Le serment – La Série diffusée sur Arte (bis)


Vous pouvez voir la série gratuitement sur Arte ici : http://www.arte.tv/guide/fr/042264-001/le-serment-1-4
La chaîne ARTE l’a diffusé le 31  décembre, malgré les protestations du CRIF (Arte rediffuse la série “The Promise” boycottée par le CRIF. Lire article ICI)
 Vous pouvez voir le programme en louant les quatre épisodes ici pour 9,99Euros ou 2,49Euros par épisode ou encore l’acheter chez amazon.
Le serment - La Série

Réalisateur : Peter Kosminsky
Acteurs : Perdita Weeks, Itay Tiran, Ben Miles, Christian Cooke, Claire Foy
Producteurs : BREAKOUT FILMS, DAYBREAK PICTURES

Erin, jeune Londonienne de 18 ans, s’apprête à partir passer l’été avec sa meilleure amie, Eliza Meyer, en Israël. Eliza doit y effectuer son service militaire.

À travers un double regard – celui d’une jeune Londonienne qui se rend pour la première fois en Israël et celui de son grand-père, soldat britannique dans la Palestine des années 1940 –, Peter Kosminsky (Warriors, Les années Tony Blair) retrace l’histoire du conflit israélo-palestinien de 1946 à nos jours. Captivant.

Qu’est-ce que la Palestine?


 loos

 

 

 

 

 

Publié le par Baudouin Loos

 

Evoquer la Palestine en maximum 2.000 signes, pas évident… Voici l’essai, publié dans ”Le Soir” du 4 décembre 2014.

De quoi la Palestine est-elle le nom? De la dépossession, d’abord. Entre les deux guerres mondiales, on a «vendu» aux Juifs de la diaspora en proie à l’antisémitisme et en quête d’un Etat «une terre sans peuple pour un peuple sans terre». Sauf qu’il y avait un peuple, les Palestiniens. Dont l’identité nationale n’était certes pas affirmée à 100%. Le mandat britannique (1920-1948) et l’immigration juive vont ancrer, galvaniser cette identité, que seuls quelques extrémistes osent encore nier.

D’exil forcé en défaites militaires arabes, les Palestiniens sous l’égide de l’Organisation de libération de la Palestine ont finalement accepté en 1988 de ne réclamer pour bâtir leur Etat que 22% de la Palestine historique, à savoir les territoires conquis par Israël en 1967 (Jérusalem-Est, la Cisjordanie et la bande de Gaza).

Mais face à la toute-puissance militaire et économique d’Israël, Etat conforté par l’aide des Etats-Unis et la bienveillance de l’Europe, les Palestiniens en sont réduits, depuis 1991, à négocier ce qu’ils pourraient sauver de ces 22%. Car Israël, pour des raisons dites de sécurité mais souvent aussi religieuses, n’entend céder que le minimum dans tous les dossiers comme le retour des réfugiés (c’est un «niet» israélien total, mais le droit international dit autre chose), le partage de Jérusalem (idem) ou les colonies (illégales, elles grignotent et rongent les territoires occupés, rendant l’émergence d’un Etat palestinien quasiment impossible).

Malgré la radicalisation d’une partie non négligeable du public palestinien frustré qui entend les sirènes islamistes parfois extrémistes, l’ensemble de la planète Terre s’est résolu au XXIe siècle à soutenir la création d’un Etat palestinien. Avec l’injustice fondamentale du sort des Palestiniens de plus en plus difficile à cacher, les excès israéliens sont largement responsables de cette prise de conscience: des interventions armées aux moyens disproportionnés ont choqué le monde au Liban (1982), face aux intifadas (révoltes) des populations occupées (celle de 1987 et celle de 2000), à Gaza en 2008 et 2014.

En l’absence de pressions dignes de ce nom sur l’occupant israélien, la question palestinienne continuera longtemps encore à hanter les esprits.

BAUDOUIN LOOS

 

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Budrus


[youtube http://youtu.be/VusnAkW_Rb8?]

2009 documentaire  israelien/palestinien/americain dirigé par Julia Bacha.

Le film « Budrus » est un documentaire primé sur l’organisateur d’une communauté palestinienne, Ayed Morrar, qui unit des membres du Fatah et du Hamas, ainsi que des sympathisants israéliens, dans un mouvement non armé pour sauver son village, Budrus, de la destruction par la barrière de séparation d’Israël. Et cela sans succès jusqu’à ce que sa fille de 15 ans, Iltezam, mette en action un contingent de femmes qui, rapidement, monte en première ligne. Luttant côte à côte, père et fille déclenchent un mouvement mobilisateur, encore peu connu, dans les Territoires palestiniens occupés, qui gagne toujours du terrain encore aujourd’hui. Dans un documentaire rempli d’actions retraçant ce mouvement dans ses débuts, « Budrus » projette la lumière sur un peuple qui choisit la non-violence pour faire face à une menace.

Les Palestiniens vont « payer cher » le fait de se tourner vers l’ONU


Le Vif

Source: Belga
mercredi 02 avril 2014 à 10h45

Les Palestiniens vont « payer cher » leur décision de relancer leurs démarches d’adhésion aux agences de l’ONU et traités internationaux, a averti mercredi un ministre israélien, les menaçant de sanctions économiques, voire d’annexion de territoires occupés.

Le ministre israélien du Tourisme Uzi Landau. © Belga Image

 

« S’ils menacent maintenant (de se tourner vers les institutions de l’ONU), ils doivent savoir une chose: ils le paieront cher », a déclaré à la radio publique le ministre du Tourisme Uzi Landau.

Ce dernier n’a pas exclu la possibilité pour Israël d’annexer des portions de territoire palestinien occupé.

« L’une des mesures possibles serait pour Israël d’appliquer sa souveraineté sur des secteurs qui feront clairement partie de l’Etat d’Israël dans le cadre de toute solution future », a menacé M. Landau.

