L’ONU a caché l’ampleur des massacres au Sri Lanka


par Philippe Bolopion
LE MONDE | 28.05.09 | 15h24

Colombo, envoyé spécial

Des soldats sri-lankais, le 28 mai à Colombo [REUTERS/DAVID GRAY ]
Des soldats sri-lankais, le 28 mai à Colombo REUTERS/DAVID GRAY

Des chiffres étouffés. Des rapports sans suite. Un bilan des victimes très vraisemblablement sous-estimé. Des principes reniés.

Bien qu’elle ait disposé d’éléments accablants sur la conduite de l’armée sri-lankaise, la hiérarchie de l’ONU a, selon une enquête du Monde, gardé le silence, de peur de compromettre ses activités dans ce pays.Tandis que se préparait ce qu’elle a fini par décrire comme un « bain de sang », l’ONU a fait le choix de la conciliation avec Colombo, au risque de faillir à son devoir envers des centaines de milliers de civils en danger.

Le refus de l’ONU de publier le bilan des victimes est emblématique. Tout au long de l’offensive de l’armée contre l’une des plus vieilles et des plus violentes guérillas dans le monde, les séparatistes des Tigres de l’Eelam tamoul (LTTE), une cellule onusienne a collecté et recoupé des données auprès d’employés locaux de l’ONU, d’ONG, de médecins ou de prêtres.

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Le « J’accuse ! » de Amira Hass


Amira_Hass
Publié le 26-05-2009

La journaliste israélienne arrêtée ce mois-ci à Erez, alors qu’elle se rendait dans la bande de Gaza pour y effectuer son travail de reporter, interpelle la population israélienne, l’accusant de collaborer « avec un régime de dépossession, de répression ».

Article publié par The Palestine Telegraph

« En tant que juifs, nous profitons tous des privilèges qu’Israël nous octroie, ce qui fait de nous tous des collaborateurs. Que fait chacun d’entre nous pour réduire sa coopération avec un régime de dépossession, de répression ? »

Laissons de côté ces Israéliens dont l’idéologie soutient la dépossession du peuple palestinien au motif que « Dieu nous a choisis ». Laissons les juges qui absolvent toutes les politiques militaires de meurtres et de destructions. Ignorons les chefs de l’armée qui sciemment enferment une nation tout entière dans des enclos entourés de murs, de miradors fortifiés, de mitrailleuses, de barbelés et de projecteurs aveuglants. Laissons de côté aussi les ministres. Tous ceux-là ne sont pas seulement des collaborateurs. Ils sont les architectes, les planificateurs, les concepteurs, les bourreaux.

Mais il y a les autres, vous tous. Les historiens et les mathématiciens, les grands éditeurs, les personnalités médiatiques, les psychologues et les médecins de famille, les avocats ni pour Gush Emunim ni pour Kadima, les enseignants et les éducateurs, les amateurs de randonnées et du chanter en chœur sur les chemins, les magiciens de haut vol. Où êtes-vous ? Et vous, tous ceux qui font des recherches sur le nazisme, l’Holocauste et les goulags soviétiques ? Serait-il possible que vous approuviez une législation de discrimination systématique ? des lois qui déclarent que les Arabes de Galilée ne seront même pas indemnisés pour leurs dommages de guerre aux montants auxquels leurs voisins juifs ont droit ? (Aryeh Dayan, Ha’aretz, 21 août).

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