Viva Palestina : 18 volontaires refusés par l’Egypte. L’attente se poursuit en Syrie


Publié le 19-10-2010

L’attente se poursuit dans le port de Lattaquié pour la convoi Viva Palestina et ses 170 véhicules transportant de l’aide médicale pour Gaza. Moubarak a dressé une liste de 18 passagers représentant soi-disant un « risque pour la sécurité ».

Les humanitaires à bord du convoi de Viva Palestine espèraient quitter la Syrie dimanche pour rejoindre le port de El Arish, puis Rafah.

Ils sont toujours bloqués pour le moment en Syrie, avec George Galloway, tantdis que le gouvernement égyptien vient de transmettre une liste de 18 passagers « non grata ».

Parmi ces derniers, une dizaine de Jordaniens dont l’un âgé de 83 ans, un journaliste, des humanitaires qui se trouvaient à bord du Marmara (bateau turc en route pour Gaza attaqué sauvagement le 31 mai dernier par les escadrons de la mort israéliens) , et d’autres qui ont déjà participé à un autre convoi Viva Palestina.

Moubarak continue à servir de paillasson à Israël.

CAPJPO-EuroPalestine

Mohammad Sawalha : « Nous attendons depuis une semaine à Lattaquié le feu vert de l’Égypte »


Silvia Cattori


Le convoi Viva Palestina 5, en Syrie

Lundi 11 octobre 2010

Mohammad Sawalha, vice président du Comité international pour briser le siège de Gaza, exprime, dans cet entretien, son inquiétude au sujet des difficultés que les autorités égyptiennes imposent au convoi Viva Palestina, bloqué depuis une semaine au port de Lattaquié en Syrie dans l’attente de l’autorisation égyptienne de se rendre à Al-Arish.

Silvia Cattori : Le cinquième convoi Viva Palestina [1] qui est parti de Londres le 18 septembre est bloqué à Lattaquié en Syrie depuis une semaine. Les autorités égyptiennes vont-elles laisser le convoi accoster à Al-Arish ?

Mohammad Sawalha : Tous les participants, qui sont venus de trois directions – le premier convoi d’Europe, le second d’Afrique du Sud, le troisième de Jordanie et des pays du Golfe – attendent maintenant au port de Lattaquié. Depuis une semaine, 400 personnes et 150 véhicules chargés de médicaments et de matériel scolaire attendent que l’Égypte accepte de leur accorder la permission de poursuivre leur route vers Gaza, en passant, comme elle l’avait initialement accepté, par Al Arish. Nous attendons la réponse des autorités égyptiennes. Nous leur avons donné, comme elles l’ont demandé, la liste des noms des participants, des véhicules et des produits que nous transportons. Nous avons rencontré l’ambassadeur égyptien à Damas en Syrie ; il nous avait promis de nous répondre samedi. Jusqu’à ce jour il ne nous a donné aucune réponse.

Silvia Cattori : Pour quelle raison les Égyptiens bloquent-ils le convoi ? Ils avaient pourtant défini et accepté cet itinéraire de longue date ?

Mohammad Sawalha : Ce n’est pas la première fois, malheureusement, que l’Égypte n’autorise pas nos convois à continuer naturellement leur route vers Gaza en passant par son territoire. Or, c’est la seule manière d’aller à Gaza. C’est pourquoi, de longue date, nous avons prié l’Égypte de ne pas nous donner de fausses informations. Notre objectif est de rappeler qu’Israël organise le siège contre les Palestiniens, et pas de donner l’impression que l’Égypte est partie prenante de ce siège. Les autorités égyptiennes nous ont promis de faire en sorte que tout se déroule bien. Mais jusqu’à maintenant rien ne se passe.

Silvia Cattori : Craignez-vous qu’elles aient changé d’avis sous la pression d’Israël ?

Mohammad Sawalha : Nous n’en avons pas la preuve. Nous sommes dans l’attente impatiente de poursuivre notre route. La manière avec laquelle ils ont agi avec nous auparavant, en nous retardant, cause de nombreux tracas et souffrances pour les participants ; nous avons avec nous des personnes âgées, l’une d’elle a 83 ans et un grand nombre ont plus de 60 ans. L’Égypte doit comprendre qu’il est inacceptable de laisser des gens souffrir de la sorte sans raison. Ils veulent juste aller à Gaza pour soutenir leur frères et sœurs.

