A. Hass dénonce la propagande mensongère de son pays


26 mai 2018

Source: Externe

La journaliste israélienne Amira Hass (qui vit depuis des années à Ramallah – ndlr), denonce dans Haaretz le « mépris » des Israéliens qui affirment que c’est le Hamas qui envoie les Gazaouis se faire tuer, « comme si le blocus qui leur est imposé par Israel ne les condamnait pas à une mort lente. »

« Nous mourons de toutes façons, alors autant le faire devant des caméras », m’ont dit mes amis de Gaza, en ajoutant: « Votre mépris vous empêche de comprendre que personne à Gaza ne manifeste au nom de qui que ce soit. »

Soulignant amèrement qu’Israel interdit aux journalistes israéliens de se rendre dans la bande de Gaza, Amira Hass, en conclut qu’il est facile ensuite pour les dirigeants israéliens de raconter n’importe quoi.

Elle ajoute: « Mais je demande à ces mêmes dirigeants, s’ils sont si sûrs que c’est le Hamas qui mène la danse et que les Gazaouis ne font que lui obéir, pourquoi obéissent-ils eux aussi au Hamas, en répondant par la violence à la non-violence, donnant ainsi d’israel l’image que le Hamas voulait, selon eux, montrer ?

Il y a une barrière intérieure, ainsi qu’une barrière de sécurité, de même qu’un fossé creusé par Israel pour la construction d’une nouvelle barrière souterraine. Et puis il y a une route de sécurité et plus loin une deuxième. Et après, il y a les champs. Et tout autour des postes de surveillance, des ballons d’observations et des drones. Et vous n’avez rien trouvé de mieux à faire que de prouver la capacité d’Israel à tuer et à mutiler.

D’une colline voisine située à Nir Am, j’ai pu observer avec mes jumelles cette grande prison où j’ai vécu plusieurs années, et dont je ne peux plus m’approcher parce que l’emprisonnement est devenu total. Je ne peux pas voir mes amis qui sont à moins de 2km de là! L’un d’eux m’a dit en riant sur WhatsApp qu’il allait venir me faire un coucou avec un grand drapeau palestinien.

Mais plus sérieusement, mes amis me font part de leur indignation face au fait qu’on leur vole non seulement leur liberté de mouvement et leur droit à une vie digne, mais aussi la possibilité d’exprimer leur profonde frustration et leur désespoir, en les présentant comme des pantins uniquement capables d’obéir à des ordres donnés d’en haut.

Source: Externe

Ces amis m’ont dit: les Israéliens nous ont toujours méprisés. Pour eux ’un bon arabe est un arabe mort ou un collaborateur’. Nous sommes allés manifester sans plan pour déranger les célébrations du transfert de l’ambassade étatsunienne à Jérusalem, une ville qui nous est chère, et parce que nous ne voulons plus mourir en silence. Nous en avons assez de mourir tranquillement dans nos maisons.

Et je peux vous dire que si le Hamas avait supervisé ces manifestations à Gaza, elles auraient été moins chaotiques. Il y aurait eu de la discipline. L’état de confusion qui règne dans les Marches du Retour sont bien la preuve que ce n’est pas le Hamas qui les organise, même si des membres du Hamas y participent également et y jouent, le plus souvent, un rôle modérateur.

Ce sont des jeunes qui ont lancé cette idée et le Hamas, n’a pu que s’y rallier. Et sur les près de 120 Palestiniens qui ont été tués durant ces marches, le Hamas n’en revendique qu’une quarantaine ayant des liens plus ou moins proches avec leur organisation.

Mais, c’est toujours la même rengaine israélienne, y compris lors de chacun des bombardements », conclut Amira Hass.

Amira Haas –

19.05.18

Source: CAPJPO-EuroPalestine

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Quel culot ! Pourquoi la gifle d’Ahed Tamimi rend les Israéliens furieux


 

Gideon Levy جدعون ليفي גדעון לוי 
Traduit par  Jean-Marie Flémal

 

Mardi dernier, les Forces de défense d’Israël ont abattu Hamed al-Masri, 15 ans, d’une balle dans la tête, blessant grièvement l’adolescent de Salfit qui, par ailleurs, ne portait pas d’arme. Vendredi, les militaires ont fait de même avec Mohammed Tamimi, de Nabi Saleh, sans arme lui aussi, le blessant tout aussi grièvement à la tête. Vendredi encore, les militaires ont tué – toujours d’une balle dans la tête – Ibrahim Abou Thuraya, amputé des deux jambes. Et, le même jour, Ahed Tamimi était dans la cour de sa maison avec une amie et a giflé un homme des FDI qui avait fait irruption chez elle.