Le ministre faisait référence aux secteurs de la Cisjordanie occupée où sont implantés des colons juifs, Israël espérant conserver ces zones après un futur accord de paix.
Israël pourrait aussi prendre des mesures de rétorsion économique en intervenant « pour bloquer leurs aides financières ».
Le président palestinien Mahmoud Abbas a annoncé mardi que la direction palestinienne avait décidé de demander l’adhésion à 15 agences et traités internationaux.

Cette décision intervient peu après l’annonce d’un nouvel appel d’offres par le gouvernement israélien pour 708 logements dans le quartier de colonisation de Gilo, à Jérusalem-Est occupée et annexée.

Un accord conclu sous l’égide du chef de la diplomatie américaine John Kerry a permis la reprise en juillet pour neuf mois des négociations de paix, un délai arrivant à échéance le 29 avril.
En vertu de cet accord, la direction palestinienne avait suspendu jusqu’à la fin des pourparlers toute démarche d’adhésion aux organisations et conventions internationales auxquelles le statut d’Etat observateur obtenu en novembre 2012 à l’ONU lui donne accès.

En contrepartie, Israël s’engageait à libérer en quatre phases 104 prisonniers incarcérés avant les accords d’Oslo de 1993, dont les trois premiers groupes ont été relâchés. Mais le dernier contingent n’a pas été libéré comme prévu samedi dernier.

A la suite de l’annonce palestinienne mardi soir, M. Kerry a annulé une visite prévue mercredi à Ramallah pour rencontrer M. Abbas.

 

Les infos du Vif aussi via Facebook

Voyage dans une guerre invisible


Le long de la ligne de front palestinienne, des colons théocratiques israéliens harcèlent quotidiennement leurs voisins.
Ils dispersent leur bétail, attaquent les maisons isolées, détruisent les oliviers.
Installés dans des maisons alignées sous le vent des hauts plateaux, ils contrôlent les sommets.
En réponse, les jeunes militants palestiniens se sont armés de caméras et documentent quotidiennement leurs incursions.
La stratégie politico-militaire des colons, destinée à surveiller les territoires palestiniens et à empêcher la création d’un Etat, est loin d’être secrète : elle a été communiquée à Barack Obama en mars 2012

Yehuda Shaul, sergent israélien: « Il faut mettre fin à l’occupation »


MONDE | mercredi 16 octobre 2013 à 12h36

Des soldats israéliens ont choisi de rompre le silence et de révéler les comportements de l’armée en Cisjordanie. Après avoir effectué leur service militaire, ils sont pris de remords. Harcèlement de civils, violence gratuite, arrestations d’enfants: les méthodes utilisées pour maintenir le contrôle israélien sur les Territoires palestiniens dépassent les limites qu’ils peuvent admettre. Pour eux, seule la fin de cette occupation pourra sauver Israël de la perte morale vers laquelle le pays se précipite.

Yehuda Shaul est un solide gaillard, qui a fait ses trois années de service dans une unité combattante de l’armée israélienne. Mais après ces trois années, il s’est senti mal. Il s’est rendu compte que l’opinion publique israélienne ignore complètement ce qui se passe dans les Territoires palestiniens et comment l’armée israélienne s’y comporte. Il a fondé une association d’anciens soldats qui veulent témoigner, Breaking the silence. Les éditions Autrement publient aujourd’hui en français leur Livre noir de l’occupation israélienne. Nous avons rencontré Yehuda Shaul.

Quelle est la motivation des soldats pour vous confier leurs témoignages sur ce qu’ils ont vu ou fait dans les Territoires occupés ?

Le jour où j’ai compris ce que j’ai fait comme soldat d’infanterie et commandant en Cisjordanie durant mon service, je n’avais pas le choix. Il y a un moment où vous comprenez que si vous ne dites pas la vérité sur ce qui se passe, personne ne la dira. Et notre société continuera à prendre des décisions politiques sans réellement comprendre ce qui se passe sur le terrain.

L’opinion publique israélienne ignore donc ce qui se passe en Palestine ?

Tout à fait. Mes parents, ma communauté, les gens qui m’ont envoyé dans les Territoires occupés faire ce que j’ai fait n’ont idée de ce qui s’y déroule. C’est pourquoi nous nous appelons « Breaking the silence » (Briser le silence). Nous avons commencé en 2004 avec une expo de photos sur notre période à Hébron. J’y ai servi durant 14 mois comme soldat et comme commandant. Et avec 65 de mes camarades nous avons lancé l’association. La réaction a été énorme dans les médias. Nous avons été invités au parlement. Et 7.000 personnes ont vu l’expo. Ce ne serait pas arrivé si les gens étaient habitués à entendre cette histoire. Mais les gens ignorent les faits. C’est pour cela que notre société ne prend pas la responsabilité de ce qui est fait en son nom. Notre tâche à Breaking the silence, c’est de les forcer à savoir.

Quel genre de faits sont ignorés en Israël ?

Le débat politique tourne autour du conflit avec les Palestiniens. Mais la discussion reste très générale. Ce que nous faisons chaque jour, les gens ne le savent pas. Par exemple, pendant que nous parlons, il y a deux patrouilles militaires à Hébron. Leur mission, c’est de faire sentir leur présence. L’idée des militaires est la suivante: si les Palestiniens ont le sentiment que les soldats sont partout tout le temps, ils auront peur d’attaquer. Pour qu’ils aient ce sentiment, il faut faire sentir sa présence.

Vous faites votre garde de nuit de 22h à 6 h du matin. Huit heures de service. Je suis le sergent, je dirige la patrouille. Je l’ai fait pendant des mois. Vous patrouillez dans les rues de Hébron. Vous entrez dans une maison. Pas une maison suspecte. Vous choisissez une maison au hasard. Vous réveillez la famille. Les hommes d’un côté, les femmes de l’autre. Vous fouillez partout. C’est fini, vous retournez en rue, lancer des grenades assourdissantes, frapper aux portes, faire du bruit, courir au coin de la rue, entrer dans une autre maison et réveiller la famille.

