Terrorisme : Quand une banque fait le travail de la police en Belgique


En achetant un billet dans le Thalys pour se rendre à un gala de charité pour la Syrie, la chercheuse Marie Peltier ne se doutait pas que cette réservation allait enclencher le blocage d’une transaction bancaire. Jusqu’à ce qu’elle reçoive un appel de sa banque qui la somme d’expliquer les motifs de sa réservation. Récit et détails.

Réserver un billet sur Internet pour voyager en Thalys peut être la cause de bien de démêlés avec votre banque en Belgique. La chercheuse et militante pour les droits des citoyens syriens, Marie Peltier en a fait les frais.

Alors qu’elle est invitée à intervenir au gala caritatif de l’ONG Syria Charity au profit du peuple syrien organisé le 17 octobre dernier à Villejuif, la chercheuse réserve ses billets de trains en Thalys. A son retour du gala, l’ONG syrienne décide de lui rembourser ses frais de déplacements et de logement. Seulement la BNP Paribas a bloqué la transaction de 130 euros effectuée par virement bancaire. Il s’en suit une conversation ahurissante entre la chercheuse et la banque comme le relate l’intéressée sur son compte Facebook.

« Bonjour Madame, BNP Paribas au téléphone. Le service de sécurité s’interroge sur l’une de vos transactions. Pourriez-vous passer au plus vite à notre agence ? », ainsi commence la conversation. Etonnée, la jeune femme demande depuis quand la banque sert des demandes d’explications sur les transactions de ses clients. « Il semble que vous ayez réservé des billets Thalys il y a 15 jours. Nous voudrions savoir la raison de votre déplacement », lui dit l’agent au bout du fil. « Cela relève de ma vie privée, je n’ai pas à vous justifier mes déplacements ! », répond Marie Peltier, ahurie. L’agent bancaire insiste : « Ce sont les nouvelles règles de sécurité: pourquoi êtes-vous allée à Paris? ». Devant le refus de la jeune chercheuse l’agent se plie finalement. « Ok je vais essayer de leur dire [au service de sécurité] que vous avez simplement réservé des billets parce que vous deviez aller à Paris » répond l’agent. « Quel scoop ! » ironise la chercheuse.

Le lendemain, Marie Peltier se rend à sa banque pour demander des explications. On lui explique que c’est le « Service compliance » qui a envoyé un mail à son agence lui demandant de poser toutes ces questions à la chercheuse. Le même service explique que la transaction est venue d’un « organisme non reconnu », « lié à la Syrie » que « BNP Paribas ne voudrait pas être lié à des activités illégales ».

Un échange révélateur du problème des ONG de solidarité avec la Syrie avec les banques belges

Mais au-delà de cet échange problématique, il ya d’autres motifs selon la chercheuse. Depuis 4 ans, les transactions liées de près ou de loin avec la Syrie peuvent être considérées comme suspectes et donc bloquées, explique t-elle. C’est ainsi que les dons destinés aux organismes de solidarité avec la Syrie se retrouvent bloqués dans les banques au prétexte de lutte « anti-terroriste » et de la « légalité ». Selon Marie Peltier ces prétextes cachent un double abus de pouvoir de la part des banques. D’un côté, les banques bloquent des sommes importantes destinées au peuple syrien et d’autre part elles s’immiscent dans la vie privée des personnes alors qu’elles sont garantes de la confidentialité des transactions.

Une autre explication est à considérer pour la chercheuse. Le conflit syrien est la source d’amalgames et suscite la peur dans la société belge. « Le conflit syrien suscite une parano généralisée, qui se nourrit de beaucoup d’irrationnel, de beaucoup de culturalisme et de beaucoup de réflexes complotistes. Derrière cela, une réalité : le Syrien en tant que personne humaine digne, plus encore le Syrien en tant que sujet politique, aux yeux de beaucoup, n’existe pas. En d’autres mots, la figure du « Syrien » a été vidée de sa substance humaine, réduite à l’état d’objet » conclut-elle.

Contactée par Yabiladi, Marie Peltier nous explique que l’agent qu’elle a rencontré lui a assuré que le déblocage devrait intervenir dans les 48 heures. Dans le cas contraire, elle contacterait ses avocats pour étudier la suite à donner à cette affaire rocambolesque.

