Le cargo libyen Amalthéa a accosté en Egypte


le Jeudi 15 Juillet 2010 à 00:38


Le cargo libyen d’aide humanitaire pour Gaza a rejoint ce mercredi 14 juillet au soir le port égyptien de Al-Arich, Israël ayant menacé de l’intercepter s’il atteignait l’enclave palestinienne. La Fondation Khadafi, qui l’a affrêté, a voulu éviter l’affrontement avec la marine israélienne. Le navire déchargera ses deux mille tonnes de médicaments et de vivres. Une aide qui sera ensuite remise au Croissant rouge égyptien qui se chargera de la livrer aux Palestiniens.

Le cargo d’aide libyen, qui devait initialement briser le blocus israélien de la bande de Gaza, s’est finalement mis à quai au port égyptien d’Al-Arich mercredi soir et a accepté que son aide soit acheminée via l’Egypte, selon un correspondant de l’AFP sur place.

Jusqu’au dernier moment, la Fondation Kadhafi, affréteur du navire, a fait planer le doute sur la destination finale du bateau alors que les militants pro-palestiniens et membres d’équipage qui se trouvaient à bord se disaient déterminés à se diriger vers Gaza malgré les menaces de la marine israélienne qui escortait le navire.

La Fondation a annoncé que le cargo Amalthéa, même s’il déviait son cap, avait «marqué des points» en faveur du peuple palestinien et de la reconstruction de Gaza. «L’objectif d’Amalthéa a été atteint sans que le sang coule», a dit le directeur exécutif de cette Fondation, Youssef Sawan.

Selon lui, la Fondation a obtenu des garanties du Caire et d’un «médiateur européen» qu’il n’a pas nommé pour qu’Israël accepte l’entrée de la cargaison du navire à Gaza. Parti samedi soir de Grèce, le cargo est chargé de deux mille tonnes d’aide humanitaire sous forme de nourriture et de médicaments, selon la fondation libyenne.

La Libye a aussi obtenu des garanties pour «dépenser 50 millions de dollars dans la construction de logements dans la bande de Gaza avant l’hiver», a dit encore M. Sawan. «Dès que le cargo arrivera à Al-Arich, les autorités égyptiennes le déchargeront et remettront l’aide au Croissant-Rouge égyptien, qui la livrera aux Palestiniens», avait auparavant précisé Ahmad Aboul Gheit, le ministre égyptien des Affaires étrangères. Les autorités portuaires égyptiennes ont indiqué qu’il devrait être déchargé jeudi.
Le port d’Al-Arich est à 50 km au sud-ouest de la bande de Gaza.

«Nous sommes heureux de constater que le bateau a accosté à Al-Arich et que sa cargaison puisse être transférée par les voies établies» vers Gaza, a affirmé à l’AFP Richard Miron, porte-parole de l’envoyé des Nations unies pour le Proche-Orient, Robert Serry. «Nous souhaitons que toute confrontation soit évitée, et continuerons d’appeler toutes les parties impliquées à faire preuve de calme et de retenue», a-t-il ajouté.
Israël a déployé d’intenses efforts diplomatiques pour que le cargo se déroute vers l’Egypte en avertissant qu’il n’hésiterait pas à l’arraisonner s’il maintenait le cap sur Gaza.
Le cargo avait à son bord 21 personnes : 12 membres d’équipage, huit activistes pro-palestiniens et un journaliste.

Le 31 mai, des commandos israéliens avaient intercepté une flottille humanitaire internationale qui s’efforçait de «briser» le blocus israélien. L’opération israélienne, mal préparée et mal exécutée avait entraîné la mort de neuf militants turcs pro-palestiniens, soulevant un tollé dans le monde entier. Israël a défendu mercredi devant le Comité des droits de l’Homme de l’ONU à Genève son droit à exercer des «représailles» contre tout navire qui tenterait de «violer» le blocus imposé à la bande de Gaza.

Après le 31 mai, Israël a accepté d’alléger le strict blocus qu’il impose à Gaza depuis que le Hamas y a pris le pouvoir en 2007, et affirme que seuls les armes et les biens pouvant être utilisés à des fins militaires demeurent interdits. Il maintient toutefois son blocus maritime de peur que des armes ne soient livrées à Gaza par la mer.

