Election d’Obama: Israël en posture délicate après le soutien de Netanyahu à Romney


8 novembre 2012 à 16:30
Le président américain Barack Obama et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche à Washington, le 5 mars 2012

Le président américain Barack Obama et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche à Washington, le 5 mars 2012 (Photo Saul Loeb. AFP)

Le gouvernement israélien se retrouvait jeudi sur la défensive, l’opposition et les commentateurs évoquant l’hypothèse d’une « vengeance » du président Barack Obama en raison des sympathies affichées par Benjamin Netanyahu en faveur du candidat républicain perdant Mitt Romney.

Le ministre des Finances Youval Steinitz, un proche de M. Netanyahu, a tenté de réfuter les accusations d’ingérence du Premier ministre israélien dans la campagne présidentielle américaine.

« Nous ne nous sommes pas immiscés dans les élections américaines, nous avons été très prudents », a affirmé M. Steinitz à la radio publique.

« Ceux qui colportent de fausses informations sur une intervention israélienne dans le scrutin portent atteinte aux intérêts d’Israël », a-t-il accusé en visant notamment l’ancien Premier ministre centriste Ehud Olmert.

M. Olmert, qui envisage un retour en politique pour les élections législatives du 22 janvier, a estimé qu’en prenant parti, M. Netanyahu a « violé les règles de base qui régissent les relations entre Etats », selon des propos tenus devant la communauté juive de New-York rapporté par des médias israéliens.

La dirigeante du Meretz, un parti d’opposition de gauche, Zehava Galon, a renchéri en fustigeant « l’intervention grossière de Benjamin Netanyahu dans les élections américaines », parlant d’un « pari irresponsable ».

M. Netanyahu, cité par la radio, a dû s’expliquer: « Certaines voix parmi nous tentent de provoquer un conflit avec les Etats-Unis, mais elles n’y parviendront pas. Je continuerai à travailler étroitement avec le président Obama pour défendre les intérêts d’Israël », a-t-il assuré.

MM. Netanyahu et Romney, des conservateurs libéraux, partagent des affinités idéologiques encore renforcées par l’appartenance du républicain à l’Eglise mormone, traditionnelle soutien de la droite nationaliste israélienne.

L’ambassadeur des Etats-Unis en Israël, Dan Shapiro, s’est efforcé d’apaiser la polémique en qualifiant de « ridicule » l’idée d’un « désir de vengeance » du président réélu.

Le prix à payer

Les analystes israéliens s’interrogent néanmoins sur le « prix » que Barack Obama pourrait faire payer à M. Netanyahu à un peu plus de deux mois d’un scrutin crucial.

« Netanyahu a parié et nous allons payer », résume le tabloïd Yédiot Aharonot.

Même son de cloche à gauche, au Haaretz: « Obama a maintenant quatre ans pour régler ses comptes avec Netanyahu, pour le soutien ouvert à Mitt Romney, pour ses dépréciations (d’Obama) devant le Congrès, pour le gel des négociations avec les Palestiniens, pour la colonisation et pour avoir tenté de lui faire la leçon sur le dossier iranien ».

Le premier test de l’humeur entre l’Américain et l’Israélien pourrait avoir lieu très prochainement, à l’occasion de la demande de rehaussement du statut de la Palestine au rang d’Etat non-membre à l’ONU.

« Netanyahu espère que les Américains vont presser Mahmoud Abbas de renoncer à ce projet, mais le président américain demandera en échange que le Premier ministre fassent preuve de souplesse envers les Palestiniens », a pronostiqué le commentateur politique de la radio publique.

La deuxième test devrait porter sur le programme nucléaire iranien controversé.

Selon plusieurs commentateurs, Barack Obama pourrait tenter de négocier un accord avec Téhéran sans fixer de limite de temps tandis que M. Netanyahu ne cesse d’accuser l’Iran de procrastination.

En septembre, M. Netanyahu a réclamé à hauts cris mais en vain à la Maison Blanche d’imposer à l’Iran « des lignes rouges claires » à ne pas dépasser dans son programme nucléaire, en menaçant de frapper préventivement les installations atomiques iraniennes.

