Le quotidien d’un camp de réfugiés syriens raconté sur Twitter


Le camp de réfugiés de Zaatari, en Jordanie, accueille 81 000 exilés syriens. C’est le premier à être présent sur les réseaux sociaux, depuis le mois d’octobre 2013.

Du fait de son ampleur, le camp de Zaatari était considéré, en juillet 2013, comme la cinquième « ville » la plus importante de Jordanie par sa population. On y recense onze naissances quotidiennes.

Nasreddine Touaibia, travailleur des Nations unies dans le camp de Zaatari, se charge de publier régulièrement des photos qui illustrent le quotidien des réfugiés sur Twitter. C’est un moyen de rappeler aux internautes la gravité de la situation, explique-t-il à i100.

« Le camp n’est que la partie émergée de l’iceberg. […] Nous avons besoin de rappeler aux gens la tragédie qui se déroule actuellement en Syrie, parce qu’ils ont tendance à penser que la situation se calme et redevient normale. Mais le conflit est toujours là et les réfugiés sont encore en exil. »

Grâce aux photos du camp diffusées sur Twitter, il est possible de visualiser la vie des réfugiés, et rendre leur situation plus concrète dans l’esprit des gens. « L’objectif de notre compte Twitter est de montrer la vie des réfugiés », explique M. Touaibia, qui diffuse par exemple des photos du laboratoire et du restaurant qui font partie du quotidien des réfugiés.

 

Sur le plan économique, le camp compte plus de 3 000 commerces. En outre, 90 % de la population a un accès au réseau électrique, ce qui permet aux habitants de communiquer avec l’extérieur.

 

 

 

Le camp compte onze écoles, où sont scolarisés entre 18 000 et 22 000 enfants. 57 % de la population a moins de 18 ans, et plusieurs loisirs sont mis en place pour animer leur quotidien. « Zaatari est un camp unique pour plusieurs raisons », assure Nasreddine Touaibia, qui publie plusieurs photos illustrant la diversité des activités culturelles proposées aux réfugiés syriens.

 

 

 

Situation dramatique pour les sans abri à Gaza


« Abu Jamil Street » est un voyage dans la vie quotidienne clandestine des tunnels de Rafah.
À Rafah, à la frontière sud de la bande de Gaza, la rue Abu Jamil est la dernière route avant la frontière égyptienne.
La rue est le point de départ des tunnels clandestins.
Les destinées de 4 personnes (Abu Sleeman, propriétaire d’un tunnel bombardé en janvier 2009, Mouneeer et Sameer, ses salariés, et Hiyad Keshta, leur voisin) se rencontrent et s’entrecroisent sous forte tension.
Le documentaire « Abu Jamil Street » est un voyage, un voyage à l’intérieur de la vie quotidienne clandestine des tunnels de Rafah
A voir ici

Ziad Medoukh

Lundi 20 octobre 2014

Avec la pluie et le froid à Gaza,  commence une nouvelle souffrance pour plus de 10.000 palestiniens de Gaza qui sont toujours
soit sous les toits de leurs maisons détruites lors de la dernière offensive israélienne en été dernier,
soit qui sont dans les tentes à côté de leurs maisons et immeubles en ruines.

Deux mois après l’arrêt de cette nouvelle agression israélienne contre la population civile dans la bande de Gaza, rien n’a changé,
le blocus israélien est toujours là et aucun matériel de construction n’est entré à Gaza, et que les projets de reconstruction n’ont pas encore commencés.

Plus de 120.000 personnes dans la bande de Gaza, ont perdu leurs maisons bombardées et détruites totalement ou partialement par les forces de l’occupation israélienne.

Malgré cette situation dramatique, les Palestiniens de Gaza ont décidé de rester attachés à leur terre, et rester même au milieu des ruines.

Gaza résiste, existe et persiste !

Je vous laisse avec ces photos

Amitiés de Gaza la souffrance, mais Gaza la vie, Gaza la dignité et Gaza l’espoir

Ziad

 

 

Caravane « Liberté pour le peuple syrien « 


 

BOZAR

Ravensteinstraat 23 | Rue Ravenstein 23, 1000 Région de Bruxelles-Capitale
A l’initiative d’intellectuels et d’associations syro-européens, une caravane culturelle intitulée « Liberté pour le peuple syrien » est partie le 12 juillet de Paris pour un périple qui l’a conduite dans des villes en France, Italie, Autriche, Allemagne et Belgique aujourd’hui.Participent à cette caravane des artistes de toutes disciplines (plasticiens, acteurs, musiciens, cinéastes, écrivains, etc.).

