Un sioniste donne des consignes de vote pour le second tour


Meyer Habib a envoyé un mail destiné aux électeurs français en Israël..Pas aux français qui résident dans les autres pays de la 8ème circonscription. Le voici donc.. J’ai coupé les attaques et accusations totalement infondées contre Florence Drory, la candidate de la République en marche..remarquez le passage où il se revendique communautariste « profondément attaché à la France, sioniste, partisan de l’intégrité d’Eretz Israël et fidèle aux valeurs de la Torah ».
Charles Enderlin

Meyer Habib écrit:

Chers compatriotes, chers amis,

Le 4 juin dernier, vous n’avez été que 7% en Israël à vous déplacer pour le premier tour de l’élection législative.

Conséquence : même si nous avons obtenu 74% des voix en Israël, la candidate de gauche étiquetée « La République en Marche » me devance de 1% et, sans une mobilisation massive au second tour, nous allons perdre.

Cette abstention massive est d’autant plus difficile à comprendre que ma concurrente excite le reste de la circonscription en me présentant uniquement comme un candidat communautariste au service d’Israël, soutenu par Netanyahu et les rabbins.

N’en déplaise à certains, j’assume totalement ma proximité avec le Premier ministre israélien, qui est un atout majeur pour vous, et le monde de la Torah ainsi que mon dévouement total aux Français d’Israël!

Avec Benyamin Netanyahu, nous avons beaucoup fait pour renforcer la coopération anti-terroriste entre la France et Israël et faciliter l’intégration des Olim, notamment par la reconnaissance des diplômes des dentistes et des pharmaciens. Il m’a promis des avancées très prochainement pour de nouvelles professions, et rapidement pour les permis de conduire. Il a tenu à vous le dire personnellement.

Réveillez-vous, nous n’avons pas le droit de perdre cette élection! Les conséquences seraient trop graves.

Pour la première fois, avec moi, vous avez un député qui vous ressemble : profondément attaché à la France, sioniste, partisan de l’intégrité d’Eretz Israël et fidèle aux valeurs de la Torah.

Depuis quatre ans, j’ai défendu sans relâche Israël, qui partage nos valeurs, et le peuple juif.

Nos ennemis, les vrais, ne s’y sont pas trompés. Ma vie est menacée et je vis sous protection rapprochée mais c’est le combat de ma vie.

Mon collègue, et frère de cœur Claude Goasguen, lui aussi confronté à l’adversité LREM, a d’ailleurs tenu à témoigner son soutien.

A mon tour, je lui apporte tout mon soutien et demande aux électeurs de la 14ème circonscription de Paris de voter massivement pour lui dimanche prochain. Pas une voix doit lui manquer. Il est trop important qu’il soit réélu : c’est un des boucliers d’Israël à l’Assemblée nationale.

Ne pas diffuser ?


La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent
Albert Einstein

C’était au tout début du mois de juillet de l’année dernière. J’étais place Tahrir au Caire, dans l’attente d’un événement que même le cireur de chaussures de la corniche Maspéro savait inéluctable. Mohamed Morsi, le président égyptien allait , selon l’expression consacrée, devoir dégager. Le téléphone sonne. Un ami m’appelle de France pour m’annoncer : « Tu sais ! Un des principaux éditorialistes parisiens affirme qu’il va rester au pouvoir ! » Du point de vue de ce confrère, depuis son bureau avec vue sur la Seine, c’était tout à fait logique. Morsi avait été élu démocratiquement.

L’administration Obama, persuadée qu’elle avait enfin trouvé un « bon » islamiste sunnite, le soutenait. Les correspondants et envoyés spéciaux en Egypte pouvaient toujours décrire les foules immenses et le soutien accordé par l’armée aux manifestants anti-Frères musulmans, cela ne changeait rien à la vision manichéiste de cet expert en politique étrangère.

Les aveugles

Il souffrait du syndrome de l’inertie conceptuelle. L’incapacité à adapter l’analyse et le discours aux tranformations d’une situation, d’un rapport de force. Une forme d’aveuglement, qui a frappé les médias mais aussi les services de renseignements et d’analyse au cours de l’Histoire. En 1941, aveuglé par sa vision des relations bilatérales avec Berlin, Staline n’a pas voulu voir les signes annonciateurs de l’offensive nazie contre l’URSS. Dans les années 70, les Américains n’ont pas compris la nature des événements précurseurs à la chute du Shah d’Iran et l’arrivée au pouvoir des Ayatollahs. Plus tard, ils ont refusé toutes les informations sur l’inexistence d’armes de destruction massives dans l’Irak de Saddam Hussein. On connaît la suite.

