La mairie du 3ème à Paris veut redorer le blason du gouvernement d’extrême-droite israélien


Publié le 31-08-2010

La Mairie du 3ème arrondissement de Paris entend accueillir à compter de jeudi l’exposition « Mashav », organisée par le Ministère israélien de la coopération internationale et l’organisation B’nai Brith, avec pour objectif de « changer l’image d’Israël ». Ci-dessous la lettre de la campagne BDS France à Pierre Aidenbaum.

A l’attention de Pierre Aidenbaum, Maire du 3e arrondissement de Paris 75003 Paris

27 août 2010, Paris

Monsieur le Maire,

C’est avec consternation que nous avons découvert le thème de l’exposition « Mashav » que vous accueillerez dans vos locaux municipaux à partir du 2 septembre. Cette exposition organisée par le Ministère israélien de la coopération internationale et l’organisation B’nai Brith a pour objectif de « changer l’image d’Israël » ; vous soutenez ainsi la promotion d’un gouvernement d’extrême-droite dont la politique, loin d’aller dans le sens des principes universels de la coopération internationale, de solidarité ou d’humanisme, va activement à son encontre.

Cette exposition est l’un des outils de propagande destinés à servir une politique qui viole depuis des décennies les droits les plus fondamentaux des Palestiniens, que ceux-ci aient la citoyenneté israélienne ou non. L’implication directe des institutions de l’Etat israélien responsable d’une occupation et d’une colonisation illégales, au système législatif raciste, belliqueux et reconnu responsable de plusieurs crimes de guerre voire contre l’Humanité (ainsi que l’indique le rapport Goldstone), devrait pourtant interpeller le maire républicain que vous êtes. Le B’nai Brith, par son soutien inconditionnel et partisan à Israël, peut d’autre part difficilement être assimilé à une organisation humanitaire.

Cette exposition souhaite promouvoir « toutes les ressources et solutions que l’Etat d’Israël a créé afin de résoudre les grands problèmes de l’eau, irrigation, santé, éducations, intégration, agriculture en terrain difficile, etc. ». Évoquera-t-elle les « solutions » adoptées par Israël qui consistent en la confiscation pure et simple des ressources aquifères des territoires occupés à son profit, au détriment des villages palestiniens asséchés ?

Parlera-t-elle du détournement des voies d’irrigation pour ses plantations coloniales dans la vallée du Jourdain ? Montrera-t-elle l’empoisonnement des terres des Bédouins du Néguev, l’enrôlement des lycéens dans les chantiers de destruction d’un de leurs villages, en juillet dernier ? Rappellera-t-elle l’arrachage et les incendies de milliers d’acres d’oliviers et de vignes en Palestine ces dernières années ?

B’nai Brith se vante d’avoir aidé des réfugiés dans le monde, parlera-t-elle des centaines de milliers de Palestiniens devenus eux-mêmes réfugiés suite à des expropriations violentes que B’nai Brith lui-même revendique avoir soutenues ?

A quoi ressemble la « coopération internationale » d’un état qui compte 150 résolutions de l’ONU – non appliquées ! – qui attaque violemment et quotidiennement une population sans armée et tue les militants internationaux qui viennent la secourir, dans des eaux internationales qui plus est ? Accueillir une exposition chargée de vanter la coopération internationale d’Israël pour changer son image, et de dissimuler tous les aspects violents et hors la loi de sa politique, est une action de désinformation de nos concitoyens, ce n’est pas là le rôle d’une municipalité française.

« Je suis pour toujours un homme de gauche, fort de ses convictions et des valeurs républicaines. Combattre en permanence toutes les injustices, c’est aussi pour moi combattre le racisme, l’antisémitisme, la xénophobie, l’homophobie et toutes les formes d’intolérances. Je veux une société où les mots liberté, solidarité et laïcité prennent tous leurs sens. La justice sociale n’est pas un concept abstrait (…) »

Monsieur le Maire, c’est vous qui avez déclaré cela sur votre blog. C’est donc à la cohérence de l’homme politique que nous nous adressons pour vous demander d’annuler cette opération de vulgaire propagande qui porte aussi ostensiblement atteinte aux valeurs républicaines.

Veuillez agréer nos salutations, La Campagne BDS France

Campagne BDS France

Campagnebdsfrance@yahoo.fr

http://www.bdsfrance.org

CAPJPO-EuroPalestine

Comité de soutien Association marocaine des droits humains


Le dénommé « Noam Nir », un sioniste israélien résidant à la ville d’Essaouira et y possédant un restaurant « Al Baraka », a déposé fin juillet 2010 une plainte en justice pour antisémitisme contre trois membres de l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH) ; il s’agit de la militante Samira Kinani, membre du Bureau Central de l’Association, et des militants Fouad Jarid membre de la commission administrative de l’AMDH et du bureau de la section d’Essaouira, et Houcine Boukbir membre de cette même section ; ces deux derniers ont déjà été entendus le 05 et le 06 août par la police judiciaire locale, sur instruction du procureur du roi auprès du tribunal de 1ère instance de la ville.

Cette plainte a été déposée juste après la tournée touristique effectuée à Essaouira le 27 juillet par une centaine de jeunes, participant au camp pour jeunes de l’AMDH, organisé dans la ville voisine de Safi.

Au cours de cette tournée, les jeunes de l’AMDH ont scandé des slogans sur les droits humains en général, et au Maroc en particulier, et n’ont pas manqué comme d’habitude, de crier leur solidarité avec le peuple palestinien et leur dénonciation du terrorisme sioniste, et leur désapprobation de la normalisation rampante des relations du Maroc avec Israël. Ce qui ne fut pas du goût du dénommé Noam Nir qui s’est mis, au passage des jeunes devant son restaurant, à les filmer de manière provocatrice.

Notons que monsieur Noam Nir a déjà manifesté son hostilité à l’égard de la section de l’AMDH à Essaouira quand elle a, à l’instar de la plupart des 88 sections de l’Association, organisé un sit-in de solidarité avec la Palestine le 29 mars dernier, à la veille de la journée de la terre ; il a à cette occasion dénoncé dans les journaux israéliens, dont il est correspondant, « l’antisémitisme de l’AMDH » et de l’ensemble du peuple marocain.

