Quel bonheur d’être un Belge à peau blanche!


 

Premier texte d’une série par Rudi Barnet

Déjà rien que son nom… Mouloud!
Je l’ai appelé Mouloud, mais peut-être que c’était Mourad ou Fela ou Mehdi?
Quoi qu’il en soit, quand il a vu sa mère se faire violer puis étriper par un bataillon de brutes venues de Khartoum, Mouloud il a pas supporté.
C’est le général Omar, le grand chef du Soudan, qui avait organisé cette petite fiesta.
Un perfectionniste, Omar!
Il estimait que les 300.000 macchabées du Darfour c’était pas suffisant.
Alors, il a envoyé ses commandos faire quelques cartons, histoire d’améliorer son score.
Mouloud, lui, il a attendu que les assassins se taillent de son village, il a enterré sa mère et pris ses cliques et ses claques… Droit vers le nord!
Sac en bandoulière, il a marché des centaines de kilomètres à travers le désert pour arriver à Tripoli. Là, il est monté sur un grand canot gonflable, direction Lampedusa. Heureusement qu’il savait nager sinon il y serait resté comme un tas d’autres qui sont allé nourrir les requins.
Après, il s’est retrouvé à Ponte Galeria, près de Rome, dans une de ces prisons que les Européens appellent « centre de rétention »… Ça non plus il a pas supporté. Il s’est évadé, a traversé les Alpes, fait du stop/camion clandestin et a fini par débarquer dans la capitale de l’Europe.
Heureux qu’il était! Quelques kilomètres encore et il arriverait à Manchester chez son oncle Kasim.
C’était sans compter sur Théo!
Ah! Théo! Le grand défenseur de la blancheur de notre plat pays.
Heureusement qu’il est là pour défendre les honnêtes citoyens contre tous ces droitsdelhommistes qui veulent qu’on respecte la convention de Genève et qu’on applique ces soi-disant obligations sur l’accueil des réfugiés.
La loi, c’est Théo qui décide comment il faut l’appliquer!
Alors… Ouste! Buiten!
En plus, il est futé Théo… il a appelé Omar! Et Omar a envoyé quelques-uns de ses spécialistes pour identifier ces Soudanais qui lui avaient échappé et qui risquaient de nous polluer.
Ça n’a pas traîné! Ils ont immédiatement fait l’inspection du parc Maximilien où ces enquiquineurs de bénévoles faisaient ce qu’ils pouvaient pour nourrir et soigner ces basanés.
Les hommes d’Omar en ont repéré quarante-trois et, sans perdre de temps, Théo en a tout de suite livré deux à la milice d’Omar qui repartait à Khartoum.
Il était content, Théo. Déjà deux nègres de moins!
Pour les autres, c’est devenu plus compliqué quand un juge de Liège – de quoi il se mêle celui-là – a osé décréter qu’il fallait « respecter le droit international »… et a interdit l’expulsion des Soudanais.
Théo n’en croyait pas ses oreilles.
Scandalisé! Il était scandalisé not ministre de l’expulsion!
Et ça n’a pas traîné! Il a tout de suite cherché un autre juge qui serait d’accord avec lui.
Mouloud, lui, il avait reconnu les sbires d’Omar – la même tête que ceux qui sont venus dans mon village, il a dit – et n’a pas demandé son reste.
Depuis, on n’a plus de nouvelles.

 

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MEMENTO pour la PALESTINE (2) par Rudi Barnet


suite de la première partie

« Les Palestiniens sont des bêtes qui marchent sur deux pattes »

mercredi 5 décembre 2012 – 06h:51

Rudi Barnet

A peine des hommes, je vous dis !

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Ismaïl Haniyeh, Premier ministre de Gaza, accompagné de Rafik Abdessalem, Ministre tunisien des affaires étrangères, s’est rendu à l’hôpital Shifa au plus fort des bombardements israéliens. Qui sont les civilisés ? Ceux qui tuent des enfants palestiniens, sans une once de regret ? Ou ceux qui résistent depuis des dizaines d’années à toutes les tentatives de les faire disparaître ?

Quand, en 1982, Menahem Begin[2] prononça ces fortes paroles à la Knesset, ses collègues députés applaudirent chaleureusement la clairvoyance de son jugement.
Il n’était pas, loin de là, le premier à afficher ainsi son mépris pour les êtres humains originaires du pays conquis.
Il y avait déjà une bonne cinquantaine d’années que les leaders sionistes considéraient les Palestiniens comme des sous-hommes :

Chaim Weizmann[3] , premier président d’Israël, n’avait pas hésité, par exemple, à déclarer « Les Britanniques nous ont dit qu’il y a là quelques centaines de milliers de nègres et qu’ils n’ont aucune valeur »[4]
Yizhak Shamir[5] , premier ministre, proclamait également sa haute considération de l’être humain : « Les Palestiniens seront écrasés comme des sauterelles… leurs têtes éclatées contre les rochers et les murs. »[6]
De son côté, Ehud Barak prévenait déjà, il y a plus de dix ans, la population israélienne que « Les Palestiniens sont comme les crocodiles, plus vous leur donnez de viande, plus ils en veulent » (Jerusalem Post du 30/8/2000)[7]
Le grand rabbin Yossef Ovadia y va aussi de son exhortation (12/4/2001) : « Puisse le Nom Divin répandre le châtiment sur les têtes arabes, et faire égarer leur semence et les annihiler ! Il est interdit d’avoir pitié d’eux !
Nous devons leur lancer des missiles avec joie et les exterminer. Ils sont malfaisants et damnés ! »
Un autre rabbin, Yitzhak Ginsburg, affirme que « Le sang juif et le sang des goys (non-juifs) ne sont pas les mêmes, » et que « tuer n’est pas un crime si les victimes ne sont pas juives. » [8]
… Sans oublier Avigdor Lieberman[9], ministre des Affaires étrangères, qui proposait, en 2009, d’appliquer à Gaza « Ce que les Etats-Unis ont fait au Japon à la fin de la seconde guerre mondiale. »… Autrement dit, d’y envoyer une bombe atomique.
Quant à Eli Yishai, ministre de l’intérieur du gouvernement actuel, qui mène une véritable chasse aux émigrés africains, il déclare en juin 2012 : « J’utiliserai tous les moyens pour expulser les étrangers car Israël appartient à l’homme blanc !  » [10]
Ce discours sur la pureté de la race ne vous rappelle rien ?

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T-shirt de l’unité de snipers du bataillon Shaked de la Brigade Golani

Il serait illusoire de croire que cette xénophobie se limite à quelques leaders politiques ou religieux fanatiques.
Comme en témoigne un sondage publié en octobre 2012 par le quotidien israélien « Haaretz », c’est à tous les étages de l’Etat que le mal s’est installé.[11]

42 % refusent d’habiter dans le même immeuble que des arabes israéliens et ne veulent pas que leurs enfants naillent à l’école avec des enfants d’origine arabe.
33% voudraient que l’Etat instaure une loi interdisant aux citoyens arabes de voter aux élections législatives
69 % sont opposés à l’idée du droit de vote pour les Palestiniens si Israël annexe la Cisjordanie.
74 % sont favorables à des routes séparées pour Israéliens et Palestiniens en Cisjordanie
58 % sont conscients du régime d’apartheid en vigueur à l’encontre des Arabes, mais l’approuvent.[12]

… Rien d’étonnant quand on sait que, dès la petite enfance, le système éducatif israélien tend à favoriser la ségrégation et à convaincre le citoyen qu’il appartient à un « peuple élu », victime permanente de l’antisémitisme, mais protégé par « l’armée la plus morale du monde ».[13]

Militarisation de l’Education…

« Les manuels scolaires israéliens correspondent à toutes les catégories du discours raciste, à la fois verbal et visuel »
Accusation antisémite ?
Non, c’est l’avis de Nurit Peled-Elhanan, professeure israélienne spécialisée dans l’éducation à l’Université hébraïque de Jérusalem.[14]
Dans son dernier ouvrage « La Palestine dans les manuels scolaires israéliens : Idéologie et Propagande dans l’Education »[15] elle précise que la quasi-totalité des sujets contenus dans les programmes israéliens d’enseignement sont imprégnés d’un nationalisme exacerbé.

