EN ISRAEL : LE TEMPS DES PRESSIONS A SONNE


UNE DONNE CLAIRE

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Il faut se rendre à l’évidence au lendemain de la claire victoire de Binyamin Netanyahou, le Premier ministre israélien sortant, aux élections législatives anticipées qu’il avait provoquées : ce triomphe a été obtenu après avoir mené une campagne destinée à attiser les peurs du public israélien et aussi, alors que les derniers sondages lui étaient plutôt défavorables, en proclamant lundi haut et fort que s’il était réélu à la tête du pays il n’y aurait jamais d’Etat palestinien.
Selon toute vraisemblance, « Bibi » Netanyahou sera donc encore le Premier ministre de l’Etat d’Israël dans les prochaines années. Il n’y a guère de doutes qu’il entend respecter sa promesse de dernière minute concernant les Palestiniens puisqu’elle correspond à son intime conviction depuis toujours. Peu lui chaut que cela contredise sa « conversion » de 2009 en faveur de la solution des deux Etats, Israël-Palestine, à laquelle peu d’observateurs avaient accordé un réel crédit. Que voulez-vous, clame-t-il, nous sommes entourés d’ennemis mortels, l’Iran, le Hezbollah, le Hamas, l’Etat islamique…
Netanyahou a jeté bas le masque, du moins pour les derniers naïfs qui voyaient en lui un homme capable de faire la paix. Qu’offre-t-il comme perspectives aux Palestiniens ? Au mieux, peut-être, se risquera-t-il à affiner un statut d’autonomie qu’ils auraient tôt fait d’assimiler – à raison – à des « bantoustans » de funeste mémoire sud-africaine.
Comme l’écrit sur le site 972mag.com le journaliste israélien indépendant Noam Sheizaf, « Netanyahou ne pourra pas blâmer l’Autorité palestinienne pour l’échec du processus de paix qui n’en finit pas alors qu’il proclame que, quoi que fassent les Palestiniens, ils n’obtiendront jamais leur indépendance ».
En outre, il faut ajouter que la colonisation des territoires palestiniens occupés, en développement permanent, va encore s’accélérer en même temps que le désespoir des Palestiniens…
Ces Palestiniens vont maintenant se tourner vers la communauté internationale et lui demander quelle suite elle compte donner aux événements. Le monde entier et le droit international donnent raison aux Palestiniens dans leur aspiration nationale. Désormais, le « niet » israélien est officiel. Le temps des pressions a sonné. Du moins est-ce la logique qui s’impose quand la donne politique prend les allures d’une équation sans inconnue.
Dans toutes les capitales où siègent les décideurs, de Washington à Moscou en passant par Londres, Paris, Bruxelles, Pékin ou Tokyo, tout le monde sait cela. Encore faudrait-il que les décideurs se décident à décider. Et que, donc, l’immunité totale d’Israël vis-à-vis du droit international soit levée.
Baudouin Loos
Le Soir du 18 mars 2015

Soutenir Mazen


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Mazen a 24 ans. Il a grandi dans un camp de réfugiés près de Bethléem. Après son bac, il a entamé une formation de cuisinier et a travaillé dans un grand restaurant de Bethléem. Un parcours presque banal, en Cisjordanie occupée. Jusqu’au jour où son patron n’a pu le ramener chez lui après le boulot, comme il le faisait d’habitude. Mazen est donc rentré à pied avec un copain, par les petites rues de Bethléem. Il était aux environs de 3-4h du matin.

Tout le monde en Palestine sait ce qui se passe la nuit tombée. Tout le monde connaît quelqu’un qui s’est fait arrêter, a été blessé, voire tué, au saut du lit. Peu d’hommes, d’ailleurs, dorment la nuit. Et, s’ils s’endorment malgré tout avant que le jour ne se lève, c’est tout habillés, au cas où…

Cette nuit-là, Mazen et son copain sont tombés sur une première scène d’arrestation, puis sur une deuxième, une troisième : des soldats armés, hurlant et bousculant des hommes, des femmes, des enfants pris au saut du lit, en pleurs ou muets de stupeur. Arrêtés sur dénonciation – les dénonciateurs ayant eux-mêmes été battus jusqu’à ce qu’ils donnent des noms… Le lendemain, Mazen et son ami décident de rentrer à pied aussi, pour voir. Et ils ont vu. Les mêmes scènes d’humiliation et de brutalité, répétées à divers endroits de la ville..