Tenant compte de ce qui précède, et des éléments d’information en rapport avec les activités sionistes de Noam Nir, et en se basant sur notre identité comme association de défense des droits humains dans leur acception universelle, le bureau central déclare :

1° l’AMDH a, depuis sa création en 1979, défendu fermement les valeurs fondamentales (dignité, liberté, égalité, solidarité, et sacralité de la vie) et les normes des droits humains universels dont le droit des peuples à l’autodétermination. Elle a en outre lors de son dernier congrès (le 9ème congrès tenu du 20 au 23 mai dernier), et dans le cadre d’amendements au préambule de ses statuts, érigé « le combat contre la mondialisation libérale sauvage, l’impérialisme en tant que mouvement ennemi du droit des peuples à l’autodétermination et le sionisme en tant que mouvement raciste, colonialiste et agressif » au rang des combats prioritaires et ouvert la voie à la défense directe de la laïcité, considérée désormais par l’AMDH comme « une des caractéristiques de l’Etat de droit ».

2° L’AMDH est antisioniste, contre le colonialisme israélien, solidaire du juste combat du peuple palestinien pour la libération de son pays, le retour des réfugiés, son autodétermination et l’édification de l’Etat démocratique palestinien sur l’intégralité du territoire palestinien avec Al Kods comme capitale. A ce titre également l’Association est contre le terrorisme d’Etat israélien et contre toute normalisation avec cet Etat agresseur qui ne fait que renforcer sa détermination à commettre plus de crimes de guerre et contre l’humanité.

3° Tout comme les 12000 membres de l’AMDH sont toutes et tous antisionistes, ils sont également et par principe contre l’antisémitisme et contre la haine à l’égard des juifs en tant que tels, puisque l’AMDH adhère sans réserve aux valeurs universelles des droits humains, défend la laïcité et les libertés individuelles dont la liberté de croyance et de culte et celle d’avoir la religion de son choix ou de ne pas en avoir.

Pour ce qui concerne les juifs de notre pays, dont la plupart ont été des victimes de choix du sionisme qui les a poussés à quitter massivement leurs pays, nous avons toujours défendu leurs droits tout en étant fiers du courage de nos frères juifs marocains qui ont résisté à la propagande sioniste et dont certains comme Abraham Serfaty, Sion Assidon, Edmond Amran El Maleh et Simon Levy ont conjugué leur antisionisme avec une défense conséquente de la démocratie au Maroc. L’AMDH a été également parmi les organisations démocratiques à s’opposer, lors des manifestations de solidarité avec la Palestine, aux slogans anti-juifs proférés par des groupes de conservateurs et d’intégristes.

Dans ces conditions, accuser d’antisémitisme des membres de l’AMDH, et de surcroit des membres dirigeants, est une infamie qui devra couter cher au dénommé Noam Nir dont la mission réelle doit être mise à jour et dénoncée.

4° L’AMDH considère que la plainte pour antisémitisme, déposée par le dénommé Noam Nir contre trois de ses membres, n’a aucun fondement ni dans la réalité des faits, ni au niveau juridique et la déclare nulle et non avenue, tout en considérant que donner une suite positive à cette plainte serait une faute politique et judiciaire grave et un encouragement aux activités sionistes au Maroc.

De ce fait, l’AMDH appelle les organisations des droits humains, les forces démocratiques et les forces vives du pays à dénoncer cette plainte insidieuse et à exiger qu’elle soit classée.

Elle appelle également tous les membres de l’Association à rester vigilants et à considérer que tout procès contre les 3 membres objets de la plainte est un procès contre l’ensemble de l’AMDH et des antisionistes défenseurs du peuple palestinien au Maroc.

Enfin l’AMDH s’adresse aux défenseurs des droits humains et aux démocrates à l’étranger pour les mettre en garde contre tout amalgame entre antisionisme et antisémitisme qui est à la base de la plainte de Noam Nir et qui est véhiculé, avec succès malheureusement, par les sionistes au pouvoir en Israël ; tout le monde doit être averti qu’au Maroc c’est l’AMDH, entre autres, qui est porteuse des vraies valeurs de démocratie et des droits humains et non les sionistes partisans du terroriste Natanyahu et ses acolytes étrangleurs et affameurs de Gaza et fossoyeurs de la caravane de la liberté.

Rabat le 14/08/2010

Le Bureau Central de l’AMDH

Plaignez-nous


Et vous qui avez des problèmes de conscience devant ce que font les sionistes en votre nom, vous oubliez. Et les familles des neuf turcs assassinés, elles n’existent pas, elles ne souffrent pas.

Des manifestations anti-sionistes, devant la Maison Blanche


IRIB – Dans le sillage de l’entretien du Président américain, Barack Obama, avec le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, deux manifestations anti-israéliennes séparées ont eu lieu, ce mardi, devant la Maison Blanche. Lors de la première manifestation, les protestataires ont demandé aux Etats-Unis de mettre un terme à leurs soutiens à Israël. Ils ont qualifié de contraire à la religion judaïque, la fondation du régime sioniste. La seconde, plus vaste, avait rassemblé plusieurs centaines de haredims anti-sionistes. Les participants, principalement, des Hassidim de Satmar, sont arrivés, par cars entiers, de New York, pour protester contre les démarches du régime sioniste. Un autre objectif de cette manifestation était de rappeler au monde qu’ « Israël est un régime sioniste, pas un Etat juif », ce que l’on pouvait lire sur les écriteaux que brandissaient les manifestants.

Peut-on critiquer Israël ?


En quoi les sionistes sont-ils légitimés pour instrumentaliser l’antisémitisme ?

le 29/06/2010

Pierre Stambul

Luxembourg

le 28/06/2010

L’expulsion des Palestiniens de leur propre pays s’est faite, il y a 62 ans. Ce nettoyage ethnique (800 000 personnes expulsées de leur propre pays) s’est réalisé avec la complicité de la communauté internationale. Après des siècles d’un antisémitisme européen jalonné de nombreux pogroms, et immédiatement après le génocide nazi qui a entraîné la mort de 6 millions de Juifs (la moitié des Juifs européens), l’Occident s’est « débarrassé » de sa responsabilité … sur le dos du peuple palestinien qui n’avait joué aucun rôle dans cette persécution.

Alors que la décolonisation (certes très imparfaite) a été la règle partout, la question palestinienne évolue à contre-courant. Plusieurs facteurs bloquent toute solution. Il y a la manipulation de l’histoire, des mémoires et des identités.

L’Etat d’Israël et celles ou ceux qui soutiennent sa politique nient le crime fondateur, les droits du peuple autochtone, voire même l’existence de ce peuple. Pour eux la « légitimité » d’un Etat qui s’est proclamé « Etat Juif » et refuse toute citoyenneté aux autres habitants de la région est indiscutable et les Palestiniens sont des intrus. Ils en sont toujours aux mensonges initiaux : « une terre sans peuple pour un peuple sans terre », « du désert, nous avons fait un jardin », « les Arabes sont partis d’eux-mêmes » et ils défendent contre toute vraisemblance historique l’idée qu’après 2000 ans d’exil, les Juifs sont retournés dans leur pays.

