« Le plus blessant pour les Syriens, c’est le manque de solidarité » – Entretien avec Salam Kawakibi


24 juillet 2013

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 La lettre que vous pouvez lire ci-dessous m’est parvenue il y a quelques jours, comme à d’autres journalistes. Elle a été écrite par trois spécialistes de la Syrie, Florence Ollivry, Marion Coudert et Nicolas Camoisson, et relayée par Salam Kawakibi, syrien lui-même. Il est le directeur adjoint de l’Arab Reform Initiative, un réseau d’instituts de recherches sur le monde arabe. Chaque jour, sur son profil Facebook, il publie des photos venues de Syrie. Les photos d’un drame que les médias, surtout depuis le déclenchement des événements égyptiens, ont comme occulté. Alors que les civils syriens meurent, souffrent, fuient, subissent une guerre d’une violence inouïe. Voici sa lettre, et à suivre, un entretien que nous avons réalisé hier. Un entretien qui se termine par cette réflexion amère: « Ce qui est le plus choquant et profondément blessant pour les Syriens en ce moment, c’est le manque de solidarité ».

1463245271« Chers amis,

 

En ce mois de juillet 2013, la situation  en Syrie est gravissime. Homs est sous les bombardements depuis 10 jours, 4000 personnes civiles sont piégées dans la ville. Les blessés y meurent faute de soin. Alep n’est plus que l’ombre d’elle-même. La famine y fait des ravages.

 

Par exemple, la ville d’Azaz, près d’Alep qui comptait 70 000 habitants est aujourd’hui réduite à 7000 personnes et est régulièrement bombardée de façon arbitraire.

 

Les enfants meurent de faim dans un pays qui était connu pour son abondance et la diversité de sa cuisine. Plus de 7000 enfants sont morts sous les violences depuis deux ans et vous connaissez le nombre de morts officiels qui s’élève à 100 000.

 

On parle aussi de 4 millions de personnes déplacées en Syrie et de 1,75 millions de réfugiés dans les pays voisins qui sont à la limite, eux aussi, de la rupture. Les femmes détenues à la prison d’Adra sont entrées en grève de la faim depuis 10 jours pour dénoncer l’arbitraire de leur incarcération et les tortures dont elles sont victimes.

 

L’aide humanitaire massive en direction de la Syrie n’atteint que très peu ses objectifs, malgré les efforts des ONG. Toutes les lois internationales de la guerre, de la protection des populations civiles sont délibérément violées depuis deux ans. La Syrie est une vaste prison où la torture est le maître mot.

 

Cet appel est une initiative personnelle car nous savons que vous vous sentez tous concernés. Mais nous avons bien conscience aussi que nous pensons tous être impuissants face cette situation. Pourtant, quelles que soient nos opinions politiques et nos sensibilités, nous devons nous mobiliser pour dénoncer la destruction en cours d’un pays à l’immense culture, d’un peuple doux et tolérant qui se débat aujourd’hui dans une immense solitude contre des agressions venant de toutes parts. Certes, bien des causes dans le monde mérite notre soutien, mais ce qui est en cours en Syrie est d’une telle sauvagerie que nous avons le devoir de ne pas abandonner ce peuple. »

                                                                                                Florence Ollivry, Marion Coudert et Nicolas Camoisson – Salam Kawakibi

Quelle est la situaton humanitaire en Syrie ?

Les secours arrivent plus sur le papier que dans la réalité. La situation est dramatique, elle a été comparée à la crise rwandaise. Il n’y a pas seulement des millions de déplacés et de réfugiés à l’étranger, et des dizaines de milliers de victimes, mais nous avons toute une génération qui ne va plus à l’école depuis deux ans. Toute une génération d’enfants qui n’ont pas été normalement vaccinés. On assiste au retour de la tuberculose, qui avait été éradiquée depuis une vingtaine d’années. Il y a des villes entièrement détruites. Homs aurait été détruite à plus de 60%. Quand on sait que c’est la troisième ville du pays, on mesure le drame. Certains villages n’existent plus. Ils ont disparus de la carte. Comme dans les récits sur la seconde guerre mondiale.

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Ce sont les combats où il y a une volonté de raser certains villages ?

