La Syrie est notre guerre d’Espagne


LE MONDE | 02.04.2013 à 14h57 Jean-Pierre Filiu (Professeur des universités à Sciences Po Paris)

Qui veut appréhender la dimension universelle de la tragédie syrienne gagnera à se (re)plonger dans Hommage à la Catalogne (Gallimard, 1955) de George Orwell (1903-1950). Il y retrouvera les civils trop confiants dans la justesse de leur cause pour s’armer en conséquence. Les miliciens formés à la hâte derrière leurs barricades de fortune. Les trésors d’ingéniosité populaire pour faire vivre les familles les plus démunies. Et les querelles des différentes factions qui se disputent le contrôle d’une République pourtant menacée de toutes parts.

Ce parallèle avec la guerre d’Espagne a été tracé dans la presse dès septembre 2012, lorsque des reporters à Alep ont comparé les bombardements incessants de la ville à un moderne Guernica. Les éditoriaux dénonçaient en première page « un crime d’Etat sans précédent ».

Plus de six mois se sont écoulés, les raids aériens n’ont pas cessé, pas plus que les barrages d’artillerie. Pire, les pilonnages aux missiles Scud se sont banalisés. Quant à l’utilisation avérée des armes chimiques par le régime Assad, elle est niée par les puissances occidentales : ayant tracé cette ligne rouge, elles refusent d’admettre qu’elle a été franchie, certes de manière ponctuelle, mais sans contestation possible.

PASSIVITÉ COMPLICE

Comme la République espagnole, la Syrie révolutionnaire souffre de la cobelligérance active des uns, de la passivité complice des autres et de l’intolérance partisane des derniers. La Russie et l’Iran sont aussi impliqués dans les crimes de masse de la dictature syrienne que l’étaient l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste aux côtés des franquistes espagnols.

La « non-intervention » des démocraties occidentales en 2011 est aussi fatale pour les démocrates de Syrie qu’elle le fut pour ceux d’Espagne en 1936.

Quant aux staliniens dénoncés par Orwell à Barcelone dès 1938, ils n’ont rien à envier aux djihadistes d’aujourd’hui en Syrie. Leur hiérarchie implacable et leur discipline aveugle leur permettent de compenser progressivement leur caractère ultraminoritaire.

Leur soutien sans faille par un parrain étranger, l’URSS en Espagne, des « mécènes » du Golfe en Syrie, leur confère un avantage terrible sur les formations locales, dramatiquement sous-équipées. Et leur projet totalitaire vaut négation des aspirations à la libération, hier du peuple espagnol, désormais du peuple syrien.

Après plus de deux années d’abstention coupable, aucune solution n’est dénuée de risque pour éviter une escalade dans l’horreur en Syrie. Seule l’installation d’une autorité révolutionnaire sur une portion du territoire libéré pourra renverser la course à l’abîme.

Mais pas un pouce de Syrie ne sera vraiment « libéré » tant que l’aviation d’Assad et ses blindés pourront le frapper en toute impunité. C’est en ces termes que se décline la problématique de l’approvisionnement en matériels antiaériens de l’Armée syrienne libre.

Les polémistes qui fustigeaient la solidarité du Front populaire avec les « rouges » espagnols n’employaient au fond pas d’autres arguments que les partisans acharnés de la « neutralité » en Syrie.

SURENCHÈRE DJIHADISTE

Quant à la question des « mauvaises mains » dans lesquelles les armes pourraient tomber, le Mali est là pour prouver que pas une seule arme livrée aux rebelles libyens n’a été découverte aux mains d’AQMI. En revanche, les djihadistes du Sahel se sont amplement servis dans les arsenaux de Kadhafi comme ceux de Syrie dans les stocks d’Assad.

L’universitaire sait trop le danger des analogies historiques, à manier avec doigté. La grande différence entre la tragédie d’Espagne et celle de Syrie est que le camp de la dictature sera défait, tôt ou tard.

C’est dans cette incertitude de calendrier que réside l’intérêt stratégique de la France et de l’Europe : une Armée syrienne libre victorieuse à court terme permettra à la coalition révolutionnaire de ménager une transition politique, tandis qu’une agonie prolongée favorisera la surenchère djihadiste, la polarisation confessionnelle et la déstabilisation régionale.

Hollande n’est pas Blum. Car Léon Blum, au moins n’ayant jamais promis d’armer la République espagnole, n’a pas eu à s’en dédire.

Mais l’actuel président pourrait méditer cette déclaration de François Mitterrand devant le Parlement européen, en 1989, au sujet de l’Intifada palestinienne : « Rien n’autorise cette répression continue où l’homme devient gibier et où reprend l’éternel va-et-vient de l’agresseur et de l’agressé, de celui qui tue, de celui qui meurt. »

Un quart de siècle plus tard, l’Europe a encore failli. A la France d’assumer enfin ses responsabilités.

Jean-Pierre Filiu (Professeur des universités à Sciences Po Paris)

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« Les colons ont gagné ! »