Nous accueillerons la caravane à Bruxelles à BOZAR durant toute la journée du dimanche 28 septembre, à l’occasion du concert de DANIEL BARENBOIM en faveur de « Platform 4 Syrian Students » qui se tiendra à 15h.

Plus d’infos sur le concert :
http://www.bozar.be/activity.php?id=15263&lng=fr

Plus d’infos sur la caravane :
https://www.facebook.com/caravaneculturellesyrienne2014?ref=hl
http://caravanesyrienne.blog.lemonde.fr/

L’opération de propagande Exodus (1947):  israël, refuge des juifs menacés?


 Jacques Bude ( Professeur émérite de psychologie sociale de l’ULB. Mère et père assassinés à Auschwitz. « Enfant caché » sauvé au prix d »énormes risques et sans la moindre rétribution par des gens d’ici, chez nous en Belgique)

Selon son mythe fondateur, l’État d’Israël serait l’incarnation de la vocation à “sauver les Juifs“, à être un foyer d’accueil pour les rescapés du Génocide et le seul havre de sécurité pour les Juifs persécutés du monde entier. Selon la Déclaration d’Indépendance d’Israël du 14 mai 1948, “La Shoah qui anéantit des millions de Juifs en Europe, démontra à nouveau l’urgence de remédier à l’absence d’une patrie juive par le rétablissement de l’État juif dans le pays qui ouvrirait ses portes à tous les Juifs“. C’est, encore aujourd’hui, l’élément essentiel de la propagande israélienne. Pourtant …

Au début de l’été 1947, près de 4500 Juifs réfugiés dans des camps pour personnes déplacées installés en Allemagne ont été regroupés hâtivement et sans aucune présélection par les agents du Mossad le-Aliyah Bet – section de la Hagana chargée de l’immigration clandestine.[1] Ce groupe hétéroclite qui comprenait des vieillards, des handicapés, des femmes enceintes et des enfants en bas âge, a été transporté clandestinement jusqu’à un port du sud de la France – Port-de-Bouc – et embarqué pour la Palestine le 11 juillet 1947 sur un navire – le Président Warfield rebaptisé Exodus – acheté par le Mossad. Seuls une poignée des passagers étaient adhérents d’organisations sionistes et nombre d’entre eux étaient même candidats à l’émigration vers d’autres pays que la Palestine.

Dès le départ du navire, sa destination était connue de tous. Des vaisseaux et un avion britanniques lui faisaient escorte. Le voyage tout entier était un acte de protestation politique, une manifestation maritime destinée à affronter le blocus britannique de la Palestine sous les yeux de l’opinion mondiale. Arrivé en vue du littoral palestinien, l’Exodus fut, comme prévu, arraisonné par les Britanniques au terme d’un combat inégal qui fit 3 morts et des dizaines de blessés parmi les réfugiés.

La résistance des réfugiés à être embarqués sur les navires britanniques et les affrontements violents auxquels elle donna lieu, avaient été orchestrés pour coïncider avec la présence de la Commission spéciale des Nations Unies pour la Palestine (UNSCOP) qui agissait dans le cadre du débat en cours sur la partition de la Palestine mandataire. De fait, plusieurs membres de cette commission dont la présence sur le site de ces événements n’était pas due au hasard, purent y assister personnellement.

Les Britanniques décidèrent de renvoyer les réfugiés vers le port français d’origine à bord de 3 navires. À Paris, le gouvernement dirigé par Léon Blum – Juif rescapé du camp du concentration de Buchenwald – dont la sympathie pour les réfugiés ne fait aucun doute, rejeta l’exigence britannique de débarquer de force les réfugiés sur le sol français tandis que ces derniers, encouragés par les agents sionistes présents à bord des navires, refusaient eux aussi de mettre pied à terre. Les trois vaisseaux britanniques et leurs passagers restèrent en rade au large des côtes françaises pendant près d’un mois. Vers la fin du mois d’août, les Britanniques renvoyèrent les réfugiés en Allemagne.

