« Faire la fête avec les réfugiés syriens, un bras d’honneur à Daesh »


OPINIONS  Une chronique de Schams El-Ghoneimi, Parisien bruxellois adopté et conseiller Moyen-Orient au Parlement européen.

En ces temps difficiles, quoi de plus important que cette petite histoire que je souhaite vous raconter, une histoire de réfugiés syriens nouvellement arrivés : nous les avons conviés à notre fête cette semaine à Bruxelles. Malgré le niveau 4 d’alerte terroriste, nous étions trente-cinq amis.

Basil, qui avait une petite grippe attrapée au camp de réfugiés de Lanaken où il vit actuellement, a chanté toute la nuit avec sa guitare. En dépit du fait qu’il soit distinguable par les qualificatifs de réfugié, de syrien et de musulman – cela en fait beaucoup pour certains -, j’ai découvert que je ne saurai jamais jouer ou chanter Charles Aznavour ou Jacques Brel aussi bien qu’il nous les interpréta. Il y a deux mois, il est arrivé en Europe après avoir quitté la Syrie, la Turquie, la Grèce puis, inarrêtable avec sa guitare qui l’a fait passer pour un touriste aux yeux des autorités, il a parcouru la Macédoine, la Serbie… Pour arriver ici. Professeur de flamenco pendant vingt-deux ans au centre culturel russe de Damas, Basil n’est malheureusement que bilingue arabo-russe : il prend des cours de néerlandais et souhaite apprendre le français, une langue qu’il trouve « belle et profonde » – oui, il nous a chanté « J’ai quitté mon pays » d’Enrico Macias mais il n’a jamais appris le français.

Mais la soirée n’aurait pas été assez folle sans d’autres dangereux réfugiés syriens, musulmans sunnites, alaouites et druzes, je le répète pour ceux qui en auraient peur. La voix d’Angela nous a impressionnés, nos compliments l’ont embarrassée. Journaliste de 27 ans, elle a pris un rafiot avec 150 personnes pendant dix jours l’année dernière, partant des côtes égyptiennes, pour tenter l’Europe au péril de sa vie – faute de visa. Perdus en mer dans des conditions extrêmes, c’est un tanker qui, croisant leur chemin, les a sauvés et amené en Italie. Elle et Najib se sont mariés à Damas en 2011 quand la révolution commença en Syrie, il y tournait des documentaires tandis qu’elle y couvrait la vie culturelle. Mais ils ont tous deux refusé de relayer la propagande du régime. Entre risquer leur vie ou fuir, ils ont préféré vivre.

Pas si facile, la vie de réfugiés. Il y a deux semaines ils m’avaient invité à déjeuner chez eux, à Asse où ils sont logés : excellent gratin de pâtes à la béchamel d’Angela – elle me précisa que d’habitude c’est son mari qui cuisine. Mais pas d’amis, pas d’argent pour sortir, débutants en néerlandais avec des cours chaque matin, Angela et Najib espèrent trouver un travail sur Bruxelles, comme journalistes… Ou autre. La plus grande différence entre eux et leurs voisins dans le village n’est pas la langue mais le fait qu’ils n’aient pas de travail, m’ont-ils dit.

Saddam, 34 ans, est le quatrième réfugié de notre « World Peace House Party » – oui, c’est le titre choisi – timide, il a passé toute la soirée assis sur un canapé à parler avec une charmante amie française, jonglant entre l’anglais et le français. Ingénieur électricien, il prend des cours intenses de français et de néerlandais à Bruxelles depuis qu’il est arrivé en Europe – sur le même rafiot qu’Angela. « Jeune cadre » dans le Golfe au début de la révolution syrienne, il fut expulsé de Dubaï après avoir manifesté contre les massacres d’Assad contre sa population. Pour lui, le plus dur était de se rendre compte en arrivant en Europe qu’il était devenu « un réfugié ». Un immense sentiment de tristesse, d’impuissance le traverse depuis, m’a-t-il confié. Déjà pourvu d’un bon anglais, Saddam sait qu’apprendre les langues du pays l’aidera à trouver un travail. Il est contre la violence, d’où qu’elle vienne, et rêve d’apporter sa pierre à la société qui l’a accepté, en Belgique.

Voilà ce que sont les réfugiés syriens dans leur immense majorité, et voilà la manière la plus appropriée de réagir aux attaques abominables de Paris, ma ville natale : continuons à faire la fête, même avec des réfugiés, surtout avec des réfugiés.

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Avec Wissam, réfugié syrien, sur la route de Hama à Oslo


Il lui aura fallu un mois et trois jours pour rejoindre la Norvège depuis la Syrie. Wissam, un enseignant qui a fui la guerre, a raconté son périple à Mediapart. Aujourd’hui en sécurité, sa priorité est de retrouver sa femme et ses enfants restés derrière lui à Hama.