Charles Enderlin, chef du bureau de France 2 à Jérusalem, habite en Israël depuis 1968. Auteur prolixe d’essais et de documentaires de qualité, il récidive avec la sortie au Seuil, le 4 avril, de son dernier livre, « Au nom du Temple » (Israël et l’irrésistible ascension du messianisme juif, 1967-2013), qui fera aussi l’objet d’un documentaire sur FR2. Rencontre à Jérusalem.
Pourquoi ce livre ?
On pourrait dire « les colons ont gagné ! ». Le sionisme religieux a gagné. C’est le message de mon livre qui montre comment pendant la période qui débute après la guerre des Six Jours en 1967, la mouvance des colons est devenue une force dominante dans la société israélienne, avec un discours théologique eschatologique (prévoyant la fin du monde, NDLR).
Une idéologie qui avait de la peine à s’imposer jusque-là…
La simple idée du retour en terre d’Israël était bannie chez les religieux. Quand le sionisme politique fut inventé par Herzl à la fin du XIXe siècle, les ultra-orthodoxes y étaient farouchement opposés, les maîtres rabbins y voyaient trois interdits : les juifs ne peuvent se révolter contre les nations du monde, ils ne doivent pas revenir en masse en Eretz Israël (terre d’Israël) car c’est Dieu qui décidera de ce retour, et enfin il ne faut pas que les nations du monde se montrent trop dures envers le peuple juif. Pour sa part, le sionisme libéral façon Herzl – on ne dira pas laïque – envisageait, lui, la cohabitation avec les minorités comme les Arabes, prévoyait un vice-président arabe, etc. Avec le réveil du sionisme religieux, les interdits susmentionnés sont tombés.
Surtout après le choc de 1967…
Oui, en 1967, lors de la guerre, Israël conquiert les lieux de son histoire biblique. Dont Jérusalem et le mont du Temple. C’est le réveil des nationalistes religieux juifs, qui y voient un processus eschatologique et un dessein de Dieu. Les plus déterminés se dirigent tout de suite vers Hébron (où se trouve, selon la tradition hébraïque, le tombeau des Patriarches, dont celui d’Abraham). Ils proviennent de la mouvance messianique, qui croit que le Messie arrive, qu’il faut préparer sa venue. Ce ne sont donc pas les utra-orthodoxes (hommes en noir, les haredim ou « craignant-Dieu », qui pensent que Dieu décidera quand il le choisira de l’envoi du Messie, que les croyants n’ont pas à s’en mêler, NDLR). Cela dit, on commence maintenant à voir des ponts entre ces deux mouvances : des ultra-orthodoxes qui deviennent sionistes et des religieux sionistes qui deviennent ultra-orthodoxes. Ce phénomène est favorisé par la création dans les territoires occupés d’implantations destinées aux ultra-orthodoxes, comme Beitar Illit, près de Bethléem.
Justement, parlons des colons de 2013. Croyez-vous qu’ils pourraient retourner en Israël en cas d’accord de paix avec les Palestiniens ?
Sans parler des 200.000 Israéliens installés dans des colonies urbaines à Jérusalem-Est (partie arabe de la ville sainte), ils sont environ 350.000 en Cisjordanie occupée. Avec un rythme de croissance de 5% l’an, ils seront donc 400.000 dans trois ans. On n’évacuera pas 300 ou 400.000 colons. Même pas 50.000. Il avait fallu 13.000 soldats et policiers en 2005 pour évacuer 8.000 colons de Gaza et cette démarche, alors, faisait consensus en Israël. Pour les colons, le statu quo est idéal. Parmi eux, les laïcs ne refuseraient pas de voir les Palestiniens dotés d’une autonomie dans les domaines économiques, culturels…
Comment l’Etat israélien les considère-t-il ?
Les autorités sont infiltrées à tous niveaux par les colons, ce qui produit des « miracles » comme quand de nouvelles collines de Cisjordanie appartenant à des Palestiniens sont occupées (illégalement même aux yeux de la loi israélienne) pour y installer des avant-postes de colons destinés à devenir de nouvelles colonies et que l’électricité et l’eau y parviennent. Et il faut de cinq à dix ans à la Cour suprême pour se prononcer sur la légalité de ces faits accomplis.
On constate aussi parmi eux l’émergence d’une jeunesse très radicale, qui n’a jamais habité en Israël même, qui s’en prend volontiers aux Palestiniens…
Il existe une nouvelle génération d’enfants de colons, qu’on appelle « la jeunesse des collines », depuis que Ariel Sharon, après le sommet de Wye Plantation en 1998 avait lancé le slogan « Emparez-vous d’un maximum de collines ! ». Ces jeunes sont quelques centaines, peut-être plus. Des « durs ». Des « salafistes juifs » ! Pour eux, la fin justifie les moyens puisqu’ils se croient investis d’une mission théologique. Dans ce cadre, il n’y a pas la place pour un Etat palestinien. Comme d’ailleurs, pour les extrémistes religieux musulmans, il n’y a pas place pour un Etat juif en Palestine.
Les colons religieux sont des révolutionnaires ; ils ont un but.
Les partis non religieux sont-ils complices ?
En tout cas, la responsabilité des dirigeants de la droite israélienne n’est pas mince. Les Begin, Shamir, Sharon ou Netanyahou ont toujours évoqué « le droit historique des juifs en Eretz Israël » (terre d’Israël au sens biblique). Depuis des décennies, la Cisjordanie n’est pas appelée en Israël autrement que par ses noms bibliques de « Judée et Samarie ». De toute façon, qu’ils soient ou non directement représentés au gouvernement, les colons vont continuer à grandir en nombre.
Propos recueillis par BAUDOUIN LOOS

Photo Joël Saget, AFP.

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Syrie: mars, le mois le plus meurtrier depuis le début du conflit


Edité par CP avec AFP
le 01 avril 2013 à 19h13 , mis à jour le 01 avril 2013 à 19h20.

La chute d'un missile lundi 18 février sur un quartier populaire d'Alep a fait u moins 31 morts, dont cinq femmes et 14 enfants, et des dizaines de blessés.

La chute d’un missile sur un quartier populaire d’Alep, lundi 18 février, a fait au moins 31 morts, dont cinq femmes et 14 enfants, et des dizaines de blessés. / Crédits : HO / ALEPPO MEDIA CENTRE / AFP

À lire aussi

Moyen-orient

Plus de 6.000 personnes ont été tuées en mars dans les violences en Syrie, le mois le plus meurtrier depuis le début de la révolte contre le régime du président Bachar al-Assad il y a de deux ans.

Le bilan ne cesse de s’alourdir en Syrie. Plus de 6.000 personnes ont été tuées sur le mois de mars qui devient le mois le plus meurtrier depuis le début de la révolte contre le régime du président Bachar al-Assad il y a de deux ans, a affirmé lundi l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

« Au moins 6.005 personnes ont péri en mars. Parmi elles, 2.080 sont des civils, dont 298 enfants de moins de 16 ans et 291 femmes », a indiqué à l’AFP le chef de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane. Selon lui, au moins 2.074 des personnes tuées sont des rebelles combattant le régime et 1.464 sont des membres des troupes gouvernementales. Parmi les rebelles qui ont péri figurent 588 personnes dont les identités n’ont pu être vérifiées par l’OSDH, dont « un grand nombre de combattants
non-syriens ».

Plus de 70.000 tués depuis le début de la révolte

Selon un bilan donné en janvier par l’ONU, plus de 70.000 personnes ont été tuées depuis le début de la révolte en mars 2011. L’OSDH fait état de son côté lundi de 62.594 morts, dont 30.782 civils, 15.283 soldats de l’armée régulière et 14.302 rebelles. Cette ONG basée en Grande-Bretagne s’appuie sur un large réseau de militants et de médecins dans les hôpitaux civils et militaires à travers la Syrie et affirme que l’identité des morts qu’elle rapporte est sérieusement documentée.

Les bilans de l’OSDH ne comprennent pas les milliers de personnes disparues en détention, ni la plupart des morts parmi les « chabbihas » (miliciens pro-régime).

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Mère Agnès-Mariam de la Croix invitée par France-Israël


« SYRIE – Comme je l’ai souvent expliqué, dans nombre d’articles et interviews, il n’y a pas de complot états-unien et/ou israélien à l’encontre du gouvernement baathiste de Damas.Au contraire, Washington et Tel-Aviv s’inquiètent du renversement potentiel d’une dictature qui assurait la stabilité régionale et la sécurité de la frontière israélienne du Golan.

Cet article, très pertinent et qui résume simplement l’absurdité de certaines thèses, de la plume de Bernard Schalscha, à propos de la conférence organisée par France-Israël pour Mère Agnès-Mariam de la Croix, que j’avais rencontrée à Damas et dans son monastère de Qara…

Bernard Schalscha

Goldnadel offre une tribune à la religieuse pro-Bachar, très appréciée de la mouvance «antisioniste radicale», de l’extrême droite et des amis d’Ahmadinejad.



