L’État juif va-t-il imposer éternellement sa loi ?



800 navigants menacés par Israël au large de Gaza

La « Flottille de la liberté » (*) se dirige résolument vers Gaza, chargée de 800 personnes et d’une lourde cargaison : dix mille tonnes de matériel urgent. Elle est attendue à Gaza ; elle est dans son bon droit. Elle agit humainement, pacifiquement. Elle n’en est pas moins menacée par la marine israélienne.
28 mai 2010 | Thèmes : Gaza Mouvements de solidarité Droit international Rôle des médias

Un navire turc de la « Flottille de la liberté »

Le défi lancé par la flottille – avec le soutien massif de gens qui refusent de rester silencieux et inertes pendant qu’Israël enferme un million et demi de Palestiniens dans ce qu’il a transformé en un univers concentrationnaire – est intolérable pour l’État hébreu qui a pu jusqu’ici se comporter au dessus des lois sans être sanctionné.

L’armée israélienne attend la flottille sur pied de guerre. Son État-major a annoncé l’arraisonnement des navires et l’arrestation des passagers qui refusent son diktat : il exerce un chantage et exige que la flottille aille décharger son aide non pas à Gaza comme c’est son droit légitime, mais au port israélien d’Ashdod.

Cette flottille internationale – organisée à l’initiative de nombreuses ONG et financée par de très gros donateurs – incarne la conscience et le courage de gens réunis par un objectif noble qui se montrent capables de contrer la politique criminelle d’Israël, capables de faire mieux que toutes les grandes puissances, que toutes les ONG financées par ces mêmes puissances, que toutes les agences de l’ONU aux ordres de ces puissances.

Et pourtant : rien ou presque n’est dit dans la grande presse occidentale. Rien de rien depuis les jours que ces bateaux convergent vers Gaza et les semaines qu’Israël menace. Il s’agit pour nos médias de dissimuler à leur public, autant qu’il se peut, ce qu’une pareille expédition met en lumière. Notamment le fait qu’un million et demi de civils sont soumis par Israël depuis quatre ans à un blocus inhumain avec la complicité de nos gouvernements prétendument défenseurs des droits de l’homme [1].

Seuls les médias arabes et musulmans – ainsi que les nouveaux médias en général – ont donné à ce convoi humanitaire exceptionnel la couverture qu’il méritait.

Ce convoi maritime est, par son importance et son ampleur, du jamais vu. C’est une entreprise gigantesque. C’est un geste de générosité et d’humanité réalisé grâce à l’effort de milliers de personnes anonymes.

Mais la vie d’un enfant arabe, d’une population musulmane qui a voté en faveur de la résistance contre l’occupant israélien ne vaut rien pour nos journalistes islamophobes, asservis à la propagande israélienne.

On ne touche pas à Israël ! Il est de bon ton dans notre presse dite « libre » de critiquer l’Iran. Car, l’Iran est la principale cible d’Israël depuis que l’Irak est détruit. En Iran, il n’y a pas 10’000 prisonniers politiques. En terre occupée par Israël, oui. En Iran, il n’y a pas un camp de concentration qui enferme un million et demi de personnes. En terre occupée par Israël, oui. En Iran, il n’y a pas de drones et de F15 qui survolent le ciel nuit et jour et peuvent lâcher des bombes à tout instant sur des familles. A Gaza sous occupation coloniale israélienne, oui…

Une Flottille de la Liberté comprenant neuf navires, affrétés par des groupes organisés qui estiment intolérable le blocus terrestre maritime et aérien imposé par Israël, navigue depuis plusieurs jours sans qu’aucune image, aucun compte rendu, n’ait été diffusé à son public par la presse occidentale dite « libre ». Les nouveaux médias, eux, ont fait mieux.

Rien, les médias traditionnels ont ignoré jusqu’à ce jour cette flottille de navires autant qu’ils ont pu. Le très pro-israélien téléjournal de la télévision suisse romande – un service public – s’est bien gardée elle aussi de montrer, jusqu’à ce jour, des images de ce convoi qui met Israël dans l’embarras et ternit son image. Il s’agit pour nos journalistes conformistes de ne pas attirer l’attention des gens sur une réalité peu glorieuse : l’enfermement inhumain par l’occupant israélien d’un million et demi de Palestiniens dans un camp de concentration d’un autre âge.