Le sionisme est devenu une idéologie totalitaire qui prétend parler au nom de tous les Juifs. Depuis des années, une technique s’est bien rodée. Quiconque critique Israël et sa politique, quiconque défend les droits du peuple palestinien, est forcément un antisémite s’il n’est pas juif et un traître ayant la haine de soi s’il est juif. Quiconque dit ce qui est à l’œuvre : nettoyage ethnique, colonialisme, apartheid, crimes de guerre … est forcément un négationniste nostalgique d’Hitler.

Traître ou complice ?

Refusant d’avoir le choix entre être complice ou être un traître, je me sens donc sommé de dire « d’où je parle ». Je suis né en 1950 dans le souvenir omniprésent du génocide nazi. Mère née Dvoira Vainberg, communiste résistante dans la MOI, seule rescapée d’une famille nombreuse disparue (sans qu’on sache même où et comment) en Bessarabie. Père Yakov Stambul, membre du groupe Manouchian (l’Affiche Rouge), en « triangle » avec Jozsef Boczor et Emeric Glasz fusillés au mont Valérien. Il a été déporté à Buchenwald. Sa mère avait été 40 ans plus tôt une survivante du pogrom de Kichinev. J’utilise volontairement mes origines pour contester tout droit des sionistes à parler au nom de tous les Juifs ou au nom de l’antisémitisme et du génocide.

En 1948, Menachem Begin (le responsable du massacre de Deir Yassin) projetait de visiter les Etats-Unis. Les plus grands intellectuels juifs américains de l’époque (Hannah Arendt, Albert Einstein …) avaient signé une pétition demandant au président Truman d’arrêter ou d’expulser ce terroriste. Encore à cette époque, le mot « juif » évoquait Einstein, Arendt, Freud, Rosa Luxembourg… et pas Liberman, Barak , Livni ou Nétanyahou.
Aujourd’hui, on assiste à un véritable acharnement consistant à effacer ce passé, à manipuler l’histoire, la mémoire et les identités juives.

La caricature de ce hold-up, c’est un avocat sioniste français osant intenter un procès à Edgar Morin pour antisémitisme. Edgar Morin a été un grand résistant et il a écrit dans « Vidal et les siens », à partir de son histoire familiale, une étude de la trajectoire des Juifs venus de Salonique. Edgar Morin, comme de nombreuses personnalités françaises d’origine juive, trouve que la politique israélienne actuelle n’est pas seulement criminelle pour les Palestiniens et suicidaire pour les Israéliens, c’est aussi une caricature d’une histoire riche qui n’a rien à voir avec le militarisme colonial actuel.

Sionisme et antisémitisme

L’idéologie sioniste est une réponse, fausse à mes yeux, à l’antisémitisme. En 1880, environ 60% des Juifs du monde entier vivent dans un seul pays : l’empire russe et ils forment environ 10% de la population de la « zone de résidence » entre Baltique et Mer Noire. La société juive est en butte à un terrible antisémitisme d’état qui essaie de détourner la colère populaire contre les Juifs. Une partie de la population juive abandonne la religion. Les idées révolutionnaires influencent massivement les Juifs qui se sont prolétarisés et adhèrent en nombre à différents partis révolutionnaires dont le Bund. À contre-courant de ces idées, le sionisme considère que l’antisémitisme est inéluctable, que la lutte pour la citoyenneté ou l’égalité des droits n’a aucun sens et que la seule solution est la fuite et la colonisation de la Palestine.

Dès le départ, le sionisme est une théorie de la séparation : juifs et non juifs ne peuvent pas vivre ensemble. Dès le départ, les sionistes n’ont qu’un seul but : construire le futur Etat juif et ils ne participeront que de façon très marginale aux luttes sociales, au combat pour l’émancipation ou à la résistance antifasciste. Dès le départ, le sionisme se sert de l’antisémitisme pour faire avancer son projet. Peu avant sa mort, Herzl rencontre un des pires ministres antisémites du Tsar (Plehve) pour lui expliquer que l’un et l’autre ont les mêmes intérêts : qu’un maximum de Juifs quittent la Russie.

La persécution antisémite sera toujours décrite, notamment plus tard par Ben Gourion, comme une aide décisive pour convaincre les Juifs de partir en Palestine. Dès le départ, les sionistes qui prétendent réagir au pire des racismes se montrent totalement négationnistes vis-à-vis du peuple palestinien autochtone. Ils organisent sa dépossession bien avant le génocide nazi et envisagent très tôt l’expulsion qui sera réalisée en 1948.

Instrumentalisation du génocide

À la sortie du musée Yad Vashem de Jérusalem consacré au génocide, un monument symbolise l’issue « rédemptrice » selon les sionistes : la création de l’Etat d’Israël. Certes, le projet de création d’un Etat juif n’aurait pas abouti et même serait resté très minoritaire parmi les Juifs sans le génocide. Les Juifs qui avaient été considérés comme des parias en Europe, sont soudainement devenus dès 1945 de bons européens établissant une tête de pont au Proche-Orient et il y a eu un consensus international pour soutenir la création de l’Etat d’Israël et le nettoyage ethnique qui l’a accompagnée.

Et pourtant, le sionisme a-t-il joué un rôle notable face au nazisme et au fascisme ? En fait, aucun mouvement politique et aucun Etat n’a voulu ou su faire face à cette « résistible ascension » du fascisme. Les Occidentaux ont refusé l’intervention en Espagne, ont signé les accords de Munich et plus tard pendant la guerre, n’ont rien fait pour empêcher l’extermination des Juifs. Les Soviétiques ont signé le pacte germano-soviétique. Ne parlons pas du Parlement français qui a voté les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. Mais les sionistes n’ont pas fait mieux et les faits qui suivent sont facilement vérifiables.

L’idéologue du courant révisionniste du sionisme, Vladimir Jabotinsky était un admirateur du fascisme italien et les méthodes qu’il a préconisées dès 1930 (le « transfert » des Palestiniens au-delà du Jourdain) s’inspirent du fascisme. Quand en 1933, les Juifs américains organisent un boycott contre l’Allemagne Nazi, Ben Gourion le brise aussitôt.

L’organisation sioniste mondiale aura un bureau en Allemagne nazi jusqu’en 1941 et les Nazis favoriseront l’émigration des Juifs allemands ou autrichiens expulsés vers la Palestine (avec transfert de fonds) alors que la grande majorité d’entre eux préféraient partir en Occident. Pire, celui qui sera Premier ministre sous le nom d’Itzhak Shamir a dirigé avec Stern un groupe terroriste qui assassinera de nombreux soldats britanniques entre 1940 et 1943, ce qui en dit long sur l’intérêt que ce groupe portait au génocide en cours.