Wissam a été convaincu qu’il n’avait plus d’avenir en Syrie et qu’il ne lui restait plus qu’à partir. En quatre ans, depuis le début de la guerre, il s’était retrouvé plusieurs fois en danger de mort. Sa maison avait été détruite, il avait perdu son emploi.

Seul ou en famille, il n’a pas hésité : sa femme, enceinte d’un quatrième enfant, ne supporterait pas le voyage, pas plus que sa fille de six ans, née avec une malformation au cœur. Pour ne pas inquiéter ses proches, il a tardé à évoquer ses projets d’Europe. Quelques heures à peine après la naissance du bébé, ce père de 37 ans a quitté le foyer. C’était le 13 août. Il est sorti de chez lui avec pour tout bagage un sac à dos rempli de quelques affaires de rechange. Dans ses poches, son passeport et son argent. Cap à l’ouest, il vise l’Allemagne, la Suède ou la Norvège, il ne sait pas encore précisément. Il n’a qu’une idée en tête : rester en vie.

Cet homme en quête de protection a documenté son périple et accepté que Mediapart le raconte en publiant ses photos et vidéos. Le contact a été établi grâce à l’association Nazra, fondée en janvier 2013 et animée par un réseau d’amis européens, qui se sont donné pour mission de venir en aide à des familles syriennes restées en Syrie.

Wissam n’est pas son nom. Il préfère, comme beaucoup de réfugiés syriens terrorisés pour leur famille restée au pays, ne pas le donner, de peur des mesures de rétorsion. Il quitte sa ville, Hama (530 000 habitants avant le conflit), située à l’est de la Syrie, alors que Daech s’installe à ses portes et que les bombardements s’intensifient. Ce professeur d’anglais n’aurait jamais pensé voyager clandestinement s’il n’y avait pas été forcé par la guerre. Impossible de faire autrement : les ambassades occidentales sont fermées ; dans les pays limitrophes, elles limitent drastiquement la délivrance de visas humanitaires. Comme tous ses compatriotes, en l’absence de solutions alternatives, il est contraint de s’en aller par ses propres moyens et de s’en remettre à des trafiquants au péril de sa vie.

Wissam à son arrivée à Kos en Grèce le 1er septembre 2015.Wissam à son arrivée à Kos en Grèce le 1er septembre 2015.

La discussion s’engage sur WhatsApp, la messagerie gratuite qu’utilisent les migrants pour leurs communications longue distance, puis sur Viber, pour échanger de vive voix.

Après avoir traversé la Grèce, pays par lequel il est entré dans l’Union européenne (avant d’en ressortir puis d’y rentrer en Hongrie), la Macédoine et la Serbie, il se trouve en transit à Budapest, la capitale hongroise, le 12 septembre, lors de notre premier entretien. Ces frontières qui se sont toutes ou presque fermées les unes après les autres à partir de la mi-septembre étaient encore franchissables. Non sans mal. Le passage de la Serbie à la Hongrie est son pire souvenir. « Je vais bien », répète-t-il avec pudeur, avant d’avouer qu’il est « épuisé, complètement épuisé ».

Pour fuir sa terre natale, qui fut l’un des centres des manifestations contre le régime de Bachar al-Assad en 2011, il se dirige vers le port de Tripoli au Liban, à 140 kilomètres de chez lui. Muni d’un billet de transport, il monte dans l’un des ferrys reliant Mersin au sud-est de la Turquie, là même d’où sont partis l’hiver dernier plusieurs cargos-épaves abandonnés par leur équipage à proximité des côtes italiennes. Dans leurs cales, des centaines de familles syriennes venaient de vivre l’horreur, assoiffées, affamées et entassées dans des conditions inhumaines.

Les douaniers turcs ayant été rappelés à l’ordre par les autorités européennes, les trafiquants ont cessé d’utiliser ces bétaillères en fin de vie et repris une route rodée de longue date, sur des canots pneumatiques de type Zodiac plus difficiles à détecter, partant des plages de l’ouest de la Turquie pour rejoindre les îles grecques de la mer Égée. Sous la pression des contrôles policiers, les passeurs tergiversent. Wissam est conduit de Marmaris à Izmir puis Bodrum, ces villes balnéaires devenues des plaques tournantes migratoires. Ses économies fondent. Pour financer les 1 400 euros que lui coûte la traversée, il décide de dormir dehors et ne mange plus qu’une fois par jour. Après trois semaines d’attente éprouvantes, son tour arrive. Direction Kos. Des dizaines de bateaux de ligne effectuent cette liaison tous les jours, pour 15 euros l’aller-simple. Mais les réfugiés n’y ont pas accès : ils n’ont pas les papiers les autorisant à entrer dans l’espace Schengen de l’Union européenne.

