Un président illégitime accepte de participer à des négociations sans but


N’est pas Yasser Arafat qui veut... L’ex-président Mahmoud Abbas ne représente plus qu’un comité exécutif de l’OLP fantôme et une direction du Fatah accrochée à ses privilèges.

mardi 31 août 2010 – 06h:42

Abdel Bari Atwan


Depuis son intronisation à la présidence de l’Autorité palestinienne à Ramallah, Mahmoud Abbas a plusieurs fois trahi ses promesses, détruisant ainsi sa crédibilité et celle de tout le peuple palestinien auprès des Arabes et du reste du monde.

N’est pas Yasser Arafat qui veut… L’ex-président Mahmoud Abbas ne représente plus qu’un comité exécutif de l’OLP fantôme et une direction du Fatah accrochée à ses privilèges.

Après la conférence d’Annapolis, il avait promis de ne pas entamer de négociations aussi longtemps que la construction des colonies se poursuivait ; pourtant, il l’a fait. Il a dit qu’il ne passerait pas des négociations indirectes aux négociations directes à moins que des progrès n’aient été réalisés, mais il se prépare maintenant à se rendre à Washington cette semaine bien qu’aucune de ses conditions préalables aux entretiens n’ait été remplie.

On ne comprend pas très bien pourquoi le président Abbas assiste aux négociations qui n’ont essentiellement aucun cadre de référence bien que même s’il y en avait un, il ne le respecterait pas plus que ceux qui le représentent et il ne s’en tiendrait pas plus à ses objectifs. Je n’exagère pas en disant que Abbas ne respecte pas le peuple palestinien et ses points de vue à supposer qu’il en reconnaisse même l’existence.

Par le passé, Mahmoud Abbas avait recours au comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine et non pas aux conseils national et central pour l’adoption d’une décision justifiant sa participation aux négociations en réponse aux pressions étasuniennes. Toutefois, comme il n’a pas de légitimité personnelle et qu’il n’est pas certain d’obtenir ce soutien, il ne suit plus cette démarche et il a tendance à décider de son propre chef du sort des Palestiniens, avec pour conséquence logique qu’il signerait un accord de paix en son seul nom.

Neuf membres seulement du comité exécutif de l’OLP ont assisté à la dernière réunion, bien que la télévision palestinienne officielle ait montré une salle bondée de participants pour donner l’impression que le quorum était atteint et que la décision du Président était donc légale. Ce fut une des supercheries les plus graves que Abbas ait commises à l’encontre de son peuple.

La liste d’organes représentatifs qui ne le soutiennent pas est longue : le Front populaire démocratique, le Parti du peuple palestinien, ce qui reste des mouvements de libération palestiniens et arabes, les dix factions représentées à Damas (notamment le Hamas et le Djihad islamique, le commandement général du Front populaire pour la libération de la Palestine et la plupart des mouvements de résistance dans la bande de Gaza) ainsi que le Forum économique palestinien. Alors qui le soutient ? Et qui représente-t-il dans ces négociations ?

Un jour après qu’il eut accepté d’aller à Washington, une fuite a révélé qu’il s’indignait de la déclaration faite par la secrétaire d’État US, Hillary Clinton, qui confirmait que les négociations auraient lieu sans aucune condition préalable, reprenant ainsi mot pour mot les exigences du premier ministre Benjamin Nétanyahou. On a dit que Abbas s’est calmé après des appels téléphoniques du département d’État, mais le négociateur palestinien, Saeb Erekat, a ensuite affirmé que le président de l’AP ne retournerait pas aux négociations « s’il était posé ne fût-ce qu’une pierre » dans les colonies israéliennes.

Saeb Erekat a de toute évidence complètement oublié la série de déclarations « pas de pourparlers à moins que … » que le président Abbas et lui-même avaient faites. Il les retrouvera toutes sur YouTube s’il les a oubliées. Aucune des objections palestiniennes n’a duré plus de quelques jours, parfois quelques heures à peine avant d’être remplacée par un « oui » retentissant, justifié de manière naïve et peu convaincante.

Ce n’est pas par hasard que chaque fois que le Président palestinien décide d’annuler une de ses conditions préalables, ou leur totalité, il retourne néanmoins aux négociations à cause des retards dans le paiement des salaires des 160 000 employés de l’AP. Ce retard est expliqué dans de longs rapports sur l’ampleur du déficit budgétaire et la menace de ne pas payer les salaires pendant des mois s’il n’est pas tenu compte des exigences US.

Aussi, la réalisation la plus pernicieuse de l’Autorité palestinienne est-elle d’avoir réduit le peuple de Cisjordanie et d’une partie de Gaza à devenir « esclaves de leur salaire », exposés à un chantage mensuel. Ce que nous craignons est que cet esclavage conduira à renoncer à toute la Palestine ou à ce qui en reste.

La conséquence la plus sérieuse de la « paix économique » adoptée par l’AP est l’oblitération de l’ histoire honorable des Palestiniens. Juste avant la création de l’Autorité un des slogans les plus importants et vigoureux de l’histoire palestinienne était « pain et dignité ».

Maintenant, en Cisjordanie la nouvelle génération ne connaît rien de l’intifada ni de toutes les autres options de résistance possibles pour les Palestiniens si ce n’est les négociations pour l’obtention d’un salaire à la fin du mois. Cette génération ne sait guère que la situation à l’époque de leurs parents, avant l’arrivée de l’AP, était bien meilleure qu’aujourd’hui. Les choses étaient claires alors : d’une part l’occupation israélienne, et d’autre part une résistance populaire féroce.

Aujourd’hui il y a toujours l’occupation, et en face des agents locaux dont la priorité est d’assurer la sécurité et le confort des colons israéliens ; ces agents sont prêts à attaquer brutalement quiconque insulte ou agace ces colons par des appels à la prière ou la récitation de versets du Coran du haut des minarets en Cisjordanie occupée. Pour apaiser les colons illégaux, le ministre des Awqaf islamiques émet des fatwas qui font injure à la logique et à toute les prescriptions islamiques. Les forces de sécurité palestinienne sont devenues une filiale de leurs homologues israéliens et coordonnent leur activité avec les USA contre leur propre peuple qui envisage un retour au statu quo d’avant la création de l’AP.

Netanyahu ment aux Arabes tout comme aux Étasuniens, mais il n’ose pas mentir à ses alliés de la coalition au pouvoir en Israël, ni à l’électorat israélien parce qu’on lui demandera des comptes s’il ne s’en tient pas à sa plate-forme électorale. Le président Abbas par contre n’a pas de tels comptes à rendre et le peuple de Palestine n’a pas l’occasion de lui rappeler son programme électoral ; il n’a pas non plus la possibilité de menacer Abbas d’un vote de défiance en ce qui concerne sa présidence ; son mandat légal a expiré il y a deux ans et en dépit de cela, il agit toujours comme s’il était un président unanimement élu, doté d’un mandat ouvert.

La Maison-Blanche est bien au courant de cette situation tout comme elle connaît le mécanisme de décision de l’Autorité palestinienne ainsi que les points faibles de ceux qui entourent le président (ils n’ont ni autorité, ni pouvoir politiques). C’est ainsi que l’administration US fait pression et donne ses ordres sachant bien qu’ils seront exécutés sans hésitation.

Avec la bénédiction de certains dirigeants arabes « modérés » (c’est-à-dire également aux ordres des USA) dont le président Abbas sera entouré à Washington, nous pouvons nous attendre à un nouveau massacre dans les annales de la cause palestinienne, cette fois par des moyens politiques et par l’humiliation de l’Autorité palestinienne. Peut-être ces dirigeants encourageront-ils Abbas à serrer chaleureusement la main de Netanyahu devant les caméras de télévision à Washington lorsque l’on annoncera « une percée importante dans le processus de paix ».