Ahed Tamimi, center, and her cousin Nour Tamimi, left, and a Palestinian woman pushing and hitting Israeli soldiers in a screen grab from a video that has gone viral, December 15, 2017.

Ahed Tamimi, au centre, sa cousine Nour Tamimi, à gauche, et une femme palestinienne repoussant et frappant des soldats israéliens. Capture d’écran d’une vidéo qui a fait le buzz le 15 décembre 2017. Facebook

Du coup, Israël est sorti furieux de sa torpeur : mais comment ose-t-elle ? Les trois victimes de cette fusillade barbare n’intéressent pas les Israéliens et les médias ne prennent même pas la peine d’en parler. Mais la gifle – et le coup de pied – d’Ahed Tamimi ont déclenché une colère furieuse. Comment peut-on oser gifler un soldat des FDI ? Un soldat dont les amis giflent, tabassent, kidnappent et – bien sûr – abattent presque quotidiennement des Palestiniens ?

Vraiment, elle a tous les toupets, la Tamimi. Elle a violé les règles. Gifler n’est permis que de la part des soldats. C’est elle, la véritable provocation, et non pas le soldat qui a fait irruption dans sa maison. Elle, qui a eu trois proches parents tués par l’occupation, elle dont les parents ont été arrêtés d’innombrables fois et dont le père a été condamné à quatre mois de prison pour avoir participé à une manifestation à l’entrée d’une épicerie – et c’est elle qui a osé résister à un soldat ! Voilà le culot des Palestiniens. Tamimi était censée tomber amoureuse du soldat qui avait forcé la porte de sa maison et, ingrate qu’elle a été, elle l’a récompensé d’une gifle. Tout cela, à cause de« l’incitation à la violence ». Sans quoi, elle n’aurait certainement pas manifesté cette haine à l’égard de son conquérant.

Mais cette pulsion de revanche à l’égard de Tamimi a d’autres sources (Le ministre de l’Éducation, Naftali Bennett a déclaré : « Elle devrait finir ses jours en prison. »). La fille de Nabi Saleh a fait éclater plusieurs mythes chers aux Israéliens. Le pire de tout, elle a osé détériorer le mythe israélien de la masculinité. Brusquement, il se fait que le soldat héroïque, qui veille sur nous jour et nuit avec audace et courage, se fait vilainement contrer par une fille aux mains nues. Que va-t-il advenir de notre machisme, si Hamimi le met en pièces si facilement, et de notre testostérone ?

Tout d’un coup, les Israéliens ont vu l’ennemi cruel et dangereux auquel ils sont confrontés : une gamine bouclée de 16 ans. Toute la diabolisation et la déshumanisation des médias flagorneurs ont volé en éclats d’un seul coup en étant brusquement confrontées à une gamine vêtue d’un sweater bleu.

Les Israéliens ont perdu la tête. Ce n’est pas ce qu’on leur a raconté. Ils sont habitués à entendre parler de terroristes et de terrorisme et de comportement criminel. Il est difficile d’accuser Ahed Tamimi de tout cela ; elle n’avait même pas de ciseaux en main. Où est la cruauté des Palestiniens ? Où est le danger ? Où est le mal ? On en perdrait la tête. Brusquement, toutes les cartes ont été rebattues : Pendant un rare instant, l’ennemi avait l’air si humain. Bien sûr, on peut compter sur la machine israélienne de propagande et de lavage de cerveau, si efficace, pour assassiner sans attendre le personnage de Tamimi. Elle aussi se verra coller l’étiquette de terroriste née pour tuer ; on dira alors qu’elle n’avait pas de motifs justifiables et qu’il n’y a pas de contexte pour expliquer son comportement.

Ahed Tamimi est une héroïne, une héroïne palestinienne. Elle est parvenue à rendre dingues les Israéliens. Que diront les correspondants militaires, les incitateurs de droite et les experts de la sécurité ? Quelle est l’efficience de 8200, Oketz, Duvdevan, Kfir et toutes ces autres unités spéciales si, à la fin de la journée, les FDI sont confrontées à une population civile désemparée, fatiguée de l’occupation et incarnée par une jeune fille portant un keffieh sur l’épaule ?