Par leur présence les gens qui participent au convoi veulent simplement dire au monde que ce siège israélien n’a pas lieu d’être. C’est un siège criminel, et c’est le devoir de chacun d’aller au secours des habitants de Gaza pour leur apporter de l’aide.

Silvia Cattori : Après un si long voyage, trois semaines sur les routes dans des conditions très inconfortables, quel est le moral des participants ?

Mohammad Sawalha : Je puis vous assurer que, malgré les grandes difficultés auxquelles ils font face, leur moral est très haut. Ils sont conscients qu’ils servent une cause noble, leur objectif étant de défier le siège inhumain qu’Israël impose au peuple palestinien. Bien sûr, ils souffrent, surtout les gens plus âgés, mais chacun d’eux est prêt à attendre le temps que l’Egypte les autorise à continuer leur route.

Silvia Cattori : Le paradoxe n’est-il pas que, alors que le siège est imposé par Israël, dans cette histoire c’est l’Egypte qui se trouve ainsi en première ligne ?

Mohammad Sawalha : Ce n’est pas notre décision. Depuis le début, nous avons demandé aux autorités égyptiennes de nous laisser passer sans autres. Mais pour être francs, la politique égyptienne qui maintient fermée la frontière de Rafah, seule porte pour entrer à Gaza, n’est pas acceptable pour nous. Ils l’ouvrent parfois, comme après le massacre de Gaza, en disant que c’est pour des raisons humanitaires. Mais cela est inacceptable, cette frontière de Rafah devrait être toujours ouverte comme n’importe quelle frontière entre pays. Les Palestiniens ont le droit de vivre dans la dignité et la liberté comme n’importe quelle nation au monde. C’est ce que nous croyons et, pour cette raison, nous devons nous battre jusqu’à ce que nous ayons atteint cet objectif.

[1] Voir :
- « De Londres à Gaza – Entretien avec Kevin Ovenden », par Silvia Cattori, silviacattori.net, 28 septembre 2010.
- « Le combat pour briser le siège illégal de Gaza continue », par Silvia Cattori, silviacattori.net, 25 septembre 2010.

30 heures à Gaza


Les attaques viennent par vagues, persistent pendant quelques jours avant que la pluie toxique de phosphore et de missiles ne s’estompe. Et comme pour la météo, le type d’engins utilisés pour l’attaque alimente les sujets de conversations : « C’était un Apache … c’était un F-16. »

Un de mes premiers aperçus de la bande de Gaza a été un jeune homme sur une moto qui me jeta son kuffiyeh rouge. « Souviens-toi de moi ! » m’a-t-il crié, avant de disparaître dans une mer de drapeaux. Avec une certaine ironie, ce sont les membres du convoi d’aide humanitaire Viva Palestina qui ont fini par jouer le rôle de victimes de guerre lorsque nous avons finalement pu entrer dans la bande de Gaza le 6 Janvier. Nous n’étions pas encore remis d’un affrontement avec la police égyptienne qui avait fait 60 blessés la veille. Les milliers de personnes qui ont bravé le froid de la nuit pour nous accueillir ont prodigué le réconfortant idéal pour les têtes endommagées et les visages recousus.

Ce qui avait l’allure d’un essaim fait d’un bon millier de motos, chacune portant deux, parfois trois personnes, a roulé à côté de nous, se heurtant dans leur empressement à nous suivre alors que nous roulions de Rafah à Gaza.

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« Tous unis avec les musulmans pour briser le siège de Gaza »


George Galloway – Silvia Cattori

George Galloway, député britannique à la Chambre des communes (*), est un homme posé, vif, chaleureux. Son regard bleu est attentif et amical. Il n’a pas de temps à perdre. Il est préoccupé par la gravité de la situation à Gaza. Il a mille fers au feu mais il a néanmoins accepté de venir donner, le 26 janvier, une conférence à Lyon (**). C’est dans ce cadre que nous l’avons rencontré.

Rencontre avec George Galloway

D’une voix forte, claire et limpide, il délivre son message : face à la guerre que mène l’Occident contre le monde musulman, c’est une faiblesse mortelle de la gauche de ne pas s’unir avec les musulmans (1). Il est impératif que toutes les forces progressistes et anti-guerre s’unissent avec eux. Car les positions des musulmans aujourd’hui sont objectivement les mêmes que celles de tous les progressistes dans le monde : en finir avec les guerres et les injustices.

