« Sale Arabe » : le conseil de l’ordre enquête sur l’ophtalmo


Par Chloé Leprince | Rue89 | 08/10/2010 | 12H11

M. est ingénieur spécialiste des composants électroniques dans les Bouches-du-Rhône, et père d’une fillette de 6 ans. Mercredi, il avait rendez-vous pour elle chez le Dr  P., ophtalmologiste à Aix-en-Provence. Le médecin est en retard. M. passe une tête par la porte du cabinet… et affirme s’être fait traiter de « sale Arabe »-« dégage, tu salis mon cabinet ».

M. a fait parvenir à Rue89 la lettre qu’il a envoyée dans la foulée à Nicolas Sarkozy. Dans ce courrier, il précise avoir porté plainte au commissariat d’Aix-en-Provence le jour-même de l’altercation. Il prie le président de la République de s’assurer que sa plainte sera bien prise en compte, et témoigne :

« Nous n’avons rien à nous reprocher, nous sommes Français bien intégrés. Je suis cadre supérieur dans une société  de composants électroniques.

Tous nos voisins et mes collègues sont prêts à témoigner de notre bonne conduite et notre bonne intégration en France.

Nous serons très heureux et confortés par tout soutien que vous pouvez nous témoigner dans ces moments difficiles, où moi-même et ma fille sommes très choqués devant ces faits très graves. »

Serment d’Hippocrate : « Je respecterai toutes les personnes… »

Le médecin, lui, nie dans la Provence s’être énervé pour autre chose qu’un « simple retard ». Mais le récit du patient a été confirmé sur France Bleu Provence par plusieurs personnes travaillant dans ce cabinet médical, y compris le généraliste qui occupe le cabinet voisin, le Dr L., qui argue du serment d’Hippocrate pour dénoncer la réaction raciste de son confrère

Le serment d’Hippocrate précise ceci :

« Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions […]. Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me les demandera. »

L’ordre des médecins des Bouches-du-Rhône a également été saisi jeudi 7 octobre au soir. Et convoqué aussitôt le médecin incriminé.

A Paris, le Conseil national de l’ordre (Cnom) attend que son antenne locale instruise l’affaire mais annonce que l’instance disciplinaire tranchera en fonction de « la situation et la personnalité » du médecin. En clair : un récidiviste écopperait d’une sanction plus lourde.

Le Dr. André Deseur, membre du Conseil national, précise à Rue89 que le Conseil juge les propos du médecin aixois « indignes et inacceptables » dans l’hypothèse où ils seraient confirmés. Ils pourraient faire l’objet d’une sanction au titre du manquement au code de déontologie médicale. Pas tant en tant qu’atteinte aux droits du patient (200 décisions sur l’année 2009) mais en tant que « déconsidération de la profession ». Tout acte raciste d’un médecin entre dans cette catégorie.

Lorsqu’on demande à l’instance représentative combien de médecins ont pu être radiés pour des réactions racistes de ce cru, on répond que la statistique n’existe pas. Quelques précisions toutefois : sur 1266 décisions prises en première instance en 2009, 118 ont trait à la « déconsidération professionnelle ». Mais les radiations restent rares : trente seulement, toutes incrimations comprises, sur la dernière année complète.

L’ordre des médecins trop laxiste ?

De longue date, l’instance représentative fait l’objet de critiques
vives, accusée notamment de manquer de fermeté envers ses ouailles. Cette fois, l’Ordre ne devrait rester silencieux une fois la chose instruite : pas plus tard qu’en début de semaine, ce 5 octobre, il vient d’exprimer officiellement « son indignation et sa vive émotion suite à l’agression du Pr Israël Nisand ». La maison de ce médecin alsacien et juif a été retrouvée bardée d’inscriptions antisémites et de croix gammées.

Pour l’Ordre, l’affaire de Aix-en-Provence est donc l’occasion d’affirmer son indignation y compris lorsque ce ne sont pas les médecins mais les patients qui font les frais d’agressions racistes.

► Mis à jour 08/10/2010, à 15h20 : le nom du médecin a été remplacé par des initiales ; à 16h40 : ajout des réponses fournies en milieu d’après-midi par le conseil national de l’ordre des médecins.

Ceci est notre terre et ceci est notre sang


vendredi 8 octobre 2010 – 07h:06

Reham Alhelsi

Ils sont venus de partout : de Yafa, Haifa, Acca, Nazareth, Um-Il-Fahim. Ils sont venus de partout pour dire aux martyrs : nous n’oublierons jamais, nous poursuivrons le combat.