Depuis Londres avec l’aide de Léon Blum à Paris, Chaïm Weizmann – personnalité sioniste prestigieuse qui sera le premier Président de l’État d’Israël – essaya d’empêcher la déportation des réfugiés vers l’Allemagne par une solution provisoire sur le sol de la France ou d’un autre pays européen afin de leur éviter le cauchemar d’un retour au pays des exterminateurs. Ben Gourion intervint pour le dissuader de poursuivre ses efforts.

Des membres du gouvernement britannique s’efforçaient eux aussi de trouver une solution à la crise. Ils demandèrent notamment aux autorités de Copenhague de permettre aux réfugiés de débarquer au Danemark. La Direction de l’Agence juive est intervenue auprès du Premier Ministre danois pour lui demander de s’abstenir d’exiger des réfugiés qu’ils mettent pied à terre ailleurs que sur le rivage de la patrie qu’ils avaient choisie, la Palestine.

Toutefois – c’est crucial à mon propos – ni les autorités sionistes ni leurs agents présents à bord des navires ne se sont opposés au débarquement des réfugiés en Allemagne qui pourtant n’était pas la patrie qu’ils avaient choisie. Ainsi, non seulement les dirigeants sionistes ne firent aucun effort pour épargner aux passagers de l’Exodus le traumatisme d’un retour en Allemagne mais ils s’employèrent activement à faire obstacle à tout ce qui aurait pu l’empêcher.

Dès que les recommandations de la Commission des Nations Unies concernant la partition de la Palestine furent rendues publiques le 1er septembre 1947, l’Exodus a cessé d’être évoqué par les autorités sionistes. Pourtant c’est précisément à ce moment-là que les réfugiés étaient déportés vers l’Allemagne. “Quand l’un des agents sionistes qui avaient accompagné les réfugiés pendant tout leur périple rentra en Palestine et rapporta à Ben Gourion les «manifestations d’héroïsme juif» dont il avait été témoin à bord de l’Exodus, Ben Gourion rétorqua, impatient: «Tout çà, c’est fini. C’est du passé. Il faut se tourner vers l’avenir … il y a d’autres problèmes, autrement graves»“.[2]

Le calvaire des passagers de l’Exodus était une opération de propagande orchestrée par les plus hautes autorités de la communauté juive implantée en Palestine, notamment par Ben Gourion en personne. Il ne s’agissait nullement de permettre à des rescapés du nazisme de trouver refuge en Palestine. Avec la publicité délibérément donnée à cette opération soi-disant clandestine, il était évident dès le départ que les autorités britanniques s’opposeraient au débarquement des passagers de l’Exodus. Toute l’opération avait été minutieusement programmée afin que des affrontements violents entre des rescapés du génocide et les forces britanniques se produisent en présence des membres d’une Commission spéciale qui agissait dans le cadre du débat à l’ONU sur la partition de la Palestine mandataire. On notera que cette mise en scène de l’agression de survivants du Génocide se déroule au cours de l’été 1947, soit 2 ans seulement après la découverte des horreurs du nazisme qui avait généré dans l’opinion mondiale une immense sympathie pour ceux qui avaient survécu. Cette cynique opération de propagande qui instrumentalisait la destruction des Juifs d’Europe en faveur de la création de l’État d’Israël, a parfaitement réussi.

L’opération Exodus montre à l’évidence que, contrairement à ce proclament le mythe fondateur de l’État d’Israël et la propagande israélienne, servir de refuge à des Juifs persécutés n’était pas, loin s’en faut, la priorité des plus hautes autorités sionistes de l’époque. Il s’agit en fait d’une des innombrables manifestations de l’ultranationalisme sioniste devenu israélien, de la primauté absolue du service la nation – la “Terre d’Israël“ (Erètz Israël) – sur tout le reste.

[1] La description du périple de l’Exodus est reprise en abrégé de Idith Zertal, La nation et la mort, éd. La Découverte, 2004, p.61-72. Pour une analyse plus poussée, Idith Zertal réfère à un autre de ses ouvrages, Des rescapés pour un État. La politique sioniste d’immigration en Palestine 1945-1948, Calmann-Lévy, Paris, 2000. La Hagana (défense) était l’armée clandestine juive sous le Mandat britannique.

[2] Idith Zertal, La nation … p.70.