Le départ de Turquie est fixé au 31 août à 20 heures. Dans l’embarcation de fortune, la nuit est cauchemardesque. Une quarantaine de personnes – des hommes, des femmes, des enfants, Syriens, Irakiens, Afghans, Pakistanais, Ghanéens – se serrent les unes contre les autres. Un réfugié sans expérience particulière de navigation est désigné pour tenir la barre. Il s’oriente à l’aide du GPS d’un téléphone portable en prenant comme repère les lumières des côtes turques et grecques. Celles-ci sont peu éloignées (une vingtaine de kilomètres), mais la mer est connue pour être périlleuse. Tous les passagers le savent : des centaines de personnes ont péri dans ces eaux ces dernières semaines.

Sur l'île grecque de Kos, Wissam s'est acheté une tente pour dormir sur la plage en attendant d'obtenir son laissez-passer.
Sur l’île grecque de Kos, Wissam s’est acheté une tente pour dormir sur la plage en attendant d’obtenir son laissez-passer.

À bord, personne ne bouge, personne ne parle. Wissam aimerait prendre des photos, pour documenter ce moment, mais il renonce à le faire car le flash risquerait d’attirer l’attention. « Nous avons tous eu très peur. Ça a duré douze heures. » Wissam en tremble encore lorsque le bateau touche terre. Pas le temps de reprendre ses esprits : à peine débarrassé de son gilet de sauvetage, il se retrouve avec un couteau dans la main à détruire l’embarcation pour éviter que les gardes-côtes grecs ne renvoient les passagers en Turquie.

À Kos, Wissam s’offre une nuit d’hôtel pour essayer de se reposer. Le lendemain, il apprend qu’un naufrage a eu lieu sur la route qu’il vient d’emprunter. Une douzaine de personnes ont perdu la vie. Parmi eux, Aylan et Galip Kurdi, deux enfants syriens de trois et cinq ans, et leur mère Rehan. « À un jour près, nous aurions pu nous retrouver dans le même bateau. Ils n’ont pas eu notre chance. J’ai tant de peine pour eux. »Comme tout le monde, il voit la photo du plus petit des deux frères s’afficher en une des journaux.

« À Hambourg et à Malmö, on m’a recommandé d’aller plus loin »

« Je suis à la frontière hongroise. Non entre la Grèce et la Macédoine. Jeudi 10 septembre. »

Il passe neuf jours sur l’île à « attendre le papier », c’est-à-dire l’autorisation de présence sur le territoire, valable six mois pour les Syriens, 30 jours pour les autres, censée donner le temps à chacun de demander l’asile, et sans laquelle il n’est pas autorisé à se déplacer sur le continent. En l’absence de perspectives économiques, rares sont les réfugiés à envisager de rester en Grèce. Ses premiers pas dans l’Union européenne se passent mal. Il s’achète une tente pour dormir sur la plage. « Nous étions très nombreux, les conditions étaient mauvaises, les gens ont commencé à protester, à manifester leur colère. Les policiers leur ont tapé dessus. Les habitants, eux, étaient accueillants, les touristes aussi. Ils apportaient des bouteilles d’eau, de la nourriture, des habits, des jouets pour les enfants. Il y avait beaucoup de journalistes. » Le 9 septembre, muni de son laissez-passer, il monte dans un ferry qui l’emmène à Athènes. Aussitôt, il prend un bus pour la frontière gréco-macédonienne. Il longe à pied une voie ferrée sous la pluie battante pendant dix kilomètres. La traversée des Balkans commence. « Jusqu’à la Hongrie, tout est allé vite et s’est relativement bien passé. »

« Un train passe. Nous sommes à la frontière entre la Macédoine et la Serbie. Il est minuit. »

La frontière serbo-hongroise s’avère particulièrement coriace. « Il faisait nuit, nous étions dans la forêt, on ne voyait rien, on ne savait pas où on posait les pieds, c’était effrayant. En plus, les policiers nous pourchassaient, on avait peur d’être perdus. Il n’arrêtait pas de pleuvoir, nous étions complètement trempés. » Il finit par sortir de cette « jungle » dont il garde un « souvenir horrible ». Pour 150 euros, un taxi le conduit à Budapest. « La traversée de la Hongrie a été pénible. Il y avait des policiers partout. »

« Je traverse la frontière entre la Serbie et la Hongrie sur la voie ferrée. Nous sommes vendredi soir. »

Dans la capitale hongroise, il prend un train pour Vienne en Autriche, où il change pour Munich puis Stuttgart. L’Allemagne, enfin. « Je me sens soulagé, mais je suis vraiment épuisé, je ne sais pas exactement où je vais aller, dit-il le 13 septembre. Mes amis me conseillent de continuer au nord. Il y a trop de réfugiés ici. Peut-être Hambourg. Je vais juste me reposer une journée ou deux, je ne l’ai pas encore fait depuis mon départ de Syrie. »

Wissam est passé de justesse. Le lendemain de son arrivée, Berlin annonce que les contrôles aux frontières sont rétablis. Les liaisons ferroviaires sont interrompues quelques heures. Lors des semaines précédentes, les réfugiés ont été accueillis à bras ouverts, les bénévoles allemands les applaudissant à leur arrivée sur les quais des gares. En quinze jours, 63 000 personnes ont franchi la frontière, débordant les capacités des structures d’accueil.

