Terrorisme : les règles d’or de la doxa


Par Bruno Guigue | le 27 mai, 2013 – 00:08

Ainsi la médiatisation du terrorisme se caractérise par son extrême variabilité, mais selon un axe qui épouse la division de la planète entre le monde d’en haut et le monde d’en bas : dans un cas, elle le condamne à l’insignifiance, dans l’autre elle le voue à l’hyperbole.

A propos de l’Auteur

Normalien, énarque, aujourd’hui professeur de philosophie, auteur de plusieurs ouvrages, dont « Aux origines du conflit israélo-arabe, l’invisible remords de l’Occident (L’Harmattan, 2002).

Si l’on s’en tient à sa définition usuelle, les choses paraissent simples : le terrorisme est l’exercice indiscriminé de la violence à l’égard de populations civiles en vue d’obtenir un résultat politique. Comme une bombe à retardement, ce terme, pourtant, est piégé d’avance. Car la doxa occidentale en fixe l’usage de façon impérative, elle en prescrit la seule signification acceptable.

Ce code de langage s’organise autour de trois règles essentielles.

La première, c’est qu’on ne peut parler de terrorisme que si ses victimes sont occidentales, c’est-à-dire nord-américaines, européennes ou israéliennes. Ceux qui, appartenant au reste de l’humanité, ne bénéficient pas de cette dignité originaire ne sauraient figurer au rang de victimes innocentes. Certes, depuis vingt ans, le terrorisme a fait beaucoup moins de victimes en Occident que dans le reste du monde. L’attentat de Boston est le premier sur le sol américain depuis 2001, tandis que le terrorisme jihadiste a tué 2 000 Pakistanais en une seule année. Mais peu importe que les autres en fassent massivement les frais : ils sont la menue monnaie de ce péril planétaire. Le déchaînement de la violence aveugle indigne d’autant plus l’opinion occidentale, en outre, qu’il semble totalement incompréhensible, dépourvu de sens. Ce qui provoque la colère, c’est moins l’évidente nocivité que l’irrationalité foncière du terrorisme.

« Après la tragédie de Boston, lit-on dans Newsweek, il est impossible de ne pas se poser les mêmes questions que celles qu’on s’est posées au lendemain du 11 septembre 2001 : jusqu’à quel point sommes-nous en sécurité dans nos foyers ? Pourquoi les Etats-Unis sont-ils si souvent pris pour cible par un si grand nombre de personnes ayant un si grand nombre de choses à nous reprocher ? Pourquoi ces gens-là nous haïssent-ils ? ». Si le terrorisme est abject, c’est parce qu’il n’a aucune raison d’être, parce qu’il est d’une scandaleuse absurdité. Et si la violence perpétrée contre l’Occident bat tous les records d’audimat, c’est en proportion d’un incalculable préjudice moral, et non du préjudice physique qu’elle entraîne : la mort administrée par une barbarie venue d’ailleurs est inqualifiable parce qu’elle est absurde, elle est innommable parce qu’elle défie les catégories de la raison.

De cette interprétation de la terreur, le traitement des attentats par les grands médias occidentaux témoigne parfaitement. Le propos journalistique se coule dans un moule dualiste, scindant docilement la planète en deux hémisphères : celui où les attentats méritent qu’on en parle et celui où ils ne sont que du menu fretin. Sur le marché mondial de la mort en direct, la valeur de la vie humaine connaît des fluctuations impressionnantes. Le temps d’antenne dévolu aux victimes accuse des variations spectaculaires selon leur nationalité. Mais surtout, la causalité supposée de ces violences ne se voit appliquer le coefficient terroriste que si les victimes relèvent du monde civilisé. La mort administrée par attentat ne s’extrait de la banalité planétaire que si les suppliciés en valent la peine : elle n’accède à la signification qu’en transgressant la loi non écrite du « zéro mort » occidental.

Les Occidentaux ne succombant que sous l’effet d’une violence injustifiable, l’imputation de responsabilité se convertit aussitôt en incrimination de la terreur. Cette ombre terrifiante, cependant, ne plane sur nos têtes que parce que la médiasphère lui prête une existence virtuelle. La réalité de la terreur est toujours une réalité d’emprunt, octroyée par la représentation qu’en forgent les médias, prisonnière de sa reproduction audiovisuelle. Parce qu’elle est captive de cet effet-miroir, seule sa visibilité planétaire, au fond, lui communique une véritable portée : un attentat dont on ne parle pas n’est pas un attentat, mais un accident qui ne touche que ses victimes, et auquel le reste du monde est absolument indifférent.

Le traitement médiatique de l’actualité du terrorisme, par conséquent, ne s’embarrasse guère de nuances. Hors d’Occident, la sélectivité des médias frappe le terrorisme d’irréalité, elle le réduit à un furtif alignement de chiffres. Privé de résonance affective, la relation des faits se colore d’une froideur statistique ayant pour effet de les condamner à l’oubli. Le Pérou et la Colombie ont été durement frappés par le terrorisme depuis deux décennies, mais qui s’en soucie ? A l’intérieur des frontières occidentales, au contraire, la partialité médiatique ambiante confère à l’événement une mystérieuse surréalité, elle l’élève au rang de drame emblématique, lui attribue une signification qui excède toujours ses circonstances immédiates. « Le XXIème siècle converge vers Boston », titre le New York Magazineau lendemain de l’attentat. Trois morts dans une cité américaine, et le sens à venir d’une histoire mondiale séculaire vient soudainement s’éclairer, il s’offre aussitôt à une interprétation qui le transcende.

Ainsi la médiatisation du terrorisme se caractérise par son extrême variabilité, mais selon un axe qui épouse la division de la planète entre le monde d’en haut et le monde d’en bas : dans un cas, elle le condamne à l’insignifiance, dans l’autre elle le voue à l’hyperbole. Et l’Occident a beau se réclamer de valeurs universelles, l’intérêt des médias dominants est toujours proportionnel au PIB par habitant. En ce sens, les médias ne sont jamais extérieurs à ce qu’ils relatent, étrangers aux images qu’ils diffusent : ils sont l’événement lui-même, ils le forgent avec leurs propres armes.

Corollaire de la première, la deuxième règle stipule que les terroristes, en revanche, sont nécessairement non occidentaux : si ses victimes sont nôtres, le terrorisme, lui, est toujours celui des autres.Que les puissances occidentales y recourent, et ce terrorisme inavouable en perd aussitôt les attributs : il est lavé, comme par enchantement, de cette marque d’infamie. Que le premier détournement d’avion de l’histoire ait été réalisé par l’armée française au détriment des chefs du FLN algérien, en 1956, n’a jamais valu à la patrie des droits de l’homme cette appellation infamante.

Dans cette perspective, le terrorisme n’est pas un mode opératoire, c’est une qualité intrinsèque : on n’est pas terroriste parce qu’on martyrise des populations civiles, mais par essence ; on ne le devient pas par ses actes, on l’est en raison de ses origines, de façon congénitale. Ainsi les bombardements meurtriers de Grozny ou de Gaza échappent à cette qualification, alors même qu’ils répondent parfaitement à la définition du terrorisme, puisque leurs commanditaires civilisés sont exonérés par essence de toute compromission avec la barbarie qui les entoure.

Supercherie supplémentaire, cette violence d’Etat à grande échelle est justifiée, en effet, comme une réaction de l’occupant à la sauvagerie de l’occupé : la légitime défense des forts répondrait, nous dit-on, au fanatisme meurtrier des faibles. Toute action armée, du moment qu’elle atteint des Occidentaux, se réduit donc au terrorisme d’une façon ou d’une autre, y compris lorsqu’elle frappe des cibles militaires. Les actes de résistance à l’occupation étrangère se voient attribuer, invariablement, cette appellation infamante : toute puissance occupante traite immanquablement les résistants de terroristes.

Ce qui valait pour l’Europe occupée durant la seconde guerre mondiale vaut aujourd’hui pour les territoires palestiniens ou tchétchènes. Expert en la matière, le général de Gaulle ne s’y était pas trompé, déclarant lors de sa conférence de presse de novembre 1967 qu’ « Israël organise, dans les territoires qu’il a pris, l’occupation qui ne peut aller sans oppression, répression, expulsions, et il s’y manifeste contre lui la résistance qu’il qualifie de terrorisme ». En invoquant une prétendue consécution logique (comme si le terrorisme des faibles précédait l’antiterrorisme des forts), l’autojustification de la répression prend donc la cause pour l’effet.

De l’imposition de cette deuxième règle, on peut d’ores et déjà tirer deux leçons. La première, c’est que l’usage du terme de terrorisme se voit frappé d’un interdit lorsque la violence exercée contre les civils atteint un seuil critique. Plus le nombre des victimes est élevé, moins la qualification de terroriste semble s’imposer : cette règle quantitative vaut donc absolution du meurtre de masse, l’accusation de terrorisme ne valant que pour le meurtre de détail. La seconde leçon, c’est que l’Etat n’est jamais coupable de terrorisme. Aucune instance internationale, par exemple, n’ose qualifier de « terrorisme d’Etat » un bombardement délibéré de zones habitées. Tout se passe, au contraire, comme si la réprobation morale était inversement proportionnelle à l’ampleur du préjudice, du moment qu’une grande puissance défend ses intérêts en faisant usage des armes.

