Les secrets de fabrication des «carnets de guerre» de WikiLeaks


Par LIBÉRATION.FR

ulian Assange, le fondateur de WikiLeaks, le 26 juillet 2010 (REUTERS/Andrew Winning)

La guerre ordinaire en Afghanistan. Embuscades, bombes artisanales, échanges de tirs entre soldats «amis», corruption… la publication par le site WikiLeaks et trois titres mondialement connus (New York Times, Guardian et Spiegel) des «carnets de guerre» du conflit afghan passionne. Retour sur les secrets de fabrication de ce scoop à grande échelle.

L’ampleur de la fuite

Pour de nombreux observateurs, il s’agit de la plus grande fuite de l’histoire militaire, plus importante encore que l’affaire des «papiers du Pentagone» en 1971. Les autorités américaines savaient d’ailleurs qu’elles avaient été victimes d’une fuite majeure.

Au total, 92.201 fichiers, datant de janvier 2004 à décembre 2009, ont été mis en ligne sur WikiLeaks. Ils proviennent notamment de l’ambassade américaine à Kaboul. Ces rapports de routine sont «utilisés par des officiers du Pentagone et par les troupes sur le terrain». Pour le Guardian, ils soulignent le «fossé entre un compte-rendu soigneusement policé pour les opinions publiques et la réalité bien plus compliquée du terrain»

Le mode opératoire

WikiLeaks aurait-il atteint l’âge de raison? C’est ce que semble penser Blake Hounshell, dans un billet traduit par le blog Déclassifiés. Le site, fondé en 2006, se veut «la première agence de renseignement du peuple». Il avait déjà défrayé la chronique en mettant en ligne début avril la vidéo d’une bavure de l’armée américaine en Irak.

Critiqué pour sa propension à publier des informations «brutes» et manquant de mise en perspective, WikiLeaks a cette fois travaillé de concert avec trois grand journaux, de trois pays différents, engagés dans la guerre en Afghanistan. Le site prend contact, il y a quelques semaines, avec les rédactions concernées et leur fournit l’intégralité des données à sa disposition.

Les journalistes du New York Times ont ainsi pu enquêter un mois sur le dossier, vérifier les informations, démêler l’essentiel de l’anecdotique. L’accord avec WikiLeaks prévoit aussi une publication simultanée. Elle a lieu ce lundi. Chacune des rédactions a pu effectuer un travail de mise en valeur des données, souvent arides.

Cette stratégie permet à WikiLeaks de jouer sur deux tableaux: elle donne d’abord un retentissement bien plus important à son travail, mais lui permet également de se «protéger» des remontrances de l’administration américaine. Au final, note le Washington Post, on perçoit une «puissance et une sophistication grandissante du site». Celui-ci, rappelons-le, était au bord du dépôt de bilan il y a quelques mois.

Quid des informations sensibles?

WikiLeaks assure avoir pris toutes les précautions pour ne pas mettre en danger de vies humaines. Les noms de personnes dont l’identité devait être protégée ont été effacés et près de 15.000 documents n’ont pas été mis en ligne.

De même, seule une partie des 92.000 fichiers a été reprise par les trois journaux. Quand des éléments mettaient en danger la «sécurité nationale», ils n’ont été publiés que partiellement. Si les données sont classées au rang de «secret», elles ont un «niveau de sécurité relativement faible», relève le Guardian.

Quelles réactions?

WikiLeaks est un «ennemi» bien connu de l’administration américaine. Dès 2008, la CIA écrivait: «WikiLeaks représente une potentielle menace pour l’armée américaine […], ses informations pourraient être de grande valeur pour les insurgés étrangers et groupes terroristes planifiant des attaques contre le pays et ses ressortissants». Quant au soldat responsable de la fuite sur la bavure de 2007 en Irak, il a déjà été inculpé.

Sans confirmer ni démentir la véracité des documents, les Etats-Unis n’ont pas manqué de «condamner fermement la publication d’informations confidentielles par des personnes et des organisations qui pourraient mettre en péril la vie d’Américains et de nos alliés, et menacer notre sécurité nationale». L’ambassadeur du Pakistan aux Etats-Unis a lui jugé «irresponsable» la publication des documents confidentiels, les qualifiant même de «rumeurs».

