Le CDH indigné des propos de l’unique élu du PP sur les Roms


Rédaction en ligne

vendredi 20 août 2010, 21:09

Laurent Louis

Le CDH s’est indigné des propos tenus par l’élu du Parti Populaire (PP) à la Chambre à propos des Roms. Il dénonce l’amalgame, qu’il qualifie de raciste, auquel se livre Laurent Louis en liant la présence de Roms, originaires d’Europe de l’Est, à la délinquance de Belgique.

René Breny – Le Soir

La RTBF a fait état du contenu de la page Facebook du député : il y félicite le président français Nicolas Sarkozy et estime que le problème des Roms se pose également en Belgique. Selon lui, les Roms ne travaillent pas et volent ou se livrent à des trafics pour subsister, et en plus ne parlent pas le français.

Le Centre pour l’égalité des chances s’est ému de ces déclarations et n’exclut pas de porter plainte.

De son côté, le CDH fustige un « amalgame raciste » et dénonce l’absence de tout fondement des allégations du député.

« Restons vigilants ! Aucun député ni parti politique ne peut se situer au-dessus de la loi. Par ailleurs, se définir comme un mandataire populaire ne donne aucune légitimité à des propos populistes », a souligné la députée bruxelloise Céline Fremault.

Vers 18h30, le PP a envoyé un communiqué signé par Joël Rubinfeld.

Il réaffirme le soutien à la politique de sécurité menée en France.

Le PP déplore le « tabou » qui existe en Belgique sur la question des Roms et le « laisser-faire » dans la gestion des flux migratoires. Il ne reprend pas en revanche les autres propos du député.

Source

Près de six Américains sur dix opposés à la guerre en Afghanistan


AP

Mis en ligne le 20/08/2010

En ce qui concerne l’Irak, 65% des Américains sont également opposés à la guerre

Près de six Américains sur dix (58%) sont opposés à la guerre en Afghanistan, selon un sondage GfK pour l’Associated Press qui traduit les doutes de la population, après neuf ans de conflit et alors que le président Obama envoie des dizaines de milliers de soldats supplémentaires au combat.

Plus de 1.100 militaires américains ont trouvé la mort en Afghanistan depuis l’invasion en octobre 2001, dont 66 pour le seul mois de juillet. A l’automne 2009, Barack Obama a autorisé le déploiement de 30.000 hommes de plus, pour porter l’effectif total à 100.000, soit trois fois plus qu’en 2008. Mais de plus en plus de parlementaires s’interrogent sur la possibilité d’un succès militaire sans une campagne vigoureuse contre la corruption, qui sape la confiance des Afghans dans leur gouvernement.

A dix semaines des élections de mi-mandat en novembre, 38% des personnes interrogées soutiennent la stratégie du président en Afghanistan, contre 46% en mars. Seules 19% pensent que la situation devrait s’améliorer la semaine prochaine, contre 29% qui tablent sur une dégradation et 49% qui s’attendent à ce qu’elle ne change pas.

Cette perception pourrait coûter cher au chef de l’Etat et à la majorité démocrate, confrontés à un chômage élevé (9,5% en juillet), une reprise économique poussive et un déficit budgétaire qui devrait dépasser les 1.300 milliards de dollars (1.015 milliards d’euros). Une forte opposition à la guerre en Afghanistan pourrait décourager les sympathisants de la majorité alors que le Parti démocrate, majoritaire aux deux chambres du Congrès, a désespérément besoin de mobiliser ses partisans pour le scrutin de novembre.

En ce qui concerne l’Irak, 65% des Américains sont également opposés à la guerre (31% sont pour), après sept ans de conflit, mais 68% approuvent la décision de Barack Obama de mettre fin aux opérations de combat. La dernière brigade de combat américaine a quitté le pays jeudi, devançant la date-butoir du 31 août fixée par le président.

Ce sondage a été réalisé par téléphone du 11 au 16 août auprès de 1.007 adultes. Marge d’erreur de plus ou moins 4,5 points de pourcentage.

Source

Face à la xénophobie et à la politique du pilori : liberté, égalité, fraternité


Appel Citoyen

Signez l’appel en ligne !