Impliquée par les deux précédentes, la troisième règle, enfin, exige de laisser dans l’ombre la genèse historique du terrorisme jihadiste.Rempart contre l’influence soviétique, antidote au nationalisme arabe, opportun concurrent de la subversion chiite : les stratèges de la CIA, en effet, ont prêté au jihadisme toutes les vertus. En diluant la nation arabe au sein d’un ensemble plus vaste, le panislamisme promu par les Saoudiens avait pour vertu de neutraliser le nationalisme arabe, laïc et socialisant. Et l’alliance avec une Arabie Saoudite conservatrice sur le plan intérieur et docile sur le plan extérieur constitua, outre l’osmose avec Israël, le véritable pivot de la politique américaine.

Durant une décennie, Washington versa 600 millions de dollars par an aux adeptes du jihad antisoviétique. Mais le paradoxe est que l’Amérique, au lendemain de l’effondrement russe, persista dans son appui politique et financier à la guérilla afghane. Son éclatante victoire sur l’Armée rouge auréola le jihadisme combattant d’une réputation d’efficacité qui incita Washington à le manipuler à son profit. Au nom de la lutte contre l’Union Soviétique, les Etats-Unis ont systématiquement favorisé les organisations les plus radicales. Prompte à toutes les manipulations, la CIA a ainsi fini par enfanter des monstres dont elle se révéla incapable d’apprécier le véritable danger.

Alors qu’elle échafaudait d’audacieuses combinaisons entre les factions afghanes, elle ne vit rien venir de la menace qui s’abattit sur le cœur de l’Amérique le 11 septembre 2001. En somme, les Etats-Unis ont péché par excès de confiance dans la toute-puissance du dollar. Fort de ses ramifications internationales, ce jihadisme combattant, qui s’est nourri de violence extrême avec leur bénédiction, n’avait plus besoin d’eux.Inavouable, la genèse d’Al-Qaida n’est donc un mystère pour personne : elle fut l’effet combiné de l’obsession antisoviétique des Etats-Unis et de la frayeur saoudienne devant la percée khomeyniste.

Ainsi le discours occidental sur la terreur se paie d’une triple supercherie : il implique, à la fois, une restriction géographique de son objet, une imputation exclusive de sa causalité et une rigoureuse omerta sur ses origines. Cette sémantique du terrorisme disculpe l’Occident de toute responsabilité, tout en conviant des masses apeurées à serrer les rangs avec angoisse autour de leurs dirigeants. Pour conférer au discours sur la terreur son effet maximum, elle en circonscrit la signification au prix d’un véritable subterfuge. Elle est obtenue, en effet, par un pur effet de langage : il suffit d’imputer les forfaits du terrorisme aux dépositaires honnis d’une altérité radicale, d’en repousser l’origine au dehors des frontières de la civilisation.

Mais, en lui conférant une signification faussement univoque, ce discours lui attribue aussi un second caractère, tout aussi invraisemblable. Le terrorisme, en effet, n’est pas seulement une menace que définit son extériorité absolue au monde civilisé. Cette barbarie venue d’ailleurs a aussi la capacité de s’exercer à tout instant : comme si elle était douée d’ubiquité, elle pèse constamment sur nos têtes. Or c’est exactement ce que prétend la propagande d’Al-Qaida : non seulement elle voue à la destruction le monde des infidèles et des apostats, mais l’appel au jihad global entend transformer la planète en champ de bataille. En se projetant dans l’universalité du cyberespace, il se donne l’apparence troublante d’une menace qui occupe magiquement toutes les dimensions de l’espace et du temps.

Frère jumeau de la rhétorique du jihad mondialisé, le mythe de la terreur planétaire acquiert, de ce fait, une portée sans précédent. Son influence est si profonde que son évocation suffit à souder le monde occidental dans un rejet horrifié. Parmi les oripeaux dont il couvre ses ambitions, le discours sur la terreur fournit par conséquent l’habillage le plus commode. De la guerre d’Afghanistan à celle du Mali, il permet de persuader l’opinion occidentale qu’elle est dans son droit lorsqu’elle approuve la guerre chez les autres. Il l’immunise contre le doute sur les moyens employés et lui offre à peu de frais une garantie de bonne conscience.

Toute menace, réelle ou imaginaire, provoquant une réaction instinctive, le discours sur la terreur se pare toujours des vertus du réalisme, y compris lorsqu’il agite des fantômes. Puisque le péril est à la fois impalpable et pérenne, il menace tout un chacun de son invisible omniprésence. Il est partout et nulle part, prêt à fondre sur un monde abhorré qu’il rêve d’anéantir. L’ubiquité imaginaire du péril terroriste est ainsi le postulat commun à l’incantation jihadiste et à la propagande occidentale : il exerce de part et d’autre la même fonction obsessionnelle, justificatrice d’un combat sans fin et sans merci.

(Oumma)

« D’ORIGINE ALGERIENNE »


par K. Selim – Le Quotidien d’Oran – Éditorial – 23 mars 2012

L’insistance des médias français à mettre en évidence « l’origine algérienne » du tueur présumé de Toulouse n’est pas marquée seulement du pur souci d’informer dans le détail. Cela semble obéir davantage à une volonté de marquer une altérité fondamentale, «l’origine algérienne» de l’auteur présumé des tueries l’emportant sur sa nationalité française, l’abolissant même. C’est un « autre » qui a commis le crime, un « étranger », pas un Français.

Le fait que les premières victimes, des militaires français ayant la même origine maghrébine que lui, est quasiment insignifiant. Un jeune de 24 ans né en France, de nationalité française, reste ainsi marqué et identifié, cinquante ans après l’indépendance de l’Algérie, par ses lointaines origines et surtout par sa religion. Des tueurs fous qui invoquent des idéologies de toutes sortes ou le simple plaisir pour commettre des carnages, on en connaît de la Norvège aux Etats-Unis. Et ils sont de toutes les couleurs et de toutes les confessions.

Cette «origine algérienne», martelée comme une sorte d’empreinte génétique et ethnique du crime, est d’autant plus insupportable que dans tout l’échiquier politique français qui attend la levée de la fausse trêve électorale, on n’arrête pas de ressasser qu’il faut éviter l’amalgame. Il est pourtant déjà là. Dans cette manière puissamment suggestive de servir l’information sur un délinquant à la dérive, comme il en existe par centaines dans les banlieues de l’ennui de France ou d’ailleurs.

Sur Facebook, en réaction à cette insidieuse « externalisation » hors de la nation française du présumé tueur, quelqu’un a suggéré « d’écrire de manière systématique : Nicolas Sarkozy, le président français d’origine hongroise. Jusqu’à ce qu’on y réfléchisse à deux fois avant de présenter telle ou telle personne comme étant d’origine maghrébine ».

De fait, de nombreux Français « d’origine » maghrébine se retrouvent aujourd’hui avec le même sentiment qui les avait envahis après les attentats du 11 septembre 2001, où parfois des amis qui les connaissaient de longue date les appelaient pour leur hurler «pourquoi vous avez fait cela !». Même quand on appelle à ne pas mettre les musulmans «à l’index», on n’en pense pas moins… qu’ils sont tous « quelque part » comptables du crime que d’autres musulmans commettent. Et pourtant, personne n’a songé qu’il puisse exister un quelconque gène du crime ou une quelconque responsabilité de l’ensemble des Norvégiens après le carnage commis par l’un d’eux. Et cela aurait été absurde.

Cependant, les « musulmans » de France, notion très élastique, sont présumés responsables des actes commis par un jeune délinquant djihadiste délirant. Le climat électoral – où le halal a servi d’argument dans une concurrence odieuse entre la droite et l’extrême droite – mettait déjà les musulmans de France dans une posture défensive. Avec cette terrible affaire, et malgré le discours anti-amalgame, les musulmans de France risquent de se retrouver dans la posture de l’accusé.

http://www.lequotidien-oran.com/?news=5166029

Fusillade de Toulouse : Catherine Ashton fait un parallèle avec Gaza


Enfants de Syrie pleurant la mort d'un petit

La chef de la diplomatie de l’UE, Catherine Ashton, a dressé un parallèle lundi entre l’assassinat de trois enfants et de leur professeur dans une école juive de Toulouse, dans le sud-ouest de la France, et les jeunes de Gaza ou de Syrie. « Quand nous pensons à ce qui s’est passé aujourd’hui à Toulouse, quand nous nous souvenons de ce qui s’est passé en Norvège il y a un an, quand nous savons ce qui se passe en Syrie, quand nous voyons ce qui se passe à Gaza et dans différentes parties du monde, nous pensons aux jeunes et aux enfants qui perdent leur vie », a dit Catherine Ashton en marge d’une réunion sur la jeunesse palestinienne à Bruxelles.

« C’est à (ces jeunes) que je veux rendre hommage », a-t-elle ajouté en évoquant aussi « les enfants belges qui ont perdu la vie dans une terrible tragédie » lors d’un accident d’autocar en Suisse la semaine dernière. Catherie Ashton a rendu hommage aux jeunes Palestiniens qui « contre toute attente, continuent à apprendre, à travailler, à rêver et aspirent à un meilleur avenir ». Un tireur, arrivé à moto ou à scooter, a tué un professeur de religion de 30 ans, ses enfants de 3 et 6 ans, et la fille de 10 ans du directeur d’un collège-lycée juif de Toulouse, avant de prendre la fuite. La fusillade a aussi fait un blessé grave, un adolescent de 17 ans, selon le procureur de la République de cette ville française.