En grande partie, ces disparitions de villages est due à une politique d’épuration ethnique qui a été pratiquée dans une zone géographique bien précise. Le dernier épisode en date, c’est la ville de Qousseir, où tout a été détruit et d’où les habitants, chrétiens et musulmans, ont dû partir. Il y a une tentative de modifier la carte démographique en brûlant les registres du cadastre dans de nombreuses localités pour couper court à toute revendication de propriété à l’avenir. C’est une expropriation par la guerre. On ne bombarde pas seulement les habitations, mais on brûle les traces.

Au niveau humanitaire, la solidarité sur place existe-t-elle encore ?
Jusqu’ici, on a vu une grande solidarité sur le terrain, mais on constate une fracture à présent. Chez les citoyens de tous les bords, on ressent une grande peur de l’avenir, de la façon dont il va falloir traiter avec celui qui a été accusé d’être derrière sa propre souffrance. Le régime a établi un scénario dès le premier jour de la contestation et on voit que, deux ans-et-demi, il a presque réussi à réunir tous les ingrédients pour qu’une guerre civile éclate.

Ce n’est pas déjà une guerre civile ?
Jusqu’à maintenant, il n’y a pas eu de guerre civile en Syrie, c’est une guerre contre les civils. Mais tous les ingrédients sont là pour qu’elle voit le jour dans les prochaines semaines. Si rien ne se passe pour l’éviter.

Sur base communautaire ?
Les actions militaires, du côté du régime, ont pris une dimension communautaire. Quand on voit les scènes de tortures qui ont été tournées exprès et diffusées sur le net portait les empreintes d’une seule communauté, même si ce n’est pas vrai, mais il y avait une volonté du régime de prendre en otage la communauté alaouite. Le régime utilise cette dimension pour provoquer des réactions au sein de la société syrienne contre la minorité alaouite, pour que cette dernière s’accroche encore plus à la soi-disant protection du régime. Il y a une instrumentalisation de la question communautaire qui est faite de façon minutieuse et diabolique. Et moi, je crains qu’elle ne soit en train de donner, hélas, des fruits.

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Côté rébellion, il y a des infiltrations tout aussi radicales ?
Justement, je vous parle d’un scénario établi très tôt et qui selon moi est en cours de réalisation. Dès le début, il  y a deux ans, le régime annonçait le danger extrémiste et les infiltrations radicales. A l’époque, c’était faux, mais c’est devenu une réalité. Il y a des groupes radicaux infiltrés de plusieurs façons sur le territoire syrien. On peut parler d’infiltration par l’Irak, par la Turquie. Il y a une radicalisation au sein même du mouvement de la rébellion, mais c’est explicable compte tenu de l’indifférence de la communauté internationale et de l’abandon des Syriens à leur destin. De l’autre côté, il y a aussi une radicalisation artificielle, introduite de l’extérieur, qui n’a rien à voir avec la nature des pratiques religieuses des Syriens. Il y a ce qu’on appelle des Moudjaidines étrangers qui sont là pour des objectifs qui n’ont rien à voir avec la liberté ou la démocratie. Certains sont là parce que c’est un espace ouvert pour faire la guerre après l’avoir déjà faite en Afghanistan ou en Irak. Il y a aussi des exactions pratiquées par ces Moudjahidines à l’égard des habitants syriens qui vivent dans les zones contrôlées par l’Armée libre. Les zones où le pouvoir n’exerce plus sa domination. Dans le but de déstabiliser toute alternative au régime. Ils rendent un vrai service au régime.

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Vous dénoncez l’inaction occidentale, quelles promesses n’ont pas été tenues ?