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Dessin utilisé au jardin d’enfants pour apprendre à compter

Exemples de règles à suivre dans un nouveau guide pour la préparation aux examens en éducation civique dans les université israéliennes : les filles israéliennes doivent rester à l’écart des Palestiniens, parce que « les jeunes arabes constituent une menace pour la vie des jeunes filles » et que « les relations entre les jeunes hommes arabes et les jeunes femmes juives représentent une menace pour la majorité juive dans le pays ».

Un nouveau programme, « Derekh Erekh » (Chemin des Valeurs) va être mis en pratique en 2012 afin d’inculquer le sens du devoir et de l’allégeance à lʼEtat. Il vise, en priorité, à renforcer les liens entre les écoles israéliennes et lʼarmée.
« Les enseignants sont des appelés tout au long de leur vie ! » a déclaré le ministre de lʼEducation, Gideon Saar, en présentant ce programme.

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Formation militaire d’enfants dans une colonie

Pour tenter d’amenuiser la mauvaise image qu’engendre cette politique pédagogique, les officines occidentales de propagande publient journellement des articles scandalisés sur la militarisation des jeunes Palestiniens.

Quelle est la réalité ?

Faute d’argent, l’UNRWA (ONU) a renoncé en 2012 à l’organisation des camps de vacances pour les jeunes de Gaza. Le Hamas a tenté de suppléer à cette défaillance et a mis sur pied des camps qui offrent une occupation à une minorité d’enfants et d’adolescents.
Ces camps ont indéniablement certains aspects militaristes (exercices de type commando, notamment) et la formation politique à la résistance contre Israël y est présente au travers de slogans comme « Une main tient un stylo et l’autre un fusil » ou « Une main étudie et l’autre lutte contre Israël ».[16]
Même limitée à quelques camps de Gaza, cette initiative est sans aucun doute attristante… Mais elle est sans commune mesure avec l’ampleur de la politique militariste de l’Etat d’Israël, générale et bien plus dangereuse : les armes ne sont pas en plastic dans les formations des petits israéliens… et les balles sont bien réelles.

… Et enseignement de la haine

L’étude de Nurit Peled-Elhanan fait ressortir le véritable lavage de cerveau qui est pratiqué dans les écoles israéliennes.[17]
Jamais les Palestiniens n’y sont présentés comme des êtres humains… mais comme un « problème » – le mot « palestiniens » n’est même jamais utilisé – et sont qualifiés d’êtres primitifs aux pratiques tribales et archaïques, toujours « hostiles », « agresseurs » ou « terroristes ».
La glorification du régime est permanente : « Personne ne peut comprendre notre situation mieux que nous » est l’argument avancé pour expliquer aux élèves pourquoi le Droit International nʼest pas applicable à lʼEtat dʼIsraël.
… Etc.
Comment s’étonner que, avec une telle « pédagogie », les jeunes soldats israéliens se comportent ensuite comme des dresseurs de fauves aux « check-points » ou que les jeunes colons « cassent de l’Arabe » sans état d’âme et tirent sur les villageois palestiniens comme au joyeux temps du Far West ?

Le texte qui suit suffit largement à toucher du doigt cette réalité qui fait frémir tout humaniste.
Zvi Ba’rel, journaliste senior au quotidien « Haaretz » l’a écrit après le lynchage à Jérusalem de Jamal Julani, un jeune Palestinien, par une bande d’adolescents israéliens dont l’un déclara qu’il « pouvait bien mourir, cela m’est égal, puisque c’est un Arabe » pendant que des dizaines de badauds et les policiers regardaient la scène sans réagir.[18]

La « littérature » israélienne incitant à la haine des Arabes date de bien avant l’occupation.
La série de livres enfantins « Danidin », de Shraga Gafni est truffée d’illustrations et d’expressions qui balisent le terrain pour le développement de la haine anti-Arabe.
La collection « Mikraot Yisrael » (« Lecteurs israéliens »), qui a servi à l’apprentissage de centaines de milliers d’enfants israéliens, est elle aussi bourrée de termes incitant à la haine.
Nous avons des gens qui passent pas mal de temps à surveiller le contenu des ouvrages scolaires publiés par l’Autorité Palestinienne. Mais on ne ressent pas la nécessité de lister toutes les recettes visant à développer la haine de l’anti-Arabe dont on nous a nourris, et qui ont fait ensuite leur propre chemin en nous.
Alors, on est tenté de venir en défense de ces criminels de Jérusalem, dont le « seul crime », si l’on y réfléchit, a été de mettre en pratique la pédagogie israélienne et son éthos de « Mort aux Arabes » qui leur ont été enseignés.
Cette mentalité continuera d’être partie intégrante de l’identité nationale juive-israélienne, quand bien même l’occupation cesserait demain matin.
Et cela, parce que notre « Mort aux Arabes » n’est pas cette haine « classique » vis-à-vis de quelqu’un qui est différent, il n’est pas non plus l’infâme mot d’ordre des gangs adeptes de ce qu’ils appellent les « représailles ». Ce n’est pas non plus la même chose que la xénophobie ou la crainte du musulman, qui se retrouvent dans le racisme européen.
Chez nous, la haine de l’Arabe fait partie des manifestations de la loyauté et de son identité qu’un citoyen juif doit apporter à l’Etat.
Un Israélien loyal est un Israélien qui laissera mourir un Arabe, parce que ce dernier « est un Arabe ».
Et si une personne n’est pas comme cela, c’est bien connu, « c’est parce qu’elle couche avec les Arabes ».

Que répondre à ce vieux journaliste patriote ?
Quand un système éducatif conduit des citoyens à lyncher d’autres citoyens parce qu’ils sont physiquement différents, sans susciter de protestation ni de condamnation unanimes, il faut bien reconnaître que l’on se trouve en face d’un système fasciste !
… Et inutile d’essayer de se voiler la face, ce qui se passe en Israël n’est en rien un racisme circonstanciel ou limité à une minorité, tel qu’on peut le subir dans la plupart des pays occidentaux. Il résulte de l’application méthodique d’une idéologie propagée par les leaders sionistes et est consubstantielle de tout le système politique et éducatif.[19]

Comme en témoigne les observations de la sociologue Eva Illouz, professeur de sociologie à l’Université hébraïque de Jérusalem, même les institutions judiciaires n’échappent pas à la xénophobie : « Les Arabes d’Israël (20% !) sont certes des citoyens, mais leur citoyenneté est un simple fait administratif, pas une forme de participation active à la culture, à la politique et à l’économie d’Israël » [20]

Les Sionistes rabiques auront beau pousser des cris d’orfraie[21] , le terrible constat est là : la société israélienne actuelle est gangrénée par « la bête » !

Une démocratie… Très particulière

La “Loi Fondamentale“ – comme on le sait, Israël n’a pas de Constitution, ce qui aurait, notamment, impliqué de fixer une limite territoriale – proclame qu’il s’agit d’un Etat juif.
La nouvelle loi que Netanyahu et Lieberman veulent instaurer obligera chaque citoyen, qu’il soit laïc, chrétien ou musulman, à faire serment d’allégeance à l’identité juive de l’Etat… sous peine d’expulsion !
Théocratie mariée à Démocratie ! Union de la carpe et du lapin, non ?

