dimanche 15 mars : 4ème anniversaire du déclenchement de la révolution en Syrie


manif

A l’occasion de la commémoration du 4ème anniversaire du déclenchement de la révolution en Syrie, je vous invite à rejoindre le rassemblement pour la Syrie qui aura lieu le dimanche 15 mars 2015 à la place Flagey à 18h30.
La page facebook pour l’évènement: https://www.facebook.com/events/884301298258436/
Bien amicalement,
Rend
Plan d’accès:
http://www.openstreetmap.org/?mlat=50.82780&mlon=4.37237#map=18/50.82780/4.37237

En mars 2011, les premières manifestations citoyennes contre le régime tyrannique de Bachar Al Assad voyaient le jour en Syrie.

La répression terrible de ces manifestations par le régime en place, puis l’introduction progressive d’autres acteurs hostiles à la révolution, à l’instar du groupe terroriste daech, n’ont pas réussi à éteindre cet élan citoyen pour la dignité et la liberté.

Aujourd’hui, nous voulons, en tant que société civile européenne, manifester notre soutien à la société civile syrienne, la grande oubliée de nos débats et positionnements sur ce conflit.

Nous nous réunirons avec bougies, en signe de solidarité, pour signifier que nous gardons espoir en l’édification d’une Syrie libre et démocratique pour tous les syriens.

CHACUN EST INVITE A VENIR AVEC UNE BOUGIE ET UN RÉCIPIENT POUR LA PROTÉGER DU VENT

DRAPEAUX DE LA RÉVOLUTION SYRIENNE BIENVENUS

Les erreurs de l’Occident face à l’Etat islamique


Nicolas Hénin, reporter indépendant, spécialiste du Proche-Orient, est resté plusieurs mois otage de l’État islamique. Avec Jihad Academy, à rebours d’un récit personnel, il livre une analyse de la catastrophe syrienne et des succès de l’État islamique, une organisation forte des faiblesses et des erreurs de ses adversaires, la coalition internationale au premier chef.

Jihad Academy

À force de répéter que le pire est toujours certain, il finit par se réaliser. La menace terroriste nous a rattrapés. Que ce soit par l’invasion de l’Irak en 2003 ou la non-intervention en Syrie depuis 2011, nous avons alimenté la radicalisation. Et nous continuons de la nourrir, par nos compromissions diplomatiques avec des dictateurs, par notre refus d’entendre la souffrance des peuples, par notre incapacité à produire un contre-discours. Quelle est la responsabilité de nos sociétés dans la fabrique de ces nouveaux djihadistes ? Comment se forment-ils ? Comment avons-nous fait le jeu de l’État islamique et relayé sa propagande pour lui permettre de recruter au sein de nos quartiers toujours plus de candidats prêts à se battre au nom d’un islam fantasmé ?  Nicolas Hénin livre ici un plaidoyer à charge contre l’Occident qui a, par ses erreurs ou son inaction, contribué au fiasco. Avec des pistes, aussi, pour tenter de réparer ce qui est encore possible.

Reporter indépendant (Le Point, Arte…), Nicolas Hénin a passé la plus grande partie de sa carrière entre l’Irak et la Syrie. De la chute de Bagdad à la prise de Raqqa, il a été témoin des événements qui ont conduit à l’émergence de l’État islamique et a fréquenté au plus près les djihadistes

 

Accusations d’antisémitisme à l’ULB : un manque de rigueur journalistique.


Accusations d’antisémitisme à l’ULB : un manque de rigueur journalistique. | Association belgo-palestinienne

BethanyWall-2-250x180

 

Ce mercredi 4 février, une action réalisée par le cercle BDS de l’ULB dans le cadre de l’Israeli Apartheid Week a été l’objet d’accusations fausses par des groupes de soutien à la politique coloniale israélienne et entretenue par une presse francophone qui n’a pas jugé opportun d’analyser les faits.

 

Une fois de plus, les actions du mouvement Boycott Désinvestissement et Sanctions ont fait  l’objet d’une récupération écœurante de la part de mouvements de défense de la politique israélienne. Grâce à un montage réalisé par l’Union des Etudiants Juifs de Belgique (UEJB), appuyé par un communiqué Joël Rubinfeld, président de la Ligue belge contre l’antisémitisme et diffusé dans la presse, l’idée que des propos antisémites avaient été tenus s’est largement diffusée dans la presse francophone,.

