Les crieurs publics du Ramadan se font de plus en plus rares en Irak


OLJ/AFP | 12/08/2012
L'un des derniers mousaheratis de Bagdad en plein action le 1 août 2012. AHMAD AL-RUBAYE
L’un des derniers mousaheratis de Bagdad en plein action le 1 août 2012. AHMAD AL-RUBAYE AFP
RAMADAN « Autrefois, chaque rue avait son propre mousaherati, qui avait son propre tambour ».

Frappant sur un petit tambour en arpentant les rues de Samarra au petit matin, Luay Sabbah crie « S’hour! S’hour! ». Ce crieur chargé de réveiller son voisinage exerce une pratique de plus en plus rare en Irak.

Le jeune homme d’une vingtaine d’années, comme les autres crieurs publics du ramadan, réveille ses voisins pour le premier repas, appelé « s’hour », qui précède la prière de l’aube et le jeûne diurne pendant ce mois sacré pour les musulmans.

Mais ils ne sont plus très nombreux à pratiquer ce réveil public, vêtus de la dishdasha traditionelle, sorte de chemise à manches longues, généralement blanche, descendant jusqu’aux chevilles. La faute au progrès techologique, et aux mesures de sécurité mises en oeuvre après l’invasion américaine de 2003 qui a détrôné le dictateur Saddam Hussein.

Les autorités imposent un couvre-feu de 1 à 4 heures du matin dans les villes les plus importantes du pays. C’est le cas à Samarra aussi, à 110 km de Bagdad. Mais pour le ramadan, la règle s’assouplit afin de permettre à Sabbah, le crieur public ou musaheratis en arabe irakien, et à ses confrères, de sortir à l’aube dans la ville.

« Les mousaheratis ont presque complètement disparu. Il n’y en a plus que quelques-uns, et encore, ils ne travaillent pas tous les jours, » dit Sabbah, qui a repris la fonction que son père a exercée pendant dix-huit ans, jusqu’à sa mort en 2008.

A la fin du Ramadan, pour la fête du Fitr, les mousaheratis font le tour des maisonnées qu’ils ont réveillées, et acceptent des étrennes pour leur travail.

Mais les sommes récoltées sont maigres, alors les mousaheratis ont aussi un travail à l’année: Sabbah, par exemple, vend de l’huile de cuisine.

« Autrefois, chaque rue avait son propre mousaherati, qui avait son propre tambour, » se souvient Abou Jassim, un retraité assis chez un épicier de Bagdad.

« Parfois leurs voix se mêlaient, parce qu’ils étaient très nombreux. Les enfants les accueillaient avec des cris de joie, mais aujourd’hui, la peur et l’insécurité les tiennent à l’écart. »

Après l’invasion de l’Irak, des dizaines de milliers de personnes ont trouvé la mort dans une spirale de violences confessionelles qui a culminé entre 2006 et 2008.

La sécurité s’est améliorée depuis, mais les attaques sont encore nombreuses et le pays a connu un regain de violence depuis le début du ramadan – soixante-neuf personnes ont été tuées les premiers jours d’août.

Couvre-feu, murs anti-explosion et check-points ont été mis en place pour lutter contre ces violences, mais ils rendent les déplacements difficiles.

A Baqouba, capitale de l’une des provinces les plus dangereuses d’Irak, Diyala, Ahmed Abbas, un crieur de 27 ans, a dû demander une autorisation aux autorités locales, et ne peut déambuler que « dans les zones stables. »

Baqouba, qui comptait une soixantaine de mousaheratis l’an dernier, en a moitié moins en raison de l’insécurité et des restrictions pesant sur les déplacements, selon un membre d’un conseil local, qui préfère rester anonyme.

A Mossoul, l’une des villes les plus violentes d’Irak, et dans sa province de Ninive, il n’y a plus du tout de mousaheratis, selon les responsables religieux.

Selon un résident de Mossoul, ouvrier en bâtiment, Mukhlis Jarallah, « de vastes quartiers se réveillaient au son des cris d’un vieux grand-père. » Mais, ajoute-t-il, « l’invasion a mis fin aux mousaherati. »

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Une Syrienne parle


J’avais 7 ans lorsqu’une amie de l’école m’a rendue visite chez nous où elle a entendu mon père se plaindre des convocations répétitives des services de renseignements du régime. D’un ton accusateur, elle m’a demandé « Ton père n’aime pas le Président ?!!!». Je n’ai même pas essayé de nier et je me suis plongée aussitôt dans une peur profonde. Une peur que m’a mère a toujours entretenue par une phrase terrorisante « Laila, si tu répètes à l’école ce que tu entends à la maison, ils viendront enlever ton Papa et on le reverra plus jamais ».

