« Good morning Damascus » : De l’inacceptable


 

actu-match | lundi 25 mars 2013

"Good morning Damascus" : De l’inacceptable

Damas, le 25 mars dernier. | Photo Jean-Pierre Duthion

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Chaque semaine dans «Good Morning Damascus», Jean-Pierre Duthion (@halona) vous raconte le quotidien parfois tragi-comique d’une vie d’expatrié en Syrie sous les bombes.

Jean-Pierre Duthion – Parismatch.com

Mardi, je viens de quitter ma fiancée, je dis au revoir à des amis prés du ministère de l’Énergie, il est 22h, on se croirait en plein été. Près du checkpoint, un soldat a ramené ses trois enfants, assis à l’arrêt de bus, ils jouent à la console pendant que leur père, un moustachu bedonnant contrôle des identités. Un autre soldat que je connais, un jeune sunnite qui n’a pas vu sa famille depuis plus d’un an, fais le pitre pour les amuser. Tout est calme et paisible, comme bien souvent à Damas c’est le calme non pas « avant » mais « pendant » la tempête. Alors que mes amis viennent de s’en aller et que je me dirige vers ma voiture, une détonation surréaliste retentit, le sol autour de moi se met à trembler, un souffle surpuissant me repousse en arrière, j’ai des morceaux de pare brise dans les cheveux, un mortier vient de s’écraser à 30 mètres de moi à peine, explosant deux voitures.

A partir de là, tout se passe comme au ralenti, les balles se mettent à siffler, l’armée libre vient d’attaquer le checkpoint, le père de famille crie à ses enfants de se mettre a l’abri, il ne cesse de leur répéter : courez plus vite ! Plus vite ! Le jeune soldat tire des rafales régulières en l’air pour signifier aux rebelles qu’il reste encore des hommes au barrage. Un pick-up de l’armée surmontée d’une douchka, mitrailleuse lourde, arrive à toute vitesse pour lui prêter renfort. Quant à moi, je suis là au milieu de tout ce chaos sans savoir quoi faire, les sons me semblent atténués, l’explosion m’a en partie assourdi, je ne peux pas rester et si je me mets à courir, les soldats postés un peu plus loin dans cette rue mal éclairée pourraient facilement me prendre pour un ennemi.

Sans vraie solution, je me mets à marcher, je marche lentement sans vraiment réfléchir, assez pour m’éloigner et pas trop vite pour ne pas être considéré comme un élément hostile. Sur ma gauche, un type est caché derrière un bus, un soldat lui ordonne de se montrer :
– Sors de la ! Montre-moi tes mains ! J’ai dit tes mains !
Le type dans l’ombre ne cesse de répéter :
– Je peux pas ! je peux pas !

Blessé à la jambe, il peut à peine marcher, poussé par la même peur qui m’empêche de courir. Il arrive finalement à se trainer vers la lumière. Je continue de marcher, les tirs redoublent d’intensité, les coups de feu se multiplient, de plus en plus violents ; de plus en plus proches, les balles ricochent et moi je marche. Je me dis que tout va peut être se terminer ce soir, dans cette rue de Damas, que, comme pour beaucoup de Syriens, beaucoup trop depuis deux ans, je vais finir ici, sans raison, pour rien. Je souris en me disant que j’ai survécu à Homs, à Talkalakh et à bien d’autres endroits tout aussi dangereux pour prendre bêtement une balle a quelques kilomètres de chez moi. Alors que je suis en train de me faire à cette idée, le jeune soldat m’interpelle, je me retourne et je le trouve prés de moi, il me dit :« Tu peux démarrer ta voiture rapidement ? »
Je lui réponds que oui, il me conduit vers mon véhicule, en faisant en sorte que je reste derrière lui pour m’éviter de prendre une balle perdue. Je commence à reprendre espoir dans le fait que tout ne se terminera pas ce soir, pas ici, pas comme ça.

Je monte dans ma voiture, le remercie, il tape sur le toit alors que les tirs retentissent autour de moi, je démarre sans réfléchir. Après quelques mètres je me rends compte que je conduis les phares éteints, je ne sais plus vraiment ce que je fais, mes oreilles me font mal, je roule à plus de 120 dans les rues étroites qui m’emmènent chez moi. Je ne sens plus mes jambes, j’ai le vertige mais je continue de rouler, de mettre autant distance possible entre la mort et moi.

La guerre civile réclame son dû

Ce soir la cinq autres mortiers s’écraseront prés du même checkpoint, deux frapperont un immeuble faisant des morts et des blessés. Comme chaque jour, chaque soir, chaque heure, la guerre civile réclame son dû. Son lot de morts, de souffrances, de peines, de douleurs, de familles détruites, d’enfants qu’on enterre.

Au tout début de la crise quand j’ai commencé a collaborer avec différents médias, je passais mon temps à répéter que pour le moment je ne faisais qu’entendre les explosions que je ne les voyais pas, que je pouvais accepter cette situation, que lorsque je verrai un missile frapper un immeuble je changerai surement d’avis, j’ai dû en voir des dizaines depuis ces déclarations. Par la suite j’ai dit que lorsque ma vie serait réellement en danger, je penserai peut-être à partir. Alors que je roule à tombeau ouvert a travers la ville je réalise que ce qui était inacceptable pour moi il y a deux ans est devenu supportable aujourd’hui.