Vous passez vos huit heures de service comme cela. Depuis septembre 2000 et la seconde intifada jusqu’aujourd’hui, cela ne s’est pas arrêté une seconde. En langage militaire on appelle ça : « créer le sentiment de persécution ». La plupart des Israéliens ignorent que c’est notre travail au jour le jour. Instaurer ce sentiment de persécution dans toute une population, pour moi, ça dépasse la limite de ce qui peut être fait en mon nom. Et nous demandons aux autres: voulez-vous soutenir un régime pareil ou pas?

Pour vous, toutes les limites morales ont été franchies ?

Je pense en effet qu’en envoyant nos militaires pour maintenir une occupation sur le peuple palestinien depuis 46 ans, nous avons condamné nos militaires à une réalité où les valeurs morales que nous avons à la maison, dans la société, ne s’appliquent plus. Je me souviens que quand j’allais dormir, je me disais: « Il y a des choses que je ne ferai jamais. Je n’utiliserai jamais des Palestiniens comme boucliers humains. » Une semaine plus tard, en patrouille, vous voyez un paquet suspect sur le bord de la route. Vous prenez le premier Palestinien qui passe et vous lui dites d’aller voir. L’idée est très simple: si c’est une bombe, elle explosera, sinon, on continuera à avancer. C’était la procédure et je l’ai appliquée. Et quand vous retourner dormir vous vous dites: « Mais ça, je ne le ferai jamais. » Et la semaine suivante, vous franchissez une nouvelle limite. Tout ce qui nous reste, c’est de briser le silence et de crier: « Regardez: nous avons été éduqués d’une certaine façon et dans les Territoires, nous faisons le contraire. Que se passe-t-il? »

Que pensez-vous de ces porte-parole et de ces ministres israéliens qui avancent que l’armée israélienne est la plus morale au monde ?

Le problème quand on dit que l’armée israélienne est la plus morale du monde, c’est qu’il n’y a pas d’occupation morale. Les gens ne le comprennent pas, mais ma critique ne vise pas l’armée, elle vise la mission que les militaires sont envoyés faire par la société israélienne. Je ne me suis pas réveillé un matin, à 18 ans, en décidant d’aller m’amuser comme soldat dans les Territoires occupés. J’ai été envoyé là-bas, par mon gouvernement, par ma société. Ce n’est pas une campagne contre l’armée. C’est une campagne pour expliquer ce que l’occupation signifie. Derrière le travail de Breaking the silence, il y a de l’optimisme: il y a une minorité significative en Israël, quand elle est confrontée aux faits, elle brise le silence et prend notre parti. Ils verront que dans l’occupation, il n’y a rien de juif et il ne devrait rien y avoir d’Israélien. Nous ne devrions pas y être impliqués.

Mais ne faut-il pas reconnaître qu’il n’y a pas de guerre propre, qu’il y a toujours des victimes collatérales et qu’Israël doit bien se défendre contre le terrorisme ?

Ce n’est pas une guerre que nous menons, c’est une occupation. J’ai fait un entraînement de six mois comme un soldat d’infanterie et trois mois comme sergent. Je suis entraîné à faire la guerre. Si la Syrie ou l’Égypte attaque Israël, je défendrai mon pays. Je suis prêt. Mais ce que j’ai fait pendant le reste de mon service militaire n’avait rien à voir avec mon entrainement. J’imposais notre loi aux Palestiniens. C’est très différent.

La génération de mes parents, ils ont des histoires à raconter: des batailles contre les Égyptiens, contre les Syriens… Moi, les histoires que je peux raconter, c’est très différent. Je suis entré de force dans des maisons et les enfants faisaient pipi dans leur pantalon de peur… Ce n’est pas la guerre. Ce n’est pas un dommage collatéral. C’est un sale travail, un travail immoral depuis le début. Et si vous lisez le livre que nous publions, vous verrez que l’histoire des soldats israéliens dans les Territoires occupés, les stratégies que nous utilisons, ce n’est pas seulement pour défendre Israël du terrorisme. Ce n’est qu’une petite partie de notre travail. L’essentiel, c’est de maintenir notre contrôle militaire absolu sur les Palestiniens. C’est maintenir un statu quo, ce qui ne signifie pas geler la situation, c’est une campagne continue. Le titre du livre en Hébreu, c’est « L’occupation des Territoires », parce que nous voulions dire que l’occupation ne s’est pas produite en juin 1967 quand Israël a conquis des Territoires. L’occupation israélienne est une campagne offensive et continue d’enracinement de son contrôle militaire. Avec chaque maison que vous construisez dans les Territoires, ils sont réoccupés. Chaque fois que vous faites irruption dans une maison palestinienne en pleine nuit et provoquez un sentiment de persécution, les Territoires sont réoccupés. Chaque point de contrôle volant que vous installez pour perturber un village, c’est une nouvelle occupation. Je suis pas un pacifiste, mais une occupation militaire prolongée sur un autre peuple, je n’en veux pas. C’est la destruction de l’armée, la destruction de notre société et ça détruit la légitimité de l’État d’Israël.

Je suis sûr qu’en Israël, vous êtes vus comme des traîtres. Comment vivez-vous avec ce regard sur vous?

Pour moi, j’ai servi mon pays durant trois ans dans l’armée et depuis 9 ans, je sers mon pays dans Breaking the silence. Pour moi, il n’y a pas de différence, à part le salaire! Je crois que les vrais traîtres sont ceux qui pensent que l’existence d’Israël dépend du fait que les Palestiniens ne seront jamais libres. Les plus grands « délégitimateurs » de l’État d’Israël sont ceux qui veulent nous faire croire que nous sommes complètement indépendants en occupant les Palestiniens pour toujours. Ceux-là détruisent le pays. Avec eux, dans 50 ou 60 ans, Israël n’existera plus de la manière que nous voulons. La seule façon pour Israël d’être une patrie comme je l’aime et comme elle a été créée, c’est que nous arrêtions de commettre des péchés, des actions non-casher, et que nous mettions fin à l’occupation.

