Face à la colère contre l’impunité israélienne, les dirigeants européens font semblant de se fâcher



vendredi 27 juin 2014


La presse israélienne, et une partie du mouvement de solidarité avec la Palestine, font grand cas depuis 48 heures d’un hypothétique sursaut de l’Union Européenne vis-à-vis des crimes israéliens.

Ainsi, les principaux pays de l’Union, France, Italie, Royaume-Uni, Espagne et Allemagne, auraient-ils « mis en garde » leurs ressortissants face aux risques « juridiques et financiers » d’une collaboration économique avec les colonies de Jérusalem-est, de Cisjordanie et du plateau du Golan.

De fait, tous ces pays ont bien publié, ces derniers jours, des notes sur le sujet, rappelant le caractère d’occupation de tous ces territoires –mais cela, c’est le constat officiel des Nations-Unies depuis 1967, et ce n’est donc pas un scoop ! -, et le caractère par conséquent illégal de tout business dans les colonies.

Mais ils se sont bien gardés de toute communication officielle sur le sujet : pas de déclaration ministérielle, pas de communiqué de presse, seulement quelques lignes au 4ème sous-sol des sites internet de leurs ministères des Affaires étrangères respectifs (dans le cas du MAE français, c’est quelque part dans la rubrique « Conseil aux Voyageurs », de leur sous-site en langue anglaise, et on n’a pas trouvé d’équivalent dans la langue de Molière). Et des fuites, discrètes, à des journalistes, pour leur dire d’aller voir, du côté de ce 4ème sous-sol précisément.

Alors, quand des journalistes ont interrogé les diplomates européens sur les conséquences de tels textes, ces derniers, qui avaient anticipé les appels (et avaient chacun sous les yeux son  » talking paper », document préparé à l’avance par une institution qui sait qu’elle va être interrogée par des journalistes sur un thème donné), se sont empressés de dire que le texte n’avait aucune portée pratique ni judiciaire.

« Ce n’est ni un boycott ni une sanction. Nous voulons au contraire développer plus que jamais la coopération avec Israël », déclare ainsi à la presse espagnole le porte-parole du ministère des Affaires étrangères à Madrid.

Quant aux sbires de Fabius, ils insistent auprès de leurs interlocuteurs journalistiques sur le fait que la note n’est assortie d’aucune contrainte. « Un Français qui a une activité financière en direction des colonies ne commet pas d’infraction au regard de la loi française », ose ainsi déclarer –sous couvert d’anonymat, le courage n’étant pas la première des vertus au Quai d’Orsay-, un diplomate français interrogé par le Haaretz.

Il n’en reste pas moins que la production de cette note –et la gestion de celle-ci en termes de communication gouvernementale- est une conséquence du développement, mondial, de la colère contre l’impunité israélienne, et de la campagne internationale BDS.

Mais si l’on s’en tient aux faits, elle ne peut être interprétée que comme un contre-feu, destiné à maintenir en place la soumission complète de nos gouvernants puisqu’aussi bien ils mettent en avant, dans le même temps –les Français, en tout cas- la multiplication des encouragements au gouvernement et à l’armée israéliens (voir par exemple, le programme AMI de soutien aux Français s’enrôlant dans l’armée israélienne)

Le problème, c’est que les dirigeants israéliens, dans la course à l’abîme qui est la leur, n’admettent pas la plus petite critique de la part de leurs serviteurs occidentaux, même quand c’est fait dans l’intérêt de la politique israélienne.

Deux exemples très récents montrent combien les politiciens européens et américains sont des paillassons, et pourquoi les dirigeants israéliens ont alors bien raison de s’essuyer les pieds dessus.

Hier jeudi, le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman … s’est invité à Paris, où il a exigé une rencontre avec Fabius, dont l’agenda officiel était pourtant surbooké. Et il l’a obtenue, ce qui lui a permis de souffler dans les bronches du titulaire du Quai d’Orsay.

La semaine dernière, aux Etats-Unis, six politiciens du Parti Républicain planchaient, dans le cadre de ce qui s’apparente à un véritable examen de passage, devant les « Juifs Républicains ». Au détours d’un speech pro-Tsahal, pro-colonies, pro-Israël à 200%, l’un d’eux, le gouverneur du New Jersey, a eu le malheur de prononcer les mots « territoires occupés ».