 

Grâce à une intervention du rectorat de l’ULB, un communiqué de presse commun de l’UEJB et des étudiants du cercle BDS de l’ULB a démenti cette analyse tronquée : aucun propos antisémite n’a été tenu lors de cette action et il s’agissait bien d’un montage qui poussait à la surinterprétation de propos certes dommageables. Malgré ce communiqué, la presse francophone n’a pas pour sa part pas jugé nécessaire de démentir ces accusations qu’elle a diffusées sans aucune mise en perspective critique, comme étant véritables. Simon Moutquin, chargé » de mobilisation à l’Association belgo Palestinienne complète :« Le climat actuel de tensions communautaires, aussi vendeur soit-il pour la presse, ne peut être attisé de cette manière par une désinformation avérée au profit du bien vivre ensemble. Sous couvert d’une lutte contre l’antisémitisme, ces propos relayés dans la presse  ne font qu’attiser de fausses polémiques qui présentent un réel danger pour le dialogue entre communautés. Les valeurs du BDS sont identiques à celles qui animent les mouvements de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et le colonialisme, il ne s’agit ni plus ni moins que celles émanant de la déclaration universelle des droits de l’Homme »

 

La semaine « Israeli Apartheid week » s’inscrit dans la lignée de la campagne BDS qui vise à condamner la politique coloniale pratiquée par Israël. Les revendications de l’appel BDS sont la fin de l’occupation des territoires palestiniens, des droits égaux pour les Arabes israéliens en Israël ainsi que le droit au retour des réfugiés.

 

Suite à ces constats, l’Association Belgo Palestinienne exige que, sur base du communiqué de presse commun UEJB/BDS-ULB, les propos attribués aux étudiants du BDS-ULB de manière erronées soient rectifiés

 

et


Communiqué de presse du comité BDS-ULBLe cercle #BDS de l’#ULB tient à démentir formellement toutes les accusations diffamatoires parues dans la presse ces derniers jours, à l’initiative de l’Union des Etudiants Juifs de Belgique (#UEJB) et de Joël Rubinfeld, président de la Ligue Belge Contre l’Antisémitisme (#LBCA), et par ailleurs ancien vice-président du Parti Populaire.
La campagne BDS – Boycott, Désinvestissement, Sanctions – rejette et condamne fermement toute forme de racisme, et en premier lieu l’antisémitisme !
Le mouvement BDS est un appel issu de la société civile palestinienne qui se base sur le droit international et vise trois objectifs : le droit au retour des réfugiés, la fin de la colonisation en Cisjordanie et la fin de la discrimination raciale en Israël. Il s’agit d’un mouvement indépendant de toute organisation politique, y compris palestinienne. Les accusations de soutien envers le Hamas, ou quelque autre organisation n’ont aucun fondement et nous nous en défendons formellement. Nous ne prenons pas de position en faveur d’une solution à un ou deux états, défendant la liberté du peuple palestinien de choisir son propre avenir politique.
BDS prône un boycott des institutions israéliennes, et conformément à ce principe, nos actions n’ont jamais visé des individus, mais cherchent à dénoncer la politique colonialiste d’un Etat, condamné à de nombreuses reprises par l’O.N.U.
C’était également le cas ce 4 mars, lorsque nous avons déployé une banderole figurant le Mur érigé par les autorités israéliennes, en grande partie sur les territoires occupés de Palestine, et jugé illégal par la Cour Internationale de Justice. Cette action visait à dénoncer la politique d’apartheid du régime israélien envers la population palestinienne, tout en appelant l’ULB à mettre fin à tout partenariat académique avec les universités israéliennes directement impliquées dans la recherche au service de l’armée israélienne.
Le BDS et l’UEJB ont indéniablement des différends politiques concernant l’analyse du conflit israélo-palestinien. Nous déplorons l’amalgame qui est ici fait avec l’antisémitisme, accusation grave et diffamatoire dont nous nous sommes toujours défendus et dont nous nous défendrons toujours. Cette accusation réitérée par le #CCOJB et la LBCA a pour seul but de décrédibiliser toute critique politique des actions du gouvernement israélien.
Le montage vidéo posté par l’UEJB et repris par la presse, laisse penser que le cercle BDS aurait délibérément pris à partie des étudiants. Or, les échanges animés très partiellement reproduits dans ce montage, répondaient à des propos défendant ouvertement l’occupation militaire et le régime d’apartheid sur les territoires palestiniens, jusqu’à renier l’existence même des Palestiniens.
Les accusations portées contre le comité BDS-ULB ne sont qu’une énième tentative de la part des défenseurs d’un Etat criminel de décrédibiliser le mouvement BDS. Nous nous réservons le droit de porter plainte en justice contre les personnes et/ou organisations nous ayant diffamés.
Le comité BDS-ULB

