Le paradoxe de la philosophie israélienne de la « victoire totale »


Mis à jour 1 juillet 2025

Aujourd’hui, avec la poursuite de la « victoire totale », Israël est passé de l’endiguement à la destruction du tissu politique et social existant de Gaza – et, si possible, comme certains responsables l’ont déclaré ouvertement, en allant en même temps vers l’oblitération de la viabilité du territoire.

Le paradoxe de la philosophie israélienne de la « victoire totale ». Photographie de MEE montrant les importants dégâts provoqués en Israël par les frappes de représailles iraniennes après qu'Israël a attaqué Téhéran et d'autres villes, tuant ainsi des dizaines d'Iraniens. (Photo de MEE publiée le 14 juin 2025)

Photographie de MEE montrant les importants dégâts provoqués en Israël par les frappes de représailles iraniennes après qu’Israël a attaqué Téhéran et d’autres villes, tuant ainsi des dizaines d’Iraniens. (Photo de MEE publiée le 14 juin 2025)

Rima Najjar, 28 juin 2025

Puisque ni Israël ni les EU n’ont de vision politique finale comportant une voie vers l’autodétermination ou les droits palestiniens, la libération de la Palestine dépend dès lors du point de rupture d’Israël sous la contrainte prolongée exercée par l’Iran, ses alliés (le Hezbollah, le Hamas, les Houthis) et la résistance palestinienne.

La résilience d’Israël peut être formidable, mais elle n’est pas infinie. Le coût de la poursuite d’une stratégie maximaliste qui ne propose aucun horizon politique – pas de plan pour les droits palestiniens, pas de vision de coexistence, pas d’autre objectif final que la domination militaire – dépassera bientôt le courage politique requis de la part d’Israël pour faire quelque chose de vraiment transformationnel.

Reconnaître les aspirations nationales palestiniennes, s’engager dans la diplomatie et accepter que la sécurité ne puisse être bâtie sur l’oblitération n’est pas un simple impératif moral, pour Israël – ce pourrait être d’ici peu une nécessité stratégique.

La guerre a déjà déclenché un retour de flamme régional avec l’Iran (incluant des échanges de missiles et l’implication des EU), une escalade avec le Hezbollah dans le nord et une résistance armée accrue en Cisjordanie ainsi que des attaques de la part du Yémen. Les ennemis d’Israël n’ont pas été brisés au-delà de toute possibilité de guérison et il semble que ce ne sera jamais le cas. Comme l’a dit un analyste :

« Israël n’a pas de véritable théorie de la victoire et l’Iran n’a pas été vaincu – seulement blessé et rendu furieux. »

Pas plus que ne l’ont été le Hamas, le Hezbollah et les Houthis.

Israël présume que seule la destruction complète ou la reddition sans condition d’un ennemi (étatique ou non étatique) pourra garantir sa sécurité à long terme. C’est un pari très risqué, parce qu’il échange une domination militaire à court terme contre une incertitude stratégique et une instabilité à long terme et, quoi qu’il en soit, il est irréalisable.

En poursuivant cette stratégie, Israël peut gagner des batailles, mais il perdra certainement la paix, s’aliénera ses alliés et déclenchera une guerre plus étendue. Un succès militaire sans résolution politique ne peut qu’engendrer un nouveau cycle de guerre.

L’Histoire nous montre que les victoires militaires absolues sur des forces insurgées ou mandataires sont extrêmement rares, même pour des superpuissances, parce que des combattants non étatiques n’ont pas besoin de « gagner » conventionnellement ; il leur faut simplement survivre et surpasser leur adversaire.

Voici quelques exemples :

La guerre du Vietnam (1955–1975) | EU (+ alliés) | Viet Cong et N. Vietnam | Retrait américain, victoire communiste | Guérilleros mêlés à la population, perte du soutien public pour les EU.

La guerre soviéto-afghane (1979–1989) | URSS | Moudjahidines | Retrait soviétique, plus tard reprise par les Talibans | Les insurgés bénéficiaient du soutien étranger (EU, Pakistan) et avaient l’avantage du terrain.

Les EU en Irak (2003–2011) | EU | Al-Qaeda/milices chiites | L’insurrection s’est maintenue, l’EI est apparu plus tard | L’occupation a alimenté la résistance ; pas de solution politique stable.

