Les voix de l’occupation
Prénom, nom : Suhaib M.; Date des faits : 10 décembre 2010
Âge : 15 ans; Lieu : Bande de Gaza, Territoire palestinien occupé
Nature de l’incident : touché par une balle pendant le ramassage de matériaux de construction
Le 10 décembre 2010, un jeune garçon de 15 ans est touché par une balle israélienne à la jambe gauche alors qu’il ramasse du bois dans la bande de Gaza, à environ 250 mètres de la clôture qui fait frontière avec Israël.
Suhaib, 15 ans, vit avec ses parents et ses frères et sœurs à Beit Lahiya, dans le nord de la bande de Gaza. Le père de Suhaib travaille comme policier mais la situation économique pour la famille est encore difficile. Afin d’ajouter au revenu familial, Suhaib et ses frères, pendant les cinq derniers mois, sont allés ramasser du gravier sur les anciennes colonies évacuées près de la frontière avec Israël, et ils gagnaient ainsi une centaine de shekels par tonne (un peu plus de 20 €).
Le vendredi 10 décembre 2010, Suhaib et son frère aîné, Belal (18 ans) partent de la maison très tôt et s’en vont vers la frontière, au nord de chez eux, pour ramasser du gravier. « Nous sommes arrivés sur place vers 7 h du matin, rappelle Suhaib, et nous avons commencé à travailler à environ 200 m de la clôture qui fait frontière. Il y avait d’autres ramasseurs de gravier dans la zone mais moins que les autres jours. » Deux heures plus tard, les frères ont réussi à remplir leur carriole et décident de rentrer pour la vider et revenir. « Sur le chemin du retour, rappelle Suhaib, nous avons vu des arbres arrachés et des morceaux de bois, on a supposé que c’était les soldats israéliens qui avaient fait cela pour dégager leur ligne de mire. Nous avons vu aussi des traces de bulldozers et de chars d’assaut, ce qui nous a été confirmé par des personnes que nous avons rencontrées. » Les frères décident qu’à leur retour, ils ramasseront le bois au lieu du gravier, pensant que la tâche serait plus aisée.
Après le déchargement du gravier à leur domicile, les frères reviennent à l’endroit où ils ont vu les arbres arrachés, à environ 250 m de la frontière avec Israël, près de la côte, et ils commencent à charger le bois. « À peu près une demi-heure plus tard, j’ai ressenti soudain comme si je recevais un choc électrique dans ma jambe gauche. » dit Suhaib. « Je me suis aussitôt effondré pendant que j’entendais un coup de feu. J’ai pensé qu’il avait été tiré depuis un mirador israélien, haut de 5 m, à la frontière. J’ai regardé ma jambe gauche et j’ai vu que mon pantalon était tout taché de sang. » Le frère de Suhaib et une autre personne se précipitent aussitôt pour lui porter secours et le posent sur une charrette tirée par un cheval, puis ils l’emmènent vers un taxi qui l’évacue vers une ambulance.
« Dans l’ambulance, les auxiliaires médicaux ont déchiré mon pantalon mais ils m’ont empêché de regarder la blessure. » rappelle Suhaib. « Je pense que je me suis évanoui deux ou trois fois. » Suhaib est alors transporté à l’hôpital de Shifa et les médecins lui retirent immédiatement les bandages que les ambulanciers avaient enroulés autour de sa jambe. « J’avais très mal, » rappelle Suhaib, « j’ai regardé ma jambe et je n’ai pas voulu le croire. J’avais un petit trou juste en dessous de mon genou, et un grand trou de l’autre côté. Le grand trou faisait environ 5 cm de diamètre. A ce moment-là, j’ai compris que ma blessure n’était pas légère. » dit Suhaib. « Les médecins ont nettoyé la plaie et je les ai entendus dire que la balle avait explosé à l’intérieur de ma jambe, mais je ne sais pas de quelle sorte de balle il s’agit. Les médecins ont radiographié ma jambe et je les ai entendus parler d’une fracture. Après avoir nettoyé la plaie, ils ont enveloppé ma jambe dans un bandage pour arrêter le saignement et ils m’ont donné des tranquillisants. Je ne sais pas si je vais être capable de remarcher, » dit Suhaib, « mais certainement que je ne retournerai jamais ramasser du gravier. »
Depuis mars 2010, DCI-Palestine a recensé 19 cas d’enfants touchés par des tirs alors qu’ils ramassaient du gravier près de la frontière avec Israël. Pour les mesures à prendre, voir : « Urgent Appeal » (http://www.dci-pal.org/english/doc/press/UA_4_10_Children_of_the_Gravel_UPDATE_18_DEC_%202010%28b%29.pdf)
Le 18 décembre 2010 –
DCI-Palestine : http://www.dci-pal.org/english/doc/press/Voices_2010-12-18_gravel%282%29.pdf
traduction : JPP
Dessins des enfants de Gaza
par Susan Johnson, Mondoweiss (USA) 22 décembre 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri
Une image vaut des milliers de mots, et cette vidéo bien plus. Elle contient des dessins d’une grande puissance expressive, créés par des enfants à Gaza et qui relatent les horreurs qu’ils ont vécues pendant l’opération Plomb Durci, il y a près de deux ans. Ces enfants partagent la dévastation émotionnelle et physique causée par les actions israéliennes.
