53

« Les nations européennes se vautrent dans l’opulence la plus ostentatoire. Cette opulence européenne est littéralement scandaleuse car elle a été bâtie sur le dos des esclaves, elle s’est nourrie du sang des esclaves, elle vient en droite ligne du sol et du sous-sol de ce monde sous-développé. Le bien-être et le progrès de l’Europe ont été bâtis avec la sueur et les cadavres des Nègres, des Arabes, des Indiens et des Jaunes. Cela nous décidons de ne plus l’oublier. »

- Les Damnés de la Terre (1961), Frantz Fanon, éd. La Découverte poche, 2002, p. 94

« Si les conditions de travail ne sont pas modifiées il faudra des siècles pour humaniser ce monde rendu animal par les forces impérialistes. »

- Les Damnés de la Terre (1961), Frantz Fanon, éd. La Découverte poche, 2002, p. 98

« Le colonialisme et l’impérialisme ne sont pas quitte avec nous quand ils ont retiré de nos territoires leurs drapeaux et leurs forces de police. Pendant des siècles les capitalistes se sont comportés dans le monde sous-développé comme de véritables criminels de guerre. Les déportations, les massacres, le travail forcé, l’esclavagisme ont été les principaux moyens utilisés par le capitalisme pour augmenter ses réserves d’or et de diamants, ses richesses et pour établir sa puissance. Il y a peu de temps, le nazisme a transformé la totalité de l’Europe en véritable colonie. Les gouvernements des différentes nations européennes ont exigé des réparations et demandé la restitution en argent et en nature des richesses qui leur avaient été volées […]. Pareillement nous disons que les Etats impérialistes commettraient une grave erreur et une justice inqualifiable s’ils se contentaient de retirer de notre sol les cohortes militaires, les services administratifs et d’intendance dont c’était la fonction de découvrir des richesses, de les extraire et de les expédier vers les métropoles. La réparation morale de l’indépendance nationale ne nous aveugle pas, ne nous nourrit pas. La richesse des pays impérialistes est aussi notre richesse.[…] L’Europe est littéralement la création du tiers monde. »

- Les Damnés de la Terre (1961), Frantz Fanon, éd. La Découverte poche, 2002, p. 99

« Politiser les masses, ce n’est pas, ce ne peut pas être faire un discours politique. C’est s’acharner avec rage à faire comprendre aux masses que tout dépend d’elles, que si nous stagnons c »est de leur faute et que si nous avançons c’est aussi de leur faute, qu’il n’y a pas de démiurge, qu’il n’y a pas d’homme illustre responsable de tout, mais que le démiurge c’est le peuple et que les mains magiciennes ne sont en définitive que celles du peuple. »

- Les Damnés de la Terre (1961), Frantz Fanon, éd. La Découverte poche, 2002, p. 187

« Au bout d’un ou deux siècles d’exploitation se produit une véritable émaciation du panaroma culturel national. La culture nationale devient un stock d’habitudes motrices, de traditions vestimentaires, d’institutions morcelées. On y décèle peu de mobilité. Il n’y a pas de créativité vraie, pas d’effervescence. Misère du peuple, opression nationale et inhibition de la culture sont une seule et même chose. Après un siècle de domination coloniale, on trouve une culture rigidifiée à l’extrême, sédimentée, minéralisée. »

- Les Damnés de la Terre (1961), Frantz Fanon, éd. La Découverte poche, 2002, p. 227

« Quittons cette Europe qui n’en finit pas de parler de l’homme tout en le massacrant partout ou elle le rencontre, à tous les coins de ses propres rues, à tous les coins du monde. »

- Les Damnés de la Terre (1961), Frantz Fanon, éd. La Découverte poche, 2002, p. 301

« Cette Europe qui jamais ne cessa de parler de l’homme, jamais de proclamer qu’elle n’était inquiète que de l’homme, nous savons aujourd’hui de quelles souffrances l’humanité a payé chacune des victoires de son esprit. »

- Les Damnés de la Terre (1961), Frantz Fanon, éd. La Découverte poche, 2002, p. 302