Il s’agit de la première attaque antisémite de cette ampleur depuis 30 ans en France.

source

SYRIE : au cœur du piège de Homs


Gilles Jacquier
«Nous voulons que l’armée syrienne nous protège des terroristes.» Un slogan brandi par des partisans de l’armée à Homs.
Photo Caroline Poiron

 

Par PATRICK VALLÉLIANSID AHMED – Mis en ligne le 18.01.2012 à 11:57


TÉMOIGNAGES. Qui a tué Gilles Jacquier, le grand reporter de France 2, mercredi 11 janvier à Homs, en Syrie? Notre envoyé spécial et son confrère de «La Liberté» étaient à ses côtés tout au long de ce séjour. Ils racontent les derniers jours et le piège dans lequel ils sont tombés.

Boum. Une détonation puissante secoue le quartier alaouite de New Akrama, à deux pas de l’Université de Homs. Il est 15 h 20 en ce mercredi 11 janvier. Notre minivan noir où nous nous trouvons avec Christophe Kenck, le cameraman de France 2 qui s’est assis à l’avant, Gilles Jacquier, grand reporter pour l’émission Envoyé spécial, son épouse Caroline Poiron, photographe indépendante ainsi que leur fixeuse Mireille, est bloqué par une manifestation de partisans du président Bachar el-Assad. En face, une quarantaine de jeunes, essentiellement des hommes, surexcités, chantent leur amour du régime et brandissent des pancartes en anglais et en arabe pour saluer l’armée syrienne.

Faux bond. Ils ont déboulé sur notre véhicule quelques minutes plus tôt. Sortant de nulle part, alors que nous étions stationnés à proximité d’un jardin et d’un petit parc d’attraction plein d’enfants, et que nous attendions l’équipe de la télévision flamande VRT. Elle nous avait fait faux bond quelques minutes auparavant lors d’une première halte dans un giratoire. Embarquée par des pro-Bachar et des hommes de la sécurité en civil, elle nous rejoint à pied en longeant la rue Al Hadara, civilisation en français. Curieusement, une équipe de la télévision officielle syrienne la filme lorsque nous la retrouvons.

Dans la voiture que nous partageons avec l’équipe française, nous nous interrogeons. Nous ne savons pas ce que les Belges fabriquent. Mireille descend alors pour leur dire de retourner vers leur véhicule afin de poursuivre notre chemin vers l’hôpital de la ville, qui, autre étonnement, se situe à l’opposé de notre position, soit au nord de cette cité d’un million d’habitants. Une ville dont certains quartiers, depuis plusieurs mois, échappent au contrôle du régime de Damas et qui sont tenus désormais par l’Armée syrienne libre (ASL).

Scénario de film d’horreur. Nous n’aurons jamais l’occasion de mettre les pieds à l’hôpital. Le cauchemar commence. Comme le scénario d’un film d’horreur qui coûtera la vie à Gilles Jacquier, un des journalistes les plus titrés de France et un reporter de guerre très expérimenté. Au moment où l’explosion retentit, des civils ouvrent les portes de notre véhicule, nous incitant à aller voir le point d’impact. Christophe Kenck hésite, mais Gilles et Mireille sont déjà sur les pas de la télévision belge qui a pris de l’avance. Nous restons en arrière. Aucune raison de se précipiter. Nous préférons observer tout en nous éloignant du véhicule, potentielle cible. Autour de nous, la sécurité, dense quelques minutes plus tôt, s’est évanouie.

Ne reste avec nous qu’un militaire armé, un chabiha, un milicien pro-Bachar avec sa kalachnikov, et un jeune avec un pull blanc, excité, qui nous pousse à aller vers le jardin qui mène à une école, à une soixantaine de mètres sur notre droite. Il reviendra plusieurs fois à la charge. Nous refusons tout en remontant prudemment la rue. Quasiment vide. Quelques dizaines de secondes plus tard, une autre explosion retentit à quelques dizaines de mètres de nous et nous souffle. Nous plongeons à terre. Sans dommages, mais sonnés. Estce un obus de mortier? Une grenade? Un RPG? Ou alors une bombe actionnée à distance et placée dans le jardin pour nous tuer?

Surprenante nonchalance. Nous n’en savons rien, mais nous comprenons que la visite organisée pour notre groupe d’une quinzaine de journalistes étrangers s’est transformée en piège. Nous rebroussons chemin sans attendre tout en laissant nos caméras tourner sans arrêt. Sur les toits, nous voyons des hommes bouger. Des snipers? Dans le doute, nous collons aux basques du militaire qui continue à nous inciter à remonter vers le lieu du premier impact, là où Gilles Jacquier se trouve avec sa femme Caroline et les autres journalistes.

«Ce n’est rien. Ce sont des bombes sonores», dit-il en souriant. Les rares hommes de la sécurité restés à notre hauteur nous surprennent par leur nonchalance. L’un d’eux rit. Un autre plaisante. Ils sont étrangement calmes alors que des étrangers sont en danger. Ils prennent même le temps de discuter avec le jeune homme, au pull blanc, qui continue à nous pousser à aller vers le danger. Au moment de la troisième et de la quatrième explosion, nous sommes encore plus en retrait, au carrefour. Notre chauffeur, apeuré, a reçu l’ordre des militaires de quitter la zone, sans nous, et de retourner à l’hôtel. Nous le sommons de rester et de nous aider à aller récupérer nos amis français dont nous n’avons plus de nouvelles et que nous n’arrivons pas à atteindre sur leur portable.

Soudain, une ambulance et des taxis emmenant des victimes passent bruyamment devant nous. Un militaire nous indique le chemin de l’hôpital. Et comme par enchantement, après quatre détonations, le trafic, bloqué, reprend normalement. Plus aucune explosion ne se fera entendre de la soirée. De notre côté, nous retrouvons Christophe au dispensaire Al Nahda, un établissement caritatif pour soigner les pauvres. «Gilles est mort», nous dit-il, en pleurs avant de tomber dans nos bras. C’est le chaos dans cet hôpital de campagne. Il y a des hommes en armes des services de renseignements, des policiers, des militaires, des civils. Partout du sang. Des cris. Et beaucoup viennent vers nous en disant. «Regardez les effets des obus de la liberté.» Ceux que l’Occident offrirait aux insurgés qui sont tout de suite pointés du doigt dans le drame dont nous sommes devenus les acteurs. Nous montons rapidement à l’étage où se trouve Caroline, seule, accrochée au corps de Gilles, couché sur un lit. Seule une couverture le recouvre. Aucune trace de sang. Il semble presque endormi. Encore chaud.

Jeune martyr. Bizarrement, le reporter de France 2 partage la même petite chambre qu’une autre victime dont le frère pleure. Autour de lui, une vingtaine de personnes qui se presse. Qui crie. Deux équipes de télévision syriennes (Al Sourya et Al Dounia) sont déjà sur place et filment le jeune martyr. Elles braquent leur caméra sur Gilles. Caroline s’y oppose en les menaçant de poursuites judiciaires si une image sort alors que Sid Ahmed Hammouche, arabophone, supplie le médecin de faire partir les journalistes et de nous mettre une chambre à disposition pour faire le deuil de notre ami dans la sérénité.

Notre crainte: que les médias syriens instrumentalisent politiquement les images de Gilles sur son lit de mort en expliquant qu’il est le premier Français victime du terrorisme en Syrie. Après de longues minutes de négociations, le corps de notre ami est transporté sans ménagement dans une chambre où nous allons nous enfermer durant plus de dix heures.

Nous n’avons dès lors plus qu’un seul objectif, éviter que les autorités syriennes ne prennent son corps pour une autopsie et fassent ainsi disparaître des preuves. Effondrée, Caroline va alors veiller son mari. Calme. Christophe Kenck donne l’alerte à France télévisions, Patrick Vallélian aux autorités françaises et suisses tout en pesant de tout son corps contre la porte pour repousser les assauts des médias et des autorités locales. Sid Ahmed Hammouche, de son côté, parlemente et gagne du temps jusqu’à l’arrivée d’Eric Chevallier, l’ambassadeur français en poste à Damas.

Gagner du temps. Nous annonçons aux officiels syriens qui défilent, notamment le médecin légiste, le procureur général de Homs, le vice-gouverneur ou un général de la police, que l’«affaire» est désormais entre les mains de Paris et de Damas. Nous nous battons pour qu’il n’y ait pas d’autopsie, pour que Caroline n’ait pas à parler sans la présence du représentant de la France à Damas à la justice syrienne et que les médias ne puissent pas filmer le corps.

Pour gagner du temps, nous faisons croire à Soulaiman Fayez, le vice-gouverneur de Homs, qu’il est en direct sur France télévisions alors que Guilaine Chenu, la patronne d’Envoyé spécial et cheffe de Gilles, est au bout du fil. Nous utiliserons le même subterfuge avec le procureur général en lui passant l’ambassadeur français. Le message est clair: personne ne touche au corps de Gilles tant que les autorités françaises ne sont pas là.

Nous déjouons les pièges les uns après les autres. Du faux médecin à la fausse infirmière… A plusieurs reprises, des hommes en armes reviennent à la charge en nous proposant de transporter le corps à Damas ou de l’autopsier en notre présence avec l’autorisation de sa femme. Plusieurs fois, on nous demande de confirmer que nous avons bien été attaqués par des terroristes. Last but not least, deux observateurs de la Ligue arabe vont faire leur apparition pour venir «constater le décès», nous disent-ils. Nous leur demandons alors de rester devant la porte pour nous protéger et d’attendre l’arrivée de l’ambassadeur, en route malgré le couvre- feu sur Homs, pour nous sortir de cette chambre de 20 m2. Leur réponse: «Nous ne pouvons pas. Nous devons aller manger à l’hôtel.»