Propos recueillis par Daniel Fontaine

source

LA “CONFÉRENCE DE PAIX“ OCCULTE LA DESTRUCTION DE LA PALESTINE par Jacques Bude


“Mettre fin aux spéculations sur les mirages de la fin de l’occupation et les chimères quant à la création d’un État palestinien au moyen des négociations, alors que ces tentatives ont échoué de manière cinglante. … L’expérience de vingt années de négociations avec l’entité sioniste prouve que celle-ci, par sa composition, sa nature, son comportement raciste de colonisation et de haine et sa politique ne montre aucune disposition pour une paix véritable qui garantisse au minimum les droits nationaux de notre peuple. … La colonisation s’est poursuivie pendant ces vingt ans de négociations et vu sa proportion se multiplier par trois, voire par quatre. Tandis que la judaïsation de Jérusalem se propage inexorablement.“

Marwan Barghouti, mars 2012

À de rares exceptions près, les initiatives internationales visant à mettre fin au conflit entre Israéliens et Palestiniens considèrent que le dialogue de paix – négociations sans intervention extérieure – est le seul moyen d’atteindre cet objectif. Cette vision des choses est également largement répandue au niveau du sens commun.

Pourtant les « conférences de paix » entre Israéliens et Palestiniens – Madrid (1991), Oslo I (1993-1994), Oslo II (1995), Wye River (1998), Charm El-Cheikh (1999), Camp David (2000), Taba (2001), Charm El-Cheikh (2005), Jérusalem (2006), Annapolis (2007) – n’ont ni réalisé ni même contribué à la paix. Ces « dialogues de paix » n’ont ni interrompu, ni même ralenti la colonisation de peuplement et la confiscation des terres dans les territoires occupés en 1967. Ils n’ont pas empêché l’État d’Israël de poursuivre, voire d’accélérer l’installation d’Israéliens juifs dans les territoires occupés – aujourd’hui plus de 500000, soit un Israélien juif sur 10 -, l’implantation de colonies fortifiées, la confiscation et le nettoyage ethnique de terres palestiniennes.

Longtemps les appels à la négociation – au “dialogue de paix“ – entre Israéliens et Palestiniens se sont inscrits dans une rhétorique d’évacuation des territoires occupés en 1967 en échange de la paix. Dans le sillage des Accords d’Oslo, l’Autorité palestinienne s’est totalement engagée dans cette perspective. Il n’en a manifestement pas été de même pour les autorités israéliennes. Avant et après Oslo, tous les gouvernements israéliens ont inscrits leur politique – à l’instar de la politique officiellement prônée par Yitzhak Shamir en 1991[1] – dans la perspective de la paix en échange de la paix, c’est-à-dire, de la fin des agressions israéliennes en échange de la fin de la résistance à l’occupation et à la colonisation.[2] Ce qui d’ailleurs est conforme à l’essence même de l’État d’Israël.

Intentionnellement ou non, toutes les « conférences de paix » ont été des promesses creuses qui ont entravé les Palestiniens, et un moyen d’amener les Israéliens et la communauté internationale à soutenir ou du moins à accepter la colonisation – confiscation des terres et nettoyage ethnique – des territoires occupés en 1967. Par exemple, “l’offre généreuse“ mise au point et utilisée de main de maître par E. Barak à la Conférence de Camp David (2000), a consisté à prétendre qu’afin d’arriver à un accord de paix, les autorités israéliennes avaient fait des offres extrêmement généreuses qui avaient été systématiquement rejetées par les Palestiniens.[3] Ce qui est censé prouver que les Palestiniens ne veulent pas la paix mais la destruction d’Israël et par conséquent que, confronté à l’absence d’un partenaire de paix, l’État d’Israël est obligé d’assurer sa sécurité, notamment par la construction d’un “Mur de sécurité“ et par l’implantation de colonies.[4]

L’effet sur l’opinion israélienne et internationale de ces prétendues “offres généreuses“ israéliennes, qui en fait n’ont jamais existé et qui auraient été confrontées à un rejet systématique de la part des Palestiniens, a été stupéfiant.[5] Pourtant les nombreuses et très graves infractions israéliennes aux Droits humains des Palestiniens – crimes de guerre et crimes contre l’humanité – ont été abondamment documentées par des organisations au-dessus de tout soupçon. Force est de constater que la crédulité devient incommensurable dès que l’on invoque de prétendues menaces à la sécurité d’Israël, pourtant de très loin la puissance militaire dominante de la région.

Depuis quelques années et de plus en plus souvent, les masques tombent du côté israélien. Des hautes autorités israéliennes ne font plus allusion à l’évacuation des territoires occupés, au démantèlement des colonies, ni même à la fin de la colonisation en échange de la paix. Par exemple, en réaction à l’attribution du statut d’État observateur à la Palestine par l’ONU le 29 novembre 2012, le Gouvernement israélien a publié le 2 décembre 2012 un communiqué officiel du Premier Ministre Benjamin Netanyahu où on peut lire: “Aujourd’hui nous construisons et nous continuerons à construire à Jérusalem et dans toutes les zones qui se trouvent sur la carte des intérêts stratégiques de l’État d’Israël“ “Il n’y aura pas d’État palestinien sans un dispositif qui garantisse la sécurité des citoyens israéliens. Il n’y aura pas d’État palestinien tant que l’État d’Israël ne sera pas reconnu comme l’État du Peuple juif. Il n’y aura pas d’État palestinien tant que les Palestiniens n’auront pas proclamé la fin du conflit“.[6] Donc le Gouvernement israélien proclame officiellement que les Palestiniens n’auront la paix qu’à condition de laisser les Israéliens coloniser en toute sécurité.

