Syrie: l’opposition est réunie au Caire pour évoquer l’après-Assad


2 juillet 2012 à 20:37
L'émissaire Kofi Annan (d) s'entretient avec le chef de la diplomatie russe Sergeï Lavrov, le 30 juin 2012 à Genève.

L’émissaire Kofi Annan (d) s’entretient avec le chef de la diplomatie russe Sergeï Lavrov, le 30 juin 2012 à Genève. (AFP)

Des opposants syriens tentaient lundi au Caire, sous l’égide de la Ligue arabe, d’élaborer une vision commune de l’après-Assad, après avoir rejeté une feuille de route internationale prévoyant un gouvernement de transition malgré la poursuite des violences.

Cette réunion, qui doit se dérouler sur deux jours, « est une opportunité qu’il ne faut perdre en aucun cas », a déclaré à son ouverture le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, en appelant l’opposition à s’unir.

En plus de 15 mois de révolte, la répression puis, depuis quelques mois, les combats entre l’armée de Bachar al-Assad et les rebelles ont fait plus de 16.500 morts, en majorité des civils, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

« Le temps ne joue pas en notre faveur », a ajouté M. al-Arabi, en soulignant la nécessité d’un « système démocratique pluraliste qui ne fasse pas de discrimination » entre Syriens.

Nasser al-Qidwa, adjoint du médiateur international Kofi Annan, a également appelé l’opposition à s’unir. « Ce n’est pas un choix, mais une nécessité si l’opposition veut gagner la confiance de son peuple », a-t-il dit.

Les ministres des Affaires étrangères égyptien, turc, irakien et koweïtien étaient également présents.

L’objectif est de « parvenir à une vision unifiée concernant la période de transition et l’avenir de la Syrie », avait indiqué à l’AFP Georges Sabra, porte-parole du Conseil national syrien (CNS). Cette formation, la principale coalition de l’opposition, participe à la réunion.

En revanche, les rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL), force armée d’opposition principalement composée de soldats déserteurs, ont boycotté la rencontre qualifiée de « complot », rejetant toute négociation avec le régime, selon un communiqué signé de l’ASL et de militants « indépendants ».

Ils reprochent aux participants de « refuser l’idée d’une intervention militaire étrangère pour sauver le peuple » et « d’ignorer la question des zones tampons protégées par la communauté internationale, des corridors humanitaires, de l’embargo aérien et de l’armement des rebelles ».

La réunion intervient alors que les violences se poursuivent en Syrie et que le président Bachar al-Assad a ratifié lundi trois lois prévoyant de lourdes peines pour les responsables d’actes « terroristes » visant à changer la nature du régime.

manque de moyens médicaux

Selon des militants, l’armée syrienne a continué lundi de bombarder des quartiers rebelles de Homs (centre), où des médecins sont forcés d’amputer des blessés en raison du manque criant de moyens médicaux.

Selon l’OSDH, plus d’un millier de familles sont bloquées et manquent de tout dans certains quartiers de la ville, où le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et le Croissant-rouge syrien ne parviennent pas à se rendre.

Dans la journée de lundi, les violences ont fait au moins 30 morts, dont cinq rebelles, dans plusieurs provinces de Syrien, a annoncé l’OSDH dans l’après-midi.

A la frontière avec le Liban, deux policiers syriens ont été blessés lundi par une roquette tirée à partir du territoire libanais, selon un communiqué de la Sûreté générale libanaise. C’est la première fois que le Liban fait état de tirs contre le territoire syrien à partir du Liban.

Samedi à Genève, le Groupe d’action sur la Syrie, réunissant les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (Etats-Unis, Chine, Russie, France et Grande-Bretagne) mais aussi la Turquie et des pays représentant la Ligue arabe, a trouvé un accord sur les principes d’une transition en Syrie.

L’accord prévoit un gouvernement de transition politique qui pourra inclure des membres du gouvernement actuel et de l’opposition, et doit être formé sur la base d’un consentement mutuel.

Les autorités syriennes n’ont pas officiellement réagi à l’accord, qualifié d’échec dans la presse officielle car « pas basé sur l’avis du peuple syrien ».

L’opposition, en particulier le CNS, a dénoncé le fait que l’accord ne prévoie « pas de mécanisme de travail clair ni de calendrier, laissant le régime impuni », et réclamé à nouveau « le départ de Bachar al-Assad et de sa clique ».

Les membres du Groupe d’action eux-mêmes ont divergé sur l’interprétation de l’accord, les Etats-Unis estimant qu’il ouvrait la voie à l’ère « post-Assad » tandis que la Russie et la Chine, alliés du président Assad, réaffirmaient qu’il revenait aux Syriens de choisir leur avenir.

Le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen, a appelé lundi la communauté internationale à s’entendre sans délai pour mettre en oeuvre une solution politique en Syrie, en réaffirmant qu’une intervention militaire de l’Alliance n’était pas envisagée.

Chypre, qui assure la présidence tournante de l’Union européenne, s’est dite « inquiète » de la façon dont la Turquie gérait la crise, évoquant « une certaine instrumentalisation », tout en affirmant que Nicosie travaillerait « avec toutes les parties afin de promouvoir une transition vers la démocratie en Syrie ».

Le Conseil des ministres saoudien a pour sa part réclamé des mesures « décisives » pour mettre fin aux « massacres ».

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Urgence humanitaire: massacre de Zamalka le 30 juin 2012


2012/07/01

Samedi 30 juin:

Hier a Zamalka, Damas, deux voitures piégées explosent contre une foule rassemblée pour des funérailles, tuant une soixantaine de personne et causant de nombreux blessés. Les snipers d’Assad, ont ensuite tué le Docteur Jamal Tabraneen  alors qu’il tentait de secourir les blessés de l’explosion [1]. Toujours d’apres les activistes syriens, plus de 20 blessés ont ensuite été exécutés dans l’Hopital proche de Kafr Batna, par les forces de “securité“. Les médecins de Homs lancent un appel de solidarité:

Urgent: Zamalka situation humanitaire grave! Nous lançons un appel aux personnes de Damas et d’autres villes et les zones voisines pour aider les médecins à trouver le nécessaire médical, des médicaments nécessaires sont les suivants: Anti-inflammatoire, l’anesthésie, seringues, pommades pour les brûlures, anti-septiques solutions, en plus de fournir comme: la gaze et serviettes, plâtres et des bandes, des ciseaux et des instruments chirurgicaux, forfaits de transfusion sanguine. Nous appelons aussi à toutes les personnes de faire un don de sang pour sauver la vie des blessés!

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Sur TV5 l’émission de Kiosque aujourd’hui


LES THÈMES DE L’ACTUALITÉ (cliquez sur le lien)

En Égypte, Mohamed Morsi devient le premier président du pays issu des urnes ;

La Syrie et la Turquie massent des troupes à la frontière tandis qu’on discute du sort d’Assad à Genève ;
L’Euro pour un 19e sommet de la dernière chance, où l’Allemagne a fait quelques compromis ;
La cour suprême américaine valide la réforme de la santé défendue par le président Obama…

Des députés créent un réseau syrien


Ch. Ly.

Une initiative des verts qui veulent mobiliser les partis et le gouvernement.

Un réseau parlementaire « pour aider le peuple syrien » a été lancé mercredi à Bruxelles, à l’initiative de Juliette Boulet (Ecolo) et Eva Brems (Groen). Les deux députées souhaitent mobiliser l’opinion et les pouvoirs publics belges sur cette guerre et répression qui ont fait près de 15 000 morts, 150 000 réfugiés et des dizaines de milliers de personnes déplacées à l’intérieur du pays.