De son côté, Julian Assange, fondateur de WikiLeaks et militant contre la guerre en Afghanistan, a affirmé que «le bon journalisme est controversé par nature». L’homme, qui vit quasi-caché et à qui ses avocats recommandent de ne pas se rendre aux Etats-Unis, invoque l’intérêt du public pour justifier la publication des fichiers: «Ils montrent non seulement les événements graves mais aussi le côté sordide de la guerre, de la mort d’un enfant aux opérations majeures qui tuent des centaines de personnes.»

«Il revient à un tribunal de dire clairement si on est en présence ou non d’un crime. Cela dit, à première vue, il semble qu’il y ait des preuves de crimes de guerre dans ces documents», a-t-il déclaré.

L’interdiction d’Al-Aqsa-TV par la France: Du terrorisme contre l’information


Abdelbari Atwan عبد الباري عطوان

Traduit par Esteban G.

La décision prise par le gouvernement français d’interdire la transmission des émissions télévisées de la chaîne Al-Aqsa via le satellite Eutelstat trahit l’influence d’Israël et de ses partisans actifs dans les gouvernements occidentaux. La France, en particulier, relaie une des causes de la haine croissante dans les pays arabes et musulmans contre ces gouvernements mettant en évidence l’hypocrisie de sa liberté d’expression, de ses droits humains et de son Etat de droit, dont elle se vante en permanence. Illégale et immorale, cette décision représente la victoire des puissants contre les opprimés.

Les prétextes invoqués par le gouvernement français pour justifier sa décision ne sont pas convaincants : ils manquent grandement de cohérence avec les valeurs de liberté. Le gouvernement français devrait agir prudemment, s’engager dans le dialogue, écouter le point de vue des autres et chercher à comprendre le contexte, mais force est de constater qu’il n’en est rien.

Certes, la chaîne satellite Al-Aqsa n’est pas la BBC ni CNN, mais elle n’a rien à envier non plus à Fox News. Elle s’exprime au nom d’un gouvernement élu démocratiquement et représente un mouvement de résistance qui lutte avec tous les moyens dont il dispose pour restaurer ses droits. La France accueille sur son sol des mouvements qui luttent contre les autorités légitimes du Darfour, tout comme elle avait hébergé précédemment les mouvements de résistance iraniens et l’Ayatollah Khomeiny lui-même.

Que se serait-il passé, à l’époque de l’occupation nazie, si la Résistance n’avait pas pu recourir aux émissions radio pour appeler à la résistance et à la lutte contre l’occupant afin de renverser le gouvernement de Vichy ?

L’interdiction injuste a été prise sous prétexte que la chaîne avait transmis une série de dessins animés montrant Mickey Mouse appeler à la résistance et inciter à combattre l’occupation. Quel mal y a-t-il à cela ? Et la France, que voudrait-elle ? Que les émissions diffusées depuis la bande de Gaza – assiégée et affamée depuis quatre ans, privée de ressources et dans l’impossibilité d’importer 4000 produits nécessaires, comme la coriandre ou les médicaments de base – pour appeler à résister contre l’occupant des terres palestiniennes qui bafoue les droits humains aient la forme de séries glamour ?

On attendrait du gouvernement français qu’il promulgue un décret interdisant plutôt aux radios et télévisions israéliennes d’émettre via ce satellite, car ces médias représentent l’Etat responsable des crimes de guerre commis dans la Bande de Gaza au cours de la dernière agression et du viol du droit international par l’abordage d’un navire transportant des militants pacifistes venus livrer des fauteuils roulants destinés aux personnes mutilées par les missiles et les bombes au phosphore blanc, ainsi que des matériaux pour reconstruire les 65 000 maisons détruites.

Le gouvernement français qui a pris cette décision fait semblant d’ignorer l’assassinat par le Mossad de Mahmoud al-Mabhouh à Dubaï, alors que le dirigeant du Hamas était détenteur d’un passeport français, un acte commis en violation des fondements de la souveraineté française et mettant de fait en danger la vie de ses propres citoyens.

N’aurait-il pas été plus juste de s’en prendre à un Etat qui a enfreint les lois françaises, le droit et les traités internationaux, qui a poignardé dans le dos un pays ami comme la France et trahi sa confiance, plutôt que de bâillonner une chaîne de télévision qui représente les aspirations d’un peuple assiégé aspirant à la liberté et à l’indépendance ? Cette question, nous la posons au président Nicolas Sarkozy, dont la famille a souffert du nazisme et des massacres perpétrés.