Au moment où Eric Chevallier débarque, vers 21 h 30, avec une équipe de sécurité afin de nous évacuer, l’ambiance est lourde. Des tirs retentissent près de l’hôpital où une foule s’est massée pour scander des slogans hostiles à la France.

«Attendez-vous à ce que les négociations pour rapatrier le corps durent encore», nous avertit l’ambassadeur qui trouve un compromis. Le corps de Gilles sera examiné, passé aux rayons X et photographié avant d’être rendu à sa femme qui doit encore répondre aux questions du procureur. «No comment», lui dit-elle à chaque fois alors que d’autres tentent de nous questionner et que les médias sont toujours à l’affût.

Slogans anti-français. Le départ de l’hôpital est tendu. Des dizaines de personnes en armes se pressent dans les couloirs et à l’entrée. Sous la protection des hommes de la sécurité française, nous dévalons les escaliers des trois étages au pas de charge. Dehors, les manifestants pro-Bachar, dont certains tiennent des bougies, continuent à scander des slogans anti-français et dénoncent le terrorisme. Ils reprennent en chœur le message de leur président qui a affirmé le jour précédent à la TV que son pays ne fait pas face à une révolution mais à des attaques terroristes.

Nous montons dans les véhicules blindés. Direction Damas. Une ambulance transporte le corps de Gilles, mais dernière surprise. Les hommes de la sécurité syrienne qui ouvrent le convoi nous orientent vers le pont de Bab Amro, âprement disputé entre les insurgés et les forces régulières. Sans la vigilance du chauffeur de l’ambassadeur, le pire était peut-être encore à venir… Le lendemain soir, nous quittons Damas dans un vol affrété par France télévisions. Nous atterrissons à Paris dans la nuit avec la dépouille de Gilles. Le patron de la télévision publique Rémy Pflimlin et le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand nous accueillent et nous remercient. «Vous étiez dans votre rôle de Suisses. Vous avez toujours été au secours de l’humanité», sourit le ministre comme pour s’échapper de l’ambiance lourde qui règne dans les salons d’honneur de l’aéroport du Bourget. Emus, nous restons murés dans notre silence.

Paris. Retour à la case départ. Là où nous avons embarqué avec l’équipe d’Envoyé spécial le samedi 7 janvier sur le vol Air France Amman-Damas. Nous arrivons ensemble vers 21 h dans la capitale syrienne, mais nous devons attendre plus de deux heures à la douane où les formalités d’entrée traînent en longueur. Nous devons contacter à plusieurs reprises Mère Agnès-Mariam de la Croix. C’est cette religieuse chrétienne franco-libano-palestinosyrienne qui nous a invités et qui a organisé ce voyage de presse autorisé par les autorités syriennes et sous leur responsabilité.

FAUT-IL VOIR LA MORT DE GILLES JACQUIER COMME UN MEURTRE D’ÉTAT?

Première surprise: nous n’aurons un visa que de quatre jours. Mère Agnès, très à l’aise au milieu des services de sécurité syriens, relativise et promet que notre séjour ne sera pas semé d’embûches et que nous serons libres de nos mouvements, de nos sujets et de nos rencontres «afin de démonter la propagande des médias occidentaux». La propagande «Goebbels-Atlantique», selon ses propres mots. Nous prenons une chambre au Fardoss Tower Hotel, au centre de Damas, au même étage que l’équipe française dont nous partageons désormais le destin.

Balayée par un froid glacial, la capitale syrienne est plutôt paisible alors que le pays sombre dans une guerre civile meurtrière qui a débuté en mars dernier. La sécurité est néanmoins omniprésente et la moindre manifestation des révolutionnaires est réprimée dans le sang. La méfiance règne. Et nous devons redoubler de prudence pour rencontrer nos sources. Et même les personnalités du régime, autrefois relativement libres de s’exprimer, sont désormais sous surveillance et se taisent. Preuve que le système Bachar vacille. Preuve qu’il se radicalise. Preuve qu’il est prêt à tout. Même à sacrifier les siens.

Or, très rapidement des tensions apparaissent entre Gilles et Mère Agnès, puis entre cette dernière et Patrick Vallélian, puis avec le reste du groupe qui ne cessait de grossir au fil des jours avec l’arrivée de journalistes belges, hollandais et français.

Cerbère imposé. L’équipe d’Envoyé spécial voulait rester à Damas alors que les autres voulaient sortir de la capitale. Autre problème: Mère Agnès avait imposé un cerbère à Gilles en la personne de Mireille. Officiellement, cette jeune Libanaise devait jouer la traductrice. Mais parfois, elle se comportait comme un petit soldat au service de la religieuse et des Syriens, nous interdisant certains déplacements «pour des raisons de sécurité» et nous questionnant sur nos rencontres. Elle se montre très agressive avec nous, notamment parce que Sid Ahmed Hammouche parle l’arabe. Méfiance, méfiance…

Puis, les promesses de la religieuse tombent les unes après les autres. Nous étions censés être libres. Nous découvrons que nous devons rester en groupe et qu’il faut recevoir des feux verts du Ministère de l’information pour se déplacer sans jamais pouvoir rencontrer leurs responsables. Seuls les Libanais du groupe, soit Mireille, Mère Agnès et Joseph Eid, un photographe de l’AFP qui nous accompagne, peuvent y accéder. Ils ne cachent pas leur sympathie pour le pouvoir.

Nous devons rencontrer le ministre des Affaires étrangères. Ce sera uniquement son porte-parole. Nous rencontrons aussi un autre groupe de journalistes, plus militants que journalistes à vrai dire, formés de politologues polonais, d’une envoyée spéciale de Russia Today, de nationalité britannique, qui prétend aujourd’hui à tort sur la chaîne iranienne PressTV nous avoir accompagnés à Homs et qui témoigne sur les circonstances de la mort de Gilles Jacquier – elle n’était tout simplement pas du voyage –, ou encore Boris V. Dolgov, un orientaliste russe qui affirme dans les médias moscovites que le reporter français était un agent des services de son pays. Nous ne sommes pas au bout de nos surprises avec la religieuse qui semble fâchée avec la vérité.

Alors qu’elle nous a mis la pression pour aller à Homs «en groupe» et qu’elle a menacé Gilles d’expulsion s’il ne suivait pas le programme, elle affirme aujourd’hui qu’elle n’était pas responsable de nous et qu’elle n’a joué que le rôle de facilitatrice pour notre reportage en Syrie. Pour notre sécurité, elle nous aurait même conseillé de prendre des gilets par-balle pour nous rendre à Homs et de ne pas traîner dans la ville après 15 h. Des paroles que nous n’avons jamais entendues…

Autre information intrigante: la religieuse ne nous a pas parlé d’un bus affrété de Damas par le ministre de l’Information syrien qui est arrivé à 9 h 30 à Homs avec, entre autres, les équipes de CNN et BBC à son bord. A ce moment-là, Joseph et Mireille se trouvent dans les bureaux de ce même ministère pour établir nos autorisations de voyage. Nous ne partirons finalement qu’à midi, retardés par un embouteillage monstre devant notre hôtel et une équipe de télévision belge encore une fois à la traîne.

Prudence helvétique. Ce qui va nous sauver, c’est notre prudence typiquement helvétique et notre méfiance lors de notre arrivée une heure et demie plus tard à l’hôtel As Safir, à Homs, et surtout la nervosité de Sid Ahmed Hammouche qui revoit des scènes de la récente guerre civile en Algérie. Une guerre qu’il a largement couverte. Nous sommes accueillis à la descente du minivan par une quarantaine de militaires, de civils armés et d’agents de renseignement qui nous dévisagent. «Laquelle est l’équipe de télévision française», demande l’un d’eux à Sid Ahmed Hammouche. Nous croiserons plus tard beaucoup de ces visages sur la scène du crime.

Nous décidons alors de filmer un maximum avec nos appareils photo. Comme pour nous protéger. Et aujourd’hui, en regardant ces films, nous nous rendons compte que les personnes qui ont amené Gilles sur le lieu où il va mourir sont les mêmes qui vont le transporter au dispensaire Al Nahda. Ce sont elles aussi qui lui volent son sac à dos en l’installant dans le taxi tout en tentant d’empêcher Caroline de l’accompagner. Un sac qui vaut de l’or puisque Gilles y gardait ses contacts en Syrie.

Quant aux circonstances de la mort du grand reporter, elles restent mystérieuses. Rien ne dit en effet qu’il ait été tué par un tir de mortier.

Circonstances mystérieuses. Les circonstances du décès du grand reporter restent mystérieuses. Rien ne dit en effet qu’il a été victime d’un tir direct de mortier, le corps étant resté intact avec quelques impacts ronds visibles sur son cœur. Des impacts incompatibles avec une mort par grenade ou mortier. At- on utilisé d’autres armes contre Gilles Jacquier? Etait-il la cible finalement. Faut-il voir sa mort comme un meurtre d’Etat? Une bavure de l’ASL qui a passé le plus clair de son temps à défendre ses positions dans ses quartiers cernés par l’armée? Ou alors s’agit-il d’un attentat d’un groupuscule salafiste incontrôlable?

Damas n’a en tout cas pas attendu le résultat de l’enquête qu’elle a ouverte pour dénoncer une attaque terroriste. Une thèse qui l’arrange pour fermer de nouveau son pays aux médias étrangers. Une thèse en tout relayée par les agences syriennes, mais aussi par les journalistes locaux nombreux autour de nous, sur les lieux du drame et à l’hôpital.