…Suite : http://www.yabiladi.com/articles/details/39919/terrorisme-quand-banque-fait-travail.html

Syrie. Intéressant: Assad craint le vote des exilés.


 

Le vote des Syriens de l’étranger, un piège pour Damas

Par Sammy Ketz

BEYROUTH, 3 nov 2015 (AFP) — Le régime de Damas soupçonne ses adversaires de chercher à le renverser par les urnes en prévoyant d’accorder le droit de vote aux millions de Syriens vivant à l’étranger, une mesure annoncée lors d’une réunion internationale sur ce conflit.

Le camp de Bachar al-Assad est irrité par l’article 7 du communiqué signé par les 17 pays réunis vendredi à Vienne pour tenter de trouver une solution politique à la guerre qui ravage ce pays.

Cet article stipule que des élections devront «être organisées sous la supervision des Nations unies (…) et répondre aux normes internationales les plus élevées en matière de transparence et de fiabilité, être libres et équitables et avec tous les Syriens, diaspora comprise, habilités à y participer».

Ce dernier point inquiète Damas, qui ne peut toutefois attaquer de front ce texte puisque ses alliés russe, chinois et iranien l’ont signé.

Si elle vote, la grande majorité des Syriens de l’extérieur risque en effet de faire perdre au régime les élections et donc le pouvoir qu’il détient depuis un demi-siècle, selon des experts.

En effet, si 10 à 12 millions de Syriens se trouvent sous le contrôle du régime, un nombre équivalent vit dans les zones contrôlées par l’opposition et à l’étranger, évalue le géographe Fabrice Balanche, spécialiste de la Syrie au Washington Institute.

«Les pays hostiles à la Syrie avaient interdit les Syriens de voter dans leurs ambassades lors des présidentielles de 2014 et aujourd’hui on les voit demander avec acharnement le vote des Syriens réfugiés ou vivant à l’étranger, ce qui soulève bien des questions sur les intentions de ces pays», affirme à l’AFP Waddah Abed Rabbo, directeur d’al-Watan, proche du pouvoir.

La présidentielle de 2014 s’était tenue dans les seuls territoires sous le contrôle du régime et ambassades de pays amis. M. Assad avait été réélu pour un troisième mandat de sept ans en obtenant 88,7% des suffrages, un résultat raillé comme une «parodie de démocratie» par l’opposition et les pays occidentaux.

— L’opposition satisfaite –

A l’issue de la réunion de Vienne, des diplomates américains ont indiqué à l’AFP, sous couvert d’anonymat, que l’inclusion du vote de la diaspora dans le communiqué représentait «une victoire dans leur campagne pour écarter Assad».

Dimanche, al-Watan avait lancé la charge. «Le processus de Vienne paraît calqué sur les positions de Damas et Moscou, car plusieurs clauses affirment le droit et la liberté des Syriens à déterminer leur sort sans ingérence extérieure. Mais le communiqué inclut aussi beaucoup d’ingérences extérieures notamment concernant ’la nomination’ d’opposants financés par l’Occident», pour participer au gouvernement transitoire, écrit le quotidien.

Le communiqué prévoit en effet que le processus «doit conduire à une gouvernance crédible, inclusif et non confessionnel, qui sera suivi par une nouvelle constitution et des élections».

Mais, selon al-Watan, «l’ingérence étrangère ne s’arrêtera pas au choix des opposants mais aussi à l’autorisation donnée aux réfugiés syriens de participer au processus politique, alors qu’ils sont l’objet de toutes sortes de chantages matériel, moral et même administratif, ce qui sera mis à profit par les ennemis de la Syrie pour gagner des voix et s’ingérer d’une manière indirecte dans la formulation de l’avenir du pays».

Pour l’expert Fabrice Balanche, «si de réelles élections sont organisées incluant la diaspora, le régime sera battu par un candidat issu ou soutenu par les Frères Musulmans, les seuls qui ont l’appareil pour mobiliser les sunnites de la diaspora. Avec l’argent du Qatar et le soutien turc, ils pourront avoir les voix des réfugiés». «Je doute donc que le régime, les Russes ou les Iraniens acceptent ce processus électoral», ajoute-t-il.

