Syrie: le loup islamiste sort du bois


25 janvier 2013 Par Vincent Verschoore

On ne parle plus trop de la Syrie depuis que le Mali lui a momentanément volé la vedette dans la catégorie hypocrisie et enfumage. Ça tombe bien car l’image que veulent nous laisser nos chers dirigeants de la Syrie, un combat entre de courageux rebelles aidés de quelques gentils barbus et du support politique de pays affamés de liberté et de démocratie (hé hé, voir cet article)  contre l’atroce Assad,  a du plomb dans l’aile.

Non pas que Assad se soit soudainement révélé comme un bon démocrate, non c’est un dictateur typique du coin, mais son refus de partir encore réitéré tout récemment s’assied notamment sur le fait que “la rébellion” est constituée de deux groupes que tout sépare mais qui se sont alliés temporairement pour abattre un ennemi commun – Assad. D’un côté les “rebelles légitimes” si on peut dire, qui veulent un changement de régime en Syrie, quelque chose de beaucoup plus “démocratique” et se rendent compte qu’ils ne peuvent l’obtenir que par la force. De l’autre, les jihadistes, islamofascistes, mercenaires et pirates en tous genres plus ou moins regroupés sous la bannière Al-Quaeda, qui veulent créer une nation islamiste pure et dure.

Jusque là rien de nouveau  et on était supposé croire que les chefs de ces deux groupes allaient pouvoir trouver un consensus sur l’après-Assad. Mais l’enfumage prend l’eau, car même si on ne peut guère douter de la bonne foi des “rebelles légitimes” il est par contre devenu évident que les islamistes n’ont rien à faire de l’avenir de la Syrie et sont là pour massacrer et piller. Ce qui est normal pour des pirates, quelle que soit leur religion d’ailleurs. A tel point que, dans le Guardian du 17 janvier traitant du champ de bataille d’Aleppo conquis collectivement par les islamiste de Jabhat al-Nusra et les rebelles syriens,  un chef de guerre rebelle avouait que “nous les (Al-Nusra, ndt) combattrons le jour qui suivra la chute d’Assad, et d’ici là nous ne collaborerons plus avec eux“. En effet, la milice de Al-Nusra passe son temps à piller les infrastructures publiques de Aleppo, sous le regard horrifié, et pour l’instant impuissant, des rebelles syriens.

Sachant cela, Assad parie sans doute que les deux groupes en viendront à s’entre-tuer bien avant de l’avoir mis à terre, s’il arrive à bien jouer ses dernières cartes – à commencer par le refus définitif de toute idée de capitulation. Cette situation ne semble pas avoir été prévue par les imbéciles du Quai d’Orsay qui vont se trouver mal quand leur rebelle de poulain va leur exploser à la figure… à moins que, comme dans le cas de l’Irak, de la Libye ou encore du Mali, il ne s’agisse là que d’un jeu à tiroirs, d’un jeu de dominos opportuniste où rien n’est ce qu’il semble être?

En effet l’Irak fut attaqué après un montage de fausses “preuves” par l’administration Bush (et, surtout, la CIA) de l’existence d’armes de destruction massive et d’un accord entre Saddam Hussein et Al-Quaeda. Tout ça dans le but d’éliminer SH qui devenait encombrant (toutes ces photos du méchant dictateur serrant les pinces des bons américains et européens…)  et récupérer le pétrole irakien. La Libye fut attaquée par Sarko pour se venger de l’humiliation subie lors de la visite de Kadhafi à Paris (grand moment!), enterrer ses histoires de financement de campagne et, tant qu’à faire, récupérer tout ce qui pourrait traîner dans le sous-sol Libyen pour payer les faux frais de ce genre d’opération. Opération qui eut pour effet secondaire de renvoyer vers le Mali, fortement armées, des bandes Touaregs (notamment) ayant auparavant fuit le Mali vers la Libye de Kadhafi et l’Algérie, et nourrissant désormais la force islamiste séparatiste du Nord-Mali que la France combat actuellement. Rebelote. Avec toujours le même résultat: la déstabilisation et le chaos, le spectre de la Charia, et l’omniprésence de représentants des industries du pétrole et de l’armement qui, graissant les bonnes pattes, s’approprient à bon compte les ressources locales pendant que les gens achèvent de crever.

