Abdulrahman AlQaryouti song for the people of Syria
Quatre Palestiniens tués dans une manifestation en Syrie
Damas – Quatre réfugiés palestiniens ont été tués et plusieurs autres blessés lors de tirs par les forces de sécurité syriennes sur les manifestants dans le camp de réfugiés d’Al-Yarmouk, vendredi, indiquent des sources.
Des Palestiniens de ce camp de la région de Damas ont déclaré à Ma’an que des centaines de réfugiés étaient descendues dans les rues pour protester contre les meurtres de 16 Palestiniens en début de semaine.
Lors de la manifestation, les forces syriennes ont ouvert le feu sur la manifestation, tuant au moins 4 manifestants, touchés, d’après des témoins, par des balles dans le haut du corps.
Mercredi, 15 membres de l’Armée de libération palestinienne à Damas et leur chauffeur ont été retrouvés morts après qu’ils aient été enlevés il y a plusieurs semaines sur la route du camp de réfugiés palestiniens de Nairab, près d’Alep, a déclaré un officier.
Les réfugiés palestiniens en Syrie doivent faire un mois de service militaire dans l’Armée de libération palestinienne. L’ALP a été créée comme branche armée de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine), mais plus tard, elle est passée sous le commandement militaire syrien et est utilisée pour faire la police dans les camps de réfugiés.
Le groupe revenait de suivre une formation dans un institut à Misayaf, entre Hama et Homs, quand une bande d’hommes armés s’est emparée du car, a affirmé le responsable du bureau politique de l’OLP à Damas, Anwar Abdul-Hadi.
Il a dit que les officiels palestiniens en Syrie étaient en contact avec la direction à Ramallah, et qu’ils avaient contacté les ravisseurs qui refusaient de donner une justification et de libérer le groupe. L’identité ou l’affiliation des ravisseurs ne sont pas bien établies.
Mercredi, la sécurité syrienne a notifié aux dirigeants palestiniens que les membres de l’ALP avaient été retrouvés criblés de balles et de coups de couteaux sur la grande route près d’Idlib, a indiqué Abdul-Hadi.
Même si les dirigeants palestiniens insistent pour dire que les réfugiés en Syrie ne prennent pas part au conflit qui fait rage dans le pays, la lutte acharnée entre l’opposition et les forces de l’État s’est néanmoins répandue à l’intérieur des camps de Syrie.
Des Palestiniens en Syrie ont déclaré à Human Rights Watch en juin que les forces de sécurité syriennes retenaient des centaines de personnes, dont des Palestiniens, dans le camp d’al-Yarmouk.
Selon eux, des milliers de Palestiniens ont fui récemment la ville de Homs et ses banlieues à cause de la violence et aussi de Daraa en raison des récents bombardements intensifs, et avaient cherché refuge à al-Yarmouk.
Al-Yarmouk, le plus grand camp de réfugiés palestiniens en Syrie où vivent 200 000 Palestiniens, a lui aussi connu un certain nombre d’incidents meurtriers.
Un responsable de la sécurité syrienne a menacé de faire une opération sur le camp à cause du présumé soutien du Fatah aux manifestations anti-Assad, ont indiqué des sources du camp à Ma’an, en mars dernier.
Quelques jours plus tard, un véhicule appartenant à l’Armée de libération palestinienne dans le camp a été touché et dans l’explosion trois personnes ont été tuées.
En juin dernier, 14 Palestiniens dans ce même camp, auraient été tués et 43 autres blessés après une attaque contre le quartier général du groupe de gauche FPLP-CG, sur fond de tensions entre partisans et opposants du régime syrien, a rapporté à l’époque un dirigeant de l’Autorité palestinienne à l’agence d’informations Wafa.
14 juillet 2012 – Ma’an – traduction : Info-Palestine.net
Petite leçon aux propagandistes d’Infosyrie -round 2 et K.O.- : Quand Infosyrie s’enfonce!
