La dernière histoire belge de Pierre Piccinin au secours d’Assad le chimique


anniebannie a eu l’occasion d’entendre Pierre Piccinin en personne et il lui inspire une grande confiance. Elle ne comprend pas comment il peut raconter nde tels « cracks ».(Bashar innocent)
2013/09/09

piccinin

Le « témoignage » qui vient au secours de Bachar le jour du vote du congrès américain, de la bouche de Pierre Piccinin da Prata. L’enseignant Belge et le journaliste italien Domenico Quirico ont été libérés après cinq mois de disparition en Syrie. Piccinin affirme à sa libération que « ce n’est pas le gouvernement Al-Assad qui a utilisé le gaz » toxique contre la population de Ghouta le matin du 21 août 2013:

« C’est un devoir moral de le dire. Ce n’est pas le gouvernement de Bachar Al-Assad qui a utilisé le gaz sarin ou autre gaz de combat dans la banlieue de Damas. Nous en sommes certains suite à une conversation que nous avons surprise. Même s’il m’en coûte de le dire parce que depuis mai 2012 je soutiens férocement l’armée syrienne libre dans sa juste lutte pour la démocratie », a-t-il déclaré à Luc Gilson dans une interview enregistrée à Gembloux pour RTL-TVi (vidéos).

Pierre Piccinin avance un « argument » conspirationniste:

Selon ces officiers de la « rébellion » et ce qu’ils ont dit, ce n’est pas le Régime [Assad]. Ce qui aurait d’ailleurs été suicidaire de sa part. Je pense que certains Etats n’attendent que cela pour en découdre, pour des raisons qui sont peut être pas toujours très claires non plus. Euuuuh, le Régime [Assad] ne pouvait pas leur faire plus beau cadeau que d’utiliser cette arme qui de toute façon militairement en banlieue de Damas ne leur rapportait pas grand chose en terme de guerre.

Comment était-il au courant de la situation militaire au soir du 20 août à Ghouta Est? Le 21 août à 3h, le Régime lançait une offensive militaire contre Ghouta Est. Parmi les 1700 civils tués, la plupart l’ont été par les bombardements, des centaines par les Gaz (vidéos des explosions des missiles chimiques, et des habitants filmant l’empoisonnement massif). Du côté de l’opposition, des rumeurs disent que les missiles ont été tirés du mont Qassioun, une position occupée par les artilleurs de la 4eme division commandée par l’incontrôlable Maher Al Assad. Ils bombardent les faubourgs de Damas depuis plusieurs semaines. Du côté de la propagande du Régime, depuis Damas, le 22 août Thierry Meyssan confirmait lui même aux médias iraniens francophones, que le Régime lançait depuis la nuit une offensive contre Ghouta, concernant les auteurs de l’attaque chimique Meyssan, Piccinin et la propagande iranienne s’accordent une fois de plus.

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La Revolution Syrienne en Français
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SYRIE : Si ce n’est pas lui, c’est donc son frère…. Impulsif et cruel… Ainsi décrit-on cet homme de 45 ans féru de kickboxing. « Il est celui qui fait la sale besogne », témoigne depuis un pays du Golfe un ancien du régime. « Il est psychologiquement perturbé », avance même le politologue Antoine Basbous, spécialiste du monde arabe.

Maher El-Assad, celui qui se cache derrière Bachar Maher El-Assad, cadet du président syrien, fait figure de suspect dans l’attaque chimique du 21…
lesdessousdelapolicenationale.blogs.nouvelobs.com

Pierre Piccinin termine par:

Aujourd’hui la révolution est submergée par un banditisme structuré […] ces katibas islamistes de combattants qui viennent d’Afghanistan d’Asie centrale […] je pense qu’il serait suicidaire pour l’occident de soutenir ces gens là.

Bizarrement Pierre Piccinin qui se présente comme politologue, devrait savoir que l’ »Occident » n’est pas uni, et ne cherche pas à armer « ces gens là« , au contraire, l’occident les crains. Des occidentaux ont choisi de répondre à certaines demandes révolutionnaires syriennes (pas jihadistes étrangères): armer la révolution syrienne et détruire les forces militaires du Régime Assad. Depuis un an, Piccinin le sait pourtant: « Nous demandons une zone d’exclusion aérienne ».  » We demand a no-flight zone »: Activist Khaled Abou Salah in Paris (6 juillet 2012). Et Appel de l’Armée Syrienne Libre à la France. Appel du Conseil National Syrien a la communauté internationale (22 juin 2012).