 

 

 

Leila Shahid: «Je pars avec tristesse et colère»


 leila

Leila Shahid n’est plus l’ambassadeur de la Palestine à Bruxelles auprès de l’Union européenne, de la Belgique et du Grand Duché du Luxembourg. Son départ, à 65 ans, est irrévocable. Les efforts du président palestinien Mahmoud Abbas pour la retenir auront été vains. Diplomate hors pair, elle prend une retraite qui sera peut-être interrompue par l’une ou l’autre mission ponctuelle pour la Palestine. Pour Le Soir, la célèbre diplomate palestinienne a accepté d’expliquer les raisons de son départ et de revenir sur son bilan et ses frustrations, en ce compris son opinion, nuancée, sur les institutions européennes qu’elle a fréquentées pendant dix ans.
Les amis de la Palestine en Europe disent qu’ils la regrettent déjà. C’est que Leila Shahid a toujours fait montre de telles qualités diplomatiques offensives que ses ennemis la craignent autant que ses amis l’adulent. Ses combativité et pugnacité ont fait les beaux jours des plateaux télévisés français dont les débats sur le Proche-Orient ont perdu beaucoup de leur sel quand, en 2005, elle choisit Bruxelles et surtout l’Europe, pour représenter son pays en devenir.
Née en 1949 à Beyrouth dans une famille aux riches racines palestiniennes, dont par sa mère la prestigieuse famille Husseini, de Jérusalem, Leila Shahid n’a jamais vécu en Palestine mais «la cause» a marqué sa vie depuis toujours et pour toujours.

Lire l’article ici

Chère Syrie … D’un réfugié à un autre


Ramzy Baroud


Chaque fois que le mot « réfugié » est prononcé, je pense à ma mère. Quand les milices sionistes commencèrent leur offensive et leur « nettoyage » systématiques de la population arabe palestinienne de la Palestine historique en 1948, celle-ci, accompagnée de sa famille, s’enfuit du village jusqu’alors paisible de Beit Daras.

JPEG - 63.7 ko
Ne vous agenouillez jamais. N’embrassez jamais une main. Ne donnez à personne la satisfaction d’exploiter votre peine – Photo : MEE

A cette époque, Zarefah avait six ans. Son père mourut dans un camp de réfugiés sous une tente fournie par les Quakers juste après avoir quitté sa terre. Jeune fille, elle rassemblait les vieux métaux pour aider sa famille.

Ma grand-mère, Mariam, s’aventurait dans la « zone de la mort » coincée entre l’état d’Israël nouvellement constitué, qu’elle jouxtait, et les camps de réfugiés de Gaza, pour cueillir des figues et des oranges. Chaque jour, elle risquait sa vie. Ses enfants étaient tous des réfugiés, qui vivaient en shatat – Diaspora.

Ma mère vécu jusqu’à 42 ans. Sa vie fut extrêmement difficile. Elle épousa un réfugié, mon père, et ensemble ils ajoutèrent sept réfugiés à ce monde – mes frères, ma sœur et moi. L’un d’entre nous mourut en bas âge d’une maladie infantile que l’on savait tout à fait soigner, mais la clinique du camp de réfugiés ne possédait pas de médicaments.

Qu’importe le moment et le lieu où nous sommes, nous portons nos cartes de réfugiés, nos nationalités indéfinissables, notre précarité, la charge de nos parents et la douleur de nos ancêtres.

Il s’avère que nous avons trouvé un nom à cela. Cela s’appelle waja – Douleur – une caractéristique qui définit et unit des millions de réfugiés palestiniens par-delà le monde. Avec notre population de réfugiés actuellement dominée par des réfugiés de deuxième, troisième et même de quatrième génération, il semble que notre waja est ce que nous avons le plus en commun.

Nos géographies peuvent varier, nos langues, nos appartenances politiques, nos cultures, mais au final, nous nous retrouvons autour des douloureuses expériences que nous avons faites nôtres au travers des générations.

Ma mère avait pour habitude de dire : Ihna yalfalastinieen damitna qaribeh – « Les larmes, pour nous, Palestiniens, ne sont jamais très loin. » Mais notre rapidité à verser des larmes n’est pas un signe de faiblesse, loin de là. C’est parce qu’au travers des années, nous avons réussi à mêler notre propre exil et ses nombreuses ramifications, aux exils de chacun. La charge émotionnelle est immense.