Israël-Hezbollah (2006) | Israël | Hezbollah | Impasse, le Hezbollah a gagné en force | Le Hezbollah s’est implanté parmi sa population qui le soutenait et s’est reconstruit avec l’aide de l’Iran.

Quant aux guerres entre États, elles peuvent se terminer par une « victoire totale », mais seulement à certaines conditions, comme l’occupation et le changement de régime (par exemple, la Seconde Guerre mondiale) ou l’effondrement total de l’ennemi (c’est-à-dire, pas de commanditaire externe).

Les fois où Israël s’est approché le plus près de la « victoire totale », ç’a été en 1967, quand il a gagné du territoire de façon décisive, et lors de sa guerre contre le Liban, en 1982. Dans ces deux scénarios, la résistance palestinienne s’est regroupée et l’expulsion de l’OLP du Liban a été le catalyseur qui a mené à la montée du Hezbollah. L’Iran n’est pas l’Irak de 2003 ; il bénéficie du soutien de la Russie et de la Chine, il nourrit des ambitions nucléaires et il est allié à plusieurs mouvements de résistance, ce qui rend impossible un changement de régime.

Israël ne peut engranger une « victoire totale » contre le Hamas à Gaza, sauf s’il réoccupe Gaza indéfiniment et, même dans ce cas, l’idéologie de la libération qui est celle du Hamas resterait enracinée, comme elle l’est depuis des décennies (la Nakba est une blessure perpétuelle, pour les Palestiniens). Une victoire militaire pour Israël ne pourrait se dégager qu’au prix d’une instabilité à long terme, d’une radicalisation et d’une condamnation internationale.

Ainsi donc, du fait qu’Israël n’a manifestement aucune finalité politique en vue pour la région, quid dans ce cas des États-Unis ?

Les accords d’Abraham de Trump ont politiquement mis de côté la question palestinienne, qui était le cœur du problème. Les accords normalisaient les relations entre Israël et plusieurs États arabes (EAU, Bahreïn, Maroc et Soudan) sans exiger de progrès sur la voie de la création d’un État palestinien. C’était une rupture avec le consensus de longue date de la Ligue arabe selon lequel la normalisation devait succéder à une résolution du conflit israélo-palestinien.

À l’origine, l’administration Trump présentait les accords comme faisant partie d’un plan plus large « De la paix à la prospérité », promettant des milliards en investissement dans les infrastructures et le développement palestiniens, mais la majeure partie de ces fonds ne se sont jamais matérialisés. Les Palestiniens ont rejeté le plan en tant que corruption économique sans droits politiques. Et, bien sûr, depuis, à Gaza, Israël a oblitéré les moindres gains économiques, avec la ruine des infrastructures et les restrictions draconiennes de l’aide.

Le plan de Trump pour Gaza implique la mise à l’écart du Hamas, l’installation d’une administration multinationale arabe et l’encouragement de l’émigration volontaire – le déplacement sous un autre nom. Il n’y a pas de feuille de route claire pour l’autodétermination palestinienne. Trump a proposé un vague soutien à la chose en tant qu’« aspiration à long terme », mais uniquement si l’Autorité palestinienne se prêtait à des réformes radicales, autrement dit, si elle acceptait des « colonies » juives qui avaient déjà dévoré la majeure partie du territoire de la Cisjordanie et si elle rejetait la volonté politique des Palestiniens.

En donnant la priorité à la normalisation avec les États arabes et en mettant de côté les revendications palestiniennes, la stratégie de Trump peut réduire les tensions entre États – mais elle a enraciné le conflit central. Comme le disait un analyste : « Vous ne pouvez bâtir la paix sur base d’une exclusion. » L’approche de Trump cimente le statu quo via lequel on gère les Palestiniens, mais sans les responsabiliser.

Et c’est là le cœur du paradoxe — et la tragédie.

Dans sa « gestion » du conflit jusqu’au 7 octobre, Israël maintenait en place un certain statu quo : il jugulait le Hamas (ou croyait le faire), il limitait la souveraineté palestinienne et évitait les négociations portant sur le statut final. Cette approche était coûteuse, mais prévisible.