Quelques jours plus tard je verrai des dizaines de corps extraits d’une mosquée après l’explosion qui causera la mort d’une cinquantaine de personnes. Ce soir-là, je refuserai de tweeter une ligne et je ne prendrai pas les appels des médias qui chercheront à me joindre. De toute façon quoi leur dire à part que je côtoie l’inacceptable et l’intolérable au quotidien. Vers 7h du matin après une nuit sans sommeil je me déciderai finalement à poster ces quelques mots : « L’humanité a disparu de Syrie, il ne nous en reste plus que de vagues réminiscences… »

La prière de la sérénité tient en ces quelques mots :
Mon Dieu,
Donnez-moi la sérénité
D’accepter
Les choses que je ne peux pas changer,
Le courage
De changer les choses que je peux,
Et la sagesse
D’en connaître la différence.

Accepter, on a tous au fond de soi une limite à ce qu’on peut accepter, une ligne rouge au delà de laquelle on se dit que cela devient inacceptable. Depuis le début de la crise pour moi comme pour le reste des Syriens elle n’a cessé d’évoluer, depuis quelques jours j’ai peur qu’elle disparaisse…Point final

Qui a tué Al Bouti, qui est responsable et pourquoi est-il mort ?


Le régime syrien a depuis longtemps pour habitude, au moment de se débarrasser de ceux dont il n’attend plus aucun service ou qui finissent par constituer pour lui une gêne, de les utiliser une dernière fois d’une autre manière avant de les « jeter ». C’est l’aventure que vient de connaître l’un des plus fidèles et des plus anciens serviteurs de Hafez Al Assad puis de son héritier, le cheykh Mohammed Saïd Ramadan Al Bouti.

Entre le cheykh Al Bouti et le président Al Assad,
Abdel-Sattar Al Sayyed, ministre des Cultes

Devenu une figure incontournable de la scène religieuse syrienne, grâce à un habile mélange de rigidité doctrinale et de servilité politique, il avait perdu en quelques mois de Révolution l’audience populaire dont le régime lui avait facilité la conquête en reconnaissance pour les services rendus. Son mépris pour les manifestants pacifiques, son autorisation de s’incliner pour la prière sur une photo du chef de l’Etat, sa justification de la répression menée par le régime et sa comparaison aventureuse entre militaires de l’armée régulière et compagnons du prophète Mohammed, avaient détourné de lui, de ses leçons et de ses prêches télévisés, une partie de la communauté sunnite syrienne. Non seulement elle ne prêtait plus attention à ses vaticinations en faveur du pouvoir, alors que des dizaines de cheykhs et d’oulémas avaient choisi de se taire ou pris le risque de se ranger du côté du peuple, mais elle éprouvait face à son comportement un mélange de honte et de mépris. A l’affut de toutes les aubaines, Bachar Al Assad a donc fait en sorte que sa disparition contribue, par son caractère violent et totalement inadmissible, à accroître la peur de nombreux Syriens et à renforcer autour de lui le front des hésitants.

Les exemples de ce comportement ne manquent pas dans l’histoire récente de la Syrie. Le 12 octobre 2005, contraint ou forcé, le suicide du général Ghazi Kanaan, parfaitement informé des tenants et aboutissants de l’attentat commis à Beyrouth, le 14 février 2005, contre l’ancien Premier ministre libanais Rafiq Al Hariri et ses accompagnateurs, a sonné comme un avertissement. Le chef de l’Etat aurait pu, puisqu’il avait des doutes sur la fidélité de son ancien pro-consul au Liban, le placer sous surveillance renforcée ou ordonner son arrestation. Mais une mort violente lui est apparue préférable pour faire comprendre à quoi s’exposeraient ceux qui se montreraient trop loquaces face aux enquêteurs de la Mission d’établissement des faits puis de la Commission d’enquête internationale chargée de faire la lumière sur ce crime.

Le général Ghazi Kanaan (@ AFP)

Quelques années plus tard, le 1er août 2008, l’assassinat du général Mohammed Sleiman, abattu d’une balle dans la tête sur la terrasse de son « cabanon » de la plage de Tartous par un « snipper israélien » embarqué sur un bateau croisant au large des côtes syriennes, est lui aussi apparu comme une mise en garde. Faute de volonté d’aboutir du responsable de l’enquête, un certain Hafez Makhlouf, personne n’a jamais su quelles fautes ou quelles erreurs avait commises le conseiller militaire et sécuritaire du chef de l’Etat, qui supervisait aussi bien les nominations politiques et militaires que le programme nucléaire syrien et l’approvisionnement en armes du Hizbollah libanais. Mais sa disparition brutale, signée par l’absence de toute personnalité politique de poids à ses obsèques, a été interprétée comme une semonce. Elle s’adressait à ceux qui, ayant connaissance des activités proliférantes et des autres recherches de la Syrie dans des domaines sensibles, seraient tentés de vendre leurs informations ou de laisser sans surveillance dans leur chambre d’hôtel, par mégarde ou à dessein, leur ordinateur et son contenu…

