Décès d’Henri Alleg


jeudi 18 juillet 2013, par La Rédaction

Le journaliste et militant communiste Henri Alleg, auteur de l’ouvrage « La Question » (1958) qui dénonçait la torture pendant la guerre d’Algérie, est décédé mercredi à Paris à l’âge de 91 ans, a-t-on appris auprès du quotidien l’Humanité dont il fut secrétaire général.
Publié à l’époque aux éditions de Minuit, ce livre-témoignage avait été saisi au lendemain de sa parution.

(18-07-2013 – Avec les agences de presse)

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Harry Salem dit Henri Alleg, né le 20 juillet 1921 à Londres, mort le 17 juillet 2013 à Paris est un journaliste franco-algérien, membre du PCF et ancien directeur d’Alger républicain. Il est notamment l’auteur de La Question.
Né à Londres de parents juifs russo-polonais Henri Alleg s’installe en Algérie en provenance de Paris en 1939, et milite au sein du Parti communiste algérien. En 1946, il épouse Gilberte Serfaty qui deviendra comme lui une ardente militante communiste. En 1951, il devient directeur du quotidien Alger républicain. Il entre dans la clandestinité en 1955, date d’interdiction du journal en Algérie. Il continue cependant à transmettre des articles en France dont certains sont publiés par L’Humanité.
Il est arrêté le 12 juin 1957 par les parachutistes de la 10e D.P, au domicile de Maurice Audin, son ami, arrêté la veille et qui sera torturé à mort.
Il est séquestré un mois à El-Biar, où il est torturé lors de plusieurs séances, puis subit un interrogatoire mené après une injection de penthotal, utilisé comme « sérum de vérité ». Le général Massu, qui reconnaîtra plus tard l’utilisation de la torture dans certains cas particuliers lors de la guerre d’Algérie, affirme en 1971, « en fait de tortures, Alleg a reçu une paire de gifles ». Roger Faulques, officier du 1er REP, accusé de ces tortures, déclare lors d’un procès en diffamation en 1970 « Je ne l’ai vu qu’une seule fois, mais il m’a fourni à cette occasion des indications qui m’ont permis d’arrêter les membres du parti communiste algérien ».
Il est ensuite transféré au camp de Lodi (Draa Essamar Wilaya de Médéa) où il reste un mois, puis à Barberousse, la prison civile d’Alger. En prison, il écrit La Question, dissimulant les pages écrites et les transmettant à ses avocats.
Dans La Question, il raconte sa période de détention et les sévices qu’il y subit en pleine guerre d’Algérie. Tout d’abord publié en France aux Éditions de Minuit, l’ouvrage est immédiatement interdit. Nils Andersson le réédite en Suisse, quatorze jours après l’interdiction en France de mars 1958. Malgré son interdiction en France, ce livre contribue considérablement à révéler le phénomène de la torture en Algérie. Sa diffusion clandestine s’élève à 150 000 exemplaires.
Trois ans après son arrestation, il est inculpé d’« atteinte à la sûreté extérieure de l’État » et de « reconstitution de ligue dissoute » et condamné à 10 ans de prison. Transféré en France, il est incarcéré à la prison de Rennes. Profitant d’un séjour dans un hôpital, il s’évade. Aidé par des militants communistes, il rejoint la Tchécoslovaquie grâce notamment à Alfred Locussol.
Il revient en France après les accords d’Évian, puis en Algérie où il participe à la renaissance du journal Alger Républicain. « Persona non grata » en Algérie à la suite du coup d’État de Houari Boumédiène, il se réinstalle en France en 1965. Le film documentaire de Jean-Pierre Lledo Un rêve algérien retrace son retour, 40 ans plus tard dans une Algérie qui l’accueille à bras ouverts et où il retrouve avec bonheur ses anciens compagnons.
En 2005, il cosigne une lettre au Président de la République, demandant à l’État français de reconnaître l’abandon des harkis en 1962.
Il est par ailleurs membre du Pôle de renaissance communiste en France et déclare regretter en 1998 « la dérive social-démocrate du PCF, qui abandonne son authenticité communiste ». Il fait partie du comité Honecker, qui soutient l’ancien dirigeant de la RDA poursuivi par la justice allemande.
Il est également membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine.
Henri Alleg est le père de Jean Salem.
Il meurt le 17 juillet 2013.

