Famine à Madaya : Les images de Syrie que personne ne veut voir


Madaya

Traduction publiée le 5 Janvier 2016 17:40 GMT

 

Quarante-mille personnes habitent la ville syrienne de Madaya, aux abords minés, et y meurent de faim depuis six mois. Crédit photo : page Facebook de Madaya

Quarante-mille personnes, habitant la ville de Madaya, dans les monts Qalamoun en Syrie, seraient en train de mourir de faim dans l’indifférence du reste du monde, disent des militants de la cause syrienne. Cette petite ville de montagne, située à 1.400 mètres d’altitude, à 40 kilomètres au nord de Damas dans le gouvernorat de Rif Dimashq, le long de la frontière libanaise, est assiégée par les forces gouvernementales appuyées par la milice du Hezbollah, qui empêchent depuis juillet toute nourriture et aide d’y pénétrer.

La ville est au centre d’une lutte entre différentes factions embourbées dans la guerre civile syrienne, et ses habitants en paient le prix.

Dans un article publié hier, accompagné de photos terribles de Syriens et d’habitants de Madaya mourant ou morts de faim, l’Observatoire syrien des droits humains (SOHR en anglais), basé au Royaume-Uni, explique :

Les gens de Madaya connaissent la famine depuis 174 jours du fait du siège rigoureux par les forces du régime et du Hezbollah, la ville compte 40.000 personnes dont 20.000 civils qui ont fui leurs maisons à Zabdani où ont eu lieu de violents affrontements et de lourds bombardements par les forces du régime et l’aviation.

Le SOHR a constaté des centaines de mines terrestres posées par le Hezbollah et les forces al-Assad autour de la ville de Madaya s’ajoutant à la coupure de la ville d’avec les environs au moyen de barbelés et de fils de fer pour empêcher toute opération d’entrée ou sortie, la ville compte 1.200 cas de maladies chroniques, et 300 enfants souffrant de malnutrition et de maladies diverses, au milieu d’une pénurie aiguë de produits alimentaires et médicaux qui a causé une hausse spectaculaire des prix de l’alimentation, 1 kg de sucre ou de riz coûte 3600 livres syriennes soit près de 90 dollars US, le SOHR a documenté la mort de 17 civils parmi lesquels des femmes et des enfants, par manque de nourriture et de médicaments, ou à cause des mines et des snipers lors de tentatives de trouver de quoi manger autour de la ville.

La presse rapporte que les habitants de Madaya mangent des feuilles, des insectes, et même des chats, depuis l’épuisement de leurs réserves. Sur sa page Facebook, Hand in Hand for Syria (Main dans la main pour la Syrie) dépeint un tableau plus affreux :

La plupart des photos qui sortent de la petite ville de Madaya (environs de Damas) sont trop crues pour être montrées. Les images choquantes dépeignent le vrai visage du désespoir humain : des êtres réduits à des squelettes, yeux enfoncés dans leurs orbites, cages thoraciques saillantes, attendant leur tour d’être appelés par la mort.

Cela fait six mois que les gens de Madaya sont assiégés. Récoltes et provisions se sont amenuisées, ne laissant rien d’autre que le désespoir. La nourriture restante dans la ville est devenue si chère que la plupart des gens ne peuvent simplement pas se payer de quoi manger.

Ils ont commencé par faire cuire les récoltes. Quand il n’en resta plus, ils cuisaient l’herbe, les plantes… puis les insectes. Quand la malnutrition devint insupportable, ils se sont résolus à manger les chats.

Les chats.

A ce jour, la famine a pris les vies d’une cinquantaine d’habitants. La malnutrition est répandue, et avec le froid de l’hiver qui s’installe, c’est par milliers que les gens sont en danger accru d’hypothermie.

Pourtant le monde reste impassible, constate le blogueur BSyria :

Assad affame Madaya. Enfants, femmes et hommes meurent de faim. Le monde se contente de regarder.