Je ne vous apprendrai rien de neuf en disant que ces négociations n’aboutiront pas à un traité de paix équitable ni même inéquitable. Ce dernier spectacle vise à créer un écran de fumée ainsi que les circonstances propices pour lancer encore une autre guerre contre un pays musulman, projet en tête de liste pour les USA et Israël.

L’ancien premier ministre israélien Yitzhak Shamir a accepté d’assister à la conférence de paix de Madrid en 1991 pour couvrir la destruction de l’Irak et le massacre de centaines de milliers d’Irakiens ainsi que pour préparer des négociations avec les Arabes qui dureraient plus de 20 ans sans qu’un pouce soit cédé aux Palestiniens. Par coïncidence, le bras droit de Shamir à Madrid n’était personne d’autre que Benjamin Nétanyahou. Les plans de Shamir ont donc été exécutés avec une avance d’un an sur le programme, avant que le « processus de paix » n’atteigne sa 20e année ; les résultats de ce processus sur le terrain, tout le monde les connaît et il n’est pas nécessaire de les expliquer.

Netanyahu continuera sur le chemin tracé par son professeur Shamir ; il fera tout ce qu’il veut aussi longtemps que ceux qui sont « esclaves de leur salaire » apprécieront la paix économique, qu’ils préféreront le pain à la dignité et qu’ils oublieront qu’ils sont les fils du soulèvement le plus important de l’histoire moderne.

(JPG)

* Abdel Bari Atwan est Palestinien et rédacteur en chef du quotidien al-Quds al-Arabi, grand quotidien en langue arabe édité à Londres. Abdel Bari Atwan est considéré comme l’un des analystes les plus pertinents de toute la presse arabe.

Du même auteur :

- Négociations indirectes ? Une perte de temps – 15 mai 2010
- Netanyahu défie Obama – 6 avril 2010
- Netanyahu-Obama : une tempête dans un verre d’eau – 29 mars 2010
- Conseil de guerre à Damas – 20 mars 2010
- La Grande-Bretagne va protéger les criminels de guerre israéliens – 11 mars 2010
- La collusion européenne avec le terrorisme israélien – 24 février 2010
- Israël et la « Petite-Bretagne » – 21 janvier 2010
- La coalition occidentale ne peut pas vaincre les Talibans – 19 décembre 2009

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«Water makes money» ?


Chère
et cher,

Aurais-tu la prévenance de bien vouloir déjà réserver ta soirée du jeudi 23 septembre pour assister à une «première mondiale» inoubliable ?
L’association Attac organisera, en effet, au cinéma Arenberg la projection d’un film-choc –un film décidé à mettre en accusation les multinationales de l’eau et à en éclabousser l’honorabilité…
Durement mis en cause dans ce documentaire compromettant, Veolia et Suez se sont déclarés prêts à tout entreprendre pour en empêcher la diffusion.
C’est pourquoi je te demande de faire de cette séance exceptionnelle un événement sensationnel –en y faisant acte de présence (après avoir entraîné, dans ce défi cinématographique, un maximum de tes amis).

«Water makes money» ? Pour éviter la censure, la saisie d’huissier ou tout autre acte de contrainte policière…, cette œuvre de salubrité publique sera projetée –en même temps– dans 50 autres villes, à travers toute l’Europe.

Le présent courrier est donc un Appel, à diffuser le plus largement possible. Car «Water makes money» est un reportage probe, salutaire et courageux pour lequel nous devrions tous nous mouiller.

D’autres informations suivront. A bientôt.

__________
Jean Flinker

Dattes amères


… sur les conditions de travail des ouvriers palestiniens dans les palmeraies coloniales de la vallée du Jourdain – n’achetez pas les dattes King Salomon, Jordan River… !

Niouz de europalestine



Bientôt la rentrée… sauf pour ceux qui sont déjà revenus de vacances, et ceux qui ne sont pas partis cet été. A commencer par les Palestiniens qui continuent à subir l’occupation, les emprisonnements, le vol de terres, comme à Jérusalem Est, où les expulsions de familles palestiniennes se poursuivent à un rythme accéléré.

Tandis que les médias annoncent la « reprise de négociations », les habitants de Gaza restent sans électricité, sans matériaux de construction et ceux de la Cisjordanie sont toujours privés de liberté, puisque l’occupant — souvent main dans la main avec ceux qui acceptent de collaborer– quadrille rues et villages,  épaulant les colons israéliens qui se livrent à d’incessantes exactions. Figurez-vous que certains de ces colons, à Hébron, ont demandé (et obtenu !) que l’on entende moins le son du muezzin pendant le Ramadan, parce que cela les gêne !

Tandis que des soldat(e)s israéliens exposent sur facebook leurs basses besognes, leurs dirigeants s’agitent de tous côtés pour tenter d’endiguer la riposte internationale qui grandit : le boycott de l’occupant… y compris par des Israéliens qui s’opposent à ce régime fasciste. Vote à la Knesset au début du mois d’une amende de 30.000 shekels (environ 6.000 euros) pour tout citoyen ou organisme qui souhaitera s’engager en faveur d’un boycott contre Israël.

Et aux Etats-Unis, certains sionistes font campagne pour que les principaux donateurs à Israël s’engagent désormais dans le boycott de l’Université Ben Gourion (Bersheva) coupable de ne pas révoquer ou exclure les universitaires (tel le Pr Neve Gordon) qui se sont associés à la campagne BDS. Il y a même, ces prochains jours, une réunion du « Congrès juif mondial » à Jérusalem (!!) pour voir comment contrecarrer cette vague de réprobation qui se matérialise par le boycott d’Israël. Hier encore, le ministère norvégien des finances a annoncé l’exclusion de deux firmes israéliennes de ses investissements, en raison de leur participation à l’occupation.

La consigne a donc été donnée d’engager des poursuites autant que faire se peut. En Grande-Bretagne, les attaquants viennent d’essuyer un deuxième camouflet. Après la relaxe des militants écossais ayant interrompu un concert du Jerusalem Quartet au printemps dernier, ce sont les responsables d’un magasin londonien vendant des cosmétiques AHAVA, qui ont perdu leur procès et ont dû payer les frais de justice cet été. Ils avaient attaqué des militants ayant organisé une action de boycott de ces cosmétiques (soi-disant « made in Israel »).

En France, le dénommé Sammy Ghozlan, roi du chantage à l’antisémitisme, met les bouchées doubles. Il a déposé plus de 50 plaintes contre des militant(e)s qui participent à cette campagne internationale de boycott. Et comme on sait que le ministre de la justice de ce pays se permet de donner des ordres aux magistrats en leur demandant de donner suite à ses élucubrations, plusieurs procès vont avoir lieu dès cette rentrée :

– le lundi 13 septembre, à Mulhouse, 5 militant(e)s, appartenant à 5 organisations différentes, sont appelés à comparaître devant un tribunal, accusés d' »incitation à la haine raciale » pour avoir appelé au boycott de l’occupant israélien !
– le 24 septembre, aura lieu à Bordeaux le procès en appel de Sakina Arnaud, condamnée en première instance pour les mêmes raisons

Et ce n’est pas tout ! Car comme l’écrivent les supporters de la politique israélienne en France : « Quoi de mieux que de frapper ces trublions dans leurs portefeuilles ? »

Au lieu de nous intimider, ces procès seront l’occasion de montrer notre solidarité, notre coordination nationale et internationale, et l’élargissement de cette campagne de boycott, qui est la seule riposte non-violente efficace, en l’absence de toute intervention de nos dirigeants pour faire respecter le droit international et la justice.
On peut voir sur internet des actions de boycott similaires se dérouler dans un nombre croissant de pays, proches et lointains : en Belgique, en Italie, aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne, mais aussi aux Etats-Unis, au Canada, et en Australie.. et ce n’est qu’un début !