Les participants à cette flottille et ceux qui la soutiennent sont, eux, aux avant postes d’une humanité que nos autorités, nos démocraties, nos journalistes sans éthique, piétinent sans vergogne.

Les agents de propagande israéliens ont déjà toute une batterie de déclarations prêtes à être distillées au moment de leur intervention musclée en mer pour dire que Gaza ne manque de rien, et que la flottille apporte une caution aux « terroristes » du Hamas – en vérité les autorités élues par un peuple qui est adulte.

Nous ne pouvons que signifier notre colère à nos autorités qui n’ont rien entrepris pour sortir Gaza de cette situation inique et restent silencieuses face aux menaces d’Israël ; et rappeler aux journalistes que leur silence quand des actions incriminent Israël, les rendent complices de sa continuelle barbarie.

Toute personne qui a un peu d’humanité se doit de réagir ; se doit d’envoyer des messages, des appels, aux chefs de rédaction des médias publics ; se doit de protester contre leur silence complice.

Silvia Cattori

We will not go down


Une lumière blanche aveuglante

A illuminé le ciel de Gaza cette nuit

Les gens courent se protéger ;

Ils ne savent pas s’ils sont vivants ou morts.

Ils sont venus avec leurs tanks et leurs avions

Et leur feu ravageur

Et il ne reste rien

Qu’une voix s’élevant d’un brouillard de fumée

Nous ne céderons pas

Dans la nuit sans nous battre

Vous pouvez brûler nos mosquées et nos maisons et nos écoles

Mais notre esprit ne mourra jamais

Nous ne tomberons pas

A Gaza ce soir

Les femmes et les enfants

Sont assassinés et massacrée nuit après nuit

Pendant que les soi-disant dirigeants des pays lointains

Se disputent pour savoir qui a tort ou raison

Mais leurs mots impuissants ont été vains

Et les bombes sont tombées comme une pluie acide

Mais à travers les larmes et le sang et la douleur

Vous pouvez entendre la voix qui traverse le brouillard de fumée

Nous ne céderons pas

Dans la nuit sans nous battre

Vous pouvez brûler nos mosquées et nos maisons et nos écoles

Mais notre esprit ne mourra jamais

Nous ne céderons pas

A Gaza ce soir

Free Gaza : récit de Thomas Sommer-Houdeville


Voici le texte que Thomas Sommer-Houdeville, coordinateur des missions civiles, avait écrit hier soir depuis le cargo grec faisant partie de la flotille de la liberté.

Thomas a participé depuis 3 mois en Grèce à la préparation de la flottille et était venu en France pour élargir la participation, il est intervenu entre autre dans une réunion du collectif national pour présenter l’initiative.

L’occasion ici de rendre un fervent hommage à la petite délégation française composée de 7 personnes (cbsp, cvpr et ccippp).

Le dernier set

29 mai 2010 – de Thomas Sommer-Houdeville*, depuis l’un des bateaux de la flottille de Gaza

Un jour ou l’autre peut-être, quelqu’un écrira l’histoire complète de cette aventure. Il y aura beaucoup de rires, de véritables cris et quelques larmes. Mais ce que je peux dire maintenant, c’est que nous n’avions jamais imaginé que nous ferions flipper Israël comme ça. Enfin, peut-être dans certains de nos plus beaux rêves…. Tout d’abord, ils ont créé une équipe spéciale d’urgence réunissant le ministère israélien des Affaires étrangères, le commando de marine israélien et les autorités pénitentiaires pour contrer la menace existentielle que nous et nos quelques bateaux remplis d’aide humanitaire représentent.

Puis, Ehud Barak lui-même a pris le temps, malgré son agenda chargé, de nous mettre en garde à travers les médias israéliens. Ils nous annoncent maintenant qu’ils nous enverront dans la pire des prisons israéliens, dans le désert près de Beersheva.

Ce sont des annonces pour nous faire peur. Et d’une certaine façon nous avons peur. Nous avons peur de leurs navires de guerre, peur de leurs Apaches et de leur commando tout noir. Qui n’en aurait pas peur ? Nous avons peur qu’ils saisissent notre cargaison et toute l’aide médicale, les matériaux de construction, les maisons préfabriquées, les kits scolaires, et qu’ils les détruisent.