Beaucoup de ces jeunes artistes n’échapperont jamais à l’enfer qu’ils ont traversé.
Cette vidéo s’insère dans un projet plus vaste, l’exposition itinérante « Un regard d’enfant de Gaza, » développée par Joyce Ravitz et moi-même après notre visite à Gaza en juin 2009. Ayant vu les dessins dans un cours de thérapie par l’art, nous avons senti qu’une exposition de dessins de ce genre devrait être mise en place et présentée aux Etats Unis. « Un regard d’enfant de Gaza » était né!
Je me suis servi d’internet pour trouver des participants et j’ai commencé à rassembler des dessins venant de six institutions de Gaza pour enfants. Les dessins ont été créés par des enfants âgés entre 7 et 12 ans. Rajie Cook, un graphiste bien connu pour son art contestataire, a créé la vidéo comme outil de communication pour faire venir du public à l’exposition. Rajie a attiré dans le projet son vieil ami, le photographe Thomas Francisco. Francisco s’est servi de ses talents musicaux pour sélectionner et mixer la musique. Leur projet achevé est fantastique!
Nous espérons que certains d’entre vous, en voyant ses dessins, voudront présenter le message communiqué par les enfants et leur art dans leurs propres villes.
Bella Ciao
avec tous mes voeux pour une année de lutte
Une femme âgée de 78 ans se voit refuser la possibilité de visiter son fils emprisonné
Ramallah – Le service israélien des prisons a renvoyé chez elle une femme âgée de 78 ans alors qu’elle voulait rendre visite à son fils Abdel Nasser Issa – qui subit une condamnation à la perpétuité dans la prison de Hadarim – après qu’une pièce d’un téléphone portable ait été prétendument trouvée en sa possession, nous apprend Ahmed Al Beitawi, chercheur dans le domaine des droits de l’homme.

L’autorité carcérale a pris une position très stricte récemment contre l’utilisation de téléphones portables dans la prison, interdisant aux prisonniers les visites et les plaçant en cellule d’isolement comme mesure punitive s’ils sont trouvés en possession d’un téléphone cellulaire.
Des dispositifs ont été placés dans toutes les sections de la prison de Hadarim pour brouiller les communications venant des téléphones portables des prisonniers.
L’administration pénitentiaire fait la chasse aux mobiles qu’elle prétend être entrés en cachette. Les fréquences émises par ces dispositifs sont nocives pour la santé.
L’administration de la prison, assistée de forces spéciales, a fouillé entièrement la section 11 de la prison de Nafha, lundi [20 décembre] à la recherche de téléphones cellulaires, déplaçant la population entière vers une autre section de la prison et coupant l’électrique de 5h30 à 9h30 du matin. Des affaires personnelles des prisonniers ont été malmenées pendant la recherche.
En parallèle à tous ces évènements, une nouvelle section dépourvue des commodités nécessaires à la vie quotidienne a été installée dans la prison de Hadarim. Il n’y a ni chaise, ni table, ni meuble de rangement dans la section. La cuisine a été fermée. Cinq de ses huit salles de bains sont en panne.
21 décembre 2010 – Al Qassam Website – Vous pouvez consulter cet article ici :
http://www.qassam.ps/news-3946-78_y…
Traduction : Info-Palestine.net
Ecrire après Mahmoud Darwich: le chant poétique de Tamim al-Barghouti
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Olivia Zémor expulsée par Israël
Je viens de rentrer en France ce mercredi après-midi 22 décembre après avoir été expulsée par le gouvernement israélien en pleine nuit, après 30 heures d’interrogatoire, de détention et de tentatives de m’embarquer de force dans des avions, avant que j’aie pu rencontrer une avocate et prévenir le Consulat de France. Merci à tous ceux qui s’en sont indignés.
