Près de 40 morts dans un attentat suicide dans le nord de l’Irak


anniebannie : Qui pense encore à l’Irak ?

Le Monde.fr avec AFP | 12.07.2013 à 23h39

A Mouqdadiya, au nord-est de la capitale, un policier à la retraite a été assassiné devant chez lui par un groupe armé.

Au moins 38 personnes ont été tuées vendredi 12 juillet dans un attentat suicide contre un café à Kirkouk, dans le nord de l’Irak, a-t-on appris auprès du médecin de la morgue. L’explosion, qui a également fait 25 blessés, a été perpétré par un kamikaze portant une ceinture d’explosifs, dans le quartier de Wahd Hozeran, au moment de la rupture du jeûne du ramadan.

Des centaines de personnes se sont précipités à la morgue à la recherche de parents disparus, tandis que les forces de sécurité bouclaient les rues de la ville, a indiqué le docteur responsable de la morgue principale de Kirkouk, à 240 kilomètres au nord de Bagdad. L’attentat porte à plus de 260 le nombre de personnes tuées dans des actes de violence en Irak depuis le début du mois, selon un bilan établi par l’AFP.

Plus tôt ans dans la journée, neuf personnesavaient été tués dans des attaques visant principalement les forces de sécurité, au lendemain d’une série de violences qui ont fait 56 morts. Le général Sabri Abed Issa se rendait dans une mosquée d’un village non loin de Charqat, au nord-ouest de Bagdad, lorsqu’il est tombé dans une embuscade, selon la police et un médecin légiste. A Mouqdadiya, au nord-est de la capitale, un policier à la retraite a été assassiné devant chez lui par un groupe armé. Toujours au nord de Bagdad, un membre des milices anti-Al-Qaida a été tué par une bombe près de Bakouba.

A Mossoul, dans le nord du pays, un kamikaze a tué quatre policiers et en a blessé deux en faisant sauter à un barrage la voiture piégée qu’il conduisait. Un autre policier a été tué par l’explosion d’un engin piégé sur une route au sud de Mossoul, tandis qu’un civil est mort en ville dans l’explosion de sa voiture sur laquelle une bombe avait été fixée.

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Lynx, une femme hors du temps…



Depuis une vingtaine d’années, Lynx, une femme de 45 ans, s’est détournée de la civilisation moderne et vit dans les forêts du nord-ouest des États-Unis. Passée maître dans les techniques de survie, elle transmet son savoir à un groupe d’élèves. Elle les invite à se débarrasser du tissu, du plastique ou du métal, pour les remplacer par cuir, bois, silex, qu’elle leur apprend à façonner eux-mêmes. Ce voyage dans le temps se révèle difficile, et plus de la moitié des participants abandonnent en cours de route, pour des raisons tant physiques que psychologiques. Venus d’horizons professionnels, sociaux et géographiques différents, dix de ses apprentis sont suivis pour comprendre leurs motivations.

En Syrie, des salafistes en recul


LE MONDE | 11.07.2013 à 12h35 • Mis à jour le 11.07.2013 à 14h40 | Thomas Pierret (Maître de conférence à l’université d’Edimbourg)

Un rebelle syrien, dans le sud de la Syrie.

 Jadis réduits à la quasi-clandestinité par la répression, les salafistes syriens comptent aujourd’hui parmi les forces les plus influentes de la rébellion. Si leur représentation au sein de la Coalition Nationale se réduit pour l’essentiel à la figure de Riyad Hassan, « ambassadeur » en Libye, leur influence au sein de l’insurrection est incomparablement plus grande. Outre la frange la plus radicale représentée par le Front Al-Nusra, le salafisme inspire dans une grand mesure les deux principales coalitions insurgées : le Front islamique de libération de la Syrie, rattaché à l’Armée syrienne libre (ASL), et le Front islamique Syrien, indépendant de cette dernière.

Lire le débat : « L’islam politique est-il dans l’impasse ? »

Certains observateurs voient dans ce phénomène le résultat inévitable d’une radicalisation idéologique alimentée par la violence du régime et la polarisation confessionnelle entre sunnites et alaouites. D’autres mettent en exergue l’influence des États-parrains de l’insurrection, et en particulier de l’Arabie Saoudite et du Qatar. Ces deux analyses sont incomplètes, car l’influence acquise par les factions salafistes en Syrie est en réalité la conséquence d’un contexte propre aux premiers mois de l’insurrection. Or, il semble aujourd’hui toucher à sa fin. Les salafistes ne vont pas être mis hors-jeu mais leur poids parmi les rebelles risque de diminuer ; un renforcement des éléments les plus pragmatiques au détriment des plus aventureux paraît probable.

