IL Y A DEUX ANS, LE PILONNAGE DE GAZA


IL Y A DEUX ANS, LE PILONNAGE DE GAZA

Plus jamais ça
Silvia Cattori

Jeudi 30 décembre 2010

Il y a deux ans, le 27 décembre 2008, nous parvenaient les premières images insoutenables de corps déchiquetés par le pilonnage de bombes lâchées sur Gaza, sur un peuple qu’Israël avait préalablement emprisonné, ne lui laissant aucune échappatoire.

Submergée par l’émotion, la présentatrice ne parvenait pas à retenir ses larmes à la vue de ces images

Cela n’était qu’un début. L’armée israélienne allait continuer de larguer des bombes sur Gaza, ôtant la vie à près de 1500 Palestiniens, hommes, femmes et enfants.

Ce carnage annoncé était approuvé par 95 % des Israéliens, inscrits de fait dans le projet sioniste de destruction de la Palestine. Un projet mis en œuvre en 1948 avec l’épuration ethnique des trois quarts des Palestiniens et qui se poursuit sans répit, tantôt à grand feu, tantôt à petit feu.

Aujourd’hui, les tambours de guerre israéliens résonnent à nouveau. L’avertissement de l’historien Ilan Pappé devrait faire réagir nos autorités et mobiliser chacun pour stopper d’avance Israël :
« Il est temps pour tous ceux qui ont protesté d’une voix puissante et efficace après le massacre de Gaza il y a deux ans, qu’ils le fassent maintenant et tentent de prévenir la prochaine guerre. (…) Ce dont nous avons besoin maintenant, c’est que l’énergie – honorable mais totalement futile – investie par le camp de la paix israélien et ses soutiens en Occident dans des concepts de « coexistence » et des projets de « dialogue », soit réinvestie avant qu’il ne soit trop tard dans une tentative d’empêcher un autre chapitre génocidaire dans l’histoire de la guerre d’Israël contre les Palestiniens. » [1]

[1] Voir : « Tambours de guerre en Israël », par Ilan Pappé, 30 décembre 2010.

et de difficiles images provenant de al Jazeera

Tambours de guerre en Israël


jeudi 30 décembre 2010 – 08h:06

Ilan Pappe


Les tambours de guerre se font entendre à nouveau en Israël et s’ils sont audibles, c’est qu’une fois de plus l’invincibilité d’Israël est en cause.
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Gaza, janvier 2009 – Jeune garçon palestinien tué lors de l’offensive israélienne – L’armée sioniste est une armée composée de pleutres et de lâches – dirigée par des criminels endurcis – et qui ne sent à son affaire que lorsqu’elle massacre des civils sans défense, en usant d’une force militaire hors de toute mesure – Photo : EPA

En dépit de la rhétorique triomphaliste que l’on trouve dans les rapports commémoratifs des différents médias, deux ans après l’opération « Plomb durci », le sens qui domine est que cette campagne a été un échec comme l’a été la deuxième guerre contre le Liban en [juillet] 2006. Malheureusement, les dirigeants, les généraux et le grand public dans l’Etat juif ne connaissent qu’un moyen de traiter les débâcles militaires et les fiascos. Ils ne peuvent être dépassés que par une autre opération ou guerre qui réussisse, à condition qu’elle soit menée avec plus de force et soit plus impitoyable que la précédente, avec l’espoir de meilleurs résultats.

La force, comme l’expliquent les commentateurs de premier plan dans les médias (se faisant les perroquets de ce qu’ils entendent dire par les généraux de l’armée), est nécessaire afin de « dissuader », de « donner une leçon » et « d’affaiblir » l’ennemi.

Il n’y a pas de nouveau plan pour la bande de Gaza – il n’y a pas de volonté réelle de l’occuper et de la placer sous occupation israélienne directe. Ce qui est suggéré est de meurtrir la bande de Gaza et son peuple une fois de plus, mais avec plus de brutalité et dans un temps plus court.

On peut se demander, pourquoi ceci porterait-il des fruits différents que « l’Opération Plomb durci » ? Mais ce n’est pas la bonne question. La bonne question est : que peut vouloir faire d’autre l’élite politique et militaire d’Israël (qui comprend le gouvernement et les principaux partis d’opposition) ?

Cela fait des années qu’ils savent comment procéder en Cisjordanie – coloniser, pratiquer le nettoyage ethnique et disséquer la région jusqu’à sa mort, tout en restant publiquement fidèle au discours futile sur la paix ou plutôt sur « le processus de paix ». Le résultat final devrait être une Autorité palestinienne aux ordres dans une Cisjordanie judaïsée à l’extrême.