La première fois que nous avons rencontré Mazen1, il nous avait dit, avec une douceur infinie : « I hate my life… » Une vie sans espoir que les choses s’améliorent un jour pour les Palestiniens enfermés derrière le Mur. Il a essayé, pourtant, de vivre, malgré le sentiment d’impuissance qui l’étouffait : études, boulot, une jeune fille qui lui plaisait bien…

Mais, une nuit de 2012, Mazen se fait arrêter à son tour.

En 2014, Mazen fait partie des prisonniers en grève de la faim pour dénoncer les conditions de détention : faim, froid, tortures de toutes sortes, physiques et psychologiques. La Croix Rouge le tire de là. Il pèse 40 kilos, retrouve sa famille au bout d’un an et demi de prison. Commence alors pour lui et les siens un harcèlement continu : des soldats débarquent chez eux à toute heure du jour et de la nuit et démolissent tout, systématiquement. Mazen est régulièrement convoqué pour des interrogatoire pendant lesquels on lui montre que tous ses faits et gestes sont désormais surveillés2.

Ses parents l’envoient alors chez une tante en Jordanie. Visa de tourisme valable trois mois. Puis, il reçoit l’invitation d’un ami en Allemagne : mi-décembre 2014, l’espace Schengen s’ouvre pour lui pour 30 jours. C’est à cette occasion que nous le rencontrons à nouveau. Il sait qu’il est grillé : s’il rentre en Palestine, il se fera arrêter à la frontière. Il nous dit : « Tout plutôt que revivre l’enfer de la prison ». Il repart en Jordanie : visa de tourisme jusqu’au 2 avril. Ensuite, quoi ?… Ses parents le poussent à trouver un projet qui le tienne loin du danger pendant quelques temps.

Nous allons voir une avocate qui nous parle d’un visa étudiant3. L’idée germe alors de pouvoir offrir à Mazen cette porte de sortie… Là, Mazen attend… De voir si, en nous mettant à plusieurs, nous arriverions à organiser ce séjour d’étude. Il n’ose pas trop y croire. Mais, avoir un visa d’étudiant semble être sa seule planche de salut actuellement. 4


L’idée serait que Mazen fasse une première année de français à l’EPFC, avant de suivre une formation en cuisine (en continuation de sa formation en Palestine) au Ceria idéalement pendant 3 ans.
Comment soutenir Mazen concrètement ?

Un petit noyau de départ a pris contact avec l’EPFC, où les inscription se font à partir du 23 avril 2015. Une fois l’inscription faite et envoyée à Mazen, il pourra faire les démarches nécessaires auprès de l’ambassade de Belgique à Amman afin d’obtenir un visa d’étudiant. Pour l’obtenir, Mazen doit pouvoir donner un plan d’étude, le nom de personnes qui se portent garantes pour lui, et la preuve qu’il a un compte approvisionné régulièrement (il faut un minimum de 614 euros/mois).

Le problème du logement est réglé : Mazen logera chez des amis à Bruxelles.

Le problème des garants est en passe d’être réglé.

Reste à trouver une jolie brochettes de généreux donateurs, petits et grands, prêts à verser chaque mois une partie des 614 euros mensuels, et ce sur deux ans, peut-être trois (EPFC + Ceria). Le numéro de compte sera communiqué dès qu’il sera ouvert.

Si la contribution mensuelle ne vous convient pas, une autre façon de participer serait d’organiser des « coups » ponctuels (soirées plats palestiniens, concerts…) avec vos amis et connaissance afin de récolter quelques fonds de soutien.

Reste à trouver aussi quelqu’un(e) qui se sentirait l’âme d’un coordinateur/référent et pourrait aider Mazen dans ses démarches administratives et autres, tout en gérant les petits ruisseaux vers le compte.