Selon Raed Bourhan, un fixeur syrien vivant à Beyrouth au Liban, l’arrivée de l’hiver exacerbe encore davantage la situation déjà désespérée de Madaya :

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Des milliers vivent dans des conditions hostiles, le gel à -5°, mazout et bois de chauffage sont rarement sous la main

Dans un autre tweet, il partage des photos d’enfants “dépouillés de leurs droits” par la poursuite de la guerre en Syrie :

Les enfants ont perdu leurs droits fondamentaux, bonheur, éducation, chaleur et espoir #Madaya_meurt_de_faim

Un troisième tweet décrit comment les prix alimentaires ont explosé dans les zones assiégées, qui sont encerclées de mines et de tireurs embusqués interdisant aux habitants de partir :

Les prix alimentaires battent tous les records, 1 kg de céréales et de riz coûte au moins 100 dollars #Madaya_meurt_de_faim

La page Facebook de Madaya a lancé un appel à des manifestations de solidarité des défenseurs la cause syrienne devant les ambassades russes (la Russie mène des frappes aériennes en Syrie) et les représentations de l’ONU :

Invitation aux militants et organisations humanitaires et de droits humains à travers le monde, et une manifestation de solidarité avec Madaya assiégée, devant les ambassades de Russie et les bureaux de l’ONU.
‪#‎sauvez_madaya
‪#‎répondez_nous

Une autre entrée supplie le monde de sauver les enfants de Madaya :

Un enfant syrien de Madaya, assiégée depuis six mois. Crédit photo : Page Facebook de Madaya

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Sur Facebook, la Syrienne Kenan Rahbani partage des photos d’habitants de Madaya mourant de faim et commente :

Pardonnez-moi de publier ces photos choquantes, mais je le dois.

Si ces gens meurent de faim, ce n’est pas parce qu’ils sont pauvres, ou que la nourriture manque. Le Hezbollah et le régime Assad affament à mort la ville de Madaya. Elle est totalement assiégée, et ni nourriture, ni médicaments ni eau ne sont autorisés à y pénétrer. L’ONU est là mais ne peut entrer dans la ville parce que le Hezbollah et le régime Assad ne les laissent pas entrer.

Cela se passe en 2016 en Syrie. Et l’EI n’y est pour rien.

La militante syrienne Rafif Joueati se demande combien de personnes devront encore mourir avant que le monde agisse :

Madaya n’est ni la première ni la dernière à subir la famine d’un siège. La question est, combien d’autres dizaines de milliers vont mourir avant une action internationale ? #Syrie

Elle pose une autre question :

Et quand il n’y aura plus de feuilles à manger ?

Et de s’interroger :

Aveugles. Si on disait que 40.000 chiots mouraient de faim le monde entier défilerait pour protester. Des humains ? pas tellement.

source

QU’EST CE QU’ISRAËL EST SUPPOSE FAIRE ?


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par MIKO PELED
Traduction Sonia Fayman pour IJAN

Israël est attaqué par les pays arabes qui veulent le détruire, alors qu’est ce qu’Israël est supposé faire ? Les soldats israéliens sont attaqués par des terroristes palestiniens armés de couteaux, que sont-ils supposés faire ? L’Iran a une puissance nucléaire et veut effacer Israël de la carte, dans ce cas qu’est ce qu’Israël est supposé faire ? Le Hamas est décidé à tuer des civils israéliens, alors qu’est ce qu’Israël est supposé faire ? Et la liste de ce qui met Israël dans l’impossibilité de faire autre chose que s’armer, attaquer et tuer des Palestiniens se poursuit. Donc, il n’y a pas d’espoir, et aucune raison d’attendre un changement.

Bon, c’est super. C’est la ligne officielle tenue par Israël depuis qu’elle a été officiellement mise en avant vers 1956 par celui qui était alors le général Moshe Dayan (et que les sionistes défendaient de temps en temps avant cette date) pour justifier absolument tous les crimes de l’État d’Israël. Moshe Dayan était un criminel de guerre médiocre et lâche, devenu célèbre à cause de son bandeau sur l’œil. Il était aussi un voleur d’antiquités bien connu et un maquereau (on dit que lorsque Ben Gourion, le premier Premier ministre d’Israël, fut informé que l’insatiable appétit sexuel de Moshe Dayan devenait embarrassant, il a répondu : « et alors ? Le roi David aussi était un homme à femmes et un bon roi »). Chef d’état major de l’armée, Dayan a servi ce « que faire?» en guise d’excuse, dans un discours inoubliablement éloquent avant l’attaque de l’Égypte par Israël en 1956.