Les Israéliens, politiques, analystes et journalistes n’ont pas toujours fait mieux. La surprise stratégique de la guerre du Kippour en est un des principaux exemples. Il faudrait aussi rappeler le soutien sans faille accordé par l’armée et le Shin Beth au développement de l’Islam radical à Gaza jusqu’au jour où ces « sympathiques religieux » ont créé le Hamas dont l’objectif est la destruction de l’État juif. J’ai décrit cet épisode dans mon livre « Le grand aveuglement » .

Que faire des Palestiniens ?

Aujourd’hui, on est bien obligé de constater que ce syndrome est omniprésent chez les dirigeants et les médias occidentaux, bloqués sur la vision de l’inéluctabilité d’une paix israélo-palestinienne. Or, la probabilité d’un accord est extrêmement faible comme le prouve l’échec de l’initiative du secrétaire d’état John Kerry. Un accord était tout simplement impossible.

D’abord pour des raisons politiques israéliennes.Le Likoud, le principal parti de droite, a toujours été opposé à la création d’un état palestinien indépendant aux côtés d’Israël. Le développement de la colonisation en Cisjordanie a été un de ses principaux objectifs depuis son arrivée au pouvoir avec l’élection de Menahem Begin en 1977 et après la conclusion du traité de paix avec l’Egypte en 1979. Grâce à son alliance historique avec le Sionisme religieux, près de 400 000 Juifs y habitent, transformant radicalement les données du conflit au Proche Orient. La direction de l’OLP l’a compris et admet en privé qu’elle a échoué et ne parviendra pas à créer un état indépendant.

A terme, Israël, devra donc dévoiler ce qu’il compte faire des Palestiniens. Les maintenir dans l’autonomie sous sa forme actuelle ? Des personnalités comme Ehoud Barak estiment que cela serait une forme d’apartheid. Les annexer en leur accordant tous les droits politiques – y compris la possibilité de voter pour la Knesset ? Ouri Ariel, ministre de l’habitat et colon militant le propose. Mais, à l’étranger, les images de l’occupation israélienne dérangent et les grands médias ne les diffusent plus depuis longtemps.

Crise économique oblige, les grandes chaines généralistes occidentales, occupées par la grande bataille de l’audience, ne couvrent plus l’international au quotidien. Et puis, en Europe ces images suscitent des réactions souvent anti-juives au sein de certaines populations et réveillent diverses formes d’antisémitisme. Un phénomène renforcé par l’attitude des institutions communautaires juives, identifiées à la politique israélienne, qu’elles soutiennent sans faille.

Ne pas diffuser ?

Cette montée de l’antisémitisme consolide l’inertie conceptuelle des médias. Un rédacteur en chef d’une grande agence de presse m’a dit, récemment : « Il faut faire attention. La montée de l’antisémitisme est sans précédent et il ne faut pas diffuser d’articles ou de sujets trop négatifs sur Israël ».

Résultat : le dossier palestinien a quasiment disparu de la place publique occidentale. Cela fait bien entendu l’affaire de la droite israélienne, mais avec un inconvénient majeur : son discours est , lui aussi, devenu inaudible. A preuve : la rapidité avec laquelle les États Unis, l’Union Européenne, la Chine, l’Inde et la Russie ont reconnu le nouveau gouvernement palestinien soutenu par le Hamas. Le message de Netanyahu, rappelant que l’organisation islamiste prône la destruction d’Israël, n’est pas passé.

Inexorablement, ce conflit finira par atteindre son paroxysme et embraser non seulement la région mais aussi des populations musulmanes dans le monde arabe et en Europe. Les dirigeants occidentaux, analystes et éditorialistes devront alors révéler les raisons pour lesquelles ils ont laissé ce conflit glisser vers le point de non retour.

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voir les commentaires sur la page fn de Baudouin Loos

« Les colons ont gagné ! »