Il y a eu une résistance spécifiquement juive pendant la guerre, essentiellement communiste et bundiste (dans la MOI avec d’autres, en Pologne avec l’insurrection du ghetto de Varsovie). Les sionistes n’y ont joué qu’un rôle marginal.

Israël s’est souvent présenté comme le havre de paix pour les Juifs après la guerre. Il n’y a qu’à écouter le discours de Sharon lors du 60e anniversaire de la libération d’Auschwitz, expliquant que l’extermination n’aurait pas eu lieu si Israël avait existé et accessoirement qu’Auschwitz justifiait ce qu’Israël inflige aux Palestiniens.

Il y a pourtant à dire sur l’arrivée des rescapés du génocide. À la fin de la guerre, des centaines de milliers d’entre eux sont dans des camps de réfugiés, essentiellement en Allemagne. Le Yiddishland a disparu. Ils attendent des visas pour l’Occident que la plupart n’obtiendront pas. En 1951, le dernier camp se révolte en Bavière et les derniers réfugiés sont expulsés … en Israël.

Ces rescapés seront très mal accueillis en Israël. On opposera la prétendue résignation des victimes face à l’extermination, à l’Israélien nouveau fier de lui qui se bat et défriche son pays. Il reste aujourd’hui un peu plus de 200000 rescapés en Israël. La moitié d’entre eux touchent des pensions misérables et vivent sous le seuil de pauvreté, en particulier ceux qui sont venus des pays de l’Est. Régulièrement, des rabbins et non des moindres, insultent la mémoire des victimes en affirmant qu’ils ont pêché et que Dieu les a punis. Entre deux injures racistes contre les Palestiniens, le grand rabbin Ovadia Yossef, idéologue du parti Shass (Salah Hamouri est accusé sans preuve d’avoir voulu attenter à sa vie) s’est plusieurs fois livré à des diatribes contre les victimes du génocide.

La question du racisme en Israël

Pourquoi les institutions communautaires juives, si promptes à voir partout l’antisémitisme sont-elles aussi silencieuses face au racisme et aux discriminations en Israël ?

Il existe un racisme institutionnel contre les Palestiniens. Ceux qui ont la nationalité israélienne dans un Etat qui se dit « juif et démocratique » vivent les discriminations au travail (un grand nombre de métiers leur étant interdits), au logement, à la possession de la terre dans un pays où « légalement », 98% des terres sont réservées aux Juifs. Plus de 60 ans après la création de l’Etat d’Israël, plus de 100000 Bédouins du Néguev vivent dans des bidonvilles en plein désert. Leurs villages non reconnus sont détruits. Ils n’ont pas le droit de construire en dur, ils n’ont ni route, ni eau, ni électricité, ni école. On détruit leurs maisons dès qu’ils construisent en dur.

De très nombreux dirigeants israéliens profèrent régulièrement des injures racistes qui sont parfois des appels au meurtre contre les « Arabes » en toute impunité. Dans le cadre du « choc des civilisations » et de la « guerre du bien contre le mal », les médias israéliens considèrent le Hezbollah ou le Hamas comme des êtres démoniaques. D’où l’indifférence de l’opinion israélienne face aux crimes de guerre commis au Liban (2006) ou à Gaza (décembre-janvier 2008-9).

Que dire des Juifs séfarades ou Mizrahis venus des pays musulmans ? Avant l’avènement du sionisme, ils n’avaient jamais connu quelque chose d’équivalent à l’antisémitisme européen. Au contraire, quand les Juifs ont été expulsés d’Espagne, ils ont été accueillis au Maghreb et dans l’Empire Ottoman. C’est à la fois la construction d’un Etat juif expulsant les Palestiniens et le colonialisme européen qui vont déstabiliser ces communautés. Bien sûr, les régimes arabes ou le colonialisme français ont une responsabilité évidente dans le départ de communautés vieilles parfois de 2000 ans.

Mais la propagande sioniste a joué un rôle essentiel. Il s’agissait de donner au nouvel Etat israélien le prolétariat qui lui faisait défaut après l’expulsion des Palestiniens. Quand les Juifs hésitaient à partir, tout a été fait pour les convaincre et par exemple les attentats de Bagdad de 1950-51 qui ont décidé la plus vieille communauté juive (celle d’Irak) à émigrer, ont été réalisés par des sionistes.

On a raconté une histoire assez fantastique aux Juifs venus des pays musulmans : « vous viviez dans des pays de sauvages au milieu des Arabes et les Ashkénazes (les juifs européens) vous ont sauvés en vous offrant un pays ». Ils se retrouvent aujourd’hui coupés de leur histoire, de leur culture, de leurs langues, de leurs racines. Les Juifs algériens qui étaient des autochtones ont dû quitter leur pays avec les colons à cause du décret Crémieux qui les a coupés de la population musulmane en les faisant passer du côté des colons.
Les Juifs du monde arabe ont souffert dès leur arrivée en Israël d’un racisme violent. On les a envoyés dans les régions périphériques ou désertiques. Ils ont occupé les emplois les plus dévalorisants, et leur niveau de vie en Israël est très nettement inférieur à celui des Juifs européens.

Dans les années 50, des rayons X ont été expérimentés sur des enfants de Juifs marocains, on estime que le nombre de victimes tourne autour de 6000 morts. Il y a eu des révoltes dont celles des Panthères Noires. Les Juifs du monde arabe ont été éduqués à adopter une histoire, celle de l’antisémitisme européen, qui n’est pas la leur. Leur traumatisme, être coupé des Arabes avec lesquels ils avaient toujours vécu et être définitivement éloignés de leurs terres ancestrales, a été totalement nié et refoulé. Sans passé, ni présent, ni avenir, ils ont été une proie facile pour les partis de droite.

Enfin il est difficile d’évoquer le racisme en Israël sans parler des Falachas. La fameuse opération visant à les sauver tourne à la farce sinistre. Il y a aujourd’hui près de 100000 Ethiopiens en Israël dont beaucoup n’ont rien à voir avec le judaïsme. Ils subissent un racisme violent, et pas seulement de la part des autorités religieuses.

La société israélienne est à l’unisson de l’occident sur les questions du tiers-monde et des migrations. Plusieurs milliers de Sans Papiers venus d’Afrique de l’Est sont enfermés dans des centres de rétention. Leurs enfants ne sont pas scolarisés et le gouvernement construit une barrière entre Gaza et la Mer Rouge pour les empêcher d’entrer. Il y a en Israël des centaines de milliers de travailleurs immigrés notamment venus de l’Est de l’Asie et ils subissent les mêmes discriminations que les immigrés vivant en Europe.