Goldnadel et Mère Marie Agnès de La Croix

Goldnadel et Mère Agnès-Mariam de La Croix

On ne connaît pas beaucoup en France Mère Agnès-Mariam de la Croix. Et c’est tant mieux. Se présentant comme «supérieure de l’antique monastère de Saint Jacques l’Intercis à Qâra, du diocèse grec-melkite catholique de Homs, Hama et Yabroud», cette chrétienne d’origine palestinienne et vivant en Syrie est une infatigable propagandiste du régime de Bachar al-Assad. Ses propos sont relayés par toute la nébuleuse de sites soutenant le maître sanglant de Damas, nébuleuse dominée par les divers courants de l’extrême droite «antisioniste» et «anti-impérialiste», plus particulièrement par les conspirationnistes, négationnistes, bruns-rouges et catholiques ultra-intégristes. Sa prose, tout comme celle de son ami Thierry Meyssan paisiblement installé au Liban, est ainsi accueillie avec régal par tout un petit monde qui déchaîne sa haine contre Israël, l’accusant d’être à la manœuvre avec le Qatar et les USA pour envoyer des hordes de terroristes jihadistes détruire ce grand pays laïc et démocratique que serait la Syrie de la dynastie Assad. Cette désinformation délirante n’est que le simple écho de ce qui se concocte dans les officines syriennes, et c’est évidemment aussi ce que racontent le régime iranien et son bras armé libanais, le Hezbollah, principaux soutiens régionaux de Bachar.

Mère Agnès-Mariam de la Croix est donc l’une des figures moyen-orientales préférées des antisémites qui veillent soigneusement à se présenter en anti-sionistes et font leurs délices de Dieudonné, Soral, Faurisson ainsi que de quelques autres de moindre notoriété (ces pauvres malheureux dont Daniel Schneidermann déplorait dans Libération qu’ils figurent sur une «liste noire» dressée au nom d’un «dogme» par le journaliste de France Inter Patrick Cohen). En se rangeant au côté de Bachar al-Assad, l’extrême droite «antisioniste» se retrouve à faire bloc, intentionnellement ou non, avec le régime des mollahs, lequel sait d’ailleurs reconnaître les siens et arrose financièrement ceux qui s’allient le plus clairement avec lui.

On n’entendait plus trop parler ces derniers temps de la Mère supérieure de l’antique monastère de Saint Jacques l’Intercis, mais voilà qu’elle est l’invitée vedette, ce jeudi 21 mars à Paris, d’une conférence-débat intitulée : « Situation des chrétiens en Syrie, quel message pour Israël et pour la France ? » Qui lui a offert cette tribune ? Les conspirationnistes du Réseau Voltaire ? Le Parti Antisioniste ? Dieudonné ? Non point. La puissance invitante est… France-Israël. Connue pour son hostilité sans faille aux plus modestes revendications des Palestiniens, voici que cette association déroule maintenant le tapis rouge à une agitatrice relayant la propagande du régime syrien et donc de l’ennemi numéro 1 d’Israël qu’est l’Iran d’Ahmadinejad. On pourrait se croire chez les fous si ce n’était que France-Israël est présidée par Gilles-William Goldnadel. Cet avocat, très apprécié de la Droite forte de l’UMP, est « juif et le revendique sans honte, ni vanité », comme il l’a écrit dans sa préface au livre Vendée, du génocide au mémoricide. Il s’est aussi employé depuis quelques années à établir des ponts avec des fractions radicales de la droite la plus extrême, s’acoquinant parfois avec des antisémites notoires. S’il ne s’agissait que de la dérive ultra-droitière de l’individu, il n’y aurait pas de quoi en faire ici un article. Mais Goldnadel invite Agnès-Mariam de la Croix en se servant de l’association qu’il préside et dont le nom de France-Israël peut laisser croire qu’elle représente peu ou prou les positions de l’Etat d’Israël. Dès lors ça devient un acte politique grave que l’on se doit de combattre fermement. La question s’envenime encore du fait que le président de France-Israël est également membre du comité directeur du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France).

Quand il s’agit du Moyen-Orient, les politologues de comptoir sont trop souvent prompts à déceler le complot israélien. C’est ainsi que parmi les partisans de la révolution syrienne il n’est pas rare d’entendre expliquer le peu de soutien occidental par l’intérêt qu’aurait l’Etat juif à laisser la Syrie devenir un champ de ruines. En offrant une tribune à la religieuse militante pro-Bachar, Goldnadel non seulement relaie la propagande de la mafia criminelle qui massacre sans vergogne en Syrie, mais il alimente de surcroît tous les fantasmes complotistes ainsi que l’antisémitisme qui les accompagne nécessairement. On se demande ce qu’attend Ahmadinejad pour le décorer. Et le Crif pour s’en séparer.

»Bernard Schalscha, Mère Agnès-Mariam de la Croix invitée par France-Israël – La Règle du Jeularegledujeu.orgGoldnadel offre une tribune à la religieuse pro-Bachar, très appréciée de la mouvance «antisioniste radicale», de l’extrême droite et des amis d’Ahmadinejad.

Histoire du Chameau qui pleure


Une chamelle se désintéresse totalement du petit qu’elle vient de mettre bas. La caméra filme alors la terrifiante distance qui s’installe entre la chamelle et son rejeton, les têtées empêchées, la fragilité et le rejet. Devant les larmes du chameau abandonné, les hommes constatent leur impuissance et s’en remettent à la tradition : ils font venir un violoniste, qui, en costume traditionnel, devra tenter d’émouvoir la chamelle, et permettre la réconciliation entre la mère et l’enfant.
La séquence de rite est tout simplement hallucinante : cette séance de musicothérapie en plein désert relève du mystique, et les hommes sont les témoins patients et concentrés d’une nature impérieuse, qui les dépasse et qu’ils respectent. Tout dans le film provoque l’émotion, ou l’émerveillement, sentiments préservés de tout larmoiement par la distance documentaire. Et malgré quelques mouvements de caméra un peu intempestifs dans les gros plans, les réalisateurs réussissent à enchanter leurs spectateurs, tout en livrant un regard intelligent et extrêmement pertinent sur une civilisation tout entière, qui fait le grand écart entre les traditions et les mirages du progrès. L’Histoire du chameau qui pleure traite avec simplicité de la fragilité de l’enfance, du sentiment d’abandon qui taraude l’existence, et d’un instinct maternel pas toujours évident, tant chez l’animal que chez l’homme

Stéphane Hessel : « Les hommes ont besoin de la culture »


Cassandre Hors champ"

Nicolas Roméas

« Le plus grand risque qui pèse sur les créateurs artistiques, c’est qu’ils sont notés en fonction de ce qu’ils rapportent. » A quelques jours de la soirée de soutien à notre partenaire Cassandre/Horschamp (le 2 avril à la Maison des métallos), nous publions un entretien avec Stéphane Hessel, décédé en février dernier.

Nous avions nous-même réalisé une longue interview, surtout politique, avec l’ancien résistant. Mais à Cassandre/Horschamp, l’écrivain parle art et culture. Réalisée en 2010, cette interview est toujours d’actualité.


Stéphane Hessel en 2010 (Audrey Cerdan/Rue89)
Soutenez la revue Cassandre/Horschamp

Les amis de Cassandre/Horschamp et la Maison des métallos vous convient le mardi 2 avril à partir de 20 heures autour de Bernard Lubat à une soirée exceptionnelle de soutien à la revue avec de nombreux participants. Le droit d’entrée pour le public (à la discrétion de chacun sur la base de l’adhésion) servira à renflouer les comptes de la revue. Des séries de « collectors » seront offertes aux généreux donateurs !