« Dans décolonisation, il y a donc exigence d’une remise en cause intégrale de la question coloniale. Sa définition peut, si on veut la décrire avec précision, tenir dans la phrase bien connue : « les derniers seront les premiers. » La décolonisation est la vérification de cette phrase. C’est pourquoi, sur le plan de la description, toute décolonisation est une réussite. »

- Les Damnés de la Terre (1961), Frantz Fanon, éd. La Découverte poche, 2002, p. 40

« La première chose que l’indigène apprend, c’est à rester à sa place, à ne pas dépasser les limites ; c’est pourquoi les rêves de l’indigène sont des rêves musculaires, des rêves d’action, des rêves agressifs. Je rêve que je saute, que je nage, que je cours, que je grimpe. Je rêve que j’éclate de rire, que je franchis le fleuve d’une enjambée, que je suis poursuivi par une meute de voitures qui ne me rattrapent jamais. Pendant la colonisation, le colonisé n’arrête pas de se libérer entre neuf heures du soir et six heures du matin. Cette agressivité sédimentée dans ses muscles, le colonisé va d’abord la manifester contre les siens. C’est la période où les nègres se bouffent entre eux et où les policiers, les juges d’instruction ne savent plus où donner de la tête devant l’étonnante criminalité nord-africaine. »

- Les Damnés de la Terre (1961), Frantz Fanon, éd. La Découverte poche, 2002, p. 53-54

« Le colonialisme n’est pas une machine à penser, n’est pas un corps doué de raison. Il est la violence à l’état de nature et ne peut s’incliner que devant une plus grande violence. »

- Les Damnés de la Terre (1961), Frantz Fanon, éd. La Découverte poche, 2002, p. 61

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Vous pouvez le télécharger gratuitement ici : http://www.4shared.com/get/RlvI7oSJ/Frantz_Fanon_-_Les_damnes_de_l.html

« Ne pas relâcher la pression sur Bachar Al-Assad »


Le drame syrien, qui se déroule dans un quasi-huis clos depuis sept mois devant une communauté internationale largement impuissante, est-il parvenu à un tournant ? Plusieurs éléments, intervenus ces derniers jours, permettent de l’espérer.

(JPG) La mort sinistre, d’abord, de Mouammar Kadhafi, traqué par ses propres compatriotes appuyés par l’OTAN, lynché et abattu le 20 octobre, n’a certainement pas laissé indifférents les dictateurs des environs. On l’avait prédit : la mort du Guide libyen, après la fuite de Ben Ali et la chute de Moubarak, fragiliserait Bachar Al-Assad. Ce facteur psychologique ne doit pas être sous-estimé.

La contestation populaire interne, ensuite, ne faiblit pas en Syrie, malgré la répression féroce qui a, selon les Nations unies, déjà coûté la vie à plus de 3 000 personnes. Les manifestations de l’opposition restent certes localisées géographiquement et n’ont pas réussi à gagner Damas, mais l’organisation massive de contre-manifestations de soutien au régime ne saurait masquer la réalité d’une colère grandissante dans la population, que la répression ne fait qu’aggraver, et de la difficulté de préserver l’unité de l’armée.

D’autres facteurs traduisent un environnement diplomatique de plus en plus délicat pour le président Bachar Al-Assad.

La Turquie appuie désormais activement et ouvertement l’opposition syrienne. La Ligue arabe, qui tente une médiation pour trouver une issue à la crise, vient de remettre ses propositions au régime de Damas, prié de prendre les mesures nécessaires pour mettre fin « d’urgence  » au massacre de civils par les forces de sécurité. L’isolement de la Syrie dans la région, où les dirigeants, sous l’influence du « printemps arabe », ne peuvent plus totalement négliger l’opinion publique, va donc croissant. Une étude menée en octobre par le Arab American Institute auprès des habitants du Maroc, d’Egypte, du Liban, de Jordanie, d’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis montre que Bachar Al-Assad est en train de ravir la palme de l’impopularité à Mouammar Kadhafi.