«Il est parfois préférable de se taire et de passer pour un imbécile, plutôt que de parler et ne plus laisser aucun doute à ce sujet.» C’est très exactement ce que nous nous sommes dit à la lecture de l’article mis en ligne par Infosyrie (lien) , article qui prétend être une réponse à nos lignes (lien) où nous avons épinglé les rédacteurs dudit site sur leur mauvaise compréhension d’une vidéo qu’ils utilisent. On imagine aisément que la lecture de notre “article-fleuve” a dû être difficile pour Infosyrie et que les développements aient été ressentis comme “longs” et “laborieux” : Infosyrie n’a rien compris à notre article. En effet, la « réponse » d’Infosyrie ne traite quasiment pas du principal point que nous leur reprochons, pour s’attarder sur d’autres sujets qui ne leur étaient même pas destinés.
Ainsi, il est possible de lire sur le site assadiste francophone :
“Toute cette salade intra-ASL pour arriver à la conclusion que… nous avions peut-être raison sur le cas al-Asaad ! Qu’écrivent en effet les scribes vétilleux de Syrianfacts au terme de leur interminable article contre nous ? » Il n’y a aucune preuve ou élément de preuve quant à la fuite d’al-Asaad » !”
et de poursuivre en disant que
“Et à défaut de pouvoir démentir cet « effacement » (on est prudent et fairplay !), Syrianfacts se lance dans une proclamation lyrique qui ressemble quand même à un aveu : « La trahison d’un homme, fut-il le dirigeant de l’ASL, ne changera rien à la dynamique des révolutionnaires qui ont défié un des régimes les plus puissants » .”
Pourtant, il n’était nulle part question de démentir la rumeur sur la fuite d’Al-Asaad, et cela a été dit explicitement dans notre article, en introduction :
“Il ne s’agit donc pas tant de défendre Al-Asaad ou de démentir la rumeur que d’en profiter pour donner des informations fiables en dénonçant les propagandistes.”
et même répété en conclusion :
“Le but de cet article n’était pas de démentir une rumeur.”
On comprendra donc sans peine qu’il nous est difficile d’être “…incapable de prouver qu’al-Asaad n’a pas disparu ou fui” puisque cela n’a jamais été notre objectif !
En revanche, ce que nous disons, c’est que les incapables d’Infosyrie utilisent une vidéo qu’ils n’ont pas compris (ni la vidéo, ni les enjeux discutés dans la vidéo, ni même la réalité de ce qu’il se passe en Syrie) comme confirmation d’une rumeur sans fondement.
Et sur ce point, les collaborateurs d’Infosyrie n’ont fait que confirmer nos propos.
L’auteur de l’article d’Infosyrie écrit donc :
“Pour démontrer notre mauvaise foi bachariste, Syrianfacts consacre de longs et laborieux développements à expliquer qu’en fait ce « Commandement militaire conjoint » ASL n’est justement pas un nouvel organigramme de l’ASL mais est une « nouvelle entité » , et jouant assez misérablement sur les mots, dit que le vrai intitulé en est « Commandement militaire conjoint » et non pas, comme nous l’avons écrit, « Direction militaire conjointe »”
Et de conclure, avec une satisfaction propre aux imbéciles heureux :
nos lecteurs apprécieront peut-être la subtilité sémantique, quant à nous, nous avouons que son intérêt nous échappe !”
Quelle misère! Nous disions plus exactement :
“Mais la faute est encore plus flagrante! C’est toute la vidéo qui n’a pas été comprise!! La vidéo n’est pas un nouvel organigramme pour l’ASL, mais la constitution d’une nouvelle entité nommée : “Commandement Militaire Conjoint pour la Révolution Syrienne”, et non pas ” « Direction militaire conjointe » de l’Armée syrienne libre”. “
Faisons simple (pour éviter aux infosyristes de s’humilier d’avantage) :
Infosyrie a écrit : “Direction militaire conjointe de l’Armée syrienne libre” alors que le vrai titre est : “Commandement Militaire Conjoint pour la Révolution Syrienne“.
Si nous avons préféré traduire “kiyada” par Commandement plutôt que par Direction (ce qui se discute largement, nous ne prétendons nullement aux compétences d’un vrai traducteur), l’erreur portait plutôt sur la fin de l’intitulé! Alors ré-exprimons nous, on évitant de retraduire le terme “kiyada” pour ne pas embrouiller les esprits simples qui nous liraient :
– Infosyrie a écrit : “Direction militaire conjointe de l’Armée syrienne libre” alors que le vrai titre est : “Direction Militaire Conjoint pour la Révolution Syrienne“.