Un reporter étranger, présent dans le bus du Ministère de l’information qui a quitté précipitamment New Akrama dix minutes avant notre arrivée prétextant l’insécurité dans les rues de Homs, nous confirme avoir été informé quasi instantanément du drame alors que nous ne savons rien, nous qui nous trouvons à 150 mètres de la scène. Comme si le scénario de la mort de Gilles Jacquier était écrit d’avance.

Et qui lui donne ces informations par téléphone? Mère Agnès, qui ne nous a pas accompagnés à Homs ce jour-là prétextant être en danger de mort à Homs et qui téléphone à Patrick Vallélian vers 17 h 30 pour lui demander ce qui s’est passé. Lui ne lui répond pas.

Elle débarque finalement quelques minutes avant l’arrivée de l’ambassadeur à l’hôpital. En pleurant. Pour éviter un incident diplomatique, nous la laissons entrer dans la chambre de Gilles. Mais nous ne la laissons pas parler à Caroline, de peur que cette dernière n’explose. Pour nous, à ce moment-là, il est évident que nous sommes tombés dans un piège. Et que la religieuse fait partie du scénario de cette opération machiavélique.

Les interrogations se bousculent dans notre tête. Des questions que se pose également la justice française après avoir ouvert une enquête pour homicide volontaire. Où sont passés les hommes qui étaient censés assurer la sécurité de notre convoi de journalistes étrangers à Homs? Pourquoi ces hommes ne nous ont pas mis à l’abri et évacué vers une zone sûre? Pourquoi n’avons-nous pas suivi le programme qui était d’aller de notre hôtel à l’hôpital? Pourquoi les explosions ciblaient soudain le quartier où nous venions d’arriver? Qui pouvait savoir, en dehors des autorités, qu’une délégation de journalistes était sur place? Pourquoi le bus du Ministère de l’information, qui affichait un gros panneau «press» sur sa vitre avant, n’a-til pas été pris pour cible lui aussi, lui qui n’était accompagné que par une voiture de police selon les dires d’un journaliste présent?

Pourquoi les autorités interdisent aux journalistes du bus de rester à Homs après 15 h et nous laissent nous promener à cette heure-là? Pourquoi notre véhicule a-t-il été bloqué par ceux de la sécurité et par cette manifestation pro-Bachar quelques minutes avant la mort de Gilles? Comment expliquer la présence de gens en civil qui nous incitent à nous rendre là où ont lieu les explosions? Sur les images de la télévision belge, un de ces jeunes annonce même la déflagration devant la maison avant qu’elle ait lieu. Pourquoi un autre nous incite à aller vers l’école avant la détonation? Comment expliquer que la circulation reprenne après la quatrième explosion? Quel est le rôle de Mère Agnès qui dit être aujourd’hui en danger?

Une chose est sûre en revanche, nous avons fait confiance aux autorités syriennes pour nous protéger et nous laisser faire notre travail de témoins, même si nous connaissons les limites du journalisme embarqué. Nous le regrettons amèrement. Et nous pleurons un brillant confrère, un ami aussi qui laisse derrière lui une femme courageuse et des enfants.

La peur sur les visages. Or il était nécessaire, à notre avis, d’aller dans cette Syrie verrouillée et paranoïaque, gérée par un régime dictatorial. Pour témoigner. Pour donner la parole également aux courageux opposants qui ont pris le risque de nous rencontrer. Et pour lire la peur sur les visages et lire les messages de ces millions de Syriens qui parlent avec les yeux. Oui, dans ce pays, les yeux parlent, comme l’avait remarqué Gilles lors de notre dernière soirée à Damas dans un immense café. Il s’amusait de constater que le jour où leur président leur avait promis la démocratie, l’amnistie et un avenir meilleur, les fumeurs de chicha, les joueurs de cartes et de badgamon étaient restés murés dans leur silence de quarante ans. Ils connaissent très bien ce régime vicieux. A bout de souffle.

Dans son émission du 19 janvier, «Envoyé spécial» rendra hommage au grand reporter Gilles Jacquier.
source

Le Mossad israélien est bien l’auteur de l’assassinat d’un scientifique nucléaire iranien.


lundi 16 janvier 2012, par La Rédaction

Le Mossad israélien est bien l’auteur de l’assassinat d’un scientifique nucléaire iranien. C’est en tout cas ce qu’affirme le Sunday Times, qui cite une source des services secrets israéliens. D’après le quotidien britannique, l’État hébreu serait également derrière les attaques menées ces deux dernières années contre cinq autres scientifiques iraniens, dont trois ont perdu la vie. Le récit de la dernière opération est digne d’un vrai film d’espionnage.

Il est huit heures, mardi dernier, lorsque les agents du Mossad, qui surveillent les allées et venues du scientifique depuis une maison à proximité, apprennent que celui-ci s’apprête à quitter son domicile en voiture. Or, les agents israéliens, qui espionnent par ailleurs les communications des forces de sécurité iraniennes, constatent également une activité anormale aux alentours du QG des services secrets iraniens, situé au centre-ville : un nombre non négligeable de voitures et d’individus sortent de l’édifice en courant. La police se précipite vers les rues avoisinantes. Le plan israélien a-t-il été démasqué ? Si les agents sont confondus, ils sont morts.

« Go ! » lance sans hésiter le commandant de l’opération à ses agents, qui se tenaient prêts dans un garage. La moto quitte immédiatement sa cachette, et se faufile à travers les rues embouteillées de Téhéran. À 8 h 20, elle prend en filature la Peugeot 405 du scientifique, conduite par son garde du corps. Le visage camouflé par un masque antipollution, le passager de la moto prend le soin de vérifier que Mostafa Ahmadi Roshan est bien assis à droite du véhicule avant d’y attacher la bombe magnétique. La moto accélère. Neuf secondes plus tard, la bombe explose. Le scientifique meurt sur le coup. Grièvement blessé, son garde du corps décédera à l’hôpital.

Mostafa Ahmadi Roshan, ingénieur en chimie de 32 ans, était l’un des jeunes scientifiques en charge du programme nucléaire iranien. S’il était loin d’être le plus brillant d’entre eux, ce père d’un enfant avait la confiance du régime islamique, car il venait d’une famille religieuse et qu’il était membre des Basiji, milice de jeunes volontaires contrôlée par l’armée idéologique du régime, les Gardiens de la révolution.

Selon la source israélienne, citée par le Sunday Times, les assassinats sont les signes précurseurs, et pas une alternative, à une frappe militaire contre l’Iran, afin de rendre difficile la reconstruction des sites nucléaires s’ils sont bombardés. Sur ce sujet, l’omerta règne dans la classe politique israélienne. Seule exception : le brigadier général Yoav Mordechai, porte-parole de Tsahal, a écrit sur sa page Facebook qu’il ignorait l’identité des assassins du scientifique, mais qu’il ne « verserait pas la moindre larme pour lui ».

Une réaction qui tranche avec celle de l’autre pays accusé par Téhéran, les États-Unis, qui, dans un discours d’une force inhabituelle, ont formellement démenti toute implication dans l’attaque. « Les États-Unis n’ont absolument rien à voir là-dedans », a dit Tommy Vietor, porte-parole du Conseil de sécurité nationale (NSC), le cabinet de politique étrangère du président Barack Obama. « Nous condamnons avec force tous les actes de violence, dont les actes de violence comme ceux-ci », a-t-il dit.

Washington peine en effet à masquer ces derniers jours son exaspération vis-à-vis des actions unilatérales entreprises par l’État hébreu. D’autant plus que les États-Unis ont découvert en 2007-2008 qu’Israël avait recruté des militants de Jundallah, une organisation sunnite pakistanaise qui commet des attentats en Iran en se faisant passer pour des agents américains de la CIA, comme le relève le magazine américain Foreign Policy.

Ainsi, le gouvernement américain s’inquiéterait de la préparation par Israël, malgré ses objections, d’une action militaire contre l’Iran. Washington ayant retiré ses soldats d’Irak, Tel-Aviv n’a désormais plus besoin de l’aval américain pour survoler le ciel irakien avant de frapper les installations nucléaires iraniennes.

Selon le Wall Street Journal, le président Barack Obama, le secrétaire à la Défense Leon Panetta et d’autres responsables de haut rang ont ainsi fait passer dernièrement une série de messages privés aux Israéliens pour les mettre en garde contre les conséquences d’une telle attaque. En outre, Washington a mis en place un plan d’urgence pour préserver ses établissements dans la région, notamment son ambassade à Bagdad. Et l’inquiétude américaine n’a fait qu’augmenter après la nouvelle de l’assassinat de Mostafa Ahmadi Roshan.

Dès le lendemain de l’attaque, Barack Obama a appelé le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, officiellement pour lui rappeler « le soutien indéfectible des États-Unis à la sécurité d’Israël ». Pourtant, les deux pays ont annoncé dimanche le report de Austere Challenge 12, un exercice militaire conjoint important, prévu au printemps, officiellement pour des raisons budgétaires. Le même jour, le vice-Premier ministre israélien, Moshe Yaalon, a fait part de sa « déception » face aux « hésitations » de l’administration Obama sur un durcissement des sanctions contre le programme nucléaire iranien.

Également ministre des Affaires stratégiques, le responsable israélien a imputé le manque de fermeté du président américain à des considérations électorales à dix mois du scrutin présidentiel aux États-Unis. Des déclarations pour le moins étonnantes, le président américain s’étant montré particulièrement dur ces derniers temps dans le dossier nucléaire iranien, notamment pour satisfaire l’électorat juif, mais surtout républicain évangélique, en prévision des élections.