Où que vos disponibilités ou envies soient, chaque geste fera la différence et, au nom de Mazen, nous vous en remercions déjà chaleureusement.

N’hésitez pas à vous signaler à l’adresse suivante : ac.cornet@hotmail.com

Une date de réunion de toutes les forces vives vous sera communiquée bientôt.

1 Lors d’un voyage avec un groupe d’élèves en 2009. Mazen avait 19 ans et participait au projet du centre culturel Al-Rowwad du camp de Aida. http://www.taayoush.be/spip.php?article39,

2 Au point qu’ il demande à son père et à son frère aîné : « Vous travaillez pour eux ou quoi ? »

3 Il ne veut pas demander l’asile. Il veut pouvoir rentrer chez lui si ses parents venaient à mourir.

4 Mazen n’est évidemment pas un cas unique. Il y a aujourd’hui plus de 5000 prisonniers palestiniens dans les geôles israéliennes, dont de nombreux enfants. Le fait est que nous avons connaissons Mazen personnellement…

 

Syrie : faut-il négocier avec Assad ? (partie 1)


CLIQUEZ SUR IMAGE

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La guerre en Syrie fait rage depuis plus de quatre ans et l’on peut même parler de guerres multiples aujourd’hui. L’organisation de l’État islamique s’est implantée dans le pays, frappée par des raids de la coalition. Désormais, de plus en plus de voix s’élèvent pour négocier avec le président syrien qui apparait comme la moins mauvaise des solutions. Faut-il négocier avec Bachar al-Assad ?

C’EST DES MUTINS


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mars 28 à 8 h 30
| 3, 5, 7 et article27: 1,25

Dans le cadre des 400 coups de théâtre action,
à 20h30 au Théâtre des Rues:

Un spectacle du groupe vocal C’EST DES CANAILLES.

Dans le contexte économique et social actuel, le répertoire engagé des Canailles tente de faire réfléchir sur le militantisme et les actions à mener pour une société plus égalitaire, plus libre et plus fraternelle. Ce nouveau spectacle musical parle de la Grande Guerre que l’on commémore à force de rataplans, de discours pleins de trémolos et de sentiers de promenade à travers les champs de bataille si pittoresques… Rien ni personne n’a vraiment été épargné dans cette boucherie et un monde, dit moderne, est né de cette atrocité.

Aucune guerre n’a jamais amené la paix, mais porte immanquablement en elle de terribles séquelles. Alors ne nous laissons pas faire, protestons, revendiquons, soyons des mutins !

Spectacle de chants et de textes antimilitaristes, pacifistes, de revendication sociale, de protestation, sous la forme d’un » récital-cabaret-théâtre-chanté » d’une durée de 55 minutes,mis en scène avec l’aide du Collectif Mensuel, autour et alentour de la guerre 14-18, pour faire réfléchir sur l’histoire de l’époque et sur l’histoire contemporaine et inviter à être actif aujourd’hui.

Utiliser le passé pour questionner le présent par le biais des mots et des chansons, toucher, pénétrer et pourquoi pas convaincre, mobiliser, et devenir les mutins d’aujourd’hui.

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Détails
Date :
mars 28
Heure:
8 h 30 – 20 h 30
Prix : 3, 5, 7 et article27: 1,25 Catégorie de l’événement:400 CoupsMots-clefs de l’événement :chanson engagée, luttes sociales

Organisateur
Théâtre des Rues Téléphone : 065/ 31 34 44

Événements à venir | C’EST DES MUTINS | Théâtre des Rues// // // //

Lieu

Théatre des Rues
Rue des Cerisiers 20, Cuesmes, Hainaut 7033 Belgium

+ Google Map

Téléphone :
065 31 34 44

source

TÉMOIGNAGE“On nous a dit que ce serait simple de fuir la Syrie”


SÉRIE 1/4 – Une famille syrienne raconte sa fuite des combats pour se réfugier en Europe. Un périple qui commence en juillet 2013 pour franchir cinq frontières en quatre mois. Une épopée vécue par des milliers de Syriens depuis le déclenchement de la révolte contre le régime de Bachar El-Assad en mars 2011
Illustration réalisée par Samer Nehmé -L'Orient-Le Jour.Illustration réalisée par Samer Nehmé -L’Orient-Le Jour.