Toute cette solidarité patiemment rassemblée dans de si nombreux pays pendant plus d’un an. Tous ces efforts et cette vague d’amour et d’espoir envoyés par des gens normaux, d’humbles citoyens de Grèce, Suède, Turquie, Irlande, France, Italie, Algérie, Malaisie. Tout ceci pris comme un trophée par un État agissant comme un vulgaire pirate des îles. Qui ne sentirait pas un certain sentiment de responsabilité et de peur de ne pas être capable d’accomplir notre mission et livrer nos marchandises à la population emprisonnée de Gaza ?

Mais nous savons que la peur est aussi de l’autre côté.

Parce que depuis le début de notre coalition, l’État d’Israël fait tout ce qu’il peut pour éviter la confrontation avec nous. Depuis le début ils ont essayé de nous empêcher de partir, de regrouper nos forces et de prendre le large tous ensemble vers Gaza. Ils ont essayé de nous briser.

Leur scénario idéal était de nous diviser, les Irlandais d’un côté, les Grecs et Suédois d’un autre, les Américains d’un autre encore et les Turcs tout seuls. Bien sûr, ils savaient qu’ils ne pourraient pas mettre la pression sur la Turquie, ni agir directement là-bas. Alors ils ont concentré leurs attaques sur les parties irlandaises et grecques de notre coalition.

Le premier set a commencé il y a deux semaines quand ils ont saboté le cargo irlandais, l’obligeant à retarder son départ pour près d’une semaine. Mais, les Irlandais ont réparé aussi vite qu’ils le pouvaient et maintenant ils sont à un ou deux jours derrière nous.

Puis ils ont mis une pression énorme sur le gouvernement grec, affaibli par la crise économique, pour l’obliger à ne pas laisser partir le cargo grec et le bateau de passagers greco-suédois. A cause de ces pressions, nous avons dû retarder notre voyage deux fois et demander aux Turcs, à leurs 500 passagers et aux amis américains qui étaient prêts à partir de nous attendre. C’est ce qu’ils ont fait heureusement !

Jusqu’à la dernière minute avant leur départ de Grèce, nous ne savions pas si les deux bateaux auraient l’autorisation du gouvernement grec, mais finalement le gouvernement grec a décidé de prendre ses responsabilités en agissant comme un Etat souverain et a laissé le cargo et le bateau de passagers quitter le port du Pirée à Athènes.

Le deuxième set a eu lieu hier, dans la partie grecque de Chypre, là où nous avions négocié avec le gouvernement d’embarquer une délégation VIP de parlementaires européens et nationaux de Suède, d’Angleterre, de Grèce et de Chypre. Alors que les deux bateaux de Grèce, le bateau américain venant de Crète et les 4 bateaux turcs étaient déjà au point de rendez-vous attendant que la délégation VIP arrive et embarque à notre bord, nous avons reçu la nouvelle que notre délégation était encerclée par la police chypriote dans le port de Larnaka et interdite de bouger où que ce soit.

Chypre, un pays européen, était en train d’interdire a des parlementaires européens de se déplacer librement sur son sol, en rupture complète de toute législation et réglementations européennes !

Alors que nous commencions à négocier avec le gouvernement chypriote, nous avons clairement compris que ce changement soudain d’attitude envers nous était dicté directement par Israël. De sept heures du matin jusqu’au soir, le gouvernement de Chypre nous mentait, disant que c’était un malentendu que les VIP aient été autorisés à embarquer pour n’importe quelle direction qu’ils souhaitaient, que c’était juste une question bureaucratique à résoudre. Mais rien ne s’est passé et nos parlementaires ont été pris au piège.

Le gouvernement chypriote agissait comme un auxiliaire d’Israël et nous a fait perdre un temps crucial. Ce matin, la délégation VIP a décidé que le seul choix qui restait était d’aller au port de Formogossa dans le Nord de Chypre sous contrôle turc, et de là prendre un bateau rapide pour nous rejoindre au point de rendez-vous.

Bien sûr, parce que notre coalition est formée de Turcs et de Grecs et de Chypriotes, la Chypre du Nord qui est sous occupation turque, est une question politique très importante. Et envoyer notre délégation prendre un bateau dans le port de Formogossa, encore sous embargo des Nations Unies, est une question politique encore plus importante.