6/08, de 17h30 à 19h: RASSEMBLEMENT DEVANT LE MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES


[bds-ulb] 6/08, de 17h30 à 19h: RASSEMBLEMENT DEVANT LE MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES
Au nom de la plateforme URGENCE GAZA :MERCREDI 6/08, de 17h30 à 19h:
RASSEMBLEMENT DEVANT LE MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES pour dire stop aux bombardements, stop au blocus de Gaza, stop à l’occupation et pour dire à Reynders que la Belgique, signataire des Conventions de Genève, a le devoir de les faire respecter. Soyons nombreux! Les consignes pour en faire un événement visuels suivront.

BIJEENKOMST VOOR HET MINISTERIE VAN BUITENLANDSE ZAKEN om de bombardementen, de blokkades en de bezetting van GAZA een halt toe te roepen. De bedoeling is bovendien om aan Reynders duidelijk te maken dat België, als ondertekenaar van de Verdragen van Genève, deze ook mee dient af te dwingen.
Wees talrijk!Association belgo-palestinienne WB ; CNCD 11.11.11, 11.11.11 ; Agir pour la Paix, ; AMBDH; association marocaine des droits humains (AMDH Belgique) ; AntwerpForPalestine; Artistes contre le Mur ; Association Culturelle Joseph Jacquemotte; Association des Démocrates Tunisiens au Benelux;
Awsa-Be; BDS-ULB; Beweging.net; Bruxelles Laïque; CADTM Belgique ; Centrale Générale-FGTB ; CNAPD ; Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie ; Comité Verviers Palestine, ; Comité PJPO de Braine l’Alleud, Comité PJPO de d’Ittre & Comité PJPO de Mazerine ; Comité surveillance Otan (CSO) ; Communauté Palestinienne en Belgique et au Luxembourg ; Coordination namuroise belgo-palestinienne ; Conseil de la Jeunesse ; CSC-ACV Bruxelles Halle Vilvorde ; Ecolo J ; Parti ECOLO, EmBeM – Empowering Belgian Muslims; Esperanza Palestina Namur ; Fédération Euro-Tunisienne pour une Citoyenneté Active (FETCA); Femmes Prévoyantes Socialistes; FGTB-ABVV ; FOS-socialistische solidariteit vzw ; Groupe Proche-Orient santé ; Hope-Espoir- Hoop asbl ; Intal ; Jeunes Anticapitalistes ; Jeunes socialistes ; Jeunesse et Culture – Réseau solidaris ; Käthe Kollwitz Vredesloop collectief – Ieper; LCR-SAP ; LEF-FGE ; Le Monde selon les femmes asbl; Ligue Communiste des Travailleurs (LIT-QI); Ligue des Musulmans de Belgique; Médecine pour le Tiers Monde (M3M) / Geneeskunde voor de Derde Wereld (G3W); Mouvement Chrétien pour la Paix (MCP) ; Mouvement Ouvrier Chrétien (MOC) ; Palestina Solidariteit ; Parti Communiste; Plate-forme Charleroi-Palestine ; Présence et Action culturelle (PAC) ; PTB-PVDA ; SCI ; Secours populaire Wallonie-Bruxelles , Solidarité socialiste ; Solidarity with Bedouins ; Théâtre du Public ; ULDP ; Union des Musulmans de Namur ; Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB) ; VEGA ; ViaVelo Palestina ; Vie féminine ; Vrede vzw ; Vrouwen in het Zwart Leuven…

JOURNÉE NOIRE POUR LA LIBERTÉ DE LA PRESSE APRÈS LA CONDAMNATION DE JOURNALISTES D’AL JAZEERA


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lundi 23 juin 2014par Service Presse

La condamnation, lundi 23 juin en Égypte, de trois journalistes d’Al Jazeera English accusés d’avoir « falsifié des informations » et de faire partie du mouvement des Frères musulmans ou d’avoir aidé celui-ci constitue une attaque violente contre la liberté de la presse, a déclaré Amnesty International.

Les trois journalistes – l’Australien Peter Grestel’Égypto-Canadien Mohamed Fahmy et l’Égyptien Baher Mohamed, tous considérés par Amnesty International comme des prisonniers d’opinion – ont été condamnés à sept ans de prison. Baher Mohamed a en outre été condamné à trois ans supplémentaires pour détention d’une cartouche de fusil. Ils sont incarcérés depuis le 29 décembre 2013.

