Michèle Alliot-Marie appelle Israël à « mettre fin » au blocus de Gaza


vendredi 21 janvier 2011, par La Rédaction

La ministre française des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie a exhorté vendredi Israël à « mettre fin » au blocus de la bande de Gaza lors de sa première visite dans ce territoire palestinien, chahutée par des manifestants pro-Hamas. Michèle Alliot-Marie a été conspuée par quelques dizaines de protestataires lui reprochant des propos qui lui ont été attribués par erreur au sujet du soldat israélien Gilad Shalit, capturé en juin 2006. Sa visite de l’hôpital Al-Quds à Gaza a été perturbée par les manifestants, maintenus à l’extérieur par le service d’ordre, qui ont provoqué une cohue au milieu de laquelle la ministre est restée imperturbable. Une chaussure a été lancée en sa direction, mais elle l’a esquivée, selon des témoins.
Auparavant, les mêmes protestataires avaient jeté des chaussures et des oeufs vers son véhicule lors de son arrivée au poste de sécurité du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis juin 2007. « Il y a Gilad Shalit, mais aussi 7.000 prisonniers palestiniens » dans les prisons israéliennes, pouvait-on lire sur l’une des banderoles des manifestants. Par haut-parleur, un manifestant a imputé à Mme Alliot-Marie des propos tenus jeudi en sa présence par le père de Gilad Shalit, Noam Shalit, qualifiant de « crime de guerre » la détention au secret de son fils, qui a également la nationalité française.
Dans un communiqué publié jeudi soir sur la foi des propos de Noam Shalit attribués à tort à la ministre française par plusieurs médias, dont la radio israélienne, le Hamas a dénoncé « la déclaration partiale de la ministre française des Affaires étrangères décrivant l’enlèvement de Shalit comme un crime de guerre ». « Dans les manifestants, il y avait des mères dont je peux comprendre la tristesse, mais d’autres avaient souvent d’autres visées. Il faut rester serein. Il y avait une trentaine, une cinquantaine de manifestants, ce n’était pas très grave », a déclaré la ministre après le premier incident.
Dans un discours au Centre culturel français de Gaza, elle a appelé Israël à lever complètement le blocus du territoire peuplé d’1,5 million d’habitants, dont 85% dépendent de l’aide internationale. « Le blocus de Gaza engendre la pauvreté et nourrit la violence. Au nom des valeurs de liberté et de dignité que nous avons en partage, la France appelle Israël à y mettre fin », a-t-elle déclaré. « Des mesures d’allègement ont été prises (par Israël). Elles sont positives mais il faut aller plus loin. Ce sont les importations de biens de construction et de matières premières, les exportations et le libre mouvement des personnes qui doivent désormais être possibles », a plaidé la chef de la diplomatie.
Jusqu’à présent, les autorisations d’exportations vers l’Europe – limitées – portent principalement sur des fleurs, des légumes ou des fruits. Michèle Alliot-Marie s’est entretenue avec les dirigeants de l’Agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNWRA), mais aucune rencontre n’a eu lieu avec des autorités du Hamas, qui reste un paria de la communauté internationale. Il s’agissait de la première visite à Gaza d’un chef de la diplomate française depuis celle de Philippe Douste-Blazy en septembre 2005. Après Gaza, Michèle Alliot-Marie doit poursuivre sa première tournée au Proche-Orient comme ministre des Affaires étrangères par l’Égypte et la Jordanie, deux régimes inquiets d’éventuelles répercussions de la révolution tunisienne.

(Vendredi, 21 janvier 2011 – Avec les agences de presse)

Manifestation hostile à l’entrée du convoi de Michèle Alliot-Marie à Gaza


vendredi 21 janvier 2011

Site Salah Hamouri/Yahoo-Reuters

GAZA (Territoires palestiniens) – Des manifestants palestiniens ont jeté vendredi des chaussures et lancé des huées au passage du convoi de la ministre française des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie entrant à Gaza.