Source : ici

L' »Amalthéa » aurait demandé à accoster en Egypte


mardi 13 juillet 2010, par La Rédaction


« Amalthéa », le bateau affrété par la Libye et chargé d’aide humanitaire pour la bande de Gaza aurait demandé et obtenu l’autorisation d’accoster en Egypte, annonce un responsable égyptien.

« L’Egypte a donné au bateau libyen l’autorisation d’accoster au port d’El Arich au lieu du port de Gaza », a dit le responsable, ajoutant que son pays permettrait aux passagers et à la cargaison médicale du bateau d’entrer dans la bande de Gaza par le point de passage de Rafah.

Dans la journée, la marine israélienne avait ordonné au bateau, baptisé Espoir, de se dérouter vers d’El Arich, mais son commandant avait refusé d’obtempérer. L’enclave palestinienne de Gaza est soumise à un blocus maritime d’Israël.
Le navire, qui a appareillé samedi de Grèce, est affrété par la fondation caritative libyenne présidée par Saïf al Islam, fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.

(Mardi, 13 juillet 2010 – Avec les agences de presse, 21h55)

source

« Amalthéa » Le propriétaire du navire affirme qu’il ne cèdera pas aux pressions


mardi 13 juillet 2010, par La Rédaction

Israël se dit prêt à intercepter un cargo d’aide libyen en route pour Gaza si le bateau tente de forcer le blocus maritime du territoire palestinien, six semaines après l’arraisonnement d’une flottille humanitaire internationale.
Les autorités israéliennes ont lancé un ultimatum au navire, affrété par la Fondation Kadhafi pour Gaza, pour qu’il se détourne de son cap avant mardi minuit (21H00 GMT). « Les autorités israéliennes nous ont donné jusqu’à ce soir minuit pour changer de direction vers le port (égyptien) d’Al-Arich. Sinon, elles menacent d’intercepter le bateau avec leur marine de guerre », a déclaré à l’AFP un représentant de la Fondation libyenne à bord, Machallah Zwei, joint par téléphone satellitaire.
Selon M. Zwei, le capitaine du cargo a répondu « que la question va être étudiée par les responsables du navire avant de donner une réponse ».

« La marine israélienne a commencé des préparatifs pour arrêter le navire s’il tente de violer le blocus maritime », a confirmé une porte-parole de l’armée à Jérusalem, en précisant qu’un contact radio avait été établi avec le bateau libyen.
A la mi-journée, le cargo Amalthéa, parti samedi soir de Grèce, était à 130 milles marins (près de 240 km) de la bande de Gaza, où il devait accoster mercredi matin.

« Nous avons expliqué aux autorités israéliennes que notre destination initiale était Gaza et que nous n’étions pas là pour faire de la provocation », a expliqué M. Zwei.

Selon la Fondation Kadhafi, une association caritative présidée par Seif Al-Islam, fils du numéro un libyen Mouammar Kadhafi, l’Amalthéa est « chargé de deux mille tonnes d’aide humanitaire sous forme de nourriture et de médicaments ».
Outre les 12 membres d’équipage de diverses nationalités, neuf personnes (six Libyens, un Nigérien, un Marocain et un Algérien) sont à bord, selon l’agent maritime de l’Amalthéa.

Ces derniers jours, Israël a déployé d’intenses efforts diplomatiques pour que le cargo libyen détourne sa route vers l’Egypte mais a averti qu’il n’hésiterait pas à l’arraisonner s’il maintenait le cap sur Gaza.
L’Etat hébreu, qui a dénoncé « une provocation superflue », espère prévenir une réédition du récent fiasco de sa marine dans les eaux internationales au large de Gaza.

Le 31 mai dernier, des commandos israéliens avaient intercepté une flottille humanitaire internationale qui s’efforçait de « briser » le blocus israélien, une opération mal préparée et exécutée qui a entraîné la mort de neuf militants turcs pro-palestiniens, soulevant un tollé dans le monde entier.