D’une certaine manière, nous masquons notre insupportable souffrance, mais elle est toujours à l’état latent. Lorsque nous entendons une seule mélodie de Marcel Khalifeh ou de Sheikh Imam, ou bien quelques vers de Mahmoud Darwish, la douleur de la blessure a une intensité sans pareille, plus forte que jamais.

La plupart d’entre nous ne vit plus sous des tentes, mais notre statut de réfugié se rappelle à nous chaque jour, par l’occupation israélienne, par le siège de Gaza et par les déplacements forcés de réfugiés palestiniens au sein-même d’Israël, par la guerre en Irak et le déplacement forcé des réfugiés palestiniens déjà déportés là-bas, par les conditions de vie ignobles des réfugiés palestiniens au Liban et à travers tout le Moyen-Orient.

Mais pour nous, la Syrie a été notre plus grande waja depuis des années. Mis à part le fait que la plupart du demi-million de réfugiés palestiniens de la Syrie est déplacée et subit des pertes pour la deuxième, troisième, ou même quatrième fois, neuf millions de réfugiés syriens sont actuellement en train de revivre la tragédie palestinienne, retraçant la première étape de la Nakba palestinienne, la catastrophe de 1948.

Voir la destitution des réfugiés syriens est comme revivre le passé, dans tous ses horribles détails. Voir les états arabes vociférer pour aider les réfugiés avec de grands mots et de petits actes, est comme si nous revivions la trahison arabe dans sa totalité.

J’ai vu mes grands-parents mourir, puis mes parents et nombre de mes proches. Tous sont morts réfugiés, supportant la même condition et le même espoir perdu du retour. Le maximum qu’ils aient jamais reçu de la « communauté internationale » a été quelques sacs de riz et de l’huile bon marché. Et, bien sûr, de nombreuses tentes.

Avec le temps, notre statut de réfugié s’est transformé ; au départ un « problème », il fait désormais partie intégrale de nos identités. Être « réfugié » à cette étape signifie se focaliser sur le Droit au retour des réfugiés palestiniens, comme cela est écrit dans le droit international. Ce statut ne fait plus seulement référence au déplacement physique mais également à l’identité politique, voire nationale.

Le clivage politique peut parfois dominer la société palestinienne, mais nous serons toujours unis, liés par le fait que nous sommes des réfugiés ayant une cause commune : rentrer chez nous. Alors que, pour les Palestiniens de Yarmouk près de Damas, être réfugié est une question de vie ou de mort – souvent due à la famine – pour la grande majorité des Palestiniens, la signification du mot est devenue plus intimement liée, elle est gravée dans nos peaux à jamais.

Mais que peut-on conseiller aux relativement nouveaux réfugiés de Syrie, considérant le fait que nous avons nous-mêmes à nous affranchir d’un statut que nous n’avons jamais voulu ?

Tout se résume à ces quelques rappels et mises en garde :

Premièrement, que votre déplacement s’achève bientôt. Puissiez-vous ne jamais vivre la waja du déplacement dans une mesure telle que vous l’adoptiez, l’épousiez comme faisant partie de votre identité, et la transmettiez de générations en générations. Puisse-t-elle être une sorte de douleur fugace ou un cauchemar passager, mais jamais une réalité quotidienne, omniprésente.

Deuxièmement, préparez-vous au pire. Mes grands-parents ont laissé leurs couvertures neuves dans leur village avant de fuir dans les camps de réfugiés parce qu’ils craignaient qu’elles puissent être détériorées dans la poussière du voyage. Hélas, les campements devinrent leur maison, et les couvertures furent confisquées comme le reste de la Palestine l’a été. S’il vous plait, gardez espoir, mais soyez réalistes.

Troisièmement, ne croyez pas aux promesses de la « communauté internationale » . Ils ne tiennent jamais parole, et quand ils le font, cela est toujours pour des motifs cachés qui pourraient vous faire plus de tort que de bien. En réalité, le terme lui-même est illusoire, la plupart du temps utilisé en référence aux pays de l’Occident qui vous ont abusé, comme ils l’ont fait avec nous.