Le régime syrien pouvait jusqu’ici compter sur ses alliés chinois et russe, qui avaient bloqué début octobre à l’ONU la résolution mise au point par les Occidentaux. Mais l’émissaire chinois pour le Proche-Orient, Wu Sike, vient de montrer à son tour des signes d’impatience en déclarant qu’il avait demandé à ses interlocuteurs à Damas de mettre fin à cette « dangereuse situation » et d’engager, enfin, des réformes. Quant au soutien de Moscou, il manque singulièrement de chaleur et c’est sans doute pour tenter de le raviver que le président syrien a choisi de s’exprimer, dimanche 30 octobre, à la télévision russe.

Dans son autre entretien, au Sunday Telegraph, Bachar Al-Assad a lancé une mise en garde aux Occidentaux. Une éventuelle intervention en Syrie provoquerait, dit-il, un « séisme » dans la région. Le président syrien a beau contrôler Damas, il se sent, clairement, menacé. Arabes et Occidentaux doivent, à tout prix, accentuer la pression.

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Syrie: le caricaturiste Farzat dédie son prix aux « martyrs de la liberté »


Le célèbre caricaturiste syrien Ali Ferzat, récompensé jeudi par le prestigieux prix Sakharov du Parlement européen, a dédié sa récompense

Le célèbre caricaturiste syrien Ali Ferzat, récompensé jeudi par le prestigieux prix Sakharov du Parlement européen, a dédié sa récompense « aux martyrs de la liberté ».
Le célèbre caricaturiste syrien Ali Ferzat, récompensé jeudi par le prestigieux prix Sakharov du Parlement européen, a dédié sa récompense « aux martyrs de la liberté ».

« Je partage cette récompense avec tous ceux qui sont épris de liberté et de démocratie. Elle suscite l’espoir dans l’avenir », a déclaré à l’AFP M. Farzat joint par téléphone à Koweït.
« La liberté est un message que se renvoient les générations.

Je dédie cette récompense à tous les martyrs qui ont donné leur vie pour la liberté et qui nous ont appris la culture de la liberté », a-t-il ajouté.
« Je leur suis reconnaissant, ainsi qu’aux (militants) dans la rue qui, partout dans le monde, recherchent la liberté, la démocratie et la dignité », a-t-il poursuivi.
La Syrie est secouée depuis la mi-mars par un mouvement de contestation sans précédent contre le régime du président Bachar al-Assad. Plus de 3.000 personnes ont été tuées par la répression menée par le régime, selon l’ONU.
Le 25 août, M. Farzat avait été enlevé et frappé à Damas par des membres des services de sécurité masqués et des miliciens du régime d’Assad. Il avait subi notamment des fractures aux mains.
Outre M. Farzat, le Parlement européen a décerné son Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit à quatre autres militants du Printemps arabe.
Les autres lauréats sont le protestataire tunisien Mohamed Bouazizi –honoré à titre posthume–, la militante égyptienne Asmaa Mahfouz, le dissident libyen Ahmed al-Zubair Ahmed al-Sanusi, l’avocate syrienne Razan Zeitouneh.

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« La Syrie est une oasis d’impunité »


Par , le 27 octobre 2011 à 16h18 , mis à jour le 27 octobre 2011 à 19h07

TEMOIGNAGE – En prison au début du soulèvement, Muhanad Alhasani (à gauche), avocat syrien, a été libéré en juin dernier. Honoré par le barreau de Paris, il dénonce l’inaction de la communauté internationale face à la répression menée par le régime de Bachar al-Assad.

Muhanad Alhasani et Jean-Yves Le Borgne, vice-président du barreau de Paris, 27/10/11Muhanad Alhasani et Jean-Yves Le Borgne, vice-président du barreau de Paris, 27/10/11 © DR

Avocat syrien, défenseur des libertés publiques et président de Swasiah, l’une des organisations syriennes des droits de l’homme, Muhanad Alhasani a été arrêté en 2009. Son délit est symbolique des difficultés d’exercer le métier dans le pays :  avoir critiqué le déroulement des audiences de la Cour de sûreté de l’Etat (ndlr : abolie en avril dernier, elle était particulièrement chargée de juger les « crimes politiques« ). Un an plus tard, après avoir été radié à vie du barreau de Damas, il a été condamné à trois ans de prison pour « affaiblissement du sentiment national » et « propagation de fausses nouvelles ».