Les plus hautes autorités de l’Etat ont fait le choix de jeter à la vindicte publique des catégories entières de population : Gens du voyage accusés comme les étrangers d’être des fauteurs de troubles, Français d’origine étrangère sur lesquels pèserait la menace d’être déchus de leur nationalité, parents d’enfants délinquants, etc. Voici que le président de la République accrédite aussi les vieux mensonges d’une immigration coûteuse et assimilée à la délinquance, et offre ainsi à la stigmatisation des millions de personnes en raison de leur origine ou de leur situation sociale.

Ce qui est à l’œuvre dans cette démarche ne s’inscrit pas dans le débat légitime, dans une démocratie, sur la manière d’assurer la sûreté républicaine. Le nécessaire respect de l’ordre public n’a pas à être utilisé pour créer des distinctions entre les habitants de ce pays et désigner des boucs émissaires. Ni pour instituer des peines de prison automatiques, contraires aux principes fondamentaux du droit pénal, à l’indépendance de la justice et à l’individualisation des peines.

La Constitution de la France, République laïque, démocratique et sociale, assure « l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ».

Nul, pas plus les élus de la nation que quiconque, n’a le droit de fouler au pied la Constitution et les principes les plus fondamentaux de la République.

Notre conscience nous interdit de nous taire et de laisser faire ce qui conduit à mettre en péril la paix civile.

Nous appelons à une manifestation le samedi 4 septembre 2010, place de la République à Paris, à 14h00, et partout en France, afin de fêter le 140e anniversaire d’une République que nous voulons plus que jamais, libre, égale et fraternelle.

ALUMA : des dattes que l’on boycotte aussi


AJOUTEZ AUX MARQUES CI-DESSOUS /

ALUMA à boycotter, celles de droite viennent de Tunisie, elles sont OK

BDS – BOYCOTT, DESINVESTISSEMENT SANCTIONS

Comme chaque année avant le Ramadan, Israel exporte en grandes quantités des dattes, de différents labels, souvent trompeurs quant à leur véritable provenance, qui sont des terres palestiniennes volées, notamment dans la vallée du Jourdain. Ne vous laissez pas abuser, et protestez auprès des commerçants qui acceptent de renflouer les criminels de guerre. (Voir ou revoir notre vidéo sur ce sujet : http://www.europalestine.com/article.php3 ?id_article=4322

NewYorkTimes: Attaquer l’Iran est un acte illogique


19/08/2010

Le quotidien américain le New York Times a vilipendé l’article de Jeffrey Goldenberg, publié dans le magazine Atlantic, sur une attaque imminente d’ « Israël » contre l’Iran !

En effet, le quotidien estime que l’article ne contient pas suffisamment de preuves ou même d’éléments de preuve concluants pour justifier une attaque (d’Israël) contre l’Iran, notant que l’analyse de Goldenberg s’est basée sur ce que pensent les dirigeants israéliens.

A la lumière de ce qui a été dit, l’article de Goldenberg dans Atlantic a suscité l’intérêt des médias internationaux, qui ont qualifié cet article de propagande plutôt que d’un article analytique.

Le quotidien New York Times a jugé qu’une attaque contre l’Iran n’est pas une décision raisonnable ou rationnelle, mais basée sur des émotions passionnées.

Pour le New York Times, il ne fait aucun doute que Goldenberg fait partie de ceux qui défende l’option de la guerre à travers ses écrits, ainsi – rappelle le quotidien- il avait écrit un article en 2002 publié dans le New Yorker magazine dans lequel il fait allusion à ce qu’il appelle être une preuve d’une relation entre le dictateur Saddam Hussein et al- Qaïda.

Le quotidien américain note que des suspicions planent sur les raisons pour lesquelles Goldenberg écrit de tels articles, relevant du fait de sa relation intime avec l’entité puisqu’il a servi dans l’armée sioniste plus d’une fois, et qu’il est accusé d’avoir une certaine influence sur le Premier ministre israélien Netanyahu.

Le New York Times conclut qu’une attaque sur l’Iran reflète les désirs et les motifs personnels de Netanyahu, appelant l’administration américaine – sans la nommer – de ne pas soutenir une telle attaque, un soutien qu’Israël attend toujours, précise le quotidien !

source

Halte aux procès politiques contre les défenseurs du droit !