« Cela fait longtemps que les parlementaires ne se sont plus mobilisés sur une question internationale », se réjouit Georges Dallemagne (CDH), qui ajoute qu’en Syrie, « c’est le silence qui tue ». D’autres politiques ont apporté leur soutien dont Bruno Tuybens (SP.A) et Isabelle Durant, vice-présidente du Parlement européen. En 2006, des députés belges avaient créé un réseau similaire avant les élections au Congo.

L’idée est de partager les informations, de susciter des actions avec la société civile et de saisir le gouvernement quand les choses traînent. A cet égard, souligne M. Dallemagne, le gouvernement a libéré le 17 avril une aide humanitaire de deux millions d’euros mais n’a toujours pas utilisé l’argent, faute de canal adéquat, alors que seize pays européens l’ont fait.

La première réunion a permis d’entendre le témoignage de Yahia Hakoum, un jeune Syrien arrivé en Belgique il y a quatre mois. Yahia a fait partie des premiers Syriens qui ont manifesté le 15 mars 2011 devant la mosquée des Omeyyades à Damas. Interrogé et torturé par les services de sécurité, il s’est réfugié dans un monastère syrien avant d’être exfiltré vers la Belgique. Les autorités belges ne lui ont pas délivré facilement le droit d’asile. Yahia a été accueilli par une famille belge. « Ce qui nous fait souffrir », dit-il, « c’est l’indifférence de la communauté internationale. On se cache derrière la Russie. »

Le jeune Syrien n’est pas en faveur d’une intervention militaire internationale, mais plaide pour une aide à l’opposition, ne fût-ce que par des moyens de communication. « L’armée syrienne libre est capable de se battre. » Il croit aussi que la palette des sanctions peut être largement augmentée.

Des représentants d’Amnesty ont également distribué un rapport accablant pour le régime syrien. Le rapport est basé sur le témoignage de 200 personnes interrogées par des enquêteurs qui se sont rendus clandestinement dans la région d’Idlib et d’Alep. L’armée et les milices y sont accusées d’exécutions sommaires (surtout des hommes), d’avoir brûlé des maisons et bombardé de façon indiscriminée des zones résidentielles. Amnesty se voit reprocher par certains membres une vision partiale du conflit syrien, mais Bruno Tuybens est alarmé. « Je suis membre d’Amnesty depuis 1981 », relève-t-il. « J’ai rarement lu un rapport sur des faits aussi graves. »

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Non les chrétiens ne sont pas persécutés en Syrie!


 

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Christian Cannuyer – publié le 27/06/2012

Christian Cannuyer, théologien belge proche de l’Oeuvre d’Orient, préside la Société Belge d’Études Orientales et dirige la collection « Fils d’Abraham » aux éditions Brepols. Il dénonce les mensonges de certains milieux chrétiens, notamment intégristes, qui font circuler des fausses informations sur la « chasse » aux chrétiens syriens.

Je reviens de Rome, où j’ai assisté à la réunion annuelle des Associations d’aide catholique aux chrétiens du Proche-Orient (ROACO). Nous avons eu hier une rencontre avec le Pape, qui a lancé un appel en faveur de la paix en Syrie. (…) La veille, nous avions rencontré toute la matinée un responsable de l’Eglise catholique à Damas (…) avec lequel nous avons eu un échange passionnant et très éclairant. C’est un de ces grands formats de la diplomatie vaticane, à l’information extrêmement dense et aux jugements nuancés.

Je soulignerai quelques points sur lesquels j’attire votre attention :

1°) L’insurrection  est une vraie insurrection populaire, contre un régime dictatorial sanglant ayant favorisé depuis longtemps un réseau de corruption éhonté et ayant continûment brimé les libertés individuelles. Elle n’était cependant pas attendue, car la situation économique était plutôt satisfaisante, comparée à celle de pays voisins, et certains progrès avaient été enregistrés dans le sens d’une moins grande férocité du régime.

2°) Qu’il y ait des éléments salafistes et étrangers infiltrés dans l’insurrection, cela ne fait pas l’ombre d’un doute. Mais dans leur majorité, les cadres de l’insurrection ne sont pas radicaux et certainement pas anti-chrétiens.

3°) Il n’y a pas de chasse systématique aux chrétiens de la part des insurgés. Même à Homs ou à Qusayr, où la situation extrêmement critique est due aussi à des problèmes de rivalités inter-tribales voire maffieuses qui ne datent pas d’hier. Des chrétiens ont été victimes de bombardements ou d’escarmouches, comme beaucoup de sunnites ou d’alaouites, mais ils n’étaient pas ciblés comme chrétiens. Aucun sanctuaire chrétien n’a été attaqué en tant que tel. Il confirme que la rhétorique alarmiste que certains hiérarques ou religieu(se)s (comme Mère Agnès-Mariam de la Croix) prétendant que les chrétiens sont traqués par les forces révolutionnaires qui veulent leur éradication procède de la désinformation. Certaines personnalités ecclésiales sont manifestement stipendiées ou manipulées par le régime pour attiser les rumeurs le présentant comme le seul défenseur de la minorité chrétienne et soulever le spectre d’un scénario à l’irakienne. Leur attitude confine à la collaboration, qu’ils pourraient payer très cher.

4°) Il nous a donné maints exemples d’extraordinaires actes de solidarité entre chrétiens et musulmans au plus fort de la tourmente. Il précise que loin d’être « persécutés », les chrétiens, du moins jusqu’à présent, sont plutôt respectés et ménagés, tant par l’armée que par les forces insurrectionnelles. Il suffit d’être reconnu comme chrétien à un barrage ou à un check point pour éviter toute difficulté majeure.

5°) Les membres de la ROACO et la hiérarchie catholique attirent l’attention sur l’activisme du prétendu Mgr Philippe Tournyol Clos, « évêque de l’Eglise grecque-melkite-catholique », dont énormément de médias ont relayé « une mission en Syrie » au terme de laquelle il dénonce le caractère islamiste de l’insurrection, les massacres systématiques des chrétiens , la désinformation à l’œuvre dans les médias internationaux. Mgr Tournyol Clos en appelle pour sa part au « parler vrai » et à la dénonciation du génocide dont seraient victimes les chrétiens de Syrie.

Le Saint-Siège précise que ce personnage n’est absolument pas membre de la hiérarchie catholique, il n’a aucun des titres sont il se revendique. Ses allégations sont fausses et manipulées. Il est tout sauf un représentant du « parler vrai ». Un prélat l’a rencontré à Damas, revêtu d’habits ecclésiastiques usurpés… Le personnage lui a avoué ne s’être jamais rendu à Homs alors qu’il prétend avoir été témoin oculaire de la chasse aux chrétiens.

Pendant la réunion de la Roaco, Mgr Pascal Gollnisch, directeur de l’Œuvre d’Orient, a reçu un appel d’urgence des jésuites de Homs lui demandant d’intervenir auprès du Vatican et de l’Agence Fides, qui a reproduit les propos du pseudo Mgr Tournyol, car ceux-ci mettaient en danger les jésuites qui ont toujours tenu à maintenir le dialogue entre toutes les communautés. En fait, ledit Tournyol est un transfuge des milieux catholiques intégristes et d’extrême-droite, inconnu au bataillon de tous ceux qui ont une bonne connaissance et une longue fréquentation des chrétiens d’Orient.