Il fut un temps où Goora*, instituteur, Ichtar, experte en « bons petits plats fait maison », et leur fils Eil menaient une vie paisible dans la banlieue de Hassaké [au nord-est], en Syrie. C’était avant le soulèvement contre le régime de Bachar El-Assad, en 2011. Avant, surtout, la transformation de la révolte en véritable guerre.

« A partir de 2013, mon quotidien s’est retrouvé rythmé par l’annonce du décès d’untel ou la fuite d’un autre. C’est à cette époque-là que nous avons commencé à vivre dans la terreur, raconte Goora à L’Orient-Le Jour via Skype. Je me réveillais, je cherchais de la nourriture, de l’eau, et je revenais à la maison bredouille. Dès le début de l’année, les tirs sont devenus de plus en plus fréquents. Mon fils Eil, qui avait six ans à l’époque, ne pouvait plus aller à l’école. »

(Cliquer sur la carte ci-dessous pour l’agrandir)

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Quand arrive l’été, la situation n’est plus supportable. Goora, 40 ans, et Ichtar, 38 ans, décident de partir, de quitter leur maison criblée de balles. Le catalyseur de cette décision est Eil, à qui ses parents veulent assurer une vie décente et une instruction digne de nom. « J’ai tout sacrifié pour lui. Sans Eil, je n’aurais pas abandonné ma mère qui m’a éduqué toute seule », assure Goora. L’objectif du couple ? La Suède, où sont déjà installés certains de leurs proches.

Une version humaine d’un troupeau de moutons

Pour partir, il faut de l’argent, beaucoup d’argent. Goora vend les terres qu’il possède, mais elles ne valent plus grand-chose en cette période de guerre. Le couple s’accroche à ce qu’il peut pour se convaincre qu’il prend la bonne décision. « On nous a dit que ce serait simple de voyager, qu’on passera de ville en ville chaque jour et que, lors de nos voyages en bateau, nous aurions notre cabine et notre salle de bains. »

Fin juillet 2013, un ami du couple, assyrien [chrétien d’Orient] comme eux, les contacte pour les prévenir qu’un groupe se prépare à fuir en Turquie. Il faut alors dire au revoir aux proches, à ceux qui ont décidé de rester, à ceux qui ne peuvent s’en aller. Puis Goora et Ichtar fourrent le strict nécessaire dans deux valises et rejoignent le passeur et d’autres volontaires au départ.

Le voyage commence dans un minibus, de Hassaké à Derbassiya. A la tombée de la nuit, changement de véhicule, les voyageurs embarquent dans un autre bus qui les dépose, avec une foule d’autres Syriens, à quelques kilomètres de la frontière turque. Le passage de la frontière doit se faire à pied. « Nous étions des milliers, 2 000 peut-être, une version humaine d’un troupeau de moutons. Il y avait des femmes et des enfants, et nous devions marcher vite. Mon fils ne comprenait rien, il pleurait, il voulait retrouver ses amis, ses cousins, sa grand-mère. »

Photographiés comme des criminels

Le passeur, un Syrien à qui Goora a payé 25 000 livres syriennes (350 dollars à l’époque) et dont le seul rôle est de le faire entrer avec son épouse et son fils en Turquie, leur donne ses instructions : « Suivez mes ordres, marchez vite, ne vous arrêtez pas, si vous voyez des lumières, ne bougez plus, et si la police vous attrape, vous ne me connaissez pas. » « C’était toute une aventure ! Mon épouse s’arrêtait de temps en temps, nous avions nos deux valises et notre enfant. A maintes reprises, nous avons dû nous cacher entre les arbres », se souvient Goora.