Aujourd’hui, avec la poursuite de la « victoire totale », Israël est passé de l’endiguement à la destruction du tissu politique et social existant de Gaza – et, si possible, comme certains responsables l’ont déclaré ouvertement, en allant en même temps vers l’oblitération de la viabilité du territoire.

Cette escalade accroît considérablement les enjeux :

• Le coût humanitaire est ahurissant : les infrastructures de Gaza sont en ruine, la famine s’est généralisée et plus de 80 % de la population a été déplacée à plusieurs reprises. La destruction n’est pas accidentelle, elle est systémique.

• Le coût politique grimpe : la position mondiale d’Israël se détériore. Même ses alliés remettent en question sa stratégie à long terme. La CPI enquête sur ses crimes de guerre potentiels. Les EU sont sous pression afin de recalibrer leur soutien.

• Le coût stratégique s’aggrave : En détruisant non seulement le Hamas mais aussi les conditions de vie et de gouvernance des Palestiniens, Israël crée un vide qui entretient une radicalisation plus profonde, mais certainement pas la paix.

La position internationale d’Israël s’érode : les résolutions de l’ONU ont condamné ses actions, les procédures juridiques contre les responsables israéliens s’accélèrent partout dans le monde et même les alliés traditionnels d’Israël remettent en question la proportionnalité et la légalité de la campagne israélienne.

La guerre d’Israël contre la Palestine, le Liban et l’Iran est désormais la plus longue de son histoire, avec des pertes quotidiennes en vies humaines et un déplacement très répandu à l’intérieur même d’Israël. Plus elle s’éternise, plus elle met à rude épreuve le moral de la population, la préparation et l’enthousiasme de l’armée et la résilience économique.

Quand l’injustice se produit en temps réel, les discours abstraits sur les cadres et les feuilles de route peuvent sembler creux, comme une trahison de l’urgence qui se déroule sous nos yeux. Être témoin d’un génocide n’est pas seulement une expérience émotionnellement bouleversante, c’est moralement désorientant. Cela peut faire en sorte que toute discussion sur la stratégie à long terme semblera éloignée de la tragédie de la vérité viscérale sur le terrain. Mais, en donnant un sens aux événements, il est impératif, non seulement d’articuler l’indicible, mais aussi de chercher quelque lumière, même diffuse, à l’extrémité des tunnels de Gaza.

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Rima Najjar

Rima Najjar est une Palestinienne dont la branche paternelle de la famille provient du village dépeuplé de force de Lifta, dans la périphérie occidentale de Jérusalem et dont la branche maternelle de la famille est originaire d’Ijzim, au sud de Haïfa. C’est une activiste, une chercheuse et une professeure retraitée de littérature anglaise, à l’Université Al-Quds, en Cisjordanie occupée.

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Publié le 28 juin 2025 sur le blog de Rima Hassan
Traduction : Jean-Marie Flémal,  Charleroi pour la Palestine

Lisez également cet article de Rima Najjar : La Palestine et l’Iran peuvent être durement touchés et continuer d’aller de l’avant.

Saskia De Coster : « Si manifester contre le génocide à Gaza ne sert à rien, il ne reste plus que la désobéissance civile »


Nos hommes politiques étouffent Gaza, écrit Saskia De Coster. Comment les secouer ? Il est temps de briser les règles du jeu.

Saskia De Coster Schrijfster.

27 juin 2025 23:59

Manifestation devant le parlement de l’UEI à Bruxelles, le 21 mai.  © Getty

OpinieOorlog in Gaza

« Pouvons-nous nous reposer un instant ? », écrit le poète palestinien Abu Toha, avant de poursuivre : « Peut-être mourir / pendant quelques mois ou quelques années / et nous réveiller lorsque le poème sera terminé. » Ou lorsque la guerre sera terminée. Nous, Européens, pouvons nous reposer. Détourner le regard. Ou crier dans l’espoir que quelque chose bouge. C’est ce que nous avons fait il y a deux dimanches avec 110 000 citoyens à Bruxelles. Nous avons manifesté contre la violence génocidaire perpétrée par Israël. Mais combien de lignes rouges peut-on tracer, combien de foulards peut-on vendre, combien d’algorithmes peut-on faire planter ? Que pouvons-nous encore faire ?