(16 janvier 2012 – Par Armin Arefi)

Charlie Hebdo essaie de remonter ses ventes grâce à Mahomet


lundi 31 octobre 2011

Charlie Hebdo est mal en point. Cela ne marche pas fort. Alors, on remet un petit coup de Mahomet. Technique bien connue des amateurs. Que feraient-ils sans l’Islam, les pauvres ?

Mais il fallait trouver un « habillage » comme on dit dans le métier. Alors pour le prochain numéro, ils annoncent « fêter la victoire du parti islamiste Ennahda en Tunisie » en mettant en couverture une caricature du prophète Mahomet.

Et pourquoi pas celle des islamistes en Libye, puisque ce sont leurs potes BHL et Sarko qui les ont mis sur le trône à coups de bombardements sur les populations civiles ?

Ah non, Charlie préfère cibler les révolutions populaires et les choix démocratiques. D’ailleurs, le peuple, c’est vulgaire. Pas comme cet hebdo qui ne sait plus comment vendre ses éructations, et qu’on oserait même pas mettre dans ses chiottes !

http://www.leparisien.fr/actualite-people-medias/la-polemique-s-amplifie-autour-du-prochain-numero-de-charlie-hebdo-31-10-2011-1695491.php

CAPJPO-EuroPalestine

Un « congrès imposture » sur le terrorisme


Billet publié par Alain Gresh sur son blog « Nouvelles d’Orient », et, plus bas,

Du 15 au 17 septembre à Paris, se déroulera le VIIe congrès international des victimes du terrorisme, sous le haut patronage de Nicolas Sarkozy. Qui pourrait y trouver à redire ? Des victimes ou des proches des victimes, en provenance de 35 pays, qui témoignent de leur douleur, quoi de plus émouvant ?

La liste des attentats s’étale sur plus de cinquante ans et commence avec l’attentat contre le Milk Bar à Alger en 1956. On y trouve ceux des Brigades rouges en Italie (mais pas ceux commis à la même époque par les groupes d’extrême droite, notamment celui de la piazza Fontana, attribué à l’extrême gauche et dont on sait qu’il fut commis par l’extrême droite et marqua le début des années de plomb) ; celui contre l’avion de Habyarimana en 1994 (mais pas un mot sur le génocide du Rwanda qui a suivi), deux attentats en Israël durant la seconde Intifada, mais rien sur les milliers de Palestiniens tués par des tirs et des bombardements israéliens… Et tout est à l’avenant.

La mention de l’attentat du Milkbar à Alger le 30 septembre 1956 est intéressante. Là aussi, voici un attentat qui ne peut que susciter l’indignation. Une bombe dans un bar, qui fait 11 morts : qui pourrait approuver cette « lâche action » du Front le libération nationale (FLN) ? Pourtant, il suffit d’ouvrir un livre d’histoire ou de consulter Wikipédia (ce que je fais régulièrement, n’ayant pas les préventions de beaucoup, mais il faut vérifier) pour établir le contexte. La guerre a commencé le 1er novembre 1954, les combats se sont intensifiés, des négociations secrètes entre Paris et le FLN se déroulent durant l’été. C’est le moment, selon Wikipédia, que choisit André Achiary, ex-officier du SDECE qui fut sous-préfet dans le Constantinois au moment du massacre de Sétif (1945), pour monter l’attentat de la rue de Thèbes, dans la Casbah d’Alger, dans la nuit du 10 août 1956, qui fait 16 morts et 57 blessés, et marque un tournant dans la guerre d’Algérie. « Patrick Rotman souligne ainsi, dans L’Ennemi intime (2002), qu’à Alger, le contre-terrorisme a précédé le terrorisme », mais la guerre d’Algérie a commencé depuis plus de deux ans. Yacef Saâdi, qui était alors le chef militaire FLN de la Zone autonome d’Alger, déclarera ensuite à la journaliste Marie-Monique Robin : « Jusqu’au massacre de la rue de Thèbes, nous ne faisions des attentats à Alger qu’en réponse à des arrestations massives ou à des exécutions. Mais là, nous n’avions plus le choix : fous de rage, les habitants de la Casbah ont commencé à marcher sur la ville européenne pour venger leurs morts. J’ai eu beaucoup de mal à les arrêter, en les haranguant depuis les terrasses, pour éviter un bain de sang. Je leur ai promis que le FLN les vengerait. » Pourquoi les organisateurs n’ont-ils pas invité les familles des victimes de l’attentat de la rue de Thèbes ?

C’est que le parti pris est clair : les coupables ce ne sont jamais les Etats (ni les colons), ce sont toujours les peuples qui luttent contre l’oppression. Qui se soucie des centaines de milliers de victimes de l’agent orange, ce défoliant utilisé par les Etats-Unis au Vietnam et qui continue jusqu’à aujourd’hui à faire naître des enfants sans bras, sans jambes ? Qui se soucie des victimes du terrorisme d’Etat français en Algérie ou israélien en Palestine ? Qui se soucie des morts tchétchènes tombés sous les balles russes ?

Seule « anomalie » dans la liste des invités à la réunion de Paris, celle faite aux victimes des attentats des Moudajhidin du peuple en août 1982. Une occasion de faire venir à Paris des représentants du régime de Téhéran ?

Les amalgames et les oublis de l’Association française des victimes du terrorisme ne peuvent surprendre quand on connaît les activités de ce groupe et ses liens avec Jean-Louis Bruguière, l’ancien magistrat anti-terroriste, qui est « membre solidaire de l’AfVT.org ». De plus en plus contesté par ses anciens collègues, responsable de nombreuses fautes professionnelles dans ses enquêtes, il a surtout eu les faveurs de l’administration Bush dans sa guerre contre le terrorisme, guerre qui a fait bien plus de victimes que Ben Laden et Al-Qaida. Il a tenté de se reconvertir au Parlement sous la bannière de l’UMP et de M. Sarkozy en 2007, mais a été heureusement battu.

Pour y voir un peu plus clair, je donne ci-dessous, un extrait de la nouvelle édition des Cent clefs du Proche-Orient (Fayard, 2010), rédigée avec Dominique Vidal et Emmanuelle Pauly.

Terrorisme

(…) À la simple question : « Qu’est-ce que le terrorisme ? », il est bien difficile de trouver, dans les déclarations des responsables politiques ou dans la littérature spécialisée, une réponse univoque. Le terrorisme ne peut être confondu avec l’utilisation de la violence. Un des premiers droits « naturels et imprescriptibles » proclamés par la Révolution française et la Déclaration des droits de l’homme ne fut-il pas « la résistance à l’oppression » ? De ce point de vue, qui oserait — sans une considérable mauvaise foi — qualifier par exemple de terroriste, comme le faisaient l’occupant allemand et ses complices français, le combat armé de la Résistance française pendant la Seconde Guerre mondiale ?

Le droit international n’a jamais réussi à définir le terrorisme : il se contente de dénoncer des crimes précis comme le détournement ou l’attaque d’avions. Plus récemment, des conventions internationales répriment les attentats à l’explosif (1997) et le financement du terrorisme (1999). Cette dernière vise « tout […] acte destiné à causer la mort ou des dommages corporels graves à toute personne civile, ou à toute autre personne qui ne participe pas directement aux hostilités dans une situation de conflit armé, lorsque, par sa nature ou son contexte, cet acte est destiné à intimider une population ou à contraindre un gouvernement ou une organisation internationale à accomplir ou à s’abstenir d’accomplir un acte quelconque ».

Par ailleurs, les actes qualifiés de terroristes relèvent souvent du crime de guerre et, à ce titre, des principes élaborés par le Tribunal de Nuremberg qui concernent « les violations des lois et coutumes de la guerre, qui comprennent, sans y être limitées, les assassinats, les mauvais traitements ou la déportation pour les travaux forcés, ou pour tout autre but, des populations civiles dans les territoires occupés, l’assassinat ou les mauvais traitements des prisonniers de guerre ou des personnes en mer, l’exécution des otages, le pillage des biens publics ou privés, la destruction perverse des villes ou villages ou la dévastation que ne justifient pas les exigences militaires ».

