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Égypte. «La révolution ? Quelle révolution ?»
Deux mois et demi après le début de la «révolution» égyptienne, l’armée a repris le pays en main. Interpellations, tortures et jugements expéditifs d’opposants se multiplient.
Sur le grand drapeau égyptien qu’il agite tous les soirs sur le grand rond-point de la place Tahrir, symbole de la «révolution du 25 janvier», Amin, 32ans, a inscrit ces quelques mots: «Le combat continue». Comme lui, ils sont une centaine à venir crier que la révolution n’est «pas terminée». Révolution? Le mot arrache sourires ou soupirs. «Une révolution, ça fout en l’air un système. En Égypte, le régime est toujours là. Rien n’a changé», tranche Rabha Attaf, journaliste franco-algérienne rencontrée au Caire.
5.000 interpellations
Pour cette spécialiste du monde arabo-musulman, «la véritable épreuve de force commence maintenant». «C’est le retour de la terreur», estime-t-elle, pointant du doigt «la multiplication des disparitions d’opposants» dans le pays. Et quand ils ne disparaissent pas, ils sont arrêtés, souvent torturés, et jugés de manière expéditive par des tribunaux militaires. Plusieurs sources avancent le chiffre de 5.000 interpellations (*) depuis la révolte de février. Le 9mars dernier, au lendemain d’une manifestation qui aurait rassemblé près de 500.000 personnes, la place Tahrir a de nouveau été évacuée de manière violente par une centaine d’hommes en civil. L’armée a arrêté près de 200 manifestants. Parmi eux, dix-huit femmes qui demandaient à être plus représentées dans les instances qui préparent l’avenir de l’Égypte. «Pour les faire passer pour des prostituées, l’armée leur a fait subir des tests de virginité, assure une autre journaliste. C’est la pire des insultes pour une femme et une famille. Il n’y avait pas meilleur moyen pour intimider et dissuader…».
Gangs armés
La terreur prend aussi d’autres formes. «On assiste à une montée impressionnante de l’insécurité, témoigne, auCaire, Marc Lavergne, directeur du Centre d’études et de documentations économiques, juridiques et sociales (CEDEJ), une structure financée par l’État français. Avant, LeCaire (20millions d’habitants) était probablement l’une des métropoles les plus sûres au monde. Aujourd’hui, on constate que des petits groupes armés font irruption dans les quartiers et pillent les habitants. Sur les routes, des voitures sont arrêtées et volées. Les enlèvements contre rançon se multiplient aussi, égrène-t-il. Du coup, les gens n’aspirent qu’à une chose: que le calme et l’ordre reviennent». Et l’ordre, c’est l’armée. «L’économie, c’est l’armée. La corruption, c’est l’armée. Tout nous ramène à l’armée. C’est elle qui contrôle tout», martèle Rabha Attaf. Au sein de la population, les militaires jouissent pourtant d’une très bonne cote. «Ils ont fait le coup du gentil (l’armée) et du méchant (la police), analyse la journaliste. Mais les gens commencent à comprendre…». Une dizaine de candidats a déjà émergé pour les futures élections présidentielles. Pour Rabha Attaf, «tout est pratiquement joué d’avance». «Ici, pas besoin de bourrer les urnes. On bourre les têtes», commente-t-elle, évoquant les quelque 40% d’analphabètes que compte le pays. Amin, lui, a un diplôme d’informaticien. Il n’a pas de boulot, mais ses convictions sont inébranlables. «Les choses peuvent encore bouger, il faut maintenir la pression».
* Les estimations du CEDEJ font état de 1.000 à 2.000 tués pendant la révolution et près de 12.000 blessés graves.
- De notre envoyé spécial Hervé Chambonnière
Les illusions de Bashar al-Assad
vendredi 8 avril 2011 – 17h:56
Lamis Andoni – Al Jazeera
Bashar al-Assad, le président syrien, continue à croire que son soutien à la « résistance contre Israël » distingue son régime des autres régimes de la région et que par conséquent, il est protégé des révolutions qui ont chassé des présidents pro-occidentaux en Tunisie et en Egypte. Son soutien du Hamas et du Hezbollah le rend peut-être plus populaire parmi les populations arabes mais il se fait beaucoup d’illusions s’il s’imagine que cela rend le meurtre de militants pacifiques plus acceptable.