Cela aurait pu briser le dos de nos amis grecs et chypriotes de la coalition. Ce fut presque le cas. Mais c’est le contraire qui s’est révélé. Notre coalition tient toujours. C’est le parti chypriote au pouvoir qui est sur le point de se briser, et les 7 parlementaires grecs et chypriotes qui faisaient partie de la délégation et ne pouvaient pas aller au nord de Chypre sont furieux contre le gouvernement chypriote.

Un immense débat a toujours lieu en ce moment en Grèce et à Chypre sur ce qui s’est passé et sur notre flottille pour Gaza. Dans une heure ou deux, 80% de notre délégation VIP embarquera sur nos bateaux et nous partirons pour Gaza comme prévu. Donc nous pouvons dire qu’Israël a perdu les deux sets qu’il a joués.

Dans quelques heures, le dernier set, crucial, commencera quand nous entrerons dans les eaux de Gaza. Bien sûr, matériellement, il serait très facile pour Israël de nous stopper et nous arrêter, mais le coût politique qu’ils auront à payer sera énorme. Vraiment énorme, à tel point que toutes les ruses et les pièges qu’ils ont tenté de mettre sur notre route ont réussi à faire une seule chose : sensibiliser de plus en plus de gens partout dans le monde sur notre flottille et sur la situation de Gaza.

Et de tout ça, nous apprenons quelque chose : la peur n’est pas de notre côté, mais du côté d’Israël. Ils ont peur de nous parce que nous représentons la colère des gens tout autour du monde. Les gens qui sont mécontents de ce que l’État criminel d’Israël fait aux Palestiniens et à chaque amoureux de la paix qui ose prendre le parti des opprimés. Ils ont peur de nous parce qu’ils savent que, dans un proche avenir il y aura encore plus de bateaux à venir à Gaza comme il y a de plus en plus de personnes à décider de boycotter Israël chaque jour.

Thomas Sommer-Houdeville, depuis l’un des bateaux de la flottille de Gaza

* coordinateur de la campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien (ccippp)

Free Gaza : Nous partons !


Contacts directs : voyez aussi ici et une adresse pour rester en contact(videos) le canal turc direct et celui-ci

Écrit par Free Gaza Team | 29 Mai 2010

Après des pressions énormes de la part des Chypriotes grecs, qui sont revenus sur l’accord qu’ils avaient conclu avec nous , http://www.cyprus-mail.com/cyprus/cyprus-stops-mps-joining-gaza-flotilla/20100529 nous avons été forcés d’emmener nos députés britanniques et des militants à Famagusta hier, sur le côté chypriote/ turc de l’île. Nous avons passé toute la journée à faire la navette d’un port à l’autre, entourés par les hélicoptères et la police. Il est évident que notre marché avec les officiels chypriotes est tombé à l’eau, et nous sommes finalement les pions d’un feuilleton politique. Les membres chypriotes du Parlement, ceux qui avaient travaillé avec tant d’acharnement pour nous obtenir la permission de partir, étaient scandalisés. Les membres grecs du Parlement ont fini par nous dire d’aller au Nord. S’ils le pouvaient, ils le feraient. Les officiels chypriotes ont dit que le gouvernement prenait cette décision parce que, « la république de Chypre lutte pour sa survie », mais qu’il n’a pas plié sous la pression d’Israël. Ils ont dit cela en baissant la tête.

D’après l’accord que nous avions passé avec le gouvernement chypriote, nous embarquions nos passagers VIP et les membres du Parlement au large de Chypre. L’embarquement se ferait à l’abri des médias. Nos bateaux ne toucheraient pas Chypre. Nous prendrions de petites embarcations de nos propres bateaux et l’embarquement se ferait au-delà de la limite territoriale de 12 miles.

Les autorités ont décidé que nous ne pouvions même pas faire cela, précisant essentiellement que même si nous embarquions les passagers dans de petits bateaux n’importe où dans la partie grecque de Chypre, à partir de n’importe quel port, nous ne pourrions pas dépasser les limites territoriales pour aller à Gaza. 27 personnes étaient censées embarquer, dont neuf Chypriotes et deux Grecs. Aucun n’a pu venir avec nous quand nous sommes partis au Nord.