Silvia Cattori : Après le dernier convoi de « Viva Palestina » à Gaza (2), que comptez-vous faire ?

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Et maintenant, « Viva Palestina » ?


Stuart Littlewood – The Palestine Chronicle

De simples mots ne peuvent suffire pour exprimer mon admiration pour Viva Palestina et pour celles et ceux qui lui ont consacré tous leurs efforts. J’aime comment ils ont fait honte – et pas pour la première fois – aux grandes puissances et à leurs dirigeants mollassons.

Les évènements maintenant semblent montrer que "Viva Palestina" a à changer de tactique.

Les évènements maintenant semblent montrer que « Viva Palestina »
a à changer de tactique.

De simples mots ne peuvent suffire pour exprimer mon admiration pour Viva Palestina et pour celles et ceux qui lui ont consacré tous leurs efforts. J’aime comment ils ont fait honte – et pas pour la première fois – aux grandes puissances et à leurs dirigeants mollassons.

Et pour sa peine, le député britannique George Galloway a été déclaré persona non grata en Egypte. Quel désappointement pour lui !

Etant donné les désaccords et le refus tenace de ce dernier convoi de renoncer, ça ne pouvait se terminer par des étreintes et des embrassades avec l’homme de confiance du président Moubarak, ou sur ces mots gentils, « Revenez-nous vite, George ».

Ce qui importe vraiment, c’est qu’ils aient remis les produits alimentaires d’une importance vitale, alors que les armées et les marines du prétendu Monde libre n’y avaient même pas pensé. Et ils l’ont fait avec de la classe, face aux crises de colère de l’Egypte.

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Help is urgently needed in Al Arish!


« From Viva Palestina: Our situation is now at a crisis point! Riot has broken out in the port of Al- Arish. This late afternoon we were negotiating with a senior official from Cairo who left negotiations some two hours ago and did not return. Our negotiations with the official was regarding taking our aid vehicles into …Gaza. He left two hours ago and did not come back. Egyptian authorities called over 2,000 riot police who then moved towards our camp at the port. We have now blocked the entrance to the port and we are now faced with riot police and water cannons and are determined to defend our vehicles and aid. The Egyptian authorities have by their stubbornness and hostility towards the convoy, brought us to a crisis point. We are now calling upon all friends of palestine to mount protests in person where possible, but by any means available to Egyptian representatives, consulates and Embassy’s and demand that the convoy are allowed a safe passage into Gaza tomorrow! It is also important that you contact whatever media outlet in your region to inform them of this event and to push your local politicians to act.___

Solidarité avec Gaza : le jeu curieux de l’Egypte


Les autorités égyptiennes semblent alterner le chaud et le froid dans leurs rapports avec les militants internationaux qui tentent de rallier la bande de Gaza par le Sinaï pour apporter un témoignage de solidarité aux Palestiniens assiégés. Deux grandes initiatives se développent simultanément : d’une part, une « marche pour la liberté » dont les 1.400 participants venus de 43 pays restent pour le moment coincés pour la plupart au Caire, et d’autre part, le convoi « Viva Palestina », qui comporte 250 véhicules (dont une bonne moitié d’ambulances).

Les nouvelles concernant ce convoi inclinent ses organisateurs à l’optimisme : venus de Londres jusqu’à Akaba, le port jordanien sur la mer Rouge, en passant par l’Italie, la Grèce, la Turquie et la Syrie, les militants s’étaient retrouvés bloqués à Akaba jeudi dernier en raison du refus du Caire, invoquant « des raisons de sécurité » de les laisser embarquer pour le port égyptien de Nuweiba (d’où ils auraient pu gagner Rafah par la route).