Après deux heures de marche, le groupe arrive à la frontière. Hommes, femmes et enfants enjambent les barbelés. Mais la police des frontières turque est là. Certains se font attraper, d’autres fuient en courant. Goora et sa famille se cachent entre les arbres et attendent le départ de la police avant de se remettre en route. La famille se fait néanmoins attraper. « Nous étions sur une autoroute déserte lorsqu’une voiture est arrivée. Nous avons pensé que c’était un taxi, mais c’était la police. » Après avoir été fouillés et interrogés, ils passent une nuit au poste.

Le lendemain matin, la police conduit les réfugiés syriens au tribunal de Mardine. « Nous étions dans deux bus, les uns sur les autres. » Le juge décide de libérer la famille de Goora qui, grâce aux connexions du passeur, a des « garants ». Après avoir « été photographiés comme des criminels » et après que leurs empreintes eurent été relevées, Goora, Ichtar et Eil sont libérés. Ils partent à la recherche d’un bus, direction Izmir.

Aucune place pour Izmir

Problème, Mardine, ville touristique, vit au rythme du ramadan et grouille de monde. La famille ne trouve pas de place pour Izmir et se fait lâcher par le passeur. Il a dit, se souvient Goora : « Je vous ai amenés jusqu’ici je n’ai plus rien à faire. » Les trois Syriens sont exténués. Ils n’ont pris ni douche ni vrai repas depuis deux jours, ils sont seuls et ne comprennent pas la langue que l’on parle autour d’eux.

« Les hôtels étaient hors de prix, ils refusaient les livres syriennes et je ne savais même pas où changer de l’argent ! Je tentais de me faire comprendre avec des signes et mon téléphone ne fonctionnait pas ! » La famille finit dans un hôtel très cher. Goora en veut au passeur : « Il n’a pas planifié notre fuite comme il fallait, il ne fallait pas nous faire fuir en plein ramadan ! »

Après trois nuits à l’hôtel dans l’attente de trois places de bus, le père de famille se lance à la recherche d’une église. « On m’a dit qu’il y en avait une à proximité de la mosquée, alors je me suis mis à chercher la mosquée. Lorsque je suis arrivé à destination, j’ai vu cette belle église qui m’a rappelé une ancienne église assyrienne en Syrie. » Dans cette église, Goora se sent tout de suite chez lui et explique sa situation au prêtre. Ce dernier pense que le Syrien veut de l’argent. « Je lui ai dit que je ne voulais rien, que je voulais juste aller à Izmir. »

Le prêtre le met en contact avec un agent de change basé près de l’hôtel. « L’agent était chrétien, j’ai tout de suite senti que nous avions le même sang. Il m’a aidé, mais il n’y avait aucune place pour Izmir avant plusieurs jours. » Au pied du mur, Goora se décide pour l’avion, les trois billets lui reviennent à 350 dollars. « C’était tout de même mieux que payer une nuit de plus à l’hôtel. » La famille prend donc l’avion jusqu’à Izmir, avec une escale à Ankara.

Note :* Les noms ont été modifiés à la demande des intéressés pour des raisons de sécurité.

« Jihad Academy », plaidoyer d’un ex-otage face à Daech


| Rock the Casbah | Rue89 Les blogs

Jean-Pierre Filiu
Universitaire
Publié le 01/03/2015 à 08h18

« Jihad Academy » de Nicolas Hénin

Nicolas Hénin a beau être plus jeune que moi, c’est un journaliste « à l’ancienne ». Là où d’autres s’épuisent dans une vaine traque du « scoop », lui s’immerge des semaines, voire des mois, sur son terrain, dont il apprend la langue et maîtrise les codes. Il cite soigneusement ses sources, préférablement arabes, au moins arabisantes, avant d’avancer faits et interprétations.

Surtout, là où d’anciens otages ont visé le succès de librairie en révélant les « secrets » de leur détention, Nicolas Hénin, détenu par Daech de juin 2013 à avril 2014, nous livre avec « Jihad academy » un plaidoyer sur les moyens de comprendre, et donc de faire face à la menace djihadiste. Sa pudeur est telle qu’il n’évoque pas une fois les épreuves qu’il a subies aux mains de ses geôliers.

Hénin va même plus loin en soulignant les deux poids, deux mesures de l’indignation occidentale face à la barbarie de Daech.

