Un attentat fait 40 morts au sud de la Turquie


Déja frappée en milieu de journée par un double attentat, la ville de Reyhanli, située au sud de la Turquie, à proximité de la frontière syrienne, a été secouée par une troisième explosion en début de soirée. La troisième déflagration est survenue dans un quartier de logements collectifs à plusieurs centaines de mètres du centre-ville, a affirmé la chaîne d’information NTV.

Les deux premières explosions, vraisemblablement dues à deux voitures piégées, ont fait 40 morts et une centaine de blessés, selon le ministre turc de l’intérieur, Muammer Güler, interro       é par la chaîne NTV.

Le double attentat se serait produit à un quart d’heure d’intervalle, vers 13 h 45 puis 14 heures, près de la mairie et de la poste de Reyhanli, une localité de la province de Hatay, située à quelques kilomètres d’un important poste-frontière avec la Syrie. La mairie et plusieurs bâtiments ont été fortement endommagés.

Reyhanli, 60 000 habitants, se trouve à proximité du poste-frontière de Cilvegözü, qui était la principale voie de passage entre la Turquie et la Syrie avant le déclenchement du conflit syrien, en 2011. Le 11 février dernier, un attentat à la voiture piégée, imputé par la Turquie aux services de renseignement syriens, a fait 17 morts et 30 blessés à Cilvegözü. En face, le poste-frontière syrien de Bab al-Hawa est aux mains de la rébellion syrienne depuis l’été 2012.

Des milliers de Syriens fuyant les combats dans leur pays séjournent à Reyhanli et dans le camp de réfugiés jouxtant la ville. Le pays accueille au total quelque 400 000 réfugiés.

Dans un communiqué, la Coalition nationale de l’opposition syrienne a condamné l’attaque et dénoncé une tentative par le régime de Damas de « se venger de la population turque et de la punir pour son honorable soutien au peuple syrien, dont son accueil des réfugiés syriens ».

« Nous allons mener l’enquête sur tout cela, nous allons tout éclaircir », a assuré Muammer Güler, le ministre turc de l’intérieur, interrogé sur un lien entre ces attentats et le conflit. Le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, a souligné la « coïncidence » entre ces attaques et une « accélération » des efforts pour résoudre la crise syrienne, avec notamment une visite prévue de d’Erdogan à Washington le 16 mai : « Que ceci (les attentats) se produise à une période où dans le monde entier il y a une accélération des efforts sur la Syrie, une accélération concernant une résolution (du conflit), n’est pas une coïncidence », a-t-il déclaré aux journalistes lors d’un déplacement à Berlin.

Le vice-Premier ministre et porte-parole du gouvernement turc, Bülent Arinç, a également mis en cause le régime syrien et le président Bachar al-Assad : « Avec leurs services de renseignement et leurs groupes armés, ils font certainement figure de suspects habituels pour la mise en œuvre et davantage encore pour l’instigation d’un plan aussi démoniaque », a-t-il déclaré sur la chaîne NTV, soulignant toutefois que l’enquête n’en était qu’à son début.