Mais il s’est heurté à une fin de non-recevoir –au propre comme au figuré– du président américain qui, comme le reste de la communauté internationale, privilégie à ce stade un durcissement des sanctions contre l’Iran.

source

Les clés pour comprendre la nuit américaine


LeSoir

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Mardi 6 novembre 2012

Election serrée ? Sondages too close to call (trop serrés pour être tranchés), comme le disent les Américains ? La dernière moyenne des sondages nationaux, calculée par le site RealClearPolitics, donnait 48,5 % à Obama contre 48,1 à Romney. Par-dessus toutes les polémiques purement politiques qui ont émaillé jusqu’au bout la campagne, il y en a eu une dernière. Elle opposait les médias et leurs commentateurs, sur le fait de savoir si l’élection était vraiment serrée, comme beaucoup le titraient encore lundi matin. Ou si la réélection d’Obama était assurée, le suspense n’étant entretenu que par les partisans de Romney, ou par les médias souhaitant maximiser l’attention de leurs publics.

Quoi qu’il en soit, la soirée électorale (pour les Européens, il s’agira plutôt de la nuit) s’annonce palpitante. En voici un vade-mecum, reprenant les enjeux ou les lieux-clés qui détermineront l’issue de l’élection.

Un système électoral indirect

Un système électoral indirect

On l’a déjà beaucoup évoqué, pourtant ce fait est souvent oublié : l’élection du président américain se joue par un système indirect. L’élection consiste en fait à élire des collèges de grands électeurs, dont le nombre est fixé pour chaque Etat. En pratique : le candidat qui récolte la majorité absolue dans un Etat empoche la totalité des grands électeurs. (Exceptions : le Nebraska et le Maine, dont les grands électeurs sont attribués à la proportionnelle, avec une prime au gagnant.) Le collège national compte 538 grands électeurs : est donc élu président le candidat qui en remporte 270.

Sur les 50 Etats que comptent les Etats-Unis, une petite quarantaine votent historiquement toujours du même côté. Les Etats du Nord-Est et ceux de la côte Ouest, qui sont aussi les plus peuplés, penchent toujours du côté démocrate (dont la couleur est le bleu). L’Ouest et le Sud, conservateurs (principalement parce que ce sont des états ruraux), votent toujours républicain (couleur rouge). Sauf… les Etats indécis, appelés « swing states » (Etats bascules) : ils sont, selon les méthodes de calcul, une dizaine (en beige sur la carte ci-dessous). C’est dans ces Etats-là que les candidats ont concentré leurs activités de campagne, et ce sont donc ces mêmes Etats qui déterminent en définitive l’issue du scrutin.

La soirée électorale consistera donc surtout à observer vers qui basculeront, au fil des fuseaux horaires, ces Etats indécis.

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En direct : L’ouragan Sandy fait au moins 13 morts, et plonge 6,5 millions de personnes dans le noir


30.10.12 | 06h38  •  Mis à jour le 30.10.12 | 07h58

La tempête Sandy a touché de plein fouet la côte des Etats-Unis à 20 heures, heure locale, lundi 29 octobre. Selon premier bilan, au moins treize personnes ont été tuées aux Etats-Unis et au Canada.

  • Sandy, devenu un « cyclone post-tropical », a atteint les côtes nord-est des Etats-Unis, lundi 29 octobre peu après 20 heures, heure locale (1 heure du matin, heure de Paris), avec des vents soufflant jusqu’à 120 km/h. La « super tempête » a frappé de plein fouet le New Jersey et l’Etat de New York. Mais ses effets se feront ressentir dans toute la partie est des Etats-Unis, de la Caroline du Sud jusqu’à la frontière canadienne.
  • Selon un bilan établi par l’AFP, au moins 13 personnes ont été tuées pendant cette tempête aux Etats-Unis et au Canada. Quatre personnes ont été tuées à New York et dans le New Jersey, essentiellement par des chutes d’arbres, selon les autorités locales. Des décès sont recensés en Pennsylvanie, en Virginie-Occidentale et en Caroline du Nord.
  • Au total, plus de 5,5 millions d’habitants sont privés d’électricité sur l’ensemble de la côte Est et plus d’un million ont été invités à quitter leur domicile. Une centrale nucléaire a également été mise en alerte dans le New Jersey, en raison « d’un niveau d’eau excessif ».
  • Le maire de New York, Michael Bloomberg, a annoncé que 250 000 personnes étaient privées de courant sur l’île de Manhattan, notamment après l’explosion d’un transformateur. La majorité des tunnels menant à l’île était inondés. De nombreux incendies ont éclaté dans la mégapole et de très importantes inondations ont également été signalées à Brooklyn, à Coney Island et à Staten Island. Le reportage de notre correspondant sur place : « La ville qui ne dort jamais reste éveillée par un cauchemar ».