Chères amies, Chers amis,
Je remercie toutes celles et tous ceux qui se sont inquiétés de mon arrestation à l’aéroport Ben Gourion, de ma détention dans une cellule du centre de rétention des services de l’immigration, et de mon expulsion manu militari par un Etat qui se dit démocratique, mais ne peut supporter la moindre contestation de sa politique.
Arrivée à 3 H du matin à l’aéroport Ben Gourion le mardi 21, près de 24 H après mon départ de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, en raison des retards de vol, et escales supplémentaires liés aux perturbations actuelles dans les aéroports de nord de l’Europe, je suis mise a l’écart après un questionnement de quelques minutes au contrôle de sécurité.
Où allez vous ? A Jérusalem.
Pour combien de temps ? Huit jours.
Pour quoi faire ? Rencontrer des amis.
Prénom de votre père ? Moïse.
De votre grand-père ? Elie.
Le jeune officier de police me regarde à peine. Il pianote quelques instants sur un ordinateur, et appelle un autre fonctionnaire de l’aéroport qui me conduit à l’écart.
On me dit d’attendre dans une salle où sont assis plusieurs jeunes Français, qui vont subir des heures d’interrogatoire et être contraints, pour passer, de signer un papier par lequel ils s’engagent à ne pas mettre les pieds dans les Territoires palestiniens occupés, sous peine d’être expulsés, de se voir interdire l’entrée dans le pays pendant 10 ans et de se voir infliger une peine de 2 ans de prison en Israël !
Ils sont interrogés, puis renvoyés attendre dans la salle, puis rappelés, et ainsi de suite. Le va et vient dure depuis 7 H pour certains.
Pour ma part, il va durer deux heures, pendant lesquelles je retrouve toutes les 20 minutes un jeune fonctionnaire qui s’intéresse à mes activités en France et a de toute évidence eu le temps de consulter ce qui est à la disposition de tous sur google. Je lui dis que je milite effectivement pour la fin de l’occupation israélienne, pour les droits légitimes du peuple palestinien et le respect du droit international. Il me dit être progressiste et partager mes idées, mais être très minoritaire dans son pays où, me dit-il, « je ne peux malheureusement pas faire ce que je veux. Il n’y a aucun parti qui défende mes idées ». Son progressisme ne l’empêche pas de se concerter avec ses supérieurs du ministère de l’Intérieur et de m’introduire finalement auprès d’une femme qui me déclare que je vais être refoulée : « Entry denied ». Je demande alors pour quelle raison ? « Security Threat » : « menace pour notre sécurité ». Je lui fait alors remarquer qu’elle sait parfaitement que je suis pacifiste et que je ne mets en rien en danger la sécurité de qui que ce soit. Mes quelques affaires ont été passées au peigne fin par tous leurs engins électroniques. J’ai moi même été fouillée sans qu’aucun objet suspect soit trouvé.
« Oui, mais vous organisez des manifestations en France », me rétorque-t-elle !
« Oui, et alors ? Je défends des idées de paix et de justice. En quoi ce que je fais en France vous regarde ? »
Fin de la discussion. On ne discute pas les ordres du ministère de l’intérieur, conclut-elle.
Retour dans la salle d’attente ou de nouveaux « suspects » de sympathie pour les Palestiniens, (des Français et un Italien) sont mis sur le gril, en pleine nuit, après un voyage épuisant. L’objectif est de toute évidence de les effrayer et de les dégoûter suffisamment pour les dissuader de revenir.
Une fourgonnette de la police m’embarque ensuite vers le centre de rétention qui se trouve dans la zone aéroportuaire. On me confisque toutes mes affaires personnelles, en dehors de mon argent qu’on me demande de garder auprès de moi. On m’interdit de prendre mon téléphone portable, et d’appeler qui que ce soit pour prévenir de ma situation.
Dans un cellule à 4 lits superposés, un seul est occupé par une étudiante roumaine qui va être expulsée parce qu’elle n’a pas obtenu de visa pour venir voir sa mère qui travaille en Israël.
A 10 H, on vient me chercher pour un embarquement express. Je refuse, je demande à pouvoir recevoir auparavant la visite d’un avocat. On me saisit de force, on me passe les menottes et je suis embarquée sur les pistes d’atterrissage. Pieds nus parce que j’ai refusé de me chausser, portée par 4 policiers, j’arrive en haut de la passerelle d’un avion de Turkish Airlines près pour les décollage, où les passagers sont déjà installés. Je crie que je refuse de monter dans cet avion, je me débats. L’equipage refuse de m’embarquer de force. Retour au centre de rétention.