Ceux qui ne se résolvent pas à admettre que, pour se maintenir en place, l’actuel chef de l’Etat est aussi disposé que l’était son défunt père à sacrifier ses amis avant ses ennemis, n’ont qu’à se reporter de quelques mois en arrière. Il leur suffira de lire les aveux de l’ancien ministre libanais Michel Samaha, recruté par le locataire du Palais du Peuple, pour assurer en tandem avec Bouthayna Chaaban la propagande syrienne en direction de la France et d’autres pays « amis du régime syrien », devenus avec la Révolution « amis du peuple syrien ». Ils verront le sort que Bachar Al Assad réservait au chef de l’Eglise maronite. Elu patriarche par ses pairs, le 15 mars 2011, le jour même où se mettait en branle à Damas la révolution contre Bachar Al Assad, Mgr Bichara Al Ra’ï aurait pu faire les frais d’une manigance des Syriens. Sa disparition dans un attentat qui n’aurait pu être attribué – évidemment – qu’à des « islamistes radicaux », aurait accéléré une explosion confessionnelle. Le chef de l’Etat en avait besoin – et il en a toujours besoin – en Syrie et au Liban, pour convaincre que, aussi sauvage et dénué de sentiment humain soit-il, il reste, en comparaison avec les « terroristes islamistes », le moindre des deux maux. Quelques mois plus tard, en février 2013, Mgr Al Ra’ï, instruit par le risque auquel il avait échappé, effectuait en Syrie une visite à laquelle son prédécesseur, Mgr Nasrallah Boutros Sfeir, s’était toujours refusé.

Pour en finir avec ces évocations destinées à planter le décor de l’attentat contre le cheykh Al Bouti, on se contentera d’attirer l’attention sur la fidélité sans faille au régime dont font preuve le mufti Ahmed Hassoun et le ministre de la réconciliation nationale Ali Haydar. La signification de la disparition dans des circonstances dramatiques d’un fils de chacun d’entre eux n’a échappé ni à l’un, ni à l’autre… Pas plus que n’avait échappé jadis aux opposants à Hafez Al Assad au sein de la communauté alaouite, le message que leur portaient les assassinats du général Mohammed Omran au Liban, en 1972, et de l’éminent juriste Mohammed Al Fadel en Syrie, en 1976… Pas plus que n’a échappé aux militaires syriens tentés par la désertion, fin 2011, le sort funeste de près de 20 membres de la famille du colonel Huseïn Harmouch… Pas plus que n’a échappé aux journalistes syriens, à la mi-2012, la signification de l’enlèvement et de la liquidation de leur collègue Mohammed Al Saïd…

Le cheykh Al Bouti
lors d’une leçon à la mosquée Al Iman

Le cheykh Al Bouti aurait donc été victime, jeudi 21 mars, en fin d’après-midi, d’un attentat suicide commis par un terroriste. Le kamikaze aurait fait exploser la bombe dont il était porteur, dissimulé parmi les fidèles rassemblés dans la salle de prière de la mosquée Al Iman, au centre de Damas, pour entendre la leçon que le savant donnait là chaque semaine. Quelques minutes après les faits, une chaine de télévision syrienne annonçait la disparition du cheykh ainsi que de l’un de ses petits-fils. Elle faisait état de plus d’une centaine de victimes, parmi lesquelles 42 morts et 84 blessés. Elle diffusait aussitôt une rétrospective en image de la vie et de la carrière du cheykh, qu’elle tenait apparemment prête et à jour, un tel travail nécessitant selon des spécialistes au moins six heures de recherches et de compilation.

Malheureusement, plusieurs de ces éléments ne correspondent pas à ce qu’ont rapporté des Damascènes habitant à proximité de la mosquée. Le bruit qu’ils avaient entendu n’avait rien à voir avec la déflagration provoquée, un mois plus tôt jour pour jour, par l’explosion de deux voitures piégées sur l’avenue de la Révolution, quelques dizaines de mètres plus loin. Etant sortis de chez eux et ayant pénétré dans la mosquée en même temps que les « bons jeunes gens » – un euphémisme utilisé pour désigner les agents des services de renseignements – qui accouraient de tous côtés, ils avaient dénombré une dizaine de morts et une vingtaine de blessés en cours d’évacuation, soit beaucoup moins qu’indiqué par les médias officiels. En revanche, ils n’avaient pas vu le cadavre du cheykh. Les photos de l’attentat postées sur le site Internet de l’agence officielle de presse ne le montrent d’ailleurs pas davantage. Sur les images de ses funérailles on aperçoit son « cercueil », mais aucune photo, encore une fois, ne montre ni le corps, ni même le visage de celui qui a donc doublement « disparu »…

Funérailles du cheykh Al Bouti (@ AFP)

Ils avaient également observé que la majorité des victimes semblaient avoir été atteintes uniquement à la tête. Ils n’auraient pas été étonnés d’apprendre qu’elles avaient en réalité été tuées par balles. D’ailleurs, si les traces de sang étaient nombreuses sur les tapis et sur le mur de la qibla, et si l’explosion avait été suffisamment puissante pour démembrer quelques corps, elle n’avait provoqué aucune excavation dans le sol. Elle n’avait causé à l’intérieur du bâtiment que des dégâts somme toute limités, « réparables en deux ou trois jours ». Ils n’avaient pas vu de gravats, ni de débris de mur ou de plafond. Les vitres avaient volé en éclats, les conditionneurs d’air avaient été démantelés, mais le « bureau » du cheykh n’avait été que partiellement détruit. Comme par miracle, certains lustres et des ventilateurs étaient restés intacts. Tout comme le micro que le cheykh utilisait pour se faire entendre. Plus étrange encore, l’explosion n’avait pas provoqué le moindre incendie. Et, si les tapis portaient des traces de sang, ils n’avaient nulle part été brûlés.