Le BDS Tour que nous avons organisé en juillet, dans 15 villes de France, en coopération avec les comités locaux, a montré l’intérêt du public pour ces nouvelles méthodes de lutte pacifique. Si vous avez raté ces 15 épisodes sur notre site

http://www.europalestine.com, vous aurez bientôt accès à une vidéo de synthèse, sous-titrée en anglais, qui montre que la clé du succès est dans le nombre, mais aussi dans la diversité. Un grand merci à tous les parents, enfants, jeunes et moins jeunes de toutes origines qui ont fait cette belle démonstration !

Cap maintenant sur une action d’envergure, coordonnée, le samedi 11 septembre pour soutenir les 5 militants de Mulhouse, qui nous appellent à ne pas les laisser isoler. Dans toutes les villes, les amis, les familles, doivent se mobiliser pour dire « Moi aussi, je boycotte ». Si vous pouvez participer à ces actions et que vous souhaitez des contacts dans votre ville, merci d’envoyer un message à

info@europalestine.com en précisant votre ville et vos coordonnées.

Et pour organiser la solidarité financière, une première journée est organisée ce dimanche 29 août, de 14 H à 20 H à la librairie Résistances, à Paris : Vente et braderie de livres, d’artisanat, de tableaux et de photos pour faire face aux frais de justice engendrés par ces procès ! (Librairie Résistances : à l’angle du 40 rue Guy Môquet. 75017 Paris. M° Guy Moquet ou Brochant sur la ligne 13. Ou bus 31, arrêt Davy-Moines)

Autre rendez-vous le week-end suivant (4 et 5 septembre) à la grande braderie de Lille, sur notre stand !


Amicalement,
CAPJPO-EuroPalestine
Notre site a été alimenté tout l’été et vous y trouverez des infos et des vidéos très utiles : http://www.europalestine.com

Critique de la déraison pure


Daniel Salvatore Schiffer

Il y a un peu plus de trois mois, l’ouvrage de Daniel Salvatore Schiffer, Critique de la déraison pure, programmé aux éditions Mille et une nuits, fut refusé par Olivier Nora, nouveau PDG des éditions Fayard mais également grand manitou chez Grasset, éditeur de Bernard-Henri Lévy. L’affaire fit un certain bruit (voir ce blog le 12 février 2010 : « Le livre « empêché » de Daniel Salvatore Schiffer ») et Critique de la déraison pure [*] paraît finalement ces jours-ci chez François Bourin.

À toute chose malheur est bon car ce livre, sous-titré La faillite intellectuelle des « nouveaux philosophes » et de leurs épigones, nous parvient après une relative mévente (malgré une importante campagne promotionnelle) des livres de Bernard-Henri Lévy publiés en février dernier et une certaine désaffection médiatique provoquée en partie par sa bourde hénaurme sur Jean-Baptiste Botul…

J’en veux pour preuve par exemple le dernier numéro du Nouvel Observateur, titré Le pouvoir intellectuel (en fait une franche publicité pour les trente ans de la revue Le Débat chez Gallimard) mais qui revient également sur le dernier livre de Michel Onfray et parle d’une « guerre BHL/Onfray ». « Bernard-Henri Lévy aurait-il trouvé son maître en marketing ? » se demandent méchamment (« Et Onfray détrôna BHL ») à trois David Caviglioli, Grégoire Leménager et Fabrice Pliskin, avant de diagnostiquer et de nous asséner un constat terrible : « Avec son pavé anti-Freud de 600 pages, Michel Onfray s’impose comme le premier intellectuel médiatique de France. » Ah bon ? Passons sur ces mauvaises raisons qui ressemblent fort à un croche-patte ou au coup de pied de l’âne !

En fait, le gros souci avec la « nouvelle philosophie » – et Daniel Salvatore Schiffer en semble bien conscient qui cible essentiellement ses critiques sur les ouvrages philosophiques de Bernard-Henri Lévy et André Glucksmann –, c’est qu’il s’est agi essentiellement d’un excellent montage médiatique autour des livres (La Cuisinière et le mangeur d’hommes, La Barbarie à visage humain et Les Maîtres penseurs) où ces deux auteurs, anciens maoïstes, découvraient le Goulag et en théorisaient le déclin du communisme…

Cependant, leurs positions philosophiques sont difficiles à distinguer de leurs engagements politiques publics divers et variés qui ont fait d’ailleurs que la « nouvelle philosophie » a très vite éclaté en tant que groupe artificiel pour ne laisser la place qu’aux manifestations individuelles de ses protagonistes, parfois proches sur des sujets brûlants d’actualité.

Il reste ainsi toujours difficile de faire la part des choses sur les positionnements successifs concernant le conflit israélo-palestinien, les guerres de l’ex-Yougoslavie, les suites du 11-septembre, etc., et leurs ouvrages philosophiques respectifs.

Dans Critique de la déraison pure, Daniel Salvatore Schiffer, après bien d’autres, s’y essaye et développe essentiellement (je résume) ses désaccords avec Bernard-Henri Lévy sur l’inconsistance de ses analyses philosophiques sur Nietzsche et Camus ou Jean-Paul Sartre et Emmanuel Levinas, sur le rôle des intellectuels et de l’engagement, sur les erreurs de ses enquêtes sur la Bosnie ou l’Afghanistan et le journaliste Daniel Pearl, sur ses postures ineptes jusqu’à la bourde botulienne…

Le débat est important en ce qu’il recoupe des préoccupations éthiques que l’on pourrait croire non conjoncturelles et universelles – mais qui malheureusement se révèlent le plus souvent marquées du sceau des idéologies !

Michel Sender.

[*] Critique de la déraison pure (La faillite intellectuelle des « nouveaux philosophes » et de leurs épigones) de Daniel Salvatore Schiffer, éditions François Bourin, Paris, mai 2010 ; 368 pages, 22 €. www.bourin-editeur.fr

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Etats-Unis et Iran… A deux doigts de la guerre


mercredi 11 août 2010 – 06h:20

Abdel Bari Atwan

Pour que les Etats-Unis lancent leurs bombardiers et missiles sur l’Iran, il ne manquerait plus qu’un prétexte… quitte à le fabriquer de toutes pièces, écrit Abdel Bari Atwan.

Scène sur un porte-avions américain - Les Etats-Unis, Israël (et la France ?) sont-ils sur le point de lâcher leurs engins de mort sur la république iranienne ?

Scène sur un porte-avions américain – Les Etats-Unis, Israël (et la France ?) sont-ils sur le point de lâcher leurs engins de mort sur la république iranienne ?

L’amiral Mike Mullen, président du collège des Chefs d’état-major [Joint Chiefs of Staff], a annoncé dimanche que les États-Unis ont depuis quelques temps déjà mis au point un plan pour une frappe sur l’Iran. Il semblerait que nous devons nous attendre à une autre guerre majeure qui changera la carte politique et la vie des peuples de cette partie du monde, et pour des décennies.