Bassam Abou Abdallah, directeur du Centre de Damas des études stratégiques, précise cependant que «les élections ne peuvent se dérouler que dans les ambassades syriennes selon la Constitution, pas dans des camps ou dans n’importe quel autre endroit n’entrant pas dans le cadre de la souveraineté syrienne».

«Il faut en outre que les électeurs possèdent des papiers officiels, qu’ils ne soient pas liés à des terroristes, qu’ils ne soient pas des criminels ni qu’ils aient été condamné», souligne ce professeur de Sciences politiques proche du régime.

En revanche, l’opposition, qui s’est opposée aux élections précédentes, se félicite du communiqué de Vienne. «La participation des Syriens de l’extérieur à une élection présidentielle qui vient à la fin de la phase transitoire et après une nouvelle loi électorale, c’est un pas positif», réagit Hicham Marwa, vice-président de la coalition nationale de l’opposition.

source

Disparus : la guerre invisible de Syrie


Une enquête inédite et glaçante sur l’arme invisible du régime de Bachar al-Assad montre comment des dizaines de milliers de Syriens sont enlevés, torturés puis tués en Syrie. Adolescents raflés dans leurs écoles, manifestants envoyés dans des camions aux destinations inconnues, passants arrêtés arbitrairement : ces innombrables disparitions révèlent l’implacable machine de mort secrètement mise en place par Damas.

– Video à voir : http://info.arte.tv/fr/disparus-la-guerre-invisible-de-syrie#sthash.NEtUsxDp.dpuf

 

La méthode des disparitions forcées
La Syrie n’est pas le seul Etat à avoir recours aux disparitions forcées pour contenir les opposants au sein de la population. L’ONU a déjà rédigé une convention qui condamne ces pratiques. Le texte définit notamment la « disparition forcée » par « l’arrestation, la détention, l’enlèvement ou toute autre forme de privation de liberté par des agents de l’État ou par des personnes ou des groupes de personnes qui agissent avec l’autorisation, l’appui ou l’acquiescement de l’État, suivi du déni de la reconnaissance de la privation de liberté ou de la dissimulation du sort réservé à la personne disparue ou du lieu où elle se trouve, la soustrayant à la protection de la loi ».
Retrouvez un rapport complet de l’ONU, qui dresse un état des lieux sur le phénomène à travers le monde, ainsi qu’une fiche d’analyse de cette méthode de répression, et enfin un article d’Amnesty International sur l’engagement et la mobilisation des familles de disparus.

Israël-Palestine. L’inévitable embrasement


HENRI WAJNBLUM

« Le fleuve emportant tout, on dit qu’il est violent, mais nul ne taxe de violence les rives qui l’enserrent ».
Bertolt Brecht

Trois extraits d’articles pour commencer… « Les Palestiniens se battent pour leur vie, dans le plein sens du terme. Nous, Juifs israéliens, nous battons pour notre privilège en tant que nation de maîtres, dans la pleine laideur du terme. Que nous remarquions qu’il n’y a une guerre que lorsque des Juifs sont assassinés n’enlève rien au fait que des Palestiniens se font tuer tout le temps, et que tout le temps, nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour leur rendre la vie insupportable. (…)

Les jeunes Palestiniens ne vont pas se mettre à assassiner des Juifs parce qu’ils sont juifs, mais parce que nous sommes leurs occupants, leurs tortionnaires, leurs geôliers, les voleurs de leur terre et de leur eau, les démolisseurs de leurs maisons, ceux qui les ont exilés, qui leur bloquent leur horizon. (…) Dans notre langage, les Juifs sont assassinés parce qu’ils sont juifs, et les Palestiniens trouvent leur mort et leur détresse, parce ce que c’est probablement ce qu’ils cherchent. » (Amira Hass dans Ha’aretz).

« C’est contre la colonisation continue des territoires conquis en 1967 que se révoltent une fois de plus en ce moment les Palestiniens. Ils comprennent que la colonisation vise à perpétuer l’infériorité palestinienne et rendre irréversible la situation qui dénie à leur peuple ses droits fondamentaux. Ici se trouve la raison des violences actuelles et on n’y mettra fin que le jour où les Israéliens accepteront de regarder les Palestiniens comme leurs égaux et où les deux peuples accepteront de se faire face sur la ligne verte de 1949, issue des accords d’armistice israélo-arabes de Rhodes. » (Zeev Sternhell).