Éléments ressources

  • L’avancée de Sandy à 7 h 30 (heure de Paris) via le New York Times :

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Elections américaines: Les «classeurs plein de femmes» de Mitt Romney détournés sur le Web


Créé le 18/10/2012 à 00h14 — Mis à jour le 18/10/2012 à 08h01

ETATS-UNIS – L’étrange tournure du candidat lors du débat fait le bonheur du Net…

Lors du 2e débat face à Barack Obama, Mitt Romney n’a sans doute pas marqué beaucoup de points auprès de l’électorat féminin. Attaqué par le président sur l’avortement et l’aide à la petite enfance, le candidat a fourni une réponse sur la parité salariale qui a laissé beaucoup de spectateurs perplexes.

Il a d’abord expliqué qu’au moment de former son cabinet dans le Massachusetts, «presque tous les candidats étaient des hommes». «Ne peut-on pas trouver des femmes qualifiées? Je suis allé voir plusieurs groupes de défense des droits des femmes pour leur demander de nous aider à trouver des candidates et j’ai ramené des classeurs plein de, de femmes»

Sur le fond, le Boston Globe conteste cette version, expliquant que c’est le groupe MassGAP qui a pris cette initiative, qu’il a présentée aux deux candidats. Dans les faits, Mitt Romney a embauché 42% de femmes dans son cabinet au cours des deux premières années mais seulement 25% au cours des deux suivantes.

Détournements

Mais plus que le fond, c’est l’expression «des classeurs plein de femmes» qui a fait la joie des internautes. Il a fallu moins de 10 minutes à la tournure pour percer sur Twitter et une demi-heure pour devenir un mème immortalisé sur le tumblr BindersFullOfWomen. La page Facebook compte déjà plus de 300.000 fans.

Sélections des meilleures créations:

«Personne ne me met dans un classeur», dit la fameuse image d’Hillary Clinton avec son BlackBerry, en référence au film Dirty Dancing («Nobody puts Baby in a corner»)

Dora l’exploratrice, attaquée par certains conservateurs comme symbole de l’immigration illégale, candidate au «départ volontaire» prôné par Mitt Romney.

«Où as-tu trouvé un classeur aussi grand?» version Call me maybe.

«Des classeurs plein de femmes? J’en ai des centaines», dit le patron de Playboy Hugh Hefner.

 P.B.

Jérusalem est et restera la capitale d’Israël


A la convention démocrate, voici comment fonctionne un vote démocratique. L’adjonction à la plateforme  de « Jérusalem est et restera la capitale d’Israël ! » demandait une approbation aux deux tiers. Voyez donc le vote

Pour être complets :Le texte poursuit : Les parties sont convenues que la question de Jérusalem relève des négociations sur le statut final. Jérusalem doit rester une ville indivisible accessible à toutes les religions.

anniebannie : accessible ? voyez comment ça se passe maintenant où les interdictions d’accès sont quotidiennes et multiples

 

Livre sur Ben Laden : le Pentagone menace l’auteur de poursuites


Le Point.fr – Publié le 31/08/2012 à 07:30
Les autorités américaines reprochent à Mark Owen d’avoir violé son engagement de confidentialité en faisant le récit de l’opération Geronimo.

Oussama Ben Laden © AFPOussama Ben Laden © AFP

Le Pentagone a menacé jeudi d’engager des poursuites contre l’ancien Navy Seal auteur d’un livre à paraître sur le raid contre Oussama Ben Laden, a annoncé le juriste en chef du ministère américain de la Défense, Jeh Johnson. Reprochant à l’auteur d’avoir violé son engagement de confidentialité en faisant le récit de l’opération à laquelle il a participé, Jeh Johnson écrit que le ministère « envisage d’engager à (son) encontre, et (contre) tous ceux agissant de concert avec (lui), tous les moyens légaux disponibles », dans une lettre dont l’Agence France-Presse a obtenu copie. L’ouvrage, No Easy Day (« Pas un jour facile »), doit sortir le 4 septembre. Son auteur, qui a l’écrit sous le pseudonyme de Mark Owen, est l’un des membres de la Team 6 des forces spéciales de la marine américaine qui a éliminé le chef d’al-Qaida le 1er mai 2011. Il y raconte notamment que Ben Laden, touché à la tête, a été achevé de plusieurs balles dans la poitrine et qu’un membre du commando avait dû s’asseoir sur sa dépouille dans l’hélicoptère lors du vol de retour, faute de place.