Selon la Fondation Kadhafi, les pressions se sont accentuées mardi sur le propriétaire grec et le capitaine de l’Amalthéa afin de les pousser à changer de route.

« La Fondation a reçu une lettre de la compagnie propriétaire du navire confirmant les pressions exercées sur eux », a affirmé l’organisation sur son site internet, sans préciser la nature ou l’origine de ces pressions.

« Le propriétaire du navire a affirmé qu’il ne cèdera pas aux pressions, tout en notant qu’il n’avait pas l’intention d’entrer dans une confrontation », a souligné la Fondation qui a appelé toutes les parties « à permettre au navire d’atteindre sa destination finale ».

Les Israéliens, qui veulent escorter le bateau libyen dans leur port d’Ashdod (sud) pour y décharger sa cargaison, disent craindre l’importation massive d’armes et de matériel de guerre pour justifier leur blocus maritime de Gaza.

(Mardi, 13 juillet 2010 – Avec les agences de presse, 19h00)

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« Amalthéa » :
Ultimatum israélien pour mardi minuit

L’armée israélienne se prépare à stopper un cargo d’aide libyen, affrété par la Fondation Kadhafi pour Gaza, si celui-ci tente de forcer le blocus maritime du territoire palestinien, a indiqué mardi une porte-parole militaire.
« La marine a commencé des préparatifs pour arrêter le navire s’il tente de violer le blocus maritime », a déclaré à l’AFP la porte-parole en précisant que l’armée israélienne a « pris contact » avec le bateau libyen.

Selon un représentant de la fondation libyenne à bord du cargo, les autorités israéliennes ont donné jusqu’à mardi minuit au navire pour changer de cap, lors d’un contact radio. « Les autorités israéliennes nous ont donné jusqu’à ce soir minuit pour changer de direction vers le port (égyptien) d’Al-Arich. Sinon, elles menacent d’intercepter le bateau avec sa marine de guerre », a indiqué à l’AFP Machallah Zwei, joint par téléphone satellitaire.

Selon M. Zwei, le commandant du cargo a répondu « que la question va être étudiée par les responsables du navire avant de donner une réponse ».

A la mi-journée, le bateau était à 130 milles marins (près de 240 km) de la bande de Gaza et devait accoster mercredi matin, avait précisé un peu plus tôt M. Zwei.

« Nous avons expliqué aux autorités israéliennes que notre destination initiale était Gaza et que nous n’étions pas là pour faire de la provocation ».

« Nous avons également précisé que nous ne transportions que des produits alimentaires et des médicaments et nous leur avons demandé de nous laisser décharger notre cargaison à Gaza », avait ajouté M. Zwei.

Israël a déployé d’intenses efforts diplomatiques pour que le cargo Amalthéa détourne sa route vers l’Egypte mais a averti qu’il l’arraisonnerait s’il maintenait le cap sur Gaza. Le 31 mai dernier, la marine israélienne avait intercepté une flottille humanitaire internationale qui s’efforçait de « briser » le blocus israélien de Gaza, une opération qui avait entraîné la mort de neuf militants turcs pro-palestiniens, soulevant un tollé dans le monde entier.

(Mardi, 13 juillet 2010 – Avec les agences de presse, 16h15)

Entretien avec Jeff Halper


1ère partielundi 12 juillet 2010 – 06h:45


Jeff Halper est cofondateur et coordinateur du Comité israélien contre les démolitions de maisons (ICAHD). Il a participé comme personne-ressource (expert) à la 219è assemblée générale du Comité des études de l’Eglise presbytérienne au Moyen-Orient à Minneapolis (Minnesota – USA). PNN a pu s’entretenir à deux moments différents avec lui, au cours de la semaine, sur des sujets liés au conflit en Israël/Palestine.

Voici la première partie de ces entretiens

Un crime contre la paix


Que peut dire Assad qu’il n’ait déjà dit ? Combien de temps va-t-il devoir frapper en vain à la porte verrouillée d’Israël ?