Bien qu’elle continue à évoquer l’échange de la paix contre l’évacuation des Territoires, il y a longtemps que l’Autorité palestinienne a été amenée à souscrire à la perspective de « la paix en échange la paix ».[7] Du fait de sa totale dépendance à l’égard des États-Unis, de l’Union européenne et de la bonne volonté douanière d’Israël et sans doute surtout afin de préserver les privilèges liés à la gestion de l’occupation, l’Autorité palestinienne réprime ou du moins endigue fermement toute opposition militante à l’occupation, en échange du pouvoir d’administrer sous stricte tutelle israélienne la mosaïque de “réserves“ telle qu’elle existe aujourd’hui. Toutefois, bien que l’État d’Israël – Territoires occupés inclus – soit déjà, à l’image des États-Unis, un État moderne avec ses réserves d’indigènes, les autorités israéliennes ne sont pas encore rassasiées. Il reste des terres à confisquer et à “nettoyer“.

Le fait que l’Autorité palestinienne ne porte pas les graves violations du droit international et humanitaire commises par les autorités israéliennes devant la Cour internationale de Justice de La Haye est à mon sens une manifestation probante de l’acceptation de “la paix en échange de la paix“ par l’Autorités palestinienne.

Au moment de la création de l’État d’Israël, la quasi totalité des Palestiniens vivaient en Palestine mandataire. Ils y étaient propriétaires de 93% du territoire. Aujourd’hui près des 2/3 des Palestiniens vivent à l’extérieur de leur pays d’origine.[8] Ceux qui y vivent – en Israël proprement dit et dans les territoires occupés en juin 1967 – constituent quelque 50% de la population[9], mais ne sont propriétaires que d’environ 11% du sol[10] et d’un pourcentage bien inférieur encore – moins de 5% – des terres cultivables. En Israël proprement dit, la grande majorité des Palestiniens – bien que de nationalité israélienne – vivent dans des lieux restreints, étroitement surveillés et très défavorisés par rapport à ceux où vivent les Israéliens juifs. Dans les Territoires occupés, la situation est bien plus sévère encore. Les Palestiniens y sont progressivement amenés à se cantonner dans des enclaves largement dépouillées de ressources, si ce n’est la charité internationale. Tant en Israël proprement dit que dans les territoires occupés, leurs droits humains sont bafoués, leurs institutions sont soumises à une tutelle draconienne, le harcèlement est omniprésent et la confiscation des terres – notamment dans le Néguev – s’intensifie.

Bref, nous assistons depuis plus de 65 ans à la destruction officielle et délibérée de la société palestinienne par les autorités de l’État d’Israël: colonisation de peuplement, contrôle total des institutions, confiscation des terres et nettoyage ethnique des zones confisquées.

Cette destruction – aujourd’hui largement réalisée – se poursuit et s’accélère derrière l’écran de l’actuelle Conférence de paix entre des autorités israéliennes bénéficiant d’une totale impunité et une Autorité palestinienne sous tutelle.

Hors l’application du droit international, s’en remettre à une négociation de paix entre une puissance militaire occupante et la communauté désarticulée qui est à sa merci, c’est s’en remettre à la raison du plus fort, celle de la puissance occupante; c’est entériner l’occupation, les déplacements de population, les spoliations de terres et de maisons, les punitions collectives, les violences de l’armée, des polices et des milices des colonies, la destruction des infrastructures éducatives, économiques, sanitaires, …; c’est être complice de la pacification de la communauté opprimée et de sa désarticulation; c’est avaliser les violations du droit international et des droits humains des Palestiniens: droits à se défendre, à résister à l’occupation, à la sécurité alimentaire, à l’assistance sanitaire, à l’éducation, à la propriété, à la libre circulation, …; c’est contribuer à assurer l’impunité aux autorités politiques et militaires de l’État d’Israël pour leur politique délibérée de destruction de la société palestinienne; c’est, en quelque sorte par défaut, être complice de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

Il ne s’agit évidemment pas de mettre en question l’existence de l’État d’Israël, d’ailleurs reconnu dans ses frontières de 1949 par la Communauté internationale, l’OLP[11] et, implicitement, le Hamas[12]. Cela s’apparenterait à une incitation au crime contre l’humanité. Il s’agit d’appeler la Communauté internationale: à contraindre un État et ses autorités à respecter le droit international[13]; à se préoccuper non plus de la pacification d’une zone d’occupation militaire mais du respect des droits humains des victimes d’une occupation illégale et meurtrière, ce qui implique la fin de l’occupation.

Tant que l’État d’Israël ne respecte pas les droits humains des Palestiniens, y compris ceux de nationalité israélienne; tant que cet État et ses autorités violent gravement le droit international et humanitaire, toute personne – particulièrement tout responsable politique – doit appeler les instances politiques et judiciaires nationales et internationales à remplir leurs obligations de respecter et de faire respecter le droit. Ces instances doivent signifier aux autorités politiques et militaires israéliennes qu’enfreindre au Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est un crime contre l’humanité et que ceux qui en sont responsables seront inculpés. Ces instances doivent exiger, sous peine de sanctions et d’inculpations: la fin de l’occupation, du nettoyage ethnique et des confiscations – notamment des terres et de l’eau – et le dédommagement des Palestiniens, notamment en vertu de leur “droit au retour“, entériné par l’ONU, y compris par l’État d’Israël.[14]

Ce n’est que dans le respect du droit international et humanitaire que le rétablissement d’une société palestinienne autonome et viable sera possible et que les soi-disant “dialogues de paix“ entre Israéliens et Palestiniens ne serviront plus uniquement à occulter la destruction de la société palestinienne et à assurer l’impunité de ceux qui en sont responsables.


[1] Devenu Premier Ministre, Yitzhak Shamir – ancien chef du Lehi, groupe terroriste, responsable de massacres, entre autres Deir Yassine en avril 1948, perpétrés pour faire fuir les Palestiniens – déclare dans son discours d’ouverture de la Conférence de Paix de Madrid (1991): « La nature du conflit n’est pas territoriale. … Nous prions pour que cette rencontre marque la fin de l’hostilité, de la violence, de la terreur et de la guerre; qu’elle apporte le dialogue, la réconciliation, la coexistence et – par-dessus tout – la paix. ». Voir Le Monde diplomatique, Cahier spécial sur le Proche-Orient, janvier 2006.