Ce qui est intéressant c’est qu’un des prisonniers libérés aujourd’hui, n’est pas dupe (Domenico Quirico); l’autre (Pierre Piccinin) l’est totalement, à moins qu’il ne fasse mine de l’être…

La Stampa, en anglais publie aujourd’hui: «  Quirico: “It is madness to say I knew it wasn’t Assad who used gas” »

Le journaliste italien de La Stampa Domenico Quirico a indiqué lundi au site internet de son journal qu’il n’avait aucune preuve de la provenance de l’attaque chimique en Syrie, alors que son compagnon d’infortune Pierre Piccinin affirme avec certitude que le gouvernement de Bachar al-Assad n’a pas utilisé de gaz sarin. « Je ne suis pas habitué à donner valeur de vérité aux discours écoutés à travers une porte », clarifie le journaliste. Pierre Piccinin et le journaliste italien Domenico Quirico, détenus en Syrie depuis le 8 avril, ont été libérés dimanche. A son arrivée en Belgique, l’enseignant belge a indiqué à plusieurs médias que les deux otages avaient surpris une conversation prouvant que le gouvernement syrien n’était pas à l’origine de l’attaque chimique du 21 août près de Damas.

Interrogé par le site internet de La Stampa, le journaliste italien précise cependant qu’il ne dispose d’aucune preuve qui confirme cette thèse. « Un jour, depuis la pièce dans laquelle nous étions retenus prisonniers, à travers une porte entrouverte, nous avons entendu une conversation en anglais via Skype entre trois hommes », raconte-t-il. « Lors de cette conversation, les hommes disaient que l’opération au gaz dans les deux quartiers de Damas avait été commise par les rebelles comme provocation, pour pousser l’Occident à agir. »

Domenico Quirico souligne cependant avec insistance qu’il n’a « aucune idée ni de la fiabilité ni de l’identité des personnes. Je ne suis absolument pas en mesure d’affirmer que cette conversation est basée sur des faits réels ou sur une rumeur. C’est une folie de dire que je sais que ce n’est pas Assad (Bachar al-Assad, le président syrien, ndlr) qui a utilisé le gaz.

Évidemment, les deux otages n’avaient pas accès à l’information, mais ce qui est étonnant, c’est la nature des rares « informations » qui leur soient parvenues: la désinformation pro-Assad. Cela permet déjà d’avancer deux hypothèses:

_ Les kidnappeurs ont réalisé une mise en scène pour intoxiquer les otages.

_ Les kidnappeurs croient en la propagande d’Assad, de la Russie et de l’Iran au sujet de l’attaque de Gouta. Auquel cas ils devraient combattre les « rebelles à la solde du complot étranger« ? Donc pour Assad.

C’est la voix officielle du Kremlin qui avait lancé la première la rumeur de « provocation des rebelles« , qui s’est étoffée depuis. Le 23 août Le Parisien rapportait les mots choisis du Kremlin à l’attention les masses populaires mondiales. Le cynisme et les menaces du Kremlin étaient encore assumées deux jours après l’attaque:

13h35. Pour Moscou, l’attaque chimique était «clairement une provocation», mais les rebelles «empêchent» toute enquête objective.

13h53. La Russie juge «inacceptables» les appels en Europe à faire pression sur l’ONU. «Dans ce contexte de nouvelle vague de propagande anti-syrienne, nous pensons que les appels de quelques capitales européennes à faire pression sur le Conseil de sécurité de l’ONU et décider dès maintenant de recourir à la force sont inacceptables», indique le ministère russe des Affaires étrangères.

La désinformation:

L’idée qui circule dans ces moments de buz médiatique, ce n’est même pas le modus operandi (écoute de la conversation qui révèle le « complot« ), mais un effet d’annonce plus basique:

deux journalistes otages // kidnappés par l’opposition barbare syrienne ont été libérés après 5 mois de torture // les tortionnaires reconnaissent que leur camp est l’auteur de l’attaque chimique // le Régime Assad est accusé injustement.