D’après l’Occident et la France, les gazaouis devraient tolérer d’être bombardés par des missiles israéliens qui déchiquettent le corps de leurs enfants affamés, et danser sur les décombres de leur maison détruite en poussant des cris de joie. Pourquoi veut-on étouffer les hurlements de douleur et d’injustice ? Est-ce à cette conception de la justice et de la démocratie que l’Occident est attaché ?

Des chaînes de télévision comme Al-Aqsa ou Al-Manar comptent parmi les rares qui peuvent encore dénoncer la douleur d’un peuple. Elles sont « très pondérées », voire très polies, en comparaison des stations radio de la Résistance française qui combattaient l’occupation nazie, comme l’attestent les émissions conservées dans les archives françaises et britanniques ainsi que de nombreux documentaires.

A cause d’un nuage de cendres émis par un volcan islandais, l’Europe a été paralysée pendant une semaine, la majorité des aéroports ayant été fermés. Les télévisions européennes ont montré la tragédie vécue par les passagers bloqués et forcés de vivre dans des abris cinq étoiles, loin de leur famille et de leur pays. Mais ni elles, ni les gouvernements européens n’ont fait preuve de solidarité pour les 2 millions de personnes vivant dans la Bande de Gaza sans médicaments pour les malades, sans lait pour les enfants et sans espoir de pouvoir se rendre à l’étranger, notamment en raison des murs d’acier érigés à chaque point de passage.

Nous comprendrions mieux le jeu de la France si Al-Aqsa émettait dans la langue de Molière et qu’elle avait pour objectif d’influencer l’opinion publique française, de« contaminer » sa conscience pour tenter de réduire ou de saper son soutien à Israël. Mais le fait est que cette télévision diffuse en arabe et s’adresse à un public totalement convaincu et qui n’a pas besoin qu’on lui dise quoi penser des massacres israéliens. Il est donc stupide de la part du gouvernement français d’empêcher la diffusion des programmes.

Comble de l’ironie, sous prétexte de diffusion d’idées extrémistes (Miracle! La résistance est devenue de l’extrémisme !), l’interdiction intervient alors que le processus de paix vit ses derniers moments. En effet, Israël a refusé les décisions de la Commission du Quartet International, et ses alliés d’Occident continuent, dans une attitude de défi, à participer à l’implantation de colonies illégales, à la judaïsation de lieux saints, à la destruction de maisons de la Jérusalem occupée et à la construction de murs racistes.

En prenant parti de manière aussi flagrante pour la domination israélienne, la France non seulement perd beaucoup de la crédibilité acquise par De Gaulle, Mitterrand ou Chirac dans le monde arabe et islamique, mais elle ternit aussi son image et renforce même les groupes extrémistes en leur offrant des conditions opportunes pour le recrutement de nombreux jeunes qui refusent les voies légitimes et les critères juridiques et politiques.

Nous espérons que le gouvernement français lira attentivement les récentes déclarations du chef du Mossad, Meir Dagan, lequel affirme qu’Israël est devenu un fardeau moral et une menace pour la sécurité de l’Occident, ou celles du commandant des forces armées US en Afghanistan, le Général McChrystal, selon qui la politique israélienne menace la vie de ses soldats en Afghanistan et en Irak. Mais il semble qu’Israël préfère perpétuer sans réfléchir ses politiques erronées et aveugles, sur cette question comme sur d’autres.

Injuste et malheureuse, cette décision à laquelle on ne peut pas grand-chose favorise aussi bien le terrorisme intellectuel que la suppression de la liberté. C’est une abdication humiliante face à la domination israélienne, qui s’accompagne de calamités de plus en plus grandes.

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement français se soumet aux diktats et aux pressions israéliennes. Il y a quelques années, il a déjà exercé cette même répression intellectuelle sur le média libanais du Hezbollah, Al-Manar. Il a également trahi les valeurs de liberté et de justice en interdisant la publication et la distribution de quotidiens irakiens ou arabes opposés à la destruction de l’Irak en répression de l’invasion du Koweit en 1990, ce qu’aucun gouvernement européen n’avait fait, pas même la Grande Bretagne, pourtant bien plus engagée pour libérer le Koweit puisqu’elle collaborait activement avec les forces armées US.