[2] On accorde souvent le bénéfice du doute au gouvernement dont I. Rabin était Premier Ministre et Ministre de la Défense. Or, “Quelques mois après la signature de l’Accord d’Oslo, Rabin déclarait «Il n’y a pas de dates sacrées», autrement dit qu’il ne se sentait pas obligé de respecter le calendrier qu’il avait lui-même signé.“ A. Kapeliouk, Le gouvernement israélien prisonnier de ses contradictions, Le Monde Diplomatique, juin 1995. En fait, entre la signature des Accords d’Oslo en Septembre 1993 et l’assassinat de Rabin en février 1995, le nombre de colons a fortement augmenté et les infrastructures de l’occupation se sont considérablement développées. “En 1993, on comptait environ 120000 colons en Cisjordanie; leur nombre augmente de 40000 sous les gouvernements travaillistes (celui de Rabin, puis celui de Pérès, juin 1993-mai 1996); de 30000 sous le gouvernement de droite de Benyamin Netanyahou (mai 1996-mai 1999).“ Alain Gresh, Pourquoi les accords d’Oslo ont-ils échoué? Blogs du Monde Diplomatique, 22 octobre 2007. Après le massacre de 29 Palestiniens en prière dans une mosquée de Hébron en février 1994, I. Rabin a refusé, contre l’avis de ses ministres, de s’en prendre aux colons. Voir Dominique Vidal, I. Rabin. « Faucon », puis « colombe », Manières … , p.50.

[3] Pour une analyse de la mise au point, de l’utilisation et des effets de cette technique de légitimation de la politique israélienne, voir Tanya Reinhart, Détruire … p. 59-64.

[4] Cette technique d’occultation de la destruction de la société palestinienne, a été systématiquement utilisée depuis lors. Ainsi en janvier 2009, B. H. Lévy affirme tenir de la bouche même du Premier Ministre de l’époque Ehoud Olmert, la teneur d’une proposition que celui-ci venait de faire à Mahmoud Abbas, Président de l’Autorité palestinienne. “Je lui ai fait une offre. 94,5% de la Cisjordanie. Plus 4,5% sous forme d’échange de territoires. Plus un tunnel, sous son contrôle, reliant la Cisjordanie à Gaza et équivalant au 1% manquant. Et, quant à Jérusalem, une solution logique et simple: les quartiers arabes pour lui; les quartiers juifs pour nous; et les Lieux Saints sous administration conjointe saoudienne, jordanienne, israélienne, palestinienne, américaine. … L’offre est là. J’attends.“, Extrait de « Carnets de guerre », Le Journal du Dimanche du 18 janvier 2009. On notera que cette offre est censée avoir été formulée alors que la dévastation Plomb durci – quelque 1400 tués, 5000 blessés, 10.000 logements détruits ou sévèrement endommagés – était en cours et que la marionnette médiatique de propagande israélienne B. H. Lévy parcourait Gaza à l’intérieur d’un blindé des forces d’invasion israéliennes. Quand on parle d’occultation par l’appel au dialogue de paix … .

[5] En Israël, « Depuis 1993, les sondages avaient constamment montré une majorité autour de 60% en faveur de ‘la terre pour la paix’. Après Camp David et les ‘négociations’ qui ont suivi, le soutien aux concessions pour la paix est tombé dans les sondages à 30%. » Tanya Reinhart, Détruire … p. 63-64.

[6] “Today we are building and we will continue to build in Jerusalem and in all areas that are on the map of the strategic interests of the State of Israel.“ “There will be no Palestinian state without an arrangement in which the security of Israeli citizens will be ensured. There will be no Palestinian state until the State of Israel is recognized as the state of the Jewish people. There will be no Palestinian state until the Palestinians declare an end to the conflict.“    http://www.mfa.gov.il/MFA/Government/Communiques/2012/Cabinet-communique-2-December+2012.htm

[7] Le principe des Accords d’Oslo qui instaurent l’Autorité palestinienne, était l’évacuation des territoires occupés en juin 1967 en échange de la sécurité de l’État d’Israël. L’Autorité palestinienne s’est résolument engagée dans cette perspective en réprimant toute opposition militante à l’occupation – à l’époque, la première Intifada – afin d’assurer l’évacuation des territoires. Étant donné que les autorités israéliennes n’ont pas respecté leurs engagements, l’Autorité palestinienne s’est trouvée piégée. Paralysée par le mirage des “négociations de paix“, elle a été rapidement réduite à s’en tenir à gérer l’occupation.

[8] Fin 2008 – et la situation s’est encore considérablement dégradée depuis lors – on estimait à 10.600.000 le nombre de Palestiniens dans le monde. Au moins 7.100.000 d’entre eux – soit les 2/3 – étaient des personnes déplacées. 6.600.000 – soit 62% – s’étaient réfugiés à l’étranger et 427.000 étaient des déplacés de l’intérieur. Badil, Survey of Palestinian Refugees and Internally Displaced Persons, 2008-2009, p.56.

[9] Selon le Bureau central israélien de statistiques, il y avait en 2011 5.770.9OO Juifs et 1.559.100 Arabes en Israël. Selon le Recensement de la population 2007 de l’UNRWA, il y avait 3.767.126 Palestiniens dans les territoires occupés. Ce qui donne 52% de Juifs et 48% d’Arabes sur le territoire de l’ancienne Palestine mandataire. Le pourcentage de Juifs est probablement surestimé et celui des Arabes, sous-estimé. Apparemment, les statistiques israéliennes prennent en compte tous les Juifs de nationalité israélienne, y compris de double nationalité. Or, un grand nombre d’entre eux – sans doute des centaines de milliers – ne résident pas en Israël. D’autre part, étant donné que le recensement de l’UNRWA date de 2007, la croissance d’environ 3% par an de la population palestinienne des territoires occupés au cours des 5 dernières années, n’est pas prise en compte.