Si seulement il y en avait bien davantage comme elle ! Peut-être des filles comme elle seraient-elles en mesure de secouer les Israéliens. Peut-être l’intifada des gifles réussira-t-elle là où toutes les autres méthodes de résistance, violente ou non violente, ont échoué.

Dans l’intervalle, Israël a réagi de la seule façon qu’il connaît : un enlèvement nocturne de son domicile et son arrestation ainsi que celle de sa mère. Mais, dans le fond de son cœur, tout Israélien décent sait sans doute non seulement qui a raison ou qui n’a pas raison, mais aussi qui est fort et qui est faible. Le soldat armé de pied en cap qui fait irruption dans une maison qui ne lui appartient pas, ou la gamine sans armes qui défend sa maison et son honneur perdu à mains nues, par une gifle ?

 



Merci à Pour la Palestine
Source: https://www.haaretz.com/opinion/.premium-1.830229
Date de parution de l’article original: 21/12/2017
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=22320 


Libellés: Ahed Tamimi | Résistance palestinienne | Occupation sioniste | Palestine/Israël

Israël responsable de la mort de centaines de migrants


Le régime de Vichy ne tuait pas les juifs, il se « contentait » de les livrer à leurs bourreaux allemands ; Israël ne tue pas ses demandeurs d’asile, il se contente de les envoyer à la mort par centaines, avec la complicité active du Rwanda et de l’Ouganda, révèle une longue enquête du quotidien Haaretz.



Le système mis au point par les dirigeants des trois pays pour débarrasser Israël de ses migrants sans papiers, notamment ceux qui fuient la dictature en Erythrée, croyant trouver le salut en « Terre promise », est astucieux.

D’abord, Israël s’est doté d’une législation qui lui permet de maintenir indéfiniment en rétention les demandeurs d’asile arrêtés au cours de rafles massives, à l’instar du système de détention administrative infligé en permanence à des centaines de Palestiniens.

Mais se pose alors le problème du renvoi de ces malheureux, non pas vers leur pays d’origine, mais sur une base dite « volontaire » vers une autre terre d’accueil : c’est là qu’intervient la contribution complice du Rwanda et de l’Ouganda.

Israël paie ainsi 5.000 dollars à ces deux pays par tête d’immigré expulsé « volontaire ». Pour obtenir le « consentement » de ces derniers, les services de lutte contre l’immigration illégale se rendent dans les centres de rétention, et exercent leur chantage : « Soit tu restes indéfiniment en prison chez nous, soit tu t’envoles pour le Rwanda, où on te délivrera un titre de séjour et un permis de travail ».

Sans prendre pour argent comptant le discours policier, des centaines d’Africains sans papiers, présents sur le sol israélien parfois depuis des années, acceptent la proposition, raconte la journaliste Lior Birger, du quotidien Haaretz.

Au terme d’une longue enquête auprès de survivants qui l’a menée un peu partout en Europe, Birger, en équipe avec ses collègues Shahar Shoham and Liat Boltzman, a établi que l’arrivée au Rwanda n’était le plus souvent que le début d’un long voyage en enfer, marqué par le trafic de chair humaine, la torture, et souvent la mort, que ce soit quelque part en Libye ou dans les eaux de la Méditerranée.

« A peine arrivés à l’aéroport rwandais de Kigali, les déportés se voient confisquer la seule documentation qu’ils ont sur eux, le laisser-passer qui leur a été remis par les Israéliens à l’embarquement. On les enferme dans une chambre d’hôtel. Puis ils sont informés qu’ils doivent quitter le pays rapidement. Les Rwandais les livrent ensuite à des passeurs, qui les transfèrent –contre paiement de centaines, voire de milliers de dollars- en Ouganda, puis au Sud-Soudan, au Soudan et de là en Libye, d’où ils essaieront de gagner l’Europe », écrivent les auteurs de l’enquête.

« Au vu des dizaines de témoignages que nous avons recueillis et de l’ensemble de notre recherche, nous estimons que plusieurs centaines de ces réfugiés sont morts sous la torture et les mauvais traitements en Libye, ou sont morts noyés en Méditerranée », ajoutent-ils.