Maison des métallos, 94, rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 Paris. Réservations : resa@horschamp.org.

Cassandre/Horschamp : Ne pensez-vous pas que l’art et la culture sont très largement sous-estimés, dans les discours politiques et de façon générale dans les discours qui concernent l’état de notre civilisation ?

Stéphane Hessel  : La première chose sur laquelle il faut insister, c’est que nous vivons une période dangereuse pour l’avenir de l’espèce humaine. Elle est confrontée actuellement à des défis très graves, que l’on comprend lorsqu’ils se situent sur le terrain de l’économie, de la finance ou de la violence politique, mais que l’on ne comprend pas assez lorsqu’ils se situent sur le plan de la façon dont l’homme se vit : une espèce animale particulière, qui se distingue par quelque chose de fondamental que l’on peut appeler l’esprit.

Mais l’esprit s’inscrit dans une culture. L’espèce humaine se distingue des autres espèces animales, qui ont des tas d’avantages sur nous, par un avantage précieux : l’amour de la culture. Et cela, c’est d’abord le fait de l’utilisation de la langue, de l’image, du son, de la musique.

Nous ne vivons pas simplement pour satisfaire les besoins immédiats de n’importe quelle espèce, mais pour nous donner accès à une zone de l’humain qui nous est propre, que l’on peut appeler l’art ou la culture. C’est une nécessité pour rester Homme et ne pas retomber dans ce à quoi la finance et l’économie mondiale tentent de nous limiter : être simplement des agents économiques, des consommateurs et des producteurs de biens matériels.

Donc il s’agit bien d’une tentative de réduction de l’être humain ?

Cette tentative n’est probablement pas volontaire, elle est le résultat d’une façon de concevoir le fonctionnement d’une société essentiellement axée sur les biens matériels. Il est beaucoup plus facile de calculer les biens matériels, le degré de consommation, le degré de dépenses, l’argent ; tout cela peut être calculé par des esprits prétendument objectifs, matérialistes, qui sont d’ailleurs travaillés par de grands courants politiques.

Il y a une part de responsabilité du capitalisme et du marxisme. Ce sont de grandes idéologies qui font de l’homme un animal qui produit et qui consomme. Naturellement, il peut aussi produire de l’art et de la culture, mais comme c’est beaucoup plus difficile à mesurer, on préfère comptabiliser les choses matérielles et se désintéresser des choses non comptabilisables.

C’est la civilisation du chiffre contre celle du symbole. Or, ce qui arrive aux acteurs culturels et artistiques, c’est que les collectivités, les pouvoirs publics les obligent à comptabiliser ce qui devrait être de l’ordre de l’imaginaire, donc de la richesse humaine, en termes de fréquentation, de coûts, de bénéfice pour les collectivités territoriales, etc. On oublie complètement Malraux, qui n’avait pas que des qualités, mais savait au moins ça. Est-ce que cette pensée a totalement disparu de la vie politique française ?

Non, pas du tout, nous sommes encore parmi les pays où l’on respecte la culture. […] Il ne faut pas exagérer, mais le risque est là. Le plus grand risque qui pèse sur les créateurs artistiques, c’est qu’ils sont notés en fonction de ce qu’ils rapportent. Un peintre sera considéré comme un grand peintre parce que sa toile rapportera deux milliards de dollars.

Cette façon de passer la culture à la moulinette de l’évaluation quantitative ou monétaire ne laisse plus beaucoup de place à ce qui fait la vie et l’inspiration des créateurs. Ils doivent bénéficier d’une marge suffisante de liberté, dans leur façon de concevoir leur art, pour ne pas être uniquement mis en musique par des gens qui les considèrent sous l’angle d’un certain apport, en fonction de ce que réclame l’opinion publique.

Il y a un vrai danger d’abaissement, dans une période de notre histoire où la globalisation génère des produits qui sont conçus pour être utilisables largement, partout. Et pour être utilisables, ils doivent être le moins originaux possibles, coulés dans un moule, un standard général.

Tout ça, ce ne sont encore que des tendances ; nous n’en sommes pas encore au point où les artistes ne peuvent pas s’exprimer. Et la France est un des pays où le renouvellement littéraire, musical, peut-être un peu moins le renouvellement poétique, mais des formes de renouvellement culturel sont encore vivaces. C’est vrai aussi de grands producteurs comme l’Amérique, qui abrite des créateurs merveilleux.

Mais la tendance générale, globalisante, fait courir un grave danger à la créativité individuelle, artistique et culturelle, qui est cependant la part la plus spécifique à notre espèce, et que nous avons le devoir de protéger. J’ai été présent au moment où l’on a rédigé la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Eh bien, nous avons insisté pour que le droit au loisir, d’une part, et celui à la culture de l’autre, y figurent.

Nous avions donc conscience que les hommes ont droit à la culture, et qu’ils en ont besoin. Si on les en prive ou si l’on diminue la participation que chacun de nous peut avoir à l’art et à la culture, on castre les hommes, on les prive d’une chose essentielle.

Je trouve extrêmement forte la notion de service public pour la culture, parce qu’elle met en actes l’idée que chaque citoyen est porteur, à son niveau, de la volonté que la culture, qui n’est pas rentable, existe. Nous la payons à travers les impôts. Les Américains ne connaissent pas ça, ils ont le National Endowment for the Arts qui est très différent, qui s’adresse à une minorité d’artistes. Or, parmi les plus grands artistes américains qui ont fait des carrières internationales, beaucoup ont profité des services publics européens. Je pense à Bob Wilson, à Carolyn Carlson, à Merce Cunningham… Ils n’auraient pas pu faire de tels parcours s’ils n’avaient bénéficié de ce soutien public européen.

En effet. Ce qu’il faut reconnaître aux pays qui sont sans service public, comme, malheureusement pour eux, les Etats-Unis, c’est qu’ils ont une tradition très forte de mécénat, par des hommes qui sacrifient une bonne part de leur fortune pour soutenir les arts.

Marcel Duchamp n’aurait pas connu cette gloire s’il n’avait pas rencontré une puissante famille américaine qui n’a pas hésité à le soutenir. Il ne faut pas diminuer le rôle du soutien privé. Mais le soutien privé est lié au goût de certains, qui ne peuvent pas être responsables du droit qu’ont tous les citoyens, des plus pauvres aux plus riches, à une diversité culturelle. Et, au fond, ce qui différencie la culture d’autres formes d’activité humaine, c’est sa merveilleuse diversité. L’art, la culture, la parole, la musique, vivent de cette constante opposition des uns aux autres, de ce non-enfermement dans un style unique.

Et c’est le rôle d’un Etat républicain et démocratique comme devrait être le nôtre, et il ne l’est pas suffisamment à mon goût : un Etat qui se donne un rôle culturel. Non un rôle d’imposition d’une culture, comme en Union soviétique, où la culture qui convenait au pouvoir était soutenue…

La démocratie laisse la liberté d’une grande diversité des artistes et des créateurs. C’est là que nous devons fonder l’espoir d’une diversité politique, économique, spirituelle dont nous avons besoin pour que l’espèce humaine, qui est en train de faire beaucoup de bêtises, de se casser la figure dans beaucoup de domaines, garde au moins ce rêve de culture.