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Ils sont venus par milliers pour dire à l’entité sioniste : nous n’oublierons jamais, nous sommes là pour rester. Ils ont marché par milliers jusqu’aux tombes des martyrs. Ils ont marché par milliers pour dire à leurs enfants : ceci est notre terre et ceci est notre sang.

En ce jour du 1er octobre il y a 10 ans, la lutte palestinienne pour la liberté s’est unie, encore une fois, dans toute la Palestine occupée.

En ce jour du 1er octobre il y a 10 ans, le sang palestinien dans toute la Palestine occupée s’est retrouvé et s’est à nouveau mélangé, encore une fois, à la terre qui est une et entière.

En ce jour du 1er octobre il y a 10 ans, la fermeté palestinienne dans toute la Palestine occupée a rappelé à l’entité sioniste, une fois de plus, qu’il y a un peuple palestinien et qu’il y a une Palestine depuis le fleuve jusqu’à la mer.

En ce jour du 1er octobre 2000, alors que les Palestiniens dans toute la Cisjordanie occupée, à Jérusalem occupée et dans Gaza occupé se sont dressés comme un seul homme face à la machine à tuer israélienne, se sont dressés comme un seul homme pour lutter pour leurs droits et pour leur liberté, leurs frères et leurs soeurs dans le reste de la Palestine occupée se sont dressés avec eux pour confronter le terrorisme sioniste.

En 2000, après sept années de négociations futiles avec l’entité sioniste, les Palestiniens en ont eu assez. Les Palestiniens étaient assassinés quotidiennement par les sionistes, la Palestine occupée était victime d’un nettoyage ethnique afin de faire de la place pour les colons sionistes venus des USA et de l’Union européenne, la Jérusalem occupée était judaïsée pour effacer toute trace du peuple autochtone qui vivait sur la terre et qui en était le propriétaire, les colonies sionistes sur des terres palestiniennes usurpées se développaient et tuaient la terre, les champs palestiniens étaient détruits pour construire des routes réservées aux seuls juifs au bénéfice de sionistes qui n’avaient aucun droit sur la terre.

En 2000, la situation en Palestine occupée n’était pas très différente de ce qu’elle est aujourd’hui – elle était sur le point d’exploser, la colère palestinienne bouillonnait et la patience palestinienne avait atteint ses limites. Et quand les Palestiniens estiment que cela suffit, ils se révoltent. Le moment était venu pour une deuxième intifada : l’intifada d’ Al Aqsa. Il est vrai que la visite du criminel de guerre Sharon sur le lieu du noble sanctuaire et sa profanation de ce lieu saint ainsi que le massacre qui a suivi, ont été l’étincelle qui a mis le feu à l’intifada, mais ce fut la rage, l’humiliation et l’oppression qui ont fait jaillir cette étincelle qui a bouté un feu qui ne s’éteindra pas.

Chaque jour de l’intifada, Israël a assassiné brutalement de plus en plus de Palestiniens dont le seul crime était leur soif de liberté. Et à mesure que l’entité de la terreur intensifiait sa brutalité contre un peuple sans armes dans les zones palestiniennes occupées en 1967, leurs frères et leurs soeurs dans les zones palestiniennes occupées en 1948 ont lancé un appel pour des marches et des manifestations dans leurs villes et villages afin d’aider leurs frères et soeurs de chair et de sang et protester contre les crimes israéliens.

Et il en fut ainsi : ce jour d’octobre en l’an 2000, très similaire à ce qui se passa pendant la première intifada, des Palestiniens de toute la Palestine occupée, depuis le fleuve jusqu’à la mer, à Jérusalem, Yafa, Haïfa, Bethléem, Gaza, Nazareth, Jenine, Acca, Hébron et ailleurs sont descendus dans la rue. Ils sont descendus dans la rue, dans les villes et les villages et dans les camps de réfugiés de toute la Palestine, se dressant comme un seul homme, marchant comme un seul homme, scandant d’une seule voix : avec notre âme, avec notre sang, nous nous sacrifierons pour toi ô Palestine.

Et à mesure que les manifestations se propageaient dans toute la Palestine occupée comme un incendie, l’entité sioniste envoyait des milliers de soldats et la police des frontières armés jusqu’aux dents pour confronter un peuple sans armes qui avait soif de liberté, qui voulait une vie sans occupation. L’entité sioniste a envoyé sa machine de mort pour tuer des Palestiniens sans armes qui sont descendus dans les rues pour dire au monde : ça suffit.

