De Syrie : Pudeur familiale


Depuis cet excellent site
Les Manarades
12 août 2008

Je me suis souvent demandé comment nos grands parents se débrouillaient pour faire des enfants. Rassurez-vous, il ne s’agit pas de leur éducation sexuelle. Ma question est pudiquement relative au temps et à l’espace de l’acte procréateur fondamental : quand et où ?

Lorsque toute la famille dort dans le même espace, aussi grand soit-il, comment les parents pouvaient-ils avoir une vie sexuelle en présence de leurs enfants endormis à côté ? Je n’ai pas d’expérience directe en ce domaine, et pour cause. D’où l’acuité de la question. Je n’ai jamais osé interroger quelqu’un de la génération de mes parents sur le problème: le sujet même relève du tabou. Et pourtant, l’expérience prouve qu’ils y arrivaient fort bien, pour produire des familles nombreuses en plus.

Le sommeil collectif dans une même pièce pose indubitablement des problèmes. Le premier étant celui du changement de vêtements. Car il n’était pas question de se dévêtir les uns devant les autres, pudeur oblige. Sans parler du fait que la famille se compose de membres des deux sexes, et qu’à aucun moment il n’était imaginable qu’une fille laisse apparaître quelques centimètres de sa peau devant les garçons. Et inversement. Sans parler des cousins et des cousines qui passaient une nuit dans la famille. Force donc était de recourir à l’équivalent d’une cabine de déshabillage : il suffisait d’aller dans l’une des pièces inoccupées pour le moment. Discrètement.

LA SUITE

Randa Chahal


« Pourquoi pars-tu de si tôt ? »
mardi 26 août 2008.

Le coeur de Randa Chahal a cessé de battre ce lundi 25 août 2008 et le silence a rompu le ronronnement de sa caméra. A 55 ans, elle part et nous laisse des images qu’elle a filmées avec amour et intelligence. Elle aura été à nos côtés toutes ces années durant, dans nos souffrances et nos espérances jusqu’au tout dernier souffle.
Désormais, il nous reste son témoignage.

« Pourquoi pars-tu de si tôt ? »
« je m’en vais avant que la nuit ne tombe »
« reste… il y a encore une petite lumière »
« je reviendrai quand pointera le jour »
« c’est comme il te plaira camarade ! »

Al Faraby
Mardi, 26 août 2008

Randa Chabal Sabbag est née au Liban d’un père musulman sunnite, notable et libéral, et d’une mère chrétienne, irakienne et communiste. Elle étudie le cinéma en France, à l’Université de Vincennes puis à l’Ecole nationale supérieure Louis Lumière.

En 1979, elle réalise son premier documentaire, Pas à Pas, consacré à l’implication des pays voisins dans la guerre civile au Liban. Très concernée par l’histoire de son pays, elle fait oeuvre de témoignage au travers de son documentaire suivant : Liban d’autrefois (1980).
Le vrai tournant de sa carrière a lieu en 1991, avec son premier long métrage de fiction. Ecrans de sable raconte l’amitié passionnelle qui unit deux femmes. Le film fait partie de la Sélection officielle de La Mostra 1991 (hors compétition).

Les vingt ans de guerre civile qu’elle a vécus au Liban l’amènent à réaliser en 1995 un nouveau documentaire où elle mêle des images de Beyrouth devastée et le témoignage des siens : Nos guerres imprudentes.

En 1998, elle aborde le même thème sur un ton beaucoup plus léger, dans Civilisées, l’histoire des domestiques abandonnés à Beyrouth déchirée.

En 2003, elle réalise Le Cerf-volant, qui reçoit le Lion d’argent à la Mostra de Venise 2003.
En 2003, Randa Chahal Sabbag a reçu les insignes de l’ordre du Cèdre avec grade de chevalier, pour son travail de cinéaste.

Voir l’article chez Al-Oufok