De nombreuses voix se sont heureusement élevées contre ce projet qui « en se définissant sur une base ethnique ou religieuse, instaure des discriminations institutionnelles entre ses citoyens fondées sur l’origine ou la religion (…) La reconnaissance d’Israël en tant qu’ « Etat juif  » par un Etat tendrait à conforter la prétention d’Israël à représenter les citoyens juifs d’autres Etats, et à valider pour longtemps différents types de discrimination pour les citoyens israéliens non reconnus comme « Juifs ».
On peut craindre aussi que la reconnaissance d’Israël comme « Etat juif  » ne donne des bases internationales légales à un régime d’apartheid, au cas où Israël continuerait et étendrait sa politique de colonisation de toute la Cisjordanie, en niant les droits nationaux du peuple palestinien. » [22]

Quelques particularités de ce régime prétendument démocratique :

La carte d’identité israélienne comporte des mentions différentes selon que vous êtes Juif ou Arabe.
Seul le mariage religieux juif a valeur d’Etat Civil (celui d’une autre religion, est seulement “reconnu“).
La population des territoires “annexés » en 1967 n’a pas de statut de nationalité et les civils non-juifs peuvent être “jugés“ par des tribunaux militaires.
La discrimination ethnique à l’embauche est générale pour le 1,2 million de Palestiniens de nationalité israélienne.
Justice est discriminatoire. Un Israélo/palestinien est systématiquement condamné à une peine plus lourde qu’un citoyen catalogué comme juif. [23]
Les terres ancestrales des Bédouins du Néguev ont été confisquées. Israël les a parqués dans une petite région, le triangle du Siyag (Beersheva, Dimona, Arad) et confinés dans des townships.[24]
Seulement 2% des terres peuvent être achetées par les “israélo-palestiniens“ car une loi autorise l’Agence juive à s’opposer à la vente aux non-juifs. [25] … Etc.

Apartheid ? Mais de quoi parlez-vous ?

Toutes ces pratiques discriminatoires et servitudes appartiennent bien plus à un régime autoritaire et raciste qu’à ce que nous appelons la démocratie, non ?
Comment peut-on accepter de cet État ce que nous condamnons pour d’autres pays et trouverions inacceptable dans le nôtre ?
Comme l’écrit l’Israélien Amnon Be’eri-Sulitzeanu, Directeur adjoint des « Abraham Fund Initiatives » : « En 2010, la ségrégation entre juifs et Arabes en Israël est presque absolue. Pour ceux d’entre nous qui vivent ici, c’est quelque chose qui va de soi « .[26]

Le « Tribunal Russell pour la Palestine » (Cape Town, novembre 2011), qui réunissait d’éminents juristes internationaux pour juger de l’existence, ou non, d’un régime d’apartheid en Israël et dans les territoires palestiniens occupés, a conclu que « Israël soumet le peuple palestinien à un régime institutionnalisé de domination considéré comme apartheid en vertu du droit international. Ce régime discriminatoire se manifeste sous une intensité et des formes variables à l’encontre de différentes catégories de Palestiniens selon le lieu de résidence.
Les citoyens palestiniens d’Israël, bien que jouissant du droit de vote, ne font pas partie de la nation juive en vertu du droit israélien et sont dès lors privés des avantages découlant de la nationalité juive et soumis à une discrimination systématique touchant une vaste gamme de droits de l’homme reconnus… etc. [27]
S’il y en a qui doutent encore de l’existence du régime d’apartheid, il n’y a qu’à entendre Bentzi Gopstein, président de l’association Lehava qui a lancé une campagne choc pour sensibiliser les parents israéliens aux dangers des mariages mixtes : « Il faut mettre en garde les parents contre les dangers d’envoyer leurs filles au service militaire avec les arabes ou de les laisser travailler avec eux (…) Travailler avec des Arabes crée un véritable risque d’assimilation, c’est pourquoi nous encourageons le travail juif (…) Nous continuons la tradition de Ben Gourion, et nous sommes décidés à renforcer ceux qui n’emploient que des juifs »[28] .
… Un certain Anders Breivik a tué 77 jeunes Norvégiens qui avaient le tort, selon lui, de préconiser l’assimilation.

Comme le stigmatisait, une fois de plus, le rapport de « Human Rights Watch » de décembre 2010 : « Les Palestiniens sont victimes de discrimination systématique en raison de leur race, de leur origine ethnique et nationale, en conséquence de quoi ils sont privés d’électricité, d’eau, d’écoles et de routes, alors que les colons juifs de leur voisinage bénéficient de tous ces services publics ».

D’autres discriminations encore :

Emprisonnement illégal, selon le Droit international et la loi israélienne, d’enfants de – de 14 ans accusés de jets de pierre.[29]

“Loi de l’absence“ qui permet de s’approprier la maison du non-juif que l’on a fait fuir
Privation de l’eau dans les territoires palestiniens (70 litres/jour contre 300 litres/jour pour les Israéliens !)
Routes interdites aux non-juifs. L’exemple le plus connu est celui de la Route 60 qui, du nord au sud, cisaille la Cisjordanie en deux !

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Restrictions à la circulation par des contrôles humiliants (En 2008 déjà, selon un rapport publié par le centre d’information israélien B’Tselem, on recensait déjà 459 barrages et 66 check-points en Cisjordanie).
« Filtrage » des étudiants arabo/israéliens par la sûreté israélienne (Shabak) pour les exclure des universités
Loi « anti-boycott » de 2011 qui interdit toute liberté d’expression, même non-violente, contre la politique israélienne.[30]
… Etc

… Et des collaborations bien particulières

Déjà, avant la création d’Israël, les leaders sionistes avaient collaboré avec le régime nazi.[31]
Depuis, l’État d’Israël n’a cessé d’apporter son soutien actif à divers régimes bien connus pour leur autoritarisme et a été agissant dans certaines opérations peu glorieuses pour les États qui les ont perpétrés.

Quelques exemples, pour mémoire :

Collaboration militaire avec le régime raciste d’Afrique du Sud, notamment pour le développement de l’arme nucléaire. Accueillant John Vorster[32], premier Ministre dans les années 1975, Yitzakh Rabin[33] portera un toast « aux idéaux communs à Israël et à l’Afrique du Sud, deux pays qui affrontent une brutalité et une instabilité inspirées par l’étranger « .
Collaboration du Mossad[34] dans le meurtre de Ben Barka sous la dictature de Hassan II[35]
Assistance à la fondation de la « Savak » (police politique du Shah d’Iran) et soutien technique du Mossad dans la formation des « interrogateurs ».
Collaboration avec diverses dictatures latino-américaines (Pinochet au Chili, Stroessner au Paraguay…)
… Etc

Ces corruptions et collaborations avec des pouvoirs autoritaires ne sont pas à classer aux archives.
Elles n’ont jamais cessé et se développent toujours comme en témoigne, entre autres, Richard Wagman, Président d’Honneur de l’UJFP (Union Juive Française pour la Paix)[36]

Pas un régime fasciste ?

C’est pourtant ainsi que les quelques trente intellectuels juifs, dont Hanna Arendt et Albert Einstein, citoyens des Etats-Unis, qualifièrent le Sionisme dans le célèbre article du New-York Times de 1948.[37]
Les trois principales caractéristiques du fascisme, nationalisme, autoritarisme et ethnocentrisme, correspondent bien au régime israélien actuel qui prône un État “ethniquement pur“.
La déclaration de Lieberman “nous allons faire d’Israël un Etat ethniquement homogène ! » [38] ne laisse aucun doute sur ses intentions.
Il revendique implicitement son droit d’opprimer les israéliens/arabes et les habitants des territoires occupés, de pratiquer l’apartheid et affirme son élitisme de “peuple élu“ !
Dans cette perspective, certaines colonies israéliennes organisent des activités qui ressemblent furieusement aux méthodes d’endoctrinement de la jeunesse mussolinienne.
Manque plus que la chemise noire et le foulard bleu.
Une des plus connues est le centre « Caliber3 » (colonie de Gush Etzion en Cisjordanie occupée), dirigé par d’anciens militaires. Depuis plusieurs années il offre une « expérience touristique unique et excitante » : apprendre à tirer « comme de vrais soldats, connaître les techniques terroristes et apprendre à y faire face » [39]

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Le stand de tir de Gush Etzion

Selon le quotidien « Yediot Ahranot » des centaines de touristes, la plupart venant des Etats-Unis, affluent chaque année vers Gush Etzion pour suivre des cours sur la liquidation de Palestiniens en carton.
Comme le déclare un des dirigeants de « Caliber3″ : “Nous combinons ainsi les valeurs du sionisme avec l’excitation et la jouissance du tir, qui rend l’activité plus significative » [40]

Nurit Peled-Elhanan[41] témoigne (extrait du discours du 9/6/2012)[42] :