Pendant les 10 premiers jours du « Soulèvement d’octobre », des dizaines de Palestiniens ont été assassinés dans toute la Palestine par l’armée d’occupation israélienne, la police des frontières de l’occupation et les colons sionistes. Ceux-ci les ont tués devant leurs maisons, dans leurs rues, dans leurs villes, dans leurs villages et dans les camps de réfugiés. Ils ont été assassinés parce que, Palestiniens, ils ont refusé de plier et d’être traités comme des animaux dans leur propre pays, parce qu’ils ont rejeté l’oppression et la tyrannie, parce qu’ils ont dit « non » à l’occupation.

Et à mesure que les Palestiniens de Jérusalem, Ramallah, Bethléem, Hébron Jenine et ailleurs sont descendus dans les rues pour confronter l’occupant sioniste, Um Il-Fahim, Nazareth, Acca, Haïfa, Sakhnin, Kufr Kanna et d’autres se sont joints à la lutte. Pendant ce « Soulèvement d’octobre », Um IL-Fahim, Nazareth, Jit, Sakhnin, Arrabah, Kufr Manda et Kufr Kanna ont étreint Il-Bireh, Nablus, Talfit, Rafah, Ramallah, Gaza, Al-Am’ari, Balatah, Tal, Jenin, Khan Younis, Al-Bureij, ’Aqbat Jabir, Deir Al-Balah, Tulkarim, Halhul, Al-Maghazi, Nuseirat, Faqqu’a, Jenine, Jabalia, ’Askar, As-Sawahreh, ’Aboud, Hébron, Deir Al-Ghosoun, Beitunia, Bethlehem, Beit Hanina, Salim, Deir Al-Hatab, Bidia, Al-Mazra’a Ash-Sharqiyyah. Pendant ce « Soulèvement d’octobre » pas moins de 70 Palestiniens de toute la Palestine occupée ont été massacrés par l’entité sioniste ; leur sang a réuni la Palestine, leur sang a tracé la carte de la Palestine telle qu’elle était et telle qu’elle devra être à jamais : depuis le fleuve jusqu’à la mer.

Pendant le « Soulèvement d’octobre », 13 Palestiniens des terres palestiniennes occupées en 1948 ont embrassé 57 Palestiniens des terres palestiniennes occupées en 1967 et ont dit à l’entité sioniste que la terreur sioniste aura pour seul effet de rapprocher les Palestiniens. 70 martyrs palestiniens sont devenus un, comme la Palestine l’a été et comme elle le sera à jamais.

En 2000, le boucher Sharon a profané le noble sanctuaire pour signifier aux Palestiniens que la terre appartient aux sionistes. Mais la riposte palestinienne a été rapide : ce sont les Palestiniens qui sont les propriétaires légitimes de la terre et ils ne resteront pas muets alors que Jérusalem se fait usurper. Pendant le « Soulèvement d’octobre », les Palestiniens sont descendus dans les rues comme un seul homme pour défendre Al Aqsa, pour défendre Jérusalem, pour défendre la Palestine.

Ils sont descendus comme un seul homme pour dire à l’entité sioniste : nous sommes un peuple et nous sommes là pour rester. Ils sont descendus comme un seul homme pour dire au monde entier : la Palestine s’étendait et s’étendra toujours du fleuve jusqu’à la mer. Et quand Jérusalem a lancé son appel en 2000, ce furent les Palestiniens qui ont répondu et qui se sont précipités pour défendre le coeur de la Palestine. Un rappel à tous ceux qui prétendent nous représenter et qui bradent nos droits : quand Jérusalem appellera, toute la Palestine répondra. Et à tous ceux qui maudissent l’intifada, ceux qui prétendent qu’elle a détruit le peuple palestinien, je dis : l’intifada nous a coûté cher.

Il y a eu beaucoup de, douleur de souffrance et de vicimes. Mais la vie sous l’occupation et l’oppression n’est pas une vie et la liberté est chère à nos coeurs et un peuple qui recherche la liberté doit en payer le prix. Et à ceux qui continuent à maudire l’intifada, à ceux qui prétendent qu’elle a détruit les « réalisations obtenues » je dis : les seules « réalisations » que vous ayez pu présenter à votre peuple après tant d’années de « négociations » futiles avec l’occupant ont été : plus de massacres, plus de vols de terre, plus de nettoyage ethnique.

Tout comme avec la première intifada, la deuxième n’est pas venue de nulle part, elle a été une réponse aux « réalisations » des « négociations », c’est-à-dire la poursuite de l’occupation et de l’oppression sionistes. À tous ceux qui se plaignent des « intifadas » et veulent continuer la charade des « négociations », c’est-à-dire vendre notre sang et nos droits, je dis : quand nous nous révoltons c’est parce que nous pensons à la Palestine, c’est parce que nous pensons aux générations futures de Palestiniens qui méritent une vie meilleure , qui méritent de vivre dans la liberté et qui méritent une paix juste.