En d’autres termes, la vidéo n’a aucun rapport avec l’ASL, ni dans le titre de son logo, et l’ASL n’est, à aucun moment, citée dans la vidéo (Nous renvoyons les lecteurs à notre précédent article pour plus d’informations sur le Commandement Militaire Conjoint pour la Révolution Syrienne ou La Direction Militaire Conjoint pour la Révolution Syrienne!). Il n’y a que dans les esprits délirants d’Infosyrie pour y voir de l’ASL…
Ceci étant clarifié, il est, nous l’espérons, évident que la vidéo n’a pas du tout été comprise par le site des Bacharistes français… pour la seconde fois. Dans l’art de se tromper deux fois sur le même sujet, Infosyrie mériterait une médaille. C’est d’ailleurs, souvenez-vous, précisément la double erreur sur le placement de la ville de Soueida qui a été dénoncé. Il ne s’agit donc pas d’avoir la “science infuse” mais plutôt d’avoir un minimum de connaissances sur un pays où le régionalisme est d’importance, faute de quoi, il est aisé de dire des bêtises. Il arrive à tout le monde de se tromper, mais réussir à aggraver sa faute est une preuve d’incompétence qui ne peut laisser de place au doute.
N’ayant rien compris à la vidéo en question, Infosyrie n’a raconté que de grossières bêtises. Où l’on voit, au passage, l’inutilité des commentateurs arabophones (et pro-régime) sur lesquels s’appuie Infosyrie pour tenter de gagner un peu de la légitimité qu’il n’a pas…
Il est évident qu’il serait possible de lister les nombreuses inexactitudes, et les nombreuses fautes factuelles (largement plus que les quelques dizaines consenties…) qui se trouvent dans les colonnes d’Infosyrie, mais nous n’en avons ni le temps ni l’envie. Il est tout aussi évident que le site Infosyrie ne se taira qu’avec la disparition du régime qui le finance.
Nous pensons que nous avons suffisamment montré l’incompétence et l’ignorance des collaborateurs d’Infosyrie, sans parler de leur malhonnêteté, pour que chacun se fasse son idée.
Et que ce que regorge le net de pro-Bachar continuent d’aboyer, leur projet de revoir le peuple syrien se taire devant la peur des moukhabarat s’éloigne de jour en jour.
Homs, mon amour, ce qu’il ne faut pas entendre d’idiots ignorants…
Syrie : massacre à Treimsa
vendredi 13 juillet 2012, par La Rédaction
Plus de 150 personnes selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), et plus de 200 selon un chef rebelle syrien, ont été tuées jeudi dans l’attaque avec des chars et des hélicoptères par les forces gouvernementales syriennes de la localité de Treimsa, dans le centre de la Syrie. « Des troupes gouvernementales ont bombardé (Treimsa) en utilisant des chars et des hélicoptères », a déclaré par téléphone le président de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane. L’OSDH a estimé que le nombre des morts était supérieur à 150, soit un total de plus de 200 tués dans le pays pour la journée de jeudi.
« Considérant la petite taille de la ville, c’est peut-être le plus grand massacre commis depuis le début de la révolution », a commenté Rami Abdel Rahmane. Un chef rebelle, Abou Mohamad de son nom de guerre, commandant d’un groupe de combattants rebelles basé non loin de là, plus au nord, a assuré dans la nuit de jeudi à vendredi que l’attaque avait fait « plus de 200 morts ». Selon un militant vivant dans la province, le bilan est particulièrement lourd car les forces gouvernementales ont pilonné une mosquée où de nombreux habitants avaient cherché refuge. Treimsa « est vide maintenant. Tout le monde est mort ou a fui », a affirmé ce militant, disant s’appeler Abou Ghazi, dans un message électronique.