Dayan semait la peur et un certain sens du destin quand il décrivait les pauvres réfugiés de la bande de Gaza comme « en attente de nous massacrer et de répandre notre sang » parce que, comme Dayan lui-même l’a admis, « nous avons pris leur terre et l’avons faite nôtre ». Mais, expliquait-il, « nous avons fait cela parce que nous n’avions pas le choix, ou « que fallait-il faire ? » Après des milliers d’années en exil, persécutés indéfiniment et à l’issue de l’holocauste nazi, nous sommes maintenant retournés et devrons vivre toujours par l’épée en la tenant bien fermement, « parce que si notre force se relâchait » ces Arabes assoiffés de sang verraient cela comme un signe de faiblesse et le sang juif s’écoulerait dans les rues. Autrement dit, peut-être que ces Arabes assoiffés de sang qui nous regardent de derrière les grilles de Gaza sont justifiés à nous haïr, mais c’est une réalité face à laquelle nous n’avons pas le choix. C’est notre destin de vivre par l’épée.

Comme c’est commode !

Les crimes commis par Israël sont commis parce qu’Israël n’a pas le choix. Dans une interview donnée il y a plusieurs années par un responsable des interrogatoires des services de renseignement israéliens, celui-ci décrivait comment les médecins des hôpitaux israéliens fermaient les yeux lorsque des agents de renseignement venaient torturer des « suspects de terrorisme » blessés qui étaient hospitalisés. Il a décrit comment « ils tirent un peu sur les tubes, et assez vite les Arabes se mettent à parler ». Il a ensuite ajouté que bien sûr personne ne trouve ça bien, mais que faire ? » Il justifiait ainsi la torture la plus immorale et horrible de gens qui sont confiés aux soins d’un hôpital, les médecins détournant les yeux et les agents des renseignements faisant leur besogne avec la même excuse sans honte, « qu’est-ce qu’Israël est supposé faire ? »
Au cours du mois d’octobre 2015, alors que j’étais à Jérusalem, je regardais les nouvelles à la télé israélienne. Il y avait une interview de Mohammad Baraka, membre palestinien de la Knesset du groupe de la liste arabe, le troisième parti en nombre de membres, du parlement israélien. À lui aussi il fut demandé « que doit faire un soldat si un Palestinien armé d’un couteau s’approche de lui ? » Quand Baraka s’est mis à parler de l’occupation, il a été interrompu et on lui a dit que ce dont il parlait n’était pas le sujet et qu’il s’en tienne à la question. Autrement dit, l’occupation israélienne en Palestine n’a rien à voir avec tout cela et qu’est ce qu’un soldat est supposé faire ? » Vous êtes prié de dire que ce que font les soldats israéliens est justifié, que le meurtre systématique de Palestiniens, c’est bien, parce que « que doit faire Israël ? » Les Palestiniens sont toujours amenés à la télévision israélienne pour y être ridiculisés ou sommés de se taire.

Le nettoyage ethnique de la Palestine était justifié parce que les Juifs n’avaient pas le choix. Le lent génocide du peuple palestinien est justifié parce qu’Israël n’a pas le choix, le meurtre de milliers d’habitants de Gaza est justifié parce qu’Israël na pas le choix, et ainsi de suite. Les media américains sont allés un peu plus loin et ont ajouté : « nous ferions la même chose », comme si cela donnait plus de poids à l’argument « qu’est ce qu’Israël est supposé faire ? »

Il est peut-être temps d’aborder sérieusement cette question et de voir s’il y a une réponse. Qu’est ce qu’un soldat est supposé faire : se tirer vite fait des villes, des villages et des quartiers de Palestine. Et détruire le Mur et tous les checkpoints en partant. Que doit faire Israël avec les roquettes de Gaza ? Lever le siège de Gaza, détruire le mur et les checkpoints qui s’y trouvent et permettre aux gens de Gaza de jouir de la liberté qu’ils méritent. Que doivent faire les Israéliens ? Si ça ne leur plaît pas de vivre dans un pays à majorité arabe, ils peuvent aller ailleurs ou faire avec et, s’ils choisissent de rester, se comporter comme des immigrants plutôt que comme des colonisateurs (cette distinction est importante, ainsi que me l’a expliqué mon neveu Guy Elhanan).

Quant à la question principale « que doit faire Israël ? », Israël doit libérer tous les prisonniers politiques, abroger toutes les lois qui donnent aux Juifs des droits exclusifs en Palestine, abroger la loi qui interdit aux Palestiniens de rentrer sur leur terre et débloquer les milliards de dollars qui vont être nécessaires pour payer des réparations aux réfugiés et à leurs descendants. Puis, Israël doit organiser des élections libres, une personne-une voix, où tous les habitants de la Palestine mandataire voteront à égalité. Voilà ce qu’Israël devrait faire.

