Bruxelles : un coin d’Orient


Depuis ma rentrée à Bruxelles, je cherchais en vain un endroit agréable où « boire » un arguilé (Syrie), ou fumer une chicha (Egypte et al.). En demandant dans la rue, à gauche et à droite, on m’a plusieurs fois aiguillée vers des endroits inexistants, comme à Molenbeek par exemple.

Il me fallait un endroit où je serais également acceptée en tant que femme seule. J’ai fini par obtenir le bon tuyau et je me fais un plaisir de le partager avec vous.

La Colombe n’est peut-être pas le seul établissement de son genre, mais il m’a plu: au 120 de l’avenue de Stalingrad, 1070 – Bruxelles :

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Depuis la rue, je vois ceci :

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J’entre : ça sent bon l’arguilé, c’est propre et accueillant

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Je fume ma chicha en buvant un merveilleux thé marocain à la menthe bercée par la voix de Oum Kalthoum

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En haut, il y a un salon marocain

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La Colombe est ouverte tous les jours de midi à deux heures du matin. Il y a une carte de petite restauration, mais on annonce aussi couscous, tagines et poissons.
Téléphone : +32 476 81 66 29

Muqaddassi


Françoise Germain-Robin

Une traversée géographique et poétique du vieux monde musulman avec Muqaddassi

Un Palestinien sur la route,

Le monde musulman en l’an mil,

de Muqaddassi, avec la complicité d’André Miquel. Éditions Sindbad/Actes Sud, 2008, 254 pages, 23 euros.

C’est une idée superbe

et réjouissante, et le résultat l’est tout autant : André Miquel, qui enseigna pendant tant d’années la langue

et la littérature arabe au Collège de France et transcrivit tant de grands poètes

du monde musulman, s’est laissé convaincre d’entreprendre une traduction de l’oeuvre majeure de l’écrivain-géographe palestinien Al Muqaddasi. Né à Jérusalem en 944, il parcourut le monde musulman du Magreb à l’Irak, la Perse et l’Asie centrale, jusqu’aux confins

de l’Afghanistan, son carnet de notes à la main, pour établir « la meilleure façon de répartir les pays pour mieux les connaître ». André Miquel

a simplifié ce titre savant comme il l’a fait aussi

du texte, éliminant les répétitions et les lourdeurs, mais préservant la précision de descriptions non exemptes de poésie. On se promène avec Al Muqaddasi dans une Afrique du Nord opulente

et une Égypte où se côtoient déjà richesse et grande misère. On goûte la description des villes, mais aussi ce qu’il appelle des « tableaux de rue », avec celle des gens, des métiers, des produits et même

de la cuisine. On constate avec surprise que certaines choses ont peu changé : on mange mal

en Égypte, délicieusement à Sham – le nom que portait alors la Syrie, dont la Palestine était une région avec comme capitale Ramallah. « Pays

le plus glorieux au monde, le rêve de tout esprit porté au bien », dit l’auteur, un tantinet chauvin. Faisant preuve d’une grande ouverture d’esprit,

il s’attache à décrire les régimes politiques, les différentes formes de l’islam et les débats religieux qui habitent alors le monde musulman. Il n’oublie pas chrétiens et juifs, alors nombreux et fort actifs dans tout l’Orient arabe. En refermant ce beau livre, on répond sans hésiter à la question que pose l’auteur : « Aurais-je été poète si Dieu ne m’avait poussé à parcourir le monde ? » Sans doute, mais

la science et la géographie humaine eussent beaucoup perdu et nous aussi. Son dernier mot,

le regret de ne pas revoir son pays natal, la Palestine, résonne aussi d’une étrange actualité : « Je ne me plaindrai pas, cet exil, je l’ai voulu. Mais les autres, tous ces autres à qui fut refusée la liberté

de rester ? »

Françoise Germain-Robin
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Une cure balnéo en Roumanie


Est-ce que je recommande ? Oui, pour la cure, non pour la Roumanie que vous verrez si vous allez à Eforie Nord. C’est une Roumanie sans beaucoup de caractère. Eforie, c’est du neuf banal; bien sûr, il y a la mer, mais la promenade qui la longe a besoin d’un coup de fraîcheur.

L’hôtel Europa serait le meilleur de la côte et il est effectivement impeccable de propreté et de service, sauf celui de l’accueil. Vous débarquez avec vos bagages, personne ne vient les transporter. On vous donne une de ces merveilleuses clés-cartes et vous vous débrouillez pour traîner votre équipement jusqu’à votre chambre en empruntant un ascenseur des plus modernes. Vous choisissez votre étage en l’appelant. Sur l’écran, une flèche indique lequel des quatre habitacles vous transportera.