Ce rêve est lié à la diversité de l’esprit humain, à son accès à autre chose qu’à la réalité matérielle. Et je cite volontiers un vers de Prospero dans « La Tempête », de Shakespeare :

« Nous sommes de l’étoffe dont sont faits les rêves, et notre petite vie est entourée par le sommeil. »

Nous nous réveillons donc de la non-vie vers la vie, et nous pouvons vivre une succession d’expériences qui sont comme des successions de rêves. Nous ne sommes jamais réduits à ce qui est, nous pouvons toujours penser à ce qui pourrait être, imaginer, créer quelque chose, des symboles, des rythmes, qui sont la composante essentielle des arts et de la culture.

Comment expliquer l’absence de cette très profonde vérité dont vous venez de parler, dans la plupart des discours politiques ? Je suis choqué qu’à gauche, elle n’apparaisse pas plus fortement. Cela leur serait très utile stratégiquement, étant donné que les ultralibéraux sont incapables d’en parler vraiment, puisqu’ils veulent sa disparition. Ce serait une très grande force pour la gauche d’être capable d’en parler. Et, par ailleurs, c’est un enjeu fondamental de civilisation. Comment expliquez-vous ce silence ?

Je crois qu’il faut distinguer la belle politique, celle qui engage des individus, souvent très cultivés – je suis actuellement en collaboration étroite avec Michel Rocard, un homme d’une grande culture… Il ne faut pas réduire la gauche à un parti politique qui est en difficulté actuellement, et qui va se trouver en confrontation amicale avec un parti qui m’intéresse beaucoup, Europe Ecologie, dans lequel on trouve beaucoup d’artistes.

Je ne pense pas que la gauche française soit par essence indifférente à la culture. Non, je crois que la vie politique d’un pays est de plus en plus accaparée par des défis qu’elle n’arrive pas à relever. Nous nous réunissons à Rome pour la faim, à Copenhague pour la Terre.

Nous affrontons la plupart des grands défis de notre espèce, mais pas celui-ci, car ce n’est pas un défi qui peut faire l’objet d’une gouvernance mondiale. Ce serait même dramatique, car une gouvernance mondiale ferait disparaître toute originalité.

Réjouissons-nous donc que ni la gauche, ni les Etats-Unis, ni les Nations unies, ne s’occupent de culture. C’est déjà merveilleux que nous disposions à Paris de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, qu’il faut continuer à soutenir, dans la mesure où elle est l’apôtre d’une diversité culturelle de toutes les composantes de l’espèce humaine. C’est là que l’esprit de l’espèce humaine culturelle, cultivée, se traduit : par l’accent mis sur la curiosité. La culture est le résultat d’une curiosité humaine.

J’ai la chance exceptionnelle d’être d’une famille d’artistes, de créateurs : un père écrivain, poète, traducteur ; une mère qui a écrit et qui s’est vécue elle-même comme une philosophe, et avait une attirance formidable pour la poésie.

Pour moi, c’est le médium, le seul, où je me sens parfaitement à l’aise : non que j’aie jamais réussi à écrire un poème, mais je suis un consommateur enthousiaste de poésie dans trois langues, l’anglais, le français et l’allemand, et ça a joué un rôle énorme dans ma vie. J’ai rencontré très jeune le monde de la culture européenne florissante des années suivant le surréalisme, le dadaïsme, les grands peintres avec qui j’ai eu la chance d’avoir un contact ; c’est une formation merveilleuse.

Mais de tout cela, ce que j’ai retiré pour mon bien-être personnel et ma satisfaction spirituelle, c’est la poésie. Et les premiers poètes avec qui je me suis trouvé en contact, par le biais de mes parents, sont Apollinaire, Rilke, Yeats et Auden. Les avoir en mémoire, au point de pouvoir encore aujourd’hui les réciter sans trop me tromper, c’est une immense satisfaction pour moi. C’est une façon d’être dans la culture.

Mais ce n’est pas quelque chose que le commun des mortels est encouragé à s’approprier.

Je regrette que dans les écoles on apprenne de moins en moins à réciter la poésie par cœur. La récitation est très importante. Le « commun des mortels » est scolarisé, au moins dans notre Europe, mais cette scolarité a trop tendance à initier les jeunes aux problèmes matériels, à l’économie, et pas suffisamment à bien connaître la culture.

En Pologne, l’art est beaucoup plus présent dans la vie scolaire. En France, l’enseignement artistique est encore séparé de l’Education nationale ; il est financé par des collectivités et non par un ministère. Mais réjouissons-nous quand même que le commun des mortels français ait une capacité à s’exprimer, à aimer sa culture, et même une curiosité pour les arts, ne serait-ce que l’art qui est communiqué par les grands médias. Ce sont des accès précieux à la culture.

Une expérience a été tentée au sortir de la guerre, avec la création d’une direction de l’Education populaire…

Oui, il y a des organisations qui ont joué un rôle important, notamment Peuple et Culture : Bénigno Cacérès et Joseph Rovan ont fait un travail remarquable pour encourager les expressions culturelles dans toute la France.

On peut retrouver cela à travers l’action locale dans les grandes villes. Lyon, Montpellier, Toulouse, Nantes sont des lieux où la culture se développe grâce à la volonté locale. Malraux a initié cela avec les maisons de la culture. C’est quand même par là qu’on dépasse la notion d’élite, qui n’a pas de sens en matière de culture. Une culture qui ne serait que celle de l’élite serait sans aucun intérêt ; mais une culture qui ne favoriserait pas la construction d’une élite de la création serait condamnable.

Mais ce développement dont vous parlez s’inscrit dans une civilisation de plus en plus froide, de moins en moins humaine, avec de plus en plus de surveillance : la destruction de l’esprit de convivialité sous des prétextes de sécurité.

Deux notions s’opposent radicalement : la sécurité et la liberté. L’artiste, et le porteur de culture quel qu’il soit, est un revendicateur de liberté ; et quand il se retrouve dans des ensembles qui ont peur de la liberté, qui aiment cerner les problèmes et donner la priorité à la sécurité, l’artiste souffre.

Je ne pense pas que nous en soyons là en France ; une récipiendaire du prix Goncourt peut réagir lorsque quelqu’un comme Eric Raoult dit d’énormes bêtises. Donc, la liberté existe encore en France.

Dans le passé, nous avons connu d’autres périodes où l’art était vilipendé, où toute attaque contre le pouvoir était violemment réprimée. On a quand même voulu mettre Baudelaire en prison. Ce n’est pas une chose nouvelle.

Vous diriez que c’est simplement une régression vers une situation que l’on a déjà connue.

Le risque de faire prévaloir la sécurité sur la liberté a existé de tout temps. Nous sommes dans une période qui en joue beaucoup pour restreindre la liberté. C’est une phase déplorable de la République, où nous avons un gouvernement [cet entretien a été réalisé en 2010, ndlr] très soucieux d’encadrer, de faire des listes, des rubriques, et c’est contraire à l’esprit de liberté que nous avons essayé de faire naître à un moment où cette liberté était ravagée par le gouvernement de Vichy. La Résistance a eu cette vocation naturelle de lutter contre l’absence de liberté, et donc la liberté de la culture aussi.