Avec l’avantage de la rétrospective, il s’agit clairement d’une pratique israélienne et américaine de vouloir recueillir une approbation publique avant de lancer la première attaque, trouvant des prétextes pour la guerre comme ils l’ont fait avec l’invasion du Sud du Liban en 2006 (qui d’après Israël était une guerre de représailles contre le Hezbollah qui avait capturé deux de ses soldats) et la sinistre farce des Armes de Destruction Massive [ADM] avant l’invasion de l’Irak en 2003 par une coalition sous commandement des États-Unis.

Le Président Bush avait réellement décidé – au cours des discussions avec son allié Tony Blair, alors premier ministre de la Grande-Bretagne – du moment de la guerre contre l’Irak huit mois avant de lancer l’opération. Ces deux-là ont alors entamé le processus de diabolisation, nécessaire pour convaincre leurs publics que l’action militaire était justifiée. Les politiciens, les médias et les porte-parole aux Nations Unies faisaient tous partie des pièces composant cette machinerie.

Il y a plusieurs indicateurs montrant que des préparatifs sont en cours pour une nouvelle guerre et que la question est à présent concentrée sur le fait de trouver un prétexte pour lancer les bombardiers et missiles à long portée israéliens et américains. Voici lesquels :

Premièrement : la décision du Tribunal international spécial pour le Liban sur l’assassinat de Rafic Hariri sera rendue publique le mois prochain. Des fuites suggèrent que le Hezbollah sera accusé d’être impliqué. Son dirigeant Sayyed Hassan Nasrallah a déjà insisté sur le fait qu’il ne tiendrait pas compte des accusations, expliquant que le Tribunal était politisé, et que les preuves ont été fabriquées. Cela signifie qu’une position peut être prise au niveau international pour condamner le Hezbollah, donnant ainsi un feu vert à une agression israélienne contre lui.

Deuxièmement : les États-Unis ont exercé de très fortes pressions – caractérisées par des menaces et des intimidations – sur l’Autorité palestinienne de Ramallah pour qu’elle revienne à des négociations directes avec Israël. Le 29 Juillet, lors de sa réunion au Caire, le Comité pour l’Initiative de paix arabe a exhorté le président Abbas à entamer des pourparlers directs, en dépit du fait que la partie israélienne n’ait fait aucune concession sur l’une des questions majeures, telle que celle des illégales activités de colonisation. Nous avons constaté que chaque fois que Washington préparait Israël à la guerre, il y avait une série de rencontres israélo-égyptiennes à Charm el-Cheikh, des coups d’envoi pour des négociations israélo-palestiniennes, le tout avec des promesses d’un engagement américain en faveur d’un très prochain Etat palestinien indépendant.

Troisièmement : le mois dernier Netanyahu, premier ministre d’Israël, a tenu une réunion extrêmement cordiale avec Barack Obama à la Maison Blanche. C’était très différent d’une rencontre antérieure caractérisée par l’absence de résultats et des antagonismes. Les deux hommes ont convenu de relancer les négociations de paix, présentant Israël comme voulant la paix malgré son massacre, le 31 mai dernier, de militants pacifistes sur la Flottille de la Liberté pour la bande de Gaza.

Quatrièmement : Six soldats israéliens ont été récemment tués en Roumanie lorsque leur engin s’est écrasé lors de manoeuvres conjointes… Il y a des spéculations selon lesquelles la Roumanie et la Géorgie ont pris la place de la Turquie comme allié d’Israël et comme pont vers l’Europe. La Turquie a fermé son espace aérien à Israël pour protester contre le massacre de la Flottille et contre le blocus de la bande de Gaza.

Cinquièmement : Les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite ont interdit l’utilisation du téléphone mobile BlackBerry du fait que ses scripts de communication ne sont pas soumis à la surveillance des services de sécurité. Ils ont expliqué que l’interdiction se justifiait par les préparatifs pour des mesures d’urgence en cas de guerre. Il y a plus de 400 000 Iraniens dans la région du Golfe, et les journaux répandent des rumeurs sur des cellules dormantes iraniennes parmi eux.

Sixièmement : la visite commune surprise de la semaine dernière du roi saoudien Abdullah bin Abdul Aziz et du président syrien Bachar al-Assad à Beyrouth ; ils y ont exhorté les dirigeants des organisations rivales à convenir d’une trêve, face à l’anxiété croissante au sujet une nouvelle guerre civile si le Hezbollah se retrouvait accusé de l’assassinat de Rafic Hariri. Cela met en évidence un plan israélien pour attaquer le Liban.

Septièmement : Israël a achevé les essais de son système de défense anti-missile, « le dôme de fer », le 20 juillet. La Syrie a été récemment accusée d’avoir fourni des missiles Scud au Hezbollah .

Huitièmement : pour la première fois depuis plusieurs années, des roquettes ont été lancées contre Israël depuis le désert du Sinaï. On pense qu’il s’agissait de fusées à longue portée de type Grad (russe). Ceci survient comme un avertissement à Israël, disant que la réplique à une agression ne viendrait pas seulement du Sud-Liban mais aussi du Sinaï et de la bande de Gaza.

L’amiral Mullen faisait preuve de raison quand il a dit être préoccupé par les coûts élevés d’une autre guerre à la fois en termes de vies humaines et en termes économiques. Les résistants islamistes et les troupes iraniennes sont de redoutables combattants qui sont prêts à mourir plutôt que de hisser le drapeau blanc, au contraire des régimes arabes si friands de capitulations. La guerre en Afghanistan dure depuis neuf ans, et depuis sept ans en Irak. Le Hezbollah a résisté à l’agression israélienne pendant plus de trente-quatre jours et n’a pas été brisé, et le Hamas n’a pas été vaincu après plus de trois semaines de guerre lorsque Israël a envahi Gaza l’hiver 2008-2009. Ce fut le début d’un tournant dans l’opinion mondiale, Israël se révélant être un Etat voyou raciste qui commet des crimes de guerre et viole toutes les lois internationales.

Le président Obama a annoncé hier que toutes les troupes américaines en première ligne quitteront l’Irak en Septembre. Il ne veut pas que ses troupes deviennent des otages en cas de guerre avec l’Iran. Dans ce qui se révèle être d’une grande ironie historique, les Iraniens sont le plus fort contingent dans l’actuel régime irakien sous l’égide des Etats-Unis.

La récente réconciliation saoudo-syrienne n’est pas une garantie de stabilité au Liban, ces pays exerçant une moins grande influence comparée à celle de l’Iran dont les liens avec les branches politiques et militaires du Hezbollah sont bien connus.

Mohammad Baqer Zolghadr, vice-ministre iranien dans les affaires de sécurité intérieure a averti hier que dans le cas d’une attaque, l’Iran ripostera contre Israël comme contre les intérêts américains dans le Golfe. Ses missiles Shahab-3 à longue portée de 2000 km sont certainement capables de cela.

Nous n’excluons pas la possibilité que toutes ces menaces soient tout simplement un autre chapitre dans la longue guerre psychologique entre Téhéran et Washington. Mais la résistance des Talibans et le retrait des Néerlandais, des troupes polonaises et australiennes du théâtre afghan commencent à ressembler à une défaite pour l’OTAN.

Se pourrait-il que, après avoir fait machine arrière en Irak et avoir échoué à apporter la paix en Palestine, les Etats-Unis et les États arabes dits modérés souhaitent affronter un nouveau champ de bataille ? Telle est la stratégie d’un joueur qui face à ses pertes, prend des risques encore plus grands dans l’espoir de tout gagner, alors qu’il finit par tout perdre.