Gideon Levy

11 juillet 2010 – Ha’aretz

On ne pourrait l’exprimer plus explicitement, plus clairement et avec plus d’insistance. Lisez et jugez par vous-mêmes : « Notre position est claire : si Israël rend tout le Plateau du Golan, bien sûr nous signons un accord de paix avec lui… Où est la paix quand l’ambassade est encerclée par la sécurité, quand il n’y a ni commerce ni tourisme entre les deux pays ? Ce n’est pas la paix. C’est un accord de cessez-le-feu permanent. C’est ce que je dis à quiconque vient à nous pour parler de la position syrienne : nous sommes intéressés par une paix globale, c’est-à-dire, par des relations normales ».
Qui a dit cela et à qui ?

Bashar al-Assad.

Le président syrien Bashar el-Assad au quotidien libanais As-SAfir, la semaine dernière. Ces propos stupéfiants ont été tenus à des oreilles arabes, pas occidentales, et ils sont passés pratiquement inaperçus ici. Vous pouvez le croire ?

Que peut dire Assad qu’il n’ait déjà dit ? Combien de fois doit-il exprimer ses intentions pacifiques avant qu’on se réveille ici ? Combien de temps va-t-il devoir frapper en vain à la porte verrouillée d’Israël ? Et si cela ne suffisait pas, il a aussi appelé la Turquie pour qu’elle agisse afin de calmer sa crise avec Israël et qu’elle puisse se faire le médiateur entre Israël et la Syrie.

Les paroles d’Assad auraient dû faire les gros titres des infos la semaine dernière, et ceux des prochaines semaines. Anwar el-Sadat en avait dit moins que cela avant de venir en Israël. A cette époque, nous avions été enthousiasmés par ses paroles, aujourd’hui, de façon éhontée, on ne s’occupe pas de telles déclarations.

Cela nous amène à une seule conclusion : Israël ne veut pas la paix avec la Syrie. C’est la leçon. Il préfère le Golan à la paix avec l’un des ses plus grands et plus dangereux ennemis. Il préfère l’immobilier, les chambres d’hôte, l’eau minérale, le vin au goût du jour et quelques milliers de colons à un changement stratégique dans son statut.

Imaginez ce qui arriverait si nous sortions des ruines de notre statut international pour signer un accord de paix avec la Syrie – à quel point le climat international à notre égard changerait soudainement, l’ « axe du mal » se fissurerait, et les forteresses de l’Iran qui s’affaibliraient, et comment le Hezbollah se retrouverait avec un œil au beurre noir, plus que dans toutes les guerres du Liban.

Et peut-être même que Gilad Shalit, retenu prisonnier par le Hamas basé à Damas, peut-être qu’il serait libéré. Cela paraît trop beau pour être vrai ? Peut-être, mais Israël n’essaie même pas. Un Premier ministre qui ignore une telle occasion n’est pas moins qu’un criminel de la paix.

Au lieu de la marche pour Shalit qui vient de s’achever, une autre marche aurait dû être organisée cette semaine, une autre plus imposante, plus déterminée, qui aurait exigé du gouvernement israélien, le refuseur de paix, qu’il agisse. Des cris rauques en seraient montés : « La paix avec la Syrie, maintenant ! ». Mais cette marche ne partira pas cette semaine. Apparemment, elle ne partira jamais.

Le compositeur interprète Shlomo Artzi, le chef d’orchestre Zubin Mehta et les honorables manifestants qui ont marché pour le soldat ne le feront pas pour soutenir un mouvement qui épargnerait la vie de nombreux soldats et civils. Pourquoi ? Parce qu’il faut du courage. Pourquoi ? Parce que Assad a raison quand il déclare à La Repubblica en Italie : « La société israélienne a trop penché à droite, elle n’est pas capable de faire la paix avec la Syrie. »

Certes, les Israéliens disent que le chef du Mossad pense que Assad ne fera jamais la paix parce que toute la justification de son régime se base sur son hostilité envers Israël. Nos experts ne font jamais d’erreur, quoique on ait dit la même chose à propos de Sadat. Certes, Assad dit aussi d’autres choses.