[10] En 1947, les membres de la Communauté juive étaient propriétaires d’environ 7% du territoire de la Palestine mandataire. Entre 1947 et 2009, les autorités israéliennes ont confisqué 82% de ce territoire. Ainsi, sur 89% du territoire de la Palestine mandataire, seuls des Juifs peuvent devenir propriétaires. Badil, Survey …, p.3.

[11] Implicitement en 1988, lorsque le Conseil national palestinien reconnaît les résolutions de l’ONU et explicitement, en 1996, lorsqu’il élimine de sa Charte tous les articles contestant le droit à l’existence de l’État d’Israël.

[12] En 2006, le Hamas signe le document d' »Entente nationale » qui reconnaît implicitement Israël dans ses frontières de 1967.

[13] Pour une revue rigoureuse des violations du droit international commises par l’État d’Israël et les autorités israéliennes, ainsi que des manquements de l’Union Européenne et de ses États membres à leur obligation de réagir à ces violations, voir Conclusions de la première session internationale du Tribunal Russel sur la Palestine, Barcelone, 1-3 mars 2010. http://www.russelltribunalonpalestine.com

[14] La résolution 194, adoptée le 11 décembre 1948 par l’Assemblée générale des Nations unies, “Décide qu’il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins, et que des indemnités doivent être payées à titre de compensation pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer dans leurs foyers et pour tout bien perdu ou endommagé lorsque, en vertu des principes du droit international ou en équité, cette perte ou ce dommage doit être réparé par les gouvernements ou autorités responsables“. Cette résolution a été votée par la délégation israélienne.

Jacques Bude

Exécution des prisonniers : une pratique sioniste ancrée depuis 1948


jeudi 19 septembre 2013, par Fadwa Nassar

L’éxécution du prisonnier Islam Toubassi, jeune Palestinien de 22 ans, arrêté par les forces de l’occupation, soulève à nouveau la pratique courante de l’occupation, depuis 1948, envers les prisonniers palestiniens et arabes. Islam Toubassi a été arrêté à l’aube du mardi 18 septembre, dans le camp de Jénine, lors d’un nouveau raid mené contre le camp de Jénine, par plus de 100 soldats de l’occupation. Islam Toubassi fut réveillé par les soldats, selon le témoignage de son frère Ibrahim, qui ont tiré sur lui, le blessant à la jambe. Il est arrêté et emmené par les soldats de l’occupation. Quelques heures plus tard, son corps est livré à la famille. Il a été froidement exécuté par l’occupant, la blessure à la jambe n’ayant pu certainement pas entraîner la mort.

Des dizaines de prisonniers ont été, depuis l’Intifada al-Aqsa, exécutés par l’occupant sioniste, de cette manière, c’est-à-dire après leur arrestation, au cours de leur transport dans les blindés de l’armée d’occupation, ou dans les postes d’arrestation. En tout cas, avant leur transfert en prison et avant leur « jugement ». Souvent blessés, ils sont tout simplement achevés. L’occupant ne s’encombre pas des Palestiniens : il les exécute. C’est la pratique des « droits de l’homme » du colonisateur raciste, que le monde « libre » occidental continue à soutenir, en refusant de le dénoncer, en poursuivant ses alliances militaires, économiques et culturelles avec lui, et en lui assurant une couverture politique et diplomatique. La communauté internationale, ONU et pays impérialistes, CICR et associations des droits de l’homme, sont aussi responsables que les criminels qui ont achevé le martyr Islam Toubassi. Nous n’avons aucune illusion là-dessus, même si un responsable de l’Autorité Palestinienne a appelé à porter cette affaire devant les tribunaux internationaux, pour juger le nouveau crime perpétré par l’Etat sioniste. Un simple appel pour se dédouaner, pour empêcher la révolte.

Appeler à traduire l’Etat colonial en justice, pour ce nouveau crime, relève du ridicule, quand on sait que l’exécution des prisonniers a toujours été une pratique de cet Etat, depuis 1948. C’est ce que vient de dévoiler, noir sur blanc, un nouveau livre paru sur les prisonniers palestiniens, entre 1948 et 1953, à partir de témoignages de ces Palestiniens encore vivants, qui vivent aujourd’hui dans les territoires occupés en 1948, sur lesquels fut installée la colonie israélienne. La lecture des témoignages qui se recoupent souvent, ne laisse aucun doute, puisque la plupart des faits racontés sont corroborés par les archives de l’Etat colonial, d’une part, et celles du CICR, de l’autre.

Des camps de concentration
Le livre publié récemment par l’Institut des Etudes Palestiniennes, écrit par l’historien Mustafa Qubbaha et le journaliste écrivain Wadi’ Awawdeh, comble une étape importante de l’histoire des prisonniers palestiniens et des prisons et camps de concentration sionistes, dans la Palestine occupée, qu’ils viennent tout juste de proclamer « Etat d’Israël ». Sitôt l’Etat proclamé, les rafles commencent, partout et sans motifs. La plupart des hommes considérés comme pouvant porter des armes furent emmenés, de force ou par la ruse, et incarcérés. De 1948 à 1953, entre 8000 et 120000 détenus palestiniens furent placés dans des camps, quelques-uns provisoires, d’autres permanents, comme le camp d’Ijlil, le plus vaste, où ont été détenus près de 4000 Palestiniens, en majorité des civils. Dans ce camp situé au nord de Yafa, fut froidement exécuté Salim Yafaoui, membre du comité national ayant organisé la défense de la ville de Yafa, en 1948. Le résistant fut exécuté par un gardien du camp, par une balle tirée dans le dos. Son corps fut exposé pendant plusieurs jours, « pour servir de leçon », avant d’être remis au CICR. Le second camp fut celui de Atlit, installé en juillet 1948. Plusieurs détenus palestiniens furent exécutés, sans la moindre justification, dont Hassan, du village de Zarkouna, dans la région de Yafa. Il s’était proposé pour aller cueillir des fruits que les gardiens souhaitaient avoir. A peine s’est-il déplacé qu’il fut froidement assassiné, dans le dos, encore une fois.