Aujourd’hui, en ce 1er octobre 10 ans après le « Soulèvement d’octobre », l’entité sioniste veut compléter son nettoyage ethnique de la Palestine. Les dirigeants sionistes qui se rendent compte de la force du lien qui unit les Palestiniens dans toute la Palestine veulent briser ce lien. Les dirigeants sionistes savent que leur terreur n’arrivera jamais à effacer l’identité palestinienne de ceux qu’ils appellent « les Arabes d’Israël » parce que ce ne sont pas des « Arabes d’Israël » ; ce sont les Palestiniens de Palestine.

Les dirigeants sionistes savent que peu importe la puissance de leur armée, peu importe la puissance de leurs médias, ils ne pourront jamais effacer la mémoire collective du peuple autochtone de Palestine. Les dirigeants sionistes savent qu’aussi longtemps qu’il y aura un seul Palestinien vivant en Palestine entre le fleuve et la mer, la Palestine vivra à jamais. C’est pourquoi ils appellent au transfert de ce qui reste des Palestiniens autochtones vers les pays voisins.

Le récent appel des dirigeants sionistes pour le transfert des Palestiniens des zones occupées en 1948 n’est qu’une étape vers le nettoyage ethnique complet de toute la Palestine. Mais les dirigeants sionistes et le monde entier devraient se rappeler que le sang palestinien court dans nos veines, que c’est le sang de cette terre. Ils devraient se souvenir que 62 ans de terreur sioniste n’ont pas pu effacer la mémoire et l’identité d’un peuple tout entier. Ils devraient se rappeler les mots des martyrs du « Soulèvement d’octobre » : ceci est ma terre et ceci est mon sang.

Ndlr : dans le document original suit la liste des martyrs.

1er octobre 2010 – Cet article peut être consulté ici :
http://avoicefrompalestine.wordpres…

source

LA STRATÉGIE DU CHOC séance ATTAC


Le jeudi 21 octobre

à 21heures 30, au cinéma Arenberg

ATTAC-Bruxelles

vous invite à la projection de

LA STRATÉGIE DU CHOC

d’après le best-seller de

NAOMI KLEIN

Coup d’Etat anti-Allende au Chili, gangstérisation de la Russie

ou instauration du chaos permanent en Irak :

un film percutant sur un monde à la merci

des jihadistes ultralibéraux

et  d’une économie au cynisme meurtrier

dès 20 heures 30,

LE GRAND DÉBAT:

« DEVOIR TOUJOURS BANQUER?

MAINTENANT, ÇA SUFFIT… !»

Avec, notamment,

Laurent ARNAUTS

avocat au Cabinet «Modrikamen»

(représentant la partie plaignante dans le dossier FORTIS)

Marco VAN HEES

fonctionnaire au Ministère des Finances,

auteur de Banques qui pillent, banques qui pleurent

et Inès TRÉPANT

conseillère politique auprès des Verts au Parlement européen

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LE CAPITALISME DU DÉSASTRE

Lorsque Richard Nixon apprend la victoire de la gauche au Chili, il a cette réaction suffoquée: «Ces  fils de putes vont payer: on va faire crier l’économie». L’implication américaine pour renverser le président, démocratiquement élu, va commencer onze jours à peine après l’élection d’Allende. Le chef de la CIA, Richard Helms, en témoigne : «Le président Nixon a décidé qu’un régime communiste au Chili n’était pas acceptable. Il a demandé à l’Agence soit d’empêcher Allende d’accéder au pouvoir, soit de le déposer». Tout va donc être entrepris pour favoriser une situation de chaos sans pareil, par l’entremise notamment de la multinationale ITT. Le coup d’Etat s’exécute finalement de mains de maître. Puis viennent les «demains de maîtres» : la terreur, la torture, les «disparitions» ; l’interdiction des partis, des syndicats, de la presse indépendante. Plus que la victoire du putschiste Augusto, José, Ramon Pinochet Ugarte, le Chili va subir le triomphe des thèses ultra de Milton Friedman. Mis à part les régimes sociaux des militaires, tout (tout) va être entièrement privatisé. Pas seulement les entreprises, mais aussi la santé, les pensions, l’éducation. Pour la première fois au monde, Friedman va pouvoir appliquer ses théories monétaristes à une société-cobaye désormais sans défense…