Merci à القدس العربي
Source: http://81.144.208.20:9090/pdf/2010/06/06-16/All.pdf
Date de parution de l’article original: 17/06/2010
URL de cet article: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=721

La droite israélienne embrasse-t-elle la solution à un État ?


lundi 26 juillet 2010 – 07h:01

Ali Abunimah – The Electronic Intifada

Des Palestiniens accrochent leur drapeau sur une clôture entourant une colonie israélienne en Cisjordanie occupée - Photo : Luay Sababa/MaanImages

Au milieu des années 80, le pouvoir blanc d’Afrique du Sud, soumis à de fortes pressions internes et externes, avait commencé à considérer la possibilité de réformer son système de domination basé sur l’Apartheid. Israël va-t-il adopter la même démarche, interroge Ali Abunimah ?

Ces dernières années les Palestiniens ont recommencé à soutenir la solution à un État leur garantissant, ainsi qu’aux juifs israéliens, des droits égaux dans toute la Palestine historique.

On pourrait escompter que parmi les juifs israéliens, la solution à un seul État émanerait de l’extrême gauche et, en fait, c’est là que l’on trouve les partisans les plus éminents de cette idée, mais en petit nombre.

Les propositions récentes sur l’octroi de la citoyenneté israélienne aux Palestiniens de Cisjordanie, notamment le droit de voter lors des élections pour la Knesset, sont provenues d’une origine surprenante : de partisans de droite tels que le speaker de la Knesset, Reuven Rivlin, et de l’ancien ministre de la défense, Moshé Arens, l’un et l’autre membres du Likoud, parti du premier ministre, Benjamin Netanyahou.

Chose plus surprenante encore, l’idée a été poussée par d’importants militants du mouvement des colons israéliens de Cisjordanie qui ont fait l’objet d’un article incontournable rédigé par Noam Sheizaf dans le journal Haaretz.

suite

Nouvelles initiatives pour casser le siège de Gaza


http://www.vivapalestina.org

Le terrible massacre à bord du « Mavi Marma » le 31 mai a produit un changement dans l’opinion internationale contre le siège inhumain du peuple de Gaza.

Dans les eaux internationales, l’armée israélienne s’apprête à aborder la flottille.

Loin de dissuader les gens à s’ingénier à mettre fin au siège, l’assaut israélien contre la « flottille de la liberté » a incité encore plus de gens à apporter de l’aide humanitaire à la population de Gaza et à en finir avec le siège.

Viva Palestina a déjà organisé 3 convois imposants – par la terre – depuis ces 18 derniers mois. Chacun d’eux est parvenu à livrer son chargement et Viva Palestina a également participé à la dernière flottille.

Depuis ces dernières semaines nous sommes en discussion avec des organisations partenaires pour coordonner nos efforts à la fois par la terre et par la mer afin d’avoir le maximum d’impact.
C’est dans ce contexte que Viva Palestina lance son opération

« Viva Palestina 5 – La sauvegarde de Gaza ».

Il s’agit d’un convoi terrestre imposant qui quittera Londres le samedi 18 Septembreen même temps que deux autres convois qui quitteront Casablanca et Doha. Ces trois convois terrestres seront coordonnés avec une flottille internationale – encore plus importante que celle du 31 mai – et qui se dirigera par la mer et arrivera en même temps que les 3 convois terrestres .

Viva Palestina prendra la direction du convoi terrestre « la Sauvegarde de Gaza » en partenariat avec « Le Comité International pour rompre le siège de Gaza » ainsi qu’avec des organisations d’Europe, de Turquie, du Moyen-Orient, d’Australie, d’Inde et d’Afrique du Sud.

Le Samedi 18 Septembre sera sans aucun doute le samedi le plus propice après le mois du Ramadan . Nous nous proposons de conduire 500 véhicules qui transporteront de l’équipement médical, des fournitures scolaires et tout ce qui est nécessaire pour le reconstruction d’une mosquée détruite, d’une école pour orphelins et d’une maternité à Beit Hanoun.

Nous soutenons le flottille internationale qui est programmée pour toucher terre à Gaza dans le même temps.