« C’est un jugement terrible pour ces hommes et leurs familles, et une journée noire pour la liberté de la presse en Égypte, à l’heure où des journalistes sont enfermés et qualifiés de criminels ou de “terroristes” simplement pour avoir fait leur travail », a déclaré Philip Luther, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

« La seule raison pour laquelle ces trois hommes sont en prison est que les autorités égyptiennes n’aiment pas ce qu’ils ont à dire. Ce sont des prisonniers d’opinion qui doivent, à ce titre, être libérés immédiatement et sans condition. En Égypte aujourd’hui, toute personne qui ose contester le discours des autorités est considérée comme une cible légitime. »

Sur les six autres personnes jugées avec les journalistes d’Al Jazeera, deux ont été relaxées et quatre condamnées à sept ans d’emprisonnement.
Le tribunal a également condamné par contumace un certain nombre d’autres journalistes à 10 années de prison, notamment les Britanniques Sue Turton etDominic Kane et la Néerlandaise Rena Netjes.
Un observateur d’Amnesty International a relevé plusieurs irrégularités et des exemples d’incompétence totale pendant le procès. En 12 audiences, le ministère public n’a pas présenté le moindre élément de preuve solide établissant un lien entre les journalistes et une organisation terroriste ou démontrant qu’ils avaient « falsifié » des séquences diffusées.

« Le procès a été une complète imposture. La condamnation de ces hommes à des peines d’emprisonnement après un spectacle si grotesque est une parodie de justice », a déclaré Philip Luther.

Le ministère public a fait obstacle au droit des prévenus d’examiner et de contester les éléments présentés à charge contre eux. Il a par ailleurs fait montre d’un manque de préparation et d’organisation, en présentant souvent des éléments non pertinents.

Des témoins essentiels de l’accusation ont également paru contredire leur propre témoignage écrit. Des experts techniques ont admis lors du contre-interrogatoire qu’ils ne pouvaient pas confirmer si les journalistes d’Al Jazeera avaient trafiqué des images ou transporté du matériel non autorisé.
« Ce jugement prouve une nouvelle fois que les autorités égyptiennes ne reculent devant rien dans leur campagne impitoyable visant à écraser toute personne qui conteste le discours officiel, quitte à utiliser des preuves douteuses contre elle », a déclaré Philip Luther.

Les journalistes ne sont pas les seules personnes exposées à ces risques Des milliers de personnes ont été enfermées au cours de l’année écoulée dans le cadre d’une vaste répression de la dissidence. De nombreuses condamnations à mort ont été prononcées à l’encontre de partisans de l’ancien président Mohamed Morsi.

« La justice égyptienne a prouvé à de nombreuses reprises qu’elle est peu désireuse ou incapable de tenir un procès impartial et équitable lorsqu’il s’agit de personnes soupçonnées de soutenir l’ancien président. Au lieu d’enfermer des journalistes et d’autres personnes perçues comme menaçantes, les autorités doivent concentrer leurs efforts sur des enquêtes crédibles concernant les violations des droits humains commises par les forces de sécurité », a déclaré Philip Luther.

Face à l’info 19/06/14 – RTBF


VOUS ÉCOUTEZ:

Face à l’info 190614 – Syrie-Irak: avancée jihadiste

Dans Face à l’info, on tente de faire un point sur la situation en Syrie et en Irak et l’avancée jihadiste. Eddy Caekelberghs reçoit : Ziad MAJED, politologue libanais et professeur d’histoire contemporaine du monde arabe à l’Université américaine de Paris. Il vient de publier un essai « Syrie, la révolution orpheline » aux éditions Sindbad-Acte Sud. Nicolas HENIN , ancien correspondant RTBF en Somalie et otage de daesh pendant 10 mois, libéré la nuit des 19-20 avril derniers. Et, Sophie LE MAUFF, notre correspondante à Bagdad

http://www.rtbf.be/radio/player/lapremiere?id=1936892&e

 

 

Damas remercie les jihadistes


Territoires contrôlés en Syrie et en Irak par l'État islamique en Irak et au Levant (à la mi-juin 2014).

Pierre Coopman

Le 16 juin 2014

A l’heure de terminer cet article sur la Syrie pour la Revue nouvelle, le 16 juin 2014, les jihadistes de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) sont à moins de 150 kilomètres de Bagdad. Ils contrôlent un territoire s’étendant au moins sur le tiers de la Syrie et de l’Irak réunis (voir carte ci-contre).  L’EIIL mène des exécutions sommaires de masse de soldats irakiens chiites. L’horreur est absolue. Une question se pose : les opinions que je défends à propos de la Syrie dans les lignes qui suivent sont-elles mises à mal par cette percée criminelle et fulgurante de l’EIIL en Irak ? La réponse est négative.