Friedman avait pourtant publiquement prévenu : «Seule une crise, réelle ou supposée, peut produire des changements. Telle est notre véritable fonction: trouver des solutions de rechange aux politiques existantes et les entretenir jusqu’à ce que des notions politiquement impossibles deviennent politiquement inévitables». On le sait : les théories obscènes de Milton Friedman vont lui valoir le prix Nobel…

Comment le capitalisme a-t-il pu s’imposer, dans sa version hard, au cours des trente dernières années ? En agissant avec un cynisme déjanté et criminel : profiter des cataclysmes sciemment provoqués voire des catastrophes naturelles, pour abuser de la détresse psychologique et de la vulnérabilité physique dans lesquelles se trouvent tout à coup projetées des populations désemparées et vulnérables. Des moments propices pour leur asséner les thérapies de choc du néolibéralisme. Telle est la thèse formalisée par Naomi Klein dans La stratégie du choc, dénonçant un «capitalisme du désastre» né de la collusion entre les gouvernements et le monde des affaires.

Quoi de commun, en effet, entre le renversement d’Allende en 1973 et l’invasion de l’Irak trente ans plus tard? Entre le tsunami asiatique et l’ouragan Katrina à la Nouvelle-Orléans? A chaque fois, ces circonstances effroyables se sont avérées des opportunités utiles aux «djihadistes» du profit à tous prix afin de substituer aux valeurs démocratiques, auxquelles les sociétés aspirent, la seule loi du marché et la barbarie de la spéculation.

«S’informer, c’est résister : alors, « Armez-vous ! »»… : c’est peu dire que le film de Michael Winterbottom et Mat Whitecross, inspiré par la journaliste Naomi Klein, est une protestation à découvrir en extrême urgence. Mêlant images d’archives époustouflantes (souvent inédites) et documents d’actualités balancés avec l’efficacité des uppercuts, les réalisateurs britanniques réussissent à mettre à nu cette histoire secrète du libre marché, en dessinant une nouvelle éthique de l’investigation journalistique.

Une démonstration factuelle, puissante et  captivante –donnant la pêche et l’envie de résister.

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Jean FLINKER

Cinéma ARENBERG

(26 Galerie de la Reine)

LA STRATÉGIE DU CHOC

Grande-Bretagne 2009  /    Durée 80 minutes

Prix d’entrée

6,6 euros y compris pour le débat

(sauf les Article 27)

ATTAC-Bruxelles 1

16 avenue Nouvelle, 1040 Bruxelles

mail : bxl 1@attac.be http://bxl.attac.be tél : 0494 / 808 854

Ali Aarrass



Compte-rendu de la conférence de presse du 07.10.10 dans l’«affaire Ali Aarrass », donnée dans les locaux de la Ligue des Droits de l’Homme, à Bruxelles.

Luk Vervaet introduit la conférence de presse en remerciant la LDH de l’accueil dans leurs locaux, ainsi que les divers intervenants pour leur présence.

Il rappelle ensuite certains faits, en commençant par pointer les changements intervenus dans le monde, suite aux attentats du 11 septembre 2001. Ces changements sont de deux ordres : d’une part, guerres en Irak et en Afghanistan. Ce 7 octobre est d’ailleurs la date anniversaire du lancement de la guerre contre l’Afghanistan. D’autre part, la stigmatisation de tous les citoyens ainsi que de certains mouvements citoyens dans le monde, qui osent opposer une résistance à ce nouvel ordre mondial voulu et imposé par la nouvelle politique « anti-terroriste » américaine. Cette politique consiste à soupçonner tout individu qui ne se plierait pas à ses diktats. Les dérives sont telles, qu’elles mènent à enfermer des individus non plus sur base de leur culpabilité avérée, mais sur base de « soupçons » éventuels d’appartenance à des mouvements jugés douteux. Elles peuvent entraîner leur incarcération sans jugement, dans des conditions terribles, comme dans les prisons de Guantanamo, Abou Ghraïb (pour les plus connues) ainsi que dans d’autres lieux où la torture est pratiquée. Pire : les pays dits « démocratiques » du Nord, en profitent pour délocaliser certains prisonniers vers des dictatures du Sud afin de les sous-traiter non sur base de leurs actes, mais sur celles de leurs intentions. Pays du Sud qui en profiteront pour museler et écraser toute forme de résistance et d’opposition à leur politique autoritaire.