« Une trentaine de véhicules de l’armée ont totalement encerclé le village. Il n’y avait aucune possibilité de sortir. Quiconque essayait de fuir à travers les champs était abattu », a raconté un autre militant, disant se prénommer Ibrahim. « Après le bombardement, l’armée est entrée (dans Treimsa) avec des armes légères et les (miliciens pro-régime) Shabiha suivaient avec des couteaux », a-t-il ajouté. Selon l’agence officielle syrienne Sana, des affrontements ont opposé l’armée à un « groupe terroriste » dans la localité. Sans donner de bilan, Sana a affirmé qu’il y avait eu « de lourdes pertes dans les rangs des terroristes » et que trois soldats avaient été tués.
De son côté, le régime a confirmé jeudi la première défection de l’un de ses ambassadeurs, mais a reçu de nouveau le soutien de la Russie, qui a rejeté un projet de résolution déposé à l’ONU par les Occidentaux. Par ailleurs, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a annoncé que le général Mounaf Tlass, qui avait fait défection la semaine dernière, était entré en contact avec l’opposition syrienne. Mercredi soir, l’ambassadeur syrien en Irak Nawaf Farès a annoncé sa défection dans un message vidéo diffusé par la chaîne de télévision du Qatar, Al Jazeera. Il a également appelé l’armée à « rejoindre immédiatement les rangs de la révolution ».
Jeudi, le ministère syrien des Affaires étrangères a affirmé dans un communiqué que Nawaf Farès était « démis de ses fonctions », jugeant que ses déclarations aux médias la veille étaient « en contradiction avec son devoir qui consiste à défendre les positions et la cause de son pays ». « Il doit pour cela être poursuivi par la justice et traduit devant le conseil disciplinaire », a ajouté le ministère. Commentant cette défection, le porte-parole de la présidence américaine, Jay Carney, a estimé de son côté qu’il y avait tous les jours « de plus en plus d’indices du fait qu’Assad est en train de perdre son emprise ».
Selon Bagdad, Nawaf Farès se trouve au Qatar, un émirat connu pour son hostilité au régime de Bachar el-Assad, qui réprime dans le sang depuis près de 16 mois un mouvement de contestation. Sa défection porte un nouveau coup au régime syrien, quelques jours après celle de Mounaf Tlass, un général proche du président Assad. Nawaf Farès, un sunnite, a commencé comme policier avant de travailler avec les redoutables services de renseignements puis de devenir l’un des chefs du parti Baas, gouverneur et enfin diplomate. Ce parcours suscite la méfiance des militants. « Je sais que cet homme est un criminel », a ainsi affirmé le président de l’OSDH.
« C’est assez similaire à l’histoire de Mounaf Tlass (…), les services de renseignements occidentaux cherchent à sélectionner des personnalités qui pourront être utilisées pour la période transitoire », a-t-il estimé. À Paris, Laurent Fabius a dit savoir qu’il existe « une proximité entre l’opposition et (le) général » Tlass et que « des contacts ont été pris en ce sens », sans confirmer que Mounaf Tlass se trouve actuellement à Paris. Sur le plan diplomatique, la Russie, soutien indéfectible du régime de Damas, a qualifié d’ »inacceptable » le projet de résolution sur la Syrie déposé mercredi à l’ONU par les Occidentaux, menaçant d’y mettre son veto s’il était soumis au vote du Conseil de sécurité jeudi.
« Dans son ensemble, leur projet n’est pas équilibré », seul le gouvernement syrien se voyant imposer des « obligations », a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Guennadi Gatilov. De l’autre côté, les États-Unis ont menacé de ne pas prolonger le mandat de la Mission des observateurs de l’ONU en Syrie (Misnus) si le Conseil n’utilisait pas les sanctions comme moyen de pression sur Bachar al-Assad, selon des diplomates. Dans leur texte, Européens et Américains donnent dix jours au régime de Damas pour retirer ses troupes et armes lourdes des villes rebelles, sous peine de sanctions économiques.
L’organisation Reporters sans frontières (RSF) a pour sa part condamné l’assassinat de deux journalistes-citoyens. Suhaib Dib, un lycéen, a été victime le 4 juillet d’un assassinat ciblé par les forces de l’ordre à Al Meliha (banlieue de Damas), et Omar al-Ghantawi a été tué le 21 juin par un sniper à Homs (centre), selon l’ONG. RSF a en outre appelé à la libération de tous les journalistes emprisonnés en Syrie. L’ONG Human Rights Watch soupçonne pour sa part Damas d’utiliser des bombes à sous-munitions de fabrication soviétique dans la région de Hama.