Son livre s’ouvre par l’assassinat en Syrie du journaliste américain James Foley, en août 2014, par l’organisation d’Abou Bakr al-Baghdadi, qui s’était proclamé « calife » le mois précédent en Irak. Hénin « porte le deuil » de son confrère supplicié, mais il n’en oublie pas pour autant les centaines de milliers de victimes de ce conflit, qui sont tombées sans susciter une indignation comparable.

Nicolas Hénin (à droite), avec les autres otages libérés, accueillis par François Hollande le 20 avril 2014 (KENZO TRIBOUILLARD/AFP)

Parabole de cour d’école

Lors de ses interventions publiques, Hénin fut confronté, comme moi-même tant de fois, au défi de l’incompréhension des citoyens même bien intentionnés face à une crise syrienne qui brouille tous nos repères.

Il y répond, avec plus d’humour que moi, par une parabole de cour d’école. Un voyou terrorise un de ses camarades qui va se plaindre à sa maîtresse ; celle-ci réprimande sévèrement le voyou, qui file une nouvelle raclée à sa victime dès le lendemain, avec la même réaction de principe du corps enseignant.

Les brutalités se répètent jour après jour, sans aucune intervention effective pour les stopper de la part de ceux dont c’est pourtant la mission. Alors le souffre-douleur va chercher une bande de malfrats qui le vengent avec force coups. Le voyou peut dès lors se précipiter vers sa maîtresse pour se lamenter de la perversité de sa victime.

C’est ce qu’on appelle une prophétie auto-réalisatrice et elle prêterait à sourire s’il ne s’agissait d’un peuple à la civilisation la plus ancienne de l’Histoire.

Nicolas Hénin construit son plaidoyer en chapitres solidement charpentés, aux titres qui claquent : « Le marketing de la laïcité », « Le poids de l’argent » ou « L’arnaque de Kobani » (localité syrienne, frontalière de la Turquie, dont la guérilla kurde fit à l’automne 2014 son « Stalingrad » face à Daech).

Il tord le cou à ce « bon sens près de chez vous » qui fait des ravages chez les décideurs et les commentateurs soi-disant « réalistes » :

« Outre le fait qu’une collaboration politique avec les services de sécurité syrien, responsables de crimes de masse, serait immorale, il faut garder à l’esprit qu’elle serait totalement contre-productive. Bachar al-Assad est le pire partenaire possible pour lutter contre l’Etat islamique. Il manque d’ailleurs singulièrement d’informations sur les djihadistes qui déferlent sur son sol. »

Merci qui, Baghdadi ? Merci, Assad ! ! !

On recommandera à « Tintin-Fillon » et aux amis de Marine-Poutine la lecture des pages sur l’infiltration des djihadistes par les services d’Assad et le soutien multiforme que la dictature syrienne leur a apporté. Hénin, juste avant son enlèvement à Raqqa en juin 2013, constate que le QG de Daech y reste intact, alors même qu’Assad n’hésite pas faire pilonner des cibles civiles toutes proches.

Ce n’est que plus d’un an après que l’état-major jihadiste, parfaitement identifiable, sera frappé… par les Etats-Unis. On dit merci qui, Baghdadi ? Merci, Assad ! ! !

Vous savez par ailleurs, chers riverains, que j’appelle systématiquement Daech l’organisation que Nicolas Hénin, par excès de scrupule, désigne encore comme « Etat islamique ».

On voit bien les dangereux amalgames qu’une telle désignation peut susciter. Après tout, personne n’appelle Al Qaeda « La Base » ou Hezbollah « Le Parti de Dieu ». Daech étant un acronyme arabe, cette utilisation a été banalisée pour le Fatah (qui signifie littéralement « mouvement de libération de la Palestine »), le Hamas (personne ne dit « mouvement de la résistance islamique »), sans parler, pour l’hébreu, de Tsahal (« Forces de défense d’Israël ») ou du Shin-Beth/Shabak (« Service de sécurité »).