C’est l’idée principale qui circule avec ce genre d’effet d’annonce. La rumeur continue de circuler alors même que Domenico Quirico a démenti les paroles que la rumeur lui prête. Un peu comme un mail sincère que j’avais reçu: « t’as vu la vidéo des rebelles qui décapitent le père Mourad?« . La désinformation étant l’art de faire dire par l’ennemi ce que l’on souhaite lui faire dire.

Or, Pierre Piccinin en 2010 était déjà publié par les sites de propagande de l’axe Iran/Poutine/Hezbollah/Chavez. Sana, l’agence syrienne de désinformation aux ordres du système Assad, mettait en ligne sur son site sana.sy ce qui suit à propos de Pierre Piccinin:

Dans une interview avec le journal « La nouvelle République », le politologue Piccinin a critiqué l’image simpliste véhiculé par les médias sur les événements en Syrie, les qualifiant de « tout à fait fallacieuse », ajoutant qu’il y a plusieurs indices que l’opposition syrienne fournit aux médias occidentaux les informations trompeuses sur ce qui se passe dans le pays.

Réactions sur les réseaux sociaux aujourd’hui:

_ Le morcellement des brigades al Farouq existe depuis longtemps. Les problèmes d’insubordination dans les rangs également. Mais faire croire que la révolution est terminé, s’est transformée en barbarie , lak shou a2oul la a2oul …. […] Mais encore une fois, c’est la meilleure du siècle celle là, un homme en détention qui ne sait même pas où il est, et ne connait [peut être] pas la date, et dont l’arabe est médiocre, innocente Bachar el assad. C’est une véritable histoire de dingue. Et enfin pour finir, le top du top, avec une histoire aussi sérieuse que des milliers de personnes qui meurent d’armes chimiques, il nous parle de « SCOOP » qu’il divulguera en temps approprié, lak alf ….

_ Le plus hallucinant c’est que la presse titre en reprenant son annonce, et comme 70% des gens sur internet commentent sans lire les articles, c’est son histoire belge qui va être reprise sur la blogosphère qui n’avait vraiment pas besoin de ça!

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Qui part encore en reportage en Syrie ?


AFP PHOTO/HO/SANA Les reportages en Syrie rédigés par des journalistes étrangers se font rares. En cause, bien sûr, les mille et uns dangers que les reporters doivent affronter s’ils choisissent de se rendre dans ce pays. Du coup, les journalistes « freelance » (indépendants) deviennent majoritaires pour couvrir ce terrible conflit.

Dès les premiers mois de 2011, quand la contestation a commencé à prendre forme en Syrie, le régime a décidé de n’accorder de visas aux journalistes étrangers qu’au compte-gouttes. Les demandes émanant d’organes jugés défavorables étaient rarement honorées (comme celle du Soir en avril de cette année-là, qui ne reçut jamais de réponse de l’ambassade à Bruxelles). En revanche, des journalistes considérés comme « fiables » par le régime (des Russes, par exemple) n’éprouvaient pas ces difficultés.

Peu à peu, alors que la violence prenait le dessus, à partir de l’été 2011, des journalistes occidentaux ont pris le parti de passer en Syrie par des voies non officielles, par des chemins de contrebande à la frontière libanaise ou, plus souvent, turque. Pour se retrouver, donc, côté rebelles. De septembre à décembre, ils furent des dizaines sinon même bien plus à franchir ce pas. Cela a donné des reportages édifiants sur de nombreuses chaînes.

France 2 avait ainsi diffusé deux reportages saisissants à l’automne 2012. Est-ce pour punir la chaîne (et punir en même temps la France, « coupable » d’avoir pris parti pour les rebelles) qu’un guet-apens a été tendu par le régime le 11 janvier 2011 au reporter de France 2 Gilles Jacquier à Homs ? C’est en tout cas la thèse d’un livre convaincant (1) écrit par la compagne du journaliste, elle-même photographe, et deux journalistes suisses, qui accompagnaient tous trois notre confrère qui a perdu la vie ce jour-là.