Quatrièmement, ne faites pas confiance aux régimes arabes. Ils mentent. Ils ne conçoivent pas votre douleur. Ils n’entendent pas vos appels, cela ne les intéresse même pas. Ils ont tellement investi dans la destruction de vos contrées, et si peu dans la rédemption de leurs péchés ! Ils parlent d’une assistance qui n’arrive que rarement, et d’initiatives politiques qui se cantonnent pour l’essentiel à des communiqués de presse. Mais ils saisiront chaque opportunité pour vous rappeler combien ils sont vertueux. En fait, votre statut de victime devient un tremplin pour leur grandeur. Ils prospèrent à vos dépends, et par conséquent ils feront de leur mieux pour pousser encore plus loin votre misère.

Cinquièmement, préservez votre dignité. Je sais, ce n’est jamais facile de rester fier quand vous dormez dans une rue inhospitalière recouvert de cartons d’emballage. Une mère ferait tout ce qui est en son pouvoir pour aider ses enfants à rester en sécurité. Peu importe, vous ne devez jamais permettre aux loups qui vous attendent à chaque frontière d’exploiter votre désespoir. Vous ne devez jamais permettre à l’émir, ni à ses enfants, ni à un quelconque riche homme d’affaire, ni à une sympathique célébrité, de se servir de vous pour une séance photo. Ne vous agenouillez jamais. N’embrassez jamais une main. Ne donnez à personne la satisfaction d’exploiter votre peine.

Sixièmement, restez unis. Lorsque l’on est réfugié, il y a une force dans l’unité. Ne permettez pas aux querelles politiques de détourner votre attention du plus grand combat qui est entre vos mains : survivre jusqu’au jour où vous retournerez chez vous, et vous y retournerez.

Septièmement, aimez la Syrie. Votre civilisation n’est pas une chose de second plan. Votre histoire est remplie de triomphes qui ont été, en définitive, votre œuvre. Même si vous devez partir pour des terres lointaines, gardez la Syrie dans vos cœurs. Et cela aussi passera, et la Syrie regagnera sa gloire, une fois que les brutes seront vaincues. Seul l’esprit du peuple devra survivre. Ce n’est pas un simple rêve ni une douce illusion. C’est l’histoire.

Chers réfugiés syriens, cela fait 66 ans maintenant que la dépossession de mon peuple a eu lieu. Nous devons encore rentrer chez nous, mais c’est un combat que mes enfants et leurs enfants devront mener. J’espère que le vôtre s’achèvera bientôt. D’ici là, s’il vous plait souvenez-vous qu’une tente n’est qu’une tente, et que les rafales de vent froid proviennent d’une tempête qui n’est que passagère.

Et en attendant que vous rentriez chez vous en Syrie, ne laissez pas le réfugié prendre possession de vous, car vous êtes bien plus que cela.

JPEG - 5.3 ko

* Ramzy Baroud est doctorant à l’université d’Exeter, journaliste international directeur du sitePalestineChronicle.com et responsable du site d’informations Middle East Eye. Son dernier livre, Résistant en Palestine – Une histoire vraie de Gaza (version française), peut être commandé à Demi-Lune. Son livre, La deuxième Intifada (version française) est disponible surScribest.fr. Son site personnel : http://www.ramzybaroud.net

source

Tunisie : Béchir Labidi «En 2008, nous avons fait la révolution sans le savoir»


Enseignant et syndicaliste à Redeyef, dans le bassin minier de Gafsa, une des régions défavorisées de Tunisie, Béchir Labidi, 61 ans, a été un des acteurs majeurs de la crise sociale de 2008 qui est souvent considérée le mouvement précurseur de la révolution de décembre 2010-janvier 2011 qui vit le dictateur Ben Ali s’enfuir en Arabie Saoudite.«Je dis parfois qu’on a fait la révolution sans le savoir», assène-t-il avec un petit sourire. Entretien à Gafsa.

11022559_10152680306141451_5372211018950599253_n(1)

Comment les événements ont-ils démarré?
Le mouvement social de protestation a commencé le 5 janvier 2008, après la publication d’un concours de recrutement faussé à la Compagnie des phosphates de Gafsa. Il y a eu des arrestations dont la mienne entre le 7 et le 9 avril, mais nous avons été libérés rapidement car les femmes se sont mobilisées et ne quittaient plus les places et les rues! On a été accueilli en héros. Après, des négociations ont eu lieu mais sans résultats avec le représentant envoyé par Ben Ali. Les grèves ont continué, les manifestations aussi. A Redeyef, Metlaoui, Moulares, des confrontations avec la police se multipliaient. C’était la première fois que ce régime devait faire face à un tel mouvement. Un jeune a été tué en mai. Au sein du régime, la tendance favorable à la manière forte, menée par le ministre de l’Intérieur Rafik Haj Kassem, un dur, l’a emporté. Ils ont accentué la répression et les arrestations. Mon fils Mondhafer et moi fûmes arrêtés le 1er juillet. Tout le monde a été torturé. Nous, pendant une semaine, cela a été très pénible surtout pour mon fils. C’était une équipe de Tunis qui procédait, aidée par des agents de Gafsa. En février 2009, des centaines de condamnations ont été prononcées, de 2 à 10 ans ; moi j’ai pris huit ans en appel. En octobre, nous avons été graciés.