Déjà, la première erreur fatale qui a été commise dès le début, c’est que les Occidentaux ont encouragé l’opposition syrienne à aller encore plus loin dans ses revendications en annonçant la fin du régime dans l’espace de quelques semaines, la fin de sa légitimité. Toutes ces déclarations qui n’ont pas été suivies d’actions ou de décisions concrètes n’ont fait que piéger encore plus l’opposition politique syrienne. Une opposition  qui est immature, qui n’a jamais pu pratiquer la politique durant cinq décennies de répression et de contrôle de l’espace public. C’était déjà une erreur très grave. Ensuite, on a vu toute une série de réunions, avec les Amis de la Syrie, avec des chiffres avancés sur le plan humanitaire, avec des engagements des pays occidentaux pour soutenir l’opposition syrienne et renforcer le processus politique nécessaire pour résoudre la question. Il est bon de rappeler que personne, côté rébellion, n’a évoqué une intervention militaire pour arrêter la tuerie en Syrie. Ce n’était ni la revendication de l’opposition ni une promesse avancée par quiconque. Cet argument n’a donc pas lieu de revenir sans arrêt, comme une justification à l’inaction. Les gens n’étaient pas dupes, ils savaient qu’il n’y aurait pas d’intervention militaire, que la donne régionale ne le permettait pas. En revanche, une intervention politique et humanitaire claire était attendue, et on ne l’a pas eue.
Intervention politique de quelle nature ?
En intervenant auprès des maîtres de cette tuerie. Autrement dit, l’Iran et la Russie. Ils n’attendaient que cela, d’être remis dans le jeu diplomatique. Les pays occidentaux ont complètement écarté cette possibilité par rapport à l’Iran, et qu’ils ont à moitié accepté vis-à-vis de la Russie. On sait que Moscou a des intérêts, mais avant tout se sent toujours humiliée sur la scène internationale, et veut imposer sa présence sur les dossiers importants comme pouvait l’avoir l’ancien empire russe. Et cela n’a jamais été pris en compte.
1719185779Les Russes sont les seuls à avoir respecté en Syrie leurs engagements ?
Ils se sont engagés à fournir des armes, des experts et de l’aide financière au régime. Comme les Iraniens, et ils ont toujours respectés ces engagements. Les Iraniens envoient des Pasdarans, des milices à base communautaire en provenance d’Irak, du Pakistan ou du Liban via le Hezbollah comme bras armé de leur diplomatie. Les Russes envoient des experts, des armes et aussi soutiennent économiquement et financièrement la machine à tuer du régime. Ils n’ont jamais hésité ou parlé à mi-mot. Il y a beaucoup de cynisme et de criminalité dans leur comportement, mais au moins il n’y a pas d’hypocrisie comme on l’entend dans le discours occidental.
3909243893Assad est plus fort aujourd’hui qu’en décembre 2012 ?
Au niveau militaire, on est plutôt face à un statu quo qui continue à éprouver les Syriens. Il n’y a pas de réelle avancée, pas de victoire importante d’un côté ou de l’autre. Assad, maintenant, sait que l’Occident a compris qu’il y a maintenant un danger de radicalisation. C’est du pain béni pour lui. Sur ce point, sur la communication,  il est en position de force. Mais sur le terrain, on ne peut pas le dire.
Le Congrès américains s’apprête à donner un feu vert à l’administration Obama pour des livraisons d’armes  à la rébellion. C’est trop tard ? Trop peu ?

Je crains que cela ne serve à augmenter les probabilités de tuer encore plus de civils syriens. Je ne vois pas un processus militaire aboutissant à un résultat salutaire pour els Syriens. Il faut un processus politique. Or, personne ne veut véritablement s’y engager. On parle de Genève 2, mais ni les Américains ni les Russes ne sont pressés. Personne n’est capable, maintenant, de vous dire de quoi il s’agit. Certains diplomates vous parlent même de repousser la rencontre en septembre ou octobre à cause des vacances… C’est de l’irresponsabilité. Si on parle de fournitures d’armes, c’est pour dire qu’on a fait à la fin ce qu’on a pu, mais sans trouver de solution politique. Livrer des armes sans un processus politique clair, ferme et avec un agenda précis, ce n’est que renforcer les risques de morts pour les Syriens.

Avant de clore l’entretien, Salam Kawakibi désire ajouter ces mots…

J’ajouterais une chose. Ce qui est le plus choquant et profondément blessant pour les Syriens en ce moment, c’est le manque de solidarité. Pas des Etats occidentaux, parce que ce n’est pas très surprenant en fonction de leurs calculs et de leurs intérêts, mais c’est le manque de solidarité de la part de la société civile occidentale. Elle a été souvent beaucoup plus active dans des situations semblables sur l’Irak, la Palestine ou même le Vietnam. Maintenant on observe vraiment un scepticisme de la part de l’opinion européenne à l’égard du mouvement contestataire en Syrie. Et cela rejoint mes craintes sur la communication orchestrée par le régime de Damas.

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Lâcher prise


Lâcher prise, ce n’est pas se montrer indifférent, mais simplement admettre que l’on ne peut agir à la place de quelqu’un d’autre.

Lâcher prise, ce n’est pas couper les liens, mais prendre conscience que l’on ne peut contrôler autrui.

Lâcher prise, ce n’est pas être passif, mais au contraire chercher principalement à tirer une leçon des conséquences inhérentes à un événement.

Lâcher prise, c’est reconnaître son impuissance, au sens où l’on admet que le résultat final n’est pas toujours entre ses mains.