En l’espèce, l’un des buts additionnels espérés aurait été de dissuader les reporters du monde entier de se rendre dans l’enfer syrien. Mais, si la Syrie est peu à peu désertée par les journalistes étrangers, c’est sans doute plus en raison des risques rencontrés en zones rebelles (compte tenu que l’entrée dans la Syrie sous contrôle du régime reste soumise à l’obtention de rarissimes visas).
Risques ? Celui de rencontrer la mort, bien sûr, ou de subir de graves blessures, comme notre consoeur française Edith Bouvier en mars 2012 à Homs encore (2). Mais le danger majeur, c’est aussi et surtout, désormais, la possibilité d’être victime d’un kidnapping. Si Reporters sans frontières répertorie 24 journalistes tués en Syrie depuis 2011, les chiffres sont volontairement moins précis pour les confrères retenus en otages par les diverses factions (ou, éventuellement, emprisonnés par le régime). Il y aurait une quinzaine de journalistes étrangers sans doute kidnappés.

Parmi les disparus, on citera en premier lieu le Belge Pierre Piccinin, qui n’est pas à proprement parler un journaliste mais qui s’était rendu pour la énième fois en Syrie au début du moi d’avril dernier afin de témoigner. Avec son ami Domenico Quirico, reporter de La Stampa, Pierre Piccinin aurait été enlevé par un groupe non identifié après avoir franchi la frontière libanaise. Les deux hommes ont réussi à donner un coup de téléphone à leur famille le 6 juin, mais depuis lors un inquiétant silence prévaut à nouveau.
De leur côté, les Français Didier François et Edouard Elias, envoyés par Europe1, ont disparu le 6 juin dernier alors qu’ils étaient en route pour Alep, dans le nord. Le plus inquiétant, dans la plupart des cas, c’est qu’on n’entend même pas parler de demandes de rançon ou d’échanges de prisonniers. Peut-être, parfois, des tractations se déroulent-elles entre ravisseurs et autorités nationales sans que la presse soit tenue au courant.

Compte tenu de ce sombre tableau bien à la mesure de la situation chaotique en Syrie, on ne s’étonnera guère de voir les rédactions hésiter à envoyer leurs journalistes dans ce chaudron. Résultat : à quelques exceptions près (3), ceux qui y vont encore sont des « freelance », des indépendants. Lesquels, pourtant, éprouvent les pires difficultés à vendre leurs papiers, car le conflit syrien s’est d’une part banalisé – les journaux ne rapportent même plus le nombre de victimes quotidiennes, qui se comptent pourtant en centaines… – mais, d’autre part et surtout, il s’est complexifié, il est devenu impropre aux analyses manichéennes, aux papiers faciles à vendre.

L’un de ces journalistes indépendants, l’Italienne Francesca Borri, a publié en juillet un article hallucinant sur le site Columbia Journalism Review (4) dans lequel elle décrit les conditions de son travail. Cet extrait servira d’éloquente conclusion : « Les journalistes freelance sont des journalistes de seconde zone – même s’il n’y a que des freelance ici, en Syrie, parce que c’est une guerre sale, une guerre du siècle dernier ; c’est une guerre de tranchée entre des rebelles et des loyalistes qui sont si proches qu’ils se hurlent dessus pendant qu’ils se mitraillent. Quand vous découvrez la ligne de front, vous n’en revenez pas, avec ces baïonnettes que vous n’avez jamais vues que dans les livres d’histoire. Les guerres modernes sont des guerres de drones, mais ici ils combattent mètre par mètre, rue par rue, et on en chie de peur ».

BAUDOUIN LOOS

(1) Attentat Express, par Caroline Poiron, Sid Ahmed Hammouche et Patrick Vallelian (Seuil, 2013).
(2) Edith Bouvier a raconté son expérience dans un livre, Chambre avec vue sur guerre, chez Flammarion (2012).
(3) Parmi ces exceptions, le reportage retentissant réalisé par Jean-Philippe Remy et Laurent Van der Stockt, nos confrères du Monde en mars-avril et publié en mai, par lequel ils avaient réussi à valider la thèse que le régime recourt bien aux armes chimiques même si c’est de manière sporadique.
(4) Il a été traduit dans plusieurs langues. On le trouve notamment en français sur le site du Nouvel Observateur.

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Pierre Piccinin est-il aux mains du Hezbollah ?


Mis en ligne le 18/05/2013
« S’il vous était donné, samahet el-sayyed, de voir la ‘surréalité’ telle qu’elle est, et non la réalité mensongère telle qu’elle vous est transmise. »

Pierre Piccinin de Prata, 40 ans, ne donne plus signe de vie depuis le 17 avril. Date à laquelle il aurait utilisé pour la dernière fois son compte Skype. L’enseignant belge devait rentrer le 10 avril dernier, après un énième voyage en Syrie, pays qu’il affectionne.