Dans son élan, Wissam poursuit sa route. Le 14 septembre, il laisse Hambourg derrière lui pour se rendre à Malmö en Suède. Le 16, il part pour Oslo en Norvège. « À Hambourg et à Malmö, on m’a recommandé d’aller plus loin, de trouver un endroit où il y ait moins de réfugiés. À cause des demandes, les délais des procédures d’asile ont augmenté en Allemagne et en Suède. » Quelques jours plus tard, il se retrouve logé au milieu des forêts de sapins, dans un village montagneux du nom de Hemsedal, connu selon les sites touristiques pour ses « bonnes conditions de ski » et les « possibilités de pêche à la mouche ». Sa photo d’avatar sur WhatsApp le présente debout à côté d’une rivière tourbillonnante, emmitouflé dans un anorak et un pantalon de pluie. Il a l’air reposé, mais soucieux. Au total, il a dépensé environ 3 000 euros pour arriver là.

La prise en charge est « parfaite », dit-il à propos de l’« hôtel » dans lequel il réside avec 220 autres réfugiés. Repas, vêtements, soins, aide juridique : rien ne manque. « Je n’ai pas attendu pour avoir un logement. La ville est fantastique et les gens ici sont très amicaux », affirme-t-il. Une excursion pour découvrir la nature environnante a été organisée. « On est allés respirer l’air frais », s’amuse-t-il. Les cours de norvégien sont sur le point de débuter. Des conseils sur les coutumes du pays sont prodigués. Par chance, il se retrouve seul dans une chambre. Sa connaissance de l’anglais est mise à contribution par l’équipe gérant le centre d’hébergement. « Je donne un coup de main à la réception [où les demandes sont centralisées] pour faire le traducteur. »

Wissam a trouvé refuge à Hemsedal en Norvège.Wissam a trouvé refuge à Hemsedal en Norvège.

Entre réfugiés, les discussions tournent autour du périple. « Chacun raconte les péripéties auxquelles il a été confronté : comment il a traversé la mer, comment il a échappé aux policiers. »Tout le monde se pose des questions sur l’avenir : quand seront-ils fixés sur leur sort, quand pourront-ils faire venir leur famille, que se passera-t-il si leur demande est rejetée, quand pourront-ils travailler ? Mais leur préoccupation principale reste la situation de leurs proches en Syrie.« Nous nous inquiétons pour eux, nous échangeons les nouvelles dont nous disposons. Chacun appelle sa famille, cherche des informations sur Internet. Nous nous faisons du souci. »

Ses empreintes digitales ont été enregistrées dès son arrivée : Wissam ne peut pas aller plus loin, c’est ici que sa demande d’asile va être examinée. La procédure a commencé, mais il s’inquiète des temps d’attente : jusqu’à cinq mois avant d’avoir la réponse, puis six à neuf mois supplémentaires pour obtenir la réunification de sa famille. Or retrouver sa femme et ses enfants est sa priorité. « Ils me manquent. J’ai à peine vu mon bébé. » Les journées paraissent interminables. « On a tendance à s’ennuyer », admet-il. Les effets de l’exil se font sentir. Il commence à douter : « Ma demande sera-t-elle acceptée ? Ça me fait peur d’imaginer un refus. » « Je me sens désormais en sécurité, dit-il. Mais tant que ma famille ne sera pas avec moi, je ne me sentirai pas totalement en paix. »

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Et soudain, le joli petit port de pêche est plein de réfugiés syriens


Dans les sites de photos cartes postales s’intercalent des images de réfugiés. Des plaisanciers et des voisins découvrent des tragédies et certains passent des vacances au geste humanitaire.

Vous venez d’arriver en Grèce pour un court séjour, sur une de ces petites îles prometteuses : criques désertes, collines pelées, ciel bleu… Même hors saison, le paysage est idyllique et si vous êtes courageux, la mer pas trop froide.

Tout frais débarqué du ferry, vous prenez la mesure de cette maison que vous ont prêtée des amis. Le jardin en terrasse sur le chemin de la plage. Les oliviers et la vue imprenable sur la baie. Une bonne provision de bois à brûler parce que, tout de même, on est en hiver.

Soudain, une voix, venue du chemin de la plage, vous demande où se trouve le poste de police le plus proche. Tout un groupe de touristes se tient là, qui se repose.