Il est important de relayer dès que vous le pouvez cette information et de démasquer l’imposture représentée par Tournyol Clos. Un petit détour sur le site officiel donnant la liste des évêques de l’Eglise catholique vous convaincra que ce personnage en est absent. Voilà encore un exemple frappant de manipulation venant de cercles douteux à propos de la situation en Syrie. L’Œuvre d’Orient ne devrait d’ailleurs pas tarder à diffuser un communiqué de presse.

6°) Concernant notre ami le Père Paolo Dall’Oglio, obligé de quitter le pays par ordre de son évêque, il faut savoir que cette mesure ne représente pas un désaveu de son action par le Saint-Siège. Seulement, comme le P. Paolo n’est pas syrien, il paraît plus sage qu’il se tienne à distance du débat. D’autre part, sa vie était en danger car ses positions en faveur du dialogue dans le respect des justes revendications de l’opposition, son refus de s’associer à la logorrhée qui, pour défendre le régime, agite l’épouvantail d’un génocide anti-chrétien, lui valaient l’inimitié dangereuse des sbires du clan Assad.

Vous pouvez relayer abondamment ce message. Merci.

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RECOLTE URGENTE DE MEDICAMENTS POUR LA SYRIE


    • dimanche 15 juillet 2012
    • 12:00
  • Rue Jules Debecker, 50 à 1081 Koekelberg
  • http://youtu.be/9ZEoUdgVLGQCet enfant agonise et meurt devant les derniers médecins de Homs!!
    Il est de notre devoir de réagir et de faire ce qui est en notre pouvoir pour aider ces hommes, ces femmes et ces enfants qui subissent des atrocités chaque jour depuis trop longtemps!Cet appel à récolter des médicaments est très sérieux! Beaucoup d’entre vous avez déjà donné et fait des dons! Qu’Allah vous récompense! Mais on ne doit pas s’arrêter là! Continuons d’interpeller nos médecins pour qu’ils nous fassent des ordonnances et nos pharmaciens pour qu’ils fassent un geste! Parlez en autour de vous pour toucher un maximum de personne!

    Lorsque je vois cet enfant, je vois mon petit frère… Ne laissons pas l’indifférence étouffer nos cœurs…

    /!\ Appel URGENT à toutes les âmes sensibles ou pas d’ailleurs /!\

    « Je viens d’avoir un appel téléphonique et j’apprends que au moins deux personnes partent en Syrie pour y amener des médicaments, chaque fois qu’on réussit à rassembler au moins 150 kg! Alors trêve d’attentes inutiles et lançons nous svp à la collecte folle de médicaments!

    Le gars me disait que jusque là, ils n’ont jamais pu compter sur aucune organisation officielle ou connue! Qu’ils ont du se débrouiller qu’entre eux et qu’ils comptent sur notre aide. » Farida Aarrass ~

    Alors svp, n’attendons plus! Agissons!
    Apportez tout ce que vous avez à cette adresse : Rue Jules Debecker, 50 à 1081 Bruxelles! Il y va de la survie de tas d’innocents!

    Qu’Allah vous récompense!

    Comme convenu je vous envois la liste des besoins et des premiers soins.
    Pour enfants et adultes:

    – Antibiotiques
    – Antidouleurs
    – Antiinflammatoires
    – Baxter
    – Poches pour le sang
    – Désinfectants
    – Fils ou kits de sutures
    – Minerves
    – Bandages compresses
    – Seringues et aiguilles
    – Attelles et plâtres
    – Anesthésiants
    – Morphine
    – Cathéter
    – Matériel de réanimation
    – Antipyrétiques
    – Set de grands brulés
    – Gands

    Chokran et mille merci d’avance de la part des blessés syriens!!

    Contact : Farida 0486703215 surtout par sms svp!

    Pour tout versement, voici les informations :

    Titulaire du compte : Association « Les Amis de la Syrie »

    Banque : AXA Bank Europe

    N°compte : 751-2059530-66

    IBAN : BE07 7512 0595 3066

    BIC (ou SWIFT) : AXABBE22

    L’argent sert essentiellement à se procurer en Turquie, les médicaments qu’on n’arrive pas à avoir ici!

    Merci de votre confiance car sans ça on n’arriverait à rien!

Le régime syrien prépare une zone de repli dans la montagne alaouite


Ignace Leverrier

22 juin 2012

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Zone côtière de la Syrie

Cet article est la conclusion d’une étude intitulée “Le massacre de Houla en Syrie, étape délibérée d’une stratégie assumée“. Elle visait à faire la lumière sur les auteurs et les responsables du drame – l’assassinat de sang-froid de plus de 100 personnes, parmi lesquelles une cinquantaine d’enfants de moins de 10 ans et une trentaine de femmes – dont le village de Taldou, à Houla, avait été le théâtre, vendredi 25 mai 2012. Cette opération s’inscrivait dans une stratégie formellement niée mais implicitement assumée par le pouvoir syrien.

La première partie de cette étude :
1 / Visite des lieux
2 / Déroulement des faits
3 / Imputation du massacre
est accessible ici.

La seconde :
4 / Version officielle des évènements
5 / Analyse critique du discours officiel
6 / Rappels concernant l’ASL
l’est ici.

La troisième :
7 / Le drame de Houla selon Bachar Al Assad
8 / Fabrication et manipulation des terroristes par le régime syrien
Le recrutement et l’envoi de moujahidin en Irak
La création du Fatah Al Islam et la formation de terroristes du Golfe
9 / Manipulation des islamistes en Syrie
l’est ici.

La quatrième :
10 / Al Qaïda en Syrie, atout et instrument du régime
11 / Théorie de la 3ème force et émancipation des “terroristes islamiques”
12 / L’industrie des kamikazes et des victimes d’attentats en Syrie
La fabrication des kamikazes
L’industrie des victimes d’attentats

l’est ici.

=====

CONCLUSION :

Vers la constitution d’une zone de repli dans la montagne alaouite

En dépit des dénégations du régime, dont les agissements et le jeu avec le terrorisme contribuent depuis des mois à discréditer tout discours, la véritable question posée par la tuerie de Houla est moins celle de savoir si ce sont deschabbiha qui ont commis ce terrible forfait, que de découvrir s’ils ont agi à cette occasion de leur propre initiative ou s’ils se sont conformés à des ordres. Inconsciemment, dans la première hypothèse, et en connaissance de cause, dans la seconde, ils ont en tout cas apporté leur pierre à la réalisation d’un projet dont il n’est pas certain qu’ils aient une perception claire des tenants et aboutissants, projet qui justifie, dans l’esprit du régime, le recours aux comportements les plus abjectes contre une partie de sa population.

Ceux qui plaident pour l’initiative, qui donnerait alors au massacre une simple dimension “locale”, expliquent que, grisés par le rôle qui leur a été abandonné depuis des mois dans la répression par les responsables politiques, militaires et sécuritaires, les chabbiha ont commencé ici et là à agir de manière autonome. N’ayant pas trouvé face à eux, jusqu’à une date récente, de véritables adversaires, puisque les révolutionnaires n’avaient pas, avant la création de l’Armée Syrienne Libre, les moyens de s’opposer à l’expression de leur force brutale, les chabbiha ont retrouvé leurs vieilles habitudes : ils s’en prennent d’une part à qui ils veulent dans leur entourage au gré des circonstances, et ils décident seuls d’autre part de l’opportunité de telle ou telle opération.