Oeuvres

La Question, Lausanne, E. La Cité, 1958 ; Paris, Les Éditions de Minuit, Alger, Éditions Rahma, 1992. (ISBN 2-7073-0175-2).
Mémoire algérienne : Souvenirs de luttes et d’espérances, Paris, Éditions Stock, 2005, 407 pp., 24 cm. (ISBN 2-234-05818-X).
Prisonniers de guerre ; Victorieuse Cuba. Les Éditions de Minuit :
La Guerre d’Algérie (en collaboration avec P. Haudiquet, J. de Bonis, H. J. Douzon, J. Freire, G. Alleg), 3 volumes ; Étoile rouge et Croissant vert ; SOS America ! ; La Grande Aventure d’Alger républicain (en collaboration avec A. Benzine et B. Khalfa) ; L’URSS et les Juifs ; Requiem pour l’Oncle Sam. Chez Messidor-Temps Actuels
Le Siècle du Dragon ; Le Grand Bond en arrière. Aux Éditions Le Temps des cerises
Les Chemins de l’espérance. Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes
Retour sur La Question. Éditions Aden et Le Temps des cerises

source

Ramadan en Syrie vu par des artistes


Osama-Hajjaj

Ramadan en Syrie selon Osama Hajjaj

Mubarak, (Béni) karim (Généreux) ou pacifique, sont les mots qui viennent à l’esprit pendant le Ramadan, marqué par des réunions familiales joyeuses lors de la rupture du jeune.

Mais pour les artistes qui illustrent ce mois sacré en Syrie,  sang, violence et désarroi sont les seuls mots appropriés. Depuis le début des manifestations au mois de mars 2011,  lors du printemps arabe,  le ramadan  n’a été en Syrie, ni béni, ni généreux et surtout pas paisible.

Que se passe-t-il véritablement en Syrie aujourd’hui ? Personne ne peut vraiment le dire mais nous pouvons tous voir qu’un nombre incalculable de Syriens sont tués, que des dizaines se font kidnapper et que des centaines sont obligés de fuir leurs maisons quotidiennement.
….

Ramadan Karim par Tammam Azzam

Triste Souhour (repas pris avant le début du jeune) par l’artiste Hicham Chemali posté sur sur la page Facebook “Syrian Revolution Caricature” :

There is no one left to wake up for the Suhoor in Syria

En Syrie il n’a reste personne à réveiller pour le souhour

A Ramadan Crescent dripping blood along side a full moon made of the names of Syrian towns. Photo posted on Art and Freedom Facebook Page

Maher Abul Husn voit un Ramadan Hazeen (triste) en Syrie. un croissant de ramadan dégoulinant de sang jouxtant les noms des villes syriennes. Photo postée sur la page Facebook Art and Freedom.

Bashar distribue la nourriture pour l’ Iftar.

During the month of Ramadan a Cannon is used to remind people it is time to break their fasting and have their iftar meal.

Mais en dépit de tout ça, les Syriens gardent leur sens de l’humour – même si c’est de l’humour noir – pour continuer à vivre. Cette photo fait un tabac sur Twitter et Facebook.

We apologize this year from the Arabs for not broadcasting "Bab Al Hara" The Neighborhood's Gate" series (one of the post popular Series in the Arab World, usually aired during Ramadan) because Bachar hasn't left any Hara (Neighbourhood)

Excusez-nous si cette année nous ne diffusons pas“Bab Al Hara” [la porte du quartier] (feuilleton très populaire dans le monde arabe diffusé pendant le ramadan) car aucun quartier n’a été épargné par Bachar.

toutes les photos de cet article sont utilisées avec la permission des artistes.

Syrie : Un afflux de réfugiés inédit depuis le génocide rwandais


16/07 | 23:02

Le nombre de personnes fuyant la guerre civile en Syrie s’est accru pour atteindre une moyenne de 6.000 réfugiés par jour en 2013, soit un niveau jamais vu depuis le génocide commis au Rwanda en 1994.

Selon le Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Antonio Guterres, deux-tiers des 1,8 million de réfugiés recensés par l’Onu au Liban, en Turquie, en Jordanie, en Irak, en Egypte et ailleurs, ont fui la Syrie cette année.