La force relative des factions salafistes est en réalité le produit de l’abondance des financements privés grâce aux donateurs du Golfe. Certains des premiers officiers déserteurs se laissent ainsi pousser la barbe, sous la pression de concurrents civils d’orientation salafiste. Ces derniers sont plus à même de capter l’aide des réseaux du Golfe, notamment grâce à Muhammad Surur Zayn Al-Abidin, expatrié syrien établi en Jordanie, très influent dans la péninsule et auquel le Front islamique de libération de la Syrie doit vraisemblablement une bonne partie de ses ressources.

Le Koweït, État faible et relativement libéral, joue également un rôle crucial dans la collecte de dons provenant des citoyens de l’émirat mais également de l’Arabie Saoudite voisine. Souhaitant contrôler l’aide aux rebelles syriens, les autorités de Riyad ont en effet interdit toute initiative privée dans ce domaine. Alors que les Frères Musulmans koweïtiens et les salafistes quiétistes concentrent leurs efforts sur l’action humanitaire, des figures appartenant à l’aile politisée du salafisme local s’affirment comme les chevilles ouvrières du soutien financier à l’insurrection syrienne : le député Walid Al-Tabtaba’i, le téléprédicateur Hajjaj Al-Ajami ou encore l’idéologue du parti de l’Oumma Hakim Al-Mutayri, salafiste « libéral » farouchement anti-impérialiste.

Lire l’édito :  « L’islamisme n’est pas un projet de gouvernement »

Fin 2012, l’ascension du salafisme semble irrésistible, les rebelles leur doivent alors la plupart des victoires remportées. C’est pourtant à ce moment-là que la situation commence à basculer. Dans la province de Deraa, au sud, les renseignements jordaniens transfèrent aux insurgés des armes croates achetées par l’Arabie Saoudite. Or, Riyad et Amman se méfiant des mouvements islamistes, ces armes sont livrées en priorité aux officiers déserteurs se réclamant de l’ASL du général Salim Idriss et donc à la frange la moins islamiste de la rébellion.

La même politique sera ultérieurement étendue dans le reste du pays au bénéfice de groupes étiquetés ASL comme les Maghawir, Shuhada Suriyya, Ahfad Al-Rasul ou encore les brigades Nur Al-Din Zanki. Le cas de ce dernier groupe illustre bien l’impact de l’aide étatique. Si à l’origine, il s’agissait d’une branche du mouvement salafiste radical Al-Fajr, il représente aujourd’hui à Alep le Front de l’authenticité et du développement, une coalition islamo-nationaliste pro-saoudienne. Ces groupes ont récemment reçu de Riyad de nouveaux missiles antichars chinois qui leur ont permis de repousser une offensive lancée par le régime dans l’ouest d’Alep.

Le Qatar joue il est vrai une partition différente puisqu’il aurait dernièrement livré des missiles provenant de Libye aux salafistes de Suqur Al-Cham et Ahrar Al-Cham. Toutefois, le soutien de Doha ainsi que la crainte de finir un jour sur les listes antiterroristes américaines encouragent ces factions au pragmatisme. Issu de la mouvance jihadiste transnationale, Ahrar al-Cham s’est efforcé de mettre en avant la dimension strictement syrienne de son recours à la lutte armée. Quant au leader de Suqur al-Cham Ahmad al-Cheikh, il affirmait récemment sur Al Jazeera qu’il revenait au « peuple syrien » de décider de l’avenir de ses relations avec Israël.

Ces développements surviennent à un moment où les groupes salafistes font face à de nouvelles difficultés. La principale est indubitablement la division du Front al-Nusra entre ceux qui souhaitent continuer à opérer en tant qu’organisation syrienne et les partisans d’une fusion avec l’État Islamique d’Irak, désormais renommé  » État Islamique d’Irak et du Levant « . À Raqqa, une ville libérée où les salafistes sont particulièrement forts en raison d’alliances passées avec certaines tribus locales, les plaintes de la population auraient contraint les factions concernées à limiter leurs interférences dans la vie quotidienne des habitants.