On sait – ou on sait pas… – que, pour leur faire entendre raison, autrement dit pour les ramener à une juste appréciation de leur place et de leur condition, Basel Al Assad, héritier présomptif, s’était vu contraint à la fin des années 1980 et au début des années 1990, de faire la guerre à ces voyous, recrutés et utilisés par certains de ses cousins de la famille Al Assad pour leurs activités mafieuses. L’embauche dans l’armée et les services de sécurité de quelques uns de leurs chefs, puis la libéralisation du commerce qui a offert un cadre légal à leurs activités jusqu’alors délictieuses, ont contribué, durant la première décennie des années 2000, à les maintenir dans un calme relatif. Mais, sollicités à Lattaquié et dans sa région pour faire entendre raison aux manifestants, dès le mois de mars 2011, ils ont relevé la tête et retrouvé en quelques jours leurs mauvaises habitudes. A l’été de la même année, ils estimaient ainsi avoir le droit de décider par eux-mêmes des moyens et de la forme de leurs interventions, quitte à s’opposer frontalement aux officiers desmoukhabarat chargés d’assurer leur contrôle et leur rémunération.

Ceux qui plaident pour l’instrumentalisation, donc pour une opération planifiée et pilotée par la tête du régime, estiment, sans oser le dire franchement, que les responsables syriens qui connaissent mieux que quiconque les limites et la dangerosité de ces wouhouch, ces “bêtes sauvages” comme ils se désignent eux-mêmes avec fierté, n’ont pas pris le risque de leur faire connaître dans le détail les objectifs et la finalité d’opérations dans lesquelles ils interviennent, à Houla comme à Qbeir, à Salma comme à Al Haffeh, en tant que simples exécutants. Ils peuvent craindre en effet que, reprenant l’affaire à leur compte, les chabbiha tentent dans les différentes régions de la mener à leur rythme et à leur manière.

Depuis des mois, certains au sein du régime syrien estiment qu’il serait prudent de préparer, à l’intention des hauts responsables et des membres de la communauté alaouite, un lieu dans lequel ceux-ci pourraient trouver refuge, au moins à titre provisoire, au cas où la situation leur échapperait et où le conflit prendrait une tournure inter-communautaire. Minoritaires au sein de la population, les alaouites se sont en effet exposés à la colère de la majorité sunnite et à l’incompréhension de minorités ethniques comme les Kurdes et les Assyriens, en se rangeant pour la plupart du côté du pouvoir, en se comportant comme des mercenaires à sa solde, et en se livrant sur les manifestants et les populations à des exactions que les organisation de défense des Droits de l’Homme n’en finissent pas de dénoncer. Il est vrai que, au péril de leur vie, des hommes et des femmes de la communauté alaouite ont pris le parti de leurs frères syriens contre le régime. Mais l’admiration que leur comportement suscite ne permet pas de dissimuler le fait que, en application du plan diabolique conçu par le clan Al Assad pour compromettre les membres de sa communauté en les implicant dans la répression et les massacres, une majorité d’alaouites, militaires, moukhabarat et chabbiha, ont fait une majorité de victimes parmi la population sunnite.

Après s’être contentés, durant des mois, d’encaisser sans répondre autrement que par des slogans et par une radicalisation de leur revendications, les révolutionnaires se sont dotés, au début de l’été 2011, d’une force de protection sous la forme de l’Armée Syrienne Libre. Alors que la révolution et son corollaire, la répression, entrent dans leur 16ème mois, on ne peut exclure, en dépit des appels sans cesse renouvelés à conserver à la contestation son caractère de mouvement pacifique, unitaire et non-confessionnel, que des dérapages aient lieu et que, l’ASL optant pour une stratégie plus agressive pour mettre fin aux tueries, la Syrie devienne bientôt le champ d’affrontement entre sunnites et alaouites que tout le monde – à la notable exception du régime – redoute. Il sera alors temps pour Bachar Al Assad et les siens de gagner le refuge qu’ils se sont préparé.

Ce bastion sera évidemment la zone côtière, qui s’étend sur une centaine de kilomètres entre Tartous, au sud, et Lattaquié, au nord, sur une profondeur d’une cinquantaine de kilomètre vers l’est, au maximum. Berceau de la famille Al Assad au pouvoir depuis 1970 et d’une grande partie de la hiérarchie de son appareil militaro-sécuritaire, cette région présente un certain nombre de caractéristiques qui sont, dans les circonstances actuelles, en majorité des atouts.
Certes, sa population n’est pas homogène. Mais les alaouites qui y sont majoritaires ont les moyens de s’y comporter comme ils l’entendent, puisqu’ils disposent de la force des armes, du contrôle de l’armée, des moukhabarat et des chabbiha. Pour la défendre et en interdire l’accès, ils savent pouvoir compter, si ce n’est sur l’aide, du moins sur la neutralité des chrétiens et des ismaéliens, qui y constituent, les premiers à Tartous et Lattaquié, les seconds dans les agglomérations de Qadmous et Masiaf, de fortes minorités.
La région dispose de ressources limitées et ses infrastructures industrielles sont hétérogènes, créées davatange pour répondre aux intérêts de proches du régime qu’aux besoins de la population ou de l’économie locale. Mais, dans la plaine littorale et sur les hauteurs l’agriculture se développe et les ressources en eau n’y sont pas pires que dans la majorité des autres régions de Syrie. Le tourisme, dont les revenus sont directement liés aux conditions de sécurité, y est évidemment en berne, mais la région abrite les deux uniques ports du pays.
Délimitée à l’est par les hauteurs du Djebel Ansariyeh, d’où l’on domine l’Oronte et la plaine du Ghab, la région est aisément défendable, surtout dans sa partie nord. Elle dispose d’un accès par le sud, relativement ouvert, et deux entrées secondaires, plus mal commodes, l’une au centre, via la ville de Masiaf, l’autre au nord, via la région d’Idlib.
Elle dispose d’une sorte de prolongement naturel vers le sud, dans le nord Liban où réside une forte minorité d’alaouites. Ces derniers sont également nombreux dans le Sanjak d’Alexandrette, sur lequel la Syrie a affecté d’oublier ses légitimes revendications aussi longtemps que ses bonnes relations avec la Turquie l’exigeaient.
Enfin, cette région pourrait trouver une sorte de prolongement en direction de l’estdans la zone frontalière avec la Turquie sur laquelle le Parti de l’Union Démocratique en Syrie, la branche syrienne de l’ancien Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) d’Abdollah Ocalan, met en oeuvre depuis le début de la crise, avec la bénédiction des autorités syriennes, les instruments d’une gestion autonome.

Les attentions ont été attirées sur le projet en question, au mois de janvier 2012, par l’ancien vice-président Abdel-Halim Khaddam. Exilé en France à la fin de l’été 2005, ce compagnon de la première heure de Hafez Al Assad a maintenu de bonnes relations avec des dizaines de hauts responsables de son pays appartenant aux cercles du pouvoir, à la direction du Parti Baath, au commandement des forces armées et à la communauté alaouite, qui n’a jamais vu dans ce sunnite natif de Banias un ennemi. Ils désapprouvaient comme lui, mais sans être en mesure de le dire et de s’y opposer davantage, l’accession de Bachar Al Assad à une présidence qui ne lui revenait pas, et pour laquelle il ne disposait, selon eux, ni de l’âge, ni de l’expérience, ni des qualités requises. Depuis la dénonciation du régime dont il avait auparavant été l’un des piliers, à la fin de l’année 2005, l’ancien apparatchik a veillé à conserver avec le Baath, les chefs de l’armée et les cheykhs alaouites les meilleures relations possibles. Depuis le début du soulèvement populaire, il a multiplié à leur adresse les appels à “abandonner le régime pour rejoindre le peuple” (l’un de ses appels à l’armée figure ici, l’une de ses invitations aux alaouites est accessible ).