« Vingt-cinq projets de lois racistes ont été soumis et plus de dix lois racistes ont été votées cette année, et à peine une poignée de citoyens juifs sont descendus dans la rue.
Plus de 300 personnes emprisonnées sans procès ont entamé une grève de la faim absolue pendant deux mois et plus, et à peine une poignée de citoyens juifs sont descendus dans la rue.
Des milliers d’enfants ne vont pas à l’école à Jérusalem-Est parce que le ministre juif de l’éducation n’ouvre pas les classes et parce que la loi raciste de citoyenneté fait d’eux des citoyens de nulle part et personne ne descend dans les rues.
La séparation des familles, l’expulsion des habitants, la confiscation des terres, les enfants tirés de leur lit et interrogés cruellement, les familles expulsées de leurs maisons et jetées à la rue, les fermiers torturés par des brutes portant Kippa agissant sous la protection de l’armée et sous les ordres du gouvernement – et à peine quelques-uns descendent dans la rue.
Voilà le sommet de la réussite du mouvement sioniste.
L’Etat d’Israël qui a été déclaré officiellement comme un Etat d’Apartheid se distingue par ce qui a toujours été la méthode la plus typique et la plus aboutie du racisme : la classification des êtres humains »

Les trois petits singes

Tous les témoignages et analyses le démontrent : Israël est bien un Etat gangréné par le racisme et pratiquant une politique d’apartheid envers les citoyens d’origine palestinienne.

Les médias sionistes occidentaux les plus à droite tentent évidemment d’occulter cette réalité nauséabonde (« c’est seulement une forte minorité » ou « une majorité d’Américains le sont aussi. Comme tous les peuples du monde, en fait »), ou essayent de détourner la critique vers une autre ethnie (« Et que dire du sort que les Arabes réservent à leurs minorités ethniques ou religieuses »). D’autres medias, également sionistes, accusent les partis israéliens de droite d’être les seuls responsables de cette dérive, tout en la minimisant et excluant toute dénonciation du régime.

Par ailleurs, il faut bien constater l’apathie de trop d’organisations occidentales sympathisantes de la paix.
Si elles organisent volontiers des manifestations locales contre le racisme et l’antisémitisme – Et on ne peut que soutenir ces initiatives – la mise en accusation claire du régime actuel d’Israël pour propagation de doctrines racistes et pratiques ségrégationnistes n’est pas à la « Une » de leurs activités.

Il est désolant aussi de voir certains progressistes de culture juive s’offusquer dès qu’on aborde de front le thème du racisme imprégnant le mouvement Sioniste depuis les années 30 jusqu’à la création d’Israël et la politique de nettoyage ethnique toujours en vigueur.
Il leur est difficile d’admettre que le racisme est si profondément enraciné dans la société civile israélienne qu’il la rend complice des pratiques xénophobes de ses dirigeants.
Ils s’arc-boutent souvent aux dogmes et aux mythe[43] et les accusations pleuvent alors (antisémite, négationniste…) sur des gens dont le seul crime est de militer pour les droits de l’homme, la justice.
Heureusement, outre les milliers de protestataires de par le monde, de plus en plus de journalistes et de citoyens israéliens rejettent une telle idéologie et tentent de conscientiser leurs concitoyens pour rejeter un régime qui a une telle vision de l’humanité.
S’ils sont minoritaires actuellement, ils portent l’espoir

Qu’on ne s’y trompe pas, il n’est en aucune façon question d’accuser l’ensemble des Israéliens de racisme… pas plus qu’il n’était question d’accuser l’ensemble des Sud-Africains, Allemands, Belges ou Français à d’autres époques.
Seuls les dirigeants politiques et religieux qui propagent cette idéologie et qui enseignent le mépris de l’être humain doivent être dénoncés et jugés.
C’est cette machine de « décervelage » qui doit être extirpée !

Il y a déjà plus de dix ans, Nelson Mandela écrivait « La discrimination raciale d’Israël est la vie quotidienne de la plupart des Palestiniens (…) L’Apartheid est un crime contre l’humanité. Israël a privé des millions de Palestiniens de leur liberté et de leur propriété.
Il perpétue un système de discrimination raciale et d’inégalité. Il a systématiquement incarcéré et torturé des milliers de Palestiniens, en violation du droit international. Il a déclenché une guerre contre une population civile et en particulier contre des enfants. » [44]

Les paroles de Madiba sont malheureusement, toujours d’actualité.

Quand donc les responsables politiques européens cesseront-ils d’imiter les trois petits singes ?
Quand oseront-ils affronter la réalité ?
Croient-ils vraiment qu’à force de ne rien vouloir voir, ne rien vouloir entendre et ne rien vouloir dire, ils ne collaborent pas avec l’oppresseur ?
Croient-ils vraiment qu’en protégeant et commerçant avec un pays raciste pratiquant le nettoyage ethnique, ils aideront à le rendre démocratique ?

Il n’est pas correct de parler de « conflit israélo-palestinien ».
La conquête de l’ouest américain était-elle un « conflit européo-indien » ?
La colonisation du Congo un « conflit belgo-africain » ?

Notes :

[1] Discours à la Knesset (25/6/1982), cité par Amnon Kapeliouk dans « Begin et les bêtes » (New Statesman).
[2] Bielorusse d’origine, il émigra en Palestine en 1943. En 1946, comme chef de l’Irgoun, il coordonna l’attentat de l’hôtel King David (92 morts). Premier ministre d’Israël de 1977 à 1983
[3] Biélorusse émigré en Angleterre (sujet britannique en 1910). A la tête de l’Organisation Sioniste Mondiale en 1920, il s’installa en Palestine en 1937
[4] Cité par Arthur Rupin (The Central Zionist Archives in Jerusalem http://www.zionistarchives.org.il/ , Office of Arthur Ruppin (S55), Personal papers (A107)
[5] Natif de Biélorussie (son nom d’origine : Yezernistky) collabora avec le régime nazi, responsable de la mort d’un grand nombre de civils et de Bernadotte, médiateur de l’ONU.
[6] Discours aux Colons, cité dans le « New York Times » du 1/4/1988
[7] Général d’armée et Premier Ministre de 1999 à 2001, principal responsable de l’accroissement des implantations de colonies en Cisjordanie
[8] « Jerusalem Post » du 19/6/1989
[9] Moldave d’origine (Evik Lvovitch Liberman), fondateur et dirigeant d’un parti d’extrême-droite, arrivé en Israël en 1978
[10] Dans une entrevue au quotidien « Maariv » du 3/6/2012
[11] Résultats d’un sondage pour « Yisraela Goldblum Fund » (Gidéon Lévy dans « Haaretz » du 23/10/2012)
[12] Les officines sionistes n’ont pas manqué de tout faire pour décrédibiliser « Haaretz » (voir « JSS News » du 31/10/2012)
[13] Voir la vidéo israélienne  » Un samedi au Musée »
http://www.youtube.com/watch?v=Lr1N…
[14] Fille de Général et mère d’une adolescente de 14 ans morte dans un attentat suicide palestinien. Prix Sakharov 2001 et une des promotrices du « Tribunal Russell Palestine »
[15] « Palestine in Israeli School Books : Ideology and Propaganda in Education (Library of Modern Middle East Studies, 2012)
[16]  » Les jolies colonies de vacances du Hamas » sur « JForum » (9/8/2012)
[17] Par contre, pas de racisme dans les manuels scolaires financés par l’Union européenne pour les enfants palestiniens.
[18] Dans http://www.haaretz.com/opinion/a-go… et « Israël secoué pare un lynchage… » par Hélène Sallon (« Le Monde » du 31/8/2012)
[19] « Palestine in Israeli School Books » de Nurit Peled-Elhanan, professeur à l’université hébraïque de Jérusalem
[20] « Israël : Justice ou tribalisme » dans « Le Monde » du 4/11/2012
[21] « Le Monde accuse Israël et Israéliens de n’être pas régis par les normes morales universelles » dans « www.europe-israel.org »
[22] Pascal Lederer, Une Autre Voix Juive http://uavj.free.fr/UAVJtxt47.htm &… Voir le cas (Haaretz du 12/7/2012) de l’assassinat de Hussam Rawidi dont le meurtrier a écopé d’une peine légère alors que « Si le meurtrier avait été arabe et la victime juive, il aurait été condamné à la prison à vie. Il n’y a que dans les tribunaux israéliens que la vie d’un Arabe ne vaut que 5000 shekels. » (Yariv Oppenheimer, Peace Now)
[24] Le plan « Prawer » (du nom d’Ehud Prawer, directeur de la Division des politiques de planification de Benjamin Netanyahu) prévoit le déplacement forcé de 70.000 citoyens Bédouins de leur terre héréditaire et la destruction de 35 villages anciens qu’Israël a décidé de classer « illégaux ».
[25] The Inequality Report (Katie Hesketh, Adalah, mars 2011)
[26] Ha’aretz du 20/10/2010
[27] Texte complet et lcommentaires peuvent être trouvés sur les divers sites web du « Tribunal Russell pour la Palestine » http://www.france-palestine.org & http://www.russelltribunalonpalesti…
[28] Interview dans « Israël Magazine du 22/7/2012
[29] Rapport de B’tselem de juillet 2011
[30] « Demain on interdira les appels à la fin de l’occupation ou en faveur de la fraternité entre juifs et Arabes » (Gideon Levy dans « Haaretz » )
[31] Lire « Mémento 1 : Le génocide nazi n’est pas mon affaire »
[32] Chef local d’une organisation afrikaner pro-nazie http://fr.wikipedia.org/wiki/Nazisme , il fut emprisonné par les Britanniques pendant la guerre 40/45
[33] Général et Premier Ministre, assassiné en1973 par un extrémiste sioniste. Il est un des responsables du massacre de 250civils et de l’expulsion des 19.000 habitants de Lydda en 1948 (« Palestine 1948 de Yoav Gelber). Conjointement avec Shimon Peres et Yasser Arafat… Prix Nobel de la Paix 1994
[34] Agence de renseignement http://fr.wikipedia.org/wiki/Rensei… , correspondant à la CIA des USA, dépendant directement du premier Ministre. Responsable d’un grand nombre d’assassinats et d’actes terroristes.
[35] Shmouel Seguev Le lien marocain , Editions Matar (Israël)
[36] « Le Gouvernement israélien, de la corruption à la guerre » dans « Rue 89 » du 28/4/2010
[37] New York Times du 2/12/1948
[38] « Le Monde » du 19/9/2010
[39] Lire « Et si on jouait à la guerre ? » de Caroline Grimberghs (« La Libre Belgique » du 13/7/2012)
[40] « Le Monde » du 20/6/2012
[41] Professeur de littérature comparée à l’université hébraïque de Jérusalem , fille de Général et mère d’une adolescente de 14 ans morte dans un attentat suicide palestinien. Prix Sakharov 2001 et une des promotrices du « Tribunal Russell Palestine »
[42] Texte complet sur « Euro Palestine » www.europalestine.com/spip.php?arti…
[43] Lire « Les 10 mythes d’Israël » de Ilan Pappé, publié par « CJPMO (Canadiens pour la Justice et la Paix au Moyen-Orient) » http://www.cjpmo.org
[44] Lettre à Thomas L. Friedman, éditorialiste au « New York Times » (28/3/2001)