Tout ceci permet d’entrevoir un avenir où, plutôt que d’être phagocytée par les plus radicaux, l’insurrection syrienne se diviserait de manière croissante, mais pas nécessairement conflictuelle, entre d’une part une aile islamo-nationaliste dominée par les officiers déserteurs et renforcée par l’aide logistique saoudienne, et d’autre part une aile salafiste poussée au pragmatisme par l’influence combinée des partenaires internationaux et des résistances civiles.

Lire le débat : « L’islam politique est-il dans l’impasse ? », avec les contributions de Philippe d’Iribarne (Directeur de recherche au CNRS), Cengiz Aktar (Politologue à l’université de Bahçsehir), Olivier Roy (Politologue, spécialiste de l’islam), Ahmad Salamatian (Ancien vice-ministre des affaires étrangères iranien et ancien député d’Ispahan), Samir Amghar (Chercheur associé à l’Observatoire du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord), et Thomas Pierret (Maître de conférence à l’université d’Edimbourg).

Thomas Pierret (Maître de conférence à l’université d’Edimbourg)

Syrie : les jihadistes coupés du peuple à cause de leurs abus


jeudi 11 juillet 2013, par La Rédaction

Au début de la révolte en Syrie, quand les insurgés cherchaient désespérément de l’aide, ils avaient accueilli les jihadistes à bras ouverts. Mais à force d’abus, ces derniers se sont aliénés une grande partie de la population.

« Dehors ! L’État [islamique en Irak et au Levant] doit dégager, » scandaient des manifestants cette semaine à Manbij, dans le nord, exprimant leur exaspération envers cette organisation affiliée à Al-Qaïda.
De nombreuses vidéos montrent que de plus en plus de civils et de rebelles appartenant à l’Armée syrienne libre (ASL), principale organisation de l’opposition armée, se retournent contre les factions islamistes les plus radicales.

Les insurgés qui cherchent depuis plus de deux ans à renverser le président Bachar al-Assad sont composés d’unités disparates, dont beaucoup adhèrent à divers courants islamistes sans toutefois se reconnaître dans les plus extrémistes.

Les deux principales formations jihadistes en Syrie sont le Front al-Nosra et l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL), qui ont prêté allégeance au chef d’Al-Qaïda.
Il existe aussi une multitude de groupuscules jihadistes, composés exclusivement de combattants étrangers.

L’ASL, reconnue par une partie de la communauté internationale, reçoit des armes et de l’argent principalement des pays du Golfe, tandis que les jihadistes vivent de dons de riches familles arabes.
Dotés d’armes sophistiquées, aguerris au combat, ils ont acquis une influence qui dépasse leur nombre en remportant des victoires contre le régime.
Mais l’engouement du début a laissé progressivement la place au rejet en raison de la forme extrême de leur islam et d’arrestations arbitraires.
Ils répètent les mêmes erreurs qu’en Irak où, après la prise de pouvoir par les chiites dans le sillage de l’invasion américaine en 2003, les sunnites avaient reçus les jihadistes avec enthousiasme avant de les chasser à cause de leurs abus.

A Rakka, seule capitale provinciale aux mains des rebelles, les deux groupes affiliés à Al-Qaïda sont accusés de détenir des dizaines de prisonniers.
« Ils prétendent être de vrais musulmans mais les membres d’Al-Nosra détiennent mon père depuis un mois » sans jugement, pleure une fillette lors d’une manifestation dont des images ont été mises en ligne par des militants anti-régime. « Je veux qu’ils le libèrent ».
« Nous sommes musulmans. Vous êtes des imposteurs, » crie une manifestante dans une autre vidéo, demandant la libération des détenus. Les contestataires de la ville dénoncent aussi la disparition d’un opposant de la première heure et militant des droits de l’Homme, Abdallah al-Khalil.
« Il s’apprêtait à organiser des élections générales à Raqqa mais Al-Nosra était contre. Il a disparu le lendemain », raconte à l’AFP un militant, qui préfère rester anonyme par peur de représailles.
« Bien que leurs méthodes ne soient pas les mêmes que celles du régime, ils sont tout aussi brutaux ». « A mesure qu’ils deviennent plus puissants militairement, ils restreignent les libertés. Ils veulent le pouvoir, pas la démocratie », maugrée-t-il.