Intérieur de la mosquée Al Iman après l’attentat

Les activistes qui se sont donné pour mission, depuis le premier attentat intervenu à Damas le 23 décembre 2011, d’analyser les images des télévisions publiques et privées du régime, n’ont pas tardé à faire d’autres observations intéressantes. Ils ont d’abord noté la présence sur les lieux, dans la mosquée dans laquelle ils prétendaient se trouver pour entendre le cheykh, de jeunes gens portant sur le poitrail des tatouages de corps féminins… peu habituels chez les pieux musulmans. Qui plus est, leur l’accoutrement rendait improbable leur présence dans une mosquée, même pour une leçon…

Un « témoin » mal en accord avec le lieu

L’un d’entre eux au moins avait déjà été repéré à de multiples reprises dans l’environnement immédiat du « chabbih polyvalent », autrement dit de l’agent des moukhabarat chargé de délivrer aux chaînes syriennes et autres la bonne version des faits et les leçons à tirer de chaque attentat.

Un comparse du « chabbih polyvalent »

S’agissant de ce dernier, justement, il est apparu dès le lendemain, dans la mosquée des Omeyyades, répondant aux questions de la chaîne Al Maydin, créée au Liban sur fonds syriens pour suggérer autonomie et indépendance vis-à-vis de ceux dont elle est à la solde. L’individu qui répond au nom de Souheïb Cha’ib s’était manifesté pour la première fois devant les micros et les caméras le 6 janvier 2012, lors de l’attentat du Midan. Il s’était alors présenté comme « un habitant du quartier ». Quelques semaines plus tard, le 10 février, il était à Alep lors du premier attentat commis dans cette ville. Il s’était encore présenté comme un témoin résidant près des lieux. Depuis lors, il avait toujours été « présent dans les bons coups ». Avant d’être sur place, le 21 février 2013, lors l’attentat du quartier d’Al Mazraa à Damas, il avait déjà fait 18 apparitions dans des circonstances similaires. Avec l’attentat de la Mosquée Al Iman, il en est donc à sa 20ème figuration !

Le « chabbih polyvalent » à sa 20ème apparition

On ne s’étonnera pas de constater que, devant cette accumaltion d’éléments troublants, certains Syriens pensent savoir « qui a tué Al Bouti, qui est responsable et pourquoi il est mort ». Ils croient inutiles de chercher une réponse à de nombreuses autre questions :

– Comment être certain que le cheykh est bien décédé, puisque personne n’a pu apercevoir son cadavre ?

– Pourquoi les « terroristes » ont-ils choisi la solution la plus compliquée en tuant le cheykh Al Bouti dans sa mosquée, alors qu’il aurait été aisé de l’abattre chez lui ou dans son quartier de Rukneddin, « économisant » par le fait même le kamikaze pour une autre opération ?

– S’il s’agissait d’entretenir la peur parmi les Syriens, à qui ce sentiment profite-t-il davantage et qui a intérêt à rassurer sur ses intentions et ses méthodes ?

– Pourquoi l’enregistrement de la leçon que Mohammed Saïd Ramadan Al Bouti était en train de donner lors de l’explosion n’a-t-il été ni diffusé par la télévision syrienne, ni mis en ligne sur le site du ministère des Awqafs, ni posté sur le site du cheykh ?

– Que faisaient les chaussures que l’on aperçoit intactes au milieu des cadavres, alors que les victimes auraient dû les laisser à l’emplacement prévu à cet effet à l’entrée du lieu saint ?

– L’absence d’une liste officielle des noms des victimes ne serait-elle pas destinée à empêcher de constater que, comme dans l’affaire des « cadavres du Qouweiq » à Alep, la plupart d’entre elles étaient détenues par les moukhabarat ?

– Est-ce par un simple hasard de calendrier que le cheykh, dont l’origine kurde est connue, a été exécuté un 21 mars, jour de la fête du Nawruz qui marque, pour les Kurdes, le début de la nouvelle année ?

Les Syriens, qui ont eu tout le loisir de constater, depuis deux ans, que les capacités de manipulation du régime surpassent ce qu’ils avaient observé au cours des 50 années écoulées, sont donc nombreux à considérer que le cheykh a été liquidé par ceux dont c’était en Syrie la spécialité… bien avant l’apparition dans le paysage du Jabhat al-Nusra et des autres groupes « islamistes-salafistes-jihadistes-wahhabites-terroristes » derrière lesquels ils tentent désormais de se dissimuler. Le bruit a en effet circulé que le cheykh Al Bouti songeait à fuir son pays, où il était devenu prisonnier du système qu’il avait trop longtemps servi. Certains croient savoir qu’il avait refusé de signer la fatwa récemment émise sous l’autorité du cheykh Ahmed Hassoun. D’autres auraient entendu dire qu’il avait exprimé des réserves, voire des critiques, pour certains agissements du régime qu’il avait précédemment couverts.