J’ai pleuré à l’école chaque jour en imaginant des hommes en noir débarquant à la maison pour enlever mon papa .. J’ai supplié mon amie de ne dire à personne ce qu’elle a entendu de mon père et je lui ai cédé mon goûter à chaque récréation sans même qu’elle le demande. Elle ne m’a jamais dit si elle allait ou non nous dénoncer et s’est contentée de mon goûter et de me brûler à feux doux. Ma mère de son coté a refusé de me changer d’école me laissant passer l’année de CE1 à la merci de la petite tortionnaire.Vingt ans après, je me suis effondrée en larmes lorsqu’elle j’ai reçu d’elle une invitation d’amitié sur Facebook. J’ai décidé de lui écrire une longue lettre lui rappelant tout le mal qu’elle m’a fait. J’ai parcouru sa page pour découvrir une maman toute simple à l’extrême opposé de l’image du monstre qui m’a terrorisée. Soudainement, l’ancienne haine s’est dispersée et avec elle l’envie de lui en parler ..

Toute injustice est éphémère même celle des arrivistes corrompus qui se sont nourris de notre de peur. Il nous suffit pour justice qu’ils ne connaitront jamais le plaisir de se libérer de la peur !

Maître Laila Alodaat
Avocate Syrienne et militante des Droits de l’Homme
La Haye, le 10 aout 2012

L’improbable instauration d’une « zone d’exclusion aérienne » en Syrie


Le Monde.fr | 09.08.2012 à 20h06 • Mis à jour le 09.08.2012 à 20h56

Par Shahzad Abdul

Après une journée marquée par de violents bombardements à Alep, l’ASL réclame l’instauration d’une « zone d’exclusion aérienne ». Sa mise en place comme son efficacité restent incertaines.

La station de police de Salheen, dans le sud d'Alep, après une attaque de l'ASL, le 31 juillet.

En Libye déjà, l’installation d’un couloir aérien protégé, ou « zone d’exclusion aérienne », était l’une des principales revendications des opposants au feu Mouammar Kadhafi. On connaît la suite : la surveillance aérienne du pays par la coalition s’est transformée en appui militaire pour les forces au sol. Poussés hors du quartier symbolique de Salaheddine, à Alep, par une journée d’intenses bombardements aériens des forces armées syriennes, les combattants de l’Armée syrienne libre (ASL, opposition) en appellent à leur tour à cette « no fly zone », qui impliquerait une interdiction de survol de son propre territoire par les aéronefs du régime.
Lire : Syrie : les rebelles ont quitté leur bastion de Salaheddine

Cette initiative requerrait un mandat du Conseil de sécurité des Nations Unies, impliquant un consensus peu évident sur une intervention internationale en Syrie. Les vetos russe et chinois à répétition condamnent a priori cette issue. « Passer outre [ce mandat] – comme on l’a déjà fait au Kosovo en 1999, laisserait forcément la France de côté, qui a martelé ne pas souhaiter agir en dehors du cadre de l’ONU. En réalité, cela signifie que les Etats-Unis et leur allié Britannique iraient seuls sur ce front. Mais là encore, la Maison Blanche n’interviendrait sûrement pas en période électorale », explique Philippe Migault, spécialiste des questions de défense à l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS). Une telle intervention nécessite également un déploiement militaire considérable. « Les bases pour les avions chasseurs sont rares dans la région. La première se trouve en Turquie. Mais le précédent irakien de 2003 montre que sa coopération avec les Etats-Unis reste fragile. Et Israël, pour des questions politiques, ne prêtera pas ses bases. Il faudrait donc frapper de plus loin, depuis des porte-avions dans l’océan Indien ou la Méditerranée », poursuit le chercheur. L’autre solution consiste à anéantir les bases de l’armée de l’air syrienne à l’aide de missiles de croisière.

« S’ENGAGER, C’EST ACCEPTER QU’IL Y AIT DES PERTES »

L’efficacité d’une telle zone d’exclusion reste aussi incertaine. Car même sans aviation, l’armée de Bachar Al-Assad compte des milliers de chars et d’hommes. « Seule, elle ne suffira pas », estime Philippe Migault. Il y a quelques mois, l’ASL a déjà demandé une sorte de couloir aérien humanitaire, vers la frontière turque, qui lui aurait permis d’y établir une sorte d’état-major. Une version que Jean-Claude Allard, directeur de recherche à l’IRIS, juge « plus réaliste ». Déjà mis en place après la première guerre du Golfe (1980-1988), lorsque Saddam Hussein lançait des offensives contre les chiites au sud ou les kurdes au nord, « le ‘outhern watch’ et le ‘northern watch’ avaient été efficaces », se souvient le  chercheur et spécialiste de la défense aérienne.

Les combattants de l’ASL pris sous les bombardements voient toujours peser au-dessus de leurs têtes la menace aérienne. Wassel Ayoub, commandant de la brigade Nour Al-Haq, a affirmé avoir subi un bombardement « inouï » ce matin. Mais pour Philippe Migault, l’armée syrienne n’a rien de comparable avec celle de la Libye : « Ici, décider de s’engager, c’est accepter qu’il y ait des dommages collatéraux, et des pertes en hommes. »

Shahzad Abdul

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Le pays où la vie est moins chère


LE MONDE | 09.08.2012 à 16h23 • Mis à jour le 10.08.2012 à 06h46

Dans les jardins ouvriers de Saint-Pierre-des-Corps.