Arrivé à votre chambre, vous introduisez la carte dans la fente ad hoc et cela ne marche pas; vous êtes seul et vous vous résignez à répéter l’opération jusqu’à ce que la porte se décide à s’ouvrir.

Autre plainte : le BRUIT. Un muzak envahissant vous persécute partout sauf dans votre chambre. On diffuse à longueur de journée une atroce musique que l’on baisse quand vous en faites la demande. Pourquoi pas un peu de musique classique discrète ? Le public n’est pas tellement jeune et apprécierait peut-être.

Le lendemain de votre arrivée vous avez rendez-vous avec une docteure dont je ne vanterai pas assez la conscience professionnelle. Sa visite n’a rien d’une routine.

Docteur Cucu

Elle présente l’avantage de parler français. Elle vous examine sur toutes les coutures pendant une demi heure. Elle vous communique son diagnostic et vous prescrit les soins qui commencent l’après-midi même. Pour moi ce fut : massages sous l’eau, massage avec de la boue, bains de boue et de sels.

J’ai pris en supplément six séances d’esthétique corporelle et trois d’esthétique du visage ainsi que six séances de drainage lymphatique. J’aurais aussi pu prendre de la réflexologie, mais mon emploi du temps devenait un peu chargé.

En été, à partir de juin en fait, vous pouvez vous rendre directement au lac Techirghiol d’où provient la boue (il y a un bus depuis Eforie), mais il y a aussi un petit lac plus près de l’hôtel. Là, vous vous enduisez de boue, vous séchez au soleil et puis vous vous décrassez dans le lac salé.

Pour la longueur du séjour, je recommande au moins deux semaines, car si pendant la première mon corps a encaissé l’effet des traitements, pendant la seconde il a commencé à vraiment profiter des soins. Une troisième semaine aurait été parfaite.

Côté hôtellerie, rien à redire. La nourriture est bonne, variée et saine. Le midi, le repas est servi à table et vous choisissez dans un menu; le soir, comme le matin au petit-déjeuner, c’est la formule buffet. J’ai pris la demi pension.

Les soins standard vous occupent une heure et demie par jour, mais vous pouvez aller tremper dans la piscine d’eau très salée, ou dans la piscine extérieure; il y a saunas et salle de musculation avec moniteurs (cette dernière en supplément).

Comment y aller ? Depuis la Belgique, il y a AB tours et maxitours. Il y a aussi un Belge auquel deux dames que j’ai rencontrées là bas avaient fait appel et qui ont été contentes.

Voici les adresses :

1. AB tours. Je me suis adressée à eux et je n’ai que du bien à en dire.
Accès direct à la brochure Littoral roumain

2. MAXITOURS. Je n’ai qu’un numéro de téléphone : 32 2 217 72 73

3. Monsieur Wéry.

Un détail qui a son importance : vous arrivez à Bucharest et il y a quatre heures de route jusqu’à Eforie Nord. Le transfert est assuré par l’agence.
Explorez la possibilité d’un vol direct jusqu’à Varna en Bulgarie, vu qu’Eforie n’est pas loin de là et que le passage de la frontière se ferait sans difficulté.

J’allais oublier : une excursion à Constanta s’impose. Vous y allez en bus (tous les quarts d’heure) et vous y visitez le musée archéologique et faites la promenade au bord de la mer où vous verrez l’impressionnant ancien Casino. Ne ratez pas le parc près de la gare où il y a une merveilleuse fontaine qui s’anime parfois et vous présente un unique ballet aquatique.

Il y a aussi, plus près de la Bulgarie, Mangalia et l’hôtel Paradiso qui offre la même formule. Mangalia est une jolie petite ville et son bord de mer est plus agréable que celui d’Eforie. On s’y sent davantage en Roumanie. Certains ne jurent que par Mangalia, mais j’ai rencontré une dame qui préfère l’Europa.

En saison, il y a moyen de faire des excursions accompagnées.

Vacances roumaines


Difficile d’oublier l’actualite. On ne peut pas oublier ce ME si cher.
Quant a la Roumanie, vu le contexte de mon sejour (cure thermale) mes commentaires seront terriblement limites, mais pour ce qui est de faire une cure thermale, je recommande.
Je vous fournirai plus d’amples renseignements plus tard.