Ensuite, et au même moment, deux des bateaux de passagers ont mystérieusement eu des problèmes mécaniques, à 15:30. Challenger 2 a réussi à transborder 14 personnes sur le IHH, et s’est ensuite traîné jusqu’au port de Limassol, http://www.youtube.com/watch?v=BjGoe3Gi-ns&feature=player_embedded harcelé par des hélicoptères chypriotes , nous interdisant essentiellement d’amener notre bateau endommagé jusqu’au port.

Notre autre bateau, Challenger 1, s’est dirigé vers Famagouste avec 16 passagers. Ce bateau là aussi était endommagé ; quelque chose clochait avec le gouvernail.

Nous nous sommes trimbalés pendant toute la journée d’ hier. Nous avions commencé à 7:00 et à 22:00 nous n’avions pas où embarquer et nos bateaux étaient hors service.

Mais nous avons tous la fièvre de Gaza et personne ne renonce.

Il nous a fallu toute la journée pour trouver quelqu’un sur le côté turc pour transporter certains de nos passagers par ferry jusqu’à la flottille qui attendait patiemment depuis cinq heures au large de Chypre. À 18:00, 20 de nos passagers sont partis pour rejoindre la flottille et le MP suédois et trois MP allemand sont à bord. Hedy n’est pas présente et nous sommes catastrophés de ce que, une fois de plus, elle ne pourra pas aller à Gaza.

La flottille part à Gaza demain aux premières heures et nous devrions arriver dans l’après-midi. Nous avons persévéré… Al Samoud.

La Flottille de la Liberté et les medias


Quel est la valeur d’un mot ? En fait, elle est énorme
Jamal Elshayyal

L’histoire de la Flottille de la liberté est l’une des plus grandes démonstrations de résistance civile internationale collective, à laquelle participent 50 nationalités et plus de 30 parlementaires ; pourtant, elle est ignorée par plusieurs grands réseaux d’information internationaux.

AFP

À un moment où les médias et la désinformation sont indubitablement aussi puissants que les armées, les résultats des batailles pour les coeurs et les esprits façonnent souvent le monde dans lequel nous vivons.

Ce n’est jamais plus vrai que dans le cas de la lutte des Palestiniens pour leur libération. En tant que journaliste, je me rends compte des nuances simples qui sont souvent employées et qui touchent finalement les vies de millions de personnes. Par exemple, une « guerre » peut être décrite comme un « conflit », ou des civils « tués » dans une attaque aérienne pourraient également être désignés comme des civils qui « sont morts » dans une attaque etc.

C’est mentir que de dire que les mots ne sont que des mots.

De Mark Regev à Press TV, alors que les conseillers en communication politique et les moyens de communication décident comment réagir et rendre compte de la Flottille de la liberté dans les prochains jours, il est important de contrôler leurs mots (ou leurs silences) sous toutes les coutures.

Pour commencer, il faut se demander pourquoi une nouvelle aussi importante n’est pas reprise par plusieurs grands réseaux d’information internationaux. Il va sans dire qu’une des plus grandes démonstrations de résistance civile internationale collective, à laquelle participent 50 nationalités et plus de 30 parlementaires, et qui coûte des millions de dollars est une nouvelle digne d’être mentionnée.

Cette flottille affecte directement les vies de 1,5 millions de Gazaouis qui vivent sous siège depuis plus de 3 ans ; en fait elle affecte également les vies de beaucoup d’Israéliens qui s’accrochent à une illusion à deux faces, celle d’une colonisation démocratique. Je suis époustouflé de voir que certaines agences de presse pensent que le lancement européen du Apple’s i-Pad mérite une place plus importante dans les nouvelles.

Quand on en vient aux médias arabes, c’est la même chose. En Égypte par exemple, on ne mentionne guère que si ce n’était pour la collaboration du Caire avec Israël, le siège de Gaza n’aurait jamais réussi, et cette flottille ne serait probablement pas nécessaire.

Au lieu de cela, les journaux et les interviews télévisées, caractérisent les organisateurs de la flottille d’hypocrites parce qu’ils refusent l’offre généreuse du gouvernement égyptien d’accoster à Alarish et d’aller de là à Gaza. Et l’Égypte n’est pas la seule ; même ceux qui dans le monde arabe ont félicité les passagers à bord de la flottille de leur tentative de briser le siège israélien inhumain et illégal de Gaza, ne se demandent pas pourquoi leurs gouvernements ne font pas davantage.