Libéré de manière anticipée en juin dernier, il a décidé de voyager en Europe pour dénoncer  la délicate situation des avocats et plus globalement la répression menée par le régime. Jeudi, il était ainsi l’invité du barreau de Paris, qui était intervenu en sa faveur lors de son procès. Il a notamment reçu le titre symbolique d’avocat honoris causa. « Nous le considérons comme un confrère à part entière. Si certains des avocats syriens ont vendu leur âme au régime, les autres continuent le combat. M. Alhasani en fait partie« , souligne Jean-Yves Le Borgne, le vice-bâtonnier.

Cliché pris clandestinement par le frère de M. Alhasini lors du procès
avec son portable, récupéré dans la foulée par Vincent Nioré, avocat à Paris

Vous étiez en prison lors du début de la révolte contre Bachar al-Assad en mars. Aviez-vous accès aux informations ?
Muhanad Alhasani :
Ma situation ne me permettait pas d’obtenir d’informations de manière transparente. Je ne recevais que quelques visites d’une dizaine de minutes par mois. J’étais alors séparé de mon interlocuteur par une grille et la conversation était surveillée par des officiers des renseignements généraux. Néanmoins, j’avais des nouvelles au compte-gouttes grâce à d’autres prisonniers, qui me les transmettaient en secret.

En juin dernier, vous avez été libéré. Qu’avez-vous ressenti en prenant connaissance de l’ampleur du soulèvement et de la répression ?
M.A. :
La dernière chose à laquelle je pensais en sortant, c’est que j’allais voir que toutes les choses contre lesquelles j’ai milité depuis 25 ans -les crimes, les tortures, les arrestations arbitraires, les violations des droits de l’homme…- étaient désormais appliquées à grande échelle. Et encore moins que l’essence qui alimentait ce bûcher était ma famille de pensée, c’est-à-dire celle des libertés. Je n’y croyais pas.

Qu’avez-vous fait à votre sortie de prison ?
M.A. :
Je suis en fait resté peu de temps en Syrie. Après avoir parlé un peu dans les médias, j’ai pu communiquer avec les classes populaires de Damas. J’ai reçu des dizaines de personnes à mon bureau, originaires de tous les quartiers de la ville. Elles voulaient me saluer et me raconter leur histoire. Ensuite, j’ai estimé que le meilleur moyen de défendre les victimes, c’était de partir en Europe pour mettre en lumière les exactions du régime. Aujourd’hui, je ne sais pas quand j’y retournerais. Tout dépendra de l’endroit où mon message aura le plus de force, à l’intérieur ou à l’extérieur de la Syrie.

exergue « Un risque de radicalisation dans la religion »

Comptez-vous rejoindre le Conseil national syrien (ndlr : organisme qui fédère désormais l’opposition en exil) ?
M.A. :
Non.  Je ne fais partie d’aucun groupe politique, je suis un simple membre de la société civile. Certes, je suis en contact avec quelques membres du CNS qui vivent à Paris. On m’a même proposé d’en faire partie, ou d’autres entités politiques en cours de création. Certains ont aussi inscrit, de manière amicale, mon nom sans vraiment me demander mon avis. Mais je ne fais pas de politique. Mon domaine, c’est la défense des droits de l’homme et donc des victimes, sur la base du code des citoyens syriens.  Je préfère être aux côtés de ces victimes pour les aider. Et c’est pourquoi je parle aux médias.

Vous êtes justement en Europe pour faire connaître la situation en Syrie. Qu’attendez-vous de la France, et plus largement de la communauté internationale ?
M.A. :
J’en attends tout. Je demande notamment à la société civile française de faire pression sur le gouvernement français pour qu’il fasse tout ce qui est possible pour stopper le bain de sang. Aujourd’hui, la Syrie est une oasis d’impunité. Et le monde entier regarde sans rien faire. Dans les journaux télévisés, il s’agit de l’un des derniers sujets abordés.