Pour faire court, le système prédateur occidental crée constamment les conditions nécessaires à sa survie. Pour ce faire il a besoin de dictateurs qui pourront, selon les besoins du moment, servir d’alliés ou de boucs émissaires. Il a besoin d’idiots utiles sous la forme de mercenaires islamistes (les terroristes) faciles à acheter et à pointer vers tel ou tel théâtre, dont les actions justifieront ensuite une intervention des pays “démocratiques”. Il a besoin de politiciens corrompus, de médias aux ordres, et de la présence continuelle d’un certain niveau d’anxiété dans sa propre population (terrorisme, chômage, crise financière, grippe, tout est bon) afin d’affaiblir toute pensée critique de masse.

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Syrie: manifestations des opposants au régime, prière de ses partisans


25 janvier 2013 à 15:11
Des muslmans en Syrie prient dans la mosquée Umayyad de Damas, le 25 janvier 2013

Des muslmans en Syrie prient dans la mosquée Umayyad de Damas, le 25 janvier 2013 (Photo AFP)

Les autorités syriennes se félicitaient vendredi de l’afflux « massif » dans les mosquées après avoir appelé à une prière « d’un million de fidèles » pour le retour de la sécurité dans le pays en guerre, au moment où les opposants manifestaient pour réclamer la chute du régime.

Alors que les deux camps tentaient de mobiliser leurs partisans, les troupes du président Bachar al-Assad pilonnaient Homs, la « capitale de la révolution » dans le centre du pays, pour le 6e jour consécutif, cherchant à écraser les derniers bastions rebelles de cette ville stratégique.

Les médias officiels ont fait état d’une « participation populaire massive » à la prière « réclamant la sécurité pour la patrie », la télévision d’Etat montrant des images de fidèles effectuant la prière hebdomadaire musulmane dans plusieurs mosquées de Damas.

Dans un prêche retransmis à la télévision d’Etat, le cheikh a appelé à prier pour le retour de la sécurité et à implorer Dieu d’éloigner les ennemis de la Syrie, devant des centaines de fidèles.

Et comme chaque vendredi depuis le début de la contestation en mars 2011, des opposants au régime ont entamé des manifestations à travers le pays.

« En Syrie, il y a deux parties en conflit: ceux qui essayent de survivre et un régime qui essaye de les écraser », proclamait une pancarte à Kafr Nabal dans la province d’Idleb (nord-ouest).

De fait, l’aviation a poursuivi ses bombardements sur la périphérie de Damas, visant notamment la banlieue où les rebelles ont installé leurs bases-arrière, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) qui s’appuie sur un réseau de militants et de médecins à travers la Syrie.

Homs, à la pointe de la contestation dès le début du soulèvement en mars 2011 et point névralgique sur la ligne de démarcation entre régime et rebelles, qui tiennent désormais de larges zones dans l’est et le nord du pays, était également sous les bombes, selon l’ONG.

A Saasaa, à une quarantaine de kilomètres au sud de Damas, un kamikaze du Front jihadiste Al-Nosra a fait exploser son véhicule durant la nuit, tuant au moins huit membres des renseignements militaires selon l’OSDH.

Dans le même temps, un second kamikaze a lancé sa voiture contre un barrage de l’armée à proximité, tuant et blessant plusieurs soldats, ajoute l’ONG.

Important problème d’accès aux soins

Et alors que les violences se poursuivent dans le pays, où selon l’ONU 60.000 personnes ont péri en plus de 22 mois, quelque 6.400 nouveaux réfugiés sont arrivés ces dernières 24 heures en Jordanie, selon une porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Melissa Fleming a qualifié de « record » le nombre de réfugiés arrivés en Jordanie, « 30.000 depuis le début du mois ».