Stupeur de l’assistance, sifflets, et convocation dans la foulée de l’idiot par le parrain du lobby israélien aux Etats-Unis, Sheldon Adelson , le milliardaire qui a fait fortune avec les casinos de Las Vegas. Le pauvre type s’est confondu en excuses, publiques, et Adelson a pardonné : le gouverneur a encore des chances de recevoir son chèque pour sa prochaine campagne électorale.

CAPJPO-EuroPalestine

L’UE en passe de contourner ses propres lignes directrices anti-colonies


Noam Sheizaf
+972

 

Les dirigeants israéliens et européens seraient proches d’un accord autorisant les institutions israéliennes à poursuivre librement leurs activités à l’intérieur de la Cisjordanie tout en profitant des subventions de l’UE.


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Catherine Aston et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu
(UE/CC BY-NC-ND 2.0)

En coordination avec les dirigeants israéliens, l’UE est sur le point de présenter une solution qui permettrait aux institutions israéliennes – qui sont investies dans l’occupation ou qui en tirent profit – de bénéficier des subventions de l’UE, selon un article paru dans le quotidien israélien Maariv (en hébreu).

Les nouvelles directives permettront aux entreprises et institutions israéliennes de rediriger l’argent vers des investissements dans les colonies et les entreprises juives de l’autre côté de la Ligne verte, par le biais de filiales ou de divisions, tout en recevant les subventions européennes dans leurs principaux budgets de fonctionnement. Et si elles sont appliquées, le nouveau mécanisme permettra à Israël de se joindre au prestigieux programme Horizon 2020, ce qui se traduirait pour lui en 300 millions d’euros et en un soutien aux institutions scientifiques et universitaires israéliennes.

En juillet dernier, l’UE a publié une communication de la Commission relatives aux subventions, prix et programmes de l’UE en Israël et dans les territoires occupés. L’article le plus important stipule que «  les entités israéliennes seront considérées éligibles en tant que bénéficiaires finaux (des subventions et prix) si elles n’opèrent pas dans les territoires (conquis en juin 1967) ». Selon les lignes directrices, les institutions israéliennes demandant des subventions à l’UE seront tenues de déclarer qu’elles n’opèrent pas au-delà de la Ligne verte (voir l’intégralité des lignes directrices).

Les lignes directrices ne sont pas contraignantes pour les États membres de l’UE et ne s’appliquent pas aux citoyens israéliens pris individuellement.

La communication de la Commission a reçu beaucoup d’attention en Israël et a été perçue comme la première mesure réelle contre la colonisation israélienne de la Cisjordanie devant être prise par la communauté internationale.

Une réunion ministérielle spéciale, dirigée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, a décidé de rejeter les lignes directrices et d’entrer en négociations avec l’EU pour chercher un mécanisme qui permettrait aux entités israéliennes de continuer à percevoir les subventions tout en opérant au-delà de la Ligne verte. Plus précisément, les discussions visaient à trouver un moyen pour qu’Israël puisse rejoindre le programme Horizon 2020.

Ces dernières semaines, les dirigeants de droite israéliens ont prédit que l’insistance d’Israël portera ses fruits et que les deux côtés seront en mesure d’arriver à un « compromis  » qui permettra à Israël d’opérer librement en Cisjordanie, et qui permettra aussi aux dirigeants politiques et bureaucratiques européens de sauver la face en ne les obligeant pas à abandonner totalement leur décision.

Selon l’article du Maariv, deux changements importants seront insérés dans les lignes directrices. Le premier : les institutions israéliennes ne seront pas tenues de déclarer qu’elles n’opèrent pas de l’autre côté de la Ligne verte dans leur demande de subventions à l’Europe. A la place, ce sera l’UE qui sera tenue de surveiller et d’apporter la preuve qu’une institution opère dans les territoires occupés.

Le second : l’institution continuera librement ses activités dans les colonies tant que son siège se situera à l’intérieur de la Ligne verte. Selon le Maariv, les détails spécifiques de cette interprétation sont encore en cours de discussion ; alors que les Israéliens laissent entendre que le code postal de l’entreprise suffira pour déterminer le lieu de ses opérations, les Européens demandent que soit enregistré un sous-traitant qui opère au-delà de la Ligne verte.