« Grâce à la médiation des Turcs, qui ont d’ailleurs une grosse délégation parmi nous, on a trouvé une solution, nous dit par téléphone Kenza Asnasni, l’une des onze Belges du convoi. Mais nous avons dû rebrousser chemin après avoir attendu cinq jours en vain à Akaba. Nous retournons en Syrie, où deux bateaux affrétés par les Turcs, je crois, nous attendent. De là, nous naviguerons jusqu’au port égyptien d’El Arish, non loin de Rafah. L’accord conclu nous autorise à nous rendre à Gaza avec nos véhicules chargés d’aide, médicaments, matériel scolaire, vêtements, couvertures, etc. Nous espérons y arriver pour le 31 décembre. En tout cas, nous n’avons qu’à nous louer de l’hospitalité des Jordaniens, et aussi des Syriens. »

D’autres Belges vivent, eux, une expérience plus amère. Ils font partie des quelque 1.400 militants internationaux qui veulent aussi se rendre à Rafah, pour une « marche de la liberté » projetée de très longue date avec l’assentiment officieux des autorités égyptiennes qui avaient demandé – et obtenu – toutes les coordonnées de chaque voyageur. Ces mêmes autorités leur ont finalement fait valoir de semblables arguments sécuritaires pour les empêcher de gagner Rafah.

« Une partie d’entre nous avait réussi à louer cinq bus lundi, mais nous avons été interpellés à une heure de route du Caire par la police et forcés de battre retraite, nous raconte par téléphone le Français Julien Rivoire. D’autres ont eu de semblables mésaventures, seuls quelques-uns, une quarantaine, avaient réussi à gagner auparavant El Arish, près de Rafah, où ils sont également coincés. »

Les quelque trois cents Français présents au Caire ont passé la nuit de lundi à mardi sur le trottoir de leur ambassade. « Je dirais que nous avons reçu un soutien, mais minimal, de l’ambassade, continue Rivoire. Les Egyptiens avancent des arguments à propos de notre sécurité, mais nous savons qu’ils font face à de grosses pressions israéliennes et américaines. D’ailleurs, Américains et Européens soutiennent la construction du mur souterrain récemment entreprise par les Egyptiens pour en finir avec les tunnels à Rafah ».

Notre interlocuteur ne nie pas que la politique intérieure égyptienne joue un rôle dans cette histoire, en ce sens que la confrérie des Frères musulmans, puissante, juste tolérée mais quand même harcelée en Egypte, est proche du Hamas, qui domine à Gaza. « Oui, nous savons que le régime égyptien ne tient pas à ce que les islamistes, à Gaza, puissent clamer qu’ils ont obtenu un succès, fût-ce l’arrivée de militants venus montrer leur solidarité, un an après l’agression israélienne, avec une population palestinienne victimes d’un siège illégal. »

Depuis lundi, quelques-uns des marcheurs pour la liberté bloqués au Caire observent une grève de la faim en guise de protestation. Parmi eux, une Américaine de Saint-Louis, Hedi Epstein, 85 ans, rescapée de la Shoah.

BAUDOUIN LOOS

Des véhicules belge d’aide médicale interdits d’entrée en Egypte


Le convoi d’aide médicale et humanitaire VIva Palestina est bloqué depuis hier au port de Aqaba en Jordanie.

Parti de Londres, le convoi a traversé 10 pays et parcouru plus de 6000 km jusqu’au sud de la Jordanie où il devait embarquer pour l’Egypte. L’initiative anglaise a trouvé écho en Belgique où nous nous sommes constitués en un comité de citoyens participant à cette chaine de solidarité. Les 11 membres de notre délégation belge sont aujourd’hui bloqués. Avec eux attendent les véhicules et matériels collectés grâce au soutien d’associations, d’hôpitaux et de citoyens.

Officiellement, aucune interdiction n’a été émise par les autorités égyptiennes. Sur le terrain cependant les ferrys ont reçu la consigne claire de ne pas laisser embarquer les 250 véhicules qui attendent sur le port.

Des contacts ont été pris entre les gouvernements égyptiennes, turcs et malaysiens afin de trouver une solution et autoriser la traversée vers Nuweiba. La population égyptienne de passer via El Arish et de négocier avec Israël pour donner l’aide à l’UNRWA n’en est pas une. El Arish est inaccessible depuis Aqaba et il serait aberrant de négocier avec Israël de l’aide pour contourner le blocus que lui-même impose à Gaza.

Entre temps des associations locales jordaniennes fournissent l’aide et le support nécessaire aux quelques 500 volontaires afin de s’organiser pendant l’attente qui risque de se prolonger en ce week-end de fêtes. En parallèle aux négociations diplomatiques, des veillées aux chandelles, des manifestations sont prévues sur place