Témoignage de Tesfay (le prénom a été changé), expulsé d’Israël en décembre 2015 après y avoir travaillé plusieurs années comme homme de ménage dans un hôtel de la station touristique d’Eilat, rencontré par les auteurs dans une petite ville d’Allemagne à l’été 2017 : « Notre embarcation avait quitté la Libye vers 4 heures du matin ; deux heures après, son moteur a calé ; sur les 500 passagers, pas plus d’une centaine ont survécu ; nous étions 10 en provenance d’Israël sur ce bateau, et il n’y a eu que trois survivants. Pourquoi cela ? Ne sommes-nous pas nous aussi des êtres humains ? »

Dawit (le prénom a été changé) a été retrouvé par les journalistes israéliens à Berlin. Lui aussi, avant d’être raflé, avait passé 5 ans à Tel-Aviv où il travaillait dans un restaurant. « Il est parti ‘volontairement’ vers le Rwanda il y a environ deux ans. Quelques mois plus tôt, c’est en se rendant au commissariat pour le renouvellement de son permis de séjour provisoire qu’il s’est fait piéger, et a aussitôt été envoyé au centre de rétention des immigrés de Holot, dans le désert du Neguev ; là, on lui a mis la pression, en lui laissant le ‘choix’ entre des années de prison ou le départ pour le Rwanda. Dawit a cédé, et il est parti, avec sa jeune épouse enceinte de deux mois ».

En Libye, les passeurs ont placé Dawit sur un bateau, et sa femme sur un autre, qui a rapidement fait naufrage, noyant les centaines de malheureux à son bord.

« Ces survivants des pratiques du gouvernement israélien que nous avons rencontrés en Europe sont des gens qui ont eu de la chance, mais on doute qu’ils guérissent un jour des séquelles psychologiques de leur calvaire. En Allemagne, où Tesfay et Dawit ont fini par arriver, 99% des Erythréens obtiennent un permis de séjour, et en 2016, 81% d’entre eux ont obtenu de plein droit le statut de réfugié ».

Mais Tesfay et Dawit adjurent leurs camarades encore en Israël de ne surtout pas accepter, s’ils se font arrêter, leur déportation « volontaire » vers le Rwanda, tant le danger est grand.

Source : https://www.haaretz.com/opinion/.premium-1.824444

CAPJPO-EuroPalestine

Jérusalem. Elie Wiesel, l’ami des colons israéliens


 

Ha’Aretz

Jewel Samad

Elie Wiesel en avril 2013 – AFP/Jewel Samad

Survivant de la Shoah et prix Nobel de la paix, l’écrivain juif américain est également à la tête d’Elad, une organisation radicale de colons israéliens qui occupe les maisons des Palestiniens à Jérusalem, révèle l’homme politique israélien de gauche Yossi Sarid.

J’ai toujours beaucoup appris des rubriques “potins”, que nos
journaux préfèrent appeler par pudeur “échos”. Sans elles, comment saurions-nous qui roule pour qui, et dans quel intérêt ?

Avant de lire les pages d’information pure, allez donc jeter
un œil à ces pages légères. Vous verrez, cela vous aidera à comprendre les
rouages du système.Renforcer la présence juive

Ainsi, vendredi dernier, Ha’Aretz comportait
un encadré de remerciements, en hébreu, à ces “dizaines de nouvelles
familles qui rejoignent la communauté juive dans la Cité de David” [nom donné au
quartier arabe de Silwan à Jérusalem-Est, site de la Jérusalem antique du roi David,
qui fait l’objet d’une campagne de ‘judaïsation’ démographique].”Nous saluons
l’engagement sioniste de tous les acteurs : nous sommes unis dans la
volonté de renforcer la présence juive à Jérusalem. Avec vous, nous accueillerons les pèlerins qui nous rendront visite pendant les fêtes.”

Le texte est suivi de signatures de proches du mouvement de
colonisation Elad. Certains des noms sont totalement inconnus, mais d’autres
étonnent. Après tout, c’est une organisation connue pour semer le trouble dans
la “ville de la paix” [Jérusalem].Que font-ils là ?

Je ne me suis pas étonné de voir le nom du chanteur israélien Yehoram
Gaon – il voit des drapeaux partout. Mais que viennent faire là l’ancien chef des services de renseignements
militaires, Amos Yadlin, l’ancien chef de la police, Shlomo Aharoniski, et
l’ancien directeur de l’hôpital universitaire Hadassah, Shlomo Mor-Yosef ?
Que fait ici Ilan Cohen, un ancien directeur du cabinet du Premier
ministre ? Peut-être devraient-ils expliquer comment ils peuvent apporter
leur soutien à des gens qui en expulsent d’autres [Palestiniens] pour s’emparer de leurs maisons ?