Peut-être ne l’avait-on jamais vraiment lu. Mais à cet endroit-là, à ce moment-là, il résonnait si juste. « Le pays où la vie est moins chère ». Le slogan s’affichait en lettres géantes au-dessus d’une fameuse enseigne de marchand de meubles à la sortie de la voie rapide de Saint-Pol-sur-Mer (Nord – Pas-de-Calais). Il annonçait un de ces endroits du territoire où, par nécessité, la vie ne peut être que moins chère, parfois au centime près. En passant « Une année en France », nous avons rencontré des familiers de ce mode de vie à prix cassés.

Discount garage, Degriff électroménager, Dya shopping, Babou, Lidl… Bienvenue au royaume des « 99 » après la virgule. « En fonction des promotions, il m’arrive de faire mes courses dans plusieurs grandes surfaces dans une même journée, explique une assistante maternelle à la sortie de l’un de ces supermarchés discount. Je compare les prix et je sais si un produit a augmenté de 10 centimes d’une semaine sur l’autre. » Elle vient de renoncer à du hachis de boeuf, passé depuis la semaine précédente de 3,99 à 4,29 euros, et s’apprête à l’acheter ailleurs. « Avant, pour 50 euros, on avait plus ou moins un charriot plein, commente une autre. Maintenant, on en a moins pour la même somme. Le Caddie se vide de plus en plus. »

Face à la hausse continue des prix du carburant, au passage à l’euro dont on a le sentiment de ne toujours pas avoir fini de payer la facture, face à la crise et son lot de petits boulots, de temps partiels et d’allocations, chacun improvise sa solution. On bricole, on rationne, on calcule, on plante et on récolte, on économise sur les « petits plaisirs »… Bref, on survit.

A La Courneuve (Seine-Saint-Denis), c’est Annie qui s’emporte contre sa petite fille : « Elle se rend pas compte : elle fait préchauffer le four dix minutes et ensuite c’est encore dix minutes pour cuire sa pizza surgelée. Mais c’est une cuisinière électrique, et moi je peux pas me permettre de voir augmenter la facture EDF ! Vaut mieux aller acheter une grande pizza à emporter pour tout le monde, ça revient moins cher. »

Des calculs anecdotiques ? Des économies de bouts de chandelle ? Mises bout à bout, ces pratiques minuscules racontent cette France qui galère. Pour comprendre ce qui se joue chaque jour dans les replis de ces existences modestes, il a fallu du temps. Pousser la porte d’un jardin ouvrier, franchir le perron d’un appartement, s’asseoir dans le canapé d’un salon, boire un soda dans la cuisine, parler de tout et de rien.

CORNED-BEEF

Ce jour-là, à Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire), c’est au détour d’une conversation que notre interlocuteur nous fait part d’une recette de cuisine de son cru : les « pâtes à papa ». Il n’a pas envie qu’on le raconte. Toujours cette même histoire de chômage honteux. Ancien tailleur de pierre, licencié économique en 2002, il avait enchaîné les petits boulots avant d’entrer dans une période de chômage indéterminée, il y a trois ans. Après avoir épuisé toutes les aides disponibles, les derniers revenus de ce père de 48 ans marié à une vendeuse de supermarché étaient l’allocation de solidarité spécifique (ASS), soit 473 euros par mois.

Les « pâtes à papa », donc : un plat unique et complet (féculents, légumes, protéines) préparé dans un grand faitout que l’on pourra réchauffer plusieurs fois dans la semaine. Ses ingrédients ? Des pâtes, des carottes, des tomates et un fond de sauce réalisé avec un aliment présentant l’avantage « d’avoir du goût et d’être bon marché » : du corned-beef en boîte. Nous qui pensions que cette préparation à partir de viande de boeuf, popularisée par les Américains à la fin de la seconde guerre mondiale, avait disparu des rayonnages… Erreur ! Comment ne pas voir dans son utilisation, même ponctuelle, la résurgence d’une époque où les populations étaient démunies et avaient faim ?

A Avallon (Yonne), trois enfants entrent dans la petite épicerie de Patrick Prugnaud, près de la place du marché. L’aîné a une liste à la main. Coquillettes, gâteaux, sauce tomate, beurre. « Ils sont quatre, leur mère les élève seule avec un salaire d’aide-soignante. Un jour, elle m’a demandé si elle pouvait me payer le lendemain, puis le surlendemain. Et, en décembre, il y a eu les cadeaux des enfants, et elle m’a demandé encore un petit délai. Je lui fais confiance, elle règle toujours vers le 28, quand le salaire tombe. »