Tout est politique, sauf la politique elle-même. Celle-ci menace de plus en plus de devenir une institution vide de sens. Nous avons une présidente non élue de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui soutient fermement l’État d’Israël. Sans mandat, au nom de l’Europe, en notre nom. Plus de la moitié des 13 milliards d’euros d’exportations israéliennes issues du commerce des armes ont été payés par et pour des pays européens. Pour et par nous.

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L’Union européenne abandonne Gaza. La Belgique aussi ? (en NL)

Après une semaine de discussions sur les sanctions en Europe, la chef de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, entame un dialogue avec Israël. Un voile sur la dure réalité : l’Europe laisse Gaza suffoquer. L’Espagne et la Slovénie, elles, prennent position. La classe politique belge reste tiède, même si cela ne reflète pas le sentiment qui anime les citoyens : plus de 73 % des Belges, soit une large majorité, sont non seulement indignés par les violences excessives, mais souhaitent également un cessez-le-feu immédiat.

Entre-temps, Israël a prouvé sa suprématie militaire au Moyen-Orient. Pourtant, Mia Doornaert (DS, 26 juin) donne une tournure perverse à la situation en mettant l’accent sur la destruction de l’État d’Israël, pour ensuite le présenter comme un bouc émissaire, une victime innocente. Les protestations qui s’élèvent dans le monde entier ne portent pas sur le prétendu droit de légitime défense d’Israël, mais sur le respect du droit humanitaire. Nous ne devons pas oublier la perspective historique, mais nous ne devons pas non plus l’utiliser pour défendre l’humanité et la moralité fondamentales.

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Certains Européens espèrent-ils secrètement la destruction d’Israël ?

C’est à nous

Civil disobedience est le titre du livre écrit par Henri Thoreau en 1866. En tant que simple citoyen – il n’était pas encore célèbre à l’époque –, il a refusé de payer ses impôts à un régime qui autorisait l’esclavage et menait une guerre contre le Mexique. Il a été arrêté et emprisonné. C’était sa manière d’exercer une influence directe, sans violence et sans intérêt personnel. De la désobéissance civile.

C’est à nous de jouer. Nous avons voté et choisi des personnes pour nous représenter. Ce gouvernement ne respecte pas les règles d’une démocratie représentative. Et nous manifestons docilement et écrivons notre indignation à la craie sur nos trottoirs.

C’est à nous d’enfreindre les règles du jeu. Nous avons crié haut et fort, mais les décideurs politiques inertes ne nous ont pas entendus. Nous avons besoin d’actions. Cela peut se faire de nombreuses façons. Agir en n’agissant pas. En ne suivant plus le mouvement. Une réponse véritablement proportionnelle et démocratique consiste à priver l’État de sa principale source de revenus : nous pouvons refuser de payer nos impôts. Si tout le monde le faisait, nous aurions atteint notre but. Le gouvernement modifierait immédiatement sa politique. Dans un tel cas, ce sont surtout les gros portefeuilles qui font la différence, mais même la gauche ne parvient pas à faire adopter l’impôt sur la fortune.

50 000 cadavres temporaires

Il existe d’autres moyens plus directs de nous représenter. Même si seules les 110 000 personnes qui ont manifesté participent, nous obtiendrons à coup sûr un changement. Via l’aéroport de Zaventem, la Belgique, pays de transit, exporte des armes et assure d’autres transports militaires. Occuper la route d’accès à l’aéroport avec une chaîne humaine rend cela impossible. Le secteur bancaire et tant d’autres entreprises soutiennent également la guerre d’Israël contre Gaza. Occuper des agences bancaires comme celle de BNP Paribas à Bruxelles perturbe la tranquillité et l’inertie qui règnent ici. Si la moitié des manifestants s’allongent sur la Grand-Place de Bruxelles lors d’un « die-in », formant plus de cinquante mille cadavres temporaires, le tourisme ne pourra plus y échapper.

Au moment où j’écris ces lignes, Israël ferme à nouveau des centres d’aide qui étaient déjà devenus des centres d’extermination. Bruxelles abrite également le siège de la Commission européenne, le bâtiment Berlaymont. Un sit-in à cet endroit empêche que les affaires continuent comme si de rien n’était. En même temps, inonder les fonctionnaires européens de protestations numériques devrait provoquer une réaction.

