[Communiqué] La lutte contre l’antisémitisme est trop importante pour être laissée aux nationalistes israéliens


13/05/2021

Communiqué commun de l’Association belgo-palestinienne (ABP), de l’Union des progressistes juifs de Belgique (UPJB) et de De-colonizer ASBL sur les accusations d’antisémitisme envers Rajae Maouane

Depuis 24 heures, la coprésidente d’Ecolo Rajae Maouane fait l’objet d’attaques d’une violence inouïe la part de la Ligue Belge contre l’Antisémitisme (LBCA). Son crime ?  Avoir posté mardi en “story” l’image d’un combattant palestinien faisant tournoyer un lance-pierre, sur une chanson d’accompagnement, ”Wein Al Malayeen”, succès de la chanteuse libanaise Julia Boutros composé suite à l’intervention israélienne de 1982 lors de la guerre du Liban, appelant à la résistance contre Israël. Pour la LBCA, ce post inciterait au « passage à l’acte antisémite», et serait «lepoint d’orgue d’un dévoiement antisémite constaté depuis plusieurs années dans le chef du parti des Verts ».

Un rapide examen des pièces du « dossier » suffit à dégonfler ces accusations. La chanson incriminée est bien un chant guerrier, mais elle ne contient nulle trace d’appels à la haine des Juifs et se focalise surtout sur la passivité des dirigeants arabes face à Israël, dont les crimes de guerre commis à l’époque étaient encore frais dans les mémoires. Et si les attaques contre des civils, quels qu’ils soient, sont évidemment condamnables, on voit mal  en quoi l’illustration d’un lanceur de pierre entouré de soldats pourrait signifier autre chose qu’un soutien au droit légitime des Palestiniens à la résistance. Par ailleurs, aucun positionnement d’Ecolo ne permet d’attester une supposée dérive antisémite de sa part.

Que la LBCA, dont l’engagement passé de son président Joël Rubinfeld à la droite radicale en Belgique et la proximité avec le camp nationaliste israélien sont notoires, use de pareilles méthodes ne devrait pas étonner. Il est plus surprenant que de nombreux médias aient relayé une accusation aussi vide de contenu, qui jette l’opprobre sur le mouvement de solidarité avec la cause palestinienne.

La lutte pour les droits des Palestiniens repose sur la défense du droit et des aspirations à la justice et à l’égalité. Elle est donc incompatible avec toute forme de racisme, et donc d’antisémitisme, lequel doit être dénoncé implacablement lorsqu’il se manifeste.

Avec tout autant de force doit être dénoncée l’instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme par les soutiens à l’entreprise coloniale et criminelle israélienne, en particulier dans la période actuelle si critique pour les victimes de celle-ci, laquelle appelle plus que jamais à une solidarité sans failles.

L’UPJB, l’ABP et De-Colonizer ASBL apportent leur soutien inconditionnel à la coprésidente d’Ecolo face aux calomnies dont elle fait l’objet, ainsi qu’à toutes celles et à tous ceux qui font les frais des mêmes campagnes d’intimidation en raison de leur engagement pour les droits humains en Israël/Palestine.