Quels que soient les détails définitifs, toute modification aux lignes directrices permettra aux institutions privées et publiques de poursuivre leurs opérations dans les territoires occupés. Selon les propos tenus par un dirigeant israélien cité dans le Maariv, les changements permettront aux institutions israéliennes de « marcher avec (les lignes directrices) mais de ne pas les sentir ».

Lire aussi :

- 51 Eurodéputés appellent Ashton à appliquer les lignes directrices écartant les colonies israéliennes – Comité de coordination européen pour la Palestine – 18 septembre 2013
- 1100 intellectuels israéliens et européens refusent tout assouplisement des directives européennes – Palestina Solidariteit – 16 septembre 2013
- L’UE ne doit pas céder aux pressions US pour qu’elle ferme les yeux sur les droits humains – 40 organisations palestiniennes – 11 septembre 2013
- Des universitaires et des chercheurs exigent le maintien du refus de financer les colonies israéliennes – AURDIP et BRICUP – 12 septembre 2013
- Israël ne signera aucun nouvel accord avec l’UE faisant référence à la circulaire sur les colonies – Ravid Barak – Haaretz – 8 août 2013
- Pourquoi le boycott ne peut se limiter à l’occupation et aux colonies israéliennes – Andrew Kadi – The Electronic Intifada – 17 juillet 2013
- Commission européenne : Les colonies israéliennes en Palestine n’ont aucune validité juridique – Gilles Devers – 17 juillet 2013
- UE : les futurs accords avec Israël ne s’appliqueront pas aux territoires occupés – Ravid Barak – Haaretz – 16 juillet 2013

Demandez à vos députés européens de soutenir les nouvelles règles sur la participation d’Israël aux programmes communautaires

Sur Agence Médias Palestine

17 octobre 2013 – Magazine 972 – traduction : JPP

Israël à la manoeuvre pour faire annuler les directives européennes




Israël ne ménage pas sa peine, ni son chantage à l’antisémitisme et instrumentalisation du génocide des juifs, pour amener les députés européens à revenir sur leurs directives de cet été qui mettent en application le droit international. Ci-dessous un article du journal La Croix qui en témoigne et qui montre qu’il est nécessaire de s’adresser, sans perdre de temps, à nos députés européens, afin de leur rappeler qu’ils n’ont pas été élus pour représenter les volontés de l’occupant israélien, mais les nôtres.

« Israël négocie avec Bruxelles pour garder la manne de la recherche européenne

Une directive européenne risque de priver Israël de financements pour ses laboratoires opérant au-delà de la Ligne verte. L’État hébreu s’enorgueillit de ses innovations technologiques et de ses liens avec la recherche européenne.

Début août, l’Union européenne adoptait une directive imposant à l’État d’Israël d’indiquer par écrit, à compter de janvier 2014, dans tout accord de coopération avec l’UE, qu’il n’est pas souverain dans les Territoires occupés de Cisjordanie, Jérusalem-Est et du Golan. Objectif déclaré  : bloquer les transferts de fonds publics européens à des institutions israéliennes sises au-delà de la Ligne verte démarquant Israël des territoires conquis en 1967 ou entretenant des liens avec les colonies juives.

Le premier ministre Benyamin Netanyahou a vivement protesté contre la directive européenne. « Elle préjuge de l’issue des pourparlers de paix en cours avec les Palestiniens sur le futur tracé des frontières », a-t-il dit en insinuant qu’Israël allait renoncer à participer à « Horizon 2020 ». Son ministre de la défense, Moshe Yaalon, a même haussé le ton en ordonnant à l’armée de stopper toute coopération avec l’UE pour des projets en Cisjordanie.

Négocier les conditions d’éligibilité

« Les Européens utilisent l’artillerie lourde pour abattre une mouche », s’insurge le négociateur israélien, Marcel Szatan. Ces sept dernières années, sur les quelque 900 millions d’euros octroyés par Bruxelles à Israël au titre de la recherche et du développement, seuls 0,5 % ont bénéficié à des projets dans les implantations.