Dans la province d’Idleb, frontalière avec la Turquie, par où ont transité nombre de jihadistes étrangers rejoignant la révolte, des dizaines de rebelles de l’ASL ont été tués dans une bataille contre les groupes affiliés à Al-Qaïda, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), qui s’appuie sur un réseau de militants et sources médicales.
Les combats ont éclaté après que des rebelles ont protesté contre l’arrestation par les jihadistes d’un garçon de 12 ans accusé de blasphème.

« Nous n’avons pas vu beaucoup de batailles de ce genre, mais il est clair que la colère contre l’EIIL et les autres jihadistes est en train de monter en Syrie », note le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.
Ce cas rappelle l’émoi provoqué par l’exécution d’un garçon de 14 ans par des combattants de l’EIIL à Alep dans le nord du pays, tué pour avoir prononcé ironiquement le nom de Mahomet.
Selon Rami Abdel Rahmane, l’ASL est prête à une nouvelle confrontation avec ses rivaux jihadistes à Idlib, après que l’EILL a demandé à tous les autres groupes de déposer les armes.

Pour Nizar, un militant de Deir Ezzor (est), « le temps est compté pour tous ces groupes (jihadistes). Ils utilisent la violence et la religion pour nous contrôler, et même si beaucoup des gens craignent d’afficher leur désaccord, personne ne veut d’eux. »

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Yasiin Bey (aka Mos Def) alimenté de force style Guantánamo Bay


Que nos lecteurs sensibles soient avertis : ces images peuvent choquer. A la veille du ramadan, le rappeur Mos Def a voulu mettre un coup de projecteur sur les grévistes de la faim dans la prison américaine de Guantanamo. Le rappeur américain, âgé de 39 ans, a participé dans ce but à une vidéo choc, dans laquelle plusieurs personnes essaient de le gaver de force, comme les détenus qui refusent de s’alimenter.

svp diffusez !

A Julien Clerc


 

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Monsieur,

 

Il y a quelques années, j’avais été scandalisé par une chanson « Utile » qui disait :

 

« A quoi sert une chanson

Si elle est désarmée? »,

Me disaient des chiliens,

Bras ouverts, poings serrés.

Comme une langue ancienne

Qu´on voudrait massacrer,

Je veux être utile

À vivre et à rêver.

 

Elle était chantée par un certain Julien Clerc, un de vos homonymes sans aucun doute, car votre concert à Tel-Aviv démontre bien que vous n’êtes pas de ce bord-là.

 

C’est avec respect que j’ai suivi votre courageuse résistance aux viles protestations des droitsdel’hommistes étrangers et à ces traîtres d’Israéliens qui vous demandaient de ne pas collaborer avec un Etat qui colonise et oppresse un peuple autochtone, vole les maisons, l’eau et les terres, impose des lois d’apartheid, applique le nettoyage ethnique, l’emploi systématique de la torture, même sur des gosses de 12 ans (Rapport de l’ONU du 20/6/2013)… et autres joyeusetés de ce régime qui se prétend démocratique.

Ces ringards de BDS n’ont rien compris à la noblesse de la croisade, vous oui!

 

J’ai apprécié votre clairvoyance en réservant votre premier et unique interview en Israël à « JSS News », sympathisant bien connu de l’extrême droite française.

Preuve supplémentaire, s’il en fallait, des valeurs que vous défendez.

Je ne peux, de plus, qu’approuver votre belle réplique :  » l’engagement des artistes, c’est d’être consensuels. Ce sont des messages d’amour que les artistes envoient « .

Vous l’avez peut-être vu vous-même, pas de populace arabe à votre concert à Tel Aviv.

Le service d’ordre veillait à la « consensualité ».

 

J’ai admiré votre perspicacité en demandant au HCR de vous couvrir moralement – c’est toujours bon à prendre – et de déclarer avec force que vous ne faites pas de politique, rejoignant ainsi d’autres artistes, tels Astor Piazzola – il faisait de la musique, soutenait Videla et traitait les mères de la place de Mai de vieilles putes – Arno Breker (« Je ne fais pas de politique, je fais de la sculpture »), Drieu de la Rochelle (« je ne fais pas de politique, j’écris des poèmes »), Elia Kazan (« je ne fais pas de politique, je fais des films »)… et quelques autres qui méritent votre accolade fraternelle.