Miko Peled est un écrivain et militant israélien vivant aux États Unis. Il est né et a été élevé à Jérusalem. Son père était le général Mati Peled. Amené par une tragédie familiale à découvrir la Palestine, ses habitants et leur histoire, il a écrit un livre sur son trajet depuis la sphère d’un Israélien privilégié vers celle des Palestiniens opprimés. Son livre est intitulé « Le fils du général, voyage d’un Israélien en Palestine ». Peled s’exprime au niveau national et international sur la question de la Palestine. Peled soutient la création d’un État démocratique unique sur toute la Palestine. Il soutient aussi fermement BDS.

Traduction Sonia Fayman pour IJAN

SOURCE

Etat d’urgence: « Vous avez de sales voisins… »


Assis dans son salon, Karim n’en revient toujours pas. Lui qui a rêvé d’être policier, a monté une association de prévention de la délinquance en partenariat avec le commissariat du coin, peut citer une dizaine de brigadiers de ses relations, se retrouve assigné à résidence. « Au regard de la menace terroriste sur le territoire national » et « compte tenu de son comportement ». En clair, la préfecture voit en lui un islamiste radical à surveiller. Des soupçons nés de propos rapportés par des voisins.

Son cauchemar a commencé le dimanche 15 novembre, vers minuit. L’après-midi, ce quadragénaire solide avait été placer quelques bougies place de la République pour rendre hommage aux victimes des attentats. « Le 11e arrondissement, c’est un quartier qu’on fréquente avec ma femme et elle a des collègues qui ont perdu des amis », raconte Karim (le prénom a été changé). En revenant, il croise près de chez lui trois gendarmes qui recherchent une adresse. Il leur indique la direction. Dans cette petite commune du Val-d’Oise, à proximité de Cergy, les rues se ressemblent toutes avec leurs pavillons et leurs jardins à portique.

Après le dîner, il regarde la télévision quand il entend des coups à sa porte et un cri« Gendarmerie, ouvrez ! » : « Une vingtaine d’hommes casqués, armés de fusils-mitrailleurs sont entrés, m’ont menotté et dit dans leur appareil “On a attrapé la cible”. Ils sont ensuite montés dans les chambres, faisant sortir ma femme et mes trois filles de leur lit pour fouiller partout », se remémore-t-il. Les agents trouvent des munitions et un chargeur et embarquent le père à la gendarmerie de Persan-Beaumont. Karim est inscrit dans un club de tir depuis dix ans : au lendemain des attentats contre Charlie hebdo, il fait l’objet d’une mesure de dessaisissement et est invité à rapporter ses armes, « comme tous les musulmans amateurs de tir », précise-t-il. Ce qu’il a fait, oubliant des munitions.

« L’intéressé de confession musulmane attire régulièrement l’attention »

Persuadé qu’il s’agit d’une erreur, au sortir de sa garde à vue, il se rend au commissariat de la ville voisine. C’est là qu’il apprend qu’il est assigné à résidence. La notification précise que « l’intéressé de confession musulmane attire régulièrement l’attention de son voisinage par son discours prosélyte et radical ; qu’il a été entendu comparant les djihadistes à des résistants et qualifiant ses filles de “soldats” qu’il affirme entraîner au tir ». Au club de tir où il est licencié, il aurait là aussi inquiété certains autres utilisateurs par « ses propos radicaux et son comportement général ». La note ne le dit pas mais on devine qu’il y a eu dénonciation. « Vous avez de sales voisins… », lui aurait glissé un gendarme lors d’une de ses visites.

Karim n’a pourtant rien d’un extrémiste. Dans sa maison, aucun signe religieux apparent. Si sa femme Charlotte, convertie, porte un voile très discret – elle travaille dans une maison de haute couture -, le quadragénaire, à la barbe classique, ne pratique guère : juste les jours de ramadan, glisse-t-il. Ses trois filles sont vêtues comme toutes les petites filles ou adolescentes de leur âge. Son parcours ne soulève pas plus d’interrogations : ancien contractuel du ministère des affaires étrangères puis à la répression des fraudes, il a toujours rêvé d’entrer dans la police. Un grave accident de la route à l’âge de 24 ans – il est renversé par un chauffard et sera immobilisé durant dix-huit mois – lui enlèvera tout espoir. Depuis, il souffre de troubles de la mémoire et de diabète, et se déplace lentement. Il est déclaré invalide en 2003 et touche une allocation d’adulte handicapé.