Que s’est-il passé pour vous entre ce moment et la révolution de 2011?
Nous avons été évidemment surveillés de près mais en raison de la sympathie que nous manifestaient les militants syndicalistes des sections de l’UGTT (le grand syndicat national historique, NDLR), nous avons réussi à aller témoigner dans différentes sections régionales, à Kairouan, Jendouba, Sfax, etc. Proche du régime, le secrétaire général de l’UGTT, Abdessalam Jrad, n’a rien pu faire contre nous, contre la base. Et nous jouissions de l’appui d’organisations de la société civile comme la Ligue des droits de l’homme, les Femmes démocrates, le Comité de soutien aux prisonniers du bassin minier, etc.

Et ces événements qui ont abouti à la chute du régime en 2011, comment les avez-vous vécus?
Les militants de gauche, la société civile, tout le monde prenaient conscience que si on avait été plus soutenu en 2008 la révolution aurait déjà pu éclater à ce moment-là. 2011, finalement, fut la copie révisée de 2008, car on n’a pas laissé seuls les gens de Sidi Bouzid, les premiers à bouger; les syndicalistes se sont mobilisés et quand les policiers s’en sont pris aux jeunes on les a hébergés dans les locaux de l’UGTT. Même Jrad a dû négocier la dispersion. La mobilisation a fait tache d’huile et, ce fameux 14 janvier 2011, jour de la fuite de Ben Ali, on était trop fier du but enfin atteint! C’était l’apothéose d’une lutte de 30 ans pour la liberté.

Quel regard portez-vous sur les quatre années qui se sont écoulées depuis lors?
Les principaux acteurs de la révolution, la gauche et les jeunes, ont été rapidement marginalisés, dès les élections d’octobre 2011; les islamistes (le parti Ennahda, NDLR) étaient bien mieux organisés et plus riches que nous. On n’avait pas fait la révolution pour ce résultat! Mais les démocrates s’étaient divisés entre plusieurs partis. Avant cela, j’avais fait partie du Comité national pour la réalisation des objectifs de la révolution avec 150 autres membres. Durant les années 80 et 90, j’ai été membre de partis de la gauche radicale, j’ai notamment fondé avec des amis le PCOT (Parti communiste des ouvriers de Tunisie). J’ai concouru comme candidat indépendant en 2011, j’ai obtenu 2.700 voix, neuvième score de la circonscription qui n’élisait que sept députés. En 2014, je n’étais pas candidat.

Justement, lors de ce dernier scrutin, un parti créé en 2012, Nidaa Tounes, est parvenu à dépasser Ennahda. On dit parfois que c’est le retour du parti de Ben Ali…
Non. Les échecs économiques et les erreurs en politique étrangère d’Ennahda et du président Moncef Marzouki, entre 2012 et 2014, ont provoqué la victoire de Nidaa Tounes, une force disparate composée de gens qui ont en commun leur hostilité aux islamistes. C’est un mélange de gens de gauche, de syndicalistes, de gens de droite, d’ex-RCD (le parti quasi unique de Ben Ali). Ennahda a réussi à se glisser dans la coalition gouvernementale qui vient de se former car c’est un renard en politique: il a compris que le vent ne soufflait par de son côté, qu’il était encerclé, et il veut en même temps rester présent, en position d’attente. Voilà pourquoi il est entré dans ce gouvernement dominé par Nidaa.

Pour qui avez-vous voté aux présidentielles l’an dernier?
J’ai d’abord soutenu Hamma Hammami (le candidat de la gauche radicale, leader du PCOT, NDLR), je l’ai même accompagné en campagne. Au second tour, entre Moncef Marzouki et Beji Caïd Essebsi, je n’ai pas pu voter. Personne dans ma famille n’a voté car nous estimions qu’aucun de ces deux noms ne méritait d’occuper le poste de président de la république. Essebsi, qui a gagné, a été longtemps ministre sous le dictature de Bourguiba, il est très vieux (88 ans, NDLR) et donc d’autres dirigeront le pays en réalité. Quant à la vraie gauche, elle court à l’échec car elle reste enfermée sur elle-même. Il faut créer un nouveau front démocratique, large, ouverts à tous les partis et instances démocratiques de la gauche.