D’autres choses ? Pas vraiment. Il a dit que s’il ne réussissait pas par la paix, il essaierait de libérer le Golan par la résistance. Illogique ? Illégitime ? N’est-ce pas là une raison pour essayer de le défier ? Qu’avons-nous à perdre, sinon une chance ? Même la dernière feuille de vigne derrière laquelle se sont cachés quelques Premiers ministres ici – comme quoi les USA s’opposeraient à la paix avec la Syrie – est absurde.

Quelqu’un voit-il le Président US Barak Obama s’opposer à une initiative de paix avec la Syrie ? Quel dommage qu’il ne fasse pas pression sur Israël pour aller de l’avant avec lui !
Et puis, il y a ce vieux refrain : « Assad n’est pas sérieux. » Quand les dirigeants arabes font des menaces, ils sont sérieux ; quand ils parlent de paix, ils ne le sont pas. Et aussi : « Nous allons rendre le Golan et nous retrouver avec un bout de papier et des missiles. »

Vous vous rappelez comment on disait la même chose à propos de l’Egypte ? Et pourtant, aujourd’hui nous persistons : le Premier ministre manque de façon criminelle une chance historique de faire la paix, et nous restons là à bâiller, complètement indifférents. Ca semble logique, pas vrai ?

tp://www.haaretz.com/print-edition/opinion/a-peace-crime-1.301190
traduction : JPP

Un allègement qui veut faire oublier l’essentiel


Le Quotidien d’Oran
Analyse
11 juillet 2010

par Kharroubi Habib

Les indignations et dénonciations qui se sont exprimées dans les chancelleries occidentales suite à l’arraisonnement sanglant par la marine israélienne de la flottille de la paix pour l’empêcher de briser le blocus de la bande de Gaza n’ont duré que le temps qu’Israël prenne pour annoncer « l’allègement » de celui-ci. Il a donc suffi de ce « geste humanitaire » pour que ces milieux officiels occidentaux oublient qu’ils ont qualifié ce blocus d’illégal au plan du droit, d’insoutenable et d’inacceptable moralement.

Donc, à leurs yeux, pour peu qu’Israël « allège » un tant soit peu ce blocus, il n’est plus question d’en exiger la levée pure et simple. Et de fait, les pressions sur l’Etat sioniste dans ce sens sont devenues moins pressantes qu’elles ne l’ont été avant qu’il annonce sa décision « d’allègement ».

Se satisfaire de la mesure israélienne équivaut à accepter que Tel-Aviv maintienne le blocus. Ce que les amis du peuple palestinien ne peuvent cautionner en mettant fin à leurs actions pour le briser. Au contraire, ils devraient coûte que coûte les poursuivre et les multiplier. D’autres flottilles humanitaires doivent prendre le cap de Gaza, porteuses du message que l’aide à la population gazaouie ne doit pas être conditionnée au bon vouloir de l’Etat sioniste. Car cette conditionnalité, si elle est admise, fera elle aussi que le fait accompli du blocus israélien en deviendra un acte toléré.

Le recul des autorités sionistes, s’il en est un, de permettre l’entrée à Gaza sous leur contrôle de l’aide humanitaire internationale est un stratagème destiné à dévier l’attention et les exigences internationales de l’essentiel, à savoir la levée immédiate et inconditionnelle du barbare et infâme blocus qu’elles imposent à la population gazaouie. C’est la stratégie pérenne des gouvernants israéliens, quand ils sont acculés par les protestations internationales contre leurs atteintes récurrentes aux droits de l’homme et aux règles qui fondent les relations internationales, de faire semblant d’être accessibles aux concessions pour faire oublier que leurs actes relèvent tout simplement de l’inacceptable.

En se contentant de « l’allègement » du blocus promis par l’Etat sioniste, la communauté internationale fait prime à son arrogance et à son mépris de la légalité. C’est en effet lui signifier qu’il peut poursuivre impunément sa politique d’enfermement de la population gazaouie, mais en y mettant « des formes » susceptibles d’atténuer l’indignation de l’opinion internationale.

C’est cette hypocrisie officielle qui a cours sur le blocus inhumain dont sont victimes les Palestiniens qu’il faut mettre à nu. C’est, dans un premier temps, le rôle et la mission des initiatives humanitaires en faveur de ces Palestiniens.