« Le bruit court que si j’ai un 4×4 c’est que je suis trafiquant de drogue »

C’est à cette époque qu’il s’inscrit dans un club de tir. Et obtient sans problème son autorisation de détention d’arme. En 2013, après enquête, elle lui sera renouvelée. Il aime ça et s’achète du beau matériel: « J’en avais pour 4 000 ou 5 000 euros. » Au club, il emmène parfois sa grande qui veut apprendre. Il crée au même moment une association de prévention de la délinquance qui mène des opérations de sensibilisation auprès des jeunes de son quartier. Des actions qui lui valent des relations suivies avec plusieurs membres des forces de l’ordre. Ses rapports avec ses voisins sont moins sympathiques. Dans le lotissement, à deux pas de la voie ferrée, on s’épie beaucoup. Le 4×4 noir fumé et le scooter noir de Karim font jaser.« Un jour, un voisin m’a dit “On n’aime pas les Arabes ici” », assure Karim.

Depuis quelques mois, le climat s’est encore tendu. Le Front national n’a cessé de progresser, scrutin après scrutin dans cette zone périurbaine. « Le bruit court que si j’ai un 4×4 c’est que je suis trafiquant de drogue. Un voisin m’a dit un matin qu’il avait rêvé de moi, que j’étais Mohamed Merah et qu’il me dénonçait. Je n’ai rien à voir avec ces pourritures de terroristes ! Ce sont juste des voisins jaloux. Le 4×4, il est à ma femme… », s’indigne-t-il.

« Karim a servi à plusieurs reprises de trait d’union entre jeunes et services de police »

Sur la table du salon, le père de famille aligne fébrilement ses témoignages de moralité. Pas moins de six fonctionnaires de police, parmi ses connaissances, lui ont rédigé une attestation démentant tout propos radical. Karim a « un profond respect et une grande admiration pour notre profession. Il ne fréquente pas assidûment les mosquées et je l’ai entendu à plusieurs reprises condamner les actions terroristes », écrit l’un. Un policier à la retraite, qui a travaillé avec lui, assure que le père de famille, « digne et qui élève ses enfants dans le respect et le vivre ensemble », « a servi à plusieurs reprises de trait d’union entre jeunes et services de police ». Une parente dont les enfants fréquentent la même école que ses deux petites, renchérit :« Jamais en huit ans, [Karim] n’a émis de propos radicaux ni discours sur ses opinions religieuses ou culturelles. »

Le 8 décembre, la préfecture a envoyé à Karim un nouveau courrier à propos de ses armes confisquées : s’il désire les récupérer, il doit produire un certificat médical, afin de juger de « l’opportunité de [lui] restituer armes et munitions ou de procéder à leur saisie définitive ». Karim en a la voix qui tremble : « C’est n’importe quoi ! En attendant, mes filles ne dorment plus. La plus petite refait pipi au lit… » La préfecture, contactée à deux reprises, n’a pas souhaité répondre à nos questions.

Sylvia Zappi

etatdurgencelemonde@gmail.com

Détention des enfants palestiniens : Occupation de l’UNICEF à Paris (Vidéo)


Une vingtaine de militant(e)s du collectif pour la libération des 5 adolescents de Hares, condamnés par Israël à 15 ans de prison, a occupé mardi les locaux parisiens de l’Unicef, pour interpeller l’institution. Le directeur général de l’Unicef France s’est déplacé et s’est déclaré lui aussi « très inquiet concernant la situation des enfants palestiniens arrêtés et détenus par Israël. »

Sébastien Lyon, Directeur Général d’Unicef France, est venu discuter avec les militants présents et s’est déclaré devant la presse très préoccupé par le sort infligé par Israël aux enfants palestiniens, reconnaissant que loin de s’améliorer, celui-ci n’a fait qu’empirer depuis la publication par l’UNICEF, en mars 2013, d’un rapport sur les « traitements cruels et dégradants » qu’Israël fait subir à ces enfants lors de leur arrestation et de leur détention.