Et qui y a-t-il à leur tête ? Vous ne le devinerez
jamais. Pas le magnat des casinos [le milliardaire américian] Sheldon Adelson. Pas l’homme d’affaires américain Irving Moskowitz et son épouse Cherna.

Non, à leur tête se trouve un homme étroitement lié à la
mémoire de l’Holocauste, un lauréat du prix Nobel de la paix et de la médaille
de la Liberté de la présidence américaine : Elie Wiesel. Un homme au sujet
duquel le comité Nobel déclarait : “Elie Wiesel est un messager pour
l’humanité ; son message est un message de paix, de pardon et de dignité humaine.”

Voilà un homme dont on attend qu’il manifeste une sensibilité
particulière aux souffrances d’autrui, et ce où qu’il se trouve, aussi bien
dans la ville roumaine de Sighetu Marmatiei, dont il est originaire, que dans
le quartier de Silwan à Jérusalem. Voilà un homme qui se targue d’être l’ami de
Barack Obama mais qui soutient des gens qui insultent publiquement le président américain.

Les saboteurs du processus de paixAvant chaque réunion à Washington [pour la paix israélo-palestinienne], les activistes d’Elad préparent une
énième invasion à Jérusalem, sabotant du même coup les efforts laborieux
accomplis par les négociateurs. Peut-être [le Premier ministre israélien] Benyamin Nétanyahou savait-il pourquoi il
proposa, un temps, la présidence d’Israël à Elie Wiesel – nous en tout cas, nous ne comprenions pas.

Elie Wiesel se déclare en dehors de la vie politique
israélienne. Chaque fois qu’on lui a demandé de
réagir à quelque injustice autour de nous qui rappellerait quelque autre injustice lointaine, il a éludé.

Alors maintenant le voir lui, entre tous les hommes, pénétrant
violemment dans une maison [palestinienne] puis une autre, des maisons acquises par des
transactions douteuses, qu’on peut faire évacuer dans la nuit avant que
les draps et le café aient refroidi ? Lui, entre tous, brandissant le châle de prière pour dissimuler un nettoyage ethnique ?

De toutes les organisations d’Israël, il a choisi Elad, la
plus controversée, un mouvement sans vérité, sans grâce, sans compassion. On ne
comprend que trop bien pourquoi Elad l’a choisi lui à la présidence ; mais pourquoi a-t-il accepté ?

Elie Wiesel est un homme immensément respecté, par les Juifs
et par les nations non-juives, parce que ce survivant est devenu un témoin et
un passeur pour toutes les victimes de l’Holocauste. M. Wiesel, pourquoi ne
rendez-vous pas un peu de ce respect ? Revenez sur votre choix, n’associez pas votre nom à Elad, ne signez pas leurs remerciements infamants.

Yossi Sarid
Source

Premier journal publié en hébreu sous le mandat britannique, en 1919. “Le Pays” est le journal de référence chez les politiques et les intellectuels israéliens. Aujourd’hui situé au centre gauche, Ha’Aretz a toujours cultivé une ligne éditoriale […] Lire la suite

 

Même Gandhi pourrait comprendre la violence des Palestiniens  


Gideon Levy • Haaretz • 8 octobre 2015 •

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Camouflés derrière une brume de l’argumentaire de l’auto-défense, de la propagande médiatique, de l’incitation, du lavage de cerveau et de l’a victimisation de ces derniers jours, la seule question qui s’impose est celle -ci : Qui a raison?

Il ne reste plus aucun argument justifiable dans l’arsenal d’Israël, recevable par une personne normale. Même Mahatma Gandhi aurait compris les raisons de cette explosion de violence palestinienne. Même ceux qui redoutent la violence, qui la considèrent comme immorale et inutile, ne n’y peuvent rien : ils comprennent très bien pourquoi ça explose périodiquement. La question serait même : pourquoi ça n’arrive pas plus souvent.

De la question :  » qui a commencé » à la question « qui est à blâmer », la réponse est évidente : Israël, et seulement Israël. Ça ne veut pas dire que les Palestiniens sont irréprochables, mais il faut blâmer avant tout Israël. Tant qu’Israël ne prend pas conscience de cette responsabilité qui est la sienne, le pays n’a aucun fondement pour exiger la moindre chose des Palestiniens. Tout le reste est propagande de bas étage.