Dans la foulée, Luk Vervaet informe la salle du lancement de la Campagne de soutien à Ali Aarrass, via le site internet www.freeali.eu

Farida Aarrass, sœur d’Ali, se concentre en quelques mots sur l’historique familial. Farida Aarrass rappelle que son frère est né à Melilla, enclave espagnole en territoire marocain, et pointe donc le fait qu’à l’origine son frère est de nationalité espagnole, Etat de l’UE. Pour des raisons familiales, Ali Aarrass se retrouvera en Belgique où il obtiendra la nationalité belge. Il mènera des années durant, une existence paisible de libraire sur le territoire belge, où l’ensemble de sa clientèle dira tout le bien qu’elle pense de lui. Puis, après plusieurs années, Ali rejoindra son père resté à Melilla. C’est-là qu’Ali sera arrêté sur base de soupçons, et non sur base de preuves… inexistantes !

-Le père d’Ali, Mustapha Aarrass complète en espagnol le portait de son fils, pointant le fait qu’Ali a rempli ses obligations militaires en Belgique. Ainsi, si par malheur, un conflit grave devait surgir entre la Belgique et le Maroc, Ali devrait se battre aux côtés des forces belges, contre les forces marocaines. Il signale également que le gouvernement espagnol a indiqué que la Belgique n’ayant pas bougé dans ce dossier, l’Espagne n’avait aucune porte de sortie pour le faire avancer de manière positive vis-à-vis des autorités marocaines.

Aberrahman Benyahya, président et porte-parole de la CIM (Commission Islamique de Melilla)  explique que les différentes constitutions des pays européens donnent pratiquement les mêmes droits à tous les citoyens, sans aucune distinction de race, de genre, d’appartenance religieuse, de culture,… Or, dans le cas précis d’Ali Aarrass, ces droits sont tout simplement ignorés, et par ce fait, les droits de l’Union Européenne également. En principe, un Etat donne des garanties à ses citoyens. Dans ce cas-ci, l’Etat belge dont Ali est citoyen, a abandonné l’un des siens, ce qui illustre in fine que les citoyens ne sont pas tous égaux en fonction de leur origine, religion, etc… La relation entre l’Etat et ses citoyens est donc corrompue. Cette situation est d’autant plus grave qu’elle risque fort à l’avenir, d’ouvrir la voie à une corruption généralisée des relations entre les Etats et leurs citoyens.

Maître Mohamed Ali Nayim, avocat espagnol d’Ali Aarrass poursuit en rappelant que la demande d’extradition d’Ali vers le Maroc est l’une des conséquences des attentats survenus à Casablanca en 2003. Un grave malentendu a surgi suite à des accusations de prisonniers marocains ayant « avoué » la complicité d’Ali, sous la torture pratiquée à leur encontre dans les geôles marocaines. Il soulignera qu’après trois années d’enquête et de procès, et sans la moindre preuve à charge d’Ali, les tribunaux espagnols établiront la totale innocence d’Ali Aarrass dans un quelconque lien supposé à ces attentats, jugement établi par Baltasar Garzon, juge spécialisé dans ce type d’affaires. Maïtre Nayim rappelle qu’il existe une convention entre l’Espagne et le Maroc pour empêcher les extraditions respectives de citoyens. Par ailleurs, il informe l’assemblée présente de l’éventualité envisagée par la famille Aarrass d’attaquer l’Etat belge en justice, pour son indifférence et sa passivité dans le traitement de ce dossier.

Maître Dounia Alamat, avocate d’Ali en Belgique, continue en recadrant l’historique des cas et l’analogie de l’affaire avec des dossiers identiques. Elle établit un constat : la Belgique n’a jamais extradé de citoyen belge ou étranger dès lors que les critères pour pouvoir juger un individu dans les pays qui en font la demande apparaissent trop vagues aux yeux des instances belges. S’y ajoutent dans le cas présent, les cas avérés de torture au Maroc, constatés par diverses ONG telles Human Rights Warch, Amnesty International, la Ligue Internationale de Droits de l’Homme, etc… Les juridictions belges ont dès lors toujours refusé les extraditions sur de tels constats accablants. A ce propos, voir : http://www.hrw.org/fr/news/2010/02/12/maroc-d-claration-de-human-rights-watch-sur-l-affaire-dite-belliraj-devant-le-tribun

Enfin, Maître Christophe Marchand, également avocat dans le dossier en Belgique, loue le travail des défenseurs espagnols d’Ali Aarrass. Il ne comprend pas l’attitude du gouvernement  belge, pourtant bien informé de la situation des prisonniers marocains et dénonce son manque de réaction. Dans le même temps, il se félicite de la tenue de cette conférence de presse pour alerter l’opinion publique, tout en rappelant que les conventions internationales de par leur caractère contraignant, obligent les Etats à intervenir dans ce type de dossier.