Naïf ? Utopique ? Sur mon écran, un enfant en bas âge, qui a perdu ses parents d’un seul coup, regarde en état de choc les ruines de sa chambre. Nous pouvons choisir de nous réveiller lorsque tout sera terminé et que Netanyahu se tiendra devant la Cour pénale internationale. Ou nous pouvons choisir de faire passer notre conscience avant une politique défaillante. Time’s up.

Lire aussi : Que doivent penser mes élèves de l’attitude lâche de nos hommes politiques ?

Source : De Standaard

Traduction : Deepl

Honneur à Londres aux mamans courage de Belgique


Nadine Rosa-Rosso

Par l’intermédiaire de Nadia Fadil, que je remercie ici, j’ai été invitée à livrer mon témoignage lors d’un séminaire de deux jours à Londres, consacré aux droits de l’homme dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et de sa prévention par les campagnes de déradicalisation. Ce séminaire était organisé par Rights Watch (UK), avec le soutien de Chatham House. Mon intervention devait se situer dans la partie du colloque consacrée au gendre. Suite à cette intervention, que je vous livre ici dans son intégralité, des participants ont manifesté leur souhait d’éditer les deux livres en anglais.

Je tiens à vous remercier pour cette invitation qui me donne l’occasion de témoigner du courage extraordinaire d’un groupe de femmes belges. Comme je l’ai dit aux organisateurs, je ne suis pas spécialiste du genre mais j’ai eu l’immense chance de rencontrer des femmes très spéciales, qui ont affronté les pires difficultés de notre temps, la lutte contre le terrorisme.

Elles ont fait face à des situations terribles parce qu’elles sont mères. L’amour de leur enfant leur a donné la force d’affronter la discrimination, la violence policière, la haine médiatique, l’isolement, la suspicion, les lois antiterroristes et la justice.

En avril 2013, un professeur me téléphone. Elle est en larmes parce qu’un de ses élèves, âgé de 15 ans, n’est pas retourné à l’école après les vacances de Pâques. Il est parti pour la Syrie, avec un ami âgé de 16 ans. Leurs deux mamans cherchent de l’aide et cette enseignante nous met en contact…

Cinq années de combats ininterrompus

Ce fut le début d’une longue lutte, rejointe par de nombreuses mamans. Une longue lutte contre les autorités, l’opinion publique, la justice, les médias …

J’ai été tellement impressionnée par la force de leurs mots et j’ai tellement appris sur la réalité de ces familles que j’ai suggéré aux mamans d’organiser un atelier d’écriture.

Les mamans étaient étonnées, elles ne croyaient pas pouvoir écrire un livre mais, en même temps, elles étaient enthousiastes et, surtout, fermement décidées à défendre leur enfant, leurs enfants.

Je n’avais absolument aucune idée sur la façon de faire. Lors de la première rencontre, j’ai tout de suite compris qu’il était totalement impossible de demander aux femmes d’écrire, là, dans l’environnement immédiat du groupe.

Elles avaient terriblement besoin de parler. Elles avaient besoin de pleurer, de rire, de manger toutes sortes de pâtisseries, de se préparer un bon repas et de le partager. Elles avaient besoin de se poser mutuellement des questions, de comprendre et d’être comprises.

J’ai décidé de prendre quelques notes, d’écrire certains de leurs mots. Après la réunion, j’ai tapé mes notes et je les ai renvoyées à chaque mère individuellement, pour lui restituer ce qu’elle avait dit dans le feu de la conversation.

À chacune séparément, parce qu’elles ont immédiatement décidé, d’un commun accord et spontanément, de ne pas partager leur travail tant que leur livre ne serait pas complètement terminé et publié.

Pourquoi? Je suppose qu’elles étaient trop timides, trop incertaines de leur propre capacité à écrire. Six des mamans ont commencé à écrire. À chaque réunion avec tout le groupe, certaines me donnaient quelques feuillets, arrachés d’un cahier d’écolier. Tout était écrit à la main.