L’éruption des révolutions arabes est la conséquence de dizaines d’années de répression et de l’injuste répartition des richesses : deux problèmes qui ont fortement handicapé les gouvernements arabes, qu’ils soient pro ou anti-occidentaux.
Et la Syrie est un des états les plus répressifs de la région ; des centaines si non des milliers de personnes ont disparues dans ses prisons infâmes. Certains réapparaissent après des années, d’autres au bout de dizaines d’années et beaucoup ne réapparaissent jamais.
Les Syriens n’ont pas été les seules victimes. D’autres arabes comme les Libanais qui ont été enlevés au cours des dizaines d’années pendant lesquelles la Syrie à contrôlé son voisin, des membres jordaniens du partie Baas au pouvoir qui n’étaient pas d’accord avec leurs dirigeants et des membres des différentes factions palestiniennes, font aussi partie des victimes.
Les Syriens qui critiquent le régime sont souvent arrêtés et accusés -en dehors de toute procédure légale- d’être des agents des USA ou d’Israël dont le but est de saper « les politiques de stabilité et d’opposition ».
Mais ces abus n’ont jamais été condamnés comme il aurait fallu par les partis politiques arabes ni par la société civile, qui ont soutenu la position syrienne vis à vis d’Israël tout en refusant de voir sa politique répressive.
Et c’est pourquoi, alors même que les dissidents syriens dont des intellectuels influents de la gauche nationaliste, sont incarcérés dans les prisons syriennes, d’autres intellectuels et militants arabes se sont réunis en grand nombre à Damas pour faire l’éloge du rôle que la Syrie joue dans la « défense des causes arabes ».
Cette hypocrisie a conforté la conviction du régime d’être à l’abri des critiques que subissent les gouvernements répressifs pro-occidentaux de la région.
Le mythe de la résistance
Bien que la domination de Hafad al-Assad, le président défunt, ait été encore plus impitoyable que celle de son fils Bashar qui lui a succédé en 2000, l’appareil de sécurité répressif continue à tenir d’une main de fer les institutions de l’état.
Sous Bashar al-Assad, le régime continue d’utiliser son statut de « résistant » pour justifier la suppression de la liberté d’expression et le musellement de l’opposition.
Mais il est peut-être temps maintenant d’examiner sérieusement la prétention qu’a la Syrie d’être un état qui fait de la résistance et qui serait donc en conséquence plus légitime que les autres régimes ou dictatures arabes.
Sur un plan plus général, la position de la Syrie a en effet empêché Israël et les USA de complètement infiltrer d’autres états plus accommodants ou carrément inféodés. Mais si la Syrie a bien contribué à empêcher Israël de faire la paix avec plus d’états de la région, cela n’a pas été sans compromis politiques.
La revendication de la Syrie d’être « une forteresse de résistance » s’appuie sur deux facteurs : Le premier est le fait que Damas ait refusé de signer un traité de paix avec Israël tant que le plateau du Golan qu’Israël occupe depuis 1967, ne lui était pas rendu ; le second c’est le soutien qu’il offre à divers groupes palestiniens ainsi qu’au Hezbollah du Liban.
Il n’y a pas de doute que son refus d’accepter un compromis avec Israël, à la différence de l’Egypte, la Jordanie et l’Organisation de Libération de la Palestine (PLO), a augmenté le crédit de la Syrie dans le monde arabe et renforcé son rôle géopolitique. Mais la Syrie a fait un compromis qui lui permet de se poser comme un état « d’opposition » tout en s’assurant que ses frontières avec Israël demeurent le front « d’opposition » le plus tranquille qui soit. Elle est arrivée à cela en prenant les mesures les plus brutales pour empêcher le trafic d’armes vers le Golan et en s’assurant que les Syriens, les Palestiniens et autres, soient dans l’incapacité absolue de traverser ses frontières étroitement surveillées.
Les Syriens ou les membres des groupes palestiniens basé à Damas, n’oseraient donc jamais essayer de passer des armes en contrebande ou d’attaquer Israël comme d’autres l’ont fait via la Jordanie ou les frontières du Liban.