L’Union des organisations syriennes de secours médicaux, une organisation de médecins travaillant clandestinement en Syrie, a dénoncé à Paris « l’inaction » de la communauté internationale face aux exactions du régime, soulignant la gravité de la situation médicale dans le pays.

« Des maladies comme la leishmaniose, la tuberculose, sont réapparues. Des enfants ne sont plus vaccinés depuis un, voire deux ans, et c’est une catastrophe nationale », a affirmé le secrétaire général de l’UOSSM, Anas Chaker, assurant que « 90% de l’aide donnée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ou la Croix Rouge internationale n’arrive pas aux régions qui en ont besoin ».

Le docteur Chaker a également mentionné les problèmes d’accès aux médicaments, indiquant que « 35 à 40 des 57 usines de médicaments en Syrie se trouvent à Alep » (nord) dévastée par plus de six mois de guérilla urbaine.

« Nous sommes en train de faire le tour des capitales étrangères pour demander un soutien matériel et logistique », a expliqué le Dr Oubaida Al-Moufti, porte-parole de l’UOSSM, dont l’organisation n’a reçu d’aides que de la part de « la France, la Suisse et le Danemark », a-t-il souligné.

« Nous n’avons reçu aucune aide logistique ou financière d’un gouvernement arabe, uniquement des aides individuelles », a-t-il déploré.

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voir aussi : réfugiés par milliers

Syrie : le silence des intellectuels français


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Jean-Pierre Filiu
Universitaire
Publié le 23/01/2013 à 18h32

Les mouvements révolutionnaires dans le monde arabe n’ont jamais suscité un enthousiasme débordant dans les milieux intellectuels de France. L’ombre de Michel Foucault, succombant en 1979 aux mirages khomeynistes, a pu inhiber bien des élans de solidarité. Mais qu’on était loin du lyrisme suscité par la chute du mur de Berlin.

Une révolution dépréciée

On s’enflammait alors pour nos « frères » européens, tandis que les Arabes étaient irrémédiablement « autres ». Il ne restait qu’à réduire leur combat collectif aux variations saisonnières d’un « printemps » pour déjà anticiper « l’automne » islamiste et « l’hiver » intégriste. Et leur « thawra », leur « révolution » dans tous les sens du terme, était ravalée au rang de « révolte » sans lendemain, de « contestation » condamnée à la récupération.

La manipulation s’aggrava, dans la cas syrien, de la conjonction de courants disparates :

  • les « experts » en (contre) terrorisme, pour qui Al Qaeda représente moins une réalité physique que la garantie d’une rémunération stable de leur « expertise » ;
  • les tenants de la « protection » des chrétiens d’Orient (mission censée être historiquement assignée à notre pays), aveugles au point de lier le sort de ces minorités au destin des despotes ;
  • les « anti-impérialistes », égarés dans un Orient trop complexe pour leur bipolarisme ravageur.

Si on ajoute à cela le très tricolore « on nous cache tout, on nous dit rien », les ingrédients étaient réunis pour une querelle bien française, où la Syrie n’était que prétexte à vider nos rancœurs nationales.

Le fait que la dictature syrienne traque avec constance toute forme d’information indépendante aboutissait à jeter le doute sur les sources alternatives et engagées. Cette censure, passive ou active, permet de renvoyer dos à dos les protagonistes d’une « guerre civile » culturalisée, voire folklorisée.

Silence médiatique

Durant un dimanche d’août 2012, le silence médiatique sur le massacre de Daraya m’amena à lancer un cri d’alarme sur le carnage en cours depuis plusieurs jours. Je me gardais bien de diffuser les images (atroces) des charniers découverts et je précisais que les chiffres avancés par l’opposition (de 320 à 633 victimes) étaient « absolument invérifiables ». Mais ces précautions de forme comme de fond ne m’épargnèrent pas une rafale de réactions d’une agressivité inouïe.