Les guerres en Irak et en Afghanistan n’ont en rien contribué à améliorer la sécurité américaine, bien au contraire : les Etats-Unis sont entraînés dans des guerres coûteuses et épuisantes, le processus de paix s’est effondré en même temps que l’économie et, surtout, la menace d’Al- Qaida n’a pas diminué mais s’est au contraire renforcée, et cette organisation n’a cessé de s’étendre à travers le monde.

* Abdel Bari Atwan est Palestinien et rédacteur en chef du quotidien al-Quds al-Arabi, grand quotidien en langue arabe édité à Londres. Abdel Bari Atwan est considéré comme l’un des analystes les plus pertinents de toute la presse arabe.

Dattes (vraiment) palestiniennes à Bruxelles


Elles viennent de Jiftlik, un faubourg de Jéricho; je les ai goûtées, elles sont délicieuses et non traitées.

Voici un article publié par ISM le 16/10/2007 dans lequel il est question de Jiftlik

Vallée du Jourdain – 16-10-2007

« Ce devrait être le paradis » – le « sous-équipement » stratégique de la Vallée du Jourdain
Par Palestine Monitor

La Vallée du Jourdain fait partie de la Vallée du Grand Rift afro-asiatique, et le point le plus bas de la planète. Elle s’étend sur 2.400 km², couvre plus d’un quart de la Cisjordanie palestinienne et jouit d’une terre riche et fertile, un climat tropical toute l’année et d’abondantes ressources en sources naturelles. C’est le paradis de l’agriculture.

La clinique de Jiftlik, pour 20.000 habitants de la Vallée du Jourdain

La vallée est également frontalière du Royaume de Jordanie, et selon un récent rapport d’enquête réalisé par le Centre de Développement Palestinien MA’AN, ce sont précisément les raisons pour lesquelles « Israël a maintenu à toute force son occupation sur le secteur, et pourquoi la Vallée du Jourdain est un tel point de contentieux dans le conflit entre Israël et les Palestiniens. »

MA’AN affirme qu’Israël a resserré son emprise sur la Vallée du Jourdain depuis 2000, en confisquant et en occupant la terre palestinienne aux motifs de « Sécurité nationale », en même temps qu’il offrait aux colons israéliens des primes massives pour qu’ils aillent s’installer dans la vallée.

Les habitants palestiniens de la Vallée du Jourdain ont besoin de permis spéciaux pour vivre dans leurs propres maisons et la presque moitié de la vallée leur est interdite d’accès.

Isaël a établi presque 1.100 km² de « zones fermées » à travers toute la vallée. Les Palestiniens du reste de la Cisjordanie se voient fréquemment interdire l’entrée à n’importe quelle partie de la Vallée du Jourdain, dont l’isolement n’a pas cessé de croître. Des infrastructures comme les transports publics, l’éducation ou les soins de santé ont toutes été, de façon stratégique, sous aménagées.

Jiftlik, à quarante minutes de Jéricho, est un village de la Vallée du Jourdain, en piteux état mais pittoresque. La clinique locale du Palestinian Medical Relief Services est dirigée par le Dr. Yosef Saada, qui, à part pendant les sept années de sa formation médicale en Russie, a toujours vécu à Jiftlik. Il est connu sur place pour être un défenseur passionné de la santé publique.

« Nous ne pouvons pas simplement traiter les gens avec des médicaments », dit-il. « Nos communautés sont isolées et très traditionnelles, et beaucoup de personnes ont aussi besoin d’aide pour changer leurs habitudes qui ont des impacts négatifs sur leur santé. Alors nous nous servons le plus que nous pouvons de l’éducation à la santé. »

Jiftlik abrite environ 5.000 personnes, mais le Dr. Yosef et les deux infirmières de la clinique reçoivent des patients d’une demi-douzaine de villages environnants. Le Dr. Yosef estime que sa clinique sert à plus de 20.000 personnes.

Il souligne que la clinique locale créée par l’Autorité Palestinienne n’est ouverte que deux jours par semaine, pendant deux heures par jour. Pendant ce temps, le Dr. Yosef reçoit personnellement environ 40 patients par jour.

Ceci serait un nombre de dossiers remarquable dans une clinique moderne bien équipée en médicaments, mais la clinique de Jiftlik, comme le reste du village, n’a ni électricité ni internet. Le petit bureau du Dr. Yosef sert de salle d’opération pour la petite chirurgie, et lorsque les patients doivent être transférés à l’hôpital, il se sert de sa propre voiture, parce qu’il n’y a pas d’ambulance dans le secteur. La clinique a l’eau courante mais selon le Dr. Yosef, la qualité de l’eau est si mauvaise qu’elle contribue aux problèmes de santé locaux.

« Il y a deux réseaux d’eaux locaux », dit-il, « et les deux sont contrôlés par la compagnie israélienne Mekorot. A cause de la mauvaise qualité de notre eau, nous avons des problèmes récurrents d’amibes, de giardiase, de gastroentérites et de diarrhées. Mais l’eau qui alimente les colonies vient de réservoirs séparés, avec des canalisations de meilleure qualité. »

Il y a 36 colonies israéliennes dans la Vallée du Jourdain, hébergeant plus de 6.000 colons, presque tous des fermiers. Les colonies Hamra, construite en 1971, et Mekhora, construite en 1973, entourent Jiftlik.

La combinaison stratégique des checkpoints israéliens, des permis, des saisies de terre, des colonies illégales et du sous-équipement ont conduit des centaines de milliers de Palestiniens à quitter leur propre terre. Il y a eu jusqu’à 350.000 palestiniens dans la Vallée du Jourdain. La population, aujourd’hui, est tombée à environ 52.000 personnes.

Les Accords de Paix d’Oslo de 1993 ont constitué un tournant majeur pour les communautés palestiniennes, partout dans les Territoires palestiniens occupés. Sous Oslo, les Territoires ont été divisés en zone A, B et C.

. La Zone A, qui représente 10,8% de la Cisjordanie, a été placée sous le contrôle de l’Autorité Palestinienne.

. La Zone B, 28% de la Cisjordanie, a été placée sous administration civile palestinienne mais sous contrôle sécuritaire israélien.

. Les 61,2% restants, plus 20% de la Bande de Gaza, sont devenus la Zone C, sous contrôle exclusif d’Israël.

Près de 95% de la Vallée du Jourdain sont maintenant contrôlés par Israël. « Après Oslo, notre district a été placé en Zone C », dit le Dr. Yosef, « et depuis, nous vivons sous contrôle israélien. Ils nous ont refusés les permis de construire de nouvelles maisons et des écoles, et même d’installer l’électricité ! Il y a des villages, à seulement 8 kilomètres d’ici, qui ont des équipements corrects, mais ils sont en Zone B, et ici, nous n’avons aucune infrastructure. »

Pour le Dr. Yosef, la comparaison la plus rude de toutes est entre les conditions à Jiftlik et les colonies israéliennes qui surplombent. « Les colons reçoivent des maisons toute neuves, plus l’enseignement et les soins de santé gratuits », dit-il. Les colons de la Vallée du Jourdain bénéficient également de 75% de réduction sur leurs factures d’électricité et autres fournitures, et des emprunts à long terme de 20.000 $ par famille.