Devoir de mémoire ou devoir de soutien inconditionnel ?

Il aura fallu du temps pour que le nouvel Etat israélien réalise tout le profit qu’il y avait à créer une religion du souvenir. La mémoire ne peut pas être un devoir. La mémoire n’est pas un rite. Elle a un sens évident, comprendre ce qui a produit les horreurs et faire en sorte qu’il n’y ait « plus jamais cela ». Ce sens a été perverti.

Avec la création du musée Yad Vashem et le procès Eichmann, l’Etat israélien s’est autoproclamé seul dépositaire de la mémoire du génocide. C’est lui qui nomme les « Justes », celles et ceux qui ont sauvé des Juifs. Tous les ans, chaque Israélien doit s’arrêter au garde-à-vous pour célébrer la Shoah et le voyage à Auschwitz pendant les années d’études est obligatoire.

Et pourtant ! Dès les années 50, pour pouvoir retrouver sa place dans le concert des nations, l’Allemagne fédérale a décidé d’indemniser les victimes juives du nazisme (pas les autres, pourquoi ?). L’Etat d’Israël a reçu des milliards de marks qui ont joué un rôle décisif dans son développement économique. Or le chancelier Adenauer a un passé douteux sur la question juive et plusieurs de ses conseillers qui ont mis en place l’aide à Israël sont des anciens nazis. Les Israéliens ont fermé les yeux.

Aujourd’hui c’est pire. Un président polonais se fait élire avec le soutien décisif d’une radio antisémite (Radio Marya) et il est décrit par tout le monde comme un ami d’Israël. Dans les pays baltes ou en Croatie, des partis héritiers des collaborateurs qui ont joué un rôle majeur dans l’extermination des Juifs, se retrouvent au pouvoir. Peu importe, ce sont des amis d’Israël ! En France, des anciens du groupe fasciste Occident se retrouvent dans les Amitiés France-Israël.

Aux Etats-Unis, les « Chrétiens sionistes » sont très puissants. Ces intégristes affirment que les « Arabes, c’est Armageddon, c’est le mal », que les Juifs doivent les expulser de la terre sainte, mais que bien sûr après, ils devront se convertir au christianisme ou disparaître. Ce sont des antisémites, héritiers de l’antijudaïsme chrétien traditionnel. Les Chrétiens sionistes ont donné une aide financière décisive pour coloniser la Cisjordanie et en particulier pour construire Maale Adoumim qui coupe la Cisjordanie en deux et qui rend non-viable dans ces conditions tout hypothétique Etat Palestinien. Bref, il faut le dire, la colonisation est financée par d’authentiques antisémites.

Mais en Israël et chez ceux qui défendent inconditionnellement les gouvernements israéliens, le curseur s’est déplacé. Tous les dirigeants politiques ont proclamé « qu’Arafat est un nouvel Hitler », que les Palestiniens sont les héritiers du nazisme (alors que, comme le montre Gilbert Achkar dans son livre « les Arabes et la Shoah », les sympathies arabes pour le nazisme ont été rares, à l’exception du mufti Amin al-Husseini).
Le complexe de Massada fonctionne à fond qui persuade les Israéliens que les victimes, ce sont eux, et pas le peuple occupé.

On ne traque plus les antisémites, on traque ceux qui critiquent Israël et qui sont « forcément » quelque part des antisémites. On a passé sous silence en Israël le fait qu’en 2002, les plus grands intellectuels palestiniens (Elias Sanbar mais aussi Edward Saïd et Mahmoud Darwish aujourd’hui décédés) ont empêché la tenue d’un colloque négationniste de Garaudy à Beyrouth.

L’antisémitisme aujourd’hui

Il n’y a pas eu dans l’histoire un seul antisémitisme. Il y a d’abord eu pendant des siècles en Europe l’antijudaïsme chrétien. Les deux religions ont été en concurrence au début de l’ère chrétienne et le christianisme est issu du judaïsme. Quand le christianisme devient religion d’Etat, les persécutions antijuives commencent.

Ce sont les interdits, notamment la possession de la terre, l’enfermement dans les juderias ou les ghettos, les stéréotypes racistes, l’accusation de déicide, les expulsions et les massacres de masse.
Quand l’émancipation des Juifs européens commence au XVIIIe siècle, cet antijudaïsme chrétien va se transformer en antisémitisme racial. Tous les nationalismes européens ont en commun l’équation simpliste « 1 peuple = 1 Etat » (idée reprise par les sionistes) et il y a un consensus antisémite considérant que les Juifs sont « apatrides et cosmopolites » et constituent un obstacle à la construction d’Etats ethniquement purs. Cet antisémitisme racial a produit les horreurs du nazisme.

Après 1945, c’est principalement l’extrême droite qui propage l’antisémitisme avec le renfort d’un petit courant venu de l’ultra-gauche (Rassinier) qui nie l’existence de l’extermination. Les principaux courants politiques n’affichent plus l’antisémitisme d’avant-guerre, mais il ne faut pas se méprendre. Il ne s’agit pas d’un sentiment de culpabilité, mais d’une joie que les Juifs aient un Etat et donc éventuellement qu’ils puissent partir. Déjà en 1917, Balfour, le créateur du « Foyer National Juif » était un antisémite. Son projet politique visait à la fois à créer une tête de pont européenne au Proche-Orient et à se débarrasser des Juifs européens.

Il y a aujourd’hui un risque que se développe une troisième phase de l’antisémitisme. Edgar Morin a utilisé le terme d’antiisraélisme. À partir du moment où les partisans de l’Etat d’Israël mélangent sciemment juif, sioniste et israélien, il est logique que les mêmes confusions aient lieu dans les rangs de celles ou ceux qui défendent les droits des Palestiniens.

Il est tout à fait illusoire, face à ce phénomène, de hurler à l’antisémitisme aux côtés de ceux qui nient les crimes commis par l’armée israélienne. La meilleure parade à cette possible montée d’un nouvel antisémitisme, c’est de faire ce que font les anticolonialistes israéliens ou ce que fait l’Union Juive Française pour la Paix : montrer en tant que juifs que nous sommes solidaires des Palestiniens, parce que cette guerre n’est ni une guerre raciale, ni un conflit communautaire, ni une guerre religieuse. Elle porte sur des questions universelles : l’égalité des droits et le refus du colonialisme. Et nous sommes solidaires aussi au nom de notre identité et de notre histoire.