Dans son courrier, envoyé chez l’éditeur du livre Penguin, Jeh Johnson rappelle à Mark Owen qu’il a l’obligation de ne « jamais divulguer » d’informations classifiées. « Cet engagement perdure même après avoir quitté le service actif », explique le juriste. Il rappelle que le militaire avait signé cet engagement le 24 janvier 2007 et qu’il avait quitté l’armée le 20 avril 2012. Il rappelle également que tout profit issu de la divulgation d’informations classifiées doit être reversé au Pentagone. Contrairement au règlement, Mark Owen n’avait pas soumis son manuscrit au Pentagone ou à la CIA avant publication. La maison d’édition, qui espère déjà un best-seller avec une première impression de 300 000 exemplaires, a souligné que le livre avait été revu « par un ancien avocat des forces spéciales » pour s’en assurer.

Si les extraits de l’ouvrage qui ont fuité dans la presse ne contiennent pas de révélations fracassantes, certains éléments contredisent des détails dévoilés l’an passé par les autorités américaines. Elles avaient ainsi affirmé que le chef d’al-Qaida avait été abattu d’une balle dans la tête alors qu’il se trouvait dans la chambre de sa résidence d’Abbottabad (Pakistan). Mark Owen raconte de son côté qu’un de ses collègues qui montait les escaliers avait tiré sur un homme qui passait la tête par la fenêtre de la chambre. Une fois dans la pièce, Owen écrit avoir vu « du sang et de la matière cérébrale s’épancher sur le côté de son crâne ». Le corps de Ben Laden tressautait encore. Owen et un autre Seal ont alors « pointé leur visée laser sur sa poitrine et tiré plusieurs coups » jusqu’à ce que le corps ne bouge plus.

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J-6: « forcible rape » et retrait forcé


Une fois de plus, voilà les républicains piégés par leur obsession pour l’avortement. Depuis que le représentant Todd Akin, candidat au Sénat du Missouri, a eu sa sortie sur le viol n’entraînant pas grossesse parce que « le corps féminin a les moyens d’empêcher la fécondation » si c’est un « viol légitime », c’est la panique au parti républicain.

Non seulement, ce genre de déclaration relance l’argument démocrate de la « guerre contre les femmes » menée par le parti républicain, alors que la page venait d’être tournée sur la controverse autour de la contraception, et que « Mitt » rattrapait un peu l’écart (de 15 points) avec Obama chez les femmes, et notamment les indépendantes qui vont décider de l’élection dans certains Etats clefs…

Non seulement le pays se voit de nouveau entraîné dans des débats moyenâgeux (qu’est-ce qu’un « viol forcé » ? un viol « légitime » ? Quel est le taux de naissance en cas de viol ?) au lieu du nombre de jobs créés par Obama  – et les télés se font une fête de retrouver des déclarations passées de conservateurs sur les « sécrétions » que les femmes produisent et qui empêchent les naissances post-viols (néanmoins au nombre de 32.101 par an).

Mais ce sont les espoirs du « GOP » d’emporter la majorité au Sénat qui sont en péril. Le siège du Missouri est l’un des plus fragiles pour les démocrates dans une année où le renouvellement des sièges est plutôt favorable aux républicains.

Last but not least, Todd Akin est un proche de Paul Ryan, la candidat à la vice-présidence. Tous les deux ont présenté un texte à la chambre (HR 3) qui dénie tout financement public aux avortements sauf en cas de « viol par la contrainte » (forcible rape, une catégorie qui figure il est vrai dans les listes du FBI, par opposition à statutory rape, si la victime est mineure).

Pour le tandem Romney-Ryan, il est urgent de  couper le cordon avec Todd Akin, un intégriste il est vrai, qui n’était pas le choix sans risque que le parti aurait voulu pour affronter Claire McCaskill dans le Missouri (pour lui Obama a entraîné le pays vers le « stade 3 du cancer du socialisme » et il ne reste qu’à se « tourner vers Dieu et prier »).

Bref, Todd Akin est prié de se sacrifier pour le bien du parti et de renoncer à sa candidature. Il a jusqu’à 17h00 (heure du Missouri) pour le faire avant la fermeture du bureau d’enregistrement.