Hanan Ashrawi, ancienne militante et représentante du peuple palestinien a écrit récemment : les Palestiniens sont le seul peuple sur terre à qui on demande de garantir la sécurité de l’occupant, alors que l’état d’Israël est le seul pays à exiger d’être protégé des victimes qu’il cause . Alors, que répondre ?

Ainsi que le président palestinien Mahmoud Abbas l’a demandé dans une interview à Haaretz, « Comment voulez-vous que la rue palestinienne réagisse après la mort de l’adolescent Mohammed Abu Khdeir brûlé vif, après l’incendie provoqué  par les colons de la maison de Dawabsheh  sous les yeux des soldats israéliens qui n’ont pas bougé ?  » Et comment répondre ?

Aux 100 ans de la dépossession de l’état de la Palestine, ainsi qu’aux 50 ans d’oppression, il faut ajouter les années les plus récentes, si imprégnées de l’arrogance israélienne que ça nous explose une fois de plus à la figure.

Ce sont les années pendant lesquelles Israël pensait qu’il pouvait faire n’importe quoi et n’en payer aucun prix. On pensait que le ministre de la défense pouvait se vanter de connaître l’identité des meurtriers de Dawabsheh et ne pas les arrêter, et que les Palestiniens se retiendraient. On pensait aussi qu’il pouvait y avoir, presque chaque semaine un garçon ou un adolescent  tués par des soldats, et que les Palestiniens resteraient calmes.

On pensait que dirigeants militaires et politiques pouvaient soutenir les crimes sans que personne ne soit poursuivi. On pensait que les maisons pourraient être détruites, les bergers expulsés, que les Palestiniens accepteraient tout humblement. On pensait que ces colons-voyous pourraient endommager, brûler et agir comme si les biens palestiniens étaient les leurs et que les Palestiniens s’inclineraient.

On pensait que les soldats israéliens pouvaient débouler dans les foyers palestiniens toutes les nuits et semer la terreur, humilier et arrêter des gens. Que l’on pouvait arrêter des centaines de Palestiniens sans procès. Que le service de sécurité du Shin Bet pourrait reprendre la torture de « suspects » avec des méthodes quasi sataniques.

On pensait que les grévistes de la faim et les prisonniers libérés pourraient être de nouveau arrêtés, souvent sans aucune raison. Qu’Israël pourrait détruire Gaza une fois tous les deux à trois ans et que Gaza abandonnerait et que la Cisjordanie resterait calme. Que l’opinion publique israélienne acclamerait tout cela et demander toujours plus de sang palestinien, avec une soif difficile à comprendre. Et que les Palestiniens pardonneraient.

Cela pourrait durer encore pendant de nombreuses années. Pourquoi? Parce qu’Israël est plus forte que jamais et l’Occident indifférent à cette sauvagerie. Les Palestiniens, de leur côté, sont fragilisés divisés, isolés et souffrent comme ils n’ont pas souffert depuis la Nakba.
Donc, ça pourrait durer longtemps tant qu’Israël le pourra et le voudra. Personne ne va essayer de l’arrêter sauf l’opinion publique internationale, qu’Israël rejette en l’accusant d’antisémitisme ou de haine du Juif.

Et en plus, rien n’a été dit sur l’occupation elle-même et l’incapacité à y mettre fin. Nous sommes fatigués. Rien n’a été dit au sujet de l’injustice de 1948, qui aurait dû s’arrêter là mais qui a repris avec encore plus de vigueur en 1967 et continue sans aucune issue en vue. Nous n’avons pas parlé du droit international, de la justice et de la morale humaine, qui ne peut accepter cela en aucune façon.

Que des jeunes gens tuent les colons, jettent des cocktails Molotov sur des soldats ou lancent des pierres sur les Israéliens, cela n’est que l’arrière-plan. Il faut énormément de stupidité, d’ignorance, de nationalisme et d’arrogance – en plus de tout ce qui précède – pour ignorer la situation telle qu’elle se pose.