Communiqué de BDS France

Farida Trichine, Henri Eichholzer, Mohamed Akbar, Aline Parmentier et Jacques Ballouey, cinq militants de la solidarité avec la Palestine et membres du collectif « Boycott 68 » sont convoqués le 13 septembre prochain au tribunal correctionnel de Mulhouse.

Il leur est reproché d’avoir appelé, à l’aide de tracts, au boycott des produits étiquettés « Israël » dans un hypermarché Carrefour le 29 septembre 2009.

L’action non violente et citoyenne de ces militants s’inscrit dans le cadre de la Campagne BDS « Boycott Désinvestissement Sanctions ». Cette campagne, lancée en 2005 et menée à l’échelle internationale s’inspire de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, vise à mettre fin à l’impunité d’Israël et à faire reconnaître les droits du peuple palestinien.

Nous tenons à rappeler que la campagne BDS France a pour fondement la lutte pour le respect du droit et contre tous les racismes et toutes les discrimination. Sa charte stipule : « Notre action est éthique, citoyenne et politique. Elle s’inscrit dans notre combat permanent contre toute forme de racisme. Elle ne vise pas des personnes ou des groupes en raison de leur origine ou de leur religion juive, ni leurs entreprises ou leurs produits. Nous faisons une différence évidente entre un produit israélien que nous boycottons, et un produit casher produit par une entreprise non israélienne que nous ne boycottons pas. Ce boycott ne vise pas la société israélienne ni les individus qui la composent, en tant que tels, il vise la politique coloniale d’occupation israélienne et ses partisans. »

D’autre part il faut constater que depuis des années les produits estampillés « made in Israël » sont pour la plupart délivrés sous de faux certificats ; il est aujourd’hui avéré que de très nombreux produits étiquetés sous cette provenance et commercialisés dans différentes enseignes françaises proviennent en réalité des Territoires Palestiniens Occupés. Toutes les normes du droit international considèrent cette exploitation économique illégale comme un crime de guerre.

De nombreux citoyens et militants de la Campagne BDS France ont déjà alerté les plus hautes autorités de l’état sur cette fraude massive menée à l’échelle nationale et bénéficiant directement à l’État colonial d’Israël.

Or loin de se soucier de cette infraction généralisée au droit douanier européen mais aussi international, notre gouvernement, et son premier ministre François Fillon, préfèrent apporter leur soutien aux partisans les plus acharnés et inconditionnels d’Israël à l’origine de tous les procès contre les militants soutenant la Campagne BDS.

La Campagne BDS France récuse catégoriquement les accusations infamantes des poursuites requises contre ces cinq militants pour « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence », et dénonce les pressions exercées au plus haut niveau de l’État pour poursuivre et intimider les militants qui participent à cette campagne.

La Campagne BDS France tient à assurer les cinq militants du « Collectif Boycott 68 » de son entier soutien, et continuera à oeuvrer avec détermination pour que le droit puisse enfin être opposable aux agissements illégaux de l’État d’Israël.

Campagne BDS France

Courriel : Ccampagnebdsfrance@yahoo.fr

Site : http://www.bdsfrance.org/

Paris, le 16 aôut 2010 – BDS France

Le Parti Pirate suédois va héberger Wikileaks sur ses serveurs


par la rédaction, ZDNet France. Publié le 19 août 2010

Juridique – Sous pression depuis la diffusion de 76 000 documents confidentiels sur l’intervention militaire en Afghanistan, Wikileaks sera hébergé gracieusement sur les serveurs du Pari Pirate. Ce dernier espère en retirer un avantage alors qu’il se présente aux élections générales pour entrer au parlement suédois.

Après avoir offert son soutien logistique au site The Pirate Bay, le Parti Pirate suédois récidive en annonçant qu’il va héberger gracieusement Wikileaks sur ses serveurs. L’hébergement sera effectif d’ici quelques jours.

La nouvelle est une véritable aubaine pour Wikileaks qui est dans le collimateur des États-Unis et de nombreux autres pays pour avoir diffusé 76 000 documents issus des archives militaires sur l’intervention en Afghanistan.