Les policiers sont un peu déroutés. Je ne suis pas une « cliente classique ». L’un d’entre eux essaie de comprendre mes motivations et surtout de me convaincre que lui aussi veut la paix, mais pas les Palestiniens, qui sont des terroristes et qu’Israel est obligé de se défendre. Et tous ceux qui l’en empêchent constituent un danger pour leur sécurité. « Avec vos origines juives vous devriez comprendre cela », me dit-il. Je lui réponds que c’est la politique israélienne qui constitue un danger pour le monde entier, y compris les juifs, en développant le terrorisme et l’antisémitisme. Un : « De toutes façons, vous n’avez pas le droit de juger si vous ne vivez pas ici », clôt la discussion. Je lui réponds néanmoins que j’ai des amis israéliens qui pensent la même chose que moi.
Cette fois-ci, je suis placée dans une cellule seule. Pas question que je contamine d’autres personnes avec mes refus d’embarquer. Alertée, Leah Tsemel me rend visite et me fait un état des lieux. Elle est scandalisée : « Maintenant l’Etat de tous les juifs se met à faire le tri entre les juifs kasher et les pas kasher. De quel droit ? ». Saisir les tribunaux ? C’est possible, mais il faudrait que je reste 3 ou 4 mois ici pour attendre un jugement qui peut être négatif. Sa confiance dans la justice israélienne n’est pas illimitée. Et pour ne pas rester en détention pendant tout ce temps, il faudra réunir une caution d’au minimum 10 000 euros.
J’ai mieux à faire.
Le Vice-Consul de France, alerté par des amis, vient également me rendre visite. Il déplore la situation et me dit que le gouvernement français n’a pas réussi jusqu’ici à empêcher ces pratiques d’expulsion de ressortissants français qui n’ont commis aucun délit. Il trouve cela regrettable. Il exige de mes gardiens, avant de partir qu’il me laissent prendre un livre et des médicaments dans mes affaires confisquées.
Retour en cellule. On m’apporte un repas sous plastique, auquel je ne touche pas davantage que les précédents. Je ne mangerai pas avant d’être libre.
Plusieurs fois dans la nuit, les policiers font irruption bruyamment dans ma cellule pour me crier que je vais devoir embarquer dans un prochain avion, et que si je me débats et refuse une nouvelle fois, ils me feront escorter pendant le voyage par deux policiers, ce qui est la procédure « normale » dans les cas de refus d’embarquer. Finalement à 6 H 30 j’embarque pour Istambul dans un avion de Turkish Airlines où l’équipage, fort sympathique, me promet de me trouver ensuite un vol pour la France. Ce qui est fait malgré la demande israélienne de m’envoyer d’abord sur Munich, sous prétexte qu’à l’aller j’ai fait une escale dans cet aéroport.
Je voyage avec la satisfaction de savoir qu’à Jérusalem, les rencontres programmées avec les militants anti-colonialistes palestiniens, israéliens et internationaux, se déroulent en présence de plus 70 Français qui sont allés témoigner leur attachement au droit et à la justice.
Et je suis émue d’apprendre en revenant en France, que malgré la période de vacances et de fêtes, autant d’associations et de personnes se sont inquiétées de cet enlèvement, et ont demandé des explications. Je les en remercie de tout coeur.
Olivia Zémor
CAPJPO-EuroPalestine
Olivia ZEMOR arrêtée
La présidente de l’association CAPJPO- Europalestine, Olivia ZEMOR, a été arrêtée ce matin aux alentours de 3h, à sa descente d’avion à l’aéroport « Ben Gourion » de Tel Aviv. Elle est détenue dans cet aéroport par le MOSSAD, services secrets Israéliens spécialisés dans les disparitions des opposants à leur politique. Nous sommes sans nouvelles, et exprimons nos inquiétudes quant au sort que peut lui réserver Israel.
Olivia Zemor est une citoyenne française, et nous demandons aux autorités d’intervenir rapidement pour sa libération. Nous condamnons ce rapt, qui soit dit au passage, organisé par la seule démocratie du proche Orient, et nous appelons les partis politiques, les associations, les citoyennes et les citoyens épris de justice d’interpeller rapidement :
Le ministère des affaires étrangères : en demandant à parler au chef de cabinet de Madame ALLIOT Marie :
37 Quai d’Orsay
75007 Paris
01 43 17 53 53
et la présidence de la République :