Du même auteur :

- Le génocide nazi n’est pas mon affaire /spip.php?article12768 – 22 octobre 2012
- Un nettoyage ethnique entamé en 1948 et qui n’a jamais cessé ! – 3 octobre 2012
- Tout va bien ! – 9 février 2012
- La Dernière Colonie de Peuplement – 2 décembre 2011
- Pour garder mémoire 5/5 – 22 août 2011
- Pour garder mémoire 4/5 – 18 août 2011
- Pour garder mémoire 3/5 – 14 août 2011
- Pour garder mémoire ! 2/5 – 12 août 2011
- Pour garder mémoire ! 1/5 – 9 août 2011
- Comment écrire un article sur la « réalité » israélo-palestinienne – 17 juin 2011

Novembre 2012 – Transmis par l’auteur

 

MEMENTO pour la PALESTINE de Rudi Barnet


Le génocide nazi n’est pas mon affaire !

lundi 22 octobre 2012 – 05h:54

Rudi Barnet


Le génocide nazi n’est pas mon affaire ! (1) – Les textes de ce « Memento » n’ont pas la prétention d’être exhaustifs sur la dramatique histoire du peuple palestinien. Ils sont seulement le résultat des recherches d’un citoyen lambda qui veut « comprendre ».

L’objectif essentiel est de fournir un « aide-mémoire » à celles et ceux qui, comme moi, sont opposés à toute forme d’embrigadement et qui placent l’être humain au-dessus de toute religion et idéologie !
Sauf oubli, on pourra trouver les références de chaque citation ou information. Ainsi le lecteur pourra en vérifier la provenance et compléter ses connaissances.
En espérant que ces informations permettront aux citoyens indifférents ou aveuglés par la propagande sioniste, d’être moins crédules et d’avoir une approche plus objective et plus humaine de cette tragédie.

Ce « Mémento » est dédié à Yvonne Sterk (Rafiqua Yvon), infatigable militante de la justice et de la paix et grande voix de la résistance palestinienne, qui nous a quittés en 2012. (2)

Qui parle à qui ?

Enfant, les témoignages et les informations sur la “solution finale“ m’épouvantaient.

Adolescent, j’ai vu les terribles images de « Nuit et Brouillard » de Resnais et le visage d’Irena Sendlerowa, la résistante polonaise qui sauva plus de 2500 enfants du ghetto de Varsovie… Elles sont restées gravées en moi.

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Raoul Wallenberg, ce jeune diplomate suédois qui sauva tant de vies juives en Hongrie et Marek Edelman, le héros du ghetto de Varsovie, font également partie de mon « petit panthéon » personnel. Et c’est, chaque fois, la gorge serrée que j’entre dans ce quartier du ghetto de Venise qui a donné son nom à tous les ghettos du monde.

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Entrée du ghetto de Venise

Comme tous les racismes, l’idéologie qui a généré l’horreur nazie doit être combattue sans relâche et les lieux de mémoire doivent être préservés pour témoigner de cette face nauséabonde de l’être humain.

Il n’y aura jamais assez de publications, de films, de manifestations pour dénoncer et informer sur ce déshonneur de l’humanité et la Justice doit être intransigeante envers tout acte ou parole agressant nos concitoyens pour la couleur de leur peau, leur religion ou leur culture.

A quelle nation, à quel peuple appartenez-vous ?

La solidarité inconditionnelle à l’État d’Israël de certains citoyens de mon pays, qu’ils soient ou non de religion ou de culture hébraïque, et leur allégeance à ce régime – Nous et notre pays Israël… Notre ambassadrice… Notre hymne national “Hativah“ !…comme on peut l’entendre en permanence sur “Radio Judaica“ (3) -m’a toujours troublé et intrigué.

Ils semblent vivre dans un monde différent de leurs concitoyens … Comme en exil !

Se rendent-ils compte que la primauté qu’ils donnent à un État étranger, alors qu’ils appartiennent à notre pays, a quelque chose de… schizophrénique ? (4)

N’ont-ils pas conscience que l’horrible entreprise d’extermination hitlérienne ne concerne pas l’État d’Israël, mais tous les citoyens du monde, qu’ils soient de religion hébraïque ou non ?

Ne voient-ils pas la perversité des dirigeants israéliens et des fanatiques sionistes qui entretiennent cette confusion et l’utilisent en permanence pour justifier leurs exactions envers le peuple palestinien ?

Ce qu’on peut lire ou entendre dans les médias européens de culture juive est, la plupart du temps, sans relation avec la vie de la communauté israélite locale.

Au lieu d’informer les citoyens sur des sujets sociaux, politiques ou culturels, de débattre des problématiques d’actualité de leur ville ou de leur pays, la plupart de ces médias consacrent un maximum d’espace et de temps à Israël (faits divers, vie politique… même le bulletin météo) et à relayer la propagande du régime sioniste.

… Tout en accusant les pacifistes locaux d’importer le « conflit ».

Ce ne sont, bien souvent, que critiques acerbes des organisations internationales (ONU, Cour internationale de justice, Unesco…), rejets virulents de toute critique d’Israël, discours condescendants envers les autres communautés religieuses (surtout musulmanes), propos injurieux sur les Palestiniens (5), etc.