Même si sa femme « n’aime pas trop ça », depuis quelques années, Patrick Prugnaud est bien obligé d’accepter des « petits crédits ». « Je suis épicier, moi, je ne suis pas seulement commerçant. Je gagne ce que je gagne, je sais bien que la vie est difficile. » Punaisée sur le tableau de liège, une liasse de tickets raconte les petits arrangements avec le calendrier, rythmé par le virement du petit salaire unique, des allocations familiales, de l’aide au logement, de la pension de retraite, du RSA ou des bons d’achat du service social. « Au début du mois, ça achète un peu plus. Et à partir du 15, ça freine. Ou même dès le 10 maintenant, avec la crise. »

RIZ CONTRE HARICOTS VERTS

En trente-quatre années passées dans les écoles de La Courneuve, Françoise Tirante a vu la population se paupériser, jusqu’à ne peut plus pouvoir s’en sortir. « Les gens sont étranglés. Même ceux qui travaillent, car ils ont de petits salaires ou sont à temp partiel. On n’a pas de parents ingénieurs par ici ! L’autre jour, un parent d’élève qui travaille en CDI dans une cuisine collective me dit : « Moi j’ai toujours un travail, mais je ne vais peut-être plus pouvoir payer mon loyer »… « 

Les appartements trop petits pour la grande famille, les factures impayées, les mères seules avec enfant qui peinent à joindre les deux bouts, ce sont des situations que l’on connaît trop bien ici. « Comment voulez-vous faire, tout augmente sauf les salaires ! Il y a deux ans, lorsqu’ils ont refait les quotients familiaux en mairie, 60 % des gosses sont passés au tarif minimum ! 60 % ! » Elle s’emporte : « Et ensuite on entend partout qu’il faut manger cinq fruits et légumes par jour ? Mais je rigole moi ! Vous avez vu les prix ? Avec un kilo de riz ou de semoule, vous faites manger votre famille à sa faim ! Pas avec un kilo de haricots verts ! »

Au cours de l’année, plusieurs personnes nous ont raconté comment elles passent leur temps à « recycler » des plats préparés en début de semaine afin d’optimiser au mieux le contenu de leur réfrigérateur. Les « anciens », auxquels on ne s’est jamais autant référé, ne faisaient-ils pas pareil quand les temps étaient « durs » ? A cette époque, grand nombre de familles possédaient un lopin de terre où faire pousser leur consommation personnelle.

LE RETOUR DES JARDINS OUVRIERS

Signe qui ne trompe pas : les jardins familliaux – on ne dit plus ouvriers, même dans une ville aussi prolétaire que Saint-Pierre-des-Corps – connaissent une deuxième jeunesse. Ici, une attente de trois ans est nécessaire pour acquérir le droit de louer une parcelle de 200 m2. Avec un budget limité, un jardinier amateur peut produire en une année « de quoi nourrir trois foyers en légumes », nous expliquait l’un d’eux. Le prix d’une salade en supermarché vaut, peu ou prou, celui d’un sachet de graines avec lequel on fera pousser 50 salades.

« Nos adhérents sont en grande majorité des retraités qui touchent des petites pensions ou des bénéficiaires de minima sociaux, raconte Marie-France Puéchavy, la présidente de l’association. Tous vivent en immeuble et, s’ils viennent ici, c’est d’abord pour produire et consommer des légumes et des fruits qui leur coûteront moins cher qu’en supermarché. » Depuis « environ quatre ou cinq ans, estime-t-elle, le nombre des demandeurs est en augmentation constante ». Une dizaine de jardins se libèrent tous les ans ; il en faudrait deux ou trois fois plus. Une extension a certes été ouverte il y a quelques années : la liste d’attente des requérants n’en cesse pas moins de s’allonger.

A la campagne aussi, les jardins potagers permettent – plus que jamais – de réduire le budget alimentation des familles nombreuses. A Mézères (Haute-Loire), ce matin-là, Félix Ramel a déjà sorti de terre plus de 100 kg de pommes de terre. Au bord du potager attend sa voiture et une remorque pour ramener sa lourde cargaison. « On est cinq familles à se nourrir là-dessus », plaisante-t-il. Le budget « légumes » de ses enfants en est grandement allégé. « Ils n’achètent presque rien », confirme Félix.

Autre activité dont le succès en dit long sur les difficultés actuelles : les lotos. A Saint-Pierre-des-Corps, il s’en organise au moins un par week-end, entre octobre et mars. Finie l’époque où les lots à gagner étaient exclusivement composés d’appareils électroménagers à l’obsolescence programmée (cafetière, grille-pain, télé…). La mode est désormais aux bons d’achat et aux chariots remplis de victuailles. Là n’est pas l’unique raison qui pousse les gens à jouer, bien sûr. Comme pour les jardins ouvriers, la convivialité est autant si ce n’est plus importante. Reste que la perspective d’améliorer l’ordinaire est bien là.

Au « pays où la vie est moins chère », on a ressorti vélos et cyclomoteurs des garages. Oui, ces bonnes vieilles « mobs » robustes et pétaradantes aux couleurs bleu passé ou orange éteint et aux sacoches fatiguées. Et tant pis si plus aucune station-service ne vend de « mélange » pour cyclomoteur, on confectionne soi-même sa mixture huile-essence. Ce sera toujours moins cher qu’un plein.