Il ne s’agit pas pour les flottilles de la paix d’aller provoquer l’armada israélienne, mais de démontrer que son blocus n’est pas une opération purement sécuritaire. Qu’il est destiné à mettre à genoux une population qui a le tort de refuser la «pax israélienne» qui nie leur cause nationale et refuse le principe de la solution des deux Etats.

http://www.lequotidien-oran.com/?news=5140482

BDS : un après-midi de chien pour H&M


Vendredi, 09 Juillet 2010 18:18 LDL Le Boycott (BDS)

L’après-midi de ce vendredi de soldes n’a pas été des plus productifs pour le magasin de vêtements H&M, situé dans la rue de la Montagne (une des principales artères commerçantes du centre de la ville) à Charleroi. Il a en effet été la cible d’une « action BDS » menée par une quinzaine de membres de la « Plate-forme Charleroi-Palestine » à l’occasion du 5ème anniversaire de l’appel émanant de la société civile palestinienne en faveur d’une campagne mondiale qui s’est développée sous le nom de « B.D.S. – Boycott, Désinvestissements, Sanctions ».

suite

Latuff

16 ans, arrêté, relâché sous caution et convoqué devant le tribunal militaire après avoir été blessé par les tirs d’un colon


Palestine Monitor – 8 juillet 2010

Le 3 juin, un colon israélien tire sur Ibrahim Al-Biss et son ami Moataz, à l’extérieur du camp d’Al-Aroub. Trois semaines plus tard, et une semaine seulement après la sortie de l’hôpital de l’adolescent, la police israélienne le maintient en détention à Kiryat Arbat. Quand son père verse la caution demandée de 1 500 shekels (plus de 300 €) pour sa libération, la police remet à Ibrahim une citation à comparaître devant le tribunal militaire.

Texte et photo de Kara Newhouse

Ibrahim Al-Biss, 16 ans, avec sa petite soeur Yara

« Je n’arrive toujours pas à croire que c’est vrai » dit Ibrahim en parlant de son arrestation. A l’hôpital, après avoir été blessé, il m’a dit qu’il vivait cette expérience de la violence comme dans un rêve.

Le 6 juin, sur recommandation de la police israélienne, le père d’Ibrahim, Muhammad Al-Biss, a déposé plainte contre les tirs sur son fils. La loi israélienne exige de la police qu’elle enquête sur les faits. La famille affirme que sans le conseil de la police, elle en serait restée là, mais elle a donné suite, à ses dépens.

Le 21 juin, la police israélienne demande à Ibrahim et Muhammad de se présenter au commissariat de Gush Etzion à propos de la plainte déposée par Muhammad contre le colon. Quand le père et son fils arrivent, les autorités israéliennes les dirigent sur Kiryat Arbat et là, la police passe les menottes à Ibrahim et le garde en détention de 14 h à 23 h 30, sur l’accusation de jets de pierres contre des colons sur la route nationale n° 60.

Le père d’Ibrahim est resté avec lui tout le temps. Il déclare que la police lui a dit que le colon reconnaissait avoir tiré sur les garçons sans provocation, mais que quelqu’un dans le camp avait porté cette accusation de jets de pierres.

Muhammad suppose que la police a obtenu ce témoignage par intimidation ou même qu’elle l’a totalement inventé. Ibrahim a affirmé avant son arrestation qu’il n’avait pas lancé de pierres sur la voiture du colon. Selon une représentante de l’organisation israélienne des droits de l’homme, B’Tselem, l’accusation de jets de pierres ne permet pas juridiquement au colon de se défendre en tirant sur les garçons, mais une enquête approfondie par la police israélienne est peu probable.

Ibrahim a pris une balle dans l’agression du colon et a dû subir une opération chirurgicale sur trois organes internes. Aujourd’hui, dans sa maison familiale, sa convalescence le confine à rester sur le canapé sauf pour aller à la salle de bains.