« Le gouvernement israélien offre aux colons des incitations de toutes sortes pour venir ici vivre sur notre terre », dit le Dr. Yosef. « Mais l’Autorité Palestinienne ne fait rien pour nous. Alors que cette terre est à nous, ils ne nous aident en aucune manière à rester ici, dans nos propres communautés. »

L’éducation aussi a été peu développée dans la Vallée du Jourdain. Jusqu’à il y a 4 ans, il n’y avait pas d’école secondaire à Jiftlick. Les enfants allaient à l’école secondaire de Beit Hassan. Mais après que l’armée israélienne ait installé un checkpoint à Hamra, près de Beit Hassan, il y a eu des accusations de harcèlement des filles de la part des soldats, et de nombreuses familles ont cessé d’envoyer leurs filles à l’école. Comme il n’y avait pas, et qu’il n’y a toujours pas, de transports publics locaux, il est devenu impossible pour la plupart des enfants d’aller à l’école un peu plus loin.

Le Dr. Yosef et les autres militants de la communauté de Jiftlick savaient que les jeunes seraient obligés de quitter le secteur pour recevoir un enseignement correct, à moins qu’il y ait une bonne école locale. Ils se sont donc organisés pour installer une école. Ils savaient qu’un permis de construire en Zone C leur serait refusé, alors ils ont monté six grandes tentes derrière le village, et ont invité les parents à envoyer leurs enfants à l’école. 40 écoliers se sont inscrits, et l’école secondaire de Jiftlik a ouvert en 2003.

Le Dr. Yosef nous a emmenés rencontrer la femme qui a métamorphosé l’enseignement secondaire à Jiftlik. Nawal Khair Kanari était en train de finir la classe lorsque nous sommes arrivés à l’école, qui n’est plus sous tente, mais dans un bâtiment de brique. Les fenêtres sont sans vitre, le toit est en tôle ondulée et l’électricité vient d’un générateur, mais, comme le dit le Dr. Yosef, c’est une amélioration considérable par rapport à une rangée de tentes.

Après sa classe, Nawal nous a emmenés dans la salle du personnel, qui était vide à l’exception de quelques chaises, deux bureaux et une étagère de livres.

« Nous avons donné les cours à tous nos étudiants sous des tentes, pendant deux années », dit-elle. « Nous ne voulions pas prendre le risque de construire une école sans permis, parce qu’elle aurait été démolie. Quelquefois, le temps était terrible et les tentes ont été endommagées, mais nous avons toujours continué à enseigner. Aujourd’hui, nous avons plus de 130 étudiants, dont beaucoup de filles. »

Il y a deux ans, en 2005, une délégation française de l’Unesco est arrivée à Jiftlik pour une étude de terrain. Le chef de la délégation, Marcel Babosa, a visité l’école de tentes et a immédiatement proposé à Nawal et à ses collègues de les aider à obtenir un permis de construire. « Cela lui a pris presque deux années – mais nous avons fini par recevoir le permis ! « , nous dit Nawal rayonnante. Elle explique que le bâtiment dans lequel nous nous trouvons a été construit à la hâte, comme école provisoire. Mais une école toute neuve a été payée par le gouvernement malaisien, et elle est actuellement en construction.

« Venez voir », dit-elle.

« Cette école est vitale pour notre communauté, parce qu’elle permet aux jeunes d’avoir un enseignement et de rester à Jiftlik », explique-t-elle.

« Nous luttons toujours pour vivre ici. Je n’ai pas l’électricité chez moi, et je dois utiliser un générateur, et nous continuons à devoir nous battre pour le moindre permis de construire. Mais cette école va transformer notre village. »

Nous nous sommes dirigés vers l’école en construction, avons fait un tour improvisé pour aller parler aux ouvriers. L’un d’entre eux, Jihad, nous a dit combien il était choqué par les conditions de vie à Jiftlik. « Vous savez, je suis du Camp de Balata », dit-il, se référant au grand camp de réfugiés juste à la sortie de Naplouse. « La vie à Balata est dure, nous avons vraiment de gros problèmes. Mais la situation ici est encore pire qu’à Balata. Les gens ici sont réellement stupéfiants. »

Voir d’autres photos de Jiftlik.

Une Knesset israélienne fasciste


Michel Warshawski – AIC
27 juillet 2010

Michel Warshawski

Cette semaine, la Knesset entame ses vacances d’été, ses membres ont reçu leurs congés : dans les derniers jours de la session qui prend fin, ils ont fait un grand nombre d’heures supplémentaires pour présenter diverses propositions, dont le dénominateur commun est de sauver l’Etat de ses ennemis intérieurs.

Nous n’évoquerons que quelques-unes d’entre elles : proposition de déclarer le Mouvement islamiste illégal ; d’organiser un référendum pour dire si le gouvernement peut ou non accepter un accord de paix qui inclurait le retrait de Jérusalem-Est ou du plateau du Golan ; de conditionner l’octroi de la citoyenneté à la loyauté envers l’Etat, en tant qu’Etat juif ; de criminaliser les citoyens qui soutiennent les sanctions et/ou un boycott contre Israël, notamment un boycott des produits des colonies. A celles-ci et à toutes les autres, nous devons ajouter la vieille proposition interdisant toute commémoration publique de la Naqba.

Le visage de la Knesset est comme celui de sa plus récente législation : fasciste, avec une opposition qui est la plus minuscule et la plus lamentable. Il n’est pas surprenant, dès lors, que la Knesset ait du mal à accepter en son sein des membres comme Hanin Zoabi, spécialement car il n’est pas possible de l’exclure, pas encore ? Dans cette optique, la Knesset lui a retiré certains de ses droits en tant que personnalité publique élue. Mon cœur est avec Hanin Zoabi, Jamal Zahalkha, Dov Hanin, et la poignée de personnes saines qui restent dans la législature, obligées de côtoyer une centaine de petites brutes grossières et faibles d’esprit qui démontrent à leur égard une violence verbale qui, tôt ou tard, va se transformer en une véritable agression.

Il s’agit d’une législature que nous avons héritée directement de l’agression sanglante contre les habitants de Gaza en hiver 2008/2009. Le vaste soutien, quasiment unanime, aux crimes de guerre d’Olmert, Barak et Ashkenazy a donné naissance à une Knesset fasciste dans laquelle Benjamin Netanyahu ressemble à un homme d’Etat modéré et Tzipi Livni à une gauchiste radicale.

En conséquence, l’Etat d’Israël fait l’expérience en ce moment d’un isolement international sans précédent, et même « l’atmosphère amicale » censée caractérisée la dernière rencontre entre Netanyahu et le Président US ne peut dissimuler le sentiment de gêne de la Maison-Blanche devant les actions israéliennes. La violence meurtrière utilisée par l’armée contre la Flottille de la Liberté a choqué le monde entier, non seulement parce qu’il y eut de nombreux morts et blessés, mais surtout en raison du message qu’Israël voulait transmettre au monde : nous faisons ce que nous voulons, sans considération aucune du droit international, de notre image et des implications pour la communauté internationale, notamment nos partenaires stratégiques telle que la Turquie.

« Nous avons montré au monde que nous sommes prêts à devenir fous, » fanfaronnait Tzipi Livni après le massacre dans Gaza, ce qui prouve qu’il y a un héritage de Golda Meir quand celle-ci disait : « Ce qui importe, ce n’est pas ce que les goys disent, mais ce que les juifs font ». Meir avait elle aussi l’habitude de se vanter, avec, entre autres conséquences, la défaite d’Israël dans la guerre du « Yom Kippur » en 1973. Il n’y a aucun doute, un autre « Yom Kippur » attend Israël, bien plus amer que le précédent. Ce n’est qu’une question de temps, et cette fois, il viendra indubitablement du Nord.

C’est une descente folle vers l’abîme, dont on ne connaît pas la fin. Les Grecs avaient l’habitude de dire que, avant de détruire leurs ennemis, les dieux devaient les rendre fous. Toutes les lois proposées dans la dernière période par la Knesset, et le monstre législatif qui leur a donné le jour, expriment cette folie qui précède la chute.