« Nous n’avions pas vu un afflux de réfugiés augmenter à un rythme aussi effrayant depuis le génocide au Rwanda il y a près de 20 ans », a-t-il déclaré lors d’une séance d’information consacrée à la Syrie devant le Conseil de sécurité de l’Onu.

Le conflits rwandais entre les Tutsis et les Hutus avait fait quelque 800.000 morts et des milliers de réfugiés.

Le secrétaire général adjoint des Nations unies pour les droits de l’homme, Ivan Simonovic, a indiqué qu’entre mars 2011 et avril 2013, près de 93.000 personnes ont été tuées en Syrie dont plus de 6.500 enfants.

Valerie Amos, coordinatrice de l’aide d’urgence à l’Onu, a estimé que le monde assistait « non seulement à la destruction d’un pays mais aussi à celle d’un peuple ».

« Les conséquences sécuritaires, économiques, politiques, sociales, humanitaires et de développement de cette crise sont extrêmement graves et son impact humain impossible à mesurer en terme de traumatisme à long terme et de conséquences émotionnelles sur cette génération de Syriens et sur les suivantes », a-t-elle dit.

Valerie Amos a précisé que 6,8 millions de Syriens ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence, dont 4,2 millions qui ont été déplacés sur le territoire syrien. La moitié de ces personnes sont des enfants.

Une évaluation du Programme alimentaire mondial indique que quatre millions de personnes ne peuvent plus subvenir à leurs besoins alimentaires de base.

source

Mort d’Ilan Halevi, intellectuel engagé, « 100% juif et 100% arabe »


Pierre Haski | Cofondateur Rue89

Ilan Halevi lors d’une conférence de presse à Paris en 1983 (M’SADEK/SIPA)

Ilan Halevi, un intellectuel juif engagé au côté des Palestiniens dans l’espoir de favoriser une paix véritable au Proche-Orient, est mort mercredi à Paris, à l’âge de 70 ans, sans avoir réalisé son rêve.

Son décès, suite à des problèmes de santé, a été annoncé par la représentation palestinienne à Paris, et le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, lui a rendu hommage.

Ilan Halevi a longtemps été « le juif de l’OLP », l’Organisation de libération de la Palestine présidée par Yasser Arafat, un choix qui faisait de lui un « traître » pour Israël, une haine tenace qui n’a pas disparu avec le temps.

Né à Lyon en 1943 dans une famille d’origine yéménite, Ilan Halevi a vécu en Israël où il a été membre d’un groupuscule d’extrême gauche antisioniste, avant de rejoindre, dans les années 60, le Fatah, l’organisation de Yasser Arafat, alors considérée comme « terroriste » par Israël. Il appartiendra même au Conseil révolutionnaire du Fatah, la direction du mouvement.

Vice-ministre des Affaires étrangères d’Arafat

Dans les années 80, il est apparu au grand jour sur la scène internationale, nommé représentant de l’OLP auprès de l’Internationale socialiste (IS), prenant la suite du militant palestinien assassiné Issam Sartaoui, abattu lors d’une réunion de l’IS au Portugal en 1983, par des Palestiniens opposés à tout dialogue avec Israël (voir cet article du Monde diplomatique sur l’assassinat de Sartaoui, écrit par Samir Kassir, un journaliste libanais qui sera lui-même assassiné par les Syriens en 2005 à Beyrouth…).

L’Internationale socialiste était à l’époque l’un des canaux privilégiés par Yasser Arafat pour tenter un improbable dialogue avec l’« ennemi sioniste ». Ce dialogue aboutira, une décennie et de nombreux assassinats plus tard, aux accords d’Oslo et à la reconnaissance mutuelle entre Israéliens et Palestiniens d’août 1993.

Pendant cette période dite du processus de paix, Ilan Halevi sera même nommé par Arafat vice-ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, le seul juif à occuper un poste ministériel.

Il était assurément plus crédible, dans ce rôle, que les intégristes juifs du Naturei Karta qu’Arafat avait invités à Gaza lors de son retour de 1993, suite aux accords d’Oslo, et qui étaient une touche folklorique dans cette mise en scène.