Je passe sur les amabilités du genre « BHL au petit pied », « porte-parole de l’Otan » et « agent du Qatar ». Le commentaire au fond le plus révélateur m’accusait de mettre en scène « les cow-boys et les Indiens ». Alors que je n’ai cessé de rapporter et de dénoncer les exactions perpétrées par la guérilla syrienne, j’étais suspecté de travestir les faits, pourtant aussi têtus en Syrie qu’ailleurs. Comme si la dégradation de la réflexion critique conduisait fatalement à idéaliser des « gentils » révolutionnaires contre des « méchants » agents de la dictature.

De tels procès d’intention sont une insulte à la pensée libre. En ce sens, la tragédie syrienne révèle le degré de provincialisation d’une partie de notre classe intellectuelle, accaparée par ses polémiques hexagonales. Le peuple syrien saura se libérer par ses propres forces et c’est bien là toute sa grandeur. La révolution vaincra, à Damas et à Alep, non pas contre ses détracteurs français, mais sans eux. Espérons qu’ils émergeront de leur impasse narcissique avant la prochaine révolution arabe.

Initialement publié sur LesGrandsDebats.fr.

Armes chimiques en Syrie : l’Occident pris à son propre piège


Le Point.fr – Publié le 22/01/2013 à 13:45 – Modifié le 22/01/2013 à 19:39

La communauté internationale avait fixé à Bachar el-Assad une ligne rouge à ne pas franchir en cas d’utilisation de gaz toxiques. Or, elle ne bouge pas.

Photo d'illustration. Les États-Unis et la France ont tous deux démenti les rapports faisant état de l'utilisation d'armes chimiques en Syrie.
Photo d’illustration. Les États-Unis et la France ont tous deux démenti les rapports faisant état de l’utilisation d’armes chimiques en Syrie. © DE LA PAZ / Sipa

Des victimes qui suffoquent et vomissent. Les vidéos diffusées par les militants syriens parlent d’elles-mêmes. Autant que les diagnostics des médecins syriens présents sur place. De tels symptômes n’avaient jusqu’ici jamais été observés en Syrie. « Ces gens ne présentaient aucune blessure externe, mais étaient victimes d’hémorragies internes », affirme au Point.fr Ignace Leverrier (1), ancien diplomate en poste en Syrie. « Il s’est indéniablement passé quelque chose d’anormal le 23 décembre dernier à Al-Bayyada. »

D’après le magazine américain Foreign Policy, les forces syriennes ont bel et bien utilisé une forme mortelle de gaz empoisonné le 23 décembre dernier à Homs contre les opposants à Bachar el-Assad. Le site du bimestriel affirme se baser sur un câble diplomatique, signé par le consul général américain à Istanbul, Scott Frederic Kilner, et envoyé début janvier au département d’État à Washington. Le diplomate américain tire ses conclusions d’une série d’entrevues réalisées avec des militants, médecins et dissidents de l’armée syrienne, dont le général Mustafa al-Sheikh, ex-chef de l’Armée syrienne libre, et ancien homme-clé du programme syrien d’armes de destruction massive. Classé « top secret », le document est jugé « convaincant » par un responsable de l’administration Obama, bien qu’il « ne puisse le confirmer à 100 % ».

« Agent innervant »

Ces allégations ont été confirmées samedi par Le Monde. Dans un article intitulé « Alerte à l’arme chimique en Syrie », le quotidien du soir évoque l’utilisation d’une « arme chimique non létale à effet incapacitant » employée par le régime syrien contre des opposants, dans les quartiers d’Al-Bayyada, où s’affrontaient forces gouvernementales et rebelles anti-Assad. « Il s’agirait d’un agent incapacitant de type BZ, code OTAN de l’agent 15, envoyé à l’aide de grenades dans un espace clos », confirme au Point.fr David Rigoulet-Roze (2), chercheur à l’Institut français d’analyse stratégique (Ifas). « Ce gaz affecte les sens des combattants, leur orientation et donc leurs facultés d’évaluation », ajoute le spécialiste. « Il a des effets sur la respiration et le coeur. »