De plus, la Syrie s’est montrée étonnamment peu encline à dénoncer l’expropriation de la terre palestinienne, la construction des colonies et le transfert de colons juifs sur le plateau du Golan. Il y a plus de 30 colonies juives qui regroupent au moins 20 000 colons sur le plateau du Golan qui est considéré comme une des meilleures terres cultivables. La population arabe de la région est passé de 130 000 personnes en 1967 à 20 000 aujourd’hui car Israël a exproprié toute la terre à l’exception de 6 pour cent.
La Syrie affirme qu’Israël doit se retirer de tout le Golan, quel que soit le nombre de colonies et de colons. Cette revendication paraît logique mais le silence de la Syrie en ce qui concerne les activités d’Israël sur le Golan a contribué à cimenter le calme de facto qui règne entre les deux ennemis.
Plus de peur que de mal
Quant au soutien syrien à la « résistance » il paraît peu convaincant lui aussi quand on le soumet à un examen plus attentif. En fait la Syrie a toujours cherché à contrôler le mouvement de la résistance palestinienne, en utilisant souvent la force pour consolider sa domination sur les Palestiniens.
Les Palestiniens n’ont pas oublié qu’ils doivent l’un des chapitres les plus tragiques de leur histoire à l’armée syrienne qui, entrée au Liban sous prétexte d’y maintenir la paix et l’ordre pendant la guerre civile, a rasé le camp de réfugiés palestiniens de Tel a-Zaatar de Beyrouth.
Au milieu des années 1980, la Syrie a activement soutenu le siège du mouvement libanais Amal contre le camp de réfugiés de Sabra et Shatila.
L’ingérence syrienne dans les affaires palestiniennes, qui a souvent provoqué des divisions, est de notoriété publique. De plus, bien que Assad pendant toutes ces années ait incité les dirigeants palestiniens à opter pour la résistance armée, Damas n’a quasiment rien fait pour soutenir la première ni la seconde Intifada.
Sa rhétorique plaît, sans nul doute, aux forces arabes progressistes et nationalistes. Cependant dans les faits, la Syrie a rarement fait plus que d’encourager les autres à combattre Israël jusqu’à la dernière goutte de sang principalement palestinien ou libanais.
Les masques tombent, la tyrannie apparaît
La Syrie a fait preuve de discernement en refusant de se laisser entraîner dans des négociations ouvertes avec Israël sans avoir la garantie que les territoires syriens occupés lui seraient rendus. Cela a contribué à consolider sa position à l’inverse d’états apparemment plus soumis et cela a posé un dilemme à tous les Arabes qui se sont sentis obligés de choisir entre soutenir Damas ou soutenir les plans occidentaux dans la région.
Mais c’est une erreur et parfois même une faute morale de garder le silence sur les crimes du régime syrien et de nier que leur politique est avant tout au service de leurs propres intérêts. La politique du régime qui consiste à « survivre à tous prix » l’a poussé à rejoindre la coalition contre l’Irak menée par les USA en 1990 et à coopérer avec enthousiasme à la « guerre contre la terreur » après le 11 septembre. Sa « posture de résistant » ne l’a pas empêché de torturer le Syrien Maher Arar suite à sa déportation controversée en Syrie selon la procédure (canadienne NdT) dite d’extraordinary rendition.
L’usage cynique du langage politique révolutionnaire par le régime pour dissimuler les contradictions de ses positions politiques l’a certainement aidé. Mais les révolutions arabes ont fait tomber les masques de tous les régimes et la tentative du régime syrien pour réprimer la révolte a révélé son côté tyrannique. Bashar al-Assad, à en juger par son discours « j’accuse » (en français dans le texte NdT) vit en pleine illusion. Mais l’époque où il suffisait de crier à la conspiration pour dissimuler ses crimes sanglants est terminée, même si le président syrien ne l’a pas encore compris.