Dans un entretien au Figaro, publié le 25 janvier 2012, il affirmait : “Bachar et son clan ont d’abord distribué des fusils et des mitraillettes dans les villes et les villages peuplés par leurs compatriotes alaouites. Depuis un mois, ils ont aussi commencé à transférer les armements lourds de l’armée, par la route, vers le littoral, en les dissimulant sur les collines et les hauteurs”. Il ajoutait : “Les missiles et les armes stratégiques ont déjà intégralement été transférés. Les tanks et l’artillerie, en partie seulement, car le régime a besoin d’en garder pour assurer la répression contre les manifestants dans les villes. Bachar a également prévu d’envoyer ses avions de chasse sur l’aéroport de Lattaquié”. Et il expliquait : “Le président syrien a changé de tactique. Pendant longtemps, il a essayé d’envahir les villes et de bloquer les insurgés. Mais cela n’a pas marché. Il applique donc aujourd’hui un autre plan, qui vise à créer une guerre de religion, une guerre interconfessionnelle. Je sais qu’il y a un mois, il s’est confié à l’un de ses affidés libanais et lui a dit son intention de créer un État alaouite d’où il pourrait mener une guerre fratricide et confessionnelle. Il est désormais prêt à créer sa république personnelle. Il envisage de s’installer à Lattaquié. Je suis sûr qu’il existe suffisamment d’abris souterrains où lui et son clan pourraient se replier”.

Le 8 avril, il considérait que “la création d’un Etat des Alaouites est devenue une quasi-certitude” et il précisait qu’il “comprendrait les deux gouvernorats de Lattaquié et Tartous, sur la côte, la ville de Homs et une partie de son gouvernorat, les campagnes situées à l’ouest de Hama et le sud-ouest du gouvernorat d’Idlib”. Il y a quelques jours, le 9 juin, il adressait un “dernier message aux membres de la communauté alaouite“. Prédisant la “chute prochaine du régime”, il regrettait que “ses appels antérieurs à sauver ce qui pouvait l’être n’aient pas été entendus” et que, “au lieu de se tenir à distance des meurtres, des destructions et des pillages, les alaouites se soient laissés entraîner par Bachar Al Assad dans la guerre qu’il mène au peuple syrien”. Il s’étonnait que, “à défaut d’éprouver de la tristesse et d’exprimer leur réprobation pour les massacres commis au cours des dernières semaines, les alaouites n’aient pas compris que leur silence hypothéquait sérieusement leur avenir et qu’ils s’exposaient fatalement à des représailles sévères”. Toutefois, “il leur restait une dernière chance mais ils devaient faire vite. Ils devaient annoncer qu’ils se désolidarisaient de Bachar Al Assad et de son régime. Ils devaient appeler les alaouites exerçant au sein des forces armées à se rebeller et à rejoindre la révolution pour mettre un terme au bain de sang”.

L’observation de ce qui se déroule sur le terrain depuis le début des évènements montre que le régime n’a jamais écarté l’idée, au cas où sa situation deviendrait périlleuse à Damas, de chercher refuge dans la zone côtière. Après tout, Hafez Al Assad y avait lui-même pensé lorsqu’au plus fort de la contestation avec la société civile et les Frères Musulmans, au début des années 1980, il avait ordonné d’ouvrir, à Lattaquié, la seule succursale dans le pays de la Banque Centrale de Syrie. Les opérations menées, à l’intérieur du quadrilatère délimité par les villes de Tartous, Lattaquié, Idlib et Homs, contre les agglomérations dont les populations sont à majorité sunnite, montrent qu’elles participent d’une volonté de chasser par la terreur ou par le meurtre le plus grand nombre possible de leurs habitants. Il s’agit, à l’intérieur de la zone de repli proprement dite, qui recouvre les deux gouvernorats de la côte, de diminuer la menace constituée par la présence des sunnites  et de dégager de la place pour les alaouites et les autres fidèles du régime qui auraient besoin de s’y réfugier. Il s’agit, plus à l’Est, mais également au Sud et au Nord, de sécuriser le maximum de voies d’accès à ce futur ghetto et de lui donner, à titre préventif, la plus grande extension possible.

On comprend dans ces conditions la vigueur avec laquelle les services de sécurité ont réagi, dès les premiers jours de la contestation, au mouvement de protestation déclenché à Lattaquié, à Banias et à Jableh, le “Vendredi de la Dignité” (25 mars 2011). Il n’était nullement hostile aux alaouites. Mais il se présentait déjà comme une menace pour l’emprise du régime sur la région. On comprend également le recours aux canons de marine pour pilonner et faire fuir, au milieu du mois d’août, la population du quartier de Raml Filastini, qui, créé pour accueillir des réfugiés palestiniens, en était venu au fil du temps à héberger des déplacés sunnites en provenance du gouvernorat d’Idlib et d’ailleurs. On comprend, aujourd’hui, la violence de la répression exercée sur Al Haffeh, qui est – ou qui était jusqu’à cette opération – la principale agglomération sunnite du nord du Jebel Ansariyeh. Située sur la route de Lattaquié à Slanfeh, elle permet d’accéder à la vallée du Ghab, offrant une alternative à l’autoroute qui relie depuis quelques années Lattaquié à Alep via Jisr Al Choughour.

On comprend également, à la périphérie de la région, la nécessité de reprendre aux insurgés et de vider de sa population la ville de Tall Kalakh, seule agglomération sunnite d’importance sur la frontière séparant le Liban de la Syrie. Située à quelques kilomètres au sud de l’autoroute qui, depuis la capitale, conduit au réduit et donne accès, en provenance de Homs, au nord du Liban, elle contrôle, elle facilite ou elle entrave la circulation vers Tartous et Lattaquié. La région de Houla, et plus précisément la ville de Taldou, entre Homs et les contreforts du Jebel Hélou, contrôle la route qui, via Masiaf et Qadmous, permet d’accéder à Banias, sur la côte, à mi-chemin entre les deux gouvernorats. Quant à la ville de Homs, où la reprise et la destruction de Baba Amr désormais vidé de sa population n’ont pas mis fin aux combats, sa possession est essentielle. Qui la tient possède la clef de la Syrie centrale et est en mesure d’isoler l’une de l’autre Damas et Alep. C’est ce qui explique la disposition du régime, si l’on en croit une récente confidence d’un officier supérieur syrien, à “raser la totalité de la ville jusqu’à ses fondations”. Après tout, sa reconstruction offrira l’opportunité de réaliser le fameux “Rêve de Homs”, cher à l’ancien gouverneur Iyad Ghazal, et de sélectionner ses nouveaux habitants.