Julian Assange, le créateur de Wikileaks est devenu la bête noire des services de renseignement. Il a promis de diffuser d’ici quelques semaines les 15 000 documents restant sur le conflit afghan.

Un enjeu électoral ?

Le site s’illustre depuis plusieurs années en permettant à quiconque de transmettre des documents sensibles de façon anonyme. On se souvient notamment de la publication d’une vidéo tournée en Irak depuis un hélicoptère américain ouvrant le feu sur un groupe d’individus dans lequel figurent des civils et deux journalistes de l’agence Reuters.

Le soutien du Parti Pirate n’est pourtant pas qu’une affaire de liberté d’expression. Des élections générales vont avoir lieu en Suède le 19 septembre et le Parti Pirate a besoin de recueillir 4% des voix pour entrer au parlement. Or les sondages actuels le créditent de moins de 2%.

On devine quel profit politique le Parti Pirate pense retirer de sa main tendue à Wikileaks auprès de l’électorat sensible aux questions de liberté de l’Internet. (Eureka Presse)

La « flottille des femmes » vers Gaza quittera le Liban dimanche 22 août


Rompre le blocus de Gaza

jeudi 19 août 2010, par La Rédaction

Les quelque cinquante femmes qui vont embarquer souhaitent briser le blocus israélien…
C’est pour dimanche. Le comité organisateur de la « flottille des femmes » a annoncé ce jeudi que le bateau d’aide humanitaire, qui doit briser par la mer le blocus israélien de la bande de Gaza, quittera dimanche le Liban pour Chypre.

Des religieuses, des intellectuelles et une femme enceinte

Le bateau, qui bat pavillon bolivien, « partira pour Chypre dimanche à 22 heures locales (minuit lundi matin, heure française) du port de Tripoli », a indiqué à la presse Samar el-Hajj, l’organisatrice de l’expédition. Baptisé « Mariam » en l’honneur de la Vierge Marie, le cargo chargé de médicaments et d’instruments médicaux est actuellement amarré au port de Tripoli, dans le Nord du Liban, et ne doit transporter que des femmes, de divers pays et religions.

A son bord, un groupe de religieuses américaines, des médecins, des avocats, des militantes, des journalistes, la chanteuse libanaise May Hariri, et même une femme enceinte. Cette dernière a décidé de participer à la « flottille des femmes » car elle considère que le blocus est injuste : « Ces gens ont besoin d’aide », selon elle.

Ces quelque 50 femmes (dont 30 Libanaises) ont toutes pris le nom du bateau pour identité, et se reconnaissent par le numéro qui y est accolé, « pour éviter de subir les pressions des ambassades », indique Samar el-Hajj, l’une des organisatrices.

« Aucun rapport avec le Hezbollah »

« Nous sommes des femmes indépendantes désireuses de briser le blocus de Gaza », avait auparavant expliqué Samar el-Hajj, notant que ces militantes n’étaient affiliées à aucun mouvement. « Cela n’a aucun rapport avec le Hezbollah », le parti chiite libanais. C’est Free Gaza (une coalition d’organisations pro-palestiniennes et déjà organisatrice de la « flottille de la liberté », cible d’un arraisonnement israélien sanglant le 31 mai dernier) qui est en charge de la logistique du projet.

Le mouvement, soutenu par des personnalités dont le prix Nobel de la paix 1976 ou l’intellectuel juif américain Noam Chomsky, est accusé par Israël d’accueillir des éléments favorables au Hamas et d’autres islamistes représentant une menace pour sa sécurité. De plus, si Samar Al-Hajj affirme que la « flottille des femmes » est purement humanitaire, Israël ne voit pas d’un bon œil le départ du bateau du Liban, pays avec lequel il est techniquement en état de guerre, et craint que le Mariam ne transporte en fait des armes pour Gaza.

Départ repoussé

Ainsi, alors que l’équipage du Mariam avait espéré partir il y a plusieurs semaines, son départ a été repoussé : l’Etat hébreu a lancé une mission diplomatique au Liban pour empêcher la mission. Malgré tout, le gouvernement libanais a donné son autorisation pour que le bateau rejoigne Chypre, la première étape de son périple, tout en se déchargeant de toute responsabilité, a rapporté mardi le Guardian.