* Lamis Andoni est analyste et commentatrice pour le Middle Eastern and Palestinian Affairs
De la même auteure :
Les Palestiniens aspirent à l’unité – 13 mars 2011
Les Jordaniens exigent des réformes – 27 février 2011
La résurrection du panarabisme – 21 février 2011
A tous les tyrans du monde arabe… – 17 janvier 2011
Le renouveau des mobilisations sociales et politiques dans le monde arabe – 7 janvier 2011
L’Europe doit émerger de l’ombre des Etats-Unis – 26 décembre 2010
Un ultime acte de résistance ? – 14 décembre 2010
Que va penser le monde arabe de ses dirigeants ? – 3 décembre 2010
Israël veut sous-traiter l’occupation de Gaza à l’Union Européenne – 9 août 2010
Calme précaire à Gaza et temps des soupçons – 21 mars 2008
3 avril 2011 – Al Jazeera – Pour consulter l’original :
http://english.aljazeera.net/indept…
Traduction : Dominique Muselet
Syrie : massacre à Sunamayn(الصنمين
Dix morts ou vingt, selon les sources. Ce régime est fini.
Manifestation à Tahrir pour le NON au referendum de demain
Pour l’album, cliquez ICI
Vive polémique au sein de la société égyptienne sur les amendements constitutionnels
Les Egyptiens sont appelés à se rendre samedi aux urnes pour se prononcer par référendum sur des amendements constitutionnels qui ont suscité un débat houleux entre les composantes de la sphère politique.
Aussi bien dans les émissions télévisées, la presse écrite que dans la rue, ont surgi des divergences entre partisans et opposants à ce référendum, dont la date a été fixée par le Conseil suprême des forces armées qui dirige le pays depuis la chute de l’ancien président Hosni Moubarak.
Bien qu’étant d’accord pour participer au référendum, opposants et partisans de ces amendements sont partagés quant au bien fondé des amendements.
Pour les opposants à ce référendum, ils relèvent que malgré les changements de certains articles, il reste toujours des lacunes. Dans ce sens, ils soulignent que l’amendement ne limite pas les pouvoirs du président de la République, « ce qui va mener à une nouvelle dictature ».
Parmi les égyptiens ayant récusé les amendements et annoncé leur intention de se porter candidats à la présidentielle, figurent le secrétaire général de la Ligue Arabe Amr Moussa et l’ancien directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Mohammed El Baradei.
Pour Amr Moussa, ces amendements « ne répondent pas aux aspirations du peuple égyptien à une nouvelle ère instaurant les bases de la démocratie ».
Il a relevé que le rejet des changements constitutionnels, qui « est la bonne décision à prendre par les électeurs samedi prochain, est de nature à permettre de réaliser des acquis politiques importants ».
Il a par ailleurs affirmé qu’un vote positif lors de cette consultation populaire permettrait, en maintenant l’essentiel de l’ancienne Constitution, au chef de l’Etat de garder les vastes pouvoirs dont profitait l’ancien président et donc courir le risque de retrouver un régime analogue.
« Préserver l’ancienne Constitution donnerait au futur président de vastes pouvoirs, ce à quoi le peuple s’oppose dans sa quête de démocratie, de liberté et de refus de revenir à l’ancien ordre des choses », poursuit-il.
De son côté, l’opposant le plus en vue, Mohamed El Baradei, a estimé que le vote en faveur des amendements conduira à des élections dans le cadre d’une Constitution « despotique et dénaturée ».
Il a précisé que la préservation de la constitution de « Moubarak » était une « humiliation » pour la révolution, appelant à la formation d’une commission chargée de l’élaboration de la nouvelle Constitution.
La « coalition des jeunes de la révolution » a appelé, quant à elle, à voter « non » au référendum, soulignant l’impératif de la proclamation d’une Constitution provisoire comprenant les revendications de la révolution et définissant les prérogatives du gouvernement de transition.
Il s’agit également, selon la coalition, de constituer un conseil présidentiel civil composé de trois membres qui gérera avec le gouvernement de transition les affaires du pays, préparera les élections législatives et présidentielle et formera une assemblée constituante pour l’élaboration d’une nouvelle Constitution.
L’abrogation du conseil consultatif, l’amendement des lois complétant la Constitution telle la loi sur les partis et l’exercice des droits politiques figurent également parmi ces propositions.
En contrepartie, les Frères musulmans et le parti national démocratique ont appelé à approuver les amendements constitutionnels, soulignant qu’ils feront tout ce qui est en leur pouvoir pour que le référendum soit positif.
Ils ont estimé que le rejet de ces amendements est de nature à prolonger davantage la période de transition et mènera à une confrontation entre le peuple et l’armée en donnant l’opportunité à la contre-révolution.