Mais à mieux y regarder, ils n’ont pas vraiment l’air de touristes : des sacs plastiques comme baluchons, quelques petits sacs à dos, habits du dimanche un peu fatigués, des femmes portant un foulard sur leur cheveux, des enfants…

Des réfugiés sur une plage, à Bodrum (Turkeyfile)

Non. En fait de touristes, ce sont des réfugiés syriens et afghans fraîchement débarqués comme vous, pas du ferry mais sur la plage voisine par leurs passeurs turcs. Vous vous trouvez un peu bête à leur indiquer le village voisin à 7 km, ce qui ne semble pas les effrayer outre mesure.

La scène se passe à Tilos, une île du Dodécanèse à une cinquantaine de kilomètres des côtes turques. Tilos est loin d’être la plus proche de la Turquie mais elle est une des moins protégées. Le seul policier de l’île n’a pas de bateau et les gardes-côtes grecs et turcs sont bien incapables de prémunir le Dodécanèse, un archipel qui s’étire sur des centaines de kilomètres, contre les débarquements.

Depuis l’été dernier, une vague de réfugiés sans précédent essaie de quitter la Turquie, qui abrite plus d’un million de réfugiés syriens dans des conditions précaires. Toutes les îles proches de ses côtes ont vu exploser les arrivées, principalement de Syriens, mélangés avec les filières « traditionnelles » venues d’Afghanistan, d’Iran et d’Irak. Ils débarquent sur les îles de l’est de la Grèce, paradis des touristes et plaisanciers.

Alors, dans les blogs et sites habituellement légers, dédiés aux photos cartes postales s’intercalent comme des images subliminales, celles de réfugiés autrement réservés aux news des journaux. La réalité du monde vient court-circuiter la parenthèse des vacances.

Groupe Facebook

Les groupes Facebook de fans des îles grecques, habituellement dédiés aux photos de chats et de plages désertes, voient aussi se multiplier les posts sur le débarquement des réfugiés ou la mobilisation pour leur accueil, parfois publiés par les réfugiés eux-mêmes.

Blog de James Collins

James Collins, un auteur anglais vivant sur Symi, raconte sur son blog ses dernières vacances à Kos, une île voisine, et la rencontre à son hôtel avec tout un groupe de Syriens débarqués à la nage mais attendant leur ferry pour Athènes, presque comme n’importe quels touristes ordinaires en transit.

Entre deux photos de colonnes et de mosaïques et une note sur le prix des consommations dans un café, s’intercale une photo de groupe avec les réfugiés dans l’entrée de l’hôtel. Le récit de James Collins explique aussi comment ceux qui n’ont pas les moyens de se payer l’hôtel sont hébergés sous une tente sur le port.

Blog de Chris et Sue

Sur le blog de Chris et Sue, un couple de plaisanciers qui parcourent les îles à bord de leur voilier, on découvre la photo vue du large du petit port de l’île d’Agathinisi, à quelques kilomètres seulement des côtes turques. Un groupe de touristes s’apprêtent probablement à embarquer sur un ferry. Mais non, détrompe la légende. Ce sont encore des réfugiés qui se sont invités sur ce blog de vacances.

Entre une église orthodoxe et des flots bleus, le couple a glissé la photo de cette scène qui les a choqués. Les réfugiés sont bien sur le point de prendre le ferry mais pour Athènes, Samos ou Lesbos, lieux des plus proches centres de rétention. Là encore, la réalité s’est invitée dans la carte postale.

Une tragédie sous les yeux

Pour Sofiane Ait Chet et Chris Jones, qui tiennent un blog engagé depuis quelques années sur leur île de Samos, la situation est un peu différente. Ils n’ont pas attendu de voir un naufrage devant la fenêtre de leur bureau pour prendre conscience de la terrible situation des migrants.

Un matin de mai, visiblement choqués, ils décrivent dans un billet la tragédie qui se déroule sous leurs yeux. La situation leur paraît irréelle :

« Depuis notre bureau, nous regardons une mer calme où, en ce moment même, des réfugiés luttent pour leur vie. »

Deux petites embarcations ont sombré à un ou deux kilomètres des côtes de l’île. Un bateau de croisière tourne autour du lieu du naufrage sans s’arrêter. Plus tard, ils apprendront que les réfugiés sont restés plus de trois heures dans l’eau, jamais secourus par ce bateau. Certains d’entre eux se sont noyés avant que la police n’arrive enfin. Depuis, les deux blogueurs multiplient les posts sur les réfugiés, ont dénoncé les conditions d’accueil du centre de détention de l’île et suivi l’occupation de la place Syntagma par les grévistes de la faim en décembre.

L’histoire des Catrambone commence à être connue. Ce couple d’entrepreneurs américains, Regina et Christopher Catrambone, a créé sa propre mission humanitaire après avoir été confronté à des réfugiés en naviguant au large de l’Italie. Ils ont investi plus d’un million d’euros pour leur mission de sauvetage de deux mois mais ont dû la stopper faute de fonds, malgré les appels à contribution. Le couple avait pourtant bien fait les choses en embarquant surleur bateau (Migrant Offshore Aid Station), une équipe médicale, deux drones, des kits de sauvetage et un système de détection.