Vous ne craignez pas que les échecs économiques ne fassent le lit des nostalgiques du RCD?
Non car les Tunisiens ont dépassé la dictature. Les problèmes socio-économiques sont lourds. Il faudra du temps, le sens du travail et un sens du développement du pays qui impliquent une révolution culturelle. Mais les acquis de la révolution, le pluralisme, la liberté de presse et d’expression, plus personne ne nous les enlèvera. Les «ex-RCDistes» doivent s’intégrer, qu’ils le veuillent ou non, à ce processus en marche.

Propos recueillis par Baudouin Loos à Gafsa le 16 février 2015.

source

La théorie fumeuse du « moindre mal » et la singulière équipée d’un quatuor d’amateurs


La théorie fumeuse du « moindre mal » et la singulière équipée d’un quatuor d’amateurs | 

Souria Houria

Communiqué

Deux députés et deux sénateurs français se sont rendus à Damas mercredi 25 février. La délégation menée par Gérard Bapt (PS), comptait un député UMP, un sénateur UMP et un sénateur UDI. Ceux-ci ont été reçus par Bachar Al Assad. Cette visite a fait polémique. Le gouvernement a renié cette initiative et a dénoncé la main tendue par ces élus à un dictateur avec lequel la France a rompu les relations diplomatiques pour le massacre perpétré contre son peuple, le déclarant pour cette raison infréquentable. Plusieurs hommes politiques français se sont aussi désolidarisés de cette initiative.

Gérard Bapt et Jacques Myard de l’UMP, qui faisait partie de cette délégation, ont souvent manifesté une relative compréhension pour le dirigeant syrien et ont repris très rapidement à leur compte la théorie du régime qualifiant d’islamistes les manifestants pacifiques de 2011, alors que ceux-ci se battaient pour leurs droits démocratiques, la fin de la corruption et de la dictature.

Cette visite a été très largement médiatisée en Syrie pour l’opportunité qu’elle offrait au dictateur, dont il faut rappeler qu’il a utilisé ses armes lourdes, l’aviation et même l’arme chimique contre son peuple. Cette visite est non seulement illégitime d’un point de vue politique, ces élus n’étant aucunement mandatés, ni par le gouvernement, ni par l’Assemblée Nationale ou le Sénat. Elle est aussi trompeuse. Elle a constitué un marché de dupes.

Ces élus qui, à Damas ne représentaient qu’eux-mêmes, voudraient nous faire croire que reprendre les relations avec Bachar Al Assad est nécessaire pour mieux combattre « l’Etat Islamique ». C’est ainsi qu’ils justifient leur visite.

Pure tromperie !

Tout d’abord, il n’est plus contestable que le dirigeant syrien a tout fait pour justement favoriser cette organisation afin de discréditer le mouvement de contestation contre son régime : il libère des djihadistes de ses prisons en 2011 ; ses bombardements ont longtemps épargné l’état-major de l’organisation djihadiste à Raqqa, alors qu’il assommait de bombes d’autres zones tenues par la rébellion et qu’il continue de le faire ; ses soldats ne se confrontent jamais sur le sol aux djihadistes et les rares fois où ils l’ont fait, cela s’est soldé par un échec militaire.

En quoi alors, peut-il être utile ?

Même du point de vue du renseignement, les brigades combattantes rebelles seraient bien plus utiles, elles qui sont en contact au sol avec « l’Etat Islamique » puisque les zones qu’elles contrôlent jouxtent celle de l’organisation djihadiste. Et surtout, Daech n’est pas pour Assad une cible prioritaire. La cible prioritaire, pour lui, c’est la rébellion contre laquelle il déploie tout son arsenal militaire et sécuritaire, s’acharnant sur les populations qui ont le malheur de vivre dans les zones échappant à son contrôle. Elles reçoivent quotidiennement des barils de poudre venus du ciel et souffrent incomparablement plus des exactions du régime que des djihadistes. Et cela, ces députés ne peuvent l’ignorer.