Les tentatives de définition juridiques du terrorisme, notamment depuis le 11 septembre 2001, comportent des risques d’atteinte aux libertés civiles, en Europe et aux États-Unis, comme elles servent à justifier des politiques répressives de l’Algérie à l’Indonésie, en passant par la Russie et la Chine. C’est ce que soulignait, en avril 2002, l’Irlandais John Fish, le président du Conseil des barreaux de l’Union européenne, à la suite de la décision-cadre adoptée par le Conseil européen du 6 décembre 2001. « La liste des délits terroristes, expliquait-il, est établie de manière trop large, et comprend des actes qui ne devraient pas du tout être considérés comme terroristes. » D’autant, précisait-il, que « la décision-cadre prévoit des responsabilités et impose des sanctions pour des “personnes morales” ». Par ailleurs, « il n’est nulle part fait référence au droit à un procès équitable pour un terroriste accusé ». Or l’expérience a montré que « l’introduction d’une législation sur le terrorisme dans les États membres avait conduit à une diminution substantielle des droits des accusés ». Bref, « la lutte contre la criminalité ne devrait pas être menée à n’importe quel prix ». Le cas américain offre, avec l’invention du concept de « combattant ennemi » non protégé par les conventions de Genève ou le bagne de Guantanamo, un précédent inquiétant…

Revenons à la définition du terrorisme. On pourrait qualifier ainsi les actes de violence qui touchent des populations civiles innocentes dans le but de créer un climat d’insécurité et d’atteindre certains objectifs politiques. Mais comment ranger dans la même catégorie analytique l’empoisonnement au gaz perpétré par la secte Aum dans le métro de Tokyo et les voitures piégées des dissidents de l’Armée républicaine irlandaise ? Les milices d’extrême droite américaines responsables de la tuerie d’Oklahoma relèvent-elles de la même logique que l’ETA basque ? Et qu’ont ces actions en commun avec l’attaque contre le World Trade Center et le Pentagone ? À force d’« être appliqué à des types bien différents de violence, dont certains, notamment sur le plan intérieur, n’ont pas de but politique », le concept de terrorisme a perdu de sa signification, note Adrian Guelke, un expert sud-africain (The Age of Terrorism) — il affirme même qu’il s’est « désintégré ». Enfin, il ne faut pas oublier que le terme même est né pour qualifier une politique d’État, celle de la Révolution française. Or ce terrorisme d’État, fréquemment utilisé au Proche-Orient, est largement ignoré : bombardements indiscriminés, déportations de population, voitures piégées ont été utilisés par les pouvoirs israélien, syrien, irakien, iranien, etc.

« Un gouvernement sincère doit admettre, notait un éditorialiste de l’hebdomadaire britannique The Economist, que le terrorisme met au jour souvent un grief légitime. » L’histoire l’a amplement prouvé, les anciens “terroristes” sont devenus des dirigeants respectés. Menahem Begin et Itzhak Shamir furent impliqués, dans les années 1940, dans des attentats meurtriers contre des civils arabes (et juifs, comme lors de l’attentat contre l’hôtel King David), avant d’accéder aux plus hautes charges en Israël. Les “tueurs du FLN” dénoncés, jour après jour, par les autorités françaises et par la majorité des journaux ont contribué à conduire l’Algérie à l’indépendance — quelle qu’ait été l’horreur de certaines de leurs méthodes. Plus récemment, d’autres exemples le confirment : ceux-là mêmes qui agitèrent longtemps l’épouvantail de la violence pour refuser tout compromis durent renoncer à leur intransigeance. Itzhak Rabin a serré la main de Yasser Arafat, « un homme aux mains couvertes de sang juif », et négocié avec l’OLP pour tenter d’arracher le Proche-Orient à l’engrenage des haines.

Historiquement, c’est le caractère spectaculaire de ses méthodes qui marque l’action terroriste. Le détournement d’avion est l’une d’elles. Inaugurée par le gouvernement Guy Mollet le 22 octobre 1956 — avec l’atterrissage forcé de l’avion qui transportait, entre Rabat et Tunis, Ben Bella et plusieurs dirigeants du FLN —, cette pratique fut relancée après la guerre israélo-arabe de 1967. Le 23 juillet 1968, le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) détourne le vol El Al entre Rome et Tel-Aviv. Le Fatah ne se ralliera à ce type d’action qu’après le Septembre noir jordanien. En 1973, l’OLP et ses principales composantes y renoncent ; seuls des petits groupes dissidents, dont celui d’Abou Nidal, continuent à y avoir recours. Les mesures de sécurité prises dans les aéroports et la condamnation par l’OLP de ce type d’activité ont réduit considérablement les détournements d’avion.

L’enlèvement d’otages constitue sans doute une pratique aussi vieille que la guerre. Il est fréquent dans les zones de conflits ou d’affrontements. Ainsi au Kurdistan d’Irak, où les groupes de peshmerga ont enlevé à plusieurs reprises dans les années 1980 des techniciens étrangers. Pays de toutes les discordes, le Liban a représenté, dans les années 1980, le terrain d’élection de cette catégorie d’actes, facilités par la disparition de l’État. D’abord utilisés dans la guerre civile, les enlèvements se sont étendus — surtout après 1982 — aux communautés étrangères, impulsés notamment par des groupes radicaux chiites, dont certaines allaient donner naissance au Hezbollah. Sans avoir disparu, la prise d’otages s’est raréfiée au Proche-Orient dans les années 1990 et 2000 – mais elle a fait son apparition dans la région sahélienne. (…)

Pour autant, la simple condamnation « morale » des crimes commis par les deux parties ne suffit pas. On ne peut simplement renvoyer dos-à-dos les deux protagonistes parce que tous deux violent le droit humanitaire. Pour deux raisons. D’abord parce que les violations commises par un État — un État qui se réclame des principes démocratiques — sont toujours plus graves que celles commises par des groupes non étatiques, d’autant que certains d’entre eux agissent contre l’orientation explicite de l’Autorité palestinienne. Ensuite pour des raisons politiques : la bataille que mènent les Palestiniens est une résistance légitime à une occupation illégitime, alors que le gouvernement israélien développe une stratégie de maintien d’une occupation et d’une colonisation illégales. Comparaison n’est certes pas raison, et Israël n’est évidemment ni le IIIe Reich, ni la France coloniale. Mais, pour prendre un exemple, durant la Seconde Guerre mondiale, les Alliés ont sûrement commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité — notamment lors des bombardements de Dresde ou a fortiori d’Hiroshima et de Nagasaki. La lutte contre le nazisme n’en était pas moins une guerre juste, et nul ne peut renvoyer les Alliés et l’Axe dos-à-dos. De même, durant la guerre de libération algérienne, le FLN a commis — comme l’armée française — des crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité. Pourtant, sa revendication d’indépendance était tout à fait légitime. Enfin, même de manière limitée, le Congrès national africain (ANC) a eu aussi recours au terrorisme. Lors de ses négociations avec le pouvoir blanc, Nelson Mandela écrivait : « C’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé, qui détermine la forme de la lutte. Si l’oppresseur utilise la violence, l’opprimé n’aura pas d’autre choix que de répondre par la violence. Dans notre cas, ce n’était qu’une forme de légitime défense. »

http://blog.mondediplo.net/2011-07-…

Et voici maintenant le programme de cette manifestation, tel que publié par le site IsraelValley de la Chambre de commerce France-Israël :

 » L’Association française des Victimes du Terrorisme (AfVT.org), membre du Réseau Européen des Victimes du Terrorisme (NAVT), en partenariat avec L’Observatorio Internacional Victimas des Terrorismo (CEU), a l’honneur d’organiser le VIIème Congrès International des Victimes du Terrorisme qui se tiendra les 15, 16 et 17 septembre 2011 à Paris.

Le terrorisme est aujourd’hui plus que jamais un phénomène qui menace toutes les sociétés. C’est la raison pour laquelle l’Association française des Victimes du Terrorisme (AfVT.org) invite les premiers concernés : les victimes, mais aussi les experts internationaux, pour faire entendre leur voix en toute neutralité politique et religieuse et dans le respect des valeurs culturelles de chacun.

Pour la première fois le Congrès International des Victimes du Terrorisme se déroulera dans un pays non hispanophone. A cette occasion, l’Association française des Victimes du Terrorisme souhaite développer la représentativité des victimes des zones géographiques les plus touchées actuellement par le terrorisme, tels que le Moyen-Orient, le Proche-Orient, le Maghreb, l’Afrique et l’Asie.

Les objectifs de cet événement majeur des victimes du terrorisme du monde entier sont de les aider à exprimer leurs opinions et à avoir la reconnaissance qu’elles méritent, à la fois de la part de la société civile et des autorités politiques. Dans la continuité des précédentes éditions, l’accent sera particulièrement mis sur une réflexion quant au rapport entre les victimes du terrorisme et la société.

Le VIIème Congrès International des Victimes du Terrorisme réunira à Paris de nombreuses victimes, acteurs de la société civile, personnalités politiques, représentants de différentes institutions, experts internationaux et journalistes avec la volonté de traduire les problématiques que le terrorisme pose actuellement dans le monde.

Les débats auront lieu dans l’amphithéâtre Foch de l’École Militaire à Paris.

Sous le Haut Patronage de Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République

COMITE D’HONNEUR M. Nicolas Sarkozy, Président de la République Leurs Altesses Royales le Prince et la Princesse des Asturies

M. Lionel Jospin, Ancien Premier Ministre M. José Aznar, Ancien Président du gouvernement Espagnol M. Dominique Baudis, Défenseur des Droits M. Bertrand Delanoë, Maire de Paris

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Repris d’ici   CAPJPO-EuroPalestine

Coupable tant que la preuve de son innocence n’a pas été apportée


mercredi 24 août 2011 – 06h:22

Yasmeen El Khoudary – Al Jazeera

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Les frappes aériennes israéliennes se poursuivent à Gaza où les gens se sentent piégés et abandonnés du monde entier.
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Gaza, 20 août 2011 – Islam Qreqa, âgé de 2 ans et assassiné par les criminels sionistes, est emporté par les siens pour être enterré… La souffrance endurée par les Palestiniens ne franchit que trop rarement le barrage raciste pro/israélien de nos « médias » dominants – Photo : Reuters

22 août 2011″Al-Jazeera » — la mini-guerre conduite par Israël sur Gaza suite aux incidents survenus au sud d’Israël est une preuve supplémentaire que Gaza est le « plus grand perdant » du Moyen-Orient. Coincés dans un réseau épineux d’intérêts égoïstes et d’objectifs différents, les 1,5 million d’habitants de Gaza sont vraiment les grands perdants, quoiqu’il arrive au Moyen-Orient.