S’il juge « plus que vraisemblable » que les victimes d’Al-Bayyada aient été victimes d’une intoxication chimique, le chercheur Joseph Henrotin (3) estime en revanche qu’il ne s’agit pas de gaz BZ. « Cet agent innervant a pour effet de dilater totalement les pupilles. Or, celles des opposants étaient au contraire contractées », affirme ce chargé de recherche du Centre d’analyse et de prévision des risques internationaux (Capri). « Les médecins syriens évoquent des paralysies, ce qui ne correspond pas à du gaz BZ, assure-t-il. Or il est étonnant qu’aucun d’entre eux n’ait pris le soin d’effectuer des prélèvements sanguins de victimes pour en avoir le coeur net. »

Ligne rouge

Ces détails ont leur importance. Jusqu’ici, la principale menace liée à l’utilisation d’armes chimiques par Damas concernait l’utilisation du gaz sarin, substance incolore et quasi inodore qui, même à des doses infimes, bloque la transmission de l’influx nerveux, entraînant la mort par arrêt de la respiration et du coeur. L’alerte a été lancée début décembre par un responsable américain selon qui le régime de Bachar el-Assad était en train d’assembler les précurseurs chimiques nécessaires à la militarisation d’armes chimiques.

Comme un seul homme, les chancelleries occidentales ont alors averti Bachar el-Assad que toute utilisation de l’arme chimique constituerait le franchissement d’une ligne rouge qui entraînerait sur-le-champ une intervention militaire étrangère. Or, si les dernières révélations de Foreign Policy et du Monde ont de nouveau provoqué une réaction occidentale coordonnée, celle-ci fut cette fois inattendue. Le département d’État a ainsi expliqué qu’il n’avait pas trouvé de preuves crédibles pour corroborer ou confirmer que des armes chimiques avaient bien été utilisées en Syrie.

Un des plus gros arsenaux au monde

Même son de cloche à Paris, où Laurent Fabius a assuré qu’après vérification aucune arme chimique n’avait été utilisée à Homs. « Si on retient le degré de dangerosité, le gaz utilisé à Homs n’est pas une arme de guerre, car il ne cause pas directement la mort », explique David Rigoulet-Roze. « Par contre, si on en retient la nature, cela s’apparente bien à une arme chimique. » La Syrie posséderait aujourd’hui l’un des plus gros arsenaux chimiques au monde.

Mais Damas ne l’a jamais utilisé, en tout cas lors de conflits. Toutefois, l’ex-diplomate Ignace Leverrier assure que le régime syrien a expérimenté dans les années 2000 des substances biologiques sur des prisonniers politiques du camp de Khan Abou Shamat, qui en sont décédés. Il n’empêche. L’emballement médiatique soudain autour d’une possible utilisation d’une « arme de destruction massive » n’est pas sans rappeler celui qui a précédé la guerre de 2003 en Irak. Or, à la chute de Saddam Hussein, aucune trace de telles armes n’avait été retrouvée.

Test

Un argument que rejette catégoriquement Thomas Pierret (4), maître de conférences de l’islam contemporain à l’université d’Édimbourg. « Si des opposants syriens cherchaient à provoquer une intervention occidentale en inventant une histoire d’utilisation d’armes chimiques, pourquoi en inventeraient-ils une qui implique un gaz de combat assez peu létal, surtout quand on le compare aux neurotoxiques beaucoup plus dangereux que posséderait le régime syrien, comme le gaz sarin ? » D’après ce spécialiste de la Syrie, « le régime pourrait avoir agi pour tester les réactions occidentales, peut-être dans la perspective d’un usage d’armes chimiques plus dangereuses ».

« La question est de savoir si les forces syriennes ont délibérément visé les opposants ou si des frappes ont touché un entrepôt contenant des produits chimiques, comme cela a pu se produire en Tchétchénie », estime pour sa part le chercheur Joseph Henrotin.

Embarras occidental

Outre l’action plus que probable d’agents chimiques à Homs, le 23 décembre dernier, c’est surtout la gêne de la communauté internationale qui marque aujourd’hui les esprits. « Toutes les réactions témoignent d’un embarras manifeste », juge le chercheur David Rigoulet-Roze. « Personne ne veut mettre le doigt dans un engrenage qui serait incontrôlable. »

La fameuse ligne rouge brandie par l’Occident à Bachar el-Assad pourrait être qu’un écran de fumée. Le 11 janvier dernier, le général Martin Dempsey, chef d’état-major américain, a d’ailleurs admis que ni le gouvernement américain ni la communauté internationale n’avaient la capacité d’empêcher Bachar el-Assad d’utiliser ses armes chimiques.