J’ai commencé à taper le premier livre, le livre de Samira. Je n’ai fait aucun commentaire sur son travail, je n’ai donné aucun conseil, j’ai juste tapé et corrigé des fautes d’orthographe. Et je lui ai juste dit : « Continue, c’est tellement beau, tu fais un superbe travail pour ta fille ».  « Vraiment ? – Oui, Samira, vraiment, c’est vraiment magnifique ».

Et ce l’était. Et je savais que la moindre critique aurait pu l’arrêter car, de l’école primaire à la vie active, les travailleurs sont déclarés incapables d’écrire. Écrire des livres, c’est quelque chose pour l’élite…

Dès le début de notre atelier, j’ai expliqué aux femmes que nous n’avions qu’une très petite maison d’édition ; elles devraient financer les frais d’impression et vendre le livre dans leurs propres réseaux pour récupérer l’argent. J’ai souligné le fait qu’il est très difficile de vendre des livres si vous n’avez pas le soutien d’une grande maison d’édition. Mais, d’un autre côté, au moins, vous avez la liberté de dire ce que vous voulez vraiment dire et de décider comment l’exprimer.

la suite ici

27 Décembre 2015 à Bruxelles  » GAZA, ON N’OUBLIE PAS ! / / GAZA, NOOIT VERGETEN ! « 


Bruxelles

Dimanche 27 Décembre 2015 à 13h00

Avenue de Stalingrad au niveau du Mégaphone Géant ( Gare du Midi )

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Sept ans après l’agression militaire israélienne:

Actions de commémoration et de soutien

GAZA, ON N’OUBLIE PAS !

Il y a sept ans, Israël a déclenché son assaut meurtrier contre la bande de Gaza alors même qu’il l’occupait et lui imposait son blocus. Plus de 1.400 Palestiniens, la plupart des civils, ont été tués.

De nombreuses organisations des droits de l’homme aussi bien qu’une mission spéciale des Nations Unies, dirigée par le juge sud-africain Richard Goldstone, ont accusé Israël d’avoir commis des crimes de guerre. Ces attaques ont provoqué des manifestations tout autour du monde en solidarité avec les Palestiniens gazaouis.

Sept ans après cette agression militaire dévastatrice, la perpétuation de ce blocus illégal constitue une punition collective de la population et sape la crédibilité du droit international humanitaire.

Dans le cadre d’une action citoyenne et pacifique, nous organisons une marche symbolique et une veillée de commémoration à Bruxelles, pour :

• La fin du blocus de Gaza
• La démolition du Mur de l’apartheid
• La fin de l’occupation israélienne illégale de toute la Palestine!
• Le droit de retourner en Palestine pour tous les Palestiniens!
• Le soutien à la résistance du peuple palestinien
• La libération de tous les prisonniers palestiniens
• Le soutien à la campagne « Boycott Désinvestissement et Sanctions »

Dimanche 27 décembre 2015 à 13h00 Avenue de Stalingrad

https://www.facebook.com/events/1503185506649515/permalink/1504073216560744/

Premiers signataires : Mouvement Citoyen Palestine, Le Comité Verviers Palestine, ESG asbl, Fewla, Bruxelles Panthères, Comité des parents contre les violences policières à Molenbeek, Nouvelle voie anticoloniale, Ligue Communiste des Travailleurs  (LCT),  Jeunes Organisés et Combatifs  (JOC), . . .

 

Zeven jaar na deze verwoestende militaire agressie duurt de illegale blokkade van Gaza voort. Ze betekent een collectieve bestraffing van het volk. Ze doet elke geloofwaardigheid van het internationaal humanitair recht teniet.

In het kader van een vreedzame en civiele actie, organiseren we een symbolische mars en een herinneringswake in Brussel voor :

– Het stopzetten van de blokkade van Gaza

– Het slopen van de muur van de Apartheid

– Het einde van de illegale, Israëlische bezetting van heel Palestina

– Het recht op terugkeer naar Palestina voor alle Palestijnse vluchtelingen

– Steun aan de weerstand van het Palestijnse volk

– De vrijlating van alle Palestijnse gevangenen

– Steun aan de campagne BDS, « Boycot, desinvestering en sancties. »

op zondag 27 december 2015 13h00 Avenue de Stalingrad

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