« La descente en enfer paraît inexorable. D’une semaine, d’un mois, d’une année à l’autre le niveau de violence et de répression va en augmentant. Les Palestiniens, leurs dirigeants, l’homme de la rue, savent que la probabilité d’accéder à l’indépendance de leur État est quasi nulle. Ils suivent et publient toutes les déclarations des responsables israéliens. Par exemple, Madame Tzipi Hotovely, la vice ministre des Affaires étrangères, proclamant : ‘Un retrait de Judée–Samarie ne fait pas partie de la liste des options que nous offrons aux Palestiniens. Le monde doit réaliser que la Judée-Samarie restera sous la souveraineté de facto d’Israël. Ceci n’est pas une monnaie d’échange et ne dépend pas de la bonne volonté des Palestiniens. C’est la terre de nos ancêtres. Nous n’avons pas l’intention de l’évacuer’ » (Charles Enderlin).

Tout est dit. On pourrait s’arrêter là. Car de quoi voulez-vous que Mahmoud Abbas et Benyamin Netanyahou, lui qui se dit prêt à rencontrer le premier à tout moment, de quoi voulez-vous qu’ils discutent encore ?

Mais de sécurité pardi ! De la sécurité des Israéliens s’entend.

Petit rappel… L’Autorité Palestinienne, née des accords d’Oslo de 1993, s’est vue confier la gestion administrative des zones A (18 % du territoire) et B (21 %), tandis qu’Israël continuait à administrer la zone C (61 %), où sont établies les colonies. La sécurité a été confiée aux forces palestiniennes dans la zone A et aux forces israéliennes dans les zones B et C. La coopération sécuritaire dépasse toutefois ce cadre.

Les accords d’Oslo I, signés au Caire en mai 1994, prévoient en effet que les forces de sécurité palestiniennes agissent contre « toute incitation au terrorisme et à la violence contre Israël ainsi que contre tout acte hostile aux colons ».

C’est donc à l’Autorité Palestinienne qu’il incombe d’assurer la sécurité d’Israël et des colons et elle s’acquitte « parfaitement » de cette tâche en réprimant violemment toutes les manifestations hostiles à l’occupation et à la colonisation, ce qui fait dire à beaucoup de Palestiniens que « leurs » forces de sécurité sont devenues le sous-traitant d’Israël pour réprimer toute manifestation hostile. Qui pourrait leur donner tort ?

Poursuivons…

Depuis quelques semaines, les médias sont remplis de commentaires et d’images sur les victimes israéliennes d’attaques au couteau ou à la voiture bélier. Très peu par contre sur les victimes palestiniennes et les manifestations de masse tant dans les Territoires palestiniens occupés que dans les villes arabes d’Israël. Nous avons toujours condamné les attentats aveugles, qu’ils soient commis par des Palestiniens ou par des Israéliens. Notre position n’a pas changé. Mais il est insupportable d’entendre les commentaires ne parlant que des attentats commis par des Palestiniens sans jamais, ou presque, se poser la question du pourquoi.
Vous avez sans doute aussi noté que les agresseurs palestiniens sont la plupart du temps abattus sur place. Avez-vous déjà entendu dire que ne serait-ce qu’un seul des colons, agresseurs ou assassins de Palestiniens, ait été abattu sur place par l’armée israélienne ?

Et le pire reste à craindre… Le maire de Jérusalem, Nir Barkat, a conseillé aux Jérusalémites, détenteurs d’un permis de port d’arme, de sortir armés. Depuis, les armureries de Jérusalem, mais aussi de Tel-Aviv, sont quasi en rupture de stock. Que se passera-t-il le jour, pas improbable du tout, où un civil israélien abattra un Palestinien qui lui aura semblé suspect d’intentions malveillantes ? On n’ose y penser.

Or, aux yeux d’une grande partie de la population israélienne, tout Palestinien est un « terroriste » potentiel.