Tout le parti cherche à le joindre ce mardi mais il ne prend même plus son ami Paul Ryan au téléphone…  Il n’a parlé qu’à Mike Huckabee, l’ancien pasteur-candidat et animateur de talk show.  Tel un forcené retranché dans sa cabane, il a envoyé une video (Forgiveness) implorant le pardon et la mansuétude de ses compatriotes

Sur TV5 l’émission de Kiosque aujourd’hui


LES THÈMES DE L’ACTUALITÉ (cliquez sur le lien)

En Égypte, Mohamed Morsi devient le premier président du pays issu des urnes ;

La Syrie et la Turquie massent des troupes à la frontière tandis qu’on discute du sort d’Assad à Genève ;
L’Euro pour un 19e sommet de la dernière chance, où l’Allemagne a fait quelques compromis ;
La cour suprême américaine valide la réforme de la santé défendue par le président Obama…

Le complexe d’Auschwitz


Cet article est tiré du blog « Democracy in America » qui rassemble des contributions des correspondants du magazine The Economist qui traitent de politique américaine.

Ce papier est signé seulement des initiales du correspondant, M.S., mais il faut dire qu’il aurait, à quelques petits détails près, pu parfaitement être signé de Gilad Atzmon dont le journaliste semble avoir lu le livre “The Wandering Who ?.”

Où alors ce journaliste a abouti indépendamment aux mêmes conclusions que le fameux jazzman ex sioniste.

En même temps, il faut dire que c’est Netanyahou en personne qui nous convie à rejoindre l’analyse d’Atzmon quand il fait ce geste très symbolique qui consiste à offrir le Livre d’Esther au président des Etats Unis.

Ce qui revient à demander à Barack Obama d’assumer le rôle qui avait été celui du roi de Perse dans le Libre d’Esther.

Ce livre relate comme il est dit dans l’article une tentative d’élimination des Juifs en Perse à l’instigation d’un certain Haman, vizir du roi Ahasuerus. Une tentative déjouée grâce à Esther, l’épouse crypto-juive du roi et ce sont finalement les ennemis des Juifs qui seront exterminés.

La prière qui commémore ces événements observe cependant explicitement que la haine des Juifs est un phénomène qui traverse les époques et n’a pas de fin (ce sont les mêmes conclusions auxquels est arrivé le sieur Bernard-Botul-Henri Lévy, soi disant en philosophant alors qu’il s’est contenté de régurgiter sa doctrine religieuse).

On signalera quand même que l’histoire (celle qu’on professe à l’université non talmudique) ne connaît pas de roi Ahasuerus, pas plus que de vizir Haman ou de reine Esther.

Israël, l’Iran et l’Amérique

Le complexe d’Auschwitz

Par M.S., The Economist (UK) 6 mars 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Pendant sa rencontre avec Barack Obama lundi, Bibi Netanyahou a déclaré que “Israël doit être toujours en mesure de se défendre elle-même contre n’importe quelle menace. »

“Je crois que vous comprendrez, M. le Président, qu’Israël doit se réserver le droit de se défendre, » a déclaré Netanyahou. « Après tout, c’est le but même de l’Etat juif, restaurer le contreôle par le peuple juif de notre destin. C’est pourquoi ma suprême responsabilité en tant que premier ministre d’Israël est de faire en sorte qu’Israël reste maîtresse de son destin.»

Flash info: Israël n’est plus maîtresse de son destin. Il n’y a rien de terriblement surprenant à ce qu’un pays de moins de huit millions d’habitants ne soit pas maître de son destin. La Suède, la Suisse, la Serbie et le Portugal ne sont pas maîtres de leurs destins. En ce moment, de nombreux pays avec des populations de 100 millions d’habitants et plus ne peuvent pas vraiment être présentés comme maîtres de leurs destins. La Chine et la Grande Bretagne ne sont pas maîtresses de leurs destins, et même les Etats Unis qui sont de loin la première économie mondiale ne sont pas vraiment maîtres de leur destin.