Surtout, la communauté internationale a été incapable de s’entendre sur une condamnation. Or il faut savoir, qu’en matière des droits de l’homme, la Libye n’était pas le pire régime du monde arabe.  Si personne n’aide les Syriens qui se révoltent, ils risquent de se radicaliser dans la religion.

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La frontière avec le Liban minée ?
Selon un responsable local libanais souhaitant garder l’anonymat, l’armée syrienne a entrepris depuis jeudi matin de poser des mines en face de Knaissé et d’El Hnaider, deux villages frontaliers situés au nord du Liban, apparemment dans une tentative de bloquer la contrebande d’armes vers la Syrie.

Syrie, dans les coulisses de l’enfer


Le Point.fr – Publié le 08/10/2011 à 15:01
La journaliste Sofia Amara a filmé clandestinement les acteurs de la révolution syrienne et les risques auxquels ils s’exposent.

Syrie, dans les coulisses de l'enferDes manifestants brandissent un drapeau d’indépendance à Homs. © – / arte

Sofia Amara, 43 ans, est la première journaliste indépendante à avoir pu filmer la révolte syrienne. C’était en août dernier. De Damas à Hama en passant par Homs et Rastan, elle a pu suivre clandestinement le travail au quotidien des comités de coordination de la révolution, rencontrer des officiers résistants et mesurer la violence des sanctions. Son documentaire, Syrie, dans l’enfer de la répression, diffusé mardi 11 octobre à 20 h 40 sur Arte, est le journal de bord de ce périple à haut risque. Pour Le Point.fr, elle raconte les coulisses de ces images exclusives.

Le Point.fr : La Syrie est interdite aux médias étrangers. Comment avez-vous pu tourner votre documentaire ?

Sofia Amara : Je suis entrée avec un visa touristique, sans mentionner mon statut de journaliste. Mais, comme une femme seule éveille forcément les soupçons, une collègue qui parle également l’arabe m’a accompagnée du 4 au 15 août. Pour les autorités, nous étions des touristes pro-syriennes et pro-Hezbollah.

C’était risqué…

Oui, mais il fallait que je voie ce qu’il se passait réellement. Et surtout, que je rapporte des preuves. C’est un pays qui connaît la terreur depuis 40 ans. Aujourd’hui, avec le Printemps arabe, la chute de Moubarak en Égypte, la soif de liberté, le peuple se soulève et doit affronter de nouvelles atrocités. J’avais surtout peur pour mes guides, à qui j’ai fait prendre beaucoup de risques. Mais la peur est partout en Syrie. Diffuse, elle vous quitte parfois, mais vous rattrape toujours. C’est l’instrument maître de Bachar el-Assad. Je me souviens d’un réfugié qui vivait en France depuis des années et qui me disait : « Je vais mourir avec cette peur. »

Qu’avez-vous observé pendant ces deux semaines ?

Pour moi, qui connais bien le pays, c’était très surprenant de voir qu’une population qui a vécu des dizaines d’années dans la méfiance, dans l’oppression, sans possibilité de tisser des liens sociaux sûrs, peut se lever comme un seul homme et prendre autant de risques. N’importe qui peut être indic là-bas. Un enfant, une jeune femme… Ils sont cachés partout. Mais j’ai surtout rétabli la vérité sur les idées fausses véhiculées par le pouvoir via la télévision officielle. D’une part, ce ne sont pas des communautaires à la botte de l’Arabie saoudite qui mènent la révolte. Et d’autre part, les révolutionnaires ne sont pas armés. Ils souhaitent avant tout rester pacifistes et militent pour un État laïc.

Comment s’organise la révolte ?