« L’ambassadeur de Chypre à Beyrouth a tenté de nous convaincre de ne pas y aller en affirmant que son pays n’allait pas nous donner l’autorisation pour nous diriger vers la bande de Gaza », a expliqué Samar el-Hajj à l’AFP, ajoutant « mais nous insistons : nous n’avons pas d’armes et nous irons à Gaza », sans pour autant préciser comment les militantes comptaient s’y prendre.

Israël utilisera les « mesures nécessaires » pour les arrêter

L’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Gabriela Shalev, a en effet averti que Israël se réserve le droit d’utiliser les « mesures nécessaires » en conformité avec le droit international pour arrêter le navire. Les participantes connaissent bien les dangers de ce type de périple, et Samar Al-Haj leur a rappelé qu’une confrontation était très possible. Elle leur recommandé de faire « des analyses de sang », au cas où le bateau serait attaqué et où certaines passagères auraient « besoin d’une transfusion sanguine ».

Elle a ajouté que les organisateurs allaient tout faire pour ne pas provoquer Israël et montrer qu’ils sont totalement pacifiques. « Nous n’allons même pas porter des couteaux de cuisine », dit-elle. L’une des passagères a affirmé qu’en cas d’assaut militaire israélien, elles « ne prévoient pas de se battre ou d’attaquer », mais ne quitteront pas le navire. Plus facile à dire qu’à faire.

Photo : L’organisatrice de la « flottille des femmes », Samar al-Hajj, annonce à la presse le départ prochain du Mariam, qui doit briser le blocus israélien de la bande Gaza, dans le port de Tripoli, au Liban, le 19 août 2010. Hussein Malla/AP/SIPA

(Avec les agences de presse – Jeudi 19 août 2010)

Blocus allégé, mais les soucis restent


Proche-Orient : Davantage de marchandises entrent dans la bande de Gaza

LOOS,BAUDOUIN

Lundi 16 août 2010
Baudouin Loos, Le Soir

La décision du gouvernement israélien du 20 juin dernier assouplissant le blocus économique drastique imposé à la bande de Gaza depuis la prise de contrôle du petit territoire par le mouvement islamiste Hamas en juin 2007 a-t-elle rendu la vie quotidienne des Gazaouis plus supportable ? La question mérite une réponse nuancée (1).

La scène se passe le 17 juillet à Gaza. Ce jour-là, des milliers de personnes se pressent pour l’inauguration du premier « mall » (galerie commerçante) de la ville. Le bâtiment, sur deux étages, abrite des dizaines de magasins, une grande surface, un fast-food et deux… salles de prière, une pour les hommes, l’autre pour les femmes, le tout agrémenté d’air conditionné. Les marchandises, plutôt bon marché, abondent, elles proviennent à 90 % d’Israël, selon les directeurs du « mall ».

Le blocus ne serait-il plus qu’un mauvais souvenir ? Son assouplissement mentionné plus haut – et décidé par un Israël sous forte pression après le drame des neuf tués lors de l’assaut contre la flottille turque pour Gaza le 31 mai – commence en tout cas à porter ses premiers fruits. Au lieu d’une courte liste de moins de cent produits autorisés à entrer dans la bande de Gaza, les Israéliens laissent dorénavant passer un peu de tout, sauf les marchandises qui peuvent être utilisées pour fabriquer des armes ou des bâtiments fortifiés (les matériaux de construction restent donc bannis sauf exceptions).

C’est la fin de la politique israélienne élaborée de manière scientifique pour répondre à un triple critère : « Pas de développement, pas de prospérité et pas de crise humanitaire », cela dans le but de miner le Hamas en attisant le mécontentement populaire contre lui. De toute façon, le plan n’avait pas fonctionné.