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Les Syriens fuient les combats


Le Point.fr – Publié le 07/08/2012 à 17:53

De nombreux habitants d’Alep ont tout abandonné pour fuir les combats et se diriger vers le nord. Reportage.

À Alep, le 2 août 2012.
À Alep, le 2 août 2012. © AFP
  • Par Sophie Bartczak

Ses yeux fixent la camionnette qui s’éloigne. Sur le pas de sa porte, cet homme à la djellaba blanche voit partir sa famille et une partie de son mobilier. Toute sa vie. Lui reste sur le palier de sa petite maison à Alep, au nord de la Syrie, à surveiller l’avion de combat qui survole la zone. Les fumées blanches des obus fendent le ciel. Son souffle se coupe. Il rentre, le temps que le bruit sourd de l’explosion retentisse. Cet homme âgé, à la barbe blanche, préfère rester chez lui, là où il a toujours vécu, dans ce quartier de Sakhur à l’est d’Alep. De peur d’être pillé. Depuis le 4 août, la capitale économique du pays est pilonnée par l’armée loyaliste.

L’essence flirte avec les 4 dollars

Sur la route menant au nord du pays, une voiture, les amortisseurs pliés par le poids, est arrêtée sur le bas-côté. Mohamed remet de l’essence coupée à l’eau, vendue dans des bouteilles en plastique. Le fuel manque et les prix flambent. Le coût du litre flirte avec les 4 dollars. Lui aussi a fui la deuxième ville du pays avant l’assaut de l’armée de Bachar el-Assad. La nuit précédente, avec sa famille, il dit avoir dormi dans un champ, à l’ombre des oliviers, pour se cacher des hélicoptères et des avions qui survolent la zone. « On est plus en sécurité dehors », pense-t-il.

Difficile de déterminer le nombre de familles qui ont pris la fuite d’Alep pour regagner la Turquie ou le nord du pays. Selon le ministère turc des Affaires étrangères, quelque 47 500 Syriens auraient franchi la frontière. Dans les villages du nord de la Syrie, les écoles ont souvent été réquisitionnées par l’armée syrienne libre et transformées en abri. Comme à Souran.

« Nous ne sommes pas habitués à une telle violence »

Un drapeau aux couleurs de la révolution syrienne (vert, blanc et noir, frappé de trois étoiles) flotte en haut d’une ligne à haute tension. Au pied du pylône, malgré la chaleur écrasante, des enfants jouent dans la cour de cette école. Ils viennent du quartier de Tarik el-Bab, à Alep. Et sont arrivés au début des violences, le 20 juillet, lorsque des hélicoptères ont commencé à tirer sur leur quartier. « Nous ne sommes pas habitués à une telle violence. Nous sommes partis vite, avec nos enfants sous les bras », raconte Raba Hani, 60 ans, une jupe à fleurs et un foulard crème. Dans les salles de classe, des enfants dorment sur des matelas. Des femmes ont improvisé une cuisine dans une autre avec des ustensiles emportés à la va-vite. Pas de travail, pas d’argent, les hommes présents dans le couloir énumèrent les difficultés, et n’omettent pas de remercier l’armée syrienne libre de les aider en leur distribuant de la nourriture. « On espère que la révolution va nous apporter une vie meilleure », souhaite Abou Djassem, 30 ans, père de quatre enfants et mécanicien qui vivait avec moins de 250 euros par mois pour plus de 12 heures de travail par jour.

Du linge sèche sur les grilles du couloir de l’école. Alors que sa grand-mère se montre peu loquace, Abdellatouf est plus bavard. Du haut de ses cinq ans, un visage poupin, il s’exprime remarquablement bien. Lui « n’aime pas Bachar el-Assad ». « Il nous tue », répète-t-il. Entouré de ses frères et soeurs et de ses cousins, ce bout de chou en jogging noir imite le bruit de l’avion et des bombardements. La tête haute, il avoue avoir eu peur, et même avoir pleuré. Mais ce qui l’a le plus marqué reste sûrement le fait d’avoir vu sa famille ne pas savoir comment fuir : « On ne trouvait pas d’endroit où aller. » Le soir, il entend les hélicoptères au-dessus de sa tête, comme la veille, lorsqu’il a voulu s’acheter une glace. Il l’a vu, assure-t-il. En fin de journée, alors que l’heure de l’iftar, la rupture du jeûne, est annoncée par le chant du muezzin, un hélicoptère survole plusieurs villages au nord d’Alep. Parfois, quelques lumières rouges fendent le ciel noir. « Des roquettes », disent les habitants, mais difficile de savoir.