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Les Frères musulmans accusent Kofi Annan
Les Frères musulmans de Syrie ont accusé vendredi l’émissaire international Kofi Annan, ainsi que l’Iran et la Russie, deux alliés du régime de Bachar el-Assad, d’être responsables, par leur inaction, du massacre commis la veille dans le centre du pays. « Nous ne considérons pas le monstre Bachar comme seul responsable de l’effroyable crime (…) mais (aussi) Kofi Annan, les Russes et les Iraniens et tous les pays du monde qui prétendent être responsables de la protection de la paix et de la stabilité dans le monde puis qui gardent le silence », affirme la confrérie dans un communiqué.
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Le CNS veut une résolution contraignante de l’ONU
Le CNS a pressé le Conseil de sécurité de l’ONU d’adopter une résolution contraignante à l’encontre du régime de Bachar el-Assad après le massacre, selon une ONG, d’au moins 150 personnes dans une localité du centre de la Syrie. De leur côté, les Frères musulmans de Syrie ont accusé l’émissaire international Kofi Annan, mais aussi l’Iran et la Russie, deux alliées du régime de Bachar el-Assad, d’être « responsables », par leur inaction, de cette tuerie perpétrée à Treimsa, dans la province de Hama (centre).
« Arrêter cette folie meurtrière qui menace l’entité de la Syrie, la paix et la sécurité dans la région et dans le monde nécessite une résolution urgente et tranchante du Conseil de sécurité sous le chapitre VII, qui protège le peuple syrien », indique le Conseil national syrien (CNS). Le chapitre VII de la Charte des Nations unies prévoit des mesures coercitives en cas de menace contre la paix, allant de sanctions économiques à l’usage de la force militaire. »Nous faisons porter aux pays membres du Conseil de sécurité la responsabilité totale de la protection des Syriens sans défense et l’arrêt de ces crimes honteux », poursuit le CNS, qualifiant la tuerie du « plus infâme des génocides commis par le régime syrien ».
(13 juillet 2012 – Avec les agences de presse)
Donate4Syria
Certains ont demandé comment aider les Syriens ? Ci-dessus, une adresse en France recommandée par Walls
Le Réseau Voltaire, Infosyrie et M. Tlass
Ils ont du sang syrien dans le stylo, dans la caméra et dans le micro
par Raymond O.
http://english.the-syrian.com/2012/07/08/voltaire-network-infosyrie-and-mr-tlass/
traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier

Monsieur X et Meyssan
(méphistophélique, dans la pénombre, au bout de la table).
Après la défection du brigadier général Manaf Tlass et sa fuite de Syrie, des détails ont émergé au sujet de ses liens avec des sites ouèbes de propagande pro-Assad opérant tant à partir de Damas qu’à partir Paris.
L’information recueillie et recensée ici pour The-Syrian.com indique que la famille Tlass pourrait avoir été chargée de financer certains sites ouèbe au bénéfice du régime syrien depuis au minimum l’année 2006.
Les deux hommes au cœur de ce scandale sont Frédéric Chatillon et Thierry Meyssan.

Frédéric Chatillon, membre éminent du Front National, un parti politique français d’extrême-droite dirigé par Mme Marine Le Pen avec laquelle M. Chatillon entretient des liens très étroits remontant à l’époque où ils étudiaient dans la même fac de droit, époque où M. Chatillon dirigeait le GUD, Groupe Union Défense, un mouvement étudiant fasciste. De plus, le père de Mme Le Pen, M. Jean-Marie Le Pen, qui fut le fondateur du Front National, serait le parrain de la fille de M. Chatillon.