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(1) Ignace Leverrier, auteur du blog Un oeil sur la Syrie du Monde.fr.

(2) David Rigoulet-Roze, auteur de L’Iran pluriel (éditions L’Harmattan) et de Géopolitique de l’Arabie saoudite (éditions Armand Colin).

(3) Joseph Henrotin, publie en février 2013 Julian Corbett, l’empire de la mer (éditions Argos).

(4) Thomas Pierret, auteur de Baas et islam en Syrie. La dynastie Assad face aux oulémas (PUF, 2011).

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SYRIE. Pourquoi Poutine rapatrie-t-il ses ressortissants ?


Créé le 22-01-2013 à 17h24 – Mis à jour à 18h50

Moscou douterait-il de la solidité de son allié ? Ou Assad se prépare-t-il à une guerre totale et a prévenu son allié?

 

Bachar al-Assad s'apprêtrait à briguer un nouveau mandat en 2014. (HOPD/AP/SIPA)

Bachar al-Assad s’apprêtrait à briguer un nouveau mandat en 2014. (HOPD/AP/SIPA)

Le régime syrien et son allié russe craindraient-ils pour le maintien du clan Assad au pouvoir en Syrie, alors que la répression se poursuit toujours dans le pays ? En deux jours, des signes de crise de confiance sont apparus. A moins que Damas ne se prépare à une offensive encore plus meurtrière dans le pays…

Premier signe récent de doutes au sein même du cercle au pouvoir, la mère de Bachar al-Assad, Anissa Makhlouf, aurait quitté Damas pour Dubaï ont annoncé à l’AFP des résidents syriens ainsi qu’un opposant. Selon ces derniers, elle se trouverait à Dubaï depuis une dizaine de jours auprès de sa fille, Bouchra, l’unique sœur du chef de l’Etat syrien. Bouchra est la veuve de l’un des principaux responsables de l’appareil sécuritaire en Syrie, le général Assef Chawkat, tué en juillet dans un attentat qui avait également coûté la vie à trois autres hauts responsables syriens.

Pour l’opposant Ayman Abdel Nour, président du groupe « Chrétiens syriens pour la démocratie » et rédacteur en chef du site all4syria.com, « son départ de Syrie est une nouvelle indication qu’Assad perd ses appuis même au sein de la famille ». Le pouvoir en Syrie est concentré depuis des dizaines d’années entre les mains de la famille Assad et de certains membres de la famille Makhlouf. Et selon certains analystes ce clan se serrait encore resserré ces derniers mois pour ne concerner qu’un noyau restreint de personnes. Le départ d’Anissa Makhlouf n’est donc pas un signe très positif pour le régime.

Moscou rapatrie des ressortissants

Par ailleurs, une responsable du ministère russe des Situations d’urgence, citée par l’agence Interfax, a annoncé que « sur la demande des dirigeants russes, le ministère a envoyé (…) à Beyrouth deux avions pour que tous les Russes qui le souhaitent puissent quitter la Syrie », évoquant le nombre de 100 personnes sur le point de fuir le pays. Crise de confiance de Moscou vis-à-vis de Damas ? Doutes sur les capacités d’Assad à rétablir le calme dans le pays? Prise de conscience au Kremlin de la déliquescence de la situation sur place ? Rien de tout ça, assure un diplomate russe. « Il y a des milliers de ressortissants russes en Syrie. Le problème est que les liaisons aériennes russes ne fonctionnent plus depuis Damas, donc nous aidons quelque 100, maximum 150 personnes, à quitter la Syrie via Beyrouth, qui est tout proche », a affirmé sous le couvert de l’anonymat à l’AFP le diplomate, niant qu’une opération d’évacuation était en cours. « Dès que suffisamment de personnes auront demandé une assistance au consulat à Damas, nous organiserons de nouveaux vols », a-t-il précisé.