Des institutions de renom en appellent à la fin du siège de Gaza : L’Union européenne, les Nations-Unies et les grandes institutions de bienfaisance telles que OXFAM . Nous en appelons à la participation la plus large et la plus conséquente du plus grand nombre à cet effort qui sera de loin le plus efficace grâce à sa coopération avec d’autres sur une détermination commune.

Nous pensons avoir tiré toutes les conséquences de nos pratiques précédentes pour renforcer notre capacité opérationnelle nos méthodes. Si vous avez déjà pris part à nos 4 précédentes initiatives et que vous souhaitiez renouveler votre participation à « Viva Palestina 5 » nous vous invitons à lire attentivement les informations qui suivent…

…En ce qui concerne la flottille, « Viva Palestina » entend la soutenir, aucune date n’a encore été retenue mais toutes les organisations qui ont participé à la « Flottille de la Liberté » au mois de mai ainsi que quelques autres font tout pour que leur débarquement coïncide avec les convois terrestres qui arriveront au mois d’octobre. Cette flottille qui sera plus importante que celle du mois de mai va nécessiter un effort massif pour la collecte de fonds. Ce faisant, les capacités de chargement des bateaux seront nécessairement plus limitées. « Viva Palestina » entend apporter une contribution significative à cette initiative en même temps qu’elle met en œuvre une large coalition internationale pour le soutien des convois terrestres.

Le message de la population assiégée de Gaza est clair et fort : « Venez massivement, de façon organisée et coordonnée, par terre et par mer, pour apporter une aide vitale qui mettra en lumière l’injustice de ce siège ».

Pour donner suite à ce message nous apportons une attention toute particulière à ce que nous allons transporter afin de nous assurer que les produits sont de haute qualité et qu’il correspondent aux besoins que les gens de Gaza ont eux mêmes identifiés.

Le gouvernement israélien semble considérer Gaza comme un dépotoir.

Ceux qui soutiennent le peuple palestinien pensent que Gaza mérite plus que ce que les pays occidentaux lui accordent : non seulement le mouvement des biens et des personnes mis aussi ses rapports avec les pays voisins, vitaux pour la reconstruction de son économie.

C’est pourquoi ce convoi qui va se présenter au poste frontière de Rafah – que le gouvernement égyptien a déclaré « ouvert » – est absolument vital.
(diffusé par J. Salles)

Plaignez-nous


Et vous qui avez des problèmes de conscience devant ce que font les sionistes en votre nom, vous oubliez. Et les familles des neuf turcs assassinés, elles n’existent pas, elles ne souffrent pas.

La mort de Fadlallah et la censure imposée par l’Occident


vendredi 23 juillet 2010 – 06h:23

Matthew Cassel – The Electronic Intifada

Il y a beaucoup à dire sur le grand Ayatollah Mohammed Hussein Fadlallah, l’ecclésiastique musulman chiite libanais qui a rendu son dernier souffle le 4 juillet 2010 à l’âge de 75 ans.

Des centaines de milliers de personnes ont défilé dans les rues de la banlieue sud de Beyrouth pour rendre un dernier hommage à l’Ayatollah Fadlallah - Photo : Matthew Cassel

Malheureusement, beaucoup de ce qui doit être mentionné souffre d’un non-dit, au profit de reportages à sensation sur cette région et ses habitants.

Fadlallah était un ecclésiastique chiite progressiste, connu pour avoir défendu la résistance armée et les droits des femmes. Il s’était opposé aux 22 années d’occupation du Sud-Liban par Israël et avait encouragé la résistance contre celle-ci. En 1985, la CIA a été soupçonnée d’être à l’origine de l’explosion d’une voiture qui visait à le tuer – en vain, malgré la violence de l’attaque qui a provoqué la mort de 80 civils libanais et fait des centaines de blessés. Toutefois, son soutien à la résistance ne se limitait pas aux envahisseurs israéliens : l’Ayatollah Fadlallah a aussi défendu le droit des femmes à utiliser la violence pour résister aux abus domestiques.