Héroïsme ordinaire

Mais loin du niveau et des moyens de cet engagement, la rencontre avec les réfugiés donne aussi lieu à de petits actes d’héroïsme ordinaire. C’est le cas de Stephanie Kersaw-Marsh et de son mari Andy, réveillés sur leur bateau par des cris dans la nuit. Ils mouillaient au large d’une côte de l’île de Symi. A la lampe torche, ils découvrent tout un groupe jeté à l’eau par ses passeurs.

« Les passeurs les ont jetés à l’eau à près d’un kilomètre de la côte », a expliqué à la BBC Stephanie. « Lorsque Andy les a récupérés, cela faisait plus d’une heure qu’ils étaient dans l’eau, de part et d’autre de la baie. »

Avec leur canot, ils les aident à rejoindre la côte, alertent les gardes-côtes qui une fois sur place ne peuvent secourir les réfugiés à terre. Leur bateau est trop gros pour accoster. Alors le couple de plaisanciers fait la navette avec son canot pour faire embarquer les réfugiés sur le patrouilleur des gardes. Andy va jusqu’à plonger pour récupérer les sacs d’affaires personnels perdus contenant papiers, argent, médicaments et vêtements pris pour le voyage.

Arrivée d’immigrants dans le port de Chania en Crète, 1er avril 2014 (AFP photo/Stringer)

En effet, comme le note Anne Zouroudi, une auteure anglaise (les îles grecques sont truffées d’auteurs anglais, on l’aura compris), sur son blog « tous ceux qui arrivent à Symi ne viennent pas sur des super-yachts. » Le commentaire est placé sous une photo de l’Eclipse, yacht de luxe de plus de 800 millions d’euros qui mouillait dans le port de Symi. « Malheureusement, un nombre croissant de réfugiés, principalement de Syrie et d’Afghanistan, arrivent chaque semaine », ajoute-t-elle.

C’est ce à quoi à été confrontée Caroline Phillips, journaliste au Times en débarquant sur l’île pour ses vacances.

« Quand nous avons débarqué du ferry. Il y avait ce groupe. Près de 50 personnes recroquevillées sous l’horloge du port, avec des sacs à dos et portant des vêtements un peu sales. Ils n’avaient pas l’air de touristes. »

La réalité a pris le pas

En une semaine, leur nombre augmente à plus de deux cents. « J’ai été touchée par leur détresse », dit-elle à Rue89.

« Il y avait là des jeunes enfants déshydratés au soleil sans possibilité d’accès à une salle de bain ou à de la nourriture. Un vieil homme qui aurait pu facilement être mon père, avec une entaille à la tête, était laissé sans soin. Avec ma fille de 16 ans, nous leur avons acheté des glaces et de l’eau. Quand nous les avons salués, ils ont perdu la réserve qu’ils avaient vis-à-vis des Grecs qui les traitaient comme des animaux. Après cela, ils nous ont emmenées là où on les logeait. Ils dormaient à même le sol de béton, dans un coin un bébé se tenait au milieu des cafards. Il me semblait important de voir cela. »

La journaliste pensait écrire un article sur « les poissons grillés des restaurants, les criques cachées et les cafés en terrasse ». Avec sa fille, elle passe finalement le reste de ses vacances à aider les réfugiés.

« Nous avons simplement établi une relation avec des gens qui dans d’autres circonstances auraient pu être des amis ou de la famille. Il est vrai que c’était assez étrange de laisser tomber la plage et les excursions en bateau pour aider des étrangers. Mais, les cacher pour qu’ils puissent prendre une douche dans notre chambre, leur amener de la nourriture, des médicaments et des vêtements, a été bien plus gratifiant que n’importe quelles vacances que j’ai jamais eues… Je pense souvent à eux et me demande s’ils ont réussi ou s’ils sont toujours coincés à Athènes. Quelle histoire tragique. »

A son retour en Angleterre, c’est l’histoire des réfugiés que Caroline Phillips racontera au Sunday Times plutôt que les criques désertes prouvant que cette année, la réalité a vraiment pris le pas sur la carte postale.

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Les Syriens, premier contingent de réfugiés au monde


Le Monde.fr | 07.01.2015 à 06h25 • Mis à jour le 07.01.2015 à 07h52

Avec plus de 3 millions de personnes ayant fui la guerre, les Syriens représentent le plus important contingent de réfugiés dans le monde, selon le rapport du Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations unies (HCR) publié mercredi 7 janvier.