Tout en reconnaissant l’insuffisance de ces amendements pour répondre aux exigences de la révolution, ils ont affirmé que le pays « passe par une étape décisive qui requiert une sortie de crise au moyen de ces amendements afin de passer de l’étape de transition à celle de la stabilité ».
D’après la commission en charge de l’amendement de cette Constitution, la durée du mandat présidentiel est limitée à quatre ans renouvelables une seule fois.
Ces amendements sont destinés à garantir plus d’ouverture démocratique dans le pays, d’après la commission, qui recommande aussi la limitation du recours aux lois d’urgence -en vigueur en Egypte depuis 30 ans- à une période de six mois avec feu vert d’un Parlement élu.
La prorogation de cette période de six mois devra être soumise à un référendum populaire, selon la commission, qui propose aussi l’assouplissement des conditions requises pour être candidat, afin de permettre aux indépendants et aux petits mouvements d’opposition de se présenter.
Pour être éligible, un candidat devra recueillir 30.000 parrainages de diverses provinces égyptiennes, ou la recommandation de 30 membres du Parlement, ou bien être issu d’un parti titulaire d’au moins un siège au Parlement.
La commission a également proposé que le processus électoral soit désormais surveillé par le pouvoir judiciaire.
Ces propositions « représentent une Constitution temporaire, après laquelle une nouvelle Constitution du pays pourra être rédigée ».
Quelque 45 millions d’Egyptiens âgés de 18 ans et plus sont appelés ainsi à se rendre aux urnes pour accepter ou rejeter les amendements proposés.
MAP
Journée mondiale de soutien aux soulèvements populaires en Afrique du Nord et au Moyen-Orient
Suite à l’appel lancé par le Forum social mondial de faire du 20 mars, une journée mondiale de soutien aux soulèvements populaires en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, Vrede VZW et la CNAPD appellent à la journée mondiale de soutien aux soulèvements populaires en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, , Vrede VZW et la CNAPD appellent à la
MANIFESTATION NATIONALE CE DIMANCHE 20 MARS
A 14H
Départ : Gare du Nord
Cette manifestation sera l’occasion pour nous de:
1. Marquer notre solidarité avec les soulèvements pour la liberté, les droits démocratiques et le progrès social en Afrique du Nord et au Moyen-Orient ;
2. Condamner le soutien politique, économique et militaire de l’Occident aux régimes dictatoriaux ;
3. Appeler l’Union européenne et ses États-Membres à soutenir un développement économique et social juste ;
4. Réclamer le respect de la souveraineté des pays et des peuples en question.
Plusieurs organisations ont déjà marqué leur soutien à cette manifestation et nous espérons que la liste prendra de l’ampleur en fil des jours!
Au nom de la plateforme,
Isabelle Grippa, CNAPD
Ludo De Brabander, Vrede VZW
Liste des signataires:
11.11.11 – Koepel van de Vlaamse Noord Zuid-Beweging, Aardewerk, ABP, ACW, Artsen voor Vrede, AWSA, BOEH!, Broederlijk Delen, BRussells tribunal, CETRI – Centre Tricontinental, CNCD – 11.11.11, CNAPD, Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie, Culturencentrum Pianofabriek, EcoloJ, Egalité, fos- Socialistische Solidariteit, Greenpeace, intal, Jeunes anticapitalistes – Jongeren antikapitalisten, Käthe Kollwitz Vredesloop, Kif Kif, Links Ecologisch Forum, Linkse Socialistische Partij / Parti Socialiste de Lutte (LSP-PSL), MCP, Mensen zonder Papieren, MIR-IRG, Mouvement Ouvrier Chrétien (MOC), PVDA/PTB, RCN Justice et démocratie, SAP-LCR, SCI-Projets internationaux, Solidariteitsgroep met de Egyptische, Tourisme autrement, Tunesische en Libische revoluties en de volkeren in beweging, Vaka/Hand in Hand vzw, Vonk/Unité Socialiste, Vrede vzw, Vredeshuis Aalst, Vrouwen Overleg Komitee, Wereldsolidariteit/Solidarité Mondiale
Volgens de oproep van het wereld sociaal forum om op de 20 maart wereldwijd steunbetogingen te organiseren, roepen Vrede VZW en CNAPD een
NATIONALE BETOGING ZONDAG 20 MAART 14U
In solidariteit met het volk van Noord-Afrika en het Midden-Oosten
Vertrek: Brussel-Noord
Door deze betoging:
1. Zijn wesolidair met de volksopstanden voor vrijheid, democratische
rechten en sociale vooruitgang in Noord-Afrika en het Midden-Oosten
2. Veroordelen we de politieke, economische en militaire steun van het
Westen aan de dictatoriale regimes.