Certains députés n’ont pas tardé à « montrer l’exemple »… C’est ainsi que les députés du Likud Anat Berko et Yoav Kisch, Eyal Ben Reuven de l’Union sioniste (que nos médias persistent à placer au centre gauche), Bezalel Smotrich et Naftali Bennett de HaBayit HaYehudi (Le Foyer juif) portent des armes lors des sessions de la Knesset ! -On peut raisonnablement penser qu’ils seront suivis par d’autres.

Les Israéliens ont peur, titrent la majorité de nos médias. On pourrait dire cyniquement que c’est un juste retour des choses. Et pourquoi d’ailleurs ne pas le dire ? Les Palestiniens, eux, ont peur depuis quelques décennies, et tout particulièrement depuis la signature des accords d’Oslo qui ont instauré les zones A, B et C, et des centaines de check-points qui rendent leur vie absolument insupportable, sans compter la colonisation effrénée et l’impunité totale dont jouissent les colons.

Car, ainsi que le souligne la Fédération internationale des Droits de l’Homme (FIDH), « depuis février 2014, le gouvernement israélien recourt de manière de plus en plus systématique à la démolition de maisons comme forme de punition collective, une procédure interdite par la quatrième convention de Genève. Ces derniers mois, les colons israéliens, en présence de l’armée et parfois sous sa protection, ont intensifié leurs attaques contres les civils et les propriétés des palestiniens.

Entre le 28 septembre et le 4 octobre 2015, l’ONG Al Haq, membre de la FIDH, a documenté 29 incidents de violence perpétrés par des colons en Cisjordanie. Ces violences incluent des tirs à balles réelles, des attaques physiques, des actes de vandalisme contre des propriétés et des cultures, et l’obstruction faite au déplacement de la population palestinienne ».

Et dans ces circonstances dramatiques, John Kerry, le secrétaire d’État américain, ne trouve rien d’autre à dire que de condamner « la recrudescence d’attaques terroristes contre des civils israéliens » !

Comment s’étonner dès lors que 57 % des Palestiniens ne croient plus à la solution à deux États, et qu’ils le clament haut et fort ces dernières semaines ?
Il est plus impératif que jamais que le monde extérieur manifeste clairement sa solidarité avec la cause d’une paix qui rendrait justice aux Palestiniens et qui sortirait les Israéliens de l’impasse suicidaire dans laquelle ils se sont enfermés.

source

L’appel au boycott d’Israël de deux universitaires juifs américains


Et à l’annoncer publiquement ! C’est une lettre fracassante qui a été publiée vendredi dans le Washington Post par deux professeurs « juifs et sionistes », des universités de Harvard et de Chicago, appelant au boycott d’Israël.

  • LETTRE DE DEUX UNIVERSITAIRES JUIFS AMÉRICAINS DANS LE WASHINGTON POST

« Nous sommes des sionistes de longue date, et c’est pourquoi nous avons choisi de boycotter Israël » ont publié Steven Levitsky et Glen Weyl dans l’édition du Washington Post du 23 Octobre.

« Notre soutien à Israël se fondait sur deux convictions : un Etat était nécessaire pour protéger notre peuple de futures catastrophes, et d’autre part qu’un Etat juif serait démocratique et adopterait les valeurs universelles des droits de l’homme, qui s’imposent après l’Holocauste.

Et nous pensions que l’occupation de la Cisjordanie et de Gaza, tout comme le déni de droits fondamentaux aux Palestiniens vivant là, n’étaient que provisoires, le temps d’assurer la survie du nouvel Etat.

Mais nous sommes confrontés à une réalité : l’occupation est devenue permanente. Près d’un demi-siècle après la guerre des six jours, Israël s’est installé dans un régime d’apartheid.

La Cisjordanie est considérée comme faisant partie d’Israël et la « ligne verte » a été effacée de la plupart des cartes, et c’est ce que le président israélien Reuven Rivlin appelle « le sionisme moderne ».

Ceci pose un dilemme éthique à nous juifs américains. Pouvons nous soutenir un Etat qui refuse de manière permanente ses droits fondamentaux à un autre peuple ? Et même dans une perspective sioniste nous estimons qu’Israël s’est engagé sur un chemin qui met en danger l’existence même d’Israel.