Lâcher prise, c’est ne plus blâmer ou vouloir changer autrui et, au lieu de cela, choisir de consacrer son temps à donner le meilleur de soi-même.

Lâcher prise, ce n’est pas prendre soin des autres en faisant preuve d’une totale abnégation, mais se sentir concerné par eux.

Lâcher prise, c’est ne pas « assister « , mais encourager.

Lâcher prise, c’est ne pas juger, et accorder à autrui le droit d’être humain, c’est à dire lui accorder le droit à l’erreur.

Lâcher prise, c’est ne pas s’occuper de tout ce qui arrive, et laisser les autres gérer leur propre destin.

Lâcher prise, c’est ne pas materner les autres, et leur permettre d’affronter la réalité.

Lâcher prise, ce n’est pas rejeter, c’est au contraire accepter.

Lâcher prise, c’est ne pas harceler, reprocher, sermonner ou gronder, et tenter de déceler ses propres faiblesses et de s’en défaire.

Lâcher prise, c’est ne pas adapter les choses à ses propres désirs, et prendre chaque jour comme il vient et l’apprécier.

Lâcher prise, c’est ne pas critiquer ou corriger autrui, mais s’efforcer de devenir ce que l’on rêve de devenir.

Lâcher prise, c’est ne pas regretter le passé, et vivre et grandir dans le présent pour l’avenir.

Lâcher prise, c’est craindre moins et aimer davantage.

PM

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Anti-moustiques sans produits chimiques


Un piège qui circule que le web et que j’ai pu tester il y a peu consiste à élaborer

une mixture avec 20 cl. d’eau, 50 grammes de sucre brun et 1 gramme de levure de bière (levure de boulanger).

Faites chauffer l’eau avec le sucre puis laissez refroidir le tout avant de le verser dans la partie basse d’une bouteille en plastique coupée en deux.

Saupoudrez alors de levure sans mélanger. Puis retournez le goulot de la bouteille coupée sur la partie basse du contenant rempli avec votre mixture.

Enveloppez le tout de papier noir et placez le piège dans une pièce de la maison (si possible là vous souhaitez être protégé, dans une pièce pas trop grande et fermée) :

les moustiques seront attirés par les gaz provenant de la fermentation du sucre et seront piégés dans la bouteille.

Le hic, c’est que ce remède tue les moustiques… remède naturel certes, mais remède de cheval qui n’est pas forcément conforme aux principes de respect de la vie… à vous de voir donc…

Syrie : soutien aux forces vives de la révolution


Une centaine d’écrivains, de journalistes et d’artistes syriens ont publié mercredi 17 juillet 2013 une déclaration dans laquelle ils affirment leur « soutien aux forces vives de la révolution qui militent pour l’instauration d’un régime démocratique, garant des libertés individuelles et collectives et de l’égalité entre tous les citoyens sans aucune forme de discrimination ».

Refusant l’engagement de la Syrie dans les conflits stratégiques et confessionnels entre les puissances régionales, ils considèrent qu’il n’est pas de salut pour la Syrie sans « le départ de Bachar al-Assad et des piliers de son régime, et la dévolution du pouvoir sous l’égide de l’ONU à un gouvernement de transition chargé de réunir les conditions nécessaires à l’élection d’une assemblée constituante ».

Parmi les signataires, on relève les noms de plusieurs figures de l’opposition laïque, comme le philosophe Sadeq al-Azm qui préside l’association des écrivains syriens, la première présidente de la « Déclaration de Damas » Fidaa Haurani, les écrivains Yassine al-Hajj Saleh, Subhi Hadidi et Fayez Sara, les romanciers Rafik Schami, Fawwaz Haddad, Samar Yazbek et Rosa Yassine, les poètes Racha Omran, Hazem Azmeh, Nuri Jarrah et Hala Muhammad, les plasticiens Youssef Abdelké, Assem Al-Bacha et Mounir Chaarani, les cinéastes Haytham Haqqi, Hala Abdallah et Ali Atassi, les comédiens Mayy Skaf, Fares El-Hélou et Darina al-Joundi.

Déclaration

Fidèles aux sacrifices du peuple syrien, à sa longue épreuve, à son courage exemplaire dans la lutte contre la tyrannie et l’arbitraire,
attentifs aux changements en cours sur les plans local, régional et international dont les conséquences seront déterminantes dans les semaines et les mois à venir,
se référant au Pacte national signé au Caire le 3 juillet 2012 par toutes les forces de l’opposition,
les signataires, écrivains, artistes, travailleurs dans les différents secteurs culturels, affirment:

1- Leur totale adhésion aux principes de la révolution populaire déclenchée en mars 2011 et que résument les mots d’ordre de liberté, dignité, justice sociale et unité nationale.