 

http://stopwar.org.uk/index.php/news/even-gandhi-would-understand-the-reasons-for-this-outburst-of-palestinian-violence

http://www.haaretz.com/opinion/.premium-1.679268 traduction CL  pour le CSPRN
(comité Solidarité Palestine Région Nazairienne)

Gidéon Levy: Pour les péchés de l’occupation, les boycotts sont une punition légère


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Orange ou SodaStream, boycott universitaire ou artistique, les pénalités s’aggraveront tant qu’Israël persistera dans la colonisation, l’exploitation et le vol de la terre palestinienne

Que défendez-vous ? Pour quoi vous battez-vous ? Sur quoi les Israéliens se retranchent-ils maintenant, avec les agressions des politiciens nationalistes et les médias populistes qui fulminent contre le monde. Pourquoi, de façon patriotique, recouvrent-ils les drapeaux orange d’Orange par le drapeau national bleu et blanc ? Quelqu’un a-t-il demandé pourquoi ? Pourquoi le boycott commence-t-il à ronger Israël aujourd’hui, tout cela en vaut-il la peine ?

Comme d’habitude, il y a des questions que ne sont même pas posées. L’introspection, après tout, est un signe manifeste de faiblesse. Et ainsi, on invente une explication qui nous absout de toute responsabilité : le boycott est tombé du ciel, une force majeure incontournable haineuse d’Israël, et la seule façon de la combattre est de contre-attaquer. Israël détient toujours une profusion de réponses sionistes appropriées (et parfois violentes), mais toujours concernant le résultat, jamais les motifs. C’est comme avec le terrorisme, comme avec la position du monde que le député Isaac Herzog, président de l’Union sioniste, de tous les ultranationalistes israéliens, s’est précipité d’étiqueter du nom ridicule de « terrorisme d’un nouveau genre » (se référant aux déclarations de Stephane Richard, le PDG d’Orange). Ne jamais céder. C’est très bien, mais pourquoi ? Nous combattons le boycott, mais pourquoi a-t-il surgi ?

Aujourd’hui, Israël défend la préservation du statu quo. Il se bat contre le monde entier pour préserver son école très évoluée de brutalité et de cruauté, dans laquelle il instruit des générations de jeunes gens pour qu’ils agissent de façon bestiale envers des êtres humains, des personnes âgées et des enfants, pour qu’ils les tyrannisent, aboient après eux, les écrasent et les humilient, simplement parce que ce sont des Palestiniens.

Israël défend la perpétuation de l’apartheid dans les territoires occupés, dans lesquels vivent deux peuples, dont l’un sans aucun droit. Il défend tout son système de justifications pour cela – une combinaison de récits bibliques, de messianisme et de victimisation, assortie de mensonges. Il défend la « Jérusalem unifiée », qui n’est rien d’autre qu’un monstre territorial, où la séparation existe, là aussi. Il se bat pour le droit de détruire la bande de Gaza aussi longtemps qu’il lui plaira de le faire, pour la maintenir comme un ghetto et rester le gardien de la plus grande prison du monde.

Les Israéliens se battent pour leur droit à persister dans la colonisation de peuplement, l’exploitation et le vol de la terre ; pour continuer d’enfreindre le droit international qui interdit la colonisation de peuplement, pour continuer leur pied de nez au monde entier, lequel ne reconnaît pas les colonies. Ils sont aujourd’hui en train de défendre leur droit à tirer sur les enfants qui lancent des pierres et sur les pêcheurs sans défense qui cherchent en mer des bribes de moyens de subsistance au large de la côte de Gaza, leur droit de continuer à arracher les gens de leurs lits au milieu de la nuit en Cisjordanie ; ils se battent pour le droit de placer en détention des centaines de personnes, sans jugement, de détenir des prisonniers politiques, pour les maltraiter.

Voilà ce qu’ils sont en train de protéger, pour quoi ils se battent – pour une région où la plupart d’entre eux ne sont pas allés depuis des années, et sans se soucier de ce qu’il s’y passe, pour une conduite qui est honteuse, même pour certains d’entre eux. Ce sont les péchés et c’est la punition. Croit-on qu’Israël peut continuer sans être sanctionné ? Sans être mis au ban de la société ? Et pour dire la vérité, Israël ne mérite-t-il pas d’être puni ? Le monde ne s’est-il pas montré incroyablement tolérant jusqu’ici ?

Orange ou SodaStream, boycott universitaire ou artistique, ce sont là des punitions légères. Les pénalités s’aggraveront tant qu’Israël ne voudra pas tirer les conclusions qui s’imposent. Par opposition aux tentatives d’Israël et de l’establishment juif visant à détourner le débat, au cœur du boycott, ce n’est pas l’antisémitisme. Au coeur, c’est l’occupation. C’est cela la source de la délégitimation.