« Un hélicoptère tirait sur nous »

Les déplacements ne concernent pas que les Aleppins. Et des familles des villages du Nord ont aussi pris la fuite, il y a plusieurs mois, à l’image d’Abderrahman. Âgé de 64 ans, cet homme aux cheveux blancs a quitté le village d’Azzaz il y a cinq mois, conduisant toute sa famille sur un tricycle à moteur à Toukli, une petite bourgade. « Un hélicoptère tirait sur nous. Notre maison a été détruite par des obus quand on est partis », raconte-t-il depuis la petite école municipale. Les villageois leur ont donné de la vaisselle, des matelas et quelques vêtements. Quelques bouteilles d’huile, sur lesquelles sont collées les étiquettes du Programme alimentaire mondial, sont posées dans une salle où un large tableau noir est accroché au mur, qui sert désormais de cuisine. Sans gaz, sa femme cuisine à l’extérieur, dans un pot en terre cuite, comme le faisait sa mère, il y a plus de 50 ans, dit-elle. Les chaises et tables d’écoliers sont entassées les unes sur les autres à l’extérieur. Un de leurs fils, Hassan, parti sans chaussures, était importateur de prêt-à-porter. Son magasin a également été la cible des tirs.

À Azzaz, une des premières villes du nord du pays à être libérée le 19 juillet, les habitants réinvestissent les rues. Nettoient les dégâts, balaient les rues. Certains rentrent chez eux pendant que les enfants jouent sur les chars de l’armée de Bachar el-Assad, encore stationnés sous les décombres. Abderrahman, lui, aimerait rentrer : « Mais comment on reconstruit ? On n’a pas de travail et pas d’argent… »

La bataille d’Alep


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Smoke rises over the Salah al-Din neighbourhood in central Aleppo during clashes between Free Syrian Army fighters and Syrian Army soldiers. GORAN TOMASEVIC/REUTERS

Un soldat de la ASL réagit à la mort de son ami tué par l’armée syrienne dans le quartier de Salah al-Din dans le centre d’Alep. GORAN TOMASEVIC/REUTERS

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La révolution syrienne ne se résume pas aux « barbus sans moustache »


Au cours d’une prestation, lundi 6 août au matin, sur la chaîne de radio France Info, le Dr Bassam Tahhan, professeur de géopolitique et de Lettres arabes au Lycée Henri IV à Paris et porte-parole du « Collectif pour la Syrie« , a tenu sur la situation à Alep, la ville dont il est originaire, et sur la révolution en cours dans son pays, des propos caricaturaux qui ont surpris, fait réagir et scandalisé un certain nombre d’auditeurs.

Le professeur Bassam Tahhan © France Info

Ils auraient trouvé cocasse, si les temps n’étaient pas si dramatiques pour les Syriens en général et pour les habitants d’Alep en particulier, de l’entendre déclarer que « ce qui se passe est très simple. On voit le quartier Hanano qui est investi par une sorte d’exode rural des gens qui ont fui les combats des villages. Mais ce sont des gens anti-Assad. Donc ils ont investi et ils essayent, eux, de pénétrer dans la vieille ville. Alors l’armée, effectivement, les bombarde (ces quartiers). C’est des sortes de HLM qui remontent aux années 1960. Mais ce ne sont pas des Alépins. C’est-à-dire que le gouvernement a été pris (sic) par cela. Il a offert l’hospitalité à ces réfugiés, hein, voilà… ». Autrement dit, si vous n’avez pas compris, les véritables Alépins ne sont pour rien dans une situation de guerre qui leur serait en quelque sorte imposée par de méchants villageois hostiles au pouvoir en place, que les autorités, dans leur très grande mansuétude, avaient pourtant acceptés sur leur territoire.

Selon le Dr Tahhan, « les autres combats qui se déroulent, c’est entre la citadelle et les quartiers chrétiens. Comme sur Internet les islamistes ont menacé les chrétiens d’Alep, il y a actuellement des Unités spéciales qui encerclent tous les quartiers chrétiens d’Alep et les combats se déroulent entre la citadelle et ces quartiers chrétiens« . Autrement dit, si vous n’avez pas compris, de méchants islamistes s’emploient à terroriser à Alep d’innocents chrétiens qui ne leur ont rien fait, mais qui peuvent heureusement compter sur le dévouement des Forces spéciales d’un régime, ultime rempart des minorités. En dépit des 3 contacts téléphoniques qu’il se prévaut d’avoir quotidiennement avec des habitants de la ville, le professeur Tahhan semble ignorer que bien d’autres quartiers, suspectés d’abriter eux aussi des rebelles, sont la cible depuis plusieurs jours de violents bombardements, non pas des seules Forces spéciales, mais de l’artillerie, des blindés, des hélicoptères de combat et des avions de guerre de l’armée du régime, qui préparent le terrain en vue de l’assaut final et de l’intervention des soldats, des moukhabarat et des autres combattants à la solde du régime.