 

Toujours bien informé, vous avez aussi déclaré que « Tous les grands artistes sont venus en Israël et ce n’est pas leur vocation de régler les problèmes ».

Et vous aviez parfaitement raison!

Seuls des individus insignifiants ont refusé de venir nous soutenir, sous prétexte qu’ils ont une conscience : Ken Loach, Bruce Springsteen, Desmond Tutu, Eric Clapton, Jonny Depp, Eduardo Galeano, Bon Jovi, Naomi Klein, Pete Seeger, U2, Dustin Hoffman, Stevie Wonder, Henning Mankel, Gilles Vignault, Vanessa Redgrave, Stephen Hawking, etc.

Comme vous voyez, que des intellectuels et artistes de seconde zone!

 

J’espère que nous pourrons vous applaudir aux prochains meetings de ceux et celles qui comme votre Marine nationale, défendent notre Occident et que vous continuerez à afficher l’image de l’artiste souriant qui ne fait pas de politique… mais a « le cœur à gauche ».

 

Rudi Barnet

 

PS : J’aimais certaines de vos chansons et c’est avec tristesse que j’ai découvert l’homme.

A quoi sert une chanson, Monsieur Clerc, si les actes de l’auteur contredisent ses paroles?

Bon vent !

Egypte: le Premier ministre offre aux Frères musulmans d’entrer au gouvernement


 

– Publié le 09/07/2013 à 23:46

Le nouveau Premier ministre égyptien Hazem Beblawi va offrir aux Frères musulmans des postes au sein du gouvernement de transition qu’il a été chargé mardi de former, six jours après que l’armée eut déposé le président islamiste Mohamed Morsi, a annoncé l’agence de presse officielle Mena citant un porte-parole de la présidence.

« Quelques postes au gouvernement seront offerts au Parti de la Liberté et de la Justice » (PLJ), le bras politique des Frères musulmans, a déclaré ce porte-parole, Ahmed al-Muslimani.

Un temps pressenti pour devenir Premier ministre, le Prix Nobel de la Paix Mohamed ElBaradei, figure de l’opposition laïque, devient, quant à lui, vice-président chargé des relations internationales, a précisé le porte-parole de la présidence.

Ces annonces sont survenues le jour-même où les Frères musulmans enterraient les dizaines de manifestants tués lundi au cours d’un rassemblement en faveur de M. Morsi au Caire. Si les Frères ont appelé au « soulèvement » après ce « massacre », aucun incident n’a été rapporté.

Le nouveau Premier ministre est un économiste de tendance libérale âgé de 76 ans qui a fait une longue carrière dans des institutions égyptiennes et internationales.

Hazem Beblawi a été vice-Premier ministre et ministre des Finances en 2011, pendant la période de transition sous la direction militaire ayant suivi la chute de Hosni Moubarak.

Il aura la lourde tâche de redresser une économie en particulier en proie à la chute du tourisme, à un effondrement des investissements étrangers et à une baisse importante de ses réserves en devises.

Peu après cette nomination, l’armée a mis en garde contre toute perturbation du « délicat et complexe » processus de transition, dans une déclaration publique.

Le choix de M. Beblawi intervient après plusieurs jours de discussions et le retrait du principal parti salafiste, al-Nour -qui avait soutenu le coup de force militaire aux côtés de mouvements majoritairement laïques- en raison des violences ayant fait des dizaines de morts parmi les partisans de M. Morsi au Caire.

Dans une tentative de relance de la transition, le président par intérim, Adly Mansour, a émis dans la nuit de lundi à mardi un communiqué dans lequel est prévue une révision de la Constitution de 2012.

La loi fondamentale amendée devra être validée par référendum avant l’organisation d’élections législatives d’ici au début de 2014.

Mais un haut responsable des Frères musulmans a rejeté cette déclaration de M. Mansour : « Un décret constitutionnel par un homme nommé par des putschistes (…) ramène le pays à la case départ », a commenté Essam al-Erian, sur son compte Facebook.

Le groupe Tamarrod, à l’origine de la contestation contre M. Morsi, a de son côté exprimé des réserves, et déclaré préparer avec des experts une série d’améliorations.