Comme dans le cas de la Rhodésie et de l’Afrique du sud de l’apartheid, cette oppression permanente des Palestiniens par Israël va inéluctablement l’isoler des démocraties occidentales , mais également de l’opinion publique américaine qui —auparavant jugée inconditionnelle— commence à se détacher d’Israël.

Et même sur le plan intérieur, l’occupation exacerbe des pressions démographiques qui risquent de fracturer totalement la société israélienne, notamment avec le gonflement du nombre de colons et des juifs ultra-orthodoxes fanatiquement chauvins.

En fin de compte, l’occupation menace la sécurité qu’elle prétendait assurer. Cette sécurité avait pourtant progressé depuis les traités de paix avec l’Egypte et la Jordanie, puis avec l’affaiblissement de l’Irak et de la Syrie, et avec l’incomparable supériorité désormais acquise sur le plan militaire par Israël, qui n’a plus à faire face à la moindre menace existentielle de la part de ses voisins arabes.
.
Et comme l’ont déclaré 6 anciens dirigeants de la sécurité intérieure du Shin Bet en 2012, c’est l’occupation elle-même qui est un danger pour Israël.

Face à cette situation et ne croyant plus à la capacité des Israéliens de remettre en cause cette occupation et de survivre en tant qu’ Etat démocratique, nous estimons que des pressions extérieures sont indispensables.

Même si c’est douloureux pour des personnes comme nous , nous pensons que le retrait de l’aide américaine tout comme son soutien diplomatique à Israël, ainsi que les mesures de boycott et de désinvestissement, sont seuls capables de changer la donne.

C’est pourquoi nous refusons désormais de voyager en Israël, nous boycottons les produits en provenance d’Israël, nous appelons nos universités américaines à désinvestir et nos élus à à retirer leur aide à Israël. (…)

Ceci jusqu’à ce que Israël s’engage sérieusement dans un processus de paix établissant un Etat palestinien souverain ou bien accordant les mêmes droits démocratiques aux Palestiniens à l’intérieur d’un seul Etat.

Steven Levitsky est professeur d’administration publique à l’université de Harvard. Glen Weyl est professeur adjoint d’économie et de droit à l’université de Chicago.

source

Le vieil homme, les oliviers


vendredi 23 octobre 2015 par Olivia Elias
Olivia Elias, poète de Palestine, 22-10- 2015

I

Toutes ces années de colère rentrée
Toutes ces années de sanglots ravalés
Toutes ces années de crépuscule
Où la mort danse avec les chacals
Dans les cimetières
Toutes ces années de rapine
Et de bals de bulldozers
Au sommet des collines
Toutes ces années où ils ont dressé
L’arbre du pillage au milieu du village
Toutes ces années de chasse à l’indigène
Toutes ces années d’espoir
Et de dignité assassinés

Et la terre retenait ses larmes
Et le vieil homme endurait
Un jour
D’une coupe trop pleine
Son cœur s’est soulevé
Seul
Il s’est avancé vers la forêt
De fusils

Honte sur vous
A-t-il dit aux fantassins
Harnachés de mort
Honte sur vous
Qui tirez sur des enfants
N’armez pas
N’armez pas
Vos fusils !

Son-corps-bras-grands ouverts-
Barrage-contre-les-tirs
Il a dit aux soldats
Armés de feu et d’acier
Reculez !
Partez !

II

C’était comme s’il parlait
Avec son être tout entier
Sang-flux-salive-muscles-cartilage
-tendons-pulsations-des-ventricules
C’était comme si tous les Justes
De la Terre s’étaient levés
Et parlaient
Face à Hérode
Face à César
Face aux tyrans

C’était comme si les fleuves
Les sources les champs de blé
Les fleurs des champs
Les hirondelles -La Palestine toute entière –
S’étaient levés
Et parlaient

Les oliviers eux aussi se mirent
En marche dans un halo
de feuillage argenté
Sur leur passage hommes et femmes
embrassaient leurs racines millénaires

Une clameur envahit le ciel
Reculez !
Partez !

NDLR

Ce poème de notre amie Olivia est inspirée d’un fait récent réel attesté par cette vidéo :

[youtube https://youtu.be/TVDwtgtT1Nk?]

source

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Retour en haut ↑