Le gouvernement que nous avons maintenant depuis deux ans et demi comporte à mon avis des restrictions graves – qu’il faut combattre – de certaines libertés.

Mais je voudrais revenir sur un point : nous sommes depuis quelque temps beaucoup plus en contact avec les hommes du monde entier que nous ne l’avons jamais été – ce qui est la vraie modernité. Il reste la nécessité de donner toute sa place à chacune des composantes de cette société ; de ne pas les globaliser pour leur donner un sens unique qui serait un appauvrissement de leur capacité de penser, de raisonner, d’être et de créer. Et ça doit être défendu contre le souci que pourrait avoir une nation, ou un ensemble de nations comme l’Europe, de fixer des limites qui mettent en danger la sécurité.

C’est vrai que la culture met en danger la sécurité. C’est une façon de dire aux hommes :

« Allez plus loin, allez ailleurs ; ne restez pas encadrés comme vous l’êtes. Ayez de l’imagination, même violente s’il le faut, car la culture peut être violente. »

Donc, il faut rechercher cet équilibre entre la nécessité d’une certaine sécurité et la volonté d’aller conquérir les nuages. Cet équilibre-là, c’est celui de la civilisation. Il n’y a pas d’autre mot.

Ce que vous venez de dire, c’est que cet équilibre n’est plus respecté ?

C’est un équilibre à préserver. Et cet équilibre a des ennemis. Il y a dans toute société des gens qui disent : « Quand j’entends le mot culture, je sors mon revolver. » Ces gens peuvent être proches du pouvoir ou non, il faut savoir que c’est une des composantes de notre espèce bizarre. Et l’autre composante, qui a de la curiosité et veut être civilisée, doit être défendue par tous les moyens.

Dans le dernier numéro de Cassandre/Horschamp, j’ai interviewé Armand Gatti. A chaque fois que nous discutons, de quelque sujet que ce soit, il repart dans ses spirales mentales jusqu’à la source de son adolescence dans les camps. Et à chaque fois j’ai l’impression que cette insupportable violence a été pour lui comme une naissance. Et, comme les digues d’un barrage céderaient devant un fleuve, quelque chose est né de ce moment-là qui a à voir avec son œuvre. Qu’en pensez-vous de ce rapport entre le pire et les ressources que nous allons chercher en nous-mêmes ?

Je pense que lorsque nous sommes confrontés à quelque chose qui nous touche, qui nous scandalise, qui nous indigne, qui nous atteint dans nos profondeurs, la nécessité d’y répondre par une activité créative devient, plus forte.

Nous avons besoin de connaître la mort, ou le risque de la mort ; de connaître la violence, ou le risque de la violence, pour produire en nous ce qui dépasse la mort, ce qui dépasse la violence. Une vie toute de douceur, qui ne connaîtrait que le bien-être, aurait du mal à produire quelque chose de vraiment fort.

Reconnaissons que la plupart des grands artistes ont connu des chocs formidables dans leur vie. Quand on relit la vie des grands créateurs, on est frappé par les obstacles rencontrés, les chocs subis. Ça fait partie des choses qui rendent possible et nécessaire la culture.

L’homme ne peut pas seulement vivre tranquillement, il a besoin de se confronter à quelque chose qui le dépasse. C’est là que l’art trouve tout son sens. Essayer d’intégrer cela dans une façon de concevoir la vie des hommes, et le leur rendre accessible sans que cela les détruise, c’est ça la civilisation.

Ça a à voir avec la religion ?

Oui. Malheureusement, les religions sont souvent monothéistes, et les religions monothéistes deviennent facilement dangereuses. J’aime la mythologie grecque, où il y a des dieux pour tout. Et c’est d’ailleurs la mythologie qui a donné le plus de prise à la culture. C’est quand même formidable que nous vivions encore sur les bases de cette culture fondée au Ve siècle avant J.-C., une culture de compromis, de balancements. Le christianisme, le judaïsme, l’islam ont produit aussi beaucoup de chefs-d’œuvre, mais il y a une violence contenue. Il y a ceux qui sont dans le bien et ceux qui n’y sont pas, et c’est grave !

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Ducarme: «Ce ne sont pas les mosquées qui recrutent les combattants belges en Syrie»


Ricardo Gutiérrez
Mis en ligne Vendredi 29 Mars 2013, 13h58

Le député MR Denis Ducarme dénonce « l’amalgame » opéré par son collègue CDH Georges Dallemagne, ce matin, sur les ondes de Bel RTL. « Stigmatiser les lieux de culte musulmans, ce n’est pas rendre service aux familles affectées par le départ de leurs enfants au combat ».

Le sang de Denis Ducarme n’a fait qu’un tour, ce matin, quand il a entendu le député CDH Georges Dallemagne mettre en cause, sur les ondes de Bel RTL (voir l’interview en vidéo ci-dessus), les mosquées bruxelloises dans le processus de recrutement des combattants belges en Syrie. «  Ceux qui connaissent le dossier savent que ce n’est pas du tout la filière, pour la simple raison que les mosquées radicales sont très surveillées. Les imams ne sont pas concernés ; ce sont d’autres lieux de radicalisation qui sont en cause : des maisons particulières, clandestines, sous la coupe d’activistes salafistes  ».

«  Si M. Dallemagne est si sûr de son fait, qu’il transmette donc la liste des mosquées radicales bruxelloises à la ministre CDH de l’Intérieur, Joëlle Milquet, afin qu’elle ordonne leur fermeture… Mais il ne le fera pas, car il fait dans le slogan populiste en ciblant de la sorte les lieux de culte islamique, et à travers eux, les communautés musulmanes. Les familles qui ont vu partir un enfant au combat sont victimes ; inutile de les accabler davantage  ! ».

Denis Ducarme estime que ce ne sont pas les mosquées qu’il faut viser, mais bien les recruteurs : «  La loi de 1979 sur le recrutement extra-terroriste punit les recruteurs de 3 mois à deux ans de prison ; le gouvernement fédéral peut, par ailleurs, prendre un arrêté royal pour interdire les engagements individuels. Les vraies pistes sont là  ».

Pour l’heure, 50 à 80 jeunes musulmans, originaire principalement d’Anvers et de la région bruxelloise, ont rejoint les rangs des milices qui combattent le régime de Bachar al-Assad, en Syrie. Une centaine de volontaires néerlandais participent également au combat. Jeudi, le président démissionnaire de la Coalition nationale syrienne (CNS), Moaz Al-Khatib, a demandé aux combattants étrangers de rentrer dans leur pays : «  Je dis à tous ces gens : si votre famille a besoin de vous, ne venez pas ici ».

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Syrie : Les rebelles veulent que les combattants MRE rentrent chez leurs parents


Syrie : Les rebelles veulent que les combattants MRE rentrent chez leurs parents

Publié le 28.03.2013 à 13h14 | Par Julie Chaudier


Le président démissionnaire de la Coalition nationale syrienne (CNS), Moaz Al-Khatib, a demandé aux combattants étrangers, dont nombre de Hollando-Marocains, de rentrer dans leur famille. Aux Pays Bas, 3 Hollandais sont morts en Syrie, et près d’une centaine combat aux côtés des rebelles.