Ils protestaient contre des propos attribués à tort par le service arabe de la radio israélienne à la ministre, mais tenus en sa présence jeudi par le père du soldat israélo-français enlevé Gilad Shalit, Noam Shalit. Ce dernier avait affirmé que « détenir un otage sans le laisser rencontrer des représentants de la Croix-Rouge, c’est un crime de guerre« .

De source au sein de la délégation, on a confirmé que le convoi avait été brièvement ralenti, sans faire état de jets de projectiles.

Une trentaine de manifestants palestiniens brandissant des banderoles bloquaient le poste de sécurité du mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza.

« Il y a Gilad Shalit mais aussi 7000 prisonniers palestiniens« , pouvait-on lire sur l’une d’elles. Sur une vaste pancarte une photo de Mme Alliot-Marie était barrée d’un trait rouge avec l’inscription « get out of Gaza (« Sors de Gaza« ).

Deux enfants, en pleurs et terrorisés, ont été allongés devant les roues des 4×4 des Nations unies transportant la délégation avant d’être récupérés par leur famille quelques minutes plus tard.

Par haut-parleur, un manifestant a imputé à Mme Alliot-Marie les propos de Noam Shalit, soulignant que Gilad Shalit était au moment de son enlèvement en juin 2006 un militaire israélien sous l’uniforme et pas un civil français.

Lors de sa rencontre avec Noam Shalit, Mme Alliot-Marie s’était engagée à intervenir auprès de l’Union européenne et « de faire passer le message pour que le prisonnier reçoive des visites de la Croix-Rouge« .

site :  Salah Hamouri

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Plusieurs dizaines de Palestiniens ont bloqué le véhicule dans lequel se trouvait la ministre française
des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, à son arrivée dans la bande de Gaza.
(Reuters)

 

La ministre française des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, a été vivement prise à partie par une foule de Palestiniens en colère, vendredi, lors d’une visite dans la bande de Gaza.

Selon des témoins, plusieurs dizaines de Palestiniens ont bloqué le véhicule dans lequel elle circulait et tapé du poing sur le capot en criant « Hors de Gaza !« , à son arrivée dans le territoire sous contrôle du Hamas.

Des oeufs et des chaussures se sont abattus sur le pare-brise de la voiture, alors que la ministre y reprenait place après avoir visité un hôpital. Les forces de sécurité du Hamas ont dû intervenir pour permettre au véhicule de repartir.

Les manifestants étaient des proches de Palestiniens détenus en Israël indignés par les propos attribués à Michèle Alliot-Marie lors d’une rencontre avec les parents du militaire franco-israélien Gilad Shalit, détenu depuis l’été 2006 par des activistes, ont précisé des Gazaouis.

Selon la presse locale, la ministre française a parlé de « crime de guerre » pour qualifier la détention du soldat Shalit, mais n’a pas évoqué le sort des prisonniers palestiniens. Le Hamas réclame la libération de centaines d’entre eux en échange de celle de Shalit.

« Nous rejetons cette déclaration et nous exhortons la France à revoir sa position qui ne sert pas le rôle qu’elle joue dans la région« , a déclaré Sami Abou Zouhri, porte-parole du Hamas.

L’Allemagne travaille depuis des mois à la libération de Shalit.

Il s’agit du premier voyage de Michèle Alliot-Marie dans la région depuis sa nomination à la tête de la diplomatie française, lors du remaniement ministériel intervenu à la mi-novembre.

Nidal al Moughrabi, Jean-Philippe Lefief et Pierre Sérisier pour le service français, édité par Gilles Trequesser

Visite chahutée de MAM à Gaza : les images


Voir la video ici

Des manifestants palestiniens ont jeté vendredi des chaussures et hué la ministre française des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie lors de son entrée à Gaza. Ils protestaient contre des propos attribués à tort par le service arabe de la radio israélienne à la ministre, mais tenus en sa présence jeudi par le père du soldat israélo-français enlevé Gilad Shalit, Noam Shalit. Ce dernier avait affirmé que « détenir un otage sans le laisser rencontrer des représentants de
la Croix-Rouge, c’est un crime de guerre
« .