Nous ne sommes pas maîtres de notre destin. Le contrôle nous échappe jusque dans les plus les moindres détails de notre vie. Nous n’avons pas le luxe de faire des projets pour le lendemain encore moins pour la semaine prochaine. Nous, le peuple de Gaza,, nous essayons de vivre chaque jour comme si tout était normal. Mais il y a des moments où tout va très mal et où tout ce que nous avons essayé de construire s’écroule en un clin d’oeil.

Jeudi soir, nous avons eu une dure nuit avec de nombreuses attaques aériennes israéliennes dans différents endroits de la bande de Gaza, et nous nous sommes éveillés à une nouvelle journée torride de Ramadan qui a été interrompue par la nouvelle de l’attentat d’Eilat où 5 soldats israéliens ont perdu la vie et 36 autres ont été blessés. Immédiatement et sans attendre les détails de l’incident, tout le monde s’est mis à craindre une attaque israélienne sur Gaza.

Cela ressemblait beaucoup à la réaction instantanée des musulmans de Norvège aux attaques terroristes qui ont secoué Oslo dernièrement ; ils craignaient les attaques racistes qui n’auraient pas manqué de se produire si le terroriste avait été musulman. Les médias ont constitué d’ailleurs la principale menace en se hâtant d’attribuer, sans la moindre preuve, l’attaque terroriste à Al Qaeda et aux extrémistes musulmans. Quand le meurtrier s’est révélé être Norvégien les musulmans norvégiens ont poussé un soupir de soulagement.

« Nous ne sommes jamais en sécurité »

Le scénario n’a pas été très différent à Gaza. « L’opération » a tué 5 soldats mais personne ne sait qui est responsable de l’opération. Nous avons d’abord lu des articles disant que l’Egypte était impliquée puis Israël a vite nié toute implication égyptienne avant que l’Egypte ne le fasse elle-même. Tout de suite après est venue la déclaration d’ Ehud Barak accusant « Gaza » des attaques et jurant de « punir les responsables ».

Comment il est arrivé à cette conclusion, quelle preuve a-t-il, et qui à Gaza est responsable selon lui, nous n’en avons pas la moindre idée (ni lui non plus, me semble-t-il). Ce que nous tenons pour certain c’est que nous sommes maudits et que ce qui nous attend est sans doute une réédition de Cast Lead malgré le fait qu’il n’y ait pas la moindre évidence de l’implication des Gazaouis dans l’opération d’Eilat..

C’est la seule différence entre les musulmans norvégiens et nous. Ces derniers ont retrouvé la sécurité quand la vérité a été révélée, tandis que nous, nous ne sommes jamais en sécurité- que la vérité soit faite ou pas. Que ce soit Israël, le Hamas, l’Autorité Palestinienne, l’Egypte, les USA, ou qui que se soit qui se trouve au mauvais endroit au mauvais moment, c’est nous le peuple innocent de Gaza qui nous retrouvons en train d’haleter sous la botte des ces égoïstes géants chaque fois que quelque chose se produit.

Ce qui arrive aujourd’hui n’est pas exceptionnel -et comme d’habitude, personne d’autre ne peut être accusé à tort en toute impunité que le peuple de Gaza. Même si l’Egypte y est pour quelque chose, Israël insiste sur la responsabilité unique de « Gaza » parce que ça lui donne une excuse pour se venger et punir. Je ne serais pas étonnée que le black out des communications qui a été imposé à Gaza il y a 10 jours ne soit le premier d’une longue série et que nous en ayons un autre si une opération militaire est vraiment déclenchée.

Les prières du vendredi dans la bande de Gaza ont calmé les gens perturbés par les rumeurs, les fuites et les spéculations sauvages, les menaces constantes d’Israël et le nombre croissant des personnes tuées et blessées par Israël. Dans des moments comme celui-là, les mosquées jouent un rôle très important en lisant des prières apaisantes, en diffusant les annonces urgentes, etc. Vendredi dernier, cependant, au moment où Israël bombardait Gaza, l’Iman qui menait les prières à la mosquée nous parlait de tout autre chose. Il avait consacré son sermon et ses prières à la Somalie et il demandait aux gens de faire des dons. Cette humanité, cette palpitante conscience humaine et ce respect pour la vie humaine sont les qualités qui caractérisent les Palestiniens même si le monde préfère penser qu’il n’en est rien.

Nous ne savons pas si l’avenir nous réserve un nouvelle cruelle attaque israélienne où nous jouerions le double rôle d’agresseurs et de victimes ou un nouvel épisode d’un décevant feuilleton politique où nous jouerions fois cette le rôle de spectateurs passifs. Nous ne pouvons qu’attendre et voir car c’est ce monde égoïste qui décide de notre sort. Parce que nous, le peuple de Gaza, sommes coupables tant que la preuve de notre innocence n’a pas été faite, en admettant qu’elle le soit jamais.

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* Yasmeen El Khoudary est un écrivain freelance de Gaza en Palestine occupée. Elle est diplômée de l’Université Américaine du Caire en Science Politique. Elle a un blog :
yelkhoudary.blogspot.com

22 août 2011 – Al Jazeera – Vous pouvez consulter cet article à :
http://english.aljazeera.net/indept…
Traduction : Dominique Muselet

source

En Belgique aussi, un danger réel existe


Paul Piret

Mis en ligne le 25/07/2011

Même si l’extrême droite ne prône plus la violence, des discours font mouche.

Est-ce possible en Belgique ? Oui. La démonstration en a été (re)faite à Anvers en mai 2006. L’appelé Hans Van Themsche, au profil a priori assez proche du tueur norvégien, décida d’abattre tous les allochtones qu’il croiserait sur son chemin. L’extrémiste de droite blessa d’abord grièvement une jeune femme voilée, tua ensuite une nounou qui n’avait d’autre tort que d’être noire ainsi que la fillette qu’elle promenait dans les bras. Ce bilan est certes sans mesure avec l’hécatombe de vendredi, mais jusqu’où le jeune homme aurait-il assouvi sa quête si ses pas n’avaient croisé ceux d’un policier ?

En fait, les violences inspirées par des idéologies dévoyées ne sont pas rares, même si elles ne laissent des traces que quand elles connaissent une issue fatale. Ainsi en décembre 1980, dans un café de Laeken, un militant du Front de la jeunesse abattait pour cette seule raison un Français d’origine maghrébine.

Belgique oblige, n’oublions pas les dangers liés à des identités linguistiques exacerbées. S’ils ne furent mortels qu’exceptionnellement (le militant FDF Jacques Georgin fut abattu en septembre 1970 par des sbires du VMO), la violence extrémiste s’exprime plus régulièrement que ce que veut bien consentir la conscience collective. Des expéditions à répétition dans les Fourons, les années 70-80, à l’agression, le 26 juin dernier, de la bourgmestre de Rhode-Saint-Genèse par des excités du Tak…

Du reste, le 15 février, devant l’Académie royale militaire, le patron de la Sûreté belge évoqua “un nombre relatif” de militants d’extrême droite, mais dont certains sont prêts à agir. “La fascination pour la violence et le militarisme constitue un danger réel” , poursuivait l’administrateur général Alain Winants.

On pourrait pourtant croire que l’extrême droite, chez nous comme dans les pays voisins, a viré sa cuti terroriste, organisée, structurée, qui alla jusqu’à provoquer des Etats pour forcer au changement de régime. Le spécialiste Manuel Abramowicz préfère parler de changement de génération : “Il est évident que nous vivons en Europe l’émergence de partis nationalistes, populistes, d’ultra droite, d’extrême droite, qui n’ont plus de lien structurel ou humain avec l’histoire du fascisme ou du nazisme. Ainsi, les jeunes cadres du Vlaams Belang, pour la plupart, ne sont plus issus d’associations très radicales comme le furent leurs aînés De Winter ou Van Hecke.” Pourtant, ajoute le coordinateur du site resistances.be, le terrorisme identitaire et ses germes criminogènes restent d’actualité : “En marge des partis ou mouvements qui ne prônent plus officiellement la violence, on trouve des individus isolés ou coalisés en fractions qui, eux, sont radicaux. Des jeunes singulièrement. Les personnalit és publiques font tout pour ne pas tomber sous le coup de diverses législations : elles surfent sur la vague, sans plonger dedans. Mais leurs discours qui notamment ciblent radicalement l’islamisme, en généralisant ou en poussant à la généralisation, font mouche. Un Van Themsche entend ça. Et d’autres qui réfléchissent de manière primale et simpliste, éventuellement un verre dans le nez. Ils peuvent passer à l’acte. Tous ceux qui sont passés à l’acte “à l’aveugle” sont des militants d’extrême droite.”

Se prémunir de leurs exactions est d’autant plus difficile sinon impossible. Un attentat, calculent les spécialistes, ce sont 95 % de préparation. Quand la préparation est longue et le fait d’un groupe, on finit souvent par en entendre parler. C’est moins vrai pour un individu qui, de plus, peut désormais fabriquer n’importe quoi grâce à Internet.

En tout cas, l’Ocam (l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace) n’a pas jugé nécessaire, ce week-end, d’inciter à prendre des mesures de sécurité supplémentaire en Belgique. “C’est une situation interne à la Norvège, il n’y a pas d’impact en Belgique” , explique Benoît Ramacker, porte-parole du Centre de crise du SPF Intérieur. Le degré de vigilance générale reste donc à 2 sur une échelle de 4. Mais c’est là une considération très ponctuelle, toujours susceptible d’évoluer au gré des événements…

 

© La Libre Belgique 2011

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