Les enrôlements de jeunes hommes français, hollandais, belges, souvent d’origine Marocaine, aux côtés des rebelles syriens ont fait irruption dans les débats du sommet arabe de Doha, mardi 26 mars, rapporte metronieuws.nl. Dans son discours, le président démissionnaire de la Coalition Nationale Syrienne (CNS) a reconnu qu’il avait reçu deux lettres, l’un de parents français, l’autre de parents néerlandais. «Je dis à tous ces gens : si votre famille a besoin de vous, ne venez pas ici, a-t-il déclaré publiquement, prendre soin de vos parents, qu’ils soient musulmans ou non, est le plus important, c’est faire le jihad

La coordination nationale du contre-terrorisme néerlandais a indiqué qu’un peu moins d’une centaine de Hollandais ont quitté les Pays-Bas pour partir se battre aux côtés des rebelles en Syrie. «3 Hollandais sont morts en Syrie. Deux étaient d’origine Marocaine et le troisième était d’origine Hollandaise, c’était un converti», indique Abdou Menebhi, président du Centre euro-méditerranéen Migration et Développement (EMCEMO), Néerlandais d’origine Marocaine. Leurs parents sont en détresse, comme ceux des quelques 70 Belges d’origine Marocaine à avoir rejoint le front. La mère de Sofian M. a lancé un appel, en larme, à son fils parti pour la Syrie, à la télévision néerlandaise.

La mère de Sofian M. parti en Syrie, à la télévision néerlandaise

http://www.youtube.com/watch?v=JTFO0P3iffo&feature=player_embedded

«Je l’appelle tous les jours par téléphone, mais il ne décroche jamais», regrette la mère de Sofian. Le silence des jeunes hommes partis combattre plongent leur famille, restés aux Pays Bas, dans une détresse encore plus profonde. «Certains parents ont reçu des SMS de leur garçon depuis la Syrie, mais beaucoup refusent de leur parler. Les garçons affirment qu’ils sont en terre d’islam, sans plus de détails», rapporte Abdou Menehbi. Ce militant associatif très engagé auprès de la communauté Marocaine des Pays-Bas tire la sonnette d’alarme. «Aujourd’hui, ces jeunes ne peuvent pas retourner en Hollande, même s’ils le voulaient. Les groupes Salafistes Jihadistes qui les encadrent leur prennent leur passeport», affirme-t-il.

Devant l’inquiétude grandissante, il a organisé dimanche 24 mars, une grande rencontre à la Grande Mosquée d’Amsterdam. «Il y avait de nombreux parents très inquiets. Des Jihadistes Salafistes étaient aussi présents et nous avons parlé, dans le cadre d’un débat démocratique, pour contrer leurs arguments, raconte Abdou Menebhi. Nous avons expliqué que la guerre en Syrie n’était pas un combat de l’islam, car ceux contre qui se battent les rebelles sont aussi des musulmans».

Appel au gouvernement hollandais

Lors de cette réunion, l’association EMCEMO a annoncé avoir mis en place des numéros de secours dédiés aux jeunes qui envisagent de partir et aux familles en détresse. A l’adresse de la société hollandaise dans son ensemble, l’EMCMO a déclaré : «Nous, les associations et les mosquées condamnons les groupes extrémistes qui utilisent l’Islam pour soutenir une idéologie fondée sur la promotion et la consolidation de la culture de l’hostilité, de la haine et de la violence qui sont sans rapport avec l’islam

Aujourd’hui les familles des jeunes hommes partis en Syrie appellent le gouvernement à se mobiliser pour les faire revenir. «Le gouvernement hollandais doit prendre ses responsabilités. Les groupes qui embrigadent nos jeunes, il les connaît. Il doit aussi lutter contre l’islamophobie qui facilite le recrutement. Il faut s’attaquer aux raisons du problème», insiste Abdou Menebhi.

Pour l’heure rien n’a encore été fait concrètement et officiellement pour lutter contre ces enrôlements. «Certains parlementaires ont proposé de retirer leur passeport par avance à ceux qui risqueraient de partir en Syrie, mais ce serait une mesure anticonstitutionnelle. Nous ne voulons pas que les mesures qui soient prises pour lutter contre ce phénomène soient injustes et ne concernent qu’une partie de la population», précise Abdou Menbhi.

http://www.yabiladi.com/articles/details/16346/syrie-rebelles-veulent-combattants-rentrent.html

Israël : Obama est venu donner sa bénédiction à un gouvernement de colons


lundi 25 mars 2013 – 06h:32

Jonathan Cook


Ceux qui espéraient que Barack Obama viendrait en Israël pour imposer un face-à-face entre dirigeants israéliens et palestiniens, après quatre ans d’impasse dans le processus de paix, ont dû être cruellement déçus.

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Jérusalem – Une femme palestinienne se fait insulter par une clique de fascistes, alors qu’elle tente de récupérer quelques affaires dans sa maison qui vient de lui être volée pour être occupée par une famille de juifs orthodoxes

Le voyage du président américain à partir d’aujourd’hui pourrait être historique – c’est le premier de sa présidence en Israël et dans les territoires palestiniens – mais il a été fait tout son possible pour qu’on en attende pas grand-chose.

Le week-end, les dirigeants arabo-américains ont révélé que M. Obama avait clairement fait savoir qu’il ne présenterait pas de plan de paix, car Israël avat fait savoir qu’il n’était en rien intéressé par un accord avec les Palestiniens.

Les derniers doutes sur les intentions d’Israël ont été levés par l’annonce du nouveau cabinet, qui à la hâte a prêté serment avant la visite du président. Ce gouvernement ferait presque passer pour modéré le dernier conduit par Benjamin Netanyahu, alors qu’il était déjà considéré comme le cabinet le plus extrémiste de l’histoire d’Israël.

Ynet, le site Web d’Israël d’informations, a indiqué que les dirigeants des colons ont salué ce cabinet dont « ils n’osaient pas rêver ».

Zahava Gal-On, chef du parti d’opposition du Meretz, a abondé dans le même sens, en observant qu’il « ferait beaucoup pour les colons et très peu pour le reste de la société israélienne ».

Le parti dévoué aux colons, Le foyer juif, a reçu trois ministères clés – le commerce et l’industrie, Jérusalem, et le logement – ainsi que le contrôle de la commission parlementaire des finances, qui fera en sorte que les colonies se développent au cours du mandat de ce gouvernement.

Il n’y a aucune chanceq que Le foyer juif soit d’accord pour un gel de la colonisation semblable à celui qu’Obama avait voulu lors de son premier mandat. Au contraire, ce parti va accélérer à la fois la construction de logements et le développement industriel au-delà de la Ligne verte, pour rendre les colonies encore plus attirantes pour s’y installer.

Uzi Landau, du parti d’extrême droite d’Avigdor Lieberman, Yisraeli Beiteinu, a le portefeuille du tourisme et sera bien placé pour diriger des fonds vers la Cisjordanie et de nombreux sites bibliques, afin d’encourager les Israéliens et les touristes à s’y rendre.