Mais Israël a encore moins de contrôle sur sa propre destinée que n’en ont la Grande Bretagne ou le Portugal. La principale raison en est que, à la différence de ces pays, Israël refuse de renoncer à son empire. Israël est incapable de soutenir ses ambitions impériales en Cisjordanie, ni même de les articuler de lanière cohérente. Ayant permis à son idéologie fondatrice [le sionisme, NdT] de l’emmener inconsciemment et sans discontinuer dans ce que Gershom Ginsburg appelle un « empire accidentel » de colonies extrémistes nationalistes religieuses qui défient ouvertement ses propres tribunaux, Israël est politiquement incapable de s’en désengager. Les batailles partisanes engendrées par son occupation du territoire palestinien la rendent de moins en moins capable de se désengager. Elle est immobilisée, figée dans un conflit qui la tue à petit feu. Des pays vivant un crépuscule impérial, telle la Grande Bretagne de la fin des années 1940, sont souvent saisis par un sentiment de désespoir paralysant. Depuis plus de dix ans, le ton discours politique en Israël est un mélange de panique, de désespoir, d’hystérie et de résignation.

Personne ne porte une plus grande responsabilité pour le piège dans lequel Israël se trouve aujourd’hui enfermée que M. Netanyahou. En qualité de premier ministre à la fin des années 1990, il a fait plus que n’importe quel autre dirigeant Israélien pour détruire le processus de paix. L’accaparement illégal de terres par les colons était toléré et discrètement encouragé dans l’espoir confus qu’il serait un atout pour les négociations territoriales. Des affrontements violents et des provocations éclataient à chaque fois que le processus de paix semblait sur le point de franchir une étape concrète ; l’alibi le plus charitable consisterait à prétendre que les Israéliens n’avaient pas su faire preuve de la retenue attendue d’eux dans leurs représailles contre le terrorisme palestinien, ce qui sous-entend qu’ils auraient été vraiment intéressés par une solution à deux Etats. M. Netanyahou pensait que les accords d’Oslo étaient un mirage, et les actions de son gouvernement à la fin des années 1990 ont contribué à la réalisation de ce mirage.

S’étant enfermés eux-mêmes dans une lute à mort avec les Palestiniens sans pouvoir la reconnaître où la dénouer, les Israéliens ont opéré un déplacement de la source de leur anxiété vers une cible plus lointaine : l’Iran. Une bombe nucléaire iranienne ne serait pas un développement heureux pour Israël. Comme ne l’avaient pas été non plus un Pakistan nucléaire ni, de fait, la Corée du Nord. L’idée que l’Iran nucléaire représente un nouvel holocauste est exagérée, et la croyance que la source des malheurs existentiels d’Israël puisse être éliminée par une frappe aérienne est une erreur. Mais l’Iran fait un ennemi idéal pour les Israéliens parce que, à la différence des Palestiniens, il peut s’assimiler à une figure familière du roman national juif : l’antisémite éliminationniste. Avec les gros sabots qu’on lui connaît, M. Netanyahou a marqué sa rencontre avc M. Obama en lui offrant un exemplaire du Livre d’Esther. Ce livre parle d’un complot ourdi par Haman, vizir du roi de Perse Ahasuerus, pour massacrer les Juifs du pays, et des efforts de la belle Esther, l’épouse secrètement juive du roi Ahasuerus, pour persuader le roi de l’en empêcher. C’est une version de ce même récit de répression, de menace d’extermination et de résistance que les Juifs commémorent à Pâque dans la prière “Ve-hi she-amdah”: « Parce qu’à chaque génération ils se lèvent pour nous détruire, mais le Seigneur, béni soit-Il, nous délivre d’eux.»

M. Netanyahou est moins séduisant qu’Esther, mais il semble faire la cour à M. Obama et à l’opinion américaine de manière tout aussi efficace. La relation israélo-américaine ressemble maintenant à cette sorte d’interdépendance qu’on voit parfois dans les mariages ratés, où le partenaire le plus obstiné et le plus instable entraîne l’autre dans des projets de plus en plus illusoires et dangereux dont les résultats désastreux ne semblent avoir pour effet que de légitimer leur vision paranoïaque. Si M. Netanyahou réussit à convaincre l’Amérique de soutenir une attaque contre l’Iran, il faut espérer que ses conséquences catastrophiques ne serviront pas à justifier l’attaque qui les a provoquées.

M. Netanyahou pense que la mission du sionisme était de donner au people juif le contrôle de sa destinée. Personne n’a le contrôle de son destin quant il est en guerre avec ses voisins. Mais en tout cas, c’est seulement une des manières de penser la mission du sionisme. Une autre mission que citaient fréquemment les sionistes du début était d’aider les Juifs à sortir de la «mentalité de ghetto.» Le cadeau offert par M. Netanyahou à M. Obama montre qu’il est toujours dans cette mentalité.

Traduction : http://mounadil.wordpress.com/

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