Pourquoi quelques centaines d’individus ont-ils pris l’initiative de soulager un peuple assiégé, dont les pays « frères », malgré toute leur richesse et leur puissance militaire, ne feront rien ?

Dans les prochains jours, lorsque les journalistes et les politiciens se demanderont quels mots employer (ou ne pas employer) n’oublions pas qu’au-delà des mots, il y a 1,5 millions de personnes qui restent assiégées.

Défaites l’écheveau de la désinformation et vous découvrirez qu’un territoire ravagé par 23 jours de bombardements israéliens reste dévasté. Lisez entre les lignes et vous verrez que cette flottille n’est rien de plus qu’une flamme d’espoir pour ceux qui n’ont guère plus que ça. De l’espoir. Juste un mot.
source

Israël expulsera les activistes avec des « gants »


une adresse pour rester en contact(videos)

le canal turc direct d’un bateau

La « Flottille pour la liberté », rassemblée au large de Chypre, devrait faire route vers Gaza ce week-end
REPORTAGE ASHDOD (ISRAËL) DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL Serge Dumont

« Opération vents célestes. » Tel est le nom donné par l’état-major de l’armée israélienne au dispositif déployé par la marine pour empêcher la « Flottille de la liberté » de briser le blocus israélien frappant la bande de Gaza palestinienne (Le Soir de vendredi).

Outre plusieurs navires de guerre et vedettes rapides, Israël a déployé une unité de commando spécialisée dans les opérations en mer et une autre chargée de détecter et de neutraliser des explosifs. Vendredi, les sept bateaux chargés d’aide affrétés par les militants propalestiniens ont reporté à ce samedi leur départ vers l’enclave palestinienne.
Dans une zone protégée du port d’Ashdod, une prison pour VIP a également été installée en vitesse. Elle est composée de tentes blanches, susceptibles de retenir un millier de personnes.

C’est dans ce camp improvisé que des fonctionnaires du ministère de l’Intérieur interrogeront les membres de la Flottille interpellés en mer. Ils leur signifieront ensuite leur expulsion immédiate du pays. « Israël paiera le prix des billets d’avion : ces gens-là vont donc voyager sur le compte du contribuable d’un Etat qu’ils haïssent », précise un porte-parole du ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman.

Pour ce dernier, l’existence même de la Flottille est une « agression violente » contre Israël. « Conforter la dictature du Hamas » L’arrivée prévue du convoi propalestinien donne lieu à une campagne israélienne de relations publiques aussi importante que celle qui avait précédé l’évacuation des colonies juives de la bande de Gaza, en 2005. Objectif ?

Démontrer qu’« il n’y a pas de crise humanitaire dans la bande de Gaza » et que la Flottille a pour objectif caché de « conforter la dictature du Hamas sur ce territoire palestinien ». Dans ce cadre, les porte-parole officiels israéliens abreuvent les journalistes de données relatives aux quantités de pétrole, de biens de consommation et même de rouleaux de papier toilette autorisés à pénétrer dans Gaza. Ils multiplient aussi les « tuyaux » invérifiables sur les organisateurs de la Flottille. Entre autres, sur une fondation islamique turque qui financerait le Hamas.

Ces arguments sont martelés sans relâche. Ils visent aussi le grand public par le biais d’un canal ouvert sur YouTube. Quant à la presse israélienne, elle dirige ses flèches vers certains des participants au convoi : le cheik Raed Salah – leader du Mouvement islamique, plusieurs fois condamné par Israël – ainsi que Mgr Hilarion Cappucci, un ancien archevêque catholique de Jérusalem condamné en 1974 à 12 ans de prison pour avoir passé des armes pour l’OLP.