Ilan Halevi était un authentique intellectuel, cofondateur de la très respectée Revue d’études palestiniennes, basée à Paris depuis plus d’un quart de siècle, et auteur de plusieurs ouvrages dont « Sous Israël, la Palestine » (Minerve) paru en 1978.


Capture d’écran de JSSNews

Signe que les rancœurs des années de lutte ne sont pas passées, le pas très subtil site pro-israélien francophone JSS News annonçait ainsi sa mort mercredi :

« Le “penseur” juif Ilan Halévi, qui fût longtemps conseiller du terroriste égyptien Yasser Arafat, est mort mercredi. »

La mort d’Ilan Halevi survient alors que le processus de paix auquel il a contribué est dans l’impasse totale, et que les espoirs d’Oslo sont depuis longtemps enterrés.

source

Les Juifs par Pierre Desproges


Ses thèmes favoris

Certains thèmes revenaient de manière fréquente dans ses sketchs : le plaisir sous toutes ses formes (les femmes, la bonne chère, le vin, etc.), mais aussi le cancer, la mort, ou encore le nazisme, l’antisémitisme et autres formes de racismes sont parmi les sujets qu’il aborde régulièrement. Certains éléments narratifs reviennent également, à la manière de gimmicks, dont voici quelques exemples hautement ironiques :

son individualisme viscéral, qui lui fait fuir instinctivement toutes les formes de groupes, qui ne sont pour lui que des lieux où s’exprime la bêtise : « Quand on est plus de quatre, on est une bande de cons, alors a fortiori moins de deux, c’est l’idéal » ;

il prend souvent Dieu à témoin : « Dieu me tripote », « Dieu me turlute », « Einstein, Dieu ait son âme… et moi-même, Dieu lâche la mienne… », le remerciant parfois : « Merci mon Dieu » ;

il parle de Hitler, s’étonnant ironiquement du sentiment général d’antipathie qu’il inspire, parlant alors du « chancelier Hitler », se demandant si ce qui déplaît le plus aux gens chez lui, « c’est le peintre ou l’écrivain »12 ;

de même pour Himmler, à qui il attribue des citations équivoques, comme « Qu’on puisse être juif et allemand, moi, ça me dépasse, il faut choisir son camp »

13, ou, visitant les Pays-Bas, « On ne peut pas être à la fois au four et au moulin »,

ou encore « Mieux vaut entendre ça que d’être juif » ;

il fait référence à la Collaboration comme « l’amitié franco-allemande », disant que c’était « un moyen d’apprendre une jolie langue étrangère à peu de frais » ;

toujours dans cette veine, il s’étonne de la disparition du nazisme, « tombé en désuétude après 1945 »14 ;

il s’en prend aux jeunes, et plus particulièrement « à leurs problèmes de jeunes, quoi » tout en conseillant aux vieux « de mourir sans les déranger » ;

les auditeurs et lecteurs sont malmenés, « sous-doués végétatifs gorgés d’inculture crasse et de Coca-Cola tiède »15,

« drogués de télévision », « bande de légumineuses surgelés du cortex » ;

la Seine-et-Marne — alias le 77 — et Vierzon reviennent souvent ;

l’armée en prend également pour son grade, par exemple lors du réquisitoire contre Jacques Séguéla, où il profite de son temps de parole pour asséner : « En 1939 déjà, tout le monde, en France, savait que le général Gamelin était un con, sauf les militaires. C’est ça, un secret militaire. » ;

l’Académie française, « gérontodrome » où les quarante « papy-la-tremblotte » se réunissent pour que chacun se « déguise périodiquement en guignol vert avec un chapeau à plumes à la con et une épée de panoplie de Zorro », le tout afin de savoir « s’il y a un N ou deux à zigounette »16 ;

Julio Iglesias, Tino Rossi « roucouleur radiophonique » (« le jour de la mort de Tino Rossi, j’ai repris deux fois des moules »), Francis Lalanne et le groupe Indochine font partie de ses têtes de Turc de la musique ;