Charles Enderlin, chef du bureau de France 2 à Jérusalem, habite en Israël depuis 1968. Auteur prolixe d’essais et de documentaires de qualité, il récidive avec la sortie au Seuil, le 4 avril, de son dernier livre, « Au nom du Temple » (Israël et l’irrésistible ascension du messianisme juif, 1967-2013), qui fera aussi l’objet d’un documentaire sur FR2. Rencontre à Jérusalem.
Pourquoi ce livre ?
On pourrait dire « les colons ont gagné ! ». Le sionisme religieux a gagné. C’est le message de mon livre qui montre comment pendant la période qui débute après la guerre des Six Jours en 1967, la mouvance des colons est devenue une force dominante dans la société israélienne, avec un discours théologique eschatologique (prévoyant la fin du monde, NDLR).
Une idéologie qui avait de la peine à s’imposer jusque-là…
La simple idée du retour en terre d’Israël était bannie chez les religieux. Quand le sionisme politique fut inventé par Herzl à la fin du XIXe siècle, les ultra-orthodoxes y étaient farouchement opposés, les maîtres rabbins y voyaient trois interdits : les juifs ne peuvent se révolter contre les nations du monde, ils ne doivent pas revenir en masse en Eretz Israël (terre d’Israël) car c’est Dieu qui décidera de ce retour, et enfin il ne faut pas que les nations du monde se montrent trop dures envers le peuple juif. Pour sa part, le sionisme libéral façon Herzl – on ne dira pas laïque – envisageait, lui, la cohabitation avec les minorités comme les Arabes, prévoyait un vice-président arabe, etc. Avec le réveil du sionisme religieux, les interdits susmentionnés sont tombés.
Surtout après le choc de 1967…
Oui, en 1967, lors de la guerre, Israël conquiert les lieux de son histoire biblique. Dont Jérusalem et le mont du Temple. C’est le réveil des nationalistes religieux juifs, qui y voient un processus eschatologique et un dessein de Dieu. Les plus déterminés se dirigent tout de suite vers Hébron (où se trouve, selon la tradition hébraïque, le tombeau des Patriarches, dont celui d’Abraham). Ils proviennent de la mouvance messianique, qui croit que le Messie arrive, qu’il faut préparer sa venue. Ce ne sont donc pas les utra-orthodoxes (hommes en noir, les haredim ou « craignant-Dieu », qui pensent que Dieu décidera quand il le choisira de l’envoi du Messie, que les croyants n’ont pas à s’en mêler, NDLR). Cela dit, on commence maintenant à voir des ponts entre ces deux mouvances : des ultra-orthodoxes qui deviennent sionistes et des religieux sionistes qui deviennent ultra-orthodoxes. Ce phénomène est favorisé par la création dans les territoires occupés d’implantations destinées aux ultra-orthodoxes, comme Beitar Illit, près de Bethléem.
Justement, parlons des colons de 2013. Croyez-vous qu’ils pourraient retourner en Israël en cas d’accord de paix avec les Palestiniens ?
Sans parler des 200.000 Israéliens installés dans des colonies urbaines à Jérusalem-Est (partie arabe de la ville sainte), ils sont environ 350.000 en Cisjordanie occupée. Avec un rythme de croissance de 5% l’an, ils seront donc 400.000 dans trois ans. On n’évacuera pas 300 ou 400.000 colons. Même pas 50.000. Il avait fallu 13.000 soldats et policiers en 2005 pour évacuer 8.000 colons de Gaza et cette démarche, alors, faisait consensus en Israël. Pour les colons, le statu quo est idéal. Parmi eux, les laïcs ne refuseraient pas de voir les Palestiniens dotés d’une autonomie dans les domaines économiques, culturels…
Comment l’Etat israélien les considère-t-il ?
Les autorités sont infiltrées à tous niveaux par les colons, ce qui produit des « miracles » comme quand de nouvelles collines de Cisjordanie appartenant à des Palestiniens sont occupées (illégalement même aux yeux de la loi israélienne) pour y installer des avant-postes de colons destinés à devenir de nouvelles colonies et que l’électricité et l’eau y parviennent. Et il faut de cinq à dix ans à la Cour suprême pour se prononcer sur la légalité de ces faits accomplis.
On constate aussi parmi eux l’émergence d’une jeunesse très radicale, qui n’a jamais habité en Israël même, qui s’en prend volontiers aux Palestiniens…
Il existe une nouvelle génération d’enfants de colons, qu’on appelle « la jeunesse des collines », depuis que Ariel Sharon, après le sommet de Wye Plantation en 1998 avait lancé le slogan « Emparez-vous d’un maximum de collines ! ». Ces jeunes sont quelques centaines, peut-être plus. Des « durs ». Des « salafistes juifs » ! Pour eux, la fin justifie les moyens puisqu’ils se croient investis d’une mission théologique. Dans ce cadre, il n’y a pas la place pour un Etat palestinien. Comme d’ailleurs, pour les extrémistes religieux musulmans, il n’y a pas place pour un Etat juif en Palestine.
Les colons religieux sont des révolutionnaires ; ils ont un but.
Les partis non religieux sont-ils complices ?
En tout cas, la responsabilité des dirigeants de la droite israélienne n’est pas mince. Les Begin, Shamir, Sharon ou Netanyahou ont toujours évoqué « le droit historique des juifs en Eretz Israël » (terre d’Israël au sens biblique). Depuis des décennies, la Cisjordanie n’est pas appelée en Israël autrement que par ses noms bibliques de « Judée et Samarie ». De toute façon, qu’ils soient ou non directement représentés au gouvernement, les colons vont continuer à grandir en nombre.
Propos recueillis par BAUDOUIN LOOS

Photo Joël Saget, AFP.

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