Aussi le fruit de « nos erreurs »

Mais, foin de controverses linguistiques (quoiqu’elles ont leur importance), l’important est la leçon que nous donne à méditer Nicolas Hénin, grandi qu’il est par son expérience directe de l’enfer djihadiste : ce monstre-là est aussi le fruit de « nos erreurs », comme l’indique le sous-titre de cet essai nécessaire et percutant.

Deux mois après les tragédies des 7, 8 et 9 janvier 2015 à Paris, il n’est pas trop tard pour en tirer enfin toutes les conséquences.

Infos pratiques
« Jihad Academy »
De Nicolas Hénin

Ed. Fayard, 260 p., 18€.

Un docteur de bon conseil


Question: Docteur, j’ai entendu dire que les exercices cardiovasculaires pouvaient prolonger la vie, est-ce vrai ?
R: Votre cœur est bon pour un nombre donné de battements, c’est tout … ne les gaspillez pas en exercices ! Faire battre votre cœur plus vite n’allongera pas votre vie; c’est comme dire que l’on pourrait allonger la vie d’une auto en la conduisant plus vite ! Vous voulez vivre plus longtemps ? Faites une sieste !
Q: Doit-on restreindre la viande et manger plus de fruits et de légumes ?
R: Vous devez vous en tenir à la logique ! Que mange une vache ? Du foin et du maïs ! Que sont-ils ? Des végétaux ! Donc, un steak, n’est rien de plus qu’un mécanisme efficace de transfert de végétaux à votre organisme ! Vous voulez des grains de céréales ? Mangez du poulet ! Une côtelette de porc vous donnera l’équivalent de 100% de la dose quotidienne recommandée de légumes !
Q: Devrais-je réduire ma consommation d’alcool ?
R: Non, pas du tout. Les vins et la plupart des alcools sont faits à partir de fruits. Le brandy est du vin distillé, c’est des fruits dont on a retiré l’eau, donc vous en retirerez encore plus de bienfait. La bière est également fabriquée à partie de grains. Ne vous en privez pas !
Q: Quels sont les avantages à participer à un programme régulier d’exercices physiques ?
R: Je n’en vois aucun, désolé.. Ma philosophie est : Pas de douleur …. Quel bonheur !
Q: Les fritures ne sont-elles pas mauvaises pour nous ?
R: VOUS N’ÉCOUTEZ PAS !!! … Aujourd’hui, les aliments sont frits dans l’huile végétale. Ils en sont donc imprégnés, alors comment voulez-vous qu’absorber plus de végétaux soit dommageable pour vous ?
Q: Est-ce que les exercices abdominaux peuvent aider à prévenir contre un éventuel épaississement du tour de taille ?
R: Définitivement pas ! Quand vous exercer un muscle, il devient plus gros. Vous ne devriez donc faire des abdominaux que si vous voulez avoir un plus gros tour de taille !
Q: Est-ce que le chocolat est mauvais pour moi ?
R: Êtes-vous fou ? Les fèves de cacao sont un autre végétal !!! De plus, c’est l’aliment anti-déprime par excellence !
Q: Est-ce que la natation est bonne pour la silhouette?
R: Si la natation était bonne pour la silhouette, expliquez-moi la taille des baleines ?
Q: Est-ce qu’être en forme est important pour ma santé ?
R: Bien sur ! Et ‘Rond’ est une forme comme une autre !
Pour tous ceux qui surveillent ce qu’ils mangent, voici le mot de la fin sur la nutrition et la santé ! Quel soulagement de connaitre enfin la vérité après toutes ces études contradictoires :

ET SOUVENEZ-VOUS :
« La vie ne devrait pas être un long voyage vers la tombe avec l’intention d’y arriver en toute sécurité dans un corps beau et préservé. La vie devrait plutôt constamment déraper – un Chardonnay dans une main – du chocolat dans l’autre –
On devrait toujours en profiter pleinement et finalement arriver au bout du voyage, le corps usé jusqu’à la corde, et pouvoir s’écrier dans un dernier souffle : ‘WOO – HOO! C’était une belle aventure et un beau voyage ! »

Le vin d’ici est meilleur que l’eau-delà .

Très sympa ce médecin ! ! !

 

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