Dans un cas comme dans l’autre, en raison de sa personnalité et du soutien qu’il avait toujours apporté au pouvoir en place, cette trahison aurait constitué pour Bachar Al Assad un coup autrement plus rude que la défection du Premier ministre Riyad Hijab. En prenant les devants et en le supprimant avant qu’il ne mette son projet à exécution, il a donc fait d’une pierre deux coups : il a prévenu son initiative et il a mis une nouvelle fois en accusation le « terrorisme » des révolutionnaires.

Mais qui le croit encore aujourd’hui ?

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Le Conseil d’État abandonne les réfugiés syriens à leur sort… en volant au secours du gouvernement français


En janvier dernier, sans la moindre publicité, le gouvernement français a décidé d’imposer aux Syriens souhaitant transiter par un aéroport français l’obtention préalable d’un « visa de transit aéroportuaire » (« VTA »). Ce visa, particulièrement difficile à demander dans le contexte de désorganisation politique de la région et à obtenir, à supposer que l’on parvienne à avoir accès aux autorités consulaires françaises, est devenu indispensable pour monter dans un avion transitant par un aéroport français, ou éviter d’en être refoulé vers le pays de provenance. De toute évidence, cette obligation entrave la possibilité pour des Syriens d’échapper à la répression, à la guerre, ou de sortir des camps des pays limitrophes où près d’un million d’entre eux survivent dans des conditions indignes et dans la plus grande insécurité.

Le but avoué de cette mesure ? Éviter que des Syriens ne déposent une demande d’asile à l’occasion de leur transit par un aéroport français. Le prétexte ? Le code communautaire des visas, qui permet aux États membres d’adopter une telle mesure « en cas d’urgence due à un afflux massif de migrants clandestins  ». Prétexte fallacieux car il n’y a aucun afflux massif de Syriens dans les aéroports français (environ 350 Syriens maintenus en zone d’attente en 2012, sur un total d’environ 9 000). En tout état de cause, un demandeur d’asile n’est en aucun cas un « clandestin ». Pour l’Anafé et le Gisti, qui ont porté l’affaire devant le Conseil d’État, il ne fait guère de doute que cette mesure manifestement illégale porte atteinte à l’exercice du droit d’asile et expose des personnes ainsi empêchées de fuir à des menaces sur leur vie et leur liberté en cas de renvoi vers un pays tiers qui lui-même les renverrait très probablement en Syrie.

Par deux ordonnances, le Conseil d’État en a jugé autrement [1]. Tout en reconnaissant que le ministre de l’Intérieur avait agi illégalement en mettant à exécution une mesure qui n’avait reçu aucune publicité, il a pour le reste entériné les thèses gouvernementales : dès lors que plusieurs centaines de Syriens avaient demandé des visas dans les consulats des pays limitrophes et que le nombre de demandeurs d’asile était passé à… 180 (!) en 2012, le gouvernement a pu estimer que la condition d’urgence qui permet d’instaurer des VTA « pour éviter un afflux massif de migrants clandestins » était remplie ; il a jugé, contre l’évidence, que la mesure ne portait « par elle-même  » aucune atteinte au droit d’asile ; et pour terminer, il a considéré que s’il y avait bien urgence pour le gouvernement à endiguer un afflux massif (imaginaire), il n’y avait en revanche aucune urgence à suspendre la mesure prise.

Les défenseurs des droits de l’Homme, eux, ne manqueront pas de s’interroger sur le rôle d’un juge qui préfère voler au secours du gouvernement et couvrir ses illégalités que se soucier du sort des réfugiés syriens dont les témoignages d’ONG ou ceux du HCR nous rappellent chaque jour à quel point il est dramatique.

25 mars 2013

Organisations signataires :

  • Anafé, Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers
  • Gisti, Groupe d’information et de soutien des immigré·e·s
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La Grèce bafoue les droits des migrants, avec l’accord de l’Europe


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Arrestations au faciès, conditions de détention inhumaines… De nombreux migrants accusent la Grèce de mauvais traitements. Sans inquiéter l’Europe, qui va rallonger les budgets de son meilleur « garde-frontière ».

(D’Athènes) En septembre dernier, alors qu’il tentait de gagner le nord de l’Europe par la Turquie, Faraj Alhamauun a été arrêté durant sa traversée de la Grèce.

En dépit d’une grave blessure à la jambe causée par des bombardements sur sa ville natale d’Alep, en Syrie, cet activiste a été emprisonné dans un camp de rétention du nord-est de la Grèce, dans la région d’Orestiada. Ses maigres biens et le peu d’argent qu’il avait lui ont été confisqués lors de son arrestation. Sans jamais lui être rendus.