Depuis, les négociateurs israéliens et européens se sont retrouvés plusieurs fois à Tel-Aviv, pour parler des conditions d’éligibilité au pactole de 70 milliards d’euros que l’Union européenne va affecter à la recherche et au développement durant les sept années à venir, pour son programme-cadre « Horizon 2020 », le huitième du genre.

« La rupture avec l’UE aurait des conséquences dramatiques », avertit Galia Blum. Cette pharmacologue figure parmi les 32 jeunes chercheurs israéliens qui ont chacun obtenu cette année à Bruxelles une bourse de 1,5 million d’euros pour poursuivre leurs travaux. « J’ai exposé mon projet en dix minutes à une assemblée d’experts et je les ai convaincus », raconte-t-elle fièrement.

« Notre richesse, c’est la matière grise »

La concurrence est sévère. Sur 3 329 dossiers soumis par les chercheurs de 22 pays après une présélection drastique, seuls 287 ont reçu le feu vert, soit 9 % en moyenne, contre 31 % pour les Israéliens, qui se taillent régulièrement la part du lion. Cette année, ils se sont classés en troisième position derrière la Grande-Bretagne (60 bourses) et l’Allemagne (40), mais très largement en tête, compte tenu de la population d’Israël, huit millions d’habitants seulement.

« Notre richesse, c’est la matière grise », se flatte le président ­Shimon Peres. Il fait allusion notamment à l’excellence de l’Université hébraïque de Jérusalem, du Technion de Haïfa ou de l’Institut Weizman de Rehovot, véritables locomotives du développement économique. Les inventions d’Israël­, qui se présente comme « l’État start-up », ont fait le tour du monde  : irrigation au goutte à goutte, tomates cerises, clé USB… Un soutien financier crucial

Israël est le seul pays non européen participant à « Horizon 2020 ». Sa quote-part au fonds commun du précédent programme-cadre a atteint 600 millions d’euros et les retombées, y compris les droits sur la propriété intellectuelle, ont dépassé 1,5 milliard d’euros. L’UE est ainsi devenue le second bailleur de fonds des chercheurs de l’État hébreu, derrière la Fondation pour la science en Israël.

« Se couper de l’UE reviendrait à se tirer une balle dans le pied, mais aussi dans la tête », plaide Ada Yonath, prix Nobel de chimie 2009. Selon elle, le soutien financier de Bruxelles est « crucial » pour les scientifiques et industriels israéliens et « la recherche en vase clos est impossible ».

La mort dans l’âme, Marcel Szatan souligne que « le boycottage évoque des souvenirs cruels chez les juifs ». Il espère que l’UE pourra résilier la « clause de territorialité » s’agissant d’Horizon 2020, voire l’édulcorer ou préciser son côté « approximatif ». Exemple  : les 15 très importantes sociétés (Teva, Rafa ou Intel) du parc industriel de Har Hotsvim, à Jérusalem, qui étaient dans le collimateur, parce qu’elles se trouvent à l’extrême limite de l’ancien no man’s land qui séparait Israël de la Jordanie jusqu’en 1967. Ces 15 sociétés viennent tout juste de se tirer d’affaire, en justifiant de leur situation géographique exacte. Une décision qui a donné un ton nouveau aux négociations  : elles se poursuivent désormais dans une ambiance plutôt conciliante. »

JOËL DAVID, à Jérusalem

http://www.europalestine.com/spip.php?article8566

L’UE critique durement la politique de colonisation d’Israël en Cisjordanie


BRUXELLES, 14 mai 2012 (AFP)

Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne, réunis à Bruxelles, ont adopté lundi une déclaration critiquant durement la politique israélienne de colonisation en Cisjordanie et dénonçant au passage l' »extrémisme » et la « violence » des colons.
La politique de colonisation en Cisjordanie menace de rendre « impossible » l’existence de deux Etats, israélien et palestinien, vivant côte à côte, affirme l’UE dans un communiqué. L’UE dénonce notamment « l’accélération » de la politique de colonisation enregistrée, selon elle, depuis la fin du moratoire sur la colonisation en 2010. L’UE critique également le fait que le gouvernement de Benjamin Netanyahu a décidé de reloger les colons de Migron, un avant-poste situé en Cisjordanie, sur des terres privées palestiniennes. Les Européens condamnent aussi les destructions de maisons palestiniennes à Jérusalem-Est.