3. Roepen we de Europese Unie en haar lidstaten op om een rechtvaardige
economische en sociale ontwikkeling te steunen.
4. Eisen we respect voor de soevereiniteit van de betrokken landen en
volkeren.
Een aantal verenigingen hebben deze oproep reeds ondertekend. Wij hopen deze lijst steeds meer groter te zien!
Namens het samenwerkingsverband,
Ludo De Brabander, Vrede vzw
Isabelle Grippa, CNAPD
Handtekeningen lijst:
11.11.11 – Koepel van de Vlaamse Noord Zuid-Beweging, Aardewerk, ABP,ACW, Artsen voor Vrede, AWSA, BOEH!, Broederlijk Delen, BRussells tribunal, CETRI – Centre Tricontinental, CNCD – 11.11.11, CNAPD, Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie, Culturencentrum Pianofabriek, EcoloJ, Egalité, fos- Socialistische Solidariteit, Greenpeace, intal, Jeunes anticapitalistes – Jongeren antikapitalisten, Käthe Kollwitz Vredesloop, Kif Kif, Links Ecologisch Forum, Linkse Socialistische Partij / Parti Socialiste de Lutte (LSP-PSL), MCP, Mensen zonder Papieren, MIR-IRG, Mouvement Ouvrier Chrétien (MOC), PVDA/PTB, RCN Justice et démocratie, SAP-LCR, SCI-Projets internationaux, Solidariteitsgroep met de Egyptische, Tourisme autrement, Tunesische en Libische revoluties en de volkeren in beweging, Vaka/Hand in Hand vzw, Vonk/Unité Socialiste, Vrede vzw, Vredeshuis Aalst, Vrouwen Overleg Komitee, Wereldsolidariteit/Solidarité Mondiale
Au Caire, l’heure n’est pas à la contre-révolution

Voici l’analyse que j’ai écrite dans Le Figaro sur la situation en Egypte.
Un mois après la chute d’Hosni Moubarak, la nouvelle Egypte est entrain de naître. Doté des pleins pouvoirs, le Conseil supérieur des forces armées contrôle la transition politique. Un calendrier a été annoncé avec des perspectives d’élections législatives et présidentielles à brève échéance.
Mais sortir de trente ans de régime policier sera long et difficile. Les partisans du raïs déchu gardent une certaine capacité d’obstruction. Ils l’ont prouvé cette semaine en attaquant aux couteaux des manifestants sur la place Tahrir, épicentre de la révolte. Des policiers, de leur côté, ont brûlé des documents compromettant sur leurs agissements antérieurs, et il n’est pas interdit de penser que des nostalgiques de l’appareil sécuritaire aient cherché à alimenter les derniers affrontements entre coptes et musulmans près du Caire.
Y-a-t-il pour autant un risque de « contre-révolution », comme vient de mettre en garde le gouvernement égyptien? Sans doute pas, estiment la plupart des experts. « Aucune force n’est capable d’organiser une telle contre-révolution », assure Basma Kodmani, experte de l’Egypte. Personne ne voit l’armée, qui s’est rangée du côté du peuple, confisquer à court terme du moins « la révolution du papyrus ».
Quant à la police et aux services de renseignements, ils sont en pleine crise, et attendent fébrilement d’être réorganisés. « Leur démocratisation est bien le principal défi aujourd’hui pour les nouvelles autorités », concède Mme Kodmani.
Que faire du million de policiers ripoux et de leurs indics, qui manipulaient les foules du Caire et de ses alentours ? Les radier au nom d’une purge radicale ? Ou simplement nommer une nouvelle direction, avant de parvenir à l’objectif plus lointain d’un contrôle civil sur les services de sécurité du nouvel Etat ?