Nouvelles forces paramilitaires

Il n’en demeure pas moins que le régime syrien, pour faire face aux nombreuses pertes dans les rangs de son armée régulière, a annoncé la création d’une force paramilitaire pour aider l’armée dans sa lutte contre les insurgés dont les victoires militaires se succèdent dans ce conflit qui a fait plus de 60.000 morts en 22 mois. Cette « Armée de défense nationale » doit regrouper les Comités populaires, des civils favorables au régime qui ont pris les armes dans leurs quartiers pour empêcher les rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL) d’y pénétrer. Depuis le début du conflit, le régime s’appuie sur de redoutables miliciens, les chabbihas, accusés des massacres les plus barbares. Quelle soit due à une crise de confiance ou non, la création de cette nouvelle armée non professionnelle, qui risque d’engendrer de nouvelles exactions dans le pays, est un nouveau signe de fuite en avant.

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Syrie: 30 morts dans un attentat suicide, la Ligue arabe réclame une trêve


Publié le lundi 21 janvier 2013 à 22h54

Syrie: 30 morts dans un attentat suicide, la Ligue arabe réclame une trêve_1
Une ambulance syrienne – Photo de Anwar Amro – AFP/Archives © 2013 AFPafp logo
DAMAS (AFP)Plus de 30 personnes ont été tuées dans un attentat dans la province syrienne de Hama lundi, au moment où le chef de la Ligue arabe appelait l’ONU à proclamer un cessez-le-feu en Syrie, estimant que la mission du médiateur international Lakhdar Brahimi n’avait abouti à « aucune lueur d’espoir ».Plus de 30 personnes, dont des civils et des miliciens pro-régime, ont été tués dans l’explosion d’une voiture piégée dans la ville de Salmiyé, dans la province de Hama (centre), a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Un haut responsable du régime syrien a confirmé à l’AFP la mort de dizaines de personnes dans l’attaque, qui visait, selon l’OSDH, un bâtiment utilisé par des forces paramilitaires fidèles au régime du président Bachar al-Assad.

Une autre explosion a secoué lundi soir le quartier aisé de Doummar, au nord-ouest de Damas, faisant un nombre indéterminé de victimes selon l’OSDH.

Doummar est un des sept quartiers les plus aisés de la capitale. Si le coeur de Damas a plusieurs fois été touché par des attentats spectaculaires, ces quartiers sont épargnés par les combats, l’Armée syrienne libre n’y étant pas présente.

Dans la journée, des avions militaires syriens avaient mené des raids à la périphérie de Damas, selon l’OSDH, alors que l’électricité revenait progressivement dans la capitale après une coupure généralisée de plus de 12 heures.

Le chef de la Ligue arabe Nabil Al-Arabi a appelé « le Conseil de sécurité de l’ONU à se réunir immédiatement pour adopter une résolution contraignante sur un cessez-le-feu afin d’arrêter le bain de sang ».

« Tous les contacts menés par l’envoyé spécial (de l’ONU et de la Ligue arabe NDLR) Lakhdar Brahimi n’ont abouti jusqu’à présent à aucune lueur d’espoir pour mettre la crise sur la voie d’un règlement », a déclaré M. Arabi à Ryad.

Le secrétaire général de l’organisation pan-arabe a également réclamé « le déploiement d’une force d’observateurs internationaux » en Syrie où selon l’ONU, le nombre de morts depuis le déclenchement mi-mars 2011 du soulèvement contre le régime du président Bachar Al-Assad a atteint les 60.000.

De hauts dirigeants de l’ONU, qui ont bravé les combats pour se rendre dans plusieurs villes syriennes, ont promis une opération humanitaire de grande ampleur en Syrie, brisée par près de deux ans d’un conflit sanglant et destructeur.

« En Syrie, cela doit être une grande opération humanitaire, c’est ce que la population attend de notre mission », a affirmé à l’AFP John Ging, le directeur des opérations du Bureau de coordination des Affaires humanitaires (OCHA), avant d’être reçu par un responsable local du régime à Homs, dans un bureau secoué par le bruit des bombardements contre des positions rebelles.