Traduit en anglais par AIC – http://www.alternativenews.org/english/index.php/blogs/michael-warschawski/2761-fascist-israeli-knesset-

traduction : JPP

L’interdiction d’Al-Aqsa-TV par la France: Du terrorisme contre l’information


Abdelbari Atwan عبد الباري عطوان

Traduit par Esteban G.

La décision prise par le gouvernement français d’interdire la transmission des émissions télévisées de la chaîne Al-Aqsa via le satellite Eutelstat trahit l’influence d’Israël et de ses partisans actifs dans les gouvernements occidentaux. La France, en particulier, relaie une des causes de la haine croissante dans les pays arabes et musulmans contre ces gouvernements mettant en évidence l’hypocrisie de sa liberté d’expression, de ses droits humains et de son Etat de droit, dont elle se vante en permanence. Illégale et immorale, cette décision représente la victoire des puissants contre les opprimés.

Les prétextes invoqués par le gouvernement français pour justifier sa décision ne sont pas convaincants : ils manquent grandement de cohérence avec les valeurs de liberté. Le gouvernement français devrait agir prudemment, s’engager dans le dialogue, écouter le point de vue des autres et chercher à comprendre le contexte, mais force est de constater qu’il n’en est rien.

Certes, la chaîne satellite Al-Aqsa n’est pas la BBC ni CNN, mais elle n’a rien à envier non plus à Fox News. Elle s’exprime au nom d’un gouvernement élu démocratiquement et représente un mouvement de résistance qui lutte avec tous les moyens dont il dispose pour restaurer ses droits. La France accueille sur son sol des mouvements qui luttent contre les autorités légitimes du Darfour, tout comme elle avait hébergé précédemment les mouvements de résistance iraniens et l’Ayatollah Khomeiny lui-même.

Que se serait-il passé, à l’époque de l’occupation nazie, si la Résistance n’avait pas pu recourir aux émissions radio pour appeler à la résistance et à la lutte contre l’occupant afin de renverser le gouvernement de Vichy ?

L’interdiction injuste a été prise sous prétexte que la chaîne avait transmis une série de dessins animés montrant Mickey Mouse appeler à la résistance et inciter à combattre l’occupation. Quel mal y a-t-il à cela ? Et la France, que voudrait-elle ? Que les émissions diffusées depuis la bande de Gaza – assiégée et affamée depuis quatre ans, privée de ressources et dans l’impossibilité d’importer 4000 produits nécessaires, comme la coriandre ou les médicaments de base – pour appeler à résister contre l’occupant des terres palestiniennes qui bafoue les droits humains aient la forme de séries glamour ?

On attendrait du gouvernement français qu’il promulgue un décret interdisant plutôt aux radios et télévisions israéliennes d’émettre via ce satellite, car ces médias représentent l’Etat responsable des crimes de guerre commis dans la Bande de Gaza au cours de la dernière agression et du viol du droit international par l’abordage d’un navire transportant des militants pacifistes venus livrer des fauteuils roulants destinés aux personnes mutilées par les missiles et les bombes au phosphore blanc, ainsi que des matériaux pour reconstruire les 65 000 maisons détruites.

Le gouvernement français qui a pris cette décision fait semblant d’ignorer l’assassinat par le Mossad de Mahmoud al-Mabhouh à Dubaï, alors que le dirigeant du Hamas était détenteur d’un passeport français, un acte commis en violation des fondements de la souveraineté française et mettant de fait en danger la vie de ses propres citoyens.

N’aurait-il pas été plus juste de s’en prendre à un Etat qui a enfreint les lois françaises, le droit et les traités internationaux, qui a poignardé dans le dos un pays ami comme la France et trahi sa confiance, plutôt que de bâillonner une chaîne de télévision qui représente les aspirations d’un peuple assiégé aspirant à la liberté et à l’indépendance ? Cette question, nous la posons au président Nicolas Sarkozy, dont la famille a souffert du nazisme et des massacres perpétrés.

D’après l’Occident et la France, les gazaouis devraient tolérer d’être bombardés par des missiles israéliens qui déchiquettent le corps de leurs enfants affamés, et danser sur les décombres de leur maison détruite en poussant des cris de joie. Pourquoi veut-on étouffer les hurlements de douleur et d’injustice ? Est-ce à cette conception de la justice et de la démocratie que l’Occident est attaché ?

Des chaînes de télévision comme Al-Aqsa ou Al-Manar comptent parmi les rares qui peuvent encore dénoncer la douleur d’un peuple. Elles sont « très pondérées », voire très polies, en comparaison des stations radio de la Résistance française qui combattaient l’occupation nazie, comme l’attestent les émissions conservées dans les archives françaises et britanniques ainsi que de nombreux documentaires.

A cause d’un nuage de cendres émis par un volcan islandais, l’Europe a été paralysée pendant une semaine, la majorité des aéroports ayant été fermés. Les télévisions européennes ont montré la tragédie vécue par les passagers bloqués et forcés de vivre dans des abris cinq étoiles, loin de leur famille et de leur pays. Mais ni elles, ni les gouvernements européens n’ont fait preuve de solidarité pour les 2 millions de personnes vivant dans la Bande de Gaza sans médicaments pour les malades, sans lait pour les enfants et sans espoir de pouvoir se rendre à l’étranger, notamment en raison des murs d’acier érigés à chaque point de passage.

Nous comprendrions mieux le jeu de la France si Al-Aqsa émettait dans la langue de Molière et qu’elle avait pour objectif d’influencer l’opinion publique française, de« contaminer » sa conscience pour tenter de réduire ou de saper son soutien à Israël. Mais le fait est que cette télévision diffuse en arabe et s’adresse à un public totalement convaincu et qui n’a pas besoin qu’on lui dise quoi penser des massacres israéliens. Il est donc stupide de la part du gouvernement français d’empêcher la diffusion des programmes.

Comble de l’ironie, sous prétexte de diffusion d’idées extrémistes (Miracle! La résistance est devenue de l’extrémisme !), l’interdiction intervient alors que le processus de paix vit ses derniers moments. En effet, Israël a refusé les décisions de la Commission du Quartet International, et ses alliés d’Occident continuent, dans une attitude de défi, à participer à l’implantation de colonies illégales, à la judaïsation de lieux saints, à la destruction de maisons de la Jérusalem occupée et à la construction de murs racistes.

En prenant parti de manière aussi flagrante pour la domination israélienne, la France non seulement perd beaucoup de la crédibilité acquise par De Gaulle, Mitterrand ou Chirac dans le monde arabe et islamique, mais elle ternit aussi son image et renforce même les groupes extrémistes en leur offrant des conditions opportunes pour le recrutement de nombreux jeunes qui refusent les voies légitimes et les critères juridiques et politiques.

Nous espérons que le gouvernement français lira attentivement les récentes déclarations du chef du Mossad, Meir Dagan, lequel affirme qu’Israël est devenu un fardeau moral et une menace pour la sécurité de l’Occident, ou celles du commandant des forces armées US en Afghanistan, le Général McChrystal, selon qui la politique israélienne menace la vie de ses soldats en Afghanistan et en Irak. Mais il semble qu’Israël préfère perpétuer sans réfléchir ses politiques erronées et aveugles, sur cette question comme sur d’autres.

Injuste et malheureuse, cette décision à laquelle on ne peut pas grand-chose favorise aussi bien le terrorisme intellectuel que la suppression de la liberté. C’est une abdication humiliante face à la domination israélienne, qui s’accompagne de calamités de plus en plus grandes.