« Les conditions de vie des Palestiniens s’aggravent » dans la partie de la Cisjordanie administrée par Israël, déplore l’UE qui s’inquiète en outre des « sérieuses limitations » imposées par les Israéliens à l’Autorité palestinienne pour promouvoir le développement économique en Cisjordanie occupée.

La politique de colonisation des Territoires palestiniens est « illégale » selon le droit international, rappelle l’UE qui dit ne reconnaître « aucune modification » au tracé des frontières d’avant la guerre de 1967, y compris concernant Jérusalem, à moins qu’elle ne soit agréée par les deux parties.
Le statut de Jérusalem doit être réglé par la négociation, ont souligné les Européens qui expriment aussi leur « profonde préoccupation » concernant « l’extrémisme » des colons juifs. « L’UE condamne la violence continue des colons et les provocations délibérées contre des civils palestiniens », dit la déclaration. Les coupables de ces violences doivent être traduits en justice et « le gouvernement israélien doit se conformer à ses obligations en vertu du droit international », souligne le texte.

En réponse, le ministère israélien des Affaires étrangères a fustigé la déclaration européenne qui, selon lui, « comprend une longue liste d’allégations et de critiques basées sur un tableau partial, biaisé et à sens unique de la réalité sur le terrain ». « Une telle présentation publique ne contribue pas à faire avancer le processus de paix », déplore le communiqué israélien. Les négociations directes entre Israël et les Palestiniens sont gelées depuis septembre 2010 à la suite du refus du gouvernement Netanyahu de prolonger son moratoire sur la colonisation en Cisjordanie.
En revanche, la position de l’UE a été saluée comme « très exhaustive et politiquement responsable » par l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

« Elle répond à toutes les questions qui ont vraiment abouti à cette rupture (des pourparlers), y compris la colonisation, y compris le non respect par Israël du droit international et des résolutions de l’ONU », s’est félicitée Hanane Achraoui, une des dirigeantes de l’OLP. Mais Mme Achraoui a, une nouvelle fois, regretté que les Européens « ne décident pas d’une initiative, d’un mécanisme, de gestes concrets » pour débloquer les négociations.

Concernant les attaques dont Israël est la cible, l’UE se dit « consternée » par les « récurrents tirs de roquettes » en provenance de la bande de Gaza. L’UE « condamne dans les termes les plus forts la violence qui vise délibérément des civils » israéliens, selon le texte qui contient un appel « à tous les partenaires de la région » pour prévenir d’une façon « efficace » la contrebande d’armes vers Gaza.

Quelle réponse de l’Union européenne face à la mutation du monde arabe ?


Vendredi 25 février –  12h30

Conférence en présence de Ziad Abdel Samad

La politique européenne s’est jusqu’ici accommodée des régimes autoritaires en place et n’a pas permis d’insuffler une dynamique de développement. Prise de cours par les soulèvements dans le monde arabe, l’UE a tardé à réagir pour accompagner les aspirations des populations à plus de démocratie et de justice sociale. Mais déjà, le danger guette que les mêmes erreurs soient commises.

Le vent de changement dans le monde arabe permettra-t-il à l’UE de changer de cap ?

Ce vendredi 25 février, Ziad Abdel Samad, expert du monde arabe et  directeur de la Plateforme des ONG arabes pour le Développement, sera de passage à Bruxelles.

Le CNCD-11.11.11 et Eurostep vous convient à une conférence lors de laquelle Ziad Abdel Samad exposera sa vison. Il s’exprimera au nom des organisations membres de son réseau, représentatives des sociétés civiles arabes. Celui-ci nous fera également part des réponses que l’UE devrait apporter pour accompagner les nécessaires réformes démocratiques et socio-économiques qui assureront la stabilité et le développement de la région.

Intervenants :

Ziad Abdel Samad, Directeur de la  Plateforme des ONG arabes pour le Développement

Simon Stocker, Directeur de Eurostep, réseau des ONG européennes de développement

Rabab Khairy Chargée du dossier Moyen-Orient et Afrique du Nord pour le CNCD-11.11.11

Adresse du jour : CNCD-11.11.11, 9 Quai du Commerce 1000 Bruxelles

Note :

Ziad Abdel Samad est Directeur de la Plateforme des ONG arabes pour le Développement – ANND (Arab NGO Network for Development).