Le débat fait rage, y compris au sein de la hiérarchie militaire, qui veut s’assurer de la pérennité de ses privilèges économiques, tout en limitant la démilitarisation des institutions. Sous Moubarak en effet, les militaires dirigeaient les gouvernorats de province, les cabinets ministériels et les grandes entreprises publiques.
Comment solder les comptes du passé, s’interroge-t-on au sein des nouvelles instances dirigeantes égyptiennes ? Tourner la page dans l’espoir de limiter les règlements de comptes ? Ou alors faire toute la lumière sur les exactions du régime déchu et de ses affidés ? Sous l’impulsion de la rue, l’option radicale n’est pas à écarter, comme en témoignent les appels à juger les anciens barons de l’ère Moubarak.
A court terme, la priorité concerne la révision de la Constitution, promise par l’armée, et qu’un référendum doit ratifier le 19 mars prochain. Mais déjà certains opposants réclament une révision en profondeur. Avec en arrière-plan, de délicats litiges à résoudre sur le caractère islamique du nouvel Etat et sur la place de la charia dans la Loi fondamentale. Points sur lesquels les islamistes seront extrêmement vigilants. Autant de sujets de divisions en perspective. Mais pour l’heure, un élément de consensus continue de rassembler les Egyptiens : nettoyer le système de la corruption généralisée. Le meilleur antidote face à une hypothétique contre-révolution sur les bords du Nil.
La révolution égyptienne : 10 ans de gestation

Dans les années 1990, on ne pouvait que murmurer le nom de Hosni Moubarak. Parler politique ou faire des blagues était à éviter dans les conversations téléphoniques. Cette année, des millions d’Egyptiens se sont battus pendant 18 jours contre leur tyran vieillissant, bravant les troupes de la police qui tiraient des gaz lacrymogènes, des balles en acier recouvertes de caoutchouc et des balles réelles. Le peuple d’Egypte a surmonté sa peur, mais cela ne s’est pas produit du jour au lendemain. La révolution égyptienne, plutôt que d’être arrivée à l’improviste le 25 Janvier 2011, est le résultat d’un processus de maturation tout au long de la décennie précédente – une réaction en chaîne à partir des manifestations de solidarité avec l’Intifada palestinienne à l’automne 2000. La poigne de fer de Moubarak et le déclenchement de la sale guerre entre les militants islamistes et le régime dans les années 1990 signifiait la mort de la dissidence dans la rue. Les rassemblements publics et les manifestations de rue ont été interdits et, si cela se produisait malgré tout, ils étaient confrontés à la force. Des armes mortelles ont été utilisées contre les grévistes. Les syndicats ont été placés sous contrôle gouvernemental.
C’est seulement après que l’intifada palestinienne ait éclaté en Septembre 2000 que des dizaines de milliers d’Egyptiens sont descendus dans les rues en signe de protestation – sans doute pour la première fois depuis 1977. Bien que ces manifestations étaient en solidarité avec les Palestiniens, elles ont rapidement pris une dimension anti-régime, et la police a voulu réprimer les manifestations pacifiques. Le président, cependant, reste un sujet tabou, et j’ai rarement entendu des slogans anti-Moubarak.
Je me souviens de la première fois en avril 2002, où j’ai entendu des manifestants scander en masse des slogans contre le président lors des émeutes pro-palestiniennes autour de l’Université du Caire. Luttant contre les forces de sécurité bien connues, les manifestants scandaient en arabe : « Hosni Moubarak est comme [Ariel] Sharon. » La colère devait exploser sur une échelle encore plus grande avec le déclenchement de la guerre contre l’Irak en mars 2003. Plus de 30 000 Egyptiens se sont batus avec la police dans le centre du Caire, investissant brièvement la Place Tahrir, et brûlant des portraits de Moubarak.
Les scènes diffusées par Al-Jazeera et d’autres réseaux satellitaire sur l’insurrection palestinienne ou l’attaque américaine en Irak ont incité les militants à travers l’Egypte à abattre le mur de la peur, brique après brique. C’est en 2004 que les pro-palestiniens et des militants anti-guerre ont lancé le mouvement Kefaya, qui s’est attaqué au président et à sa famille.