« En l’absence de perspective de solution politique et de terme à la confrontation armée, le nombre de personnes touchées par le conflit interne en République arabe syrienne va certainement augmenter en 2015. »

Avec plus de 704 000 nouveaux réfugiés enregistrés entre janvier et juin, le chiffre total pourrait même atteindre les 4,27 millions dans les pays voisins pour l’année 2014. Avant l’éclatement du conflit, en 2011, la population du pays se situait autour des 20 millions d’habitants.

LES PALESTINIENS NON COMPTABILISÉS

Derrière la Syrie, dans le classement établi par le HCR, viennent l’Afghanistan (2,7 millions de réfugiés), la Somalie (1,1 million), le Soudan (670 000), le Soudan du Sud (509 000), la République démocratique du Congo (493 000), la Birmanie (480 000) et l’Irak (426 000).

Les Palestiniens, dont le nombre de réfugiés est estimé à 5 millions, ne sont pas comptabilisés. Ils ne dépendent pas du HCR, mais de son organisation sœur, l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).

PLUS DE 50 MILLIONS DANS LE MONDE

En juin dernier, date du dernier rapport annuel de l’organisation, le haut-commissaire de l’ONU pour les réfugiés Antonio Guterres avait annoncé que le nombre recensé sur l’ensemble de la planète avait dépassé la barre des 50 millions pour la première fois depuis 1945.

« Tant que la communauté internationale ne parvient pas à trouver de solutions politiques aux conflits existants et à prévenir le déclenchement de nouveaux conflits, nous continuerons à devoir gérer les conséquences humanitaires dramatiques. »

Les pays voisins de la Syrie ont accueilli le plus de réfugiés, à l’instar de la Turquie où leur nombre s’élève à près de 800 000 selon le HCR, mais de plus en plus de réfugiés tentent dorénavant de traverser la Méditerranée.

En savoir plus

La guerre en Syrie

 

Le quotidien d’un camp de réfugiés syriens raconté sur Twitter


Le camp de réfugiés de Zaatari, en Jordanie, accueille 81 000 exilés syriens. C’est le premier à être présent sur les réseaux sociaux, depuis le mois d’octobre 2013.

Du fait de son ampleur, le camp de Zaatari était considéré, en juillet 2013, comme la cinquième « ville » la plus importante de Jordanie par sa population. On y recense onze naissances quotidiennes.

Nasreddine Touaibia, travailleur des Nations unies dans le camp de Zaatari, se charge de publier régulièrement des photos qui illustrent le quotidien des réfugiés sur Twitter. C’est un moyen de rappeler aux internautes la gravité de la situation, explique-t-il à i100.

« Le camp n’est que la partie émergée de l’iceberg. […] Nous avons besoin de rappeler aux gens la tragédie qui se déroule actuellement en Syrie, parce qu’ils ont tendance à penser que la situation se calme et redevient normale. Mais le conflit est toujours là et les réfugiés sont encore en exil. »

Grâce aux photos du camp diffusées sur Twitter, il est possible de visualiser la vie des réfugiés, et rendre leur situation plus concrète dans l’esprit des gens. « L’objectif de notre compte Twitter est de montrer la vie des réfugiés », explique M. Touaibia, qui diffuse par exemple des photos du laboratoire et du restaurant qui font partie du quotidien des réfugiés.

 

Sur le plan économique, le camp compte plus de 3 000 commerces. En outre, 90 % de la population a un accès au réseau électrique, ce qui permet aux habitants de communiquer avec l’extérieur.

 

 

 

Le camp compte onze écoles, où sont scolarisés entre 18 000 et 22 000 enfants. 57 % de la population a moins de 18 ans, et plusieurs loisirs sont mis en place pour animer leur quotidien. « Zaatari est un camp unique pour plusieurs raisons », assure Nasreddine Touaibia, qui publie plusieurs photos illustrant la diversité des activités culturelles proposées aux réfugiés syriens.

 

 

 