En même temps, il existe et il a toujours existé en petit nombre d’authentiques antisémites qui se dissimulent derrière le combat pour la Palestine. Je citerai les groupies d’Israël Shamir, un curieux Israélien d’origine soviétique, le parti dit « antisioniste » dont le fondateur (Dieudonné) est devenu un familier de Le Pen ou le « parti des musulmans de France ». Ces groupes sont totalement infréquentables et faire un bout de chemin avec eux discrédite un combat mené au nom des droits fondamentaux.

L’antisémitisme est-il un racisme « à part », « hors norme » ? Il l’a été car en général les communautés discriminées ne sont pas victimes d’un génocide systématique. Mais l’antisémitisme actuel n’est en rien comparable à ce qu’a été l’antisémitisme des années 30 ou 40 et par exemple en France, le racisme frappe beaucoup plus massivement les Noirs, les Roms et les Arabes.

La confusion organisée

Quand l’ONU a publié le rapport Goldstone confirmant que les troupes israéliennes avaient commis des crimes de guerre à Gaza, des défenseurs d’Israël ont affirmé qu’il s’agissait d’un rapport antisémite. Richard Goldstone est pourtant un Juif sud-africain réputé proche du sionisme.

Quand « l’association pour le bien-être du soldat israélien » (ABSI) n’a pas trouvé de salle pour faire sa réunion à Lyon, celle-ci s’est faite dans une synagogue. Mais si bien sûr, une synagogue est caillassée, il s’agira d’un acte antisémite.

Quand des militants se lancent activement dans la campagne BDS (boycott, désinvestissement, sanctions contre Israël) initiée par la société civile palestinienne, ils sont accusés d’antisémitisme et menacés directement par la ministre de la Justice.

Quand un conseiller régional interpelle M. Frèche, président de la région Languedoc-Roussillon, sur le soutien qu’il apporte à la construction du terminal Agrexco, compagnie qui exporte les produits des colonies de Cisjordanie, il est traité d’antisémite.

Quand la plupart des élus français vont au dîner du CRIF et acceptent benoîtement des propos considérant que toute critique d’Israël est antisémite, on marche sur la tête.

Ça suffit ! J’apporte publiquement mon appui et celui de l’Ujfp à Madame Biermann, citoyenne luxembourgeoise engagée, victime d’une accusation infamante d’antisémitisme lancée contre elle par le consistoire israélite. Oui, il existe un lobby qui use et abuse de l’antisémitisme pour interdire toute critique d’une politique criminelle.

Oui, face à Etat qui se dit Juif, qui a installé des colonies « juives », qui prétend parler au nom de tous les Juifs et face à des institutions communautaires ou religieuses qui sont devenues les auxiliaires de cette politique, il est logique et normal d’interpeller les Juifs. Le crime se fait en leur nom, et c’est une des raisons de l’existence de l’Ujfp.

Qu’ils cessent de soutenir une politique criminelle et suicidaire et qu’ils se souviennent de ce qu’a produit le soutien d’un grand nombre de pieds-noirs à l’OAS pendant la guerre d’Algérie.
À tous et à toutes ! Ne vous laissez pas intimider ! Ne confondez jamais juif, sioniste et israélien ! Et rappelez-vous que ceux qui défendent jour après jour et quoi qu’il arrive la politique israélienne n’ont aucun droit à vous traiter d’antisémite. Défendre les droits du peuple palestinien comme ceux de tout peuple est un devoir universel, quelles que soient nos origines.

Pierre Stambul

http://www.ujfp.org/modules/news/article.php?storyid=778

Cet « Appel à la raison » est irréaliste et immoral


samedi 26 juin 2010 – 15h:24

Michel Staszewski

Article paru dans Points Critiques (mensuel de L’Union des Progressistes Juifs de Belgique) N° 307, juin 2010, p. 9.

L’Etat d’Israël n’a jamais été aussi impopulaire. Ce n’est pas étonnant après sa sauvage agression contre le Liban en 2006, le massacre de Gaza en 2008-2009 qui reste une prison à ciel ouvert soumise à un blocus cruel et alors que la colonisation de Jérusalem-est, de la Cisjordanie et du plateau du Golan se poursuit sans désemparer. Il fallait bien que, finalement, la « gauche » sioniste se réveille pour « œuvrer à la survie d’Israël en tant qu’Etat juif et démocratique ».

Pour cette « gauche » sioniste, Israël demeurera un Etat « juif et démocratique » si les juifs restent majoritaires dans cet Etat. C’est essentiellement pour cette raison que l’Appel s’oppose à « la colonisation et la poursuite ininterrompue des implantations en Cisjordanie et dans les quartiers arabes de Jérusalem-est » qu’il qualifie d’« erreur politique ».

Curieuse conception de la démocratie que celle qui accepte le principe de la dictature de la majorité sur les minorités. Car c’est bien de cela qu’il s’agit en Israël : aucune loi fondamentale n’y garantit les droits des individus et de nombreuses lois sont éminemment discriminatoires à commencer par la fameuse « loi du retour » qui permet à toute personne considérée comme juive par les autorités israéliennes de devenir citoyen de l’« Etat des Juifs » alors que cela est interdit aux Palestiniens exilés.

L’Appel qualifie tout de même aussi cette colonisation de « faute morale ». Fort bien. Mais pourquoi passe-t-il sous silence l’immoralité du processus qui a permis aux juifs de devenir majoritaires sur le territoire israélien d’avant 1967 ? Le nettoyage ethnique serait-il moral en deçà de la « ligne verte » ?

Si les auteurs de l’Appel désirent sincèrement la paix avec le peuple palestinien, la moindre des choses ne serait-elle pas d’appeler à la reconnaissance des torts immenses que la réalisation du projet sioniste lui a fait subir bien avant 1967 ? Et d’œuvrer à les réparer ? Il est irréaliste de penser que les Palestiniens pourraient se satisfaire d’une paix sans cette reconnaissance et ces réparations.

Le but déclaré des initiateurs de l’Appel n’est pas l’évacuation de tous les territoires occupés depuis 1967 : pour Jérusalem, dont-ils ne définissent pas les limites, ils ne condamnent que la poursuite des implantations et ceci uniquement dans les quartiers arabes de Jérusalem-est. Alors que de nombreux quartiers y sont désormais peuplés de juifs. C’est sans doute pour cette raison qu’ils demandent à l’Union européenne et aux Etats-Unis de faire pression « sur les deux parties ».