Yves Montand, dont il raille plusieurs fois dans ses spectacles les prises de position politiques ;

viennent également, en vrac : le Boléro de Ravel, dont il ne connaît jamais l’auteur (« Mozart était tellement précoce, qu’à huit ans et demi, il avait déjà composé le Boléro de Ravel… ! »;

la paroisse Saint-Honoré-d’Eylau, représentative du catholicisme bourgeois ;

la « Tata Rodriguez » et ses « improbables préparations à base de morue, envoyées par paquets fado » à Luis Rego ;

la Troisième Guerre mondiale imminente ;

son amour des femmes (« plus je connais les hommes, plus j’aime mon chien ; plus je connais les femmes, moins j’aime ma chienne »),

qui n’a d’égal que son amour des bons vins de Saint-Émilion, dont le Figeac 71 ;

sa haine du sport en général et du football en particulier, notamment du duel Saint-Étienne-Sochaux.

source notes

Guantanamo : Israël exporte son savoir-faire pour « gérer » la grève de la faim


Publié le 10 juillet 2013.

Depuis février dernier, une grève de la faim a cours à Guantanamo pour protester contre les détentions illimitées et contre les conditions d’incarcération. Ce sont aujourd’hui plus de 100 prisonniers qui refusent de s’alimenter, parmi lesquels 45 sont nourris de force, au mépris de toutes les conventions internationales et des lois états-uniennes elles-mêmes. La pression monte aux États-Unis pour exiger que cette pratique cesse, comme l’illustre la spectaculaire initiative du rappeur Mos Def (alias Yasiin Bey) qui a rendu publique une vidéo dans laquelle il « expérimente » l’alimentation forcée que subissent les prisonniers de Guantanamo. L’administration US, qui apparaît comme étant de plus en plus incapable de faire face aux développements de la grève de la faim des détenus incarcérés à Cuba, a décidé de faire appel à des spécialistes de la question : des médecins israéliens.

C’est le quotidien israélien Haaretz qui a révélé l’information le 8 juillet. Dans un article de Dan Even (« Israeli doctors to give Washington tips on dealing with hunger strikers »), on apprend en effet que

des représentants de l’Association Médicale Israélienne [AMI] ont été invités aux États-Unis pour présenter à des décideurs politiques leur méthodes de traitement des grévistes de la faim, alors que l’administration US est sous la feu de la critique en raison de son recours à l’alimentation forcée de détenus de Guantanamo qui refusent de se nourrir.

L’alimentation forcée des grévistes de la faim est proscrite en Israël, même si

le Ministère de la Santé a publié de nouvelles directives [lors du dernier mouvement de grève des prisonniers palestiniens en avril 2013] s’appliquant lorsque la grève dure depuis plus de 28 jours. Les directives autorisent [également] l’hospitalisation forcée des prisonniers qui n’ont pas mangé depuis moins de 28 jours au cas où leur vie serait en danger. Des responsables de l’AMI ont alors déclaré que l’organisation estimait que « l’hospitalisation de prisonniers (…) ne devait être ordonnée que sur la base de critères médicaux ».

Les États-Unis ont donc, semble-t-il, décidé de faire appel à l’expertise israélienne pour trouver une alternative à l’alimentation forcée, à la veille d’un mois de Ramadan qui promet de susciter de nouvelles tensions. La requête de quatre détenus, qui demandaient que cesse leur alimentation forcée, a en effet été rejetée ce lundi par une juge états-unienne :

Quatre détenus de la prison ont demandé devant un tribunal fédéral de Washington l’arrêt de l’alimentation forcée pour les grévistes de la faim.

La motion dans laquelle ces quatre prisonniers – Ahmed Belbacha, Shaker Aamer, Abu Wa’el Dhiab et Nabil Hadjarab – demandent l’arrêt de cette pratique qu’ils assimilent à de la « torture », a été déposée fin juin par l’organisation Reprieve, qui les représente, et leur co-défenseur Jon Eisenberg.

La juge Kessler a précisé que Dhiab avait cherché à obtenir une procédure accélérée, craignant que l’alimentation forcée durant la journée ne vienne interférer avec son jeûne durant le mois du Ramadan.