Mais ils sont en panne complète d’idées sur la façon de gérer la situation dans la bande de Gaza, depuis qu’Ariel Sharon a fait son « désengagement ». Le refus de la population de Gaza de se séparer de la Cisjordanie et du reste du monde semble plus difficile à vaincre, même après le prix horrible en vies humaines que les Gazaouis ont payé en décembre 2008 pour leur résistance.

Le scénario pour le prochain tour se déroule devant nos yeux et il ressemble tristement à la même dégradation de la situation qui a précédé le massacre de Gaza il y a deux ans : des bombardements quotidiens sur la bande de Gaza doublés d’une politique qui cherche à provoquer le Hamas afin de tenter de justifier davantage de voies de fait.

Comme l’explique un général, il est maintenant nécessaire de prendre en compte les effets néfastes du rapport Goldstone, à savoir que la prochaine attaque majeure devrait sembler plus justifiée que celle de 2009 (mais cette préoccupation n’est peut-être pas essentielle à ce gouvernement, et ne représente en rien un obstacle).

Comme toujours dans cette partie du monde, d’autres scénarios sont possibles – moins sanglants peut-être et porteurs de plus d’espoir. Mais il est difficile de voir qui peut être à l’initiative d’un autre avenir à court terme : la perfide administration Obama ? Les régimes arabes sans défense ? L’Europe sans caractère, ou les Nations Unies handicapées ? La fermeté de la population de Gaza ainsi que celle du peuple palestinien dans son ensemble font que la grande stratégie israélienne pour les faire disparaître – comme le fondateur du mouvement sioniste, Théodore Herzl, espérait le faire avec le peuple indigène de la Palestine déjà à la fin du XIXe siècle – sera toujours tenue en échec.

Mais le prix à payer pour cela peut encore s’élever, et il est temps pour tous ceux qui ont protesté d’une voix puissante et efficace APRES le massacre de Gaza il y a deux ans, qu’ils le fassent MAINTENANT et tentent de prévenir la prochaine guerre.

Cette voix est décrite en Israël comme une tentative de « délégitimer » l’État juif. C’est la seule voix qui semble soucier sérieusement le gouvernement et l’élite intellectuelle d’Israël (beaucoup plus gênant pour eux que toute condamnation insipide venant d’Hillary Clinton ou de l’Union Européenne). La première tentative pour contrer cette voix a été de prétendre que la délégitimation était de l’antisémitisme déguisé. Cela semble avoir fait long feu depuis qu’Israël a exigé de savoir qui dans le monde appuyait sa politique.

Et bien, il est apparu que les seuls sympathisants enthousiastes de la politique israélienne dans le monde occidental d’aujourd’hui sont les courants, les organisations et les politiciens d’extrême droite, traditionnellement anti-sémites.

La deuxième tentative a été d’essayer de prétendre que les tentatives ayant la forme du Boycott, du Désinvestissement et des Sanctions, rendraient Israël plus déterminé à poursuivre sur sa voie et à agir en État voyou [rogue state]. Toutefois, cela représente une menace vide de sens : la politique israélienne ne dépend pas de cette voix de moralité et de décence ; au contraire, cette voix est l’un des rares facteurs qui puissent limiter la politique agressive israélienne.

Et qui sait quand ?… Si les prochains gouvernements occidentaux s’alignent sur leur public comme ils ont fini par le faire concernant l’apartheid en Afrique du Sud, il peut être mis un terme à cette politique et rendu possible aux Juifs et Arabes de vivre en paix en Israël et en Palestine.

Cette voix est efficace parce qu’elle indique clairement le lien entre le caractère raciste de l’État juif et la nature criminelle de ses politiques envers les Palestiniens. Cette voix s’est récemment structurée dans une campagne organisée et bien définie avec un message clair : Israël restera un Etat paria aussi longtemps que sa constitution, les lois et ses politiques continueront à violer les droits fondamentaux de l’homme et de la société civile pour les Palestiniens où qu’ils se trouvent, incluant le simple droit de vivre et d’exister.

Ce dont nous avons besoin maintenant, c’est que l’énergie – honorable mais totalement futile – investie par le camp de la paix israélien avec ses notions importées d’occident sur la « coexistence » et les projets de « dialogue », soit réinvestie avant qu’il ne soit trop tard dans une tentative d’empêcher un autre chapitre génocidaire dans l’histoire de la guerre d’Israël contre les Palestiniens.

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* Ilan Pappe est un historien israélien, il est président du Département d’Histoire à l’Université d’Exeter et co-directeur du Centre des Etudes Ethno Politiques d’Exeter.
En 2007 il a publié « The Ethnic Cleansing of Palestine ».