Car depuis 1988 le Conseil national palestinien accepte le principe du partage de la Palestine selon les frontières internationalement reconnues (soit 78 % pour Israël et 22 % pour l’Etat palestinien). Mais quelles pressions ces initiateurs sont-ils prêts à accepter sur Israël, eux dont la plupart se sont jusqu’ici toujours opposés à la moindre sanction contre cet Etat malgré son non respect systématique des résolutions de l’ONU et ses violations innombrables du droit international ? Ils n’en disent rien … tout en affirmant que « la décision ultime appartient au peuple souverain d’Israël ».

Il est irréaliste d’espérer qu’une majorité d’Israéliens décide, sans pressions extérieures dignes de ce nom, de se choisir des dirigeants susceptibles d’accepter la création d’un « Etat palestinien souverain et viable », eux qui, mus par une terrible peur de l’Autre soigneusement entretenue, n’ont cessé depuis des dizaines d’années d’opter pour des dirigeants de plus en plus intransigeants.

Et, d’un point de vue moral, comment des démocrates peuvent-ils accepter que le sort des territoires occupés et des personnes vivant sous occupation soit déterminé par les citoyens de la puissance occupante ? Et que celui des exilés (près des deux tiers des Palestiniens) soit complétement ignoré ?



* Michel Staszewski est professeur d’histoire dans le secondaire et membre de l’Union des Progressistes Juifs de Belgique – Bruxelles.


repris d’ici

Aux USA, le défi juif au sionisme prend de l’ampleur


mercredi 16 juin 2010 –

G. Ash, E. Katz Kashawi, M. Levy, S. Kershnar

Les 19 et 22 juin, juste avant le Forum social US, les juifs d’Amérique du nord se rassembleront à Detroit pour défier le racisme, le colonialisme et l’impérialisme ; d’abord et avant tout, en participant à la lutte pour vaincre le sionisme et décoloniser la Palestine.

En juin 2010, les deux extrêmes du spectre politique juif US vont se trouver en rivalité à un moment historique. Alors qu’Israël et le mouvement sioniste se battent pour garder leur influence d’un siècle sur l’esprit des juifs, un nouveau projet émerge qui s’écarte du sionisme et adhère à un engagement renouvelé pour une humanité partagée.

Les 19 et 22 juin, juste avant le Forum social US, les juifs d’Amérique du nord se rassembleront à Detroit pour défier le racisme, le colonialisme et l’impérialisme ; d’abord et avant tout, en participant à la lutte pour vaincre le sionisme et décoloniser la Palestine. L’Assemblée des juifs états-uniens 2010, « S’opposer au racisme et à l’apartheid israélien », tombe à un moment où il y a grande urgence à construire sur les récents succès du mouvement de solidarité avec la Palestine, et où les entreprises et le gouvernement des Etats-Unis continuent de commettre de graves injustices en Palestine – sans parler de celles dans leur propres communautés.

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Stop à la « sionisation » de nos institutions !


En avril 2007, le gouvernement bruxellois a reconnu avoir accordé des licences d’exportations à la Sabca dans le cadre d’un contrat avec Israël Aerospace Industries Ltd. En 2007, la Belgique était le cinquième exportateur d’armes européen vers Israël.

En décembre 2008, l’Union européenne a décidé le « rehaussement » des relations bilatérales avec Israël. Quelques jours plus tard le territoire de Gaza était mis à feu et à sang par l’armée israélienne qui avait donc carte blanche pour commettre, en toute impunité, des « crimes de guerre », voire des « crimes contre l’humanité ».

En 2009, les Nations-Unies adoptent le rapport Goldstone, celui-ci dit que des « actes assimilables à des crimes de guerre et peut-être, dans certaines circonstances, à des crimes contre l’humanité » avaient été commis durant les massacres contre la population de Gaza fin décembre 2008. La Belgique lors du vote de la résolution s’abstient !

Neuf mois après le massacre de Gaza, un tapis de fleurs était offert par la Ville de Bruxelles, à Tel-Aviv. Un an après, la Direction du Commerce extérieur du Ministère de la Région de Bruxelles-Capitale, en collaboration avec Flanders Investment & Trade et AWEX, organise une mission économique multisectorielle en Israël. Cette mission a eu lieu du 6 au 10 décembre 2009 à Tel-Aviv.

En mai 2010, la « flottille pour la liberté » tente de forcer le blocus de Gaza en apportant une aide humanitaire aux assiégés. La flottille est attaquée dans les eaux internationales par les « pirates militaires » israéliens qui tuent 9 turcs, blessent et prennent en otage les civils présents sur les bateaux dont 5 Belges.

L’ONU vote une résolution pour la mise en place d’une « mission d’enquête internationale ». La Belgique lors du vote de la résolution s’abstient !

AUJOURD’HUI ?

L’aéroport belge de Bierzet est toujours un point de passage obligé pour les armes israéliennes. Dans le rapport semestriel du gouvernement concernant l’importation, l’exportation et le transit ainsi que la lutte contre le trafic d’armes (période du 1er juillet au 31 décembre 2009), on constate qu’une licence d’arme en destination d’Israël a été accordée par le gouvernement bruxellois, dans la catégorie industrie – matériel lourd pour un montant de 772.130 euro.

Nous pouvons constater aussi l’achat à Israël d’armes légères pour un montant de 13.148 euro. Ces armes vont-elles servir à « sécuriser » nos quartiers où est mis en place la « tolérance zéro » ?

Ce dimanche 06 juin 2010, une manifestation pro-sioniste était organisée devant l’ambassade d’Israël à Bruxelles. Cette manifestation était organisée par plusieurs organisations de jeunesse juive (Hanoar Hatzoni, Habronim Dror, Hashomer Hatair, Bne Akiva, UEJB) avec le soutien du CCOJB (Comité de coordination des organisations juives de Belgique). Plusieurs mandataires du MR (dont Corinne De Permentier et Viviane Teitelbaum) et du PP (dont Mischael Modrikamen et Joël Rubinfeld) étaient présents à cette manifestation.

Deux intervenants, David Welner, Président de l’UEJB (Union des étudiants Juifs de Belgique) et Tamar Samash (ambassadrice d’Israël en Belgique) se sont vus offrir les services de la police bruxelloise ! S’adressant à la foule en utilisant le mégaphone de la camionnette des policiers belges, la diplomate israélienne a comparé les récentes victimes du bateau turc à « des cinglés qui viennent se fracasser contre un mur ».

Une dizaine de militants Egalitaires étaient présents pour contre-manifester (à l’écart et encadrés par la police) avec des drapeaux palestiniens collés sur la bouche.