L’épisode du « mall » atteste d’ailleurs de ce que le Hamas veille à soigner sa cote : beaucoup de Gazaouis soupçonnent le mouvement islamiste d’avoir appuyé le projet commercial, qui a du reste été inauguré en grande pompe en présence d’un cacique du Hamas, Abou Oussama al-Kurd, qui a le titre de ministre du Travail. Ledit Hamas a aussi favorisé l’ouverture, ces derniers mois, de parcs de loisirs, de piscines et d’un restaurant de luxe. Une sorte de pied de nez des islamistes à l’embargo, en somme.

Pas de reconstruction

Mais l’approvisionnement de la bande de Gaza reste encore loin des niveaux d’avant juin 2007 : selon l’ONG israélienne de défense des droits humains Gisha, le nombre de camions de marchandise qui entrent à Gaza est à 40 % de ce qu’il était avant le siège renforcé (il était à 25 % avant l’assouplissement de juin).

Les importations de contrebande en provenance du Sinaï égyptien ne sont donc pas encore taries : ces centaines de tunnels creusés à la frontière méridionale du territoire, à Rafah, continuent à fonctionner et toutes sortes de marchandises y transitent. Mais les prix de ces biens sont plus chers que les produits israéliens. Et le Hamas collecte une taxe sur ces importations.

Les difficultés de la vie quotidienne demeurent en tout état de cause pesantes. Sami Abdel-Shafi, consultant économique indépendant cité par The Independent le 26 juillet, l’explique : « Quelles que soient les marchandises qui apparaissent à Gaza, la vie des gens continuera à être court-circuitée aussi longtemps qu’ils ne pourront pas circuler librement et qu’ils ne pourront reconstruire une économie qui fabriquait des produits d’exportation et employait des centaines de milliers de personnes réduites à mendier l’aide internationale. »

Car Israël, qui avait pulvérisé des centaines d’usines et d’ateliers lors de son offensive entre le 27 décembre 2008 et le 18 janvier 2009, ne permet toujours pas à la reconstruction de prendre son essor, outre que les exportations de marchandises manufacturées restent prohibées. Les matériaux indispensables comme le ciment restent interdits à l’importation, à la fois pour les projets économiques ou pour les 40.000 habitations à bâtir ou à rebâtir. Seules exceptions : des projets contrôlés par des organisations internationales.

« Il y a du ciment à Gaza, nous dit la députée européenne socialiste Véronique De Keyser qui y était encore à la fin de mai. Mais pour 90 % des Gazaouis qui vivent d’allocations de misère dans une extrême pauvreté, son prix est inabordable, comme tous les prix du marché noir. »

L’agriculture locale, naguère exportatrice de fraises et de fleurs coupées, subit également et à de rares exceptions près le contrecoup des événements : des champs ont été dévastés et Israël a fait le vide sur une ceinture large de 500 à 2.000 mètres à l’intérieur du territoire ; les soldats israéliens n’hésitent pas à tirer à balles réelles sur toute personne pénétrant dans cette zone dite de sécurité. Engrais et fertilisants, par ailleurs, demeurent interdits d’importation. Les pêcheurs, eux, ne travaillent quasiment plus car la marine de guerre israélienne les empêche de dépasser une limite de 3 milles des côtes.

Eau non potable

Les infrastructures pâtissent aussi de la situation politique : selon les critères de l’Organisation mondiale de la santé, 90 % de l’eau n’est pas potable – avec des conséquences dramatiques sur la santé –, les stations d’épuration sont souvent défectueuses et manquent de pièces de rechange, tout comme les égouts, qui rejettent à la mer 60 millions de mètres cubes d’eaux usées non traitées par mois.

Dans un territoire où 40 % au moins des travailleurs sont au chômage et où 80 % des gens dépendent de l’aide extérieure, la population survit dans ce que le Premier ministre britannique, David Cameron, a qualifié le 27 juillet de « prison à ciel ouvert ». Car les Egyptiens ne permettent que le passage au compte-gouttes de catégories précises de voyageurs (malades, étudiants) et la frontière israélienne est close pour quasi tout le monde.

On le voit, l’assouplissement du blocus économique constitue un certain progrès pour les Gazaouis, mais il reste loin – très loin – de résoudre leurs problèmes.

(1) Les sources utilisées pour rédiger cet article sont les communiqués officiels, les reportages de la presse occidentale et arabe, les rapports et déclarations des Nations unies, les estimations des ONG palestiniennes, israéliennes et internationales.