Au poste de police, il a été privé de nourriture, d’eau et d’informations. Muhammad a insisté auprès des policiers, leur disant que la blessure d’Ibrahim leur interdisait, légalement, de le garder en prison. Un médecin militaire a examiné la blessure du garçon et a confirmé qu’Ibrahim devait être gardé en détention dans un hôpital, ou avoir un médecin auprès de lui en permanence. Au lieu de cela, la police a dit à son père de payer les 1 500 shekels de caution. Et quant il a payé, elle lui a remis une ordonnance du tribunal militaire citant Ibrahim à comparaître devant le tribunal le 12 octobre.

Selon la représentante de B’Tselem, même si la loi militaire israélienne permet aux mineurs de plus de 16 ans d’être traduits devant des tribunaux pour adultes, Ibrahim est susceptible de passer devant un tribunal pour enfant. Elle indique que dans 99% des affaires pour jets de pierres, le défendeur conclut un arrangement avec le tribunal et écope de trois à cinq mois de prison. La famille d’Ibrahim ne se fait pas assister d’un avocat dans son affaire.

Mahmoud Jabari a participé à la rédaction de cet article.
http://www.palestinemonitor.org/spip/spip.php?article1475
traduction : JPP

Le grand ayatollah Mohammad Hussein Fadlallah


Le grand ayatollah Mohammad Hussein Fadlallah

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 04.07.10 |

Le grand ayatollah Mohammad Hussein Fadlallah, autrefois considéré comme le mentor du parti pro-iranien Hezbollah et personnalité très influente de l’islam chiite, est mort dimanche à l’âge de 75 ans, a affirmé à l’AFP un de ses principaux conseillers. Né en 1935 dans la ville sainte de Najaf (Irak), le grand ayatollah avait été admis vendredi dans un hôpital de Beyrouth pour une hémorragie interne. Mohammad Hussein Fadlallah était considéré comme le guide spirituel du Hezbollah, durant les premières années de ce mouvement pro-iranien fondé au Liban en 1982 avec le soutien des Gardiens de la Révolution iraniens.

A l’instar du leader actuel du Hezbollah, Hassan Nasrallah, il était inscrit par les Etats-Unis sur leur liste des « terroristes internationaux » établie en 1995. Il avait été accusé dans les années 1980 par les médias américains d’être à l’origine des prises d’otages d’Américains au Liban par des groupes radicaux liés à l’Iran. D’autres médias le présentaient également comme un médiateur dans cette crise, mais la nature de son rôle n’a jamais été élucidée. Personnalité très influente de l’Islam chiite au Liban, en Asie centrale et dans le Golfe, Fadlallah se servait de ses prêches du vendredi pour dénoncer la politique américaine au Moyen-Orient.

Dès les premières années, les relations s’étaient distendues entre l’ayatollah et le Hezbollah à cause de l’influence grandissante de Téhéran sur le « parti de Dieu » mais le « Sayyed » [titre donné aux descendants du prophète Mahomet] était resté un partisan de la Révolution islamique en Iran et de la lutte armée contre Israël. Comme le Hezbollah, il était en faveur de l’instauration d’un régime islamique au Liban, en estimant cependant que ce scénario n’était possible qu’à travers la volonté populaire.

Le Grand ayatollah était depuis plus de 40 ans l’une des principales autorités de l’islam chiite dans le monde arabe. Il a émis des fatwas (décrets religieux) interdisant les crimes dits d’honneur ou l’excision. Auteur de plusieurs ouvrages théologiques, il était connu pour son ouverture sur le développement scientifique et son audace dans l’interprétation des textes de l’islam. Le charismatique dignitaire à la barbe blanche et au visage serein était connu pour ses avis religieux tolérants, notamment vis-à-vis des femmes. En 2005, il avait interdit les attentats contre les civils après des attaques meurtrières dans la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh, sachant qu’il avait autorisé les attentats suicide au Liban et dans les territoires palestiniens contre « l’occupant israélien ».

« La stratégie du choc »…


… de Naomi Klein est un livre qui vient à point ! À point, pour faire le point sur cette crise financière internationale. Crise aiguë où tout le monde s’interroge quant à ses débuts, mais aussi et surtout à sa fin !

Cette scandaleuse crise qui balaye les emplois, fait chuter les Bourses, cavale comme une grande faucheuse entre indices et actions, envoie indistinctement sur les roses « lumpen » prolétariat et surdiplômés, bouleverse les données de toute sage et prudente économie se voulant à l’abri des intempéries fatales .