Aujourd’hui installé à Istanbul, en Turquie, cette ancienne source de Human Rights Watch (HRW) n’a rien oublié du calvaire subi lors de ces mois d’enfermement, victime d’un harcèlement verbal et physique incessant.

Il s’est d’ailleurs plaint de ces mauvais traitements à une délégation de fonctionnaires européens qui visitait le camp Fylakio où il était détenu. « Après leur départ, j’ai été maltraité pour leur avoir parlé. » Faraj a alors commencé une grève de la faim. Résultat : les autorités hellènes l’ont finalement renvoyé vers la Turquie.


Opération de police contre des immigrants sans-papiers à Athènes, en novembre 2012 (AP Photo/Petros Giannak)

90 000 arrestations au faciès

Son cas est loin d’être unique en Grèce : les financements de la Commission européenne pour des opérations d’envergure visant à contrôler le flot massif de migrants ont abouti à un nombre important de violations des droits humains.

Et si les fonctionnaires européens n’ignorent rien des conditions inhumaines de détention des demandeurs d’asile, ils planchent actuellement sur une extension des financements afin que le gouvernement d’Antenis Samaras poursuive cette politique.

En août dernier, la police grecque a déployé près de 1 900 nouvelles recrues le long du fleuve Evros pour l’opération « Aspis » (bouclier), pour tenter de fermer la frontière avec la Turquie par laquelle affluent les réfugiés syriens.

Au même moment, l’opération « Zeus Xenios » (protecteur des étrangers) menée par les autorités sur tout le territoire a conduit aux interpellations de 4 849 sans-papiers. Auxquelles s’ajoutent la « rafle » de plus de 90 000 personnes, arrêtées uniquement selon leur faciès.

Afin d’emprisonner le flot de migrants arrêtés, le gouvernement a transféré les détenus dans des camps improvisés : académies de police ou anciens dépôts militaires, comme Xanthi et Komotini, dans le nord de la Grèce, Corinthe dans le Péloponnèse, et Paranesti dans la Drama.

Vétustes, gardés au secret, ces bâtiments sont souvent des trous noirs pour les droits de l’homme. D’autant que les demandeurs d’asile sont également détenus dans d’autres installations de fortune à travers le pays, pendant douze à dix-huit mois.

Lathra, un groupe de défense des droits des réfugiés, basé sur l’île de Chios, a récemment indiqué que les garde-côtes retenaient un grand nombre de migrants – parmi lesquels des réfugiés syriens, des femmes enceintes et des enfants – sur le port, dans un container en bois d’à peine 36 m². Depuis août, pas moins de 84 personnes – pour les cas signalés – ont péri au large des côtes turques en essayant de rejoindre la Grèce.

Pas d’accès à la justice

Bien que les opérations telles que Aspis et Xenios Zeus soient perçues comme « efficaces » par les autorités, les ressources limitées de la Grèce ne lui permettent pas de les poursuivre.

Or, en septembre dernier, la Commission européenne a dépêché une mission d’évaluation le long de la frontière turque et dans certains camps de rétention, pour estimer le coût d’un tel financement. Alors que plusieurs délégations de fonctionnaires européens et des organisations internationales ont apporté leur témoignage négatif sur le traitement inacceptable des migrants arrêtés.

En dépit de ces constatations, les migrants ont peu accès aux voies de recours. Quatre Syriens arrêtés avec Faraj ont été reconnus coupables de fomenter une émeute à l’intérieur du camp de Fylakio. Engager des procédures juridiques contre des fauteurs de troubles, qui pour la plupart protestaient contre leurs conditions de détention, est un phénomène nouveau qui obéit à la nouvelle politique migratoire voulue par le ministre de la Police, Nikos Dendias. Non sans quelques revirements.

A l’automne 2012, quinze migrants étaient jugés devant le tribunal d’Igoumenitsa, dans le nord-ouest du pays, pour s’être enfuis d’un camp réputé comme « le pire du pays ».

Après les avoir entendus relater leurs conditions d’enfermement extrêmement difficiles – il leur était par exemple totalement interdit de quitter leurs cellules –, le tribunal a jugé ces conditions de détention constituaient « une violation de la Convention européenne des droits de l’homme ». Les quinze prévenus ont été acquittés

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aller plus loin et LIRE cette horreur : En Grèce, la police vous conseille plutôt d’appeler les néonazis

Moaz Al Khatib devant les chefs d’Etats de la Ligue Arabe


Magnifique discours de Moaz Al Khatib devant les chefs d’Etats de la Ligue Arabe !

Un discours sans concession affirmant avec force et conviction que le peuple syrien a déclenché sa révolution seul et il sera seul à décider de son avenir, que rien ne viendra détourner ses objectifs d’en finir avec un régime criminel qui a perdu toute légitimité.

Il a dénoncé sans usage de langue de bois la duplicité de la communauté internationale qui a laissé sans bouger toute un peuple durant deux ans soumis à une entreprise caractérisée de génocide sans exemple dans l’histoire.