La population n’ayant pas le droit de se réunir, les manifestations s’organisent principalement via les réseaux sociaux. Les responsables des comités de coordination comme Omar, que j’ai suivi dans son quotidien, ont des pages secrètes sur Facebook, sur lesquelles ils échangent les principales informations, les slogans… Certains, comme on le voit dans le film, sont aussi sur le terrain. Mais ceux qui se sont fait repérer doivent désormais se contenter d’agir derrière l’écran. Comme cette jeune Homsienne qui envoie les vidéos des activistes torturés à Human Rights Watch pour le « jour où le régime aura à rendre des comptes au Tribunal pénal de la Haye ». Des pages Facebook favorables au régime de Bachar el-Assad demandent aujourd’hui la liquidation pure et simple de cette jeune fille. Al Jazeera joue aussi un rôle fondamental en diffusant régulièrement des vidéos consignées par les coordinateurs. Mais il faut composer avec les interruptions d’Internet et de téléphone. À chaque fois que l’armée entre dans une ville, elle coupe tout.

À Rastan, vous avez rencontré des membres de l’armée en résistance, que risquent-ils ?

Ce sont les « militaires de l’armée libre ». Ils considèrent que l’armée syrienne, c’est eux, et non pas ceux qui restent dans les rangs du pouvoir. Comme ils ont juré fidélité à la nation et au peuple, c’est leur devoir de les protéger. Au mois d’août, cette armée était composée d’à peu près 400 personnes. Aujourd’hui, je sais qu’elle a fortement augmenté. Mais ces hommes qui vivent dans la clandestinité sont activement recherchés… Et terminent pendus s’ils se font rattraper.

Des témoignages évoquent aussi la torture pratiquée dans les hôpitaux militaires…

J’ai en effet pu filmer des médecins, des chirurgiens qui m’ont fait part des atrocités pratiquées dans l’enceinte de ces centres. Lors des manifestations, tous les blessés sont traqués par les gens de la sûreté et rapatriés dans ces lieux de torture. Si le blessé insiste pour aller dans une clinique privée, on lui tire dessus. À l’hôpital, on vous questionne pour que vous balanciez les membres des comités d’organisation, on vous torture pendant des heures, on vous humilie… Puis les hommes de la sûreté s’amusent comme bon leur semble avant de, peut-être, vous achever. Tout dépend sur qui vous tombez. C’est la « roulette syrienne ».

Washington demande aujourd’hui à Bachar el-Assad de partir. Six mois après le début de la contestation, quel est l’état d’esprit des Syriens ?

Ils n’attendaient qu’une chose quand j’y étais : un geste ou une parole de la communauté internationale pour condamner ce massacre quotidien. Après autant d’années de terreur, beaucoup estiment ne plus rien avoir à perdre. Pour les Syriens, la révolution est orpheline, puisqu’elle n’a ni père ni mère. Le peuple ne peut compter que sur lui-même. Et sur Dieu. Je n’ai plus qu’à espérer qu’ils aillent au bout de leur révolte et qu’ils fassent tomber la dictature. Car je pense qu’ils ont raison : « les moitiés de révolution reviennent à un suicide »…


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Syrie: un chef de l’opposition kurde tué, Moscou envisage un départ d’Assad


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le 07.10.11 | 17h22

Un chef de l'opposition kurde, Mechaal Tamo, a été assassiné vendredi en Syrie, théâtre de nouvelles manifestations contre le régime réprimées dans le sang, au moment où la Russie envisageait pour la première fois un départ du président Bachar al-Assad.