Le régime Assad a décidé de créer une force paramilitaire pour aider l’armée selon l’OSDH et des militants. Baptisée Armée de défense nationale, elle regroupe les Comités populaires, des civils favorables au régime qui ont pris les armes dans leurs quartiers pour empêcher les rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL) d’y pénétrer.

Face aux éventuelles attaques syriennes, quatre batteries de missiles sol-air Patriot allemands et néerlandais ont commencé à être déployées en Turquie, sous couvert de l’Otan, a-t-on appris auprès de l’Alliance atlantique.

Conformément à une décision de l’Otan, l’Allemagne, les Pays-Bas et les Etats-Unis ont prévu d’installer en Turquie deux unités de Patriot et jusqu’à 350 soldats chacun.

Ces armes sont arrivées par bateau lundi en Turquie, a indiqué l’Otan, dont la mission est programmée pour durer un an.

Syrie. Le régime aurait utilisé une arme chimique à Homs


Syrie. Le régime aurait utilisé une arme chimique à Homs

Mis à jour le 19/01/2013 | 17:23 , publié le 19/01/2013 | 16:58
Des rebelles syriens, dans les quartiers nord d'Alep, le 13 novembre 2012.Des rebelles syriens, dans les quartiers nord d’Alep, le 13 novembre 2012.

(JAVIER MANZANO / AFP)

C’était une « ligne rouge » à ne pas franchir, selon les avertissements de Washington. Pourtant, le régime syrien aurait bien utilisé une arme chimique contre des opposants, selon Le Monde daté du 20 janvier, sans déclencher d’intervention internationale en Syrie. Le site d’informations Foreign Policy (en anglais) précise que le ministère américain des Affaires étrangères avait été informé de la manoeuvre. Francetv info détaille ce que l’on sait de l’affaire.

De quelle arme chimique s’agit-il ?

Le gaz employé n’est pas nommé par Le Monde, « faute d’échantillon » à analyser. Il s’agirait d’une « arme chimique incapacitante, non létale », précise le quotidien, qui cite des sources au sein de services de renseignements occidentaux. Pourtant, Foreign Policy, s’appuyant sur un télégramme diplomatique, affirme avec une quasi-certitude qu’il s’agit d' »Agent 15″, un gaz paralysant qui provoque notamment de graves troubles respiratoires, des nausées et peut entraîner la cécité et la mort.

Où et quand ?

Le régime aurait tiré quatre roquettes chargées de gaz sur Homs, l’un des centres nerveux de l’opposition, le 23 décembre. Dès le lendemain, l’opposition avait dénoncé l’usage de grenades dont « s’échappait une fumée blanche ». C’est la première date à laquelle cette arme aurait servi.

Un test de Bachar Al-Assad ?

« La décision de l’employer a été prise tout au sommet » de l’Etat syrien, selon Le Monde. L’objectif, d’après les multiples sources anonymes du quotidien était de tester la réaction des Occidentaux. Car les Etats-Unis, suivis de la France et d’autres puissances occidentales avaient mis en garde Damas. L’emploi d’armes chimiques était « une ligne rouge » dont le franchissement aurait « des conséquences », avait menacé Barack Obama, sans plus de précision. Dans la foulée, en août 2012, François Hollande affirmait qu’il s’agirait d’une « cause légitime d’intervention directe ».

Washington informé par un diplomate ?

La porte-parole du Département d’Etat américain, Victoria Nuland, interrogée sur les révélations de Foreign Policy, n’a pas contesté l’existence d’un télégramme diplomatique, envoyé par le consul américain à Istanbul, Scott Frederic Kilner, informant le ministère des Affaires étrangères de l’utilisation de gaz. Mais elle en a écarté la conclusion : « Nous avons vérifié les informations obtenues, et n’avons trouvé aucun élément crédible permettant de corroborer ni confirmer que des armes chimiques ont été employées ».

Francetv info

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