Si le pouvoir irakien réussit à obtenir une intervention occidentale pour contenir l’EIIL (les USA hésitent à s’impliquer au moment de clôturer cet article), alors que les Syriens ne l’ont pas obtenue après des bombardements aux barils, des villes entières rasées et au moins une attaque au gaz sarin (le 21 août 2013), l’analyse correcte des événements imposera d’identifier l’EIIL comme un allié temporaire de Damas : le monstre utile qui permettra à Bachar Al-Assad de faire oublier ses crimes passés et actuels et de commettre ses prochaines exactions impunément. Les fondements théoriques  du baathisme, l’idéologie sur laquelle s’appuie le régime Assad en Syrie, créent les conditions de la violence, du déluge et de la barbarie comme seules alternatives à son pouvoir.  En condensé : il faut pour la famille alaouite Assad maintenir effectif, par la répression, le risque d’un génocide de la communauté alaouite. Pour cela, il faut constamment attiser les sentiments de vengeance de la population syrienne (majoritairement sunnite), l’inciter au fanatisme. L’extrait vidéo traduit dans la suite de cet article est une illustration flagrante de cette réalité.

Faites place aux barbares

Depuis septembre 2013, j’ai cessé de rédiger des textes à propos de la Syrie. Le dernier article publié sur les blogs de la  Revue nouvelle, concernait la visite d’une eurodéputée socialiste à Damas. Depuis lors, mon silence témoigne d’un découragement. De nombreuses personnes sont scandalisées par les options initiales (dès mars 2011) du régime de Bachar Al-Assad, celles de la répression et de la guerre. Elles ont écrit, milité, agi comme elles le peuvent. Toutes sont démunies face à la sclérose imposée par les Etats dont les choix et les actions devraient théoriquement être décisifs pour tendre vers un cessez le feu, vers des solutions, certes jamais « idéales » : les USA, la Russie, l’Iran, l’Union européenne, les pays du Golfe. Les horreurs et les actes de barbarie s’amplifient, comme dans toute guerre fratricide, la chaîne des responsabilités s’opacifie. Et pour appuyer la descente aux enfers du pays de Cham, la Russie et la Chine ont à nouveau usé de leur droit de véto à l’ONU, en mai 2014, bloquant une résolution visant à transférer le dossier syrien à la Cour pénale internationale.  «Ne vous en mêlez pas, faites place aux barbares», tel est le message qu’ont transmis « les protecteurs de la Syrie » tandis que le président Assad menait campagne afin de remporter haut la main son plébiscite avec le « modeste » score de 88,07% des voix. «Mais, pour les habitants d’Alep – dans le Nord – la seule campagne dont ils sont témoins est menée à force de barils d’explosifs et de bombardements sans discernement», rapportait fin avril Human Rights Watch. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, ces barils ont tué près de 2000 civils ces cinq derniers mois dans la province d’Alep, dont près de 570 enfants et plus de 280 femmes.

J’ai donc cessé d’écrire sur la Syrie, mais j’ai commencé la rédaction du présent article quand j’ai vu une vidéo tournée à Alep en 2014 et publiée par un chaîne Youtube dénommée All Eyes On Syria. Si vous avez cliqué sur le lien, vous aurez sans doute remarqué qu’il n’est plus disponible. Sur un nouveau compte Youtube, All Eyes On Syria explique avoir été l’objet d’unefermeture imposée par les opposants de l’Armée syrienne libre (ASL). La guerre est aussi une question de propagande à travers les médias sociaux et l’ASL n’a sans doute pas apprécié que All Eyes On Syria publie des vidéos relatant les exactions commises par toutes les parties impliquées dans le conflit.

Nous avions traduit la vidéo qui n’est désormais plus visible. Elle est insupportable. On n’y voit pas une boucherie comme dans des centaines d’autres vidéos diffusées sur Youtube. Les images sont floutées sur le charroi qui passe avec des corps qui ont eu le malheur de se trouver sous les barils de TNT largués par les hélicoptères de l’armée syrienne de Bachar Al-Assad. On y entend tout simplement des hommes vociférant, implorant Allah parce qu’il n’y a plus rien d’autre à implorer, éructant entre autres ces phrases trop éloquentes :

 

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