Non, Assad n’est pas le bon partenaire. C’est un partenaire non fiable, menteur, dissimulateur, qui mène ses interlocuteurs par le bout du nez et c’est ce qu’il a fait avec ces quatre parlementaires français. Qu’a rapporté de Damas la lamentable équipée de ce quatuor d’amateurs ? Un peu de gloriole pour un dictateur aux mains tachées du sang de ses concitoyens et rien d’autre. Ils ont donné à Bachar Al Assad et n’ont rien reçu en échange. Ils ont de plus desservi les intérêts de la France en sapant sa position.

Étaient-ils si inconscients de cette manipulation ou est-ce leur trouble admiration pour les régimes forts qui les a attirés sur le chemin de Damas ? Veulent-ils nous faire croire qu’Assad est un moindre mal ? En tout état de cause, il faut se prémunir contre cette nouvelle théorie du « moindre mal » qui fait apparaître « le boucher de Damas » comme un partenaire fréquentable face à un « Etat Islamique » qui nous abreuve d’images violentes afin de nous faire perdre tout jugement.

Mais il doit rester assez de bon sens aux hommes politiques français pour ne pas considérer que le dirigeant syrien qui se joue sans cesse de la communauté internationale puisse être d’une quelconque aide pour la lutte contre Daech. A moins que l’on accepte l’idée du pompier pyromane.

Non, Assad n’est pas le bon partenaire.

Il est la source du problème.

Il ne peut représenter la solution.

Dimanche 1 mars 2015

===

Souria Houria Contact presse
info@souriahouria.com

source

La chanson de Craonne


[youtube http://youtu.be/6iGEiY6wvDo?]

Mutineries_Poilusun_deserteur_fusille-ab699

La chanson de Craonne

1917

Chanson anonyme écrite sur la musique de « Bonsoir m’amour«  (Adelmar ou Charles Sablon, le père de Germaine et Jean) à laquelle on doit sans doute le succès de cette valse dont les paroles, aujourd’hui, font presque sourire.

Son texte recueilli par Paul Vaillant-Couturier (1892-1937), avocat puis journaliste et finalement député, qui, entré dans la guerre avec un certain enthousiasme, en sorti socialiste, revendicateur même mais surtout pacifiste. Sous-officier, en 1914, dans l’infanterie; il termina la guerre capitaine dans les chars d’assaut non sans avoir été blessé, gazé, cité à l’ordre de la Nation mais aussi condamné cinq fois pour son action en faveur de la paix.

Vivement condamné par les autorités militaires (qui offrirent une petite fortune à celui qui en dénoncerait l’auteur) elle fut connue sous plusieurs noms dont : « Les sacrifiés », « Sur le plateau de Lorette » et « La chanson de Lorette ».

Elle demeure, aujourd’hui la chanson-type de l’antimilitarisme mais elle a été depuis dépassée par plusieurs autres. Il suffit à cet égard de citer  « Quand un soldat » de Francis Lemarque (1953) ou encore le très célèbre « Déserteur » de Boris Vian (1954).


Paroles

Quand au bout d’huit jours, le r’pos terminé,
On va r’prendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile.
Mais c’est bien fini, on en a assez,
Personn’ ne veut plus marcher,
Et le cœur bien gros, comm’ dans un sanglot
On dit adieu aux civ’lots.
Même sans tambour, même sans trompette,
On s’en va là haut en baissant la tête.

Refrain
Adieu la vie, adieu l’amour,
Adieu toutes les femmes.
C’est bien fini, c’est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C’est à Craonne, sur le plateau,
Qu’on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
C’est nous les sacrifiés !

C’est malheureux d’voir sur les grands boul’vards
Tous ces gros qui font leur foire ;
Si pour eux la vie est rose,
Pour nous c’est pas la mêm’ chose.
Au lieu de s’cacher, tous ces embusqués,
F’raient mieux d’monter aux tranchées
Pour défendr’ leurs biens, car nous n’avons rien,
Nous autr’s, les pauvr’s purotins.
Tous les camarades sont enterrés là,
Pour défendr’ les biens de ces messieurs-là.

au Refrain

Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance,
Pourtant on a l’espérance
Que ce soir viendra la r’lève
Que nous attendons sans trêve.
Soudain, dans la nuit et dans le silence,
On voit quelqu’un qui s’avance,
C’est un officier de chasseurs à pied,
Qui vient pour nous remplacer.
Doucement dans l’ombre, sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes.

Refrain
Ceux qu’ont l’pognon, ceux-là r’viendront,
Car c’est pour eux qu’on crève.
Mais c’est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève.
Ce s’ra votre tour, messieurs les gros,
De monter sur l’plateau,
Car si vous voulez la guerre,
Payez-la de votre peau !

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Retour en haut ↑