Cette crise mondiale dont les ondes de choc, insondables et encore loin de pouvoir être jugulées, tourmentent producteurs, industriels, commerçants et simples consommateurs. Dans le même panier de la déconfiture turbulents « golden boys » devant le clavier des « laptops » et ignorantes ménagères traînant le caddie dans les rayons des hypermarchés.

Sans prendre le taureau par les cornes, voilà un ouvrage qui s’attaque de front au système capitaliste avec ses multiples dérives. Pour un intransigeant besoin de transparence, une singulière lecture de l’histoire économique mondiale depuis les années soixante.

Avec de regrettables partis pris notamment en ce qui concerne le Liban, sans jamais d’ailleurs suggérer une alternative ou une meilleure possibilité des choses.
Pour son troisième opus, après sept ans de silence, Naomi Klein n’y va pas de main morte. Avec La Stratégie du choc – titre original The shock doctrine – (Lemeac-ActesSud, 670 pages, traduit de l’anglais par Lori Saint-Martin et Paul Gagné), l’auteure du best-seller No logo, activiste politique et journaliste canadienne indépendante, dénonce ce qu’elle appelle sans ambages « le capitalisme de désastre ».

Qu’y a-t-il de commun entre le coup d’État de Pinochet au Chili en 1973, le massacre de la place Tiananmen en 1989, l’effondrement de l’Union soviétique, le naufrage de l’épopée Solidarnosc en Pologne, les difficultés rencontrées par Mandela dans l’Afrique du Sud post-apartheid, les attentats du 11-Septembre à New-York, la guerre en Irak, la destruction systématique du centre-ville de Beyrouth, le tsunami qui dévasta les côtes du Sri Lanka en 2004, l’effroyable cyclone Katrina, la pratique de la torture partout et en tous lieux – Abou Ghraib ou Guantanamo – aujourd’hui ?

Longue chaîne de malheurs permettant de mettre en œuvre des réformes économiques néolibérales majeures impossibles en temps normal. Autant de situations de choc pour une barbarie de la spéculation et une impitoyable loi du marché.

Plus de trente ans d’histoire, en un minutieux et scrupuleux état des lieux (lorgnette d’anticapitaliste oblige), pour dévoiler les dessous des cartes et des transformations, pour décrire l’émergence de ce que Naomi Klein qualifie de « capitalisme du désastre ».
C’est sur les ruines fumantes que se font les contrats les plus juteux.

C’est tout un art et un absolu savoir-faire que de profiter des crises, toutes sortes de crises. Et le Liban (et le Libanais en particulier) est bien placé pour le savoir !
L’état de choc permet toujours une meilleure manipulation des masses. Une vision peu clémente au système économique prévalent actuel où le capitalisme prolifère et prospère dans les contextes les plus tourmentés.

Pour ce pavé impressionnant (par son poids, sa taille et le nombre de ses pages), il ne s’agit pas d’un livre d’économie classique ni d’une investigation journalistique politique neutre. Au contraire, c’est une intrusion au cœur de tout ce qui palpite, vit et se transforme.

Une mine d’informations certes que ce livre sérieusement documenté, mais il s’agit aussi là d’une bombe lancée contre le néolibéralisme. Tout est sujet à critique, contestation, inquisition et esprit soupçonneux.

Il est évident que ce volumineux ouvrage fouillant en toute impunité toutes les catastrophes (guerres, terrorisme, coups d’État) reste surtout un livre profondément davantage informateur que proposant des solutions.

Un livre controversé car, tout en critiquant le consumérisme, il reste silencieux sur les propositions à améliorer la situation, gommer les bavures ou redresser les torts…
Il est clair que Naomi Klein, diplômée de la prestigieuse London School of Economics, malgré son immense talent, son remarquable courage et son labeur à la tâche, a dans ces pages la plume d’une journaliste et non d’une économiste.

Une journaliste qui rêve – à raison – d’un monde meilleur. Mais n’en
rêve-t-on pas depuis des millénaires ?

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