Du même auteur :

- Ce qui guide la politique d’Israël – 16 juin 2010
- L’enfermement mortel de la psyché israélienne – 12 juin 2010
- « Nakbah 2010 » – 27 mai 2010
- Un grand merci à vous – 6 septembre 2009
- Le boycott culturel est une nécessité – 30 juin 2009
- La fureur bien-pensante d’Israël et ses victimes à Gaza – 5 février 2009
- Ilan Pappe : « Israël emprisonne Gaza pour faire fuir les Palestiniens » – 30 janvier 2009
- Israël a voulu tuer la mémoire – 21 mai 2008
- Le nettoyage ethnique de la Palestine – 9 mars 2008

 

source

Israël espère exporter du gaz naturel de « ses » gisements offshore


30/12/2010

Énergie Le gisement israélien offshore de « Leviathan » serait la plus importante découverte mondiale de gaz naturel en eau profonde de ces dix dernières années. Situé à 130 kilomètres de Haïfa, il hébergerait environ 450 milliards de mètres cubes de gaz. Cette découverte pourrait transformer Israël en exportateur de gaz naturel. Ces ambitions se heurtent néanmoins à la contestation du Liban et de la Turquie.

L’américain Noble Energy et ses partenaires israéliens ont confirmé hier que le gisement offshore de « Léviathan » était la plus importante découverte mondiale de gaz naturel en eau profonde de ces dix dernières années. Le gisement, situé à 130 kilomètres au large du port de Haïfa, hébergerait environ 450 milliards de mètres cubes de gaz. Après cette confirmation des résultats des forages préliminaires, au moins deux évaluations supplémentaires seront nécessaires pour affiner l’estimation des réserves, a précisé Noble.
Le gisement de Léviathan est presque deux fois plus grand que le gisement voisin de Tamar, déjà la plus importante découverte mondiale de gaz naturel en 2009.

L’entrée en production de Tamar est prévue d’ici à 2013, tandis que celle de Léviathan ne devrait pas intervenir, selon des analystes, avant 2017.
Ces réserves permettront à l’État hébreu de devenir exportateur, a annoncé hier le groupe américain, principal opérateur de ce champ gazier. Cette nouvelle estimation confirme le passage escompté de Léviathan du deuxième au premier rang des champs gaziers exploités par Israël en Méditerranée.
« Léviathan est la dernière grande découverte de Noble Energy et la plus vaste découverte en exploration de notre histoire », s’est félicité dans un communiqué Charles Davidson, le patron de Noble Energy, basé à Houston, Texas (sud des États-Unis). « Cette découverte fait potentiellement d’Israël un pays exportateur de gaz naturel », a souligné David Stover, un autre haut dirigeant de la société.
Des tests supplémentaires sont encore nécessaires pour connaître précisément la capacité de Léviathan. Il s’agit, avec Tamar, de l’un des deux gisements offshore très prometteurs découverts ces dernières années au large d’Israël.
« Israël pourrait devenir un exportateur de gaz vers l’Europe. Nous sommes d’ailleurs prêts à collaborer à un tel projet avec des investisseurs étrangers, mais aussi avec la Grèce et Chypre », a récemment déclaré à l’AFP le ministre israélien des Infrastructures nationales, Uzi Landau.

Contestations libanaises
Ces ambitions se heurtent néanmoins à la contestation de pays voisins. Les frontières maritimes avec le Liban ne sont pas délimitées alors que les deux pays sont techniquement en état de guerre. La Turquie, ancien allié d’Israël, estime également avoir son mot à dire. Elle a protesté contre un accord de délimitation des zones économiques exclusives conclu le 17 décembre entre Israël et Chypre, destiné à permettre aux deux pays la poursuite des recherches sous-marines d’hydrocarbures sans crainte de conflits d’exploitation.
Noble Energy détient 39,6 % des droits pour Léviathan, suivie par les compagnies Delek Drilling et Avner Oil Exploration, à hauteur de 22,67 % chacune, et Ratio Oil Exploration, pour le reste.

ÉGALITÉ vous invite à Venir : Rassemblement le 31 à la place Albertine pour soutenir / applaudir les SDF


Ce Vendredi 31 décembre à 15h place de l’Albertine (en bas du Mont des Arts, près de la gare Centrale) pour soutenir / applaudir les SDF en train de manifester.

Ensuite, venez participer au réveillon des précaires et des résistants qui aura lieu sur le thème “Réveillons l’Europe!” à L’Occupation-du-Gesù (165 rue Royale), juste après la manifestation (de 18h à 4h du matin) à l’initiative de (voir http://www.reveillonsleurope.be )


Participer à ce décoiffant réveillon des précaires et des résistants !
Entrée : 1€



“Le Collectif MANIFESTEMENT asticote les neurones flottants et inexploités entre les deux cerveaux, histoire d’y provoquer des courts-circuits, aussi appelés (en psychiatrie politique) décharges salutaires,  ou encore étincelles poétiques. ” (Deleuze et Guattari) 

Pour en savoir plus : http://www.manifestement.be/2010bis/index.htm

Nordine Saïdi
ÉGALITÉ