Le lendemain de sa mort, Nasawiya, un collectif féministe libanais, a posté un message sur Facebook en s’adressant à Fadlallah : « Ta voix féministe nous manquera. » Le commentaire lié à une nécrologie de la journaliste Zeinab Yaghi écrivant en arabe pour le quotidien libanais As-Safir a dit de Fadlallah que « les femmes le considéraient comme un père » et qu’il « encourageait le travail des femmes. »

Il était un guide pour beaucoup de musulmans chiites libanais et pour beaucoup d’autres dans le monde. Au Liban, un pays divisé entre des lignes religieuses strictes, il représentait réellement une figure religieuse unique en appelant au respect des autres croyances et à la laïcité.

La plupart des journaux anglophones ont, à tort, lié Fadlallah au Hezbollah, la résistance islamique chiite et groupe politique au Liban. Ils expliquent que Faldallah a influencé les fondateurs du Hezbollah avec de nombreux autres jeunes chiites durant les années qui ont précédé puis vu la formation du Hezbollah au début des années 80. Mais au Liban, tout le monde sait que en dépit du respect mutuel qu’ils se sont témoignés, Fadlallah et le Hezbollah ne travaillaient pas ensemble et étaientmême en désaccord sur plusieurs questions. La plupart de ces dissensions fondamentales reposent sur les relations proches que le Hezbollah entretient avec la République Islamique d’Iran, alors que Fadlallah a été longtemps opposé à la direction cléricale inspirée et organisée par l’Ayatollah Khomeini après la Révolution Islamique de 1979.

Cette erreur intentionnelle de lier Fadlallah au Hezbollah n’étonne pas de la part de médias qui préfèrent souvent le sensationnalisme à la vérité quand il est question du Liban et de sa région. En tant que journaliste et photographe travaillant dans la région du Liban, je sais que les médias européens et américains s’intéressent rarement aux questions politiques et religieuses quand il n’est pas question du Hezbollah. L’importance de l’Ayatollah Fadlallah avait peu à voir avec le Hezbollah, et on l’a constaté le 6 juillet 2010 lorsque des milliers de personnes ont défilé dans les rues pour lui rendre hommage.

Rompant avec ces pratiques sensationnalistes, un commentaire placé sur le site du gouvernement britannique par Frances Guy, l’ambassadrice de Grande-Bretagne au Liban (dont j’ai critiqué les prises de position dans le passé), qui disait :

« Le monde a besoin d’hommes comme [Fadlallah], disposés à dépasser les croyances, reconnaissant la réalité du monde moderne et osant s’attaquer aux vieilles contraintes. Puisse-t-il reposer en paix. »

C’était un hommage très amical pour un guide religieux, basé sur la connaissance qu’il avait du personnage Fadlallah et sur ses rencontres avec lui à Beyrouth. Cet hommage à même réussi à ne pas mentionner le « Hezbollah » une seule fois. Je ferais le lien avec un commentaire qui, heureusement, n’a pas été supprimé « après mûres réflexions » par le ministère des affaires étrangères britannique qui pensait que Guy était un peu trop élogieux à l’égard d’une personne qui est mort sous le titre de « leader du Hezbollah ». (Par chance, ce qui entre dans le web reste dans le web et vous pouvez retrouver son commentaire ici). Guy écrivait plus tard un nouveau commentaire exprimant son regret d’avoir rendu cet hommage :

« Je n’ai aucune affinité avec le terrorisme, quoi qu’il fasse, qui soit-il. Le gouvernement britannique fait clairement savoir qu’il condamne les activités terroristes menées par le Hezbollah. Je partage ce point de vue. » Dans le même cas que Guy, Octavia Nasr, rédactrice de CNN pour le Moyen-Orient, a aussi fait part de son admiration pour Fadlallah après sa mort sur le réseau social Twitter : « Triste d’apprendre le décès de Sayyed Mohammad Hussein Fadlallah. Un des géants du Hezbollah que je respecte beaucoup. »

Nasr, une journaliste libano-américaine qui a travaillé avec CNN pendant 20 ans, a plus tard écrit un article regrettant son tweet qui a ensuite été supprimé ; dans son article, elle tenait à nous rappeler dans quel camp elle se trouve, utilisant les mots « terreur » ou « terroriste » cinq fois. J’ai suivi son travail avec CNN et je sais que son travail ne devait guère déranger les personnes de l’actuelle administration américaine. pourtant la seule fois où elle se l’est permis, elle se fait virer.