Basé à Beyrouth, ANND rassemble 27 organisations et 7 réseaux nationaux actifs dans 11 pays arabes dans les domaines du développement social, de la justice, des droits de l’Homme, du genre et de l’environnement. Les membres d’ANND se situent dans les pays suivants : Liban, Egypte, Jordanie, Palestine, Irak, Bahreïn, Yémen, Maroc, Tunisie, Soudan et Algérie.

Le CNCD-11.11.11 et Eurostep travaillent en lien étroit avec ANND pour leur dossier Moyen-Orient et Afrique du Nord.

Rabab KHAIRY
Coordinatrice des Programmes et
Chargée du dossier Moyen-Orient et Afrique du Nord
Centre national de coopération au développement (CNCD-11.11.11)
Quai du Commerce, 9
1000 Bruxelles

Tél : +32 2 250 12 47
GSM : +32 473 35 65 62
Fax : +32 2 250 12 63

E-mail : rabab.khairy@cncd.be
Sites Web : www.cncd.be | www.agenda-solidaire.be

11.11.11: Un combat de pleins droits!

Israël s’est glissé dans l’UE sans que personne ne le remarque


mardi 3 août 2010 – 06h:23

Robert Fisk – The Independent

Affrontement entre soldats israéliens et Palestiniens protestant contre l’offensive de Gaza l’hiver 2008-2009 - Photo Abbas Momani

« Israël a noué des liens politiques et économiques si solides avec l’UE au cours des 10 dernières années qu’il est devenu un État membre de l’Union à tous les égards sans en avoir le nom. »

C’est à peine si la mort de cinq soldats israéliens dans un accident d’hélicoptère en Roumanie a fait les titres des journaux.Il n’y avait pas d’exercices conjoints OTAN – Israël. Soit. Imaginez le décès de cinq combattants du Hamas dans un accident d’hélicoptère en Roumanie cette semaine. Nous n’aurions pas fini d’en parler. Extraordinaire.

Attention, je ne compare pas Israël au Hamas. Israël est le pays qui a massacré avec raison 1300 Palestiniens à Gaza il y a 19 mois – dont plus de 300 enfants – tandis que le Hamas cruel, assoiffé de sang et terroriste tuait 13 Israéliens (dont trois soldats qui s’étaient tirés dessus par erreur).

Mais il y a un parallèle. Richard Goldstone, éminent juge sud-africain juif, a conclu, dans le rapport de 575 pages sur le bain de sang de Gaza qu’il a établi à la demande des Nations unies, que les deux côtés avaient commis des crimes de guerre ; bien entendu scandale compréhensible chez divers partisans d’Israël aux USA qui ont vu en lui, avec raison, l’incarnation du « mal » ; quant à son excellent rapport, sept gouvernements de l’Union européenne l’ont rejeté. Je me pose donc la question :que fait l’OTAN dans des jeux de stratégie militaire avec une armée accusée de crimes de guerre ?

Ou, pour être plus précis, pourquoi donc l’Union européenne cajole-t-elle les Israéliens ? Dans un livre à paraître bientôt, remarquable et détaillé même si le ton en est un peu trop furieux , l’infatigable David Cronin présentera en novembre une analyse microscopique de « nos » relations avec Israël. Je viens de terminer le manuscrit et il me coupe le souffle. Comme il le dit dans sa préface, « Israël a noué des liens politiques et économiques si solides avec l’UE au cours des 10 dernières années qu’il est devenu un État membre de l’Union à tous les égards sans en avoir le nom. » Effectivement, ce fut Javier Solana, le dirigeant débraillé de la politique étrangère de l’UE (ancien secrétaire général de l’OTAN) qui a en fait dit l’année dernière « Israël, permettez-moi de le dire, est membre de l’Union européenne sans être membre de l’institution ».