2- Leur soutien aux forces vives de la révolution qui militent pour l’instauration d’un régime démocratique pluraliste, garant de l’indépendance, de la sécurité et de l’intégrité territoriale du pays, ainsi que des libertés individuelles et collectives et de l’égalité entre tous les citoyens sans aucune forme de discrimination.

3- Leur attachement à l’autonomie de décision du peuple syrien et leur refus de toute politique qui engage la Syrie dans les conflits stratégiques et confessionnels entre les puissances régionales.

4- Leur conviction que le régime despotique et corrompu qui sévit en Syrie depuis plus de quarante ans porte l’entière responsabilité de la situation tragique dans laquelle se trouve le pays, et que le salut de la Syrie réside dans le renversement de ce régime.

5- Leur aspiration à une solution pacifique permettant d’arrêter le carnage et de préserver l’unité nationale et l’intégrité territoriale, ce qui implique le départ de Bachar al-Assad et des piliers de son régime, et la dévolution du pouvoir sous l’égide de l’ONU à un gouvernement de transition chargé de réunir les conditions nécessaires à l’élection d’une assemblée constituante dont la mission serait l’adoption d’une constitution démocratique et la supervision d’élections législatives libres et loyales. (lm)

Au 19ème siècle déjà, la réponse cinglante d’un alem marocain à Ibn Abdelwahab


Samedi 13 juillet 2013 à 11h53

Les tentatives wahhabites de s’implanter au Maghreb ne datent pas d’aujourd’hui mais du 19ème siècle. A l’époque, des oulémas marocains leur avaient répondu par des réfutations publiques. Retour sur un épisode méconnu de notre histoire.Au début du 19ème siècle, d’étranges missives, assez nombreuses selon les historiens, furent adressés aux maghrébins et à leurs dirigeants, leur intimant l’ordre de revenir à l’Islam, faute de quoi on allait le leur imposer à la pointe de l’épée.Les Maghrébins d’alors avaient-ils massivement renié leur foi musulmane ? S’abstenaient-ils de prier ou de jeûner ? s’était-ils massivement convertis au bouddhisme ? Rien de tout cela. L’auteur de ces missives menaçantes, Saoud Ibn Abdelaziz, nouveau roi d’Arabie, estimait simplement que leur islam n’était pas assez pur et voulait les convertir au wahhabisme qui est le vrai islam selon lui.L’histoire a gardé la trace de ces missives wahhabites, notamment celles envoyées en Tunisie et au Maroc. Nous n’avons pas de détails au sujet des réactions locales, sauf que des oulémas tunisiens et marocains ont rédigé des réfutations qui ont été rendues publiques et qui ont été transmises à l’auteur, en Arabie.

Des oulémas comme Ahmed Ben Abd Esslam Bennani et Et-Tayeb Benkirane ont envoyé 5 répliques à ces prosélytes d’Arabie. Celles-ci, acerbes et virulentes furent destinées à Saoud Ben Abdelaziz et témoignaient du refus de se soumettre à une «nouvelle forme de l’Islam», de la simplicité de la dernière religion monothéiste, de la clarté de ses textes saints et taxaient la doctrine d’Ibn Abd El Wahhab de procéder à une lecture littéraliste du Coran, de renier l’effort de l’interprétation des textes et d’accuser les musulmans qui s’opposent à leur politique de mécréance (takfir, fondement actuel du wahhabisme).

Le wahhabisme, né à la fin du 18ème puis qui s’est imposé au début du 19è grâce à l’alliance entre le chef militaire Séoud et le prosélyte élève de Ibn Taymiyya, Mohamed Ibn Abelwahab, est une vision puritaine, dure, totalitaire de l’islam. Elle vit la religion comme un ensemble d’interdits.

Dès que les deux alliés ont étendu leur domination sur La Mecque (1803) et Médine (1805), le prosélytisme a commencé, même dans les Lieux saints. Oulémas et pèlerins marocains ont participé à ce processus de contestation en faisant face à la menace du takfirisme wahhabite. Ils ont témoigné, au travers de leurs écrits, des supplices qu’ils ont rencontrés en terre d’Arabie par les fidèles d’Ibn Abelwahab.