Dans une opinion publiée ce vendredi dans le quotidien libanais « L’Orient-Le Jour » et adressée au chef du Hezbollah (le « Parti de Dieu »), un ami du disparu demande sa libération. Ronald Barakat prétend en effet que l’historien est maintenu en captivité par les hommes de Samahet el-sayyed Hassan Nasrallah, chef du mouvement.

« Ma missive est un appel à l’éminent dignitaire religieux que vous êtes pour demander la libération du politologue et historien belge Pierre Piccinin da Prata, qui est un ami, et celle de son compagnon journaliste italien, Domenico Quirico, disparus tous deux dans l’ouest syrien et, d’après les dernières nouvelles, quoique non confirmées, tombés en captivité aux mains de vos hommes qui combattent en Syrie », écrit-il.

Il explique ensuite que Pierre Piccinin « n’est pas un fanatique aveugle, mais un intellectuel éclairé, un témoin objectif de la crise syrienne et un humaniste qui ne peut qu’être interpellé par la tragédie humaine, où qu’elle se trouve, dût-elle se trouver dans votre propre camp, à Dieu ne plaise. »

Il fut un temps, l’enseignant affirmait son soutien au président Syrien Bachar al-Assad. Puis en 2012, il fut victime du conflit. Arrêté puis torturé par la régime, il se rangea dès lors du côté des rebelles. Ronald Barakat revient notamment sur le parcours de son « ami » qui a, petit à petit, découvert la réalité du « Printemps arabe ».

« S’il vous était donné, samahet el-sayyed, de voir la ‘surréalité’ telle qu’elle est, et non la réalité mensongère telle qu’elle vous est transmise, je suis certain, connaissant votre profondeur spirituelle et votre magnanimité, que vous agiriez autrement, que le Dieu miséricordieux, le Dieu des musulmans et des chrétiens réunis, le Dieu des vrais croyants de tous bords, toutes confessions confondues, le Dieu de la conscience humaine, serait votre seul et unique Guide suprême. »

Il conclut enfin par une demande à l’aide ou d’indulgence pour que les deux disparus, « fussent-ils aux mains de votre parti ou du régime que vous soutenez », soient libérés.
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L’enseignant belge Pierre Piccinin a disparu dans l’ouest syrien


Disparu en Syrie. L’enseignant belge Pierre Piccinin da Prata, entré en Syrie dans les tout premiers jours d’avril pour un séjour dans l’Ouest côté rebelle, n’est pas rentré en Belgique pour le 14 avril comme prévu. Les dernières nouvelles de sa part datent de 14 jours. Sa famille, ses amis et la direction de l’athénée Jean Rostand, à Philippeville, où il enseigne, ne cachent pas leur vive inquiétude.

Depuis plusieurs années, Pierre Piccinin a été pris par le virus de la politique proche-orientale, qu’il dissèque sur son blog et qu’il appréhende par des visites sur le terrain malgré, parfois, les risques encourus. Les «printemps arabes», en 2011, l’avaient particulièrement passionné (1). Mais il avait vite marqué ses distances avec certaines rébellions, en Libye et en Syrie, surtout, où il s’était rendu côté officiel. En mai 2012, cependant, son troisième séjour en Syrie avait constitué un électrochoc intense: emprisonné par la police locale en province, il avait été lui-même torturé et il avait vu des opposants syriens subir d’atroces supplices.

Libéré après six jours, il est devenu, à son retour, un partisan acharné de la cause des rebelles. Il retournera trois fois en Syrie, côté rebelles, à Alep en juillet-août et en octobre, puis dans la région d’Idlib en décembre. Le Soir avait publié ses chroniques de l’été en direct depuis la capitale syrienne économique, des textes bouleversants que Pierre Piccinin a ultérieurement publiés dans un livre. Un documentaire vidéo, réalisé avec Eduardo Ramos Chalen, retrace aussi ces jours épiques à Alep (2).