De quoi ? Le savions-nous ? L’avons-nous voté ? Qui a permis cela ? David Cameron – qui fait maintenant campagne pour l’entrée de la Turquie dans l’UE – est-il d’accord ? Je suppose que oui puisqu’il continue à se dire un « ami d’Israël » alors que ce pays a produit une excellente série de faux passeports britanniques pour ses assassins de Dubaï. Comme le dit Cronin, « la pleutrerie de l’UE envers Israël contraste fortement avec la position ferme qu’elle a prise par rapport à des atrocités majeures commises dans d’autres conflits ». Après la guerre entre la Russie et la Géorgie en 2008 par exemple, l’UE a chargé une mission indépendante d’enquêter sur les éventuelles violations du droit international et elle a exigé une enquête internationale sur les abus des droits humains après la guerre du Sri Lanka contre les Tigres tamouls. Cronin n’exempte pas la responsabilité de l’Europe pour l’holocauste des juifs et convient que nos gouvernements auront toujours un « devoir moral » pour que cela ne se reproduise pas – bien que j’aie bien remarqué que Cameron a oublié de mentionner l’holocauste arménien de 1915 quand il faisait sa cour aux Turcs cette semaine.

Mais cela n’est pas tellement pertinent. En 1999, les ventes britanniques d’armes à Israël – pays qui occupe la Cisjordanie (et également Gaza) et qui construit des colonies illégales pour les juifs et pour les seuls juifs sur des terres arabes – se montaient à 11,5 millions de livres ; en deux ans ce chiffre à presque doublé pour atteindre 22,5 millions. Ces livraisons comprennent des armes légères, des kits de fabrication de grenades et de l’équipement pour les avions de combat et les tanks. Il y a eu quelques refus après qu’Israël a utilisé des tanks centurions modifiés contre les Palestiniens en 2002, mais en 2006, l’année où Israël a massacré 1300 Libanais, presque tous des civils, à l’occasion d’une autre croisade contre la « terreur mondiale » que représente le Hezbollah, la Grande-Bretagne a accordé plus de 200 licences d’armes.

Bien entendu, une partie de l’équipement britannique transite par les USA pour être acheminé en Israël. En 2002, la Grande-Bretagne a donné des  » head-up displays » (N.d.T (dans les avions de combat, tableau de verre dans la cabine de pilotage où figurent les données du vol et du combat), HUD) fabriqués par BAE Systems pour Lockheed Martin qui les a promptement installés dans des bombardiers de combat F-16 destinés à Israël. L’UE n’a pas soulevé d’objection. Il convient d’ajouter que la même année, les Britanniques acceptaient de former 13 militaires israéliens. Des avions US transportant des armes vers Israël au moment de la guerre contre le Liban de 2006 ont fait le plein à des aéroports britanniques (et hélas, aussi dans des aéroports irlandais). Les trois premiers mois de 2008, nous avons accordé de nouvelles licences d’armes pour un montant de 20 millions de livres – juste à temps pour l’assaut israélien contre Gaza. Les hélicoptères Apache utilisés contre les Palestiniens, dit Cronin, contiennent des pièces fabriquées par SPS Aerostructures dans le Nottinghamshire, Smiths Industries dans le Cheltenham, Page Aerospace dans le Middlesex and Meggit Avionics dans le Hampshire.

Dois-je continuer ? Israël, en passant, a été félicité de l’ aide « logistique » qu’il a fournie à l’OTAN en Afghanistan – là, où nous tuons annuellement encore plus d’Afghans que les Israéliens ne tuent habituellement de Palestiniens – ce qui n’est pas surprenant puisque que le boss militaire israélien Gaby Ashkenazy a visité le siège de l’OTAN à Bruxelles pour plaider en faveur de liens plus étroits avec cette institution. Et Cronin parle de façon convaincante d’un arrangement financier extraordinaire – au point d’en être obscène – en « Palestine ». L’UE finance des projets à Gaza pour des millions de livres. Ces projets sont régulièrement détruits avec les armes israéliennes fabriquées aux USA. Ça marche comme ça : les contribuables européens financent les projets. Les contribuables US financent les armes qu’Israël utilise pour détruire les projets. Ensuite les contribuables EU donnent le fric pour financer la reconstruction du tout. Et ensuite les contribuables US… Je crois que vous avez compris. Israël, en passant, a déjà un programme de coopération « individuelle » avec l’OTAN, lui donnant accès au réseau informatique de l’organisation.