Meyssan s’est rendu célèbre avec son livre controversé paru en 2002 intitulé L’Effroyable imposture dans lequel il affirme que les attentats du 11 septembre 2001 auraient été un complot (une ‘combine interne’). Toutes les productions de M. Meyssan sont confites dans la théorie du complot. C’est aussi le cas de sa vie personnelle comme le montre cette video dans laquelle on le voit faire un ‘reportage’ pour la chaîne de télévision gouvernementale russe RT (Russia Today) depuis Tripoli durant l’avancée des rebelles libyens. Il dit au studio auquel il est relié, à Moscou, que les journalistes occidentaux avec lesquels il se trouve dans un même hôtel ne sont pas du tout ce qu’ils semblent être et qu’il s’agit en réalité d’agents américains camouflés « chargés de l’assassiner » (sic).
Le Réseau Voltaire
Le Réseau Voltaire a été fondé et présidé par Thierry Meyssan en 1994 sous son intitulé complet « Le Réseau Voltaire pour la liberté d’expression ». Cette organisation de gauche avait été créée afin de « promouvoir la liberté et la laïcité ». Initialement, elle se focalisait sur les questions internes à la France. Toutefois, en 1999, elle commença à « lutter contre l’impérialisme » au niveau planétaire et à rechercher à établir des liens avec des organisations internationales ayant cette même orientation.
En 2002, un groupe de ses vétérans s’éleva contre le choix d’alliés opéré par M. Meyssan, à la suite de ses rencontres (n’ayant fait l’objet d’aucune décision consensuelle de l’association) avec les dirigeants du Hezbollah libanais (le soi-disant parti « de Dieu »). Au début de 2005, des membres du conseil d’administration du Réseau Voltaire en ont démissionné en raison de ce « dérapage » dans les objectifs de l’association affirmant que, sous prétexte de résister à l’impérialisme américain, le Réseau ne faisait que se jeter dans les bras de l’impérialisme russe et de l’impérialisme chinois tout en jetant son sécularisme aux orties en nouant d’étroites relations avec des organisations islamistes.
Ces démissions du conseil d’administration entraînèrent en fin de compte la dissolution de l’association et M. Meyssan consacra les mois qui suivirent à parcourir en tous sens le Moyen-Orient (en particulier la Syrie et le Liban) afin de tenter de trouver des financements qui lui auraient permis de relancer son réseau Voltaire et de sponsoriser sa conférence dite (sans doute par antiphrase) de l’« axe de la paix », qui aurait dû se tenir à la fin de cette même année (2005).
Il y est parvenu, et il a perçu les fonds nécessaires pour relancer son réseau Voltaire depuis Damas, ce qu’il fit en août 2005 en tant que président, le vice-président étant M. Issa Al-Ayoubi (du Parti National Socialiste Syrien). L’organisation nouvellement constituée fut appelée « Réseau Voltaire International », cette nouvelle dénomination indiquant clairement qu’elle n’avait strictement rien à voir avec l’association originelle dissoute, le Réseau Voltaire.
Le 24 août 2005, le nom de domaine voltairenet.org fut enregistré par une entreprise syrienne d’informatique (dont nous ne communiquons pas le nom car cela n’a aucune importance) et son site ouèbe fut hébergé par le serveur canadien Iweb, parmi d’autres sites ouèbes syriens. Ainsi, le nouveau site voltairenet.org se substituait au site de l’ancienne association dissoute Réseau Voltaire, reseauvoltaire.net
En sponsorisant le réseau Voltaire (nouvelle manière), le régime syrien entendait ajouter un nouvel organe à la chaîne déjà existante de ses sites ouèbes autoproclamés « indépendants » et « non-alignés » au travers desquels ce régime diffuse/instille des pseudo-informations totalement controuvées visant à blanchir ou à mettre en valeur son image et ses positions et de pouvoir citer les informations diffusées par ces sites ouèbes dans ses médias officiels aux fins de tenter de semer le trouble dans l’opinion publique. Ce schéma de « blanchiment médiatique » a pu comporter des sites tels que akhbarmontreal.net (aujourd’hui clos) et d’autres.
Les sites de propagande syrienne à usage interne étaient généralement financés par M. Rami Makhlouf (un cousin du président syrien) soit directement soit directement (via des contrats de sponsorisation conclus par son empire des affaires, soit via M. Mohammad Hamsho, chargé de financer une kyrielle de télévisions, radios et médias online syriens). Toutefois, la tâche de financer le Réseau voltaire et les ‘indemnités’ de son président, M. Meyssan, avait été confiée à la famille Tlass (Munaf et Firas) dès 2006 au titre du système « fiscal » « officieux » frappant les élites syriennes (voir infra).