  • REJOIGNEZ-NOUS CE SAMEDI 26 DÉCEMBRE DE 14 H 30 À 17 H

A BEAUBOURG (PLACE EDMOND MICHELET)

POUR POURSUIVRE ENSEMBLE LA CAMPAGNE POUR LA LIBÉRATION DE MOHAMED, AMMAR, TAMER, ALI ET MOHAMMED, INCARCÉRÉS PAR ISRAEL DEPUIS MARS 2013, ET CONDAMNÉS A 15 ANS DE PRISON ET 7000 EUROS D’AMENDE CHACUN POUR JET DE PIERRES, AVOUÉ SOUS LA TORTURE.

suite 

Jawal Muna, l’écho de la voix libre des Syriens


Le rédacteur en chef Jawal Muna brandit non sans fierté les dernières unes de...

Agnès Rotivel

Le rédacteur en chef Jawal Muna brandit non sans fierté les dernières unes de Souriatna.
AVEC CET ARTICLE

Chemise blanche, cheveux noirs bouclés coiffés en arrière, Jawal Muna est devenu, bien malgré lui, « patron de presse ». Sourire ravageur, maniant l’humour et la dérision, le rédacteur en chef brandit non sans fierté les dernières unes de Souriatna (« Notre Syrie »).

« Un hebdomadaire satirique comme jamais la Syrie n’en a connu », dit-il. Et pourtant, le pays compte nombre de caricaturistes célèbres : Akram Raslan, arrêté par le régime syrien et mort sous la torture ; Ali Ferzat, arrêté, torturé, dont les mains ont été brisées par les sbires du régime, et qui vit aujourd’hui en exil. Et bien d’autres qui, d’un trait de plume, croquent la guerre absurde dans laquelle s’enferme leur pays.

UNE ÉQUIPE MODESTE

Le jeune quadragénaire se débat, en plus, dans des problèmes récurrents de bouclage de budget. Pourtant l’équipe est modeste : une rédaction de dix personnes à mi-temps en Turquie et une quinzaine de reporters sur le terrain, « partout dans tout le pays », affirme Jawal Muna.

Souriatna est née en 2011. Quatre numéros ont été publiés en Syrie : d’abord à Damas. Puis, en raison de l’intensification de la répression par le régime, à Alep, à Idlib, puis dans le quartier de la Ghouta à Damas, tenu par l’opposition et bombardé par le régime. Enfin, à Gaziantep en Turquie, à seulement 90 kilomètres d’Alep.

> Lire aussi :Le combat des caricaturistes à l’avant-garde de la liberté d’expression

Jawal Muna ne s’est pas lancé dans l’aventure sans une solide expérience dans l’édition. « J’étais éditeur de livres et j’avais un entrepôt à Yarmouk, à Damas (1). J’y étais encore en 2013, avant de quitter définitivement la Syrie en mai 2014. » Depuis, il s’est installé à Gaziantep, au sud de la Turquie, où vit une importante communauté syrienne réfugiée.

« TROUVER DES FONDS, UN DÉFI PERMANENT »

Au tout début, l’équipe n’avait pas le sou. Elle fonctionnait avec de l’argent envoyé par des amis de l’étranger. En 2014, Jawal Muna reçoit un don de 8 000 dollars (7 400 €). Il peut enfin payer ses journalistes en Syrie, ceux à mi-temps qui travaillent en Turquie, le loyer des bureaux et l’équipement.

Mais c’est encore insuffisant. « Trouver des fonds est un défi permanent. On ne peut pas faire vivre ce projet sans argent, d’autant que Souriatnaest distribué gratuitement en Syrie. Dix mille euros par mois, c’est le prix de notre indépendance. Il ne faut pas compter sur la pub, dit-il avec un sourire désarmant, on est en guerre ! »

L’année dernière, une campagne de levée des fonds, en partenariat avec le quotidien danois Politiken qui avait publié cinq pages de Souriatna, a permis de récolter 200 000 € pour 2014-2015.

LE DÉFI D’UN MÉDIA INDÉPENDANT

Souriatna se veut la voix libre des Syriens, sans affiliation politique ou culturelle. Les articles parlent des problèmes quotidiens de la population. Jawal Muna est bien conscient que le défi est de passer, à terme, d’un journal né d’une révolution à un média indépendant, objectif qui reflète l’opinion de ses compatriotes, quelle qu’elle soit. « Et, clairement, nous ne sommes pas impartiaux envers une révolution de liberté et de dignité »,admet-il.