« Vous voyez bien que les intentions de la Flottille ne sont pas claires, assène l’un des nombreux officiers envoyés à Ashdod pour plaider la cause israélienne auprès de la presse étrangère. Nous devons nous défendre contre nos ennemis. N’importe quel pays ferait la même chose. » ■ SERGEDUMONT

source : lesoir du 29 mai, page 15

Bateaux pour Gaza


Belkacem93 — 28 mai 2010 — Bateaux pour Gaza : Nicolas Shahshahani en direct de Larnaca
Le vice-présisdent de CAPJPO-EuroPalestine est à l’heure qu’il est en haute mer, sur l’un des bateaux partis ce matin de Chypre pour aller à Gaza. Il nous donnait ce matin, dans cet enregistrement sonore, les dernières nouvelles concernant cette expédition, qui fait honneur à tous ceux qui y participent, dont Hedy Epstein, 85 ans, rescapée du génocide nazi, qui se trouve à bord du même bateau que Nicolas.

On en parle si peu, heureusement, il y a Baudouin Loos


Les neuf bateaux chargés d’aide pour Gaza devraient cingler vers le territoire palestinien vendredi ou samedi. ● Israël est prêt à les intercepter par la force. ● L’affaire vire à la confrontation médiatique.

L’opération « Flottille de la liberté pour Gaza » bat son plein et tourne déjà à la bataille médiatique. Neuf bateaux doivent faire leur jonction ce vendredi au large de Chypre avant de cingler vers la bande de Gaza.

Pour les quelque 750 militants concernés, surtout européens et turcs dont des parlementaires d’Europe, il s’agit de faire parvenir à la population palestinienne du territoire gazaoui 10.000 tonnes d’aide diverse, comme des matériaux de construction (et deux mille tonnes de ciment) dont Israël, qui fait le blocus de Gaza, empêche l’importation.

Les autorités israéliennes prennent l’affaire très au sérieux. Les sept principaux ministres se sont réunis mercredi à ce sujet et, selon le quotidien Haaretz, ont analysé les possibles répercussions négatives pour l’image d’Israël de l’abordage annoncé de la flottille par les forces navales israéliennes. Car c’est décidé : aucun bateau ne passera. Les ministres sont convenus d’inviter des journalistes étrangers à bord des bateaux de la marine de guerre israélienne. Ils ont indiqué que les bateaux seraient arraisonnés et détournés vers le port d’Ashdod.

La marchandise, après inspection devant les ambassadeurs concernés, serait ensuite conduite à Gaza par la voie routière. Les militants seront expulsés.

Les ambassades israéliennes dans le monde ont été chargées de transmettre à la presse des chiffres prouvant qu’une quantité suffisante de marchandises arrive chaque semaine à Gaza. L’ambassade israélienne de Bruxelles, qui accuse les organisateurs de la flottille d’« exploitation cynique de l’agenda humanitaire dans le seul but de nuire à l’image d’Israël », a aussi ajouté des liens internet orientant les journalistes vers des articles de la presse mondiale qui montrent que les nombreux tunnels clandestins entre l’Egypte et Gaza – qu’Israël bombarde régulièrement – permettent aux Gazaouis d’obtenir toutes sortes de produits interdits par Israël.

Appel de Michel et de Durant

Alors que les militants qui s’apprêtent à voguer vers Gaza en appellent à leurs gouvernements pour faire entendre raison à Israël, les Européens se taisent dans toutes les langues. Plusieurs députés européens se sont toutefois démarqués de cette discrétion.

A Bruxelles, Isabelle Durant et Louis Michel ont fait une brève trêve dans leur campagne électorale pour réunir la presse jeudi. « Nous lançons un appel pour que cette mission humanitaire destinée à soulager la population palestinienne de Gaza arrive à bon port », a dit la vice-présidente du Parlement européen et membre des verts, qui a rappelé qu’une mission parlementaire européenne était dans la région et que certains députés allaient entrer à Gaza par l’Egypte.

« Nous voulons lancer un cri car il y a urgence face à un possible assaut israélien contre ces bateaux. S’agissant du droit humanitaire, il n’y a pas à discuter. » L’ancien commissaire européen Louis Michel a expliqué que le droit humanitaire motivait aussi sa mobilisation. « Je m’insurge, a-t-il dit, contre l’intimidation militaire dissuasive israélienne qui est en contradiction avec l’esprit et la lettre du droit humanitaire dont le respect est mon obsession. L’argument israélien disant que l’opération sert le Hamas ne tient pas, il est éculé et pas tolérable. » « C’est un épouvantail pour discréditer l’opération », a ajouté Isabelle Durant.

P.S Source : Le Soir du 28 mai, page 15

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