Infosyrie.fr
L’insurrection contre le régime syrien a commencé en mars 2011 et elle a bénéficié d’une couverture médiatique extrêmement importante tant dans le monde arabe que dans les médias nationaux. Les reportages et les vidéos clandestines ont causé un dommage immense à l’image du régime syrien tant à l’intérieur de la Syrie que dans le reste du monde. En mai 2011, un site ouèbe français fit son apparition sous le nom antiphrastique d’infosyrie.fr, qui entama sa mission consistant « à fournir une interprétation alternative de la situation syrienne » (…) et à « mettre en évidence les ruses et les falsifications générées par les médias occidentaux et de leurs alliés arabes ».
Les fichiers du site Infosyrie montrent que celui-ci est enregistré par la compagnie Riwal sise au numéro 39 de la rue Vineuse à Paris 16ème Arrdt. Cette entreprise se présente elle-même comme étant une « agence spécialisée dans la communication, le consulting, le design graphique et la gestion d’événements ».
Un rapide coup d’œil à l’historique de Riwal montre que celle-ci a été créée en 1995 par nul autre que Frédéric Chatillon et trois partenaires (initialement). Toutefois, en 2005, elle était partagée par M. Chatillon et un unique partenaire.
La manière dont M. Meyssan et M. Chatillon ont fait connaissance n’est pas claire. Lorsque l’on sait que le premier était un ancien militant de gauche et le second un politicien d’extrême-droite, leur rencontre improbable apparaît d’autant plus étonnante. Toutefois, tous deux avaient en partage une chose qui pourrait expliquer qu’ils soient ainsi devenus amis.
En 2006, à la suite de l’agression israélienne contre le Liban, M. Chatillon organisa un voyage de cinq personnes (dont M. Meyssan et lui-même) afin de montrer sa « solidarité avec ce pays ». M. Chatillon savait que M. Meyssan avait d’excellentes relations avec le Hezbollah avec lequel il cherchait lui-même à établir le contact depuis 2001. Toutefois, le rapport entre Meyssan et Chatillon pourrait tout à fait être le genre de relation bâtie sur les opinions antisionistes de M. Meyssan et les orientations racistes et antisémites de M. Chatillon (c’est tout au moins ce qu’en pense votre serviteur).

Meyssan est au milieu et Chatillon est à… l’extrême-droite !
(sous les inévitables portraits des deux criminels de guerre
père et fils…).
Durant l’équipée de 2006, la petite compagnie prit la route de Beyrouth via Damas, où ils restèrent cinq jours, durant lesquels M. Chatillon noua des contacts avec des « seconds couteaux » du régime syrien.
Passons rapidement à 2008 et à une nouvelle équipée de M. Chatillon à Damas, cette fois-ci « pour affaires ». A la suite d’une campagne de relations publiques qui lui a coûté la peau des fesses mais qui a très bien marché aux Etats-Unis, le régime syrien voulait châtier la France post-chiraquienne en tirant profit, en particulier, de l’arrivée de Sarkozy, un leader de la droite dure, au pouvoir dans ce pays.
Thierry Meyssan recommanda M. Chatillon au régime syrien pour ce job et le régime syrien décida d’engager celui-ci. Il chargea les sponsors de M. Meyssan, la famille Tlass, de financer cette nouvelle campagne de relations publiques. Cette « contribution » relevait des « taxes » prélevées par le régime syrien sur les activités financières (légales et illégales) de la famille Tlass en Syrie.
Avec l’aide de Meyssan, Chatillon se rendit en Syrie et il rencontra Manaf Tlass, qui lui demanda de faire partie de la campagne de relations publiques syriennes qu’il envisageait d’entreprendre dans le cadre de l’agence qu’il possède à Paris, Riwal Agency.
Quelques mois après, M. Chatillon enregistra la Riwal Syria, filiale de Riwal Agency : le capital de la compagnie-mère passa à 180 000 euros du jour au lendemain! Un site ouèbe fut lancé pour la nouvelle entité Riwal Syria en juillet 2008.