Le quartier de Salaheddin à Alep, après son bombardement par l’armée syrienne

Selon le professeur, « les habitants d’Alep ne manquent de rien. Ils ne manquent pas de pain. Pas du tout. Ils ne manquent que de bonbonnes de gaz« … Interrogé sur la raison des files d’attente qui s’allongent alors devant les boulangeries, le Dr Tahhan a nié le fait. Il a préféré mettre en cause la crédibilité de la presse et les médias, qu’il a accusés de reprendre sans les filtrer les fausses informations diffusées par une organisation… dont il a été incapable de citer le nom exact. On rappellera donc à cet expert qu’il n’existe pas d’Office des Droits de l’Homme de Londres, et que, si la capitale britannique héberge un tel bureau, celui-ci n’a rien à voir avec l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH) [Créé à Londres autour de 2006 pour attirer l’attention sur les multiples violations des Droits de l’Homme en Syrie sous la présidence de Bachar Al Assad, cet organisme auquel journalistes et experts se réfèrent souvent comme à une création récente, n’avait jamais posé problème avant le début de la révolution. Il a alors été accusé, sans aucune preuve, d’être sous l’influence des Frères musulmans et de diffuser des informations tendancieuses contre le régime syrien, alors que son directeur, Rami Abdel-Rahman est un laïc avéré et que les Frères disposent, avec la Commission Syrienne des Droits de l’Homme, de leur propre organisation]. En revanche, le Dr Tahhan savait « comme tout le monde » – c’est du moins ce qu’il affirme – que l’Office en question est « aidé par les services secrets britanniques… et c’est très peu fiable quand on vérifie cela« . Comprenne qui peut.

Echappant en spécialiste aux manipulations dont seraient victimes les médias, le Dr Tahhan a manqué faire mourir de rire ses auditeurs en expliquant doctement que la pénurie de bouteilles de gaz à Alep était due au fait que « les bonbonnes sont utilisées par les rebelles pour faire des explosions, pour commettre des attentats« … Il suffit pour démontrer l’ineptie de ce genre de propos de mettre en rapport le nombre d’opérations de ce type intervenues à Alep et la quantité de bouteilles de gaz nécessaires à la population d’une ville de plus de 2 millions et demi d’habitants… Même un journaliste d’une chaîne syrienne de télévision publique ou privée aurait hésité à utiliser un argument aussi peu convaincant pour expliquer le manque de gaz et l’incapacité ou le refus du gouvernement de fournir aux Alépins le nombre de bonbonnes correspondant à leurs besoins.

File d’attente devant une boulangerie © syrianchange.com (05.08.2012)

Interrogé sur le soutien à Bachar Al Assad que ses réponses précédentes suggéraient, le Dr Tahhan s’est défendu en faisant remarquer que « la Syrie est le seul pays du monde arabe où, dans la Constitution, la religion de l’Etat n’est pas l’Islam« . Cet argument, qui n’avait rien à voir avec la question, est utilisé à tort et à travers par les Syriens et les non-Syriens qui préfèrent à toute autre forme d’état le régime actuel, dont la prétendue laïcité compenserait le caractère fondamentalement anti-démocratique. Or, que l’on s’en tienne aux textes ou à la pratique, cet argument est doublement erroné. D’une part, aucune mention de la religion de l’Etat ne figure non plus dans la Constitution libanaise, promulguée en 1990, au lendemain des Accords de Taef de 1989. Qui plus est, notre expert semble oublier que, dans la Constitution syrienne adoptée en 1973 sous le règne de Hafez Al Assad, comme dans la nouvelle Constitution promulguée par Bachar Al Assad le 15 février 2012, « la religion du président de la République est l’Islam » (art. 3, § 1) et que « la jurisprudence islamique est une source principale de la législation » (art.3, § 2). Ces deux points introduisent des limites à la laïcité et à l’impartialité de l’Etat, dont celui qui se dit « pour une Syrie démocratique et laïque » ne semble pas s’émouvoir.

Pour lui éviter de s’engager trop loin dans l’impasse où il était en train de se fourvoyer, la journaliste qui l’interviewait lui a opportunément demandé si, selon lui, « le président Bachar Al Assad peut encore rester au pouvoir ou s’il doit partir ». Au lieu de répondre à la question, le Dr Tahhan a louvoyé en déclarant que ce n’est « ni aux Etats-Unis, ni à Fabius – dont la mention du nom a provoqué chez lui un ricanement étrange – de décider que tel président part ou reste« . Il considérait pour sa part « qu’il faut négocier, continuer dans la légalité« . Après une nouvelle digression dont le contenu et la forme devaient beaucoup aux lieux communs des partisans du régime sur « les faux opposants« , qualifiés « d’aventuriers et d’arrivistes » et accusés de « se remplir les poches de l’argent déversé à flot par l’Arabie saoudite et le Qatar« , le Dr Tahhan a soutenu à nouveau que, « si Bachar Al Assad doit partir, il faut qu’il parte dans la légalité, d’une manière démocratique et qu’il passe la main à d’autres forces« . Il aurait donc échappé à notre professeur, que les opposants n’ont jamais vu aux manifestations hebdomadaires organisées depuis plus d’une année à Paris sur la Place du Châtelet, que c’est précisément ce que les révolutionnaires syriens ont réclamé durant des mois. Mais ils ont dû prendre acte du fait que le chef de l’Etat ne se retirerait jamais, qu’il était prêt et qu’il avait commencé à décimer sa population, et que, plutôt que de céder la place, il mettrait en oeuvre jusqu’à son terme la politique de la terre brûlée dont les agents étaient ses soldats et ses services de sécurité.