Dans l’ensemble, c’est bien d’avoir un allié aussi farouche qu’Israël dans notre camp, même si son armée est composée de voyous et que certains de ses hommes sont des criminels de guerre. Puisqu’on en est là, pourquoi ne pas demander au Hezbollah d’entrer à l’OTAN également – imaginez combien ses tactiques de guérilla seraient utiles pour nos garçons dans le Helmand. Et puisque les hélicoptères Apache israéliens tuent souvent des civils libanais – par exemple, en 1996, une ambulance pleine de femmes et d’enfants, a été pulvérisée par un missile air – sol Boeing Hellfire AGM 114C – espérons que les Libanais peuvent encore envoyer des salutations amicales aux gens de Nottinghamshire, Middlesex, Hampshire et, bien sûr, Cheltenham

source

La chef de la diplomatie de l’UE à Gaza


vendredi 16 juillet 2010, par La Rédaction

La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton se rend dimanche à Gaza, pour la deuxième fois en quatre mois, suite à la promesse d’Israël d’alléger son blocus et afin de voir comment l’UE pourrait contribuer à l’ouverture de points de passage.

Les préparatifs de cette visite ont toutefois été compliqués par une impression de cacophonie européenne puisqu’en parallèle plusieurs ministres des Affaires étrangères de pays de l’UE – Italie, Espagne, Allemagne, de Grande-Bretagne et France – ont annoncé leur propre projet de déplacement sur place, fin juillet.

La date n’a pas encore été annoncée à ce jour.
Cette initiative, qui fait un peu d’ombre à Mme Ashton, a fait froncer des sourcils dans son entourage. Elle a tenu à se rendre sur place séparément des ministres.

« Le télescopage de visites fait un peu désordre » pour la cohérence de l’action de l’UE, souligne un diplomate européen, qui reproche aux ministres de créer la confusion dans le seul but de faire un déplacement à objet médiatique.

Un autre diplomate reconnaît que l’impression donnée n’est pas très bonne mais estime « qu’il y a de la place pour tous ».
Avant sa visite, Mme Ashton a rappelé dans un communiqué que l’UE avait « salué les annonces faites par Israël suite à l’incident avec la flottille (internationale pour Gaza) » mais « nous attendons à présent qu’elles soient mises en oeuvre ».
« Nous nous tenons à disposition pour aider à l’ouverture de points de passage à Gaza pour le transport de biens de et vers Gaza », a encore dit la Britannique.

Les Européens espèrent pouvoir réactiver leur mission de douaniers pour la surveillance au point de passage de Rafah (EUBAM Rafah), créée en 2005 puis suspendue en juin 2007 après la prise de contrôle du territoire par le Hamas.

La Haute représentante de l’UE aux Affaires étrangères se rend dimanche dans la bande de Gaza, où elle visitera un camp d’été ainsi qu’une école de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa). Elle visitera aussi des petites entreprises locales que l’Europe, principal bailleur de fonds des Palestiniens, co-finance.

Il n’est toujours pas question en revanche d’une rencontre avec le Hamas. A Bruxelles, une porte-parole de la Commission européenne a réitéré vendredi la position de l’UE à ce sujet : « Pas de discussions directes avec le Hamas ».

Le déplacement à Gaza intervient dans le cadre d’une visite de trois jours de Mme Ashton dans les territoires palestiniens et en Israël.

Elle prévoit de rencontrer dimanche notamment le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, mais aussi le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Ehud Barak.

Lundi elle doit s’entretenir avec les responsables de l’Autorité palestinienne.

L’Etat hébreu a accepté au début du mois d’assouplir son blocus suite à d’intenses pressions internationales après la mort de neuf Turcs dans l’assaut de sa marine le 31 mai contre la flottille qui tentait de forcer le passage.

Il a notamment autorisé l’entrée de biens de construction pour des projets de la communauté internationale approuvés par l’Autorité palestinienne.

Mais les Européens veulent davantage. Ils réclament, outre l’augmentation des points de passage, la reprise des exportations depuis la bande de Gaza et la libéralisation des conditions de circulation des personnes de et vers le territoire.