L’avocat espagnol, Maître Nayim, rappelle que le représentant du Consulat belge en Espagne lui a déclaré que dès l’instant où ils quittent le territoire il existe deux types de citoyens belges : ceux qui le sont d’origine… et les autres !

Farida Aarrass conclut en rappelant qu’à ce jour il y a près de 3 ans que son frère est incarcéré dans une prison espagnole en attendant son extradition vers le Maroc pour fait de « terrorisme ». Le 21 avril 2009, Amnesty International (Espagne) écrivait : « Ali Aarrass fait l’objet d’une information judiciaire ouverte en 2006 par l’Audience nationale espagnole pour des infractions liées au terrorisme mais, le 16 mars 2009, cette juridiction l’a provisoirement close en raison de l’insuffisance des éléments de preuve… ». Pourtant, Ali reste en prison, en raison de la demande d’extradition du Maroc. Amnesty International Espagne a lancé l’appel suivant : « Exhortez les autorités à ne pas extrader Ali Aarrass vers le Maroc car il risquerait d’être détenu au secret, de subir des actes de torture et d’autres mauvais traitements, ainsi que d’être victime d’un procès inique ». Farida Aarrass termine en insistant sur la situation humaine dramatique de son frère dont la santé a terriblement souffert de ses conditions de détention, au point d’en devenir alarmante.

Nous en concluons pour notre part, que ÉGALITÉ trouve dans ce cas précis, toute sa raison d’être et dénonce avec force cette inacceptable dualité dans le statut des citoyens du pays. Et de constater qu’il y a donc bien deux types de Belges pour certains responsables politiques : ceux de souche et ceux « entre guillemets » selon la triste et lamentable déclaration de Anne-Marie Lizin à l’époque.

Signez la pétition contre l’extradition d’Ali Aarrass : http://lapetition.be/en-ligne/petition-8046.html

Visitez le site créé en soutien à Ali Aarrass et pour sa libération : http://www.freeali.eu/

Antisémitisme et antisionisme : les confusions et tabous de l’Occident


(L’Orient-Le Jour, 1er octobre 2010; et Père Ubu – Pan, 7 octobre 2010)

israel criticism not allowed by latuff2

« Israël peut avoir le droit de juger les autres, mais certainement personne n’a le droit de juger le peuple juif ou l’Etat d’Israël. »

Ariel SHARON

Peut-on parler ouvertement du sionisme en Belgique, en France, en Allemagne, en Italie, en Espagne…? Il semblerait que non, pas plus que des travers de la politique menée en Palestine par l’Etat d’Israël, pas, du moins, sans que ses inconditionnels ne vous renvoient la Shoa en pleine figure et ne vous stigmatise comme antisémite.

Antisémite ? C’est le mot magique, celui qui fait peur, celui qui fait taire ceux qui voudraient produire, ouvertement, une analyse claire et précise de la politique expansionniste entreprise par Israël depuis 1948 et systématiquement mise en œuvre, avec l’annexion de la majeure partie des terres palestiniennes et, après la Guerre des six jours, en 1967, de la Cisjordanie et du Golan syrien.

Une politique antérieure, même, à l’indépendance d’Israël, intrinsèque au mouvement créé à la fin du XIXème siècle par Théodore Herzl, le théoricien de l’Etat juif, et qui a connu son point d’orgue, aux origines de l’Etat hébreux, avec le massacre du village palestinien de Deir Yassin, un massacre destiné à effrayer et chasser les populations arabes de Palestine et à libérer ainsi les terres pour l’immigration juive.

Ben Gourion n’avait-il pas déclaré que « les frontières des aspirations sionistes incluent le Liban-sud, le sud de la Syrie, la Jordanie, toute la Cisjordanie et le Sinaï » ? Et d’ajouter : « nous devons expulser les Arabes et prendre leur place».

Et cette politique a été poursuivie jusqu’à aujourd’hui, par l’étouffement économique des enclaves palestiniennes, régulièrement bouclées par les forces armées israéliennes, et les bombardements fréquents, visant même les écoles, hôpitaux et centres de l’ONU et de la Croix rouge, et qui ajoutent l’insécurité permanente à la ruine des populations palestiniennes, lesquelles tentent dès lors de trouver des conditions de vie plus acceptables en émigrant vers l’Egypte, la Jordanie, les Etats de la péninsule arabique…

Que pourrait donc bien attendre, en effet, un père de famille, quand il ne peut ni travailler pour nourrir les siens, ni assurer la protection de ses enfants ?