Contexte

Le problème

La bande de Gaza, sous contrôle des islamistes du Hamas depuis 2007, est soumise à un embargo strict de la part d’Israël (et aussi de l’Egypte). Après les neuf tués de la flottille humanitaire turque du 31 mai, Israël a dû assouplir le blocus en raison de l’opprobre international.

L’enjeu

Le million et demi de Palestiniens de Gaza paie pour avoir « mal voté » en 2006, quand le Hamas remporta les élections. Ni l’Autorité palestinienne d’Abbas à Ramallah, ni Israël, ni l’Egypte ne veulent voir l’expérience islamiste réussir.

A suivre

L’assouplissement limité du blocus ne permettra pas à Gaza de se remettre : les matériaux pour la reconstruction restent le plus souvent prohibés, les exportations sont impossibles et les personnes ne peuvent entrer/sortir librement du territoire. (B.L.)

source

voir aussi ce petit article dans libé

Pourquoi le Pakistan nous laisse-t-il froids ?


« Ils ont le tort d’être musulmans ! »

DORZEE,HUGUES; BOURTON,WILLIAM

Mercredi 18 août 2010

A ce jour, les appels aux dons pour la population sinistrée du Pakistan rencontrent moins d’écho qu’espéré. Pourquoi ?

En tout cas pas parce qu’elle risque d’être détournée par les talibans, comme on a pu l’entendre… Ça, c’est de la pure propagande ! Si l’aide risque d’être détournée par quelqu’un, c’est par les autorités civiles, par le gouvernement. Il y a eu le précédent du tremblement de terre de 2005 où la corruption était réelle de la part d’autorités locales.

Mais surtout, comme l’a dit l’autre jour de manière très « soft » un représentant de Médecins sans frontières, il n’y a pas de proximité culturelle entre les Européens et le Pakistan. Soyons clairs : les Pakistanais ont le tort d’être musulmans ! Ce n’est pas comme Haïti. Cela joue un rôle. D’autant qu’il ne s’agit pas de « n’importe quels musulmans », puisque les médias nous donnent toujours l’image d’un pays fait uniquement de dangereux extrémistes… Ce n’est qu’une minorité de la population, mais c’est l’image qu’on en a. Alors évidemment, on n’a pas envie de les aider.

On a également insisté sur le fait qu’il existait des organisations caritatives islamistes qui aident les réfugiés…

C’est quelque chose d’extrêmement marginal, elles interviennent de manière très limitée. Du reste, les gens sont dans la survie : ils ont besoin d’eau potable et de nourriture. Il leur est parfaitement égal d’où elles viennent. Ils ne vont pas demander à la personne qui les leur donne si elle a un agenda derrière la tête. Et puis personne ne songerait à dire que le Secours catholique, par Caritas, très présent au Pakistan, tente en fait de convertir les gens…

Les Américains, qui ont une mauvaise image au Pakistan, se sont dit : « Allons-y, c’est le moment d’essayer de redorer notre blason. » Ils médiatisent au maximum toute l’aide qu’ils apportent aux gens, et personne ne les critique. Je ne suis pas sûre que les gens vont devenir pro-américains pour ça… Ils s’étaient montrés très présents lors du tremblement de terre et les gens sont devenus encore plus anti-américains après.

Bref, le Pakistan souffre d’un « déficit d’image »…

C’est effectivement un problème d’image. Et c’est un cercle vicieux. On ne les aide pas en insistant sur ces organisations caritatives liées à des groupes extrémistes ou en donnant la parole à certains jeunes gens qui jouent aux machos devant les micros occidentaux… Ce sont des mots, c’est du bla-bla, cela ne va pas au-delà.

Le manque de sollicitude d’une partie de la communauté internationale ne risque-t-il pas de jeter les populations locales dans les bras de ceux qui ont fait de l’« anti-occidentalisme » leur fonds de commerce ?