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement français se soumet aux diktats et aux pressions israéliennes. Il y a quelques années, il a déjà exercé cette même répression intellectuelle sur le média libanais du Hezbollah, Al-Manar. Il a également trahi les valeurs de liberté et de justice en interdisant la publication et la distribution de quotidiens irakiens ou arabes opposés à la destruction de l’Irak en répression de l’invasion du Koweit en 1990, ce qu’aucun gouvernement européen n’avait fait, pas même la Grande Bretagne, pourtant bien plus engagée pour libérer le Koweit puisqu’elle collaborait activement avec les forces armées US.

Merci à القدس العربي
Source: http://81.144.208.20:9090/pdf/2010/06/06-16/All.pdf
Date de parution de l’article original: 17/06/2010
URL de cet article: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=721

La mort de Fadlallah et la censure imposée par l’Occident


vendredi 23 juillet 2010 – 06h:23

Matthew Cassel – The Electronic Intifada

Il y a beaucoup à dire sur le grand Ayatollah Mohammed Hussein Fadlallah, l’ecclésiastique musulman chiite libanais qui a rendu son dernier souffle le 4 juillet 2010 à l’âge de 75 ans.

Des centaines de milliers de personnes ont défilé dans les rues de la banlieue sud de Beyrouth pour rendre un dernier hommage à l’Ayatollah Fadlallah - Photo : Matthew Cassel

Malheureusement, beaucoup de ce qui doit être mentionné souffre d’un non-dit, au profit de reportages à sensation sur cette région et ses habitants.

Fadlallah était un ecclésiastique chiite progressiste, connu pour avoir défendu la résistance armée et les droits des femmes. Il s’était opposé aux 22 années d’occupation du Sud-Liban par Israël et avait encouragé la résistance contre celle-ci. En 1985, la CIA a été soupçonnée d’être à l’origine de l’explosion d’une voiture qui visait à le tuer – en vain, malgré la violence de l’attaque qui a provoqué la mort de 80 civils libanais et fait des centaines de blessés. Toutefois, son soutien à la résistance ne se limitait pas aux envahisseurs israéliens : l’Ayatollah Fadlallah a aussi défendu le droit des femmes à utiliser la violence pour résister aux abus domestiques.

Le lendemain de sa mort, Nasawiya, un collectif féministe libanais, a posté un message sur Facebook en s’adressant à Fadlallah : « Ta voix féministe nous manquera. » Le commentaire lié à une nécrologie de la journaliste Zeinab Yaghi écrivant en arabe pour le quotidien libanais As-Safir a dit de Fadlallah que « les femmes le considéraient comme un père » et qu’il « encourageait le travail des femmes. »

Il était un guide pour beaucoup de musulmans chiites libanais et pour beaucoup d’autres dans le monde. Au Liban, un pays divisé entre des lignes religieuses strictes, il représentait réellement une figure religieuse unique en appelant au respect des autres croyances et à la laïcité.

La plupart des journaux anglophones ont, à tort, lié Fadlallah au Hezbollah, la résistance islamique chiite et groupe politique au Liban. Ils expliquent que Faldallah a influencé les fondateurs du Hezbollah avec de nombreux autres jeunes chiites durant les années qui ont précédé puis vu la formation du Hezbollah au début des années 80. Mais au Liban, tout le monde sait que en dépit du respect mutuel qu’ils se sont témoignés, Fadlallah et le Hezbollah ne travaillaient pas ensemble et étaientmême en désaccord sur plusieurs questions. La plupart de ces dissensions fondamentales reposent sur les relations proches que le Hezbollah entretient avec la République Islamique d’Iran, alors que Fadlallah a été longtemps opposé à la direction cléricale inspirée et organisée par l’Ayatollah Khomeini après la Révolution Islamique de 1979.

Cette erreur intentionnelle de lier Fadlallah au Hezbollah n’étonne pas de la part de médias qui préfèrent souvent le sensationnalisme à la vérité quand il est question du Liban et de sa région. En tant que journaliste et photographe travaillant dans la région du Liban, je sais que les médias européens et américains s’intéressent rarement aux questions politiques et religieuses quand il n’est pas question du Hezbollah. L’importance de l’Ayatollah Fadlallah avait peu à voir avec le Hezbollah, et on l’a constaté le 6 juillet 2010 lorsque des milliers de personnes ont défilé dans les rues pour lui rendre hommage.

Rompant avec ces pratiques sensationnalistes, un commentaire placé sur le site du gouvernement britannique par Frances Guy, l’ambassadrice de Grande-Bretagne au Liban (dont j’ai critiqué les prises de position dans le passé), qui disait :

« Le monde a besoin d’hommes comme [Fadlallah], disposés à dépasser les croyances, reconnaissant la réalité du monde moderne et osant s’attaquer aux vieilles contraintes. Puisse-t-il reposer en paix. »

C’était un hommage très amical pour un guide religieux, basé sur la connaissance qu’il avait du personnage Fadlallah et sur ses rencontres avec lui à Beyrouth. Cet hommage à même réussi à ne pas mentionner le « Hezbollah » une seule fois. Je ferais le lien avec un commentaire qui, heureusement, n’a pas été supprimé « après mûres réflexions » par le ministère des affaires étrangères britannique qui pensait que Guy était un peu trop élogieux à l’égard d’une personne qui est mort sous le titre de « leader du Hezbollah ». (Par chance, ce qui entre dans le web reste dans le web et vous pouvez retrouver son commentaire ici). Guy écrivait plus tard un nouveau commentaire exprimant son regret d’avoir rendu cet hommage :

« Je n’ai aucune affinité avec le terrorisme, quoi qu’il fasse, qui soit-il. Le gouvernement britannique fait clairement savoir qu’il condamne les activités terroristes menées par le Hezbollah. Je partage ce point de vue. » Dans le même cas que Guy, Octavia Nasr, rédactrice de CNN pour le Moyen-Orient, a aussi fait part de son admiration pour Fadlallah après sa mort sur le réseau social Twitter : « Triste d’apprendre le décès de Sayyed Mohammad Hussein Fadlallah. Un des géants du Hezbollah que je respecte beaucoup. »

Nasr, une journaliste libano-américaine qui a travaillé avec CNN pendant 20 ans, a plus tard écrit un article regrettant son tweet qui a ensuite été supprimé ; dans son article, elle tenait à nous rappeler dans quel camp elle se trouve, utilisant les mots « terreur » ou « terroriste » cinq fois. J’ai suivi son travail avec CNN et je sais que son travail ne devait guère déranger les personnes de l’actuelle administration américaine. pourtant la seule fois où elle se l’est permis, elle se fait virer.

Ces flagrant-délits de censure de la part des gouvernements et médias occidentaux prouvent que donner une image précise et nuancée du Moyen-Orient n’est pas à l’ordre du jour. Après tout, une image précise montrerait que ces guerres financées et soutenues par l’Occident sont loin d’être justes, et il est par conséquent facile de comprendre combien ceux qui leur résistent sont aussi largement soutenus. Non seulement Fadlallah soutenait la résistance, mais il s’attaquait aussi au stéréotype que beaucoup en Occident ont et qui décrit l’Islam comme une religion ne tolérant pas les droits des femmes.

Fadlallah était un guide que même une personne connaissant peu cette région pourrait facilement respecter. La censure occidentale appliquée à propos de sa mort prouve la complicité de nos médias avec les politiques mortelles et oppressives de nos gouvernements au Moyen-Orient.

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