On n’affirmera pas que, en partant exercer une vengeance réelle ou supposée contre les habitants de Houla, les alaouites des villages environnants avaient conscience de travailler à la réalisation de ce plan. En revanche, on peut affirmer que, si ce n’est pas lui qui a organisé cette agression sauvage, le régime l’a laissée se dérouler sans intervenir, parce que, comme les opérations menées à l’ouest de Homs, de Hama et d’Idlib, ou dans le Jebel Al Zawiyeh, elle entrait parfaitement dans ses visées. Il a laissé faire parce qu’il avait besoin, pour prévenir les doutes et les interrogations au sein de la communauté alaouite, de ressouder sa ‘asabiyya, sa cohésion ou son esprit de corps. Or, comme Michel Seurat l’a jadis rappelé dans divers articles, qu’il est plus que jamais urgent de lire et qui sont de nouveaux accessibles  dans Syrie. L’Etat de barbarie, celle-ci ne peut s’affirmer qu’en s’opposant à une autre ‘asabiyya, en l’occurrence celle des sunnites. Le chercheur montrait en particulier, en utilisant les concepts d’Ibn Khaldoun que, “pour asseoir un pouvoir tyrannique (le mulk), un clan ou une communauté mise sur la ‘asabiyya(esprit de corps) en exploitant une “prédication” (da’wa) religieuse ou politique”, autrement dit, s’agissant des responsables syriens, en usant d’un discours de résistance à Israël et de refus des projets impérialistes… qui se suffit à lui-même et n’a pas besoin d’être traduit en actes. Or, on le constate aujourd’hui comme hier, “dans ce processus de destruction de l’espace politique, la violence constitue le “mode de fonctionnement”, le “phénomène moteur” du système.

Par un étrange paradoxe de l’Histoire, en mettant en place un refuge provisoire… qu’il pourrait rêver de pérenniser, Bachar Al Assad redonnera vie à l’Etat des Alaouites. Créé en 1920 par la puissance mandataire, plus soucieuse de pérenniser la gestion qui lui avait été confiée par la Société des Nations que d’aider la Syrie naguère sous autorité ottomane à accéder à l’indépendance et à la souveraineté, ce territoire avait été rattaché, en 1936, à l’Etat de Syrie. En cette occasion, son aïeul, Soleiman Al Assad, était sorti de l’anonymat. Redoutant que “la fin du mandat mette les minorités du pays en danger de mort et sonne la disparition des libertés de pensée et de conscience”, il avait tenté de s’opposer à ce rattachement, au détriment de l’unité de la Syrie, en cosignant avec quelques notables de la région de Lattaquié une pétition adressée à Léon Blum.

L’aspect le plus cocasse de l’affaire est que, recevant en 2005, le journaliste américain James Bennet, Bachar Al Assad a devancé la question que celui-ci envisageait de lui poser à ce propos. Montrant sans vergogne que ses moukhabaratavaient accédé à la boite de courrier électronique du journaliste, il a pris l’initiative et nié contre toute évidence, comme à son habitude, ce qu’il savait exact. Pour démontrer que son grand-père, aussi “nationaliste” que lui, ne pouvait pas avoir oeuvré en faveur de la partition, il a affirmé que celui-ci “voulait le retour de l’Etat des Alouites à la mère patrie, qui est la Syrie”. Il savait, avec ses camarades, que ”si l’on divise le pays, nous aurons des guerres. Il valait donc mieux être et vivre avec les autres”.

On constate, une fois encore, de quelle manière Bachar Al Assad met en oeuvre ses principes.

Source : http://syrie.blog.lemonde.fr/2012/06/21/le-regime-syrien-prepare-une-zone-de-repli-dans-la-montagne-alaouite/

Un christianisme pour le peuple !


par Michel Kilo

in Al-Safir (Liban), 16 juin 2012

traduit de l’arabe par Marcel Charbonnier

 

Jamais le christianisme n’a été la chasse gardée des seuls chrétiens. Avant la venue de Jésus le Nazaréen, il n’y avait pas de chrétiens, et si le Sauveur avait été celui des seuls chrétiens, son message et sa vie n’auraient pas cette valeur humaine éternelle. Il aurait été un réformateur ordinaire venu au milieu d’un peuple particulier, qui aurait ensuite repris son chemin pour aller ailleurs. Le Christ n’est pas venu apporter sa parole aux seuls chrétiens, et il n’était nullement dans son intention d’éloigner des valeurs du christianisme les non chrétiens. En effet, le Christ n’était pas destiné à un peuple ou à un groupe de croyants particuliers. Non, le Christ était, selon les termes même du Saint Coran, une « miséricorde pour le monde entier ».

Nul doute que la persécution subie par les chrétiens durant des siècles au cours desquels ils ont fait des sacrifices terribles et où ils ont vécu dans nombre de cas en secrets et pourchassés, les a contraints à voir dans leur religion un lien qui les unit et les protège, même s’ils n’ont jamais cessé de la répandre parmi ceux qui n’y adhéraient pas et même s’ils ont considéré que son succès à convaincre ces derniers était une preuve de l’élévation et de la sublimité de son message, de sa nature divine et de ses finalités salvifiques.

Les persécutions ont conduit à la cristallisation de deux aspects fondamentaux dans l’œuvre des adeptes de la religion nouvelle : le premier aspect, c’est le fait que l’unité de la famille chrétienne ne doit pas avoir pour conséquence que celle-ci se renferme sur elle-même ou à devenir incapable de s’adresser aux non-chrétiens, à leur parler et à les défendre en tant, eux aussi, que « fils de Dieu » ; quant au second aspect, c’est le fait que l’Autre (le prochain), précisément, est le but, l’objectif de tout chrétien qui se respecte, non pas parce qu’il serait chrétien comme lui, mais justement, en raison du contraire : son prochain n’est pas chrétien et il est probable que, dans bien des cas, il soit un contempteur du christianisme, et même son ennemi.

Les rivalités religieuses auxquelles se mêlaient des considérations d’intérêts séculiers qui ont marqué bien des orientations de la nouvelle religion (chrétienne) ont joué un rôle dans le renfermement sur elle-même de cette dernière et dans le fait qu’elle se soit mise à voir dans les adeptes des autres religions des « adversaires du christianisme » avec lesquels il est inutile de dialoguer et auxquels il est même inutile d’adresser la parole, et pour lesquels dans bien des cas il n’y a aucun espoir de les guérir de leurs péchés. L’effort nécessaire pour les amener à se ranger aux côtés des chrétiens ne vaut pas le bénéfice que pourrait représenter leur ralliement.

Mais c’était une époque où la politique s’imposait à l’essence du christianisme et où elle mettait celui-ci à son service, ce qui a eu pour effet d’en brouiller les vertus originelles et ses caractéristiques de clémence et d’humanité, le défigurant et le dépouillant de son contenu multiséculaire de « clémence pour le monde entier ».

Enfin, les dissensions religieuses apparues entre différents courants chrétiens et même à l’intérieur de chacun de ces courants ont joué un rôle terrible dans l’égarement des adeptes de la nouvelle religion dans des principes qui n’avaient rien de chrétien, et ils se sont mis à se traiter mutuellement d’hérétiques, se livrant à des exterminations de masse contre ceux des chrétiens qui n’étaient pas d’accord avec leur propre dogme.