Funérailles sous haute tension

Dans le même temps, des funérailles des victimes de lundi se déroulaient dans le climat d’extrême tension prévalant depuis la destitution par l’armée le 3 juillet du président islamiste, trois jours après des manifestations monstres de l’opposition.

Les violences de lundi matin au cours d’une manifestation en faveur de Mohamed Morsi devant le siège de la Garde républicaine au Caire ont fait au moins 51 morts et 435 blessés, selon les services des urgences.

Les Frères musulmans ont publié une liste avec les noms de leurs 42 partisans tués, tandis que police et armée ont fait état de trois morts dans leurs rangs.

Selon la confrérie, des soldats et des policiers ont ouvert le feu sans aucune raison sur les manifestants. Leur bras politique, le PLJ, a appelé au « soulèvement » et mis en garde contre « l’apparition d’une nouvelle Syrie », une allusion au confit qui ravage ce pays.

L’armée a dit avoir répliqué après une attaque de « terroristes armés ».

« Cela n’était pas une manifestation pacifique », les partisans de M. Morsi ont utilisé « des mitraillettes et des pistolets », a affirmé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Badr Abdelatty.

Le président par intérim a ordonné l’ouverture d’une enquête.

Mardi, une source judiciaire a indiqué à l’AFP que 650 personnes soupçonnées d’avoir voulu entrer de force dans le bâtiment de la Garde républicaine étaient interrogées.

Dès lundi, les autorités avaient décidé de fermer le siège du PLJ au Caire en raison de la découverte « de liquides inflammables, de couteaux et d’armes », selon un haut responsable de sécurité.

Malgré un appel de l’armée à lever les sit-in, des islamistes ont manifesté lundi soir dans plusieurs villes et, mardi matin, des milliers de partisans de M. Morsi étaient encore devant la mosquée Rabaa al-Adawiya, où le rassemblement dure depuis près de deux semaines.

Les pays étrangers ont manifesté leur vive inquiétude après les dernières effusions de sang, les heurts en Egypte ayant fait une centaine de morts en moins d’une semaine.

Mardi, les Etats-Unis, qui avaient exprimé leurs craintes face aux violences, ont toutefois affirmé être « prudemment encouragés » par le calendrier des élections.

L’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis sont pour leur part devenus les premiers pays à apporter une aide financière, à hauteur respectivement de cinq et trois milliards de dollars.

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Tour de France BDS


Plus de 200 femmes, hommes et enfants ont participé à l’extraordinaire BDS Tour qui a traversé 15 villes de France en juillet dernier. Ils ont rencontré à cette occasion des dizaines de milliers de personnes avec lesquelles ils ont communiqué, échangé sur la situation en Palestine, la campagne internationale BDS, et sur le pouvoir insoupçonné de la solidarité qui se moque des barrières que nos gouvernements tentent d’instaurer. Merci pour le sous titrage en anglais de cette vidéo !

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Ils remettent ça cette année

Chroniques de la révolution égyptienne


jeudi 17 novembre 2011, par La Rédaction

Chroniques de la révolution égyptienne
Par Alaa El Aswany
Ed. Actes Sud Sciences humaines
Traduit de l’arabe par : Gilles Gauthier
ISBN 978-2-330-00137-7
prix indicatif : 23,00 euros

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Observateur et acteur très engagé dans les bouleversements dont ses romans faisaient pressentir l’urgence, Alaa El Aswany propose ici, tel un état des lieux, un ensemble de chroniques écrites avant, pendant et après le séisme de la révolution égyptienne, et cet homme si jovial, si compréhensif, si plein d’empathie avec les autres, se montre inflexible, inexorable dès qu’il s’en prend aux forces qui oppriment son pays.

Alaa EL ASWANY
Né en 1957, Alaa El Aswany exerce le métier de dentiste dans le centre du Caire. Son roman L’Immeuble Yacoubian, porté à l’écran par Marwan Hamed et publié en France par Actes Sud (2006, et Babel n° 843), est devenu un phénomène éditorial international. Depuis le 25 janvier 2011, il est l’un des principaux relais de la révolution égyptienne auprès des médias français.Actes Sud a également publié ses romans Chicago (2007 ; Babel n° 941) et J’aurais voulu être égyptien (2009 ; Babel n° 1004), ainsi que son essai Chroniques égyptiennes (2011).