Le nouveau ministre de la Défense, qui supervise l’occupation et serait le seul officiel en poste à pouvoir entraver de déferlement colonial, est Moshé Yaalon du Likoud, ancien chef d’état-major et connu pour son soutien fanatique aux colons.

Certes, Yair Lapid du grande parti « centriste » Yesh Atid est représenté aussi. Mais son influence sur la diplomatie sera mise en sourdine, parce que ses ministres se chargeront de cinq domaines essentiellement domestiques, tels que la santé et la science.

Une nouveauté, c’est Shai Piron, le ministre de l’éducation nouvelle, qui est un colon et un rabbin, et dont peut attendre qu’il généralise les voyages scolaires dans les colonies, poursuivant les efforts fructueux des colons pour s’intégrer dans le courant dominant.

Loin de se préparer à faire des concessions à l’occasion de la visite du président américain, Netanyahu a déclaré son soutien au plan du Foyer juif pour annexer des parties importantes de la Cisjordanie.

Le seul ministre qui affiche quelque intérêts pour des négociations, et qui est principalement motivée par le souhait de rester en bons termes avec la Maison Blanche, est Tzipi Livni. Elle est bien consciente que les possibilités de négociations sont extrêmement limitées : le processus de paix a été mentionné une seule fois, et de façon tout à fait secondaire, dans l’accord de coalition.

Obama, apparemment tout à fait conscient qu’il est confronté à un gouvernement israélien encore plus intransigeant que le dernier, a choisi de ne pas s’adresser à la Knesset. Au lieu de cela, il fera son discours à un auditoire plus réceptif d’étudiants israéliens, dans ce que les responsables américains ont appelé une « offensive de charme ».

On peut s’attendre à de grands mots, à de vagues promesses et à une inaction face à l’occupation.

Pour prouver à quel point la Maison Blanche est réticente à l’idée de s’attaquer à la question des colonies, ses représentants aux Nations Unies ont refusé lundi de prendre part à un débat au Conseil des droits de l’homme, qui qualifie les colonies comme une forme d« d’annexion rampante » de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est.

Obama se veut non interventionniste pour des raisons purement internes. Un sondage d’ABC-TV a montré cette semaine que la plupart des Américains soutiennent Israël contre les Palestiniens – 55% contre 9%. Une majorité encore plus grande, de 70%t, estime que les États-Unis devrait laisser les deux parties régler leurs litiges eux-mêmes.

Les Israéliens ordinaires, le public ciblé par le président américain, a une opinion qui ne vaut guère mieux. Selon une récente enquête, 53% pensent qu’Obama ne protège pas les intérêts d’Israël, et 80% croient qu’il n’apportera pas de progrès avec les Palestiniens au cours des quatre prochaines années. L’ambiance est plus à l’indifférence qu’à l’attente.

Toutes ces raisons font que ni Obama ni Netanyahu ne parleront trop de la question palestinienne au cours de la visite de trois jours. Comme l’analyste Daniel Levy l’a observé : « Obama vient d’abord faire des déclarations sur les liens américano-israéliens, et non sur l’occupation ».

C’est aussi à quoi s’apparente l’opinion des Palestiniens, qui sont de plus en plus exaspérés par l’obstruction américaine. Les responsables américains qui se sont rendus à Bethléem pour préparer la visite d’Obama vendredi se sont retrouvés pris dans des manifestations anti-Obama. On s’attend à d’autres manifestations aujourd’hui à Ramallah.

D’autres Palestiniens ont protesté contre sa visite en établissant aujourd’hui une nouvelle communauté de tentes près de Jérusalem, sur des terres palestiniennes occupées . Plusieurs campements précédents ont déjà été démolis à la hâte par les soldats israéliens.

Les organisateurs espèrent mettre en évidence l’hypocrisie américaine qui revient à soutenir l’occupation par Israël : les colons juifs sont autorisés à construire avec le soutien officiel de l’État sur les territoires palestiniens, en complète violation du droit international, alors que les Palestiniens se voient empêchés de développer leurs propres terres dans ce qui est maintenant considéré par la plupart des pays comme l’État palestinien
.
Le message implicite de la visite d’Obama, c’est que le gouvernement Netanyahu est libre de faire ce qu’il veut, avec peu de danger de rien de plus qu’une protestation symbolique de Washington.

Le nouveau cabinet israélien n’a pas perdu pas de temps pour dévoiler ses priorités législatives. Le premier projet de loi annoncé est une « loi fondamentale » pour changer la définition officielle de l’État, de sorte que ses aspects « juifs » éclipsent les aspects « démocratiques », une initiative que le journal Haaretz a qualifié de « folle ».

Parmi les principales dispositions se trouve la volonté limiter les financement public aux nouvelles communautés exclusivement juives. Cela met en évidence une solution cynique de Netanyahu pour apaiser le mouvement de protestation sociale qui mijote à Tel-Aviv, et dont une des exigences est avant tout davantage de logements à des prix abordables.

En mettant à disposition encore plus de terrains à bas prix [volés aux Palestiniens] en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, il peut agrandir les colonies, ronger encore plus le territoire palestinien, faire taire les protestations et prendre à contre-pied l’opposition. Tout ce qui lui manquait, c’était la bénédiction de Barack Obama.

* Jonathan Cook a remporté le Prix Spécial de journalisme Martha Gellhorn. Ses derniers livres sont “Israel and the Clash of Civilisations : Iraq, Iran and the to Remake the Middle East” (Pluto Press) et “Disappearing Palestine : Israel’s Experiments in Human Despair” (Zed Books). Voici l’adresse de son site : http://www.jkcook.net.

Du même auteur :

- Le voyage d’Obama en Israël, c’est 4 nouvelles années de colonisation – 28 février 2013
- Israël a déclaré la guerre aux enfants de Jérusalem : 1200 arrestations en un an – 30 janvier 2012
- [Les Palestiniens en Israël attendent peu de choses des élections à la Knesset] – 21 janvier 2013
- Bab al-Shams : les Palestiniens à l’assaut de leurs occupants ! – 15 janvier 2013
- Une carte du ministère du Tourisme israélien annexe plus de 60 % de la Cisjordanie – 1er janvier 2013
- Les sapins de Noël terrorisent les Israéliens – 5 décembre 2012
- Pourquoi Obama ne va pas s’en prendre à Israël – 16 novembre 2012
- Israël éradique l’Histoire : disparition de mosquées – 14 juillet 2012
- La bunkérisation d’Israël en voie d’achèvement, sur fond de nettoyage ethnique permanent – 25 janvier 2012
- Il y a de la méthode dans la folie de Nétanyahou : Israël exclut la non-violence – 21 juillet 2011
- Le plan de paix de l’illusionniste Netanyahu – 14 mars 2011
- Après les « documents palestiniens », l’Autorité palestinienne peut-elle continuer d’exister ? – 3 février 2011
- Israël a déclaré la guerre aux enfants de Jérusalem : 1200 arrestations en un an – 16 décembre 2010

25 février 2013 – Palestine Chronicle – Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.jonathan-cook.net/2013-0…
Traduction : Info-Palestine.eu – Claude Zurbach

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