> Lire aussi :Milia Eidmouni porte les regards et les voix des Syriennes

D’origine palestinienne, ce jeune père d’un petit garçon, séparé de sa femme, n’a pas de passeport, mais un document de voyage. Un véritable casse-tête pour circuler entre la Syrie, la Turquie et l’Europe. Mais quel autre choix quand, issu d’un peuple sans terre, on fuit un pays en guerre où l’on ne vous a jamais reconnu comme citoyen ?

Dans ses rêves les plus fous, il se voit vivre au Brésil, loin, très loin du Proche-Orient ! Mais la réalité le ramène à la Syrie où le défi de l’après-guerre sera de construire de nouveaux médias, avec des Syriens. De temps en temps, il aimerait bien se reposer un peu en se disant que l’avenir est assuré. Mais le regard redevient rieur : « Certes, il est toujours possible de partir, loin, très loin. Mais je veux rentrer en Syrie. C’est là qu’est mon avenir. »

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« Le Brésil, mon rêve »

En sortant de Syrie, Jawal Muna voulait fuir loin, très loin de ce Proche-Orient en miettes. Fermer la porte derrière lui pour toujours et quitter le continent. « Je voulais partir au Brésil, y vivre ma vie. Je ne suis jamais allé dans ce pays, ni même sur le continent sud-américain, mais dans mon imagination, ce doit être le paradis ! » Mais le destin en a décidé autrement. Pour l’instant, le Brésil reste un rêve encore très lointain. La réalité est plus prosaïque.

Agnès Rotivel (à Gaziantep, Turquie)

(1) Quartier où vivent de nombreux Palestiniens syriens.

22/12/15 – 09 H 00

Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés Bruxelles


Des milliers de personnes appellent le gouvernement belge à traiter les demandeurs d’asile plus humainement !

Bruxelles, le 22 décembre 2015

Plus de 3.500 personnes en Belgique ont signé une pétition s’adressant au Secrétaire d’État à l’Asile et la Migration, Theo Francken. Cette pétition en ligne, lancée par la Plateforme Citoyenne de Soutien aux Réfugiés au début du mois de décembre, demande à Theo Francken d’ouvrir plus de logements temporaires pour les personnes déposant une demande d’asile à Bruxelles et d’augmenter le nombre de demandes d’asile enregistrées par jour à l’Office des Étrangers (OE), aujourd’hui limité à 250.

La générosité des citoyens et la mobilisation du secteur associatif ont permis que moins de demandeurs d’asile dorment dans les rues au cours de ces dernières semaines. Des groupes de bénévoles se sont organisés pour distribuer des vêtements et de la nourriture. Certains citoyens ont même accueilli chez eux des demandeurs d’asile pendant plusieurs nuits d’affilé. Cette générosité et cette mobilisation ont compensé les manquements des pouvoirs publics, pourtant dans l’obligation, selon la législation européenne, d’offrir aux demandeurs d’asile un niveau minimum de protection sociale.

Si le nombre de nouveaux arrivants a diminué depuis une dizaine de jours, la mise en place rapide de centres d’accueils dignes pour soulager les centres existants et augmenter la capacité d’accueil actuelle reste une nécessité. Au 16 décembre, 31.705 personnes occupent les 32.655 places disponibles. Les centres sont surpeuplés et les conditions de vie minimum tant pour les réfugiés que pour le personnel.

Le WTC III sert de transit prolongé. Si plusieurs centaines de personnes se présentaient à nos frontières demain, le système serait à nouveau pris en défaut. Les délais d’inscription à l’Office des Etrangers sont désespérément long. Le 4 novembre, ce délai était déjà de 10 jours. Le 16 novembre, il était passé à 15 jours. Plus d’un mois plus tard, ce délai n’a toujours pas diminué et le retard accumulé n’est pas encore résorbé.

Le délai de traitement des dossiers risque d’être aussi allongé. En effet, en novembre, il y avait 12.546 dossiers de demandes d’asile en cours à l’Office des Etrangers et 9739 dossiers au CGRA (dont 5239 d’arriérés).