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Alors que les législatives du 28 novembre approchent, le romancier égyptien Alaa El Aswany vient de publier ses « Chroniques de la révolution égyptienne » aux éditions Actes Sud. A coups d’instantanés de la réalité égyptienne, l’auteur sonde les maux de son pays et défend inlassablement la nécessité d’instaurer un régime démocratique.

Alaa El Aswany a le sens du détail. S’emparant d’une anecdote entendue, d’un simple geste révélateur ou d’une rencontre avec une personnalité, ses « Chroniques de la révolution égyptienne », publiées ce mois-ci aux éditions Actes Sud, décryptent les forces qui oppriment son pays. Publiées avant et après la révolution dans la presse nationale, ces 50 chroniques dressent le portrait d’une société meurtrie par les lourdes années du régime Moubarak. « Pauvreté, brutale, oppression sociale, répression, fraude, châtiment des innocents, tout cela a rendu la vie impossible pour des millions d’Égyptiens », déplore-t-il. Mais plus qu’un observateur minutieux, Alaa El Aswany se fait un acteur engagé, pourfendeur inlassable de la démocratie et des libertés, à l’instar du mouvement Kifaya, qu’il a co-fondé en 2004.

Face à l’appareil répressif du régime Moubarak, le plus célèbre des écrivains contemporains égyptiens, auteur du best-seller « L’immeuble Yacoubian », pressent avant l’heure le mouvement qui se prépare. « L’Égypte est maintenant submergée par les grèves et les mouvements de protestation, comme cela n’avait pas eu lieu depuis la Révolution de 1952. Cette contestation sociale généralisée annonce un changement inévitable et n’est pas du tout étrangère à la démocratie », prédit-il. Convaincue de la nécessité de cette vague de révolte, sa plume aiguisée fustige sans relâche les rouages du système, huilé à coups de clientélisme et corruption.

Répondant au slogan des Frères musulmans « l’islam est la solution », l’écrivain conclue chaque chronique de façon implacable : « la démocratie est la solution ».

Dénonçant le délitement de la justice et du système de santé, les incarcérations arbitraires et les tortures sauvages, ou encore les droits des femmes bafoués par la « vague impétueuse de pensée salafiste-wahabite », chacune de ses chroniques est un appel clair à la démocratie et à une vision ouverte et éclairée de l’islam. Répondant au slogan des Frères musulmans « l’islam est la solution », l’écrivain conclut chaque chronique de façon implacable : « la démocratie est la solution ».

En filigrane de cette critique du régime, Alaa El Aswany garde son habituelle humanité à fleur de peau, caractéristique de ses précédents romans. Animé d’une foi inébranlable dans son peuple, l’auteur ne cesse de défendre le potentiel de sa nation, brisée, selon lui, par le régime de Moubarak. « Les gens du peuple ne sont pas comme le prétendent les dirigeants égyptiens, une populace qui ne sait pas où se trouve son intérêt. Ils sont au contraire dotés d’une boussole infaillible qui les guide vers la position juste. (…) il nous faut bien prendre conscience de ce que la chute des intellectuels commence toujours par leur mépris du peuple ». Mais dans ses dernières chroniques, écrites après la chute de Moubarak, l’inquiétude de l’écrivain est perceptible. « La Révolution n’est pas terminée », avertit-il, avant de s’interroger sur la portée du mouvement : « la révolution égyptienne s’est-elle trompée ? ».

Marqué d’une conscience historique dont il ne se défait jamais, Alaa El Aswany perçoit la difficulté de bâtir une Egypte nouvelle, alors que l’ancien régime perdure : « Le problème, c’est que la révolution a fait tombé Moubarak, mais que le régime de Moubarak, lui n’est pas tombé ». Mais malgré les entraves, il ne se départit jamais de l’espoir d’une Egypte libre, espoir nourri par les trois semaines passées sur la place Tahrir aux côtés des manifestants. A l’instar de sa dernière chronique, qui rend hommage au caricaturiste syrien Ali Farazat, dont les mains ont été brisées par des hommes du régime, Alaa El Aswany réaffirme par ses chroniques la détermination et la puissance des plumes arabes, plus fortes que les bâtons de la répression.

( Par Céline Girard )

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