Le wahhabisme des origines à nos jours

Le wahhabisme est un courant politico-religieux fondé Au XVIIIe siècle par le théologien Mohammed Ibn Abelwahab. Fixé en 1739 en Arabie, ce hanbalite a fait de cette doctrine un courant littéraliste qui rejette l’exercice de la raison dans la lecture des textes sacrés et le culte des saints. Aussi a-t-il rejeté,tout à la fois, l’adoration des saints, les pratiques et la spiritualité chiites ainsi que tout compromis avec la modernité sociale.

Le théologien trouve, cependant, refuge auprès d’un chef local, nommé Mohammed Al-Saoud, qu’il convertit à ses vues théologiques et politiques. La descendance de ce personnage se fixe comme objectif,  l’établissement d’une théocratie dite sunnite, ce qui revient à bâtir la cité de Dieu décrite par le théologien, et passe de la théorie à la pratique après avoir fondé le royaume d’Arabie Saoudite et fait du wahhabisme, sa doctrine officielle.

Selon les écrits de Mohammed Ibn Abd El-Wahhab, le bon musulman n’est pas celui qui respecte les 5 piliers de sa religion, qui répand le bien autour de lui ou celui qui croit en Dieu et en ses textes saints. Le bon musulman (ou le musulman tout court) est plutôt, un imitateur d’ « Attariqa Assalafiya », appelée par les wahhabis «l’Islam des origines ». Kitab At- Tawhid (le traité de l’unicité divine) du théologien hanbalite devient, alors, l’ouvrage de référence de la théologie wahhabite.

Cette doctrine exige à ses adeptes de se soumettre aux recommandations de leur chef spirituel (Ibn Abelwahab et non le messager de l’Islam). Celui qui n’a pas omis de leur mentionner que la zakat  ne peut être donnée qu’à un pauvre salafi (wahhabi). Aumône qui s’est transformée, au gré des siècles, en financements colossaux, entre extrémistes du même « réseau ».

Depuis la naissance de cette doctrine, les successeurs d’Ibn Abelwahab prétendent être «le groupe sauvé» et que tous ceux qui ne sont pas en accord avec eux sont des égarés. De plus, ils ont imposé leurs principes vidés de toute spiritualité dans la majeure partie de l’Arabie – de la Mecque à Oman – dès le début du dix-neuvième siècle. Mais au début du vingtième siècle, leur influence s’est peu à peu restreinte à la petite république du Nejd dont la capitale est Riyad. C’est cette petite république qui deviendra, par la suite, le royaume d’Arabie saoudite (par fusion du Najd et du Hijaz).

Après la mort d’Ibn Abelwahab, le wahhabisme se replia sur lui-même et ne refera parler de lui qu’en 1902, lorsque El Wahhâb Abd-al-Aziz Ibn Saoud décréta la lutte pour la protection du wahhabisme et contre l’influence turque. Ibn Saoud parvint alors à étendre son influence sur les autres régions de la péninsule arabique. Il s’empara de La Mecque en octobre 1924 et chassa le roi Hussein du royaume du Hijaz, non sans l’appui des Britanniques. Puis il obligea le roi Ali, successeur de Hussayn à céder Jeddah. Abdul Aziz Ibn Saoud se fera couronner roi d’Arabie à la Mecque en 1926.

Nous reprenons en  fac similé, des reproductions des réfutations de Cheikh Et-Tayeb Benkirane aux missives wahabites. Les tentations wahabites continuent jusqu’à nos jours : de Mohamed Ibn Abdelwahab jusqu’aux écoles coraniques salafistes, c’est la même volonté d’imposer une vision fermée, archaïque et totalitaire du monde. Le combat continue.

Bibliographie

«Réfutations maghrébines au wahhabisme», éditions Dar At-Taliâa, Beyrouth, Hamadi Redissi.

 «L’exception islamique», publié aux éditions Seuil en 2004, Hamadi Redissi.

– See more at: http://www.medias24.com/IDEES/Livres/2741Au-19eme-siecle-deja-la-reponse-cinglante-d-un-alem-marocain-a-Ibn-Abdelwahab.html#sthash.Cf5ChmEa.dpuf

Syrie : arrestation du peintre Youssef ’Abdelké


Du peintre Syrien Youssef ’Abdelké.