Syrie : l’exode des réfugiés touche neuf millions de personnes


vendredi 14 mars 2014, par La Rédaction

Trois ans de guerre en Syrie ont contraint plus de neuf millions de personnes à la fuite et cet exode a donné naissance à la plus large population de personnes déplacées au monde, selon l’ONU.
« Il est inacceptable qu’une catastrophe humanitaire de cette ampleur puisse avoir lieu sous nos yeux sans la moindre indication d’un quelconque progrès pour arrêter ce bain de sang », a affirmé le patron du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) Antonio Guterres.
Plus de 2,5 millions de Syriens sont actuellement enregistrés, ou en attente d’inscription, sur les listes de réfugiés dans les pays voisins, une population en passe de dépasser celle des Afghans comme plus large population réfugiée au monde.
Par ailleurs, plus de 6,5 millions de personnes ont quitté leurs foyers et vivent aujourd’hui en Syrie en tant que personnes déplacées.
Au total, plus de 40% de la population du pays a maintenant fui, selon le HCR qui estime qu’au moins le moitié d’entre eux sont des enfants.
« Aucun effort ne doit être ménagé pour atteindre la paix. Et aucun effort ne doit être ménagé pour atténuer les souffrances du peuple innocent pris au piège du conflit et obligé d’abandonner ses foyers, communautés, emplois et écoles », a ajouté M. Guterres dans un communiqué.
Le conflit, qui a débuté par une violente répression gouvernementale de manifestations en mars 2011, aurait fait près de 140.000 morts.
Les retombées du conflit ont également eu des effets dévastateurs dans la région.
Au Liban, le nombre de réfugiés approche le million et pourrait atteindre 1,6 million d’ici la fin de l’année.
« Le Liban est déjà le pays qui, dans l’histoire moderne, compte le nombre le plus important de réfugiés par tête d’habitant », selon le HCR qui estime que le nombre de réfugiés approche les 20% de la population.
Ceci correspondrait à 19 millions de réfugiés en Allemagne ou plus de 73 millions aux Etats-Unis, selon le HCR.
Quelque 584.000 réfugiés syriens sont également arrivés en Jordanie, 634.000 en Turquie, et 226.000 en Irak, selon l’ONU.
« Imaginez les conséquences économiques et sociales dévastatrices d’une telle crise sur le Liban ou d’autres pays de la région », a enjoint M. Guterres qui appelle à un soutien international plus conséquent pour les réfugiés.
Hors Turquie, à peine 4% des Syriens ont trouvé refuge en Europe, selon M. Guterres qui a toutefois lancé un cri d’alarme face aux risques de plus en plus grand pris par les réfugiés pour tenter de passer illégalement en Europe.
« Quel est ce monde où des Syriens fuyant un conflit sanglant doivent risquer leur vie pour trouver la sécurité et, ayant finalement réussi, sont reconduits aux frontières », s’est insurgé le patron du HCR.
L’agence onusienne a appelé l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie-Pacifique à accueillir au moins 30.000 réfugiés syriens cette année, et 100.000 de plus en 2015 et 2016.

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Les Syriens vont devenir les réfugiés les plus nombreux (HCR)


Les Syriens « sont en passe de devenir les réfugiés les plus nombreux dans le monde, dépassant les Afghans », a souligné mardi le Haut-commissaire de l’ONU aux réfugiés Antonio Guterres.
S’adressant par vidéo-conférence à l’Assemblée générale de l’ONU, M. Guterres a lancé un nouvel appel à « un fort soutien international » pour les quelque 2,5 millions de réfugiés syriens et en faveur des pays voisins de la Syrie (Liban, Jordanie, Irak, Turquie, Egypte) qui les accueillent en très grand nombre. Il a appelé les autres pays à prendre leur part de cet « énorme fardeau ».
En proportion de sa population, a-t-il expliqué, si la France voulait accueillir autant de réfugiés syriens que le Liban, elle devrait en prendre en charge sur son sol 15 millions, et la Russie 32 millions et les Etats-Unis 71 millions.

Le chômage au Liban pourrait doubler d’ici la fin de l’année et la crise syrienne coûter au pays 7,5 milliards de dollars au total, a prédit M. Guterres, citant une étude de la Banque mondiale.
La Turquie, a-t-il précisé, a déjà dépensé 2,5 milliards de dollars pour aider les réfugiés syriens et elle en a accueilli dix fois plus que tous les pays de l’Union européenne réunis. Quant à la Jordanie, l’afflux massif de Syriens lui a coûté jusqu’à présent 1,7 milliard de dollars.
Selon le Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), plus de cinq millions d’Afghans ont fui la guerre et la pauvreté au cours des trente dernières années, pour se réfugier principalement au Pakistan et en Iran, et il reste environ 2,55 millions de réfugiés afghans.
En 2013, le HCR avait indiqué avoir besoin de 30.000 places pour réinstaller des réfugiés syriens. Au final, 18.800 réfugiés syriens ont pu être réinstallés dans 20 pays, l’Allemagne en accueillant plus de 10.000.
Le conflit en Syrie qui va entrer dans sa quatrième année a fait plus de 140.000 morts et déplacé des millions de personnes.
Près de 2,5 millions de Syriens, dont 1,2 million d’enfants, se sont exilés, principalement dans les pays voisins: 935.000 au Liban, 574.000 en Jordanie, 613.000 en Turquie, 223.000 en Irak et 134.000 en Egypte, selon le HCR.
« Les voisins de la Syrie font d’énormes sacrifices pour protéger ceux qui fuient, contribuant ainsi de manière fondamentale à la stabilité régionale et mondiale », a conclu M. Guterres. Pour les autres pays, aider les réfugiés syriens « n’est pas une question de générosité, c’est dans leur propre intérêt au moment où le monde assiste à la désintégration sanglante de la Syrie ».

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