C’en est au point que, dans certains pays, ceux qu’on appelle les « sayanim » en hébreu (bénévoles, aides, assistants…) collaborent directement avec le Mossad (6) en lui communiquant des informations sur des concitoyens, en participant aux campagnes de propagande… jusqu’à, parfois, faire de l’espionnage. (7)

Comment ces gens parviennent-ils à concilier cette soumission à un État étranger avec le respect dû à leur pays ?

Un conte pour endormir les enfants

A l’école de mon village, notre instituteur nous vantait les mérites de “ces courageux colons qui allaient faire fleurir un désert“ et nous racontait avec enthousiasme l’épopée de ces valeureux pionniers.

Le monde sortait alors d’une guerre terrible, la communauté juive avait connu une tragédie effrayante et le petit écolier que j’étais se réjouissait de ce « happy end », de ce départ vers un avenir prometteur.

Longtemps, les enfants de ma génération ont cru à cette fable. Tout comme, sans doute, les jeunes juifs socialistes, idéalistes qui, de bonne foi, sont partis d’Europe pour créer les premiers kibboutzim.

On sait maintenant que le slogan « Une terre sans peuple pour un peuple sans terre » n’était qu’une tromperie sordide ! Loin d’être un désert, il y avait là-bas des centaines de villes et villages, des cultures prospères, des jardins, des êtres humains de religions diverses.

… Un peuple de plus d’un million d’humains vivait sur cette terre et la cultivait ! (8)

(JPG)

Le temps a passé et, peu à peu, la réalité s’est dévoilée.

On sait maintenant que l’État d’Israël est le résultat d’une colonisation violente qui a débuté bien avant la guerre de 1940/45…. Et qu’elle n’a que très peu de lien avec la terrible « solution finale » nazie !

On sait aussi, depuis l’ouverture d’une partie importante des archives israéliennes, que la création de l’État d’Israël a été réalisée en commettant un véritable crime contre l’humanité : une nettoyage ethnique !

Ce « Plan D » élaboré par Ben Gourion et froidement exécuté par les milices sionistes visait à « désarabiser » (sic) le pays en tuant les opposants, en expulsant les populations et en rasant villes et villages.

Il fut méticuleusement mis en œuvre dès 1947, près d’un an avant la proclamation de l’État.

L’objectif de créer un Israël ethniquement « pur » n’a pas vraiment été atteint puisque « seulement » 750 à 800.000 palestiniens furent expulsés, quelques milliers de civils exécutés et 531 villages rasés.

Et qu’il reste encore des Palestiniens sur cette terre.

Il a fallu de nombreuses années pour que, peu à peu, les détails de cette ignominie soient accessibles au public ! (9)

Même les historiens sionistes reconnaissent aujourd’hui l’existence de ce plan… En minimisant son importance et les conséquences de son contenu, évidemment !

De la bonne utilisation de la « Shoah »

Aujourd’hui on sait… Pour autant qu’on veuille savoir !

On sait qu’à partir de 1882 et jusqu’en 1939, environ 460 000 colons (principalement d’Europe centrale et orientale) sont arrivés par vagues successives !

En 1891 ( !) l’essayiste hébreu Ahad Ha’Am commentait ainsi sa visite en Palestine : « À l’étranger nous sommes habitués à croire qu’Israël est presque vide ; que rien n’y pousse et que celui qui veut acheter de la terre peut aller là-bas acheter les terres qu’il désire. En réalité, la situation n’est pas ainsi. Dans ce pays, il est difficile de trouver une terre cultivable qui ne soit déjà cultivée ». (10)

De 1939 à 1946, 150 000 nouveaux colons débarquèrent.

Seule une petite partie d’entre eux étaient des martyrs des camps nazis. (11)

Ce n’est que bien plus tard qu’à l’instar du journaliste israélien Boas Evron, nous avons réalisé que « La conscience de l’holocauste était en réalité un instrument d’endoctrinement de la propagande officielle, un ramassis de slogans, une vision du monde faussée dont le vrai but n’était nullement la compréhension du passé, mais bien la manipulation du présent » (12)

Un Tribunal de Nuremberg pour…

Les colons sionistes des années 30, qualifiés de terroristes par l’occupant anglais, ne se préoccupaient guère de ce qui se passait en Europe !

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Simon Wiesenthal

En décembre 1942, David Ben Gourion (David Grün de son nom originel, émigra de Pologne en 1906), futur fondateur de l’Etat d’Israël, ayant été informé de la mise en œuvre de la “solution finale“ par les Nazis, se montra pour le moins indifférent (voir la citation/titre).

Il est aussi l’auteur de cette affirmation cynique (1938) : « Si je savais qu’il était possible de sauver tous les enfants Juifs d’Allemagne par leur transfert en l’Angleterre et seulement la moitié d’entre eux en les transférant vers Eretz-Israël, je choisirais celui-ci, parce que nous sommes confrontés non seulement à la comptabilisation de ces enfants mais aussi avec la comptabilité historique du peuple juif. » (13)

Ce mépris pour les martyrs de l’Holocauste a été violemment stigmatisé par Simon Wiesenthal, le célèbre chasseur de criminels nazis, au Congrès sioniste de 1946 : “Cela ne nous aurait pas fait de mal d’organiser notre propre procès de Nuremberg contre tous ceux(les dirigeants sionistes) qui n’avaient pas accompli leur devoir envers nous, nos familles et le peuple juif ». (14)

Ce procès réclamé par Wiesenthal n’a évidemment jamais eu lieu !

Il aurait notamment amené à rendre publics quelques aspects très peu glorieux du mouvement sioniste… Comme sa coopération avec le régime hitlérien !

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Militants du Betar de Jabotinsky (15) à Berlin en 1936 (16)

Itzhak Shamir, collabo du régime nazi

La complicité avec le régime nazi débuta dès l’avènement du “führer“ en 1933 avec le “Haavara Agreement“ entre l’Agence Juive (17) et les autorités allemandes pour l’exportation de capitaux, de produits manufacturés et le transfert d’émigrants.

On estime que 40 à 60 000 juifs allemands ont pu bénéficier de cet accord et que les transactions auraient portés sur 14.000.000 £ de l’époque !

Cet accord entre l’Agence Juive et le régime nazi perdura jusqu’en 1942 ! (18)

Le procès revendiqué par Wiesenthal aurait aussi permis d’en apprendre plus sur le projet d’alliance militaire du « Groupe Stern » d’Itzhak Shamir (19) avec le régime hitlérien.

Cette proposition de 1941 – Il y avait alors déjà huit ans que Dachau, le premier camp de concentration, était en « activité » – valu à Shamir d’être arrêté et emprisonné par les Britanniques pour « terrorisme et collaboration avec l’ennemi nazi ». (20)

Natif de Biélorussie (son nom d’origine : Yezernistky) Shamir est arrivé en Israël en 1935.

Mis à part les quelques mois qu’il passa dans une prison de l’occupant britannique, son palmarès d’exploits terroristes, de 1937 à 48, fut « remarquable » : attentats contre les civils palestiniens, assassinats divers dont celui de Folke Bernadotte, le médiateur de l’ONU, etc.

Il intégra ensuite le Mossad (21) et en fut un des patrons pendant une dizaine d’années.

Plus tard, il devint premier ministre !

Ce sulfureux personnage qui disait en 1988 que « Les Palestiniens seront écrasés comme des sauterelles… Leurs têtes éclatées contre les rochers et les murs ! » (22) a été enterré cette année 2012, dans le « carré des héros de la nation » et a reçu les hommages obséquieux de nombreux chefs d’État occidentaux, dont François Hollande, Président de la France !

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Fiche de recherche de la police britannique concernant Shamir

Ce que nous racontait notre instituteur était donc “bidon“ !

C’est donc aussi une ignominie d’instrumentaliser les monstruosités nazies pour justifier l’invasion de la Palestine. Ce n’est pas au peuple qui vit sur cette terre à payer pour les crimes de l’Allemagne nazie, ni pour les nôtres !