Un chef de l’opposition kurde, Mechaal Tamo, a été assassiné vendredi en…

Un chef de l’opposition kurde, Mechaal Tamo, a été assassiné vendredi en Syrie, théâtre de nouvelles manifestations contre le régime réprimées dans le sang, au moment où la Russie envisageait pour la première fois un départ du président Bachar al-Assad.
A Damas, l’opposant et ancien député syrien Riad Seif a été hospitalisé après avoir été roué de coups par des agents de sécurité devant la Mosquée al-Hassan, dans le quartier Midane, ont dénoncé les comités de coordination locaux (LCC), mouvement qui chapeaute les manifestants sur le terrain.
Les Etats-Unis et l’opposition syrienne ont dénoncé l’assassinat et l’attaque comme une « escalade » dans la répression menée par le régime de Bachar al-Assad, qui a encore coûté la vie vendredi à 16 personnes.
Vendredi soir, la Maison Blanche a condamné avec force ces dernières violences et appelé le président Assad à quitter le pouvoir « maintenant », évoquant une situation « très dangereuse ».
Mechaal Tamo, 53 ans, membre du Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l’opposition, a été assassiné par des inconnus à son domicile dans la ville de Qamichli (nord-est), selon des militants.
« Quatre hommes armés et masqués se sont introduits dans sa maison et ont tiré sur lui et son fils Marcel et une collègue », qui ont tous deux été blessés, a annoncé l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
L’agence officielle syrienne Sana a affirmé que le responsable kurde avait été tué par des « hommes armés à bord d’une voiture noire qui ont tiré sur son véhicule ».
A l’annonce de ce décès, des milliers de manifestants kurdes sont descendus dans la rue.
Fondateur du Courant du Futur, un parti kurde libéral, Mechaal Tamo avait récemment été libéré après trois ans et demi de prison. Il avait rejeté une proposition de dialogue présentée aux partis kurdes par les autorités.
« C’est à l’évidence une escalade dans la tactique du régime », a commenté le département d’Etat américain après les attaques contre les opposants.
Pour la porte-parole du Conseil national syrien, Bassma Kodmani, le régime a « franchi une nouvelle étape dans la stratégie de répression. Tous les leaders de l’opposition doivent se protéger ». La moitié des membres du CNS vivent en Syrie, les autres étant éparpillés aux Etats-Unis, en Europe et en Turquie.
Créé fin août à Istanbul, le CNS qui s’efforce de structurer la contestation contre le régime, réunit la majorité des courants politiques opposés au régime, en particulier les LCC, les libéraux, les Frères musulmans et des partis kurdes.
Il doit en principe se réunir samedi au Caire pour se doter d’une direction.
A l’appel des militants pro-démocratie, des milliers de personnes ont défilé en Syrie sous le slogan « le CNS est notre représentant, le mien, le tien et celui de tous les Syriens ».
Mais, comme chaque vendredi, les forces de sécurité massivement déployées ont ouvert le feu sur les manifestants, tuant 16 civils: trois à Douma et un à Zabadani, deux villes proches de Damas, un dans la région de Jisr al-Choughour (nord-ouest), et 11 à Homs (centre), selon l’OSDH.
A Homs, des manifestants ont appelé à la chute du régime en brandissant des chaussures devant des photographies du président syrien, dont le visage était barré d’une croix, selon une vidéo diffusée sur YouTube.
A Deraa (sud), des milliers de personnes ont piétiné des drapeaux géants de la Russie et de la Chine, qui ont opposé mardi leur veto à un projet de résolution occidental au Conseil de sécurité de l’ONU condamnant la répression.
Mais le président russe Dmitri Medvedev, dont le pays est un proche allié de Damas à qui Moscou fournit de l’armement, a envisagé pour la première fois le départ de M. Assad, même si Moscou maintient son opposition à toute ingérence dictée par les Occidentaux.
« Nous travaillons activement avec les dirigeants syriens pour qu’ils procèdent aux réformes indispensables. S’ils ne sont pas capables de mener ces réformes, ils doivent partir », a-t-il dit. « Mais c’est au peuple et au régime syrien de décider cela, et non pas à l’Otan ou à certains pays européens ».
Alors que la répression a fait plus de 2.900 morts dont au moins 187 enfants selon l’ONU, la Syrie a été la cible à Genève de nombreuses critiques devant le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, le régime Assad restant inflexible aux protestations et aux sanctions depuis le début de la révolte le 15 mars.
Plusieurs pays occidentaux, ainsi que le Brésil, ont demandé à Damas d’autoriser l’entrée sans entrave de la commission d’enquête internationale indépendante chargée d’enquêter sur les violations des droits de l’Homme.

AFP

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