Quant à elle, Riwal annonça l’ouverture d’une filiale à Damas, sous la direction d’un « M. Thibault El-Bakjaji ».
Toutefois, nous n’avons pas été en mesure d’interviewer une personne portant ce nom pour les besoins de cet article, et cela suggère qu’aucun Thibault El-Bakjaji n’existe dans la branche syrienne de Riwal, qui s’avéra être une agence de voyage (dont nous tairons le nom) propriété d’un M. Gh. I. sise dans le quartier Al-Tajhiz de Damas (certes, un des dix-neuf employés de Riwal France se prénomme Thibault, mais cela n’est que pure coïncidence).
Dès sa création, RiwalSyria a représenté le ministère syrien du Tourisme à Paris et elle communiquait avec le ministère (à Damas) via un M. R.Q. travaillant au service de la promotion touristique de cette administration.
En 2011 Riwal a enregistré et lancé le site infosyrie.net au bénéfice du régime syrien, et ce site travaille de la même manière que le Réseau Voltaire et les autres sites de propagande que nous avons évoqués plus haut. Aussi tous ses contenus doivent-ils être passés au crible avant d’être cités comme références.
A la suite du départ de Manaf Tlass de Syrie, infosyrie.fr a publié un article très modéré contre son ancien sponsor, sous le titre “the road of the regime’s spoilt kid” (Le Chemin suivi par l’enfant gâté), dans lequel le site exhortait M. Tlass à « ne pas cracher dans la soupe qui l’avait nourri » et se montrait confiant dans le fait que ce brigadier général enverrait paître « les opportunistes anti-régime qui chercheraient à lui parler ».
[Ci-après, une vidéo montrant M. Chatillon lors d’une manifestation pro-Assad organisée à Paris en octobre 2011].
http://www.youtube.com/watch?v=aHFMDXXuCMs&feature=player_embedded#!
Petite leçon aux propagandistes d’Infosyrie : Sur la fuite d’Al-Asaad
Comme les fidèles lecteurs de ce blog le savent – merci à eux d’être de plus en plus nombreux- le site Syrianfacts ne commente pas l’actualité mais propose des analyses sur ce qui structure la Révolution Syrienne. En se plaçant à un niveau supérieur de granularité, nous proposons des articles de fond, pour que l’observateur honnête de la crise syrienne ne se laisse pas influencer par les soubresauts de ce qui forme l’information quotidienne. Par ailleurs, la rigueur nous imposant de ne traiter que des questions que nous maitrisons, nous ne prétendons nullement concurrencer plus compétents que nous sur bien des sujets.
Alors pourquoi discuter de la rumeur (même pas une information) faisant état de la fuite du fondateur et chef de l’Armée Libre de Syrie, Riyad Al-Asaad, en Bulgarie, prenant avec lui la somme de deux millions de dollars?
D’une part, nous avons reçu plusieurs messages nous demandant notre avis sur cette rumeur. D’autre part, un visiteur -pro-Bachar- répondant au pseudo de LATTAKIA, a lancé le défi suivant (lien)
“PS : certains diabolisent le site “Infosyrie”. Ils en ont le droit. Malgré tout, je défie quiconque sur ce site de prouver que beaucoup de ses informations ne sont pas étayées de faits et souvent pertinentes.
Ce site est l’un des seuls qui me donne de vraies informations sur la situation et les dessous de ce vaste “merdier” institué de toute pièce par des “joueurs de plus en plus hystériques”.”
Liban : Le Haut Comité de Secours suspend son aide aux réfugiés syriens
LIBANLe Haut Comité de Secours (HCS) a annoncé la suspension de ses aides aux réfugiés syriens au Liban à partir d’aujourd’hui. « Le HCS ne couvrira plus les frais d’hospitalisation et de soins des Syrien blessés et/ou réfugiés au Liban», indique un communiqué. L’association « Journalistes contre la violence » a dénoncé hier, dans un communiqué, la décision du Haut Comité de Secours, soulignant qu’elle est en contradiction avec la vocation du Liban et avec les conventions internationales signées par le gouvernement libanais