Nous venons d’apprendre l’arrestation de notre ami Youssef ’Abdelké à un barrage de l’armée syrienne à Tartous, à environ 160 kilomètres au nord-ouest de la capitale Damas et à 30 kilomètres au nord de la frontière libanaise.
Nous exigeons sa libération immédiate et demandons à l’opinion publique mondiale de se mobiliser dans ce sens.

(La Rédaction d’Assawra, 19 juillet 2013)

Syrie : l’attaque israélienne sur Lattaquié exige une riposte


anniebannie voit comme principal ennemi du peuple syrien son propre président, 
mais il est évident qu'Israël n'est pas venu porter secours au peuple syrien.

jeudi 18 juillet 2013 – 09h:25

Abdel Bari Atwan


C’est avec une grande inquiétude que nous avons entendu parler de l’attaque de missiles israéliens dans le port syrien de Lattaquié plus tôt ce mois-ci. L’attaque visait une livraison de missiles anti-navires de fabrication russe.

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Missiles sol-air russes S-300

Nous attendons une réponse stratégique qui permettrait de répliquer à cette attaque provocatrice qui profite de la faiblesse actuelle du monde arabe en raison des bouleversements régionaux et des guerres civiles.

Israël, soutenu par les États-Unis, ne veut pas qu’un pays arabe puisse disposer des systèmes permettant de protéger pleinement sa sécurité nationale, y compris ses ports et son espace aérien, ce qui explique les attaques israéliennes répétées sur les stocks et les livraisons d’armes en Syrie.

Nous n’avons pas d’informations fiables sur la cible principale dans la ville portuaire de la Syrie il y a six jours. Nous ne savons pas si les attaques de missiles israéliens sont survenues par air ou par mer, et si elles ont atteint leurs objectifs qui était de détruire les armes de fabrication russe.

Mais ce dont nous sommes certains, c’est que cette agression exige une réponse.

Dans le passé, nous avons souvent blâmé les pays arabes de rester silencieux contre ce genre d’agression, mais il est maintenant clair que certains pays arabes, gouvernements et groupes sont trop contents de voir les avions de guerre israéliens (leurs amis) attaquer un pays arabe comme la Syrie, parce que cela correspond à leurs intérêts du moment.

Être un ennemi du régime syrien est une chose, être un ennemi de la nation syrienne en est une autre…

Quand il y a deux options – être avec Israël ou être avec la Syrie – nous sommes sans aucune réserve avec ce dernier, ce qui vient des valeurs que nous défendons et de notre foi.

Israël, qui occupe des sites arabes sacrés, humilie le peuple de Palestine. De la mer au fleuve Jourdain, il est le premier ennemi de tous les Arabes et de tous les musulmans. Faire face à ses agressions contre un pays arabe ou musulman est un devoir moral et religieux, quelle que soit l’identité, la religion ou la communauté.

Nous sommes en désaccord avec le régime syrien depuis plus de vingt ans, mais ce désaccord ne doit pas nous faire négliger l’agression israélienne contre la Syrie.

Si ces missiles russes ne constituaient pas une grave menace pour Israël, ils n’auraient jamais été pris pour cible.

Nous blâmons le régime syrien et ses alliés de ne pas répondre à cette agression. Cela fait 10 ans qu’ils ont la possibilité de réagir, et pas seulement depuis aujourd’hui.

Une réponse est nécessaire. Quel que soit l’objectif central du moment, il faut mettre un terme à ces attaques israéliennes.

La Russie aussi se voit remise en cause par l’attaque puisque sans aucun doute, elle a également été visée par cette agression. La crédibilité de leur pays est minée si les Russes restent incapables de fournir la Syrie avec les armes requises à la suite de cette attaque. Cela aura des répercussions sur l’image de la Russie, non seulement dans le monde musulman ou arabe, mais dans le monde entier.

Nous condamnons fermement l’utilisation d’avions de guerre syriens contre des civils et nous condamnons fermement les destructions de quartiers d’habitations – nous avons pris cette position sur la crise syrienne depuis le premier jour et nous nous en tiendrons à cela. Mais nous n’allons pas une minute hésiter à nous lever contre toute agression israélienne contre la Syrie.

Les armes qu’Israël a détruites appartiennent au peuple syrien, tout comme les armes irakiennes étaient au peuple irakien. Ceci est un point clé, bien que malheureusement certains vont pointer un doigt accusateur sur nous.

Ainsi, je vais le dire encore et toujours : si nous devons choisir entre la Syrie et Israël, nous serons toujours du côté de la Syrie, tout comme le disait le célèbre adage andalou : « Je préfère faire paître les chameaux avec mes cousins ​​que les porcs du troupeau avec les colons étrangers ».