Il n’est un secret pour personne que les guerres de religion qui ont opposé, en Europe, les protestants aux catholiques, ont causé la mort de plusieurs millions de chrétiens, cela au nom de la mission de Jésus le Nazaréen et pour la gloire du Seigneur. Le christianisme est donc passé par des périodes qui l’ont empêché d’être ouvert à l’ensemble de l’humanité et qui l’ont conduit à se renfermer sur lui-même, dans un premier temps, puis les courants du christianisme ont été amenés à se refermer sur eux-mêmes et au rejet des autres et des gens différents y compris chrétiens, au service des intérêts d’institutions politique apparues au début de la formation des Etats-nations et de leurs dynasties régnantes, ou afin de satisfaire les intérêts et les objectifs des chefs des institutions ecclésiales qui sont devenus à leur tour des « princes de l’Eglise » imitant en tous points les puissances séculières lorsqu’elles font de certaines personnes les princes séculiers d’institutions politiques, et de certaines autres des cardinaux dirigeant des institutions religieuses en tournant le dos à toute considération non seulement chrétienne, mais même morale, dans la plupart des cas.

Aujourd’hui, le christianisme moyen-oriental vit dans un état d’aliénation de son contexte historique et de son milieu sociologique ; il fait preuve d’une animosité ouverte à l’encontre de ceux qui sont différents, que celui-ci soit chrétien ou non, et elle pratique une sorte de racisme confessionnel qui fait du (soi disant) « chrétien » un être supérieur, au-dessus des êtres inférieurs appartenant à une autre confession ou à une autre religion que les siennes, tandis que les dirigeants de leurs églises pratiquent un alignement affiché sur une tyrannie qui ressemble à celle que Rome a exercée à l’encontre des premiers chrétiens ; ils s’allient aux caciques du pouvoir séculier, et ils excitent leurs ouailles contre ces adversaires, qui sont eux aussi chrétiens, qu’ils présentent comme des gens qui contreviendraient au christianisme et à la religion au seul motif qu’ils ne sont pas favorables au régime ou qu’ils y sont opposés et qu’ils sont entrés dans la résistance contre lui. Il n’est pas jusqu’un évêque d’une des plus grandes églises de Damas qui n’ait invité des éléments des forces (dites) de sécurité dans son église et qui ne leur ait remis des jeunes gens qui étaient venus protester contre l’alignement de son église sur le régime dans le conflit que traverse la Syrie et pour attirer son attention sur les danger du rôle personnel qu’il joue en excitant certains jeunes gens et certaines jeunes filles appartenant à son église à célébrer la mort de jeunes musulmans assassinés dans un village proche de Damas tandis qu’ils manifestaient contre le régime.

Pire, il y a même des gens qui ont reçu des lettres de menaces de la part de malfrats se qualifiant eux-mêmes de « shabbîha du Christ » (pouvez-vous imaginer jusqu’à quel degré d’abaissement en est parvenu cette église : voici que, maintenant, le Christ aurait des miliciens !), des lettres les informant qu’il en avait été décidé de leur sort et qu’ils les tueraient dès qu’ils en auraient l’occasion.

Bien que j’aie moi-même personnellement répondu avec douceur et dans un esprit de dialogue à une lettre que j’ai reçue récemment qui me menaçait de mort, celui qui l’avait écrite m’a fait savoir dans une deuxième missive qu’il me dénoncerait à la sécurité au motif que j’aurais envoyé des éléments de l’Armée syrienne libre l’assassiner, alors que je ne connais même pas le nom de ce lâche qui se donne lui-même le titre honorifique de « milicien du Christ », et en dépit du fait que je ne connais aucun membre de l’Armée syrienne libre, que je n’ai aucun rapport avec quelque arme que ce soit, ni avec un quelconque homme armé. Les chrétiens sont-ils prêts à renoncer à l’Eglise de Jésus le Nazaréen pour adopter l’Eglise des Shabbîha ?

Cette situation scandaleuse n’appelle-t-elle pas à replacer l’Eglise dans notre pays à sa juste place au sein de la communauté chrétienne et de la société syrienne, en particulier de la société musulmane syrienne, sans égard pour leur communauté (sunnite ou alaouite, ndt) ? N’avons-nous pas tous le devoir de sauver l’Eglise des menées de ceux qui voient en elle une institution de pouvoir capable de s’allier avec une dynastie royale, celle du pouvoir et de ceux qui en dépendent ?

Il ne sera pas possible de rendre l’Eglise aux chrétiens de Syrie sans la rendre à l’ensemble du peuple syrien, et avant toute chose aux musulmans, je veux dire à ceux des musulmans qui soutiennent (encore) le pouvoir, afin de les sauver de leur folie, de leur fascisme, de leur violence qui les détruisent, et aussi à ceux des musulmans qui sont contre ce pouvoir, afin de les consoler de leurs pertes, de manifester leur solidarité envers eux, de les entourer et d’alléger leurs souffrances et leur peine, de les aider à surmonter les épreuves qu’ils subissent, assassinats, chasses à l’homme, dépossession, famine, et en même temps de les empêcher de succomber à la violence et à la tentation de répliquer à la dictature en employant ses méthodes d’extermination que ne sauraient valider nulle loi, nulle religion et nulle tradition et qui n’ont pas de précédent même dans les périodes les plus noires de notre histoire obscure !

L’Eglise (syrienne) ne pourra pas être rendue au peuple, et aux chrétiens syriens à travers le peuple syrien tout entier, que si celle-ci recouvre son identité historique qui a fait que certains de ses hommes ont dû vivre cachés dans les cryptes de leurs églises durant des mois, des hommes qui ont combattu les armes à la main contre le colonisateur étranger, qui était chrétien comme eux. Une histoire qui a fait que les chrétiens ont été les partenaires des musulmans dans la culture, dans l’histoire, dans les aspirations et dans le destin et qu’ils sont partie intégrante de la même et unique société dont ils ont été les pionniers, une histoire qui a fait que les musulmans ont ouvert les portes de leurs mosquées aux chrétiens pour qu’ils puissent venir y prier et y célébrer leurs noces et leurs funérailles.

Personne, aujourd’hui, qui connaisse l’histoire de la Syrie, ne peut comprendre comment un homme de religion peut ainsi se permettre de se transformer en indicateur des services de sécurité, ni comment l’Eglise peut interdire aux gens de parler d’enfants que l’on égorge, sauf à ce qu’elle ne voit dans ces enfants autre chose que des êtres humains et qu’elle se soit mis à considérer, à l’instar de ceux qui les égorgent, qu’ils ne méritent pas de vivre, et qu’elle croient, comme ces tueurs, que ces enfants seraient appelés à devenir des terroristes, si on les laissait grandir et devenir des hommes adultes !

L’Eglise syrienne actuelle ne réussira pas à trouver des excuses à la plupart de leurs prélats et aux positions qu’ils ont adoptées, si elle persiste à se considérer comme une Eglise réservée à sa seule communauté et non comme une ecclésia, c’est-à-dire comme une assemblée du peuple, comme l’assemblée de ces opprimés exposés aux tueries ad libitum et gratuit au seul motif qu’ils réclament leurs droits d’êtres humains. De même l’Eglise ne recouvrera pas sa qualité d’Eglise du Christ si ses prêtres ne descendent pas dans les rues pour exiger non seulement la protection de la vie des musulmans, leurs frères en humanité et leurs frères dans la foi dans le même Dieu, mais aussi leurs droits et leur liberté, et pour exiger que la main de la tyrannie et des assassinats ne s’abatte plus sur eux, qu’on leur rende leur dignité, qu’ils soient traités comme des citoyens d’un pays à la construction et à la gestion duquel ils doivent participer, et non pas comme des invités chez quelqu’un ou comme des esclaves d’un pouvoir ou d’un despote.