La nation peut lutter contre la position du monde entier. Elle peut se lever pour ses droits (qui ne sont pas ses droits) et penser qu’elle se bat pour sa survie. Mais les Israéliens savent-ils ce qu’ils sont en train de défendre aujourd’hui ? Ce qu’ils ne sont pas disposés à céder ? Tout cela vaut-il le coup pour eux ? Ce débat n’a même pas encore été soulevé ici.

Traduction : JPP pour l’Agence Média Palestine

source

#JeSuisGaza : hommage d’un dessinateur israélien aux journalistes palestiniens assassinés


lundi 12 janvier 2015

Merci au dessinateur israélien Noa Olchowski, qui, en ces temps de #JeSuisCharlie médiatisé dans le monde entier, rappelle qu’entre juillet et août, l’armée israélienne a assassiné un grand nombre de journalistes dans la bande de Gaza.

Le dessin, publié par le quotidien Haaretz avec d’autres caricatures illustrant les attentats en France, se lit comme suit : « 10 journalistes tués dans l’attaque contre Charlie Hebdo, 13 journalistes tués dans l’attaque contre Gaza l’été dernier ».

De fait, les Nations-Unies ont publié une liste de 16 journalistes tués à Gaza (15 Palestiniens, 1 Italien) dans le cadre de l’attaque israélienne. Il y a des preuves incontestables, pour plusieurs d’entre eux, qu’ils ont été délibérément visés par les tirs israéliens, alors que les autres ont trouvé la mort, en même temps que des centaines d’autres civils, dans les bombardements terroristes massifs de l’armée « la plus morale du monde ».

Il s’agit de :

Hamed Shehab (30 ans, agence 24 media)

Mohammed Smeri (site web Gaza Now)

Khalid Hamad (25 ans, Continue TV Production)

Abdulrahman Ziad Abu Hayyin (28 ans, Al-Kitab TV)

Baha’ Edeen Gharib (59 ans, Palestine TV)

Ezat Abu Duhair (23 ans, Al-Huriya Media Network)

Ahed Afif Zaqout (49 ans, Palestine TV)

Rami Rayan (25 ans, Palestine Network for Press and Media)

Sameh Al-Aryan (26 ans, Al-Aqsa TV)

Mohammed Majed Daher (27 ans, hebdomadaire Al-Resallah)

Abdullah Nasr Fahjan (21 ans, photo reporter)

Shadi Hamdi Ayad (24 ans, freelance)

Mohammed Nur al-Din Al-Dairi (26 ans, Palestinian Network for Press and Media and Media)

Hamada Khaled Maqqat (24 ans, responsable du site d’informations SAJA)

Il faut ajouter à cette liste les noms de Simone Camilli et Ali Shehda,
deux journalistes, italien et palestinien, de l’agence Associated
Press, qui ont trouvé la mort le 13 août, après le cessez-le-feu, lors de la détonation d’une bombe israélienne n’ayant pas explosé.

VIVE LA LIBERTE D’EXPRESSION ! MENACES DE MORT CONTRE HAARETZ ETOLCHOWSKI

A la suite de ces publications, le quotidien Haaretz et le dessinateur ont fait l’objet d’une campagne de haine, assortie de menaces de mort.

L’initiateur de cette campagne s’appelle Ronen Shoval : c’est l’un des cadres du parti Habayit Hayehoudi (le « Foyer Juif »), dont le chef, Naftali Bennett, s’était précisément invité à la manifestation de dimanche à Paris, ayant prétendument pour objet la défend de la liberté d’expression.

Sur la page Facebook de Shoval, les insultes et menaces se sont donné libre cours :« Avec l’aide de Dieu, les journalistes de Haaretz seront tués comme cela a été le cas en France », écrit un certain Miki Dahan. « On doit faire la même chose que les terroristes en France, mais en direction de Haaretz », enchérit son acolyte Chai Aloni, tandis qu’une Moni Ponte demande « Pourquoi n’y-a-t-il pas d’attaque terroriste contre Haaretz ? »

Sources :
- pour les caricatures publiées dans Haaretz :http://www.haaretz.co.il/news/picoftheday/1.2534649

- pour la liste des journalistes palestiniens assassinés, communiqué de l’ONU :
http://unispal.un.org/UNISPAL.NSF/0/E4E084EB25181C7B85257D4D0058B8D2

- pour les menaces de Shoval et compagniehttp://mondoweiss.net/2015/01/journalists-publication-newspaper#sthash.6Zg35Mo3.dpuf

CAPJPO-EuroPalestine