Malgré une situation très périlleuse dans cette Syrie déchirée, Pierre Piccinin y est donc reparti à Pâques. Il n’a plus donné signe de vie à ses proches en Belgique. Un contact syrien indirect en Turquie dit l’avoir eu sur Skype il y a six jours, une information impossible à recouper. Il allait bien à ce moment, selon cette source qui se disait persuadée d’être rapidement mise au courant en cas de mauvaise nouvelle. Pierre n’est pas parti seul mais bien avec un journaliste européen dont le journal nous a demandé de ne pas l’identifier.

Une série d’hypothèses quant au sort des deux hommes peuvent être envisagées. Depuis la pire jusqu’à la plus rassurante: qu’ils soient simplement empêchés de quitter les lieux où ils se trouvent en raison d’une situation sécuritaire bloquée. Il se peut aussi qu’ils soient entre les mains du régime ou d’un groupe extrémiste. A ce stade, ce ne sont que des spéculations. Après consultations et réflexion, il nous a semblé, au Soir, que la diffusion de l’information de la disparition de Pierre Piccinin pouvait l’aider.

De leur côté, les Affaires étrangères belges nous ont dit ceci: «Nous suivons dans toute la mesure du possible, via plusieurs sources (organismes internationaux, pays partenaires), la situation de ceux qui se sont rendus en Syrie en dépit de tous les avertissements. Mais nous ne commentons pas les cas individuels. Nos moyens en Syrie même sont réduits à leur plus simple expression (notre ambassade à Damas est fermée, NDLR). Nous sommes par contre en mesure de fournir une assistance consulaire dans les pays voisins. Nous appelons aussi tous ceux disposant d’informations à nous les communiquer».

BAUDOUIN LOOS

(1) Ses textes peuvent être consultés sur son blog, www.pierrepiccinin.eu/

(2) La bataille d’Alep, chez L’Harmattan.

Converti sur le chemin de Damas

C‘est l’histoire d’un homme qui s’estimait pour le moins incompris. A droite comme à gauche. Quarante ans, diplômé en histoire et en sciences politiques, professeur d’histoire en humanités et passionné par le monde arabo-musulman, Pierre Piccinin da Prata avait déjà fait couler beaucoup d’encre avant sa récente disparition en Syrie. Grand voyageur pendant les congés scolaires, il s’est rendu en Tunisie, en Libye, en Egypte et même au Yémen avant ses voyages syriens.

Ses écrits reflètent ses indignations. Parfois ingénues, jamais feintes. Il a longtemps fustigé la «désinformation» que les médias occidentaux véhiculaient selon lui à propos des «printemps arabes». Comme en Libye, «une guerre menée par les Français et les Britanniques au nom de leurs intérêts économiques». C’était aussi sa position sur la Syrie, jusqu’à son troisième voyage, en mai 2012, qui le marque au fer rouge. Témoin de tortures, lui-même malmené, il se lie à des prisonniers qui combattent le régime d’Assad. Il change d’avis.

Sa conversion lui attire les foudres de beaucoup de monde. Ses amis du camp anti-impérialiste le répudient prestement. Il en souffre car il continue à partager l’essentiel de leurs convictions, dont fait partie un antisionisme virulent qui lui vaut l’opprobre de nombreux juifs<UN>; pour eux, c’est un simple antisémite. A ceux qui publient cette appréciation, il envoie des droits de réponse indignés.

«L’idiot utile du régime»

Le pire coup lui est assené par le journal Le Monde, qui publie un portrait assassin le 6 juin 2012. «L’idiot utile du régime de Bachar», «un aventurier sans fantaisie, un chercheur sans qualification; touriste de la guerre»: la charge est lourde. Le Monde aura aussi son droit de réponse.

Il reprend le chemin de la Syrie, deux fois à Alep, une fois près d’Idlib, puis ce dernier voyage pascal, quand on perd sa trace quelque part dans l’ouest syrien. Le Soir avait publié ses chroniques depuis Alep en juillet et août. L’horreur de cette sale guerre y éclatait au visage du lecteur. Des textes engagés.

Sur ses six jours dans les geôles du régime, il avait dit ceci: «Je parle au nom des Syriens, ces gens qui m’ont aidé dans les prisons, qui sont martyrisés par le régime, et m’ont dit: tu ne nous dois rien, témoigne de ce que tu as vu ici».

B. L. via facebook

voir Le Soir

Pierre PICCININ
Pierre PICCININ (historien – politologue)

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