Comme le remarque Adam Horowitz sur le site Mondoweiss, « il s’agit là d’un exemple parfait pour illustrer la collaboration entre Israël et les États-Unis dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme » ». La participation des médecins israéliens à la gestion de la crise de Guantanamo est en effet au-delà du cynisme, puisqu’il ne s’agit en aucun cas de trouver une solution pour satisfaire les revendications des prisonniers, mais bel et bien d’aider l’administration US à ne pas répondre à ces revendications tout en maintenant les prisonniers en vie et en sauvant les apparences « éthiques ».Or, la seule véritable solution réellement éthique est, évidemment, la fermeture de Guantanamo et la libération de l’ensemble des détenus arbitrairement emprisonnés, depuis plus de 11 ans pour certains d’entre eux. Mais on doute fort que les médecins israéliens, qui affirment se rendre aux États-Unis pour y prodiguer leurs bons conseils, tentent d’imposer ce point de vue.

Toutefois, ainsi que l’a relevé Michael Omer-Man de +972 Magazine,

l’ironie de cette situation, où les Israéliens apprennent aux Américains comment traiter éthiquement des prisonniers en grève de la faim, réside dans le fait que ces dernières années, bien qu’Israël ait réussi à maintenir en vie des grévistes de la faim de longue durée en respectant dans la plupart des cas leur volonté de refuser toute nourriture, les grèves de la faim ont été, finalement, victorieuses. (…)

Les médecins israéliens qui se rendent aux États-Unis réussiront peut-être en partie à apprendre à leurs homologues américains comment garder en vie des prisonniers en grève de la faim tout en respectant leur autonomie médicale. Mais ils ne seront pas capables de leur apprendre à briser l’esprit de ceux qui entendent se battre pour leurs droits avec les seuls moyens dont ils disposent.

http://resisteralairdutemps.blogspot.fr/p/depuis-fevrier-dernier-une-greve-de-la.html

Syrie: un chef rebelle tué par des islamistes pro Al-Qaïda


Les combattants d'un groupe affilié à Al-Qaïda ont tué le chef d'un bataillon rebelle de l'Armée syrienne libre (ASL) dans la région de Lattaquié (nord-ouest), rapporte vendredi une ONG syrienne.<br /><br /> (c) Afp

 

Ce genre d’incidents s’est multiplié récemment en Syrie, témoignant d’une montée des tensions entre l’ASL, principale formation de la rébellion syrienne, et les groupes affiliés au réseau Al-Qaïda, formés en majorité de jihadistes non syriens.

Kamal Hamami, connu sous son nom de guerre d’Abou Bassir al-Jeblaoui a été tué jeudi par des tirs de combattants de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), un des deux principaux groupes jihadistes avec le Front Al-Nosra, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

L’incident s’est produit lorsque des combattants de l’EIIL ont tenté de détruire un barrage de l’ASL dans la région de Jabal el-Turkmen, au nord de la ville de Lattaquié.

« Des rebelles de l’ASL ont alors tiré en l’air et par la suite, un combattant de l’EIIL a abattu Abou Bassir et blessé deux autres membres de son bataillon », indique l’OSDH qui se base sur un large réseau de militants et de sources médicales et militaires à travers la Syrie.

Quelques jours auparavant, un chef de brigade avait été décapité par l’EIIL dans la province d’Idleb (nord-ouest) selon l’OSDH. Dans cette même région, des dizaines de rebelles de l’ASL avaient été tués dans une bataille contre des islamistes pro Al-Qaïda, d’après cette ONG.

Pratique extrême de l’islam

Jeudi, à Raqqa, dans le nord-est du pays, l’EILL a libéré un autre chef de brigade, cheikh Jassem el-Awwad, après l’avoir détenu pendant 25 jours dans ses centres de détention avec neuf militants anti-régime, d’après l’OSDH.

L’EIIL est accusé en outre de détenir des dizaines de prisonniers et prisonnières à Raqqa, seule capitale provinciale entre les mains des rebelles.

Au début de la révolte en Syrie, les insurgés syriens qui cherchaient désespérément de l’aide face à la puissance de feu de l’armée régulière avaient accueilli à bras ouverts les jihadistes, dotés d’armes sophistiquées et aguerris au combat.

Mais cet engouement a laissé progressivement la place au rejet en raison de leur pratique extrême de l’islam et d’arrestations arbitraires.

Début juin, l’exécution d’un garçon de 15 ans par des combattants de l’EIIL à Alep dans le nord du pays, tué pour avoir prononcé ironiquement le nom de Mahomet, avait particulièrement choqué.

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