Au passage, par considération pour les efforts faits en faveur du peuple syrien il a reconnu le rôle de la Ligue Arabe qui aujourd’hui, lui permet de prendre la parole comme représentant légitime de la révolution syrienne.Ong-Khatib-5f2d2

source : infosyrie sur facebook

Sarkozy arrosait la police


La , dans un impayable rapport consacré aux rémunérations des forces de l’ordre, et rendu public le 18 mars, explique comment Nicolas s’est payé police et gendarmerie.

sarkozy politique fiscale Sarkozy arrosait la policeEn 150 pages, les magistrats démontrent comment Nicolas Sarkozy a réussi l’exploit de supprimer des postes de fonctionnaires ( 7236 équivalents temps plein entre 2005 et 2011) tout en aggravant le déficit des comptes de la nation. Employer moins pour dépenser plus…

L’explication est simple. Pendant qu’il supprimait des emplois,Sarkozy achetait le silence social grâce à l’octroi d’une myriade de primes. Ces « mesures catégorielles » ont coûté entre 2008 et 2011 plus de 450 millions d’euros. Pour la seule année préélectorale 2011, les policiers ont ainsi reçu 62 millions de primes, et les gendarmes 49 millions. Résultat, écrit la Cour des comptes, « le coût annuel supplémentaire au cours de la période 2008-2011 a été largement supérieur aux économies résultant des réductions d’effectifs« .

Pour payer ces 240 000 fonctionnaires, les ministres de l’ Intérieur successifs n’ont pas hésité à piquer dans les réserves, obtenant le « déblocage de la réserve de précaution« , l’argent que l’Etat met de côté en cas d’urgence. Chaque fois, le contrôleur budgétaire et comptable ministériel a « émis des réserves, proposé des économies« . Chaque fois, il s’est fait renvoyer à sa calculette.

Claude , le dernier ministre de l’ Intérieur de Sarkozy, s’est mis, lui, carrément hors la loi. En juillet 2011, il crée les « patrouilleurs », pour mettre du bleu sur la voie publique. A 9 mois de la présidentielle, ça ne pouvait pas faire de mal. Pour payer les heures sup de cette police de proximité new look, il n’a pas lésiné. L’heure supplémentaire doit, légalement, être payée 12 euros. Les patrouilleurs ont touché plus de 26 euros. Montant de la facture: 22 millions d’euros. Et tout ça pour ne pas être élu.

source: le canard enchainé

Syrie. Livrer des armes à l’opposition… pour lui éviter de s’entredéchirer


Sous le titre « L’opposition se déchire, la France doute, fausse rumeur de la mort d’Assad« , la revue Marianne a publié, lundi 25 mars 2013, un article qui suscite un malaise certain.

On peut comprendre que, dans la ligne de l’hebdomadaire, sa signataire soit vigoureusement opposée à la décision du Président de la République de livrer enfin des armes à l’Armée Syrienne Libre. Mais elle n’a pas le droit de faire semblant de croire, pour donner du poids à ses objections et/ou pour effrayer ses lecteurs, que, parmi les destinataires de ces armes ait pu un instant figurer le « canal jihadiste affilié à Al Qaïda« . C’est pour ne pas même en livrer au « canal islamiste » que la France s’est employée, au début du mois de décembre 2012, à faciliter la création, à Antalya, d’un Commandement militaire suprême. Au terme d’une réunion de quelque 300 officiers et commandants de l’intérieur, appartenant tous au « canal modéré« , la direction de cette nouvelle structure a été confiée au général Salim Idriss. Il a vocation à devenir le ministre de la Défense du gouvernement provisoire que la Coalition Nationale, créée à Doha quelques semaines plus tôt, doit achever de mettre en place suite au choix, en tant que Premier ministre, de Ghassan Hitto.

On peut comprendre que, pour défendre son point de vue, elle force le trait, qu’elle affirme que « l’opposition se déchire« , qu’elle parle de « frères ennemis de la révolution syrienne » et qu’elle évoque « des séismes qui confirment la réalité des conflits fratricides entre insurgés« . Les divisions de l’opposition syrienne ne sont un secret pour personne, en dépit des efforts déployés par ses différentes composantes pour parvenir à les surmonter. Il faut dire qu’elle partait de loin. Les problèmes dont elle souffre trouvent leur origine dans l’histoire de la vie politique, ou plutôt dans l’absence de toute vie politique dans la Syrie des Al Assad. Par un étrange paradoxe, en les incitant à fuir la Syrie au milieu de l’année 1980, suite à l’adoption d’une loi (la Loi 49 du 7 juillet 1980) condamnant à mort la simple appartenance à leur association, le régime syrien a permis aux Frères musulmans de se réorganiser à l’étranger et de devenir, que cela plaise ou non, la principale formation de l’opposition syrienne, intérieure et extérieure confondues. Leur poids, leur cohésion et leur discipline en font des interlocuteurs mal commodes pour ceux qui, malgré leurs idées et leur réputation de « personnalités nationales« , resteront incapables d’opposer leur projet au leur aussi longtemps qu’ils ne parviendront pas à surmonter leurs divergences idéologiques, leurs conflits personnels et leurs querelles d’ego, et à constituer face à eux un front commun.