Bien qu’il n’a pas pu créer un mouvement de masse dans la classe ouvrière et les pauvres des villes, l’utilisation par Kefaya des médias sociaux et traditionnels a contribué à modifier la culture politique dans le pays. Des millions d’Egyptiens, tout en restant assis chez eux, pouvaient voir ces jeunes militants audacieux au centre du Caire se moquant du président, portant des banderoles avec des slogans qui étaient inimaginables une dizaine d’années auparavant.
En Décembre 2006, les travailleurs de la plus grande usine de textile au Moyen-Orient située dans la ville de Mahalla dans le delta du Nil, se mirent en grève. L’action succédait à deux décennies de calme relatif dans les grèves dans l’industrie suite à la répression et à un agressif programme néo-libérale qui avait la bénédiction du FMI et de la Banque mondiale. Après leur victoire, qui a reçu une large couverture médiatique, une vague de grèves a traversé le secteur du textile, les travailleurs des autres usines exigeant les mêmes gains que ceux de Mahalla. Le militantisme dans l’industrie allait bientôt s’étendre à d’autres secteurs de l’économie. Des images de grève ont été diffusées via les médias sociaux et traditionnels, prouvant que des millions de travailleurs pouvaient peu à peu surmonter leurs peurs et organiser des protestations inspirées par les succès rencontrés dans les grèves d’autres secteurs. Comme journaliste couvrant la vague de grèves en 2007, j’ai souvent entendu des grévistes dire : « Nous avons été encouragés à réagir après que nous ayons entendu parler de Mahalla. »
Bien que critiquée par certains comme seulement économique, la vague de grèves a été en substance politique. En avril 2008, une ébauche de révolte a eu lieu dans la ville de Mahalla à propos du prix du pain. Les force de sécurité ont réprimé le soulèvement en deux jours, faisant au moins trois morts et des centaines détenus, recourant à la torture. Les scènes de ce qui a été ensuite connu sous le nom d’ « Intifada de Mahalla » auraient pu constituer une répétition générale de ce qui s’est passé en 2011, les manifestants portant des banderolles caricaturant Moubarak, se battant contre les forces de police dans les rues et s’attaquant aux symboles du Parti National Démocratique tant détesté. Peu de temps après, une révolte similaire a eu lieu dans la ville d’el-Borollos, au nord du delta du Nil.
Bien que ces soulèvements aient été réprimés, le pays a continué à être le témoin presque quotidiennement de grèves et de sit-in des travailleurs comme des petites manifestations organisées par les militants au centre-ville du Caire et dans les provinces. Les travailleurs rassemblés occupaient, au printemps et à l’hiver 2010, les abords du Parlement dans ce que les chroniqueurs locaux ont décrit comme un « le Hyde Parc du Caire ».
Les luttes politiques et économiques quotidiennes contre l’Etat montraient que la légitimité du régime de Moubarak s’érodait rapidement, pour peu qu’elle ait jamais existé.
En octobre 2010, il y avait certainement quelque chose dans l’air. Il était devenu normal de tomber sur une grève ici ou là alors que l’on se rendait à son travail. Les fonctionnaires rentrant chez eux après avoir quitté leur bureau croisaient des militants qui organisaient de petites manifestations au centre du Caire. Ils contemplaient cela et réagissaient très rarement. Mais ils ont été les témoins de scènes quotidiennes de dissidence.
La Tunisie a ensuite mené sa propre révolte, renversant un tyran et, plus important encore, la révolution tunisienne a été vue par des millions de téléspectateurs en Egypte et ailleurs, en grande partie à nouveau grâce à al-Jazeera. Ce n’était qu’un des nombreux catalyseurs – les incidents quotidiens dus à la brutalité policière en ont fourni beaucoup d’autres.
Le soulèvement qui a débuté le 25 janvier 2011 a été le résultat d’un long processus grâce auquel le mur de la peur s’est étiolé peu à peu. La clé de tout cela était que les actions sur le terrain ont été transmises sous forme d’images au plus large public possible. Rien n’aide autant à laisser sa peur de côté que de savoir qu’il existe d’autres personnes, ailleurs, qui partagent le même désir de libération et qui ont commencé à agir en ce sens.
2 mars 2011 – The Guardian – Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.guardian.co.uk/commentis…
Traduction : Abd al-Rahim