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Rapport allemand sur les propositions britannique concernant Itzhak Shamir de collaboration du Groupe Stern (23)

Il est d’ailleurs paradoxal, choquant même, de constater que des rescapés du nazisme ou leurs descendants, ne soutiennent pas aujourd’hui des êtres humains qui subissent l’oppression.

Quelle est cette aberrante mécanique mentale qui conduit à l’indifférence face au malheur d’innocents ?

Un mufti bien utile…

A l’école du village, on nous racontait aussi que « les Arabes qui vivent en Israël s’étaient alliés aux nazis et qu’il fallait les écraser, que Al-Husseini, le mufti de Jérusalem était leur leader, qu’il avait collaboré avec Hitler et appelé les Palestiniens à se joindre aux forces de l’Axe ».

Nous ignorions alors – certains l’ignorent d’ailleurs toujours, ou feignent de l’ignorer – que cet Amin Al-Husseini avait quitté la Palestine en 1937 (Liban, Irak… et en Allemagne depuis 1941), qu’il était largement discrédité dans le monde arabe… et que son influence sur la population de son pays était plus que limitée.

Preuve en est le faible résultat de ses exhortations auprès des nations arabes et de ses compatriotes : seuls 6 300 volontaires de divers pays arabes (Egypte, Arabie, Liban, Turquie…et Palestine) rejoignirent les organisations militaires nazies, tandis qu’ils furent 259 000, dont 9 000 Palestiniens, à rejoindre les forces alliées ! (24)

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Al-Husseini et les SS Croates musulmans de la 13ème Division en 1943

Que cet Al-Husseini ait été un personnage exécrable est incontestable – ce n’était visiblement pas l’avis du gouvernement français qui l’hébergea et le protégea en 1945 – mais de là à en faire le “chef“ des Palestiniens…

Et lui consacrer plus de place au mémorial de Yad Vashem qu’à des Himmler ou Goebbels – l’espace qui lui est consacré dans “Encyclopedia of the Holocaust“ est seulement dépassé par celui concernant Hitler lui-même – serait risible si ce n’était clairement une manipulation visant à présenter les Palestiniens comme coresponsables du génocide hitlérien. (25)

L’ironie morbide de l’Histoire veut que ce mémorial Yad Vashem a été construit sur les terres et les ruines du village martyr de Ein Kerem… et en face de ce qui fut Deir Yassin. (26)

Deir Yassin, cet Oradour palestinien où, comme prévu dans le sinistre plan de nettoyage ethnique, se déroula un des pires massacres de civils perpétrés en 1948 par les milices sionistes.

Il est fort probable que les guides du mémorial préfèrent escamoter cette information depuis le licenciement d’un des leurs : il avait osé en parler à des visiteurs. (27)

… Des nazis bien utiles aussi

Il est troublant de constater qu’aucun “Tribunal de Nuremberg ou de La Haye“ n’ait jugé certains complices objectifs des massacres nazis, notamment les membres des gouvernements anglais, étatsunien et canadien qui “savaient“ dès 1942, qui connaissaient la mise en œuvre de la “solution finale“ et qui ont cyniquement laissé faire.

Après 1945, les “Alliés“ ont été plus que laxistes avec les criminels de guerre allemands, notamment les USA – mais la politique de l’URSS était similaire – qui ont accueilli et protégé de nombreux nazis, dont quatre à cinq mille membres du réseau du général hitlérien Reinhard Gehlen, devenus de bons citoyens américains et “recyclés“ dans la CIA ! (28)

… Quand ce n’est pas le tapis rouge qui est déroulé pour les accueillir, comme pour l’ingénieur nazi Werhner von Braun (29) et son équipe, responsable des V2 qui firent tant de morts….

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Aux USA, il fit carrière comme directeur du centre de vol spatial de la NASA et termina ses jours comme citoyen étatsunien couvert d’honneurs (On créa même un « Werhner von Braun Day ») !

… Au même moment les USA fermaient leur frontière à de nombreux juifs qui fuyaient l’horreur !

Pourquoi fait-on silence sur ces crimes ? Pourquoi n’ont-ils jamais été jugés ?

Témoignage personnel…

C’est avec stupeur et colère que j’ai appris de la bouche même d’un ex beau-frère qu’il coulait des jours tranquilles à Tel-Aviv (il y est mort depuis) avec sa fille et ses petits-enfants.

Cet homme était un SS belge de la “Légion Wallonie“. Il avait combattu sur le front de l’Est et prétendait avoir participé à la bataille de Stalingrad. (30)

Après la guerre, il avait été emprisonné et déchu à vie de ses droits civils.

La dernière fois que je l’ai rencontré, j’ai pu vérifier que son idéologie n’avait pas changé, son antisémitisme s’était simplement mué en haine des « Arabes ».

D’où sa stupéfaction quand je lui appris que les Palestiniens étaient des Sémites. (31)

Selon ses dires, il se réunissait parfois avec quelques-uns de ses anciens “camarades“, devenus comme lui citoyens d’Israël.

Cette situation ne semble guère gêner le gouvernement israélien. Il est vrai que des leaders de l’extrême droite européenne sont régulièrement accueillis par les Lieberman et consorts.

… Et premières questions

Quand, fin 2008, l’armée israélienne a fait pleuvoir la mort sur Gaza durant 22 jours – tuant 1387 personnes, dont 257 enfants, et faisant 5.500 blessés, sans oublier les milliers de bâtiments détruits – les discussions n’ont pas manqué avec des amis qui, mal informés par les « médias officiels », qualifiaient encore d’autodéfense ce que d’autres considéraient comme un crime.

Les interrogations étaient multiples :

Par quel mécanisme schizophrénique une grande partie des juifs « extérieurs », notamment d’Europe, peuvent-ils s’identifier à un tel État ?

Imagine-t-on les catholiques en faire de même avec le Vatican ?… Les musulmans avec l’Arabie Saoudite ?…

Quelle logique aberrante amène des conquérants brutaux à se prendre pour les défenseurs de la démocratie, alors que leurs agissements sont universellement qualifiés de crimes contre l’humanité ?

Par quelle construction démente certains en sont-ils arrivés à être persuadés que ce sont les Palestiniens qui veulent occuper leurs terres et qu’ils ne font que se défendre contre eux ?

D’où vient que la population israélienne se voile ainsi la face et se fasse la complice d’un régime qui traite le peuple palestinien comme de nouveaux “Untermenschen“ ?

Comment font certains de mes compatriotes pour nier l’évidence, pour minimiser les actes d’un régime qui a toutes les caractéristiques d’un État voyou et pour déclarer antisémite tout opposant à ce régime criminel ?

Qu’est-ce qui les empêche de voir la folie des Lieberman (32) et consorts ?

Bref état des lieux

Avec la myriade de villages militairement isolés les uns des autres, la Cisjordanie, où vit la majorité du peuple palestinien, ressemble indéniablement aux “réserves indiennes“ des États-Unis.

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L’ensemble de ce territoire est sous le contrôle de l’armée israélienne qui fait régulièrement des incursions dans la maigre zone A (4% du territoire !) qui est, en principe, sous le contrôle de l’Autorité palestinienne.

La zone B, dite mixte, est en réalité totalement contrôlée par Israël.

Sachant que l’Autorité palestinienne n’a aucun pouvoir sur la zone C, il suffit de regarder la carte pour se rendre compte que Abbas et le Fatah ne contrôlent plus rien, excepté ce qu’Israël décide de lui déléguer, momentanément !

Seul Gaza peut encore être considéré comme territoire sous autorité palestinienne.

Objectivement parlant, c’est devenu le “plus grand camp de concentration à ciel ouvert du monde“ (33) avec ses 1,6 million de personnes enfermées dans un espace de 360 km2… 7 fois moins que le Luxembourg !

Selon l’ONU, cette population passera à 2,1 millions en 2020 ce qui portera la densité à 5.800 habitants au km2.

En août 2012, des responsables de l’ONU ont averti (34) : si des mesures ne sont pas prises contre le blocus qui continue à leur être imposé, les conditions de vie des habitants de la bande de Gaza vont s’aggraver d’ici 2020.