Ces flagrant-délits de censure de la part des gouvernements et médias occidentaux prouvent que donner une image précise et nuancée du Moyen-Orient n’est pas à l’ordre du jour. Après tout, une image précise montrerait que ces guerres financées et soutenues par l’Occident sont loin d’être justes, et il est par conséquent facile de comprendre combien ceux qui leur résistent sont aussi largement soutenus. Non seulement Fadlallah soutenait la résistance, mais il s’attaquait aussi au stéréotype que beaucoup en Occident ont et qui décrit l’Islam comme une religion ne tolérant pas les droits des femmes.

Fadlallah était un guide que même une personne connaissant peu cette région pourrait facilement respecter. La censure occidentale appliquée à propos de sa mort prouve la complicité de nos médias avec les politiques mortelles et oppressives de nos gouvernements au Moyen-Orient.

source

J’espère que vous lirez cette lettre…


Posté le 21 juillet 2010 à 16:25:23 EDT par SOULEIMAN

publié le mardi 20 juillet 2010

Salah Hamouri

Comme citoyen franco-palestinien, je pensais que les autorités françaises se devaient de me protéger alors que je vis dans un pays sous occupation militaire décidée par un gouvernement qui refuse obstinément de reconnaître et d’appliquer le droit international.

Au pays de la révolution française qui a mis fin au féodalisme et à la servitude en propageant à travers le monde les mots de « Liberté – Egalité – Fraternité » ; à Paris, capitale d’un pays qui a résisté hautement pour se libérer de la barbarie d’une armée occupante féroce et brutale ; depuis vos bureaux à l’Elysée ou ceux du Quai d’Orsay – j’espère que vous lirez ma lettre.

Dans l’un de ces bureaux, ma mère a été finalement reçue afin de discuter des moyens pour obtenir ma libération.

Nous savons tous que la démocratie fonde le respect de la diversité des êtres humains. Elle définit les bases légales qui accordent à chacun des droits et des devoirs. Elle prône l’égalité des droits humains et refuse absolument d’établir des différences négatives et ségrégatives selon la couleur de la peau, l’origine, la religion, etc.

Comme citoyen franco-palestinien, je pensais que les autorités françaises se devaient de me protéger (comme elles le font pour tous nos compatriotes français injustement en difficulté dans le monde) alors que je vis dans un pays sous occupation militaire décidée par un gouvernement qui refuse obstinément de reconnaître et d’appliquer le droit international.

Il semblerait que ce gouvernement, le gouvernement israélien, vous ait convaincu que le seul moyen pour moi de retrouver la liberté n’était pas que, lui, fasse, ce qu’il devrait faire pour cela mais qu’en plus de l’injustice que je subis que, moi, je fasse un acte d’humiliation supplémentaire : que je présente des « regrets » devant un tribunal militaire d’occupation.

Je voudrais vous poser une seule question : aurait-il été acceptable pour vous que les résistants français, pendant la seconde guerre mondiale, « regrettent » leurs actes devant des tribunaux d’occupation ou de collaboration ?

Si on ne peut comparer terme à terme les deux situations, il n’en reste pas moins que la Palestine vit aussi sous occupation étrangère depuis maintenant 62 ans. Une occupation brutale qui multiplie les meurtres, qui construit des murs, qui assiège et colonise, qui expulse le plus possible de Palestiniens de leur terre ou de leurs maisons, surtout à Jérusalem-Est où je vis avec ma famille.

Devant cette occupation que vit mon peuple, je ne peux rester ni indifférent ni me taire. Je suis né et j’ai grandi dans un pays occupé et, parce que je ne peux pas me taire, je suis depuis plus de 5 ans en prison. Comment pourrais-je accepter cette occupation que vous-même avez condamnée ? C’est mon droit que de la refuser.

Dans ces conditions il n’est pas pensable une seule minute, qu’en plus de tout cela que je subis, j’en vienne à « regretter » ou à « m’excuser » de quoi que ce soit devant un tribunal militaire d’occupation.

Je soutiens la résistance légitime de mon peuple qui bénéficie de la solidarité des gens libres à travers le monde.

Bien à vous,

Salah Hamouri

Prison de Guilboa Section 4 Le 14 juillet 2010

http://www.france-palestine.org/article15250.html