Et l’Eglise ne recouvrera son prestige dans la société qu’à la condition qu’elle comprenne que cette société est aussi la sienne et qu’elle a à son égard des devoirs impérieux, et si elle pense que le Christ n’a racheté par son sacrifice que ce seul petit nombre de chrétiens qui croient en lui, et non pas l’ensemble de l’humanité, alors qu’il se faisait lui-même appeler « le Fils de l’Homme »,le fils de tout homme, et alors que s’il revenait auprès de nous aujourd’hui, la première chose qu’il ferait, ce serait de descendre dans la rue et de participer aux manifestations exigeant la liberté et la dignité de l’homme, et d’aller à Al-Khâlidiyyéh, à Idlib, à Ma ‘arret en-Nu‘mân, à Al-Haffé, à Salma, à Banyas, à Douma, à ‘Arbîn, à Kafar Batna, à Al-Harrâk et à Al-Musaïfirah pour participer avec leurs habitants à leur mort et à leurs souffrances et pour s’adresser à nouveau à son Seigneur sur le ton du reproche : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné (pourquoi les as-tu abandonnés) ?

Il n’acceptera certainement pas que le nonce du patriarche Luka Al-Khury, qui a livré ces cinq chrétiens et chrétiennes aux mukhâbarât, ce prêtre d’une église qui porte son saint nom, et pour l’en chasser avec la même colère avec laquelle il avait chassé les marchands du Temple !

L’Eglise syrienne ne va pas bien. Elle est tellement malade qu’elle ne perçoit plus les souffrances et les tortures subies par ceux que Jésus le Nazaréen a racheté de sa vie, et il est temps que ses prêtres se révoltent contre ses chefs et que le peuple sorte de son silence et boycotte cette Eglise car elle ne ressent même plus les souffrances et la mort des persécutés, puisqu’au contraire elle vit, satisfaite et tranquille, au milieu de la mort et de fleuves du sang de victimes innocentes. Oui, les chrétiens doivent boycotter cette Eglise jusqu’à ce qu’elle redevienne une Eglise-ecclesia pour le peuple : pour les musulmans et pour les chrétiens, car c’est sa seule raison d’être et c’est ce qu’elle doit être : l’Eglise du Seigneur, et non pas l’Eglise des chefs des services de renseignement, les (sinistres) mukhâbarât !

Source (en Arabe):

http://www.assafir.com/Article.aspx?ArticleId=1532&EditionId=2177&ChannelId=52147


Syrie : massacre à Darat Ezzat


vendredi 22 juin 2012, par La Rédaction

Les troupes syriennes ont tiré vendredi sur les manifestants anti-régime à travers le pays, en en tuant au moins neuf dans la région d’Alep, tandis que 26 partisans du président Bachar el-Assad ont péri dans une embuscade dans la province de cette ville du Nord. Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté, notamment dans la province rebelle d’Idleb au nord-ouest, pour réclamer une nouvelle fois la chute du régime qui poursuit sa guerre sans merci contre la contestation pacifique et les rebelles armés qu’il assimile à des « terroristes ».
À Moscou, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a affirmé avoir signifié à son homologue syrien que Damas devait faire « beaucoup plus » d’efforts pour mettre en oeuvre le plan de sortie de crise de Kofi Annan, désormais caduc avec l’intensification de la répression et des combats entre armée et rebelles, au prix de dizaines de morts au quotidien. Face à une situation qui se dégrade au fil des jours, l’émissaire international Kofi Annan et le chef de la mission des observateurs de l’ONU en Syrie, Robert Mood, s’expriment à Genève sur l’avenir de cette mission, dont le mandat expire le 20 juillet.
Dans la région d’Alep, à Darat Ezzat, au moins 25 personnes ont été tuées par balle et mutilées par « des groupes terroristes armés », selon la télévision officielle, qualifiant l’acte de « crime barbare ». Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), il s’agit de partisans du régime syrien qui ont été tués dans une embuscade. « Voici les chabbihas du régime d’Assad », affirme une personne filmant une vidéo de la scène, en référence aux miliciens pro-régime accusés de semer la terreur dans le pays depuis la révolte.
Toujours dans la région d’Alep, deux membres des forces de sécurité ont été tués dans une attaque rebelle. Neuf civils, dont un enfant, ont par ailleurs été tués par des tirs sur des manifestations dans la région d’Alep, deuxième ville du pays, selon l’OSDH. Huit autres civils, dont deux enfants, ont également péri dans des violences, dont un à Damas, notamment dans des bombardements et des tirs des troupes du régime à Deraa (sud) et Idleb et près de la capitale.
« Silence arabe et international en dépit des massacres et du massacre du peuple syrien », ont dénoncé des manifestants dans la province de Hassaka au nord-est. Les violences ont fauché la vie à plus de 250 personnes ces deux derniers jours. Jeudi a été « la journée la plus sanglante depuis l’instauration du cessez-le-feu, et l’une des plus sanglantes depuis le début de la révolte » le 15 mars 2011, selon Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH. Et selon cette ONG, plus de 15 000 personnes, en majorité des civils, ont péri en plus de 15 mois de révolte dans le pays.
L’escalade, notamment à Homs, a fait échouer jeudi deux tentatives du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et du Croissant-Rouge syrien pour évacuer des blessés et des civils de cette troisième ville de Syrie de nouveau pilonnée et théâtre de combats entre soldats et rebelles. Le Croissant-Rouge est en revanche toujours sur place pour tenter d’entrer dans les quartiers sensibles. Selon Abou Bilal, militant sur place, « 70 % de l’infrastructure de Homs a été détruite » et la ville est presque vidée de ses habitants.
Dans ce contexte, le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) a annoncé que plus de 1,5 million de personnes ont désormais besoin d’aide humanitaire en Syrie. « La situation humanitaire continue de se détériorer. »
Occidentaux et Russes sont à couteaux tirés sur le dossier syrien, les premiers réclamant un départ de Bachar el-Assad et des sanctions à l’ONU pour le forcer à appliquer le plan Annan et les deuxièmes, alliés du régime, rejettent toute ingérence étrangère dans ce pays. Moscou, qui semble avoir pris ses distances ces dernières semaines avec Assad, a toutefois appelé Damas « à faire plus ».
Sergueï Lavrov a cependant rappelé que la Russie n’a « pas l’intention de se justifier » face aux États-Unis sur ses livraisons d’armes à la Syrie. Le président russe, Vladimir Poutine, se rend la semaine prochaine en Israël et en Jordanie pour défendre sa position sur les crises dans la région, essentiellement syrienne. Après la première défection jeudi d’un pilote de chasse syrien qui a atterri aux commandes de son MiG-21 en Jordanie où il a obtenu l’asile politique, les États-Unis ont espéré de nouvelles désertions du genre, leur ambassadeur à Damas appelant les soldats à ne plus soutenir le régime Assad.
La France s’est félicitée de la défection, estimant qu’il a « fait le choix de la dignité et de la lutte pour la liberté face à la barbarie du régime syrien ».
L’état-major des armées turques a par ailleurs annoncé avoir perdu le contact radar avec un de ses appareils au-dessus de la Méditerranée orientale, dans un secteur proche de la Syrie. Et le Royaume-Uni a refusé d’accorder un visa au président du Comité olympique syrien, le général Mowaffak Joumaa, qui ne pourra pas assister aux Jeux de Londres de juillet-août, selon la BBC, en raison de ses liens avec le régime de Bachar el-Assad.

(22 juin 2012 – Avec les agences de presse)

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