« Bachar Al Assad ou la terre brûlée »

Sans y être invité, le Dr Tahhan est spontanément revenu à une idée qu’il avait été empêché de développer plus haut à sa guise mais qui lui tenait à coeur : « la Syrie est victime de cette lutte américaine qui vise à casser l’axe anti-américain« . Tout en se défendant d’être un adepte de la théorie du complot, il a estimé que la responsabilité de la situation actuelle n’incombait pas d’abord au chef de l’Etat syrien, parce que la Syrie, qui n’était pas pire que les autres régimes autocratiques de la région, était « dans le colimateur bien avant » le 15 mars 2011. S’en sont suivis les poncifs habituels sur « la Syrie (qui) a toujours été un phare politique pour le monde arabe, par son panarabisme, par sa vie politique« , et sur la volonté de certains de « casser l’axe chiite« . Autrement dit, si vous n’avez pas compris, c’est pas la faute à Bachar. C’est la faute aux Américains et à ceux qui, en Occident, n’acceptent pas qu’on leur résiste. Quant à la situation politique prévalant dans son pays avant la révolution et à la légitimité des revendications qui avaient poussé dehors ses compatriotes, le Dr Tahhan n’en a étrangement pas dit un mot…

En revanche, après avoir exprimé sa rancoeur pour la marginalisation de son Collectif, qui était « pour une passation pacifique du pouvoir » mais qui n’avait pas été invité, le 6 juillet 2012, à la réunion de Paris des Amis du Peuple syrien, le professeur Tahhan a fini sa prestation en mettant en garde le gouvernement français contre « la continuation de sa politique d’armement des barbus« … qu’il a comparée à la stratégie des Américains en Afghanistan et à leur soutien aux Taliban. Les Syriens qui luttent sur le terrain contre les agressions du régime ignoraient, mais sans doute notre initié dispose-t-il d’informations propres, que la France avait commencé à livrer des armes aux combattants syriens. Ils ignoraient plus encore qu’elle avait choisi pour ce faire des destinaires dont le port de la barbe suffisait à faire des symboles de l’obscurantisme, de l’intolérance, de la violence et du terrorisme. A moins que, dans le langage impressionniste du Dr Tahhan, le terme de « barbus » soit synonyme de « révolutionnaires »…

Compassion internationale pour l’opposition syrienne (Ali Farzat)

On a oublié de mentionner que, prétendant résumer la situation en Syrie, il avait affirmé plus haut, sans craindre les généralisations ridicules, que « ce qu’on voit à la télé, ce sont des barbus avec des moustaches rasées. Vous saurez, n’est-ce pas, en islamologie, que ce look est celui des salafistes« … S’il ne voit d’abord lui-même à la télé que des barbus à la moustache rasée, on pourrait lui conseiller de changer de chaîne. Et puisqu’il n’accorde aucune crédibilité à Al Jazira et à l’OSDH, il pourrait consulter les milliers de films vidéo mis en ligne par les Comités Locaux de Coordination en Syrie qui montrent sur Internet des révolutionnaires au visage plus glabre que le sien.

Surtout, il aurait été mieux inspiré de ne pas se laisser abuser par les apparences. Cela fait longtemps que le caricaturiste Ali Farzat, qui n’affiche aucune prétention géopolitique, a montré dans ses dessins comment lui-même et ses compatriotes voyaient les chabbiha que le régime paye pour accomplir ses plus sales besognes : comme « des barbus avec des moustaches rasés »… Etrange, non ?

Chabbi-slamiste (caricature d’Ali Farzat)

De cet entretien, on tirera trois conclusions : entre le géopoliticien et le caricaturiste, le meilleur connaisseur de la Syrie n’est pas forcément celui qu’on croit ; le ministre français des Affaires étrangères a sans doute bien fait d’oublier d’inviter le Collectif pour la Syrie à siéger lors de la dernière réunion des Amis du Peuple syrien ; le Collectif Urgence Solidarité Syrie a eu raison, pour éviter toute confusion, de publier, le jour même de l’intervention du Dr Tahhan, un communiqué destiné à prévenir tout amalgame entre ceux dont la priorité est de dénoncer la dictature et ceux qui semblent « ignorer les dizaines de milliers de morts, la torture massive, y compris d’enfants et plus généralement les crimes contre l’Humanité perpétrés par le régime syrien contre son peuple ».

Ceux qui souhaitent lire d’autres « témoignages » sur la situation à Alep n’ont que l’embarras du choix. Outre les articles des journalistes qui se trouvent ou ont récemment séjourné dans la ville, contrairement aux affirmations du Dr Tahhan, ils peuvent se reporter, par exemple, à l’article « Nouvelles d’Alep« , mis en ligne le 7 août sur le site SouriaHouria.com.

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