* Abdel Bari Atwan est palestinien et rédacteur en chef du quotidien al-Quds al-Arabi, grand quotidien en langue arabe édité à Londres. Abdel Bari Atwan est considéré comme l’un des analystes les plus pertinents de toute la presse arabe.

Du même auteur :

- Wadie Maswadeh, 5 ans… Arrêté par les troupes d’occupation – 13 juillet 2013

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ALERTE – En ce triste Ramadan, les Syriens se réfugient dans l’humour noir


DAMAS – En ce troisième ramadan sous les bombes, les Syriens se réfugient dans l’humour noir pour lutter contre la déprime et font jouer la solidarité pour aider les plus démunis.

Avis aux Syriens: n’allez pas manger à chaque fois que vous entendez le son du canon, indique une des blagues les plus célèbres qui circulent à Damas.

La début de l’iftar, le repas de rupture du jeûne, est en effet annoncé dans la plupart des villes musulmanes par le bruit du canon mais en Syrie, le son de l’artillerie est désormais omniprésent depuis plus d’un an.

Dans les régions moins affectées par la guerre, les habitants peuvent encore entendre le moussaharati, le célèbre tambourineur qui parcourt les rues chaque nuit pour les réveiller afin qu’ils prennent leur repas avant l’aube.

Mais ailleurs, dans les quartiers infestés de tireurs embusqués et cibles de bombardements, cette tradition ne peut plus être perpétuée.

Pour railler l’absurdité de la guerre, un montage photo, diffusé via sms, montre un char coiffé du tarbouche traditionnel sur lequel est écrit le moussaharati syrien, version 2013.

A Homs, dans le centre du pays, les assauts des forces loyales au président Bachar al-Assad contre les insurgés retranchés dans quelques quartiers, n’ont pas entamé l’humour des habitants des secteurs rebelles.

URGENT: après avoir tapé pendant des heures sur son tambourin sans réussir à réveiller le quartier, un moussaharati s’est fait exploser. Sans plus de résultat, indique un sms sous la forme des informations urgentes que les médias ont l’habitude de diffuser sur le conflit.

D’autres anecdotes sont plus amères en cette période de pénurie alimentaire. Ce n’est pas dur d’observer le jeûne, la difficulté c’est de trouver de la nourriture pour l’iftar, lance un jeune sur Facebook.

Ceux qui ne sont pas directement touchés par la violence, qui a causé la mort de plus de 100.000 personnes selon une ONG, sont toutefois victimes d’une inflation galopante dopée par la monnaie qui a perdu les trois quart de sa valeur par rapport au dollar.

Alors, au lieu de se ravitailler en douceurs dans les pâtisseries comme elles le faisaient avant le conflit, les ménagères ont ressorti les recettes de leur mère ou grand-mère, qu’elles avaient presque oubliées.

La crise ne va pas m’empêcher de maintenir vivantes les traditions assure Oum Mazen, une mère de famille damascène.

Damas est connu au Moyen-Orient comme la capitale de la gourmandise avec ses gâteaux à base de pistaches, pignons, miel, citron et eau de rose, très prisés durant le ramadan.

Mais en raison de la hausse vertigineuse des prix, Abou Adnane qui vend des boissons à la réglisse et du jus de tamarin, accuse le coup. La situation empire. Beaucoup de mes clients préfèrent maintenant préparer ces breuvages chez eux.

En raison des pénuries, le gouvernement a approuvé cette semaine un projet de loi sanctionnant les commerçants faisant des stocks de nourriture. Il a en outre décidé d’interdire les exportations de nourriture, menaçant de poursuivre les contrevenants.

Face à cette situation, certains ont décidé d’aider les milliers de familles nécessiteuses et des appels en ce sens ont été lancés sur les réseaux sociaux.

Les militants du groupe Aide ont organisé une campagne intitulée Infligeons une défaite à la faim.

Des restaurateurs et des commerçants ont pour leur part lancé repas à prix coûtant, pour les personnes dans le besoin.

Après plus de deux ans d’un conflit qui a détruit leur pays et l’a transformé en un immense cimetière, beaucoup de Syriens prient pour que cette tragédie prenne fin. Il ne s’agit plus d’être pour ou contre le régime, le peuple désire seulement vivre, confie Abdallah, un comptable de 32 ans.

(©AFP / 18 juillet 2013 11h33)

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