Autre point d’orgue : les effroyables bombardements sur Gaza, en décembre 2008.

Cette politique, c’est le « sionisme ».

U203P4T338D15F10108DT20090109151847[1]

Il ne laisse aucune chance aux négociations de paix, relancées épisodiquement entre Israéliens et Palestiniens, au gré des aléas et de l’agenda de tel ou tel président des Etats-Unis.

Aucune chance car, s’il est tenu par les pressions de la communauté internationale de faire bonne figure et de s’asseoir à la table des négociations, le gouvernement israélien, qui poursuit sa politique d’expansion vers le « Grand Israël », n’a bien évidemment aucune intention d’aboutir à la création d’un Etat palestinien et se ménage toujours une bonne raison pour faire capoter le processus de paix.

Le fait de parler du sionisme, de cette politique-là, dérange les inconditionnels d’Israël, car cela ne met pas cet Etat à son meilleur avantage.

Le fait de s’opposer à cette politique-là, c’est de « l’antisionisme ».

C’est pour cette raison que les milieux sionistes tentent de plus en plus, leitmotiv du moment, de créer l’amalgame entre « antisionisme » et « antisémitisme » et de provoquer la confusion dans les esprits.

L’antisionisme ne saurait cependant être confondu avec l’antisémitisme, qui procède quant à lui d’une attitude raciste, qui ne repose absolument sur aucun fondement scientifique ou historique et relève donc d’un comportement bête et méchant, entretenu par l’ignorance.

Après plus de soixante ans d’occupation israélienne en Palestine (et de violation du droit international, depuis 1967 et la résolution 242 des Nations Unies), ne serait-il pas temps de briser la loi du silence et de pouvoir parler ouvertement, sans prendre le risque d’être assimilé au racisme et à l’extrême-droite ? Sans prendre le risque de subir les pressions, de la part des sionistes, mais aussi de la part de ceux qui en ont peur et qui, pour leur plaire, cèdent à leurs instances ?

Ne serait-il pas temps de pouvoir dénoncer le sionisme et, enfin, de mettre à bas ce grand tabou ?

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L’Asie se mobilise pour Gaza


Le 2 décembre, 500 personnes partiront de New Delhi et traverseront l’Asie du sud et le Moyen-Orient pour rallier le territoire palestinien.

En décembre prochain, 500 militants pro-palestiniens venant de 17 pays asiatiques partiront d’Inde pour rallier, à pied, la bande de Gaza. Cette caravane solidaire a été mise en place en juin dernier suite à l’attaque d’Israël contre un convoi maritime humanitaire turque qui avait fait 9 morts, le 31 mai.

La cinquantaine d’organisations participantes ont programmé leur départ de New Delhi le 2 décembre prochain. Les marcheurs d’Inde et d’Asie du sud et de l’est partiront alors vers l’ouest et feront étape au Pakistan, en Iran, en Turquie et en Syrie, récoltant au passage de nouveaux volontaires. Ils prendront ensuite la mer pour rallier leur destination finale.

L’anniversaire de l’offensive israélienne

A cette fin, « les organisations et leurs partenaires se sont cotisés pour acheter un bateau de 500 places », a précisé Feroze Mithiborwala, coordinateur du comité asiatique de l’opération. Ce bateau est déjà amarré dans un port de la Méditerranée, mais par mesure de sécurité, sa localisation exacte est restée secrète.

L’arrivée de l’expédition à Gaza est prévue pour le 27 décembre, date anniversaire de l’offensive israélienne, en 2008, contre ce territoire contrôlé par le mouvement islamiste Hamas. « C’est une date stratégique, puisque ce sera pendant les fêtes de fin d’année, le risque de subir une attaque militaire israélienne est moins important », a expliqué M. Mithiborwala.

Une lutte pour la paix dans le Monde

L’objectif principal de la caravane solidaire est clairement de dénoncer l’occupation israélienne à Gaza et de soutenir la population palestinienne. Et afin de les aider au mieux, la caravane transportera avec elle du matériel humanitaire.

Plus largement, cette action, à laquelle participent de nombreuses organisations islamiques mais aussi des associations étudiantes ainsi que de nombreuses formations politiques et personnalités de gauche, est également un symbole de l’entraide humanitaire. « Ce n’est pas qu’une question de religion », assure M. Mithiborwala, avant de conclure : « Nous n’agissons pas seulement pour les Palestiniens, mais pour tous les citoyens du monde qui se battent pour leur liberté. »

Et dans le but d’étendre leur volonté au plus grand nombre, des rencontres publiques seront organisées dans les 18 villes traversées lors de l’expédition.

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