Dans trois autres camps de concentration, les prisonniers étaient forcés de travailler. C’était le cas pour les camps de Sarafand (camp militaire britannique transformé en prison), camp Tel Levinsky et le camp d’Um Khaled.

La forteresse historique de Akka fut transformée en prison par les Britanniques, qui y exécutèrent les premiers prisonniers martyrs, Fouad Hijazi, Ata Zeer et Mohammad Jamjoum, le 17 juin 1930, suite à la première révolte d’al-Bouraq, contre la présence sioniste aux environs de la mosquée al-Aqsa. Lorsque les sionistes s’emparent du pays, ils maintiennent la prison dans la forteresse et exécutent 19 prisonniers, au moins, selon leurs compagnons, après avoir été sommairement jugés par un tribunal militaire.

Le témoignage de Jumaa Ghanem de Tiret al-Karmel, qui fut détenu dans la prison de Akka, est sans équivoque : « Un tribunal d’exception fut installé, dans le poste de police. Ils nous prenaient un à un, nous entendions un peu plus tard trois coups de feu, nous ne savions pas ce qui se passait. Mais cependant, personne ne revenait. Nous avions pensé qu’ils voulaient juste nous terroriser. Mon tour est arrivé. Deux soldats m’emmènent vers la place de la prison. J’y retrouvais tous ceux qui ont été emmenés avant moi. Leurs corps inanimés étaient plongés dans le sang. Je me suis retrouvé devant le juge, entouré de trois officiers et de deux traducteurs… »

La barbarie de l’occupant sioniste ne date pas d’ajourd’hui, comme peuvent le prouver tous les massacres commis entre 1947 et 1948, pour semer la terreur et obliger les survivants à quitter leur pays. Mais ceux qui sont restés, eux, ont dû subir l’humiliation et la terreur quotidienne, ils ont dû assister à la destruction brutale de leur pays, de leurs villes et de leurs villages. Ils furent pourchassés, emprisonnés, encerclés, puis soumis à un régime militaire. Et c’est aussi dans ces camps de concentration que l’occupant a installés, qu’ils ont réalisé la véritable nature de ces envahisseurs venus d’ailleurs.

Fadwa Nassar
18 septembre 2013

source

L’information est trop importante pour être confiée à des journalistes


 

Ce 20 juin, le Comité des droits de l’enfant de l’ONU a diffusé un rapport accablant pour le régime israélien, accusé par les experts onusiens de maltraiter systématiquement les enfants palestiniens qui ont lancé des pierres… citant des cas de torture, d’arrestations nocturnes et d’isolement en prison pendant des mois d’enfants de douze ans.
Ci-dessous le communiqué de l’agence Belga.

 

« Les soldats israéliens torturent des enfants palestiniens

 

(Belga) Les enfants palestiniens de la Bande de Gaza et de Cisjordanie sont capturés par les soldats israéliens pour ensuite être torturés, humiliés, utilisés pour passer au peigne fin des bâtiments potentiellement dangereux ou comme boucliers. C’est ce qu’indique un rapport du comité des Nations Unies pour les Droits de l’enfant, rapporte jeudi le quotidien israélien Ha’aretz.

Le comité a cherché à vérifier dans quelle mesure Israël respectait un accord de 1992 sur le droit des enfants. Il regrette le refus d’Israël de fournir plus d’informations sur la sort des enfants dans les territoires occupés et sur le Plateau du Golan depuis le dernier rapport qui date déjà de 2002.

« Les petits Palestiniens sont régulièrement interrogés en hébreu, une langue qu’ils ne maîtrisent pas », selon le rapport. Le comité dispose de témoignages émanant d’anciens soldats israéliens stipulant que les enfants sont régulièrement arrêtés sans aucune raison.

La plupart des enfants interrogés sont accusés d’avoir jeté des pierres, un délit pour lequel ils risquent jusqu’à 20 ans de prison.

Ces dix dernières années, quelque 7.000 enfants palestiniens âgés entre 12 et 17 ans, et parfois même d’à peine 9 ans, ont été interpellés, interrogés et détenus, précise le rapport. « Nombre d’entre eux ont été enfermés seuls pendant des mois et amenés devant des tribunaux militaires ». Des centaines d’enfants palestiniens ont été tués et des milliers d’autres blessés au cours des opérations militaires israéliennes, essentiellement dans la Bande de Gaza.

Le comité souligne encore que les enfants palestiniens ont difficilement accès aux soins de santé, à l’eau potable et à un enseignement de qualité.

(Belga) »


Cette importante information, du moins à mes yeux, a été diffusée par « Ha’aretz », le grand quotidien israélien… Mais subtilement occultée par notre presse nationale.
Comment ça occultée? « Nous avons publié cette info » jureront nos plumitifs la main sur le cœur.
En effet, si un citoyen lambda était assez rapide hier, il aura pu être parmi les quelques centaines d’heureux à lire cette info sur certains sites web avant qu’elle ne soit rangée, après quelques  minutes d’apparition, dans un « classement vertical ».
L’ADN de Mlle Delphine, ou les tribulations du Standard sont visiblement des infos d’une autre importance pour notre presse!
C’est à croire que la majorité des journalistes de Belgique ont fait leurs études chez les jésuites ou les pharisiens.
Heureusement il en reste quelques-uns, rares, à respecter leur métier. Merci à eux!

Alors… Il faut bien combler les vides en jouant « presse », même si c’est à une toute petite échelle, et communiquer ces infos qui dérangent ceux pour qui les droits des humains sont à géométrie variable et pour qui tous les enfants ne semblent pas égaux.
En espérant que ceux et celles qui n’étaient pas au courant, il y en a certainement, voudront bien diffuser cette information.

Cordialement

Rudi

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