Le manque de réactivité du gouvernement lors des dernières arrivées importantes de septembre et de novembre laisse présager les mêmes travers la prochaine fois. Or, il est fort probable que davantage de demandeurs d’asile arrivent en Belgique à court- ou moyen-terme, compte tenu de l’afflux continu de personnes aux frontières de l’UE, en Grèce et en l’Italie notamment, et de la difficulté de l’Allemagne de faire face à près d’un million de demandeurs d’asile arrivés sur son territoire récemment.
Pour ces raisons, la Plateforme Citoyenne appelle, en plus des revendications citées dans la pétition, le gouvernement belge à :

– Investir davantage de ressources pour fournir un accueil de qualité aux demandeurs d’asile. Parmi eux, beaucoup ont fui des situations terribles et ils/elles ont besoin d’un logement offrant calme et sécurité. Un accueil de qualité est également l’une des premières étapes vers une intégration réussie dans la société belge pour ceux et celles qui seront reconnus en tant que réfugié.e.s.

– Adapter le système d’accueil actuel en acceptant davantage de demandeurs d’asile, étant donné le contexte de la crise de réfugiés sans précédent et la nécessité pour chaque pays de l’Union Européenne d’accueillir sa juste part de demandeurs d’asile.
https://secure.avaaz.org/…/Theo_Francken_Nous_vous_demand…/…

Des centaines de demandeurs d’asile dorment dans les rues de Bruxelles. Avant que l’hiver ne fasse des victimes, offrons à ces familles un meilleur accueil! Signez la pétition.

27 Décembre 2015 à Bruxelles  » GAZA, ON N’OUBLIE PAS ! / / GAZA, NOOIT VERGETEN ! « 


Bruxelles

Dimanche 27 Décembre 2015 à 13h00

Avenue de Stalingrad au niveau du Mégaphone Géant ( Gare du Midi )

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Sept ans après l’agression militaire israélienne:

Actions de commémoration et de soutien

GAZA, ON N’OUBLIE PAS !

Il y a sept ans, Israël a déclenché son assaut meurtrier contre la bande de Gaza alors même qu’il l’occupait et lui imposait son blocus. Plus de 1.400 Palestiniens, la plupart des civils, ont été tués.

De nombreuses organisations des droits de l’homme aussi bien qu’une mission spéciale des Nations Unies, dirigée par le juge sud-africain Richard Goldstone, ont accusé Israël d’avoir commis des crimes de guerre. Ces attaques ont provoqué des manifestations tout autour du monde en solidarité avec les Palestiniens gazaouis.

Sept ans après cette agression militaire dévastatrice, la perpétuation de ce blocus illégal constitue une punition collective de la population et sape la crédibilité du droit international humanitaire.

Dans le cadre d’une action citoyenne et pacifique, nous organisons une marche symbolique et une veillée de commémoration à Bruxelles, pour :

• La fin du blocus de Gaza
• La démolition du Mur de l’apartheid
• La fin de l’occupation israélienne illégale de toute la Palestine!
• Le droit de retourner en Palestine pour tous les Palestiniens!
• Le soutien à la résistance du peuple palestinien
• La libération de tous les prisonniers palestiniens
• Le soutien à la campagne « Boycott Désinvestissement et Sanctions »

Dimanche 27 décembre 2015 à 13h00 Avenue de Stalingrad

https://www.facebook.com/events/1503185506649515/permalink/1504073216560744/

Premiers signataires : Mouvement Citoyen Palestine, Le Comité Verviers Palestine, ESG asbl, Fewla, Bruxelles Panthères, Comité des parents contre les violences policières à Molenbeek, Nouvelle voie anticoloniale, Ligue Communiste des Travailleurs  (LCT),  Jeunes Organisés et Combatifs  (JOC), . . .

 

Zeven jaar na deze verwoestende militaire agressie duurt de illegale blokkade van Gaza voort. Ze betekent een collectieve bestraffing van het volk. Ze doet elke geloofwaardigheid van het internationaal humanitair recht teniet.

In het kader van een vreedzame en civiele actie, organiseren we een symbolische mars en een herinneringswake in Brussel voor :

– Het stopzetten van de blokkade van Gaza

– Het slopen van de muur van de Apartheid

– Het einde van de illegale, Israëlische bezetting van heel Palestina

– Het recht op terugkeer naar Palestina voor alle Palestijnse vluchtelingen

– Steun aan de weerstand van het Palestijnse volk

– De vrijlating van alle Palestijnse gevangenen

– Steun aan de campagne BDS, « Boycot, desinvestering en sancties. »

op zondag 27 december 2015 13h00 Avenue de Stalingrad

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