La Belgique peut, seule, sans attendre l’accord de ses partenaires européens, prendre quelques mesures. Nous demandons donc de notre gouvernement :

· qu’il exige immédiatement la mise en liberté de tous les ressortissants belges et internationaux retenus ;

· qu’il exige la restitution des bateaux arraisonnés et l’acheminement des marchandises qu’ils contenaient vers la bande de Gaza ;

· la suspension immédiate des relations diplomatiques entre la Belgique et Israël ;

· la fermeture de l’ambassade israélienne et l’expulsion de l’ambassadeur israélien à Bruxelles ;

· le retour de notre ambassadeur/consul belge posté en Israël ;

· l’instauration du visa à tous les citoyens israéliens désirant se rendre en Belgique, tant que l’État d’Israël empêchera nos concitoyens de se rendre librement en Palestine ;

· qu’il avise les citoyens belges qui effectuent leur service militaire en Israël, qu’ils ne sont pas autorisés à servir dans les territoires occupés. Leur participation aux actions d’une armée d’occupation pourrait entraîner des poursuites judiciaires.

· qu’il lance une campagne pour tracer l’origine des produits israéliens exportés en Belgique et interdire (pas seulement taxer) les produits des colonies ; il s’agit seulement de se conformer au droit et aux décisions de l’Union européenne.

Nordine Saïdi

1er sur la liste Egalité

Le constat s’impose : l’actuelle entité sioniste doit disparaître


jeudi 10 juin 2010

La dernière agression de l’entité sioniste à l’encontre du bateau turc Mavi Marmara est probablement la signature de la fin du projet colonial des extrémistes israéliens. Et tout démocrate qui se respecte ne peut relâcher la pression sur les dirigeants politiques du monde, afin que justice soit rendue aux victimes de cette ignoble agression. Prémices d’une justice plus large à tous ceux qui ont injustement souffert du projet colonial sioniste, depuis plus de 62 ans.

Pour comprendre, revenons sur la chronologie des faits qui se sont déroulés face aux côtes de Gaza, et décortiquons quelque peu leur présentation par les autorités israéliennes:

1. dans les jours qui ont précédé le départ de la flottille humanitaire pour Gaza, les autorités israéliennes ont préparé le terrain médiatique, affirmant que l’accès aux côtes de Gaza serait interdit à toute embarcation;

2. en pleine nuit du 31 mai, le Mavi Marmara suivi par un sous-marin (!), des vedettes et des hélicoptères de combat, subit l’assaut d’un commando israélien héliporté, dans les eaux internationales, ce qui constitue en soi une enfreinte aux lois maritimes et transforme de facto les assaillants israéliens en pirates;

3. avant même de monter à bord et depuis leurs bâtiments de guerre, les militaires israéliens ont fait usage de leurs armes à feu, tuant et blessant plusieurs militants, ce qui est formellement interdit par les Conventions internationales et qui dans un contexte de guerre, constitue un crime contre l’humanité;

4. les pacifistes issus d’une quarantaine de nationalités différentes, pris de panique par la violence extrême de cet assaut, loin de se résigner tentent de se défendre avec ce qui leur tombe sous la main et un pugilat s’ensuit;

5. plusieurs humanitaires sont tués à bout portant dont certains sont même jetés par-dessus bord;

6. dans une brutalité inouïe faite à l’encontre de civils, les militaires prennent le contrôle du Mavi Marmara et le détournent vers le port israélien d’Ashdod, ce qui constitue un enlèvement et une séquestration de civils étrangers au conflit;

7. les informations sur le déroulement de cette opération sont manipulées et tronquées par les responsables israéliens, tant à l’intérieur d’Israël que dans les capitales étrangères, ainsi du nombre de victimes où le flou le plus absolu persiste toujours et illustre le mépris d’Israël pour toute vie humaine non juive;

8. des photos et des vidéos prises par l’armée sont passées en boucle sur les chaînes internationales pour démontrer la violence de militants pacifistes et dénoncer leur agressivité à l’égard des forces armées israéliennes, dans le but de jeter le doute sur leur bonne foi et leur engagement humanitaire;

9. les agresseurs israéliens surarmés tentent de se faire passer pour les agressés et de retourner les informations à leur profit, poussant le ridicule à exhiber les armes des humanitaires: rasoirs, couteaux de cuisine, barres de fer (issues du matériel de bord), frondes et sacs de billes;

10. les versions des officiels israéliens ne concordent absolument pas avec les versions des militants pacifistes et il faut donc constater qu’en plus de leurs crimes, les représentants d’Israël, tous autant qu’ils sont, mentent sans vergogne et utilisent des vidéos datant de 2003 et 2006 afin de travestir la vérité en propagande;

11. non contents d’arraisonner le convoi humanitaire, de brutaliser les civils et de mentir sur la version des faits, les soldats ont volé les victimes de tous leurs effets personnels, y compris leurs cartes de crédit;

12. cerise sur le gâteau : les chaleureuses félicitations du 1er Ministre Netanyahu au retour de cette inacceptable et criminelle expédition maritime;

13. le gouvernement israélien continue d’interdire l’accès aux côtes de Gaza à tout navire étranger et a déjà détourné le Rachel Corrie et sa cargaison vers le port d’Ashdod;

14. non contentes d’intervenir contre des convois humanitaires, les autorités israéliennes détiennent le contenu des bateaux et ne semblent pas vouloir restituer les bâtiments à leurs propriétaires;

15. face aux habituelles hésitations de l’administration américaine pour condamner cette intervention, il reste à déterminer si les autorités US ainsi que l’OTAN n’étaient pas informées de l’opération israélienne, voire si elles n’ont pas encouragé l’assaut du Mavi Marmara pour punir la Turquie de ses initiatives dans le dossier du nucléaire iranien.

Conclusions : SUITE ICI

L’idéologie juive et la paix mondiale


jeudi 10 juin 2010 – 07h:38

Gilad Atzmon

« … et alors vous devrez les détruire jusqu’au dernier. Ne passez aucun traité avec eux et ne leur montrez aucune pitié » (Deutéronome 7:1-2)
« … ne laissez en vie rien de ce qui respire. Détruisez-les totalement… comme le Seigneur votre Dieu vous l’a ordonné… » (Deutéronome 20:16)

Je viens annoncer ici aussi fortement que je le puis qu’il n’est nul besoin d’une enquête « internationale », « impartiale » ou « indépendante » sur le dernier massacre israélien en date, perpétré en haute-mer. Bien que l’opposition israélienne à une telle enquête suffise à suggérer que les Israéliens ont énormément à cacher, la vérité est encore plus profonde. Si vous voulez comprendre ce qui est sous-jacent à la barbarie mortelle des sionistes, tout ce que vous avez à faire est très simple : il vous suffira d’ouvrir l’Ancien Testament.

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