En Cisjordanie, Israël poursuit chaque jour le vol de l’eau, les destructions de maisons et les expulsions pour l’installation de colonies. A Jérusalem-Est, le régime développe la judaïsation en chassant les habitants, sous l’œil complice des États-Unis et des pays de l’Union européenne.

Une des techniques utilisées pour s’accaparer les terres est de décréter que tel champ ou telle oliveraie devient zone militaire.

Une fois les occupants expulsés, l’armée décide que ce n’est plus une zone militaire… Et la cède aux colons !

Il faut y ajouter ce honteux mur (760 km prévus) qui empiète un peu plus sur les terres palestiniennes. Quand il sera achevé, 9,5 % de la Cisjordanie sera côté israélien ! (35) et privera les habitants de leurs récoltes, d’accès à leurs puits, à leur famille.

Dans certains cas – Al Walaja (36) avec ses 2000 habitants est l’exemple le plus connu – le village est carrément enfermé par cette muraille.

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Al Walaja, Village/Prison – http://rexistance.blogspot.com

En 2004, Israël a été condamné par la Cour de Justice Internationale de La Haye.

Elle a exigé la destruction du mur ainsi que le démantèlement des colonies installées au delà de la Ligne Verte de 1967… Israël a répondu par le mépris en continuant à ériger la barrière et en accélérant la colonisation en Cisjordanie !

Il est vrai que, comme le proclamait Sharon : « Israël a le droit de mettre les autres en procès, mais certainement personne n’a le droit de juger le peuple juif et l’État d’Israël » (37)

Qui peut d’ailleurs encore croire un seul instant que cette muraille a comme objectif d’empêcher les attentats terroristes quand on sait qu’elle est loin d’être hermétique : chaque jour, environ 15.000 ouvriers palestiniens la franchissent clandestinement pour se faire exploiter comme travailleurs « illégaux“… et sous-payés, évidemment.

Le sionisme est une idéologie que Albert Einstein, Hanna Arendt et de nombreuses personnalités juives considéraient comme fasciste. (38)

On peut donc être de religion ou de culture juive et fasciste.

Comme on peut être chrétien, musulman, laïc…

Le nettoyage ethnique n’a pas cessé depuis 1947… Seulement la méthode !

À suivre « Memento (2) – Les Palestiniens sont des bêtes qui marchent sur deux pattes »

Notes :

1) Ben Gourion en 1942 ! (« Righteous Victims » de Benny Morris, ‪ »Knopf Doubleday Publishing Group‬ », 2001‬ p. 162-163)‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬

2) « La première fedayine européenne » (Lucas Catherine dans « De Wereld Morgen » du 29/7/2012)

3) Radio du CCOJB, mouvement sioniste belge de droite, équivalent au CRIF français

4)Psychose délirante chronique caractérisée par une discordance de la pensée, de la vie émotionnelle et du rapport au monde.

5) Simple exemple de cette « littérature »(parmi les dizaines de textes diffusés sur les sites sionistes) : « Il faudra utiliser dorénavant, avec ces bêtes sauvages, la méthode « safari » : Une première équipe arrive sur place avec des fusils équipés de flèches porteuses d’une dose de produit anesthésiant, … et tire jusqu’à ce que le troupeau hostile soit neutralisé. Une deuxième équipe assure un périmètre de sécurité pour dissuader les autres bêtes sauvages d’approcher, la troisième équipe, des vétérinaires, traite les « animaux » au sol afin d’assurer à terme leur « remise sur pattes » ! (Gérard Pierre sur « JSSNews »du18/5/2012)

6) Organisation comparable à la CIA, responsable de multiples assassinats, enlèvements, attentats, empoisonnements, etc. – Lire : Claire Hoy et Victor Ostrovsky, « Mossad, un agent des services secrets israéliens parle » (Presses de la Cité, 1990)

7) Jacob Cohen « Le Printemps des Sayanim » (Editions l’Harmattan », 2010) et « Info-Palestine » du 4/9/2012

8) 752 048 personnes selon un recensement anglais de 1922 et de plus d’un million en 1944 selon le « Palestinian Academic Society for the Study of International Affairs »

9) « Le Nettoyage Ethnique de la Palestine » de Ilan Pappe (Fayard, 2006)

10) « Emet me-Erez Yisrael » (La vérité d’Erez Israël) de Ahad Ha-am (Asher Hirsch Ginsberg)

11) Edwin Black, « L’Accord de Transfert : L’histoire non-dite du pacte secret entre le Troisième Reich et la Palestine Juive » (New York : Macmillan Publishing Co. Londres : Collier Macmillan Publishers, 1984)

12) « Holocaust : The uses of Disaster » de Boas Evron, Journaliste et écrivain israélien (Radical América 1983)

13) « Victimes, Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste » de Benny Morris (EditionsComplexe, 2003)

14) “Simon Wiesenthal, l’homme qui refusait d’oublier“ de Tom Segev (Liana Levi)

15) Né en Ukraine, fondateur du Bétar et de la Légion Juive, principal instigateur politique de l’Irgoun, l’armée clandestine sioniste, responsable d’attentats contre l’occupant britannique et d’assassinats de civils palestiniens

16) Mouvement de jeunesse para-militaire juif radical, sioniste d’extrême droite

17) Créée en 1929, c’est le gouvernement de fait de la population juive palestinienne

18) Encyclopeadia Judaica 2008

19) Ce groupe (appelé aussi « Lehi ») était clairement d’extrême droite. Il prône un État israélien basé sur les principes du fascisme italien (lire http://fr.wikipedia.org/wiki/Lehi)

20) Nathan Yalin-Mor, “Histoire du Groupe Stern“ (Presses de la Renaissance,1978) et Charles Enderlin, “Shamir“ (éditions Olivier Orban, 1991)

21) Services secrets d’Israël (comparable à la CIA)

22) Discours aux colons juifs (New York Times du 1/4/1988)

23 Traduction sur « en.wikipedia.org/wiki/File :SternGang-Doc-Nazi-Collaboration »

24) “Les Arabes et la Shoah“ de Gilbert Achcar, professeur à l’Université de Londres (Actes Sud 2009)

25) Le grand Mufti, les Palestiniens et les nazis (Dominique Vidal, Monde Diplomatique de Décembre 2009)

26) Ziyad Clot “Il n’y aura pas d’Etat palestinien“ (Max Milo Editions)

27) « Haaretz » du 23/4/2009

28) Frank Garbely et Jean-Michel Meurice « Le système Octogon » (Maha Productions 2008)

29) Pierre Durand « Du nouveau sur le passé nazi de Wernher von Braun » (L’Humanité » du 3/2/1997) et « La Libération (26) : Dora, enterré deux fois » de Morice (« Agoravox » du 23/6/2011)

30) Un détracteur sioniste m’a appris que la « Légion Wallonie » n’a jamais été à Stalingrad… ce rexiste était donc un vantard !

31) Parlant une langue sémitique (arabe, araméen, hébreu…) et originaire du Proche-Orient

32) Originaire de Moldavie, a émigré en Israël en 1978

33) Selon le dictionnaire : lieu fermé de grande taille créé pour regrouper et détenir une population considérée comme ennemie

34) « Le Parisien » du 27/8/2012

35) Laurent Zecchini dans son article « Prières contre le mur de Crémisan » (Le Monde du 19-20 août)

36) Voir le reportage « La bataille d’Al Walaja » (www.france24.com/fr/20100723)

37) A la BBC le 25/3/2001

38) Lire la lettre des 29 peronnalités juives au « New York Times » du 4 décembre 1948

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Du même auteur :

-  Un nettoyage ethnique entamé en 1948 et qui n’a jamais cessé ! – 3 octobre 2012
-  Tout va bien ! – 9 février 2012
-  La Dernière Colonie de Peuplement – 2 décembre 2011
-  Pour garder mémoire 5/5 – 22 août 2011
-  Pour garder mémoire 4/5 – 18 août 2011
-  Pour garder mémoire 3/5 – 14 août 2011
-  Pour garder mémoire ! 2/5 – 12 août 2011
-  Pour garder mémoire ! 1/5 – 9 août 2011
-  Comment écrire un article sur la « réalité » israélo-palestinienne – 17 juin 2011

Octobre 2012 – Transmis par l’auteur

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