En revanche, on comprend mal que, reprenant sans sourciller ce qui a été écrit ici et là, parfois non sans arrière-pensées, elle affirme que « Hitto est Frère musulman« . L’intéressé sera surpris de l’apprendre. Il appartient sans doute à un milieu socialement conservateur, mais cela ne suffit pas à en faire un membre des Frères musulmans. Rassurés par sa personnalité et par le soutien politique et financier que le Qatar paraissait disposé à lui fournir, ceux-ci ont décidé de voter pour lui, lors de l’Assemblée générale de la Coalition nationale d’Istanbul, d’une part pour barrer la route à son principal concurrent, l’ancien ministre Asaad Moustapha, et d’autre part pour lui permettre de disposer, grâce à l’apport massif de leurs voix, d’une légitimité incontestable.

Il n’est pas vrai que « l’Armée syrienne libre a immédiatement annoncé son refus » de son élection. Celui qui a fait cette déclaration, Louaï Al Miqdad, n’est pas le porte-parole de l’Armée syrienne libre, mais uniquement celui du Haut Conseil militaire du général Moustapha Al Cheykh. Concurrent des Conseil militaires conjoints qui lui étaient antérieurs, et marginalisé par la création ultérieure du Commandement militaire suprême de Salim Idriss, le Haut Conseil militaire n’a pas beaucoup d’unités sur le terrain. Par ailleurs, et ceci explique cela, il est sous l’influence directe du meilleur ennemi du Qatar dans le Golfe, l’Arabie saoudite… qui lui assure son financement. Ce n’est donc pas « pour essayer de trouver des soutiens parmi les combattants« , mais pour rencontrer ceux qui reconnaissent son autorité que Ghassan Hitto s’est rendu à Alep au cours du week-end écoulé.

Il est exact que Moazz Al Khatib n’appartient pas au « camp laïc« . Mais il est totalement erroné de faire de Riyad Seif « un laïc, représentant de cette gauche arabe aux racines anciennes, détestée et combattue par les Frères musulmans« . Lui faisant oublier un instant ses problèmes de santé, une telle définition ne manquerait pas, s’il en avait connaissance, de provoquer son hilarité. Il est exact, s’agissant du même « camp laïc« , que « ses leaders ont tant souffert pendant des décennies sous la dynastie des Assad« . Mais depuis quand ont-ils été les seuls ? La lecture de La Coquille, mémoires romancées d’un ancien détenu – de gauche – du bagne militaire de Palmyre, suffit à constater que, si des militants du Parti communiste et du Parti de l’action communiste ont partagé le sort des Frères musulmans dans ce camp de concentration, ils y ont ausi bénéficié, dans leur malheur, d’une situation privilégiée par rapport à la leur.

Ayant repris, pour qualifier Moazz Al Khatib, l’expression « salafiste modéré« , dont elle fait bien de laisser la responsabilité à Thomas Pierret, meilleur connaisseur de la politique religieuse de la Syrie baathiste, elle ajoute – mais l’adverbe est de son cru, et on l’appréciera – que « NEANMOINS, pour cet universitaire, Al Khatib est quelqu’un d’honnête, ouvert d’esprit, capable de dialoguer sereinement avec des représentants de toutes les tendances, de l’islamiste radical au laïc convaincu« .

C’est tout le mal qu’on souhaite à chacun. Même aux journalistes.

source

Rappel : demain samedi soir, printemps arabe, des écrivains dans la révolution


agenda

festival passa porta jour 3

ven. 22.03.2013 | 20:30
€ 10 / 7

arab spring: writers in revolution

Printemps arabe, Réveil arabe, Révolution arabe, des mouvements contestataires spontanés ont entraîné la chute de dictatures en Tunisie, Égypte et Libye au nom de la dignité humaine et de la liberté. Ces pays  expérimentent encore la démocratie ; un régime politique si précieux que beaucoup de peuples arabes sont prêts à y sacrifier leur vie. En 2013, le « Dégage ! » résonne à Tunis, hommes et femmes sont debout en Égypte et Syrie. Ils refusent de faire de leurs révoltes déjà un tombeau ! Khaled Khalifa, Khaled Al Khamissi, Raja Ben Slama, Ibrahim Al-Koni et Boualem Sansal affirment leurs convictions. Une conversation polyphonique où les voix de résistance des poètes se mêlent à celles de l’éditorialiste Béatrice Delvaux et de l’écrivain marocain Mohamed Berrada. Pour un avenir meilleur à la hauteur des rêves qui explosent encore en rafales.

Soirée avec débat et lectures. Traduction simultanée.

« Je sais que l’écriture est impuissante et nue devant les canons », écrit l’écrivain syrien Khaled Khalifa.
« Une Égypte plus humaine, plus juste et pourquoi pas gouvernée par une femme (…) », propose l’écrivain égyptien Khaled Al Khamissi.
« Le droit de blasphémer ou de ne pas croire est sans cesse bafoué et menacé », rappelle la psychanalyste tunisienne Raja Ben Slama.
« Dans l’ombre de la tyrannie tout est voué à l’exil », explique l’écrivain libyen Ibrahim Al-Koni.
« Tant que je serai sous les feux de la rampe, je serai épargné », conclut le romancier algérien Boualem Sansal.
Voir programme Littératures arabes à Bozar dimanche 24 mars pour les rencontres individuelles avec les écrivains arabes.

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