Mais non ! Ces organisations sont impopulaires. Il ne faut pas oublier que le Pakistan connaît des attentats dans l’ensemble du pays, qui font énormément de victimes et que l’armée mène une guerre civile depuis 2003 dans le nord-ouest. Tant que les attentats restaient circonscrits à l’ouest de l’Indus, il y a des gens qui ne soutenaient pas les opérations militaires. Mais à partir du moment où ils ont attaqué le Penjab, les gens ont commencé à soutenir l’armée. Là, c’est l’armée qui va sortir grandie de cette catastrophe, parce qu’elle était sur place dès le début, de manière organisée et efficace, avec quelque 50.000 hommes, des hélicoptères, des C 130, des bateaux et tout ce qu’il fallait pour évacuer les gens…

Des dons tardifs, mais progressifs

Les ONG belges se mobilisent pour le Pakistan. Et l’appel aux dons, lancé début août, porte lentement ses fruits. Un élan de générosité tardif ? « Beaucoup de donateurs étaient en vacances quand les fortes inondations ont débuté, relève Erik Todts, porte-parole du Consortium belge pour les situations d’urgence (1). Par ailleurs, il ne s’agit pas d’une catastrophe immédiate, comme ce fut le cas du tsunami (décembre 2004) ou du séisme survenu en Haïti (janvier 2010). Il a fallu un certain temps pour mesurer la gravité de la crise. »

« Jusqu’à vendredi, confirme Fabienne Damsin, responsable de la communication à la Croix-Rouge de Belgique, les dons arrivaient lentement. Quelques milliers d’euros, sans plus. Depuis plusieurs jours, l’intérêt des médias pour cette situation d’urgence va en grandissant et le grand public a davantage conscience de l’ampleur du drame qui se joue là-bas. »

Plus de 1.600 morts, 20 millions de Pakistanais affectés, 70.000 hectares de cultures dévastées, une aide à la reconstruction estimée à 2,5 milliards de dollars… Les chiffres sont désormais connus. Et les médias s’emparent, peu à peu de l’événement. « Petit à petit, se réjouit Erik Todts, des envoyés spéciaux et des correspondants sont dépêchés sur place. Ce qui va permettre au public de mieux comprendre les enjeux et d’évaluer les vrais besoins. »

Le Pakistan, pays musulman, « mal-aimé » des donateurs occidentaux ? « Non, je ne le crois pas, réagit Raphaël Piret, attaché de presse de MSF Belgique. Nous avons lancé un premier appel aux dons début août. Ce jeudi débutera une grande campagne nationale. Et les donateurs réagissent très bien. Le profil du pays touché n’entre pas en ligne de compte, à mon avis. »

Présent au Pakistan bien avant la catastrophe, MSF Belgique s’est fixé comme objectif un budget de 7 millions d’euros. Sur place, une centaine d’expatriés et 1.200 employés pakistanais sont actifs dans les provinces du Khyber Pakhtunkhwa, du Baloutchistan, du Sind, ainsi qu’au Pendjab. Fourniture d’eau potable, consultations, aide d’urgence, leur tâche est immense.

A la Croix-Rouge Belgique, même détermination : « Le Croissant rouge mobilise 120.000 volontaires. Et, comme le veut la procédure, elle a fait appel à la Fédération internationale, qui a fait notamment appel à nous, explique Fabienne Damsin. Une équipe “Benelux“ composée d’experts en appui logistique est sur place. Ce mercredi, une autre équipe va également partir. » De son côté, Caritas International a débloqué une première aide d’urgence de 50.000 euros et lancé également un appel aux dons.

Mise à disposition d’eau potable, nourriture, soins médicaux, prise en charge spécifique des enfants et des mères allaitantes, abris… « Les besoins sont énormes », insiste-t-on au Consortium 12-12. Lequel n’exclut pas la création d’un compte unique, comme pour le tsunami et en Haïti. « On décidera jeudi. Mais il faut être sûr que ça puisse servir la cause », insiste Erik Todts. Une cause qui, lentement mais sûrement, génère un début d’élan de solidarité…

(1) Caritas International : 000-0000041-41

Handicap International : 000-0000077-77

Médecins du Monde : 000-0000029-29

Oxfam-Solidarité : 000-0000028-28

et Unicef Belgique : 000-0000055-55

(Croix-Rouge Belgique : 000-0000016-16)

source

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Retour en haut ↑