Une trentaine de manifestants palestiniens brandissant des banderoles ont bloqué le poste de sécurité du mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza. « Il y a Gilad Shalit mais aussi 7.000 prisonniers palestiniens », pouvait-on lire sur l’une d’elles. Sur une vaste pancarte une photo de Mme Alliot-Marie était barrée d’un trait rouge avec l’inscription « get out of Gaza (Sors de Gaza) ».

Manifestations hostiles à l’entrée du convoi de Michèle Alliot-Marie à Gaza


vendredi 21 janvier 2011, par La Rédaction

Des manifestants palestiniens ont tenté de bloquer le passage de la ministre française des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie vendredi dans la Bande de Gaza, sautant sur son véhicule et s’allongeant sur la route.
Des dizaines de manifestants ont entouré le convoi de Mme Alliot-Marie et essayé de bloquer son passage au poste d’Erez en provenance d’Israël. Il s’agissait de proches de Palestiniens détenus dans des prisons israéliennes qui entendaient exprimer leur colère après des propos tenus la veille par la ministre française en signe de soutien au soldat franco-israélien Gilad Schalit, enlevé par des militants du Hamas et détenu dans la Bande de Gaza depuis 2006.
En Israël, Michèle Alliot-Marie a rencontré les parents de Gilad Schalit et appelé le Hamas à autoriser la Croix-Rouge à rendre visite au soldat, selon des médias israéliens.
La police du Hamas a dispersé les manifestants, permettant au convoi de la ministre de passer. Mais les manifestations d’hostilité se sont poursuivies. D’autres protestataires se sont rassemblés devant un bureau des Nations unies à Gaza, première étape de la ministre dans le territoire palestinien, puis l’ont suivie jusqu’à un hôpital situé à proximité, jetant des oeufs sur son convoi.
Des manifestants brandissant des banderoles bloquaient le poste de sécurité du mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza. « Il y a Gilad Shalit mais aussi 7.000 prisonniers palestiniens », pouvait-on lire sur l’une d’elles. Sur une vaste pancarte une photo de Mme Alliot-Marie était barrée d’un trait rouge avec l’inscription « get out of Gaza (Sors de Gaza) ».
Un porte-parole du Hamas, Abou Zuhri, a jugé que les commentaires de Michèle Alliot-Marie reflétaient un « parti pris total en faveur d’Israël » et ne tenaient aucun compte des milliers de Palestiniens détenus en Israël. « Ce sont les vrais prisonniers de guerre », a-t-il dit.

(Vendredi, 21 janvier 2011 – Avec les agences de presse)

Tunisie : Le temps de l’avenir viendra


Notre peuple a su être exemplaire. Aujourd’hui, le monde entier a les yeux braqués sur nous. Nous inspirons désormais tous les peuples asservis et qui vivent encore dans la peur. Mais le combat ne s’arrête pas là. Cette valeur d’exemple qui nous a été transmise nous impose maintenant une responsabilité considérable. Nous devons à présent prouver la valeur de nos sentiments, la force de notre volonté et la sagesse de notre conduite.

La révolte qui est née au coeur de notre pays a donné lieu à une véritable Révolution. Elle a chassé la peur de nos vies. Mais cela ne suffira pas à faire partir les dangers qui pèsent encore au-dessus de nous. Et comme le soulignent déjà beaucoup d’observateurs, ce n’est qu’en adoptant les mesures politiques qui garantiront la souveraineté de notre peuple, protègeront les acquis de notre lutte, que nous aurons pleinement réalisé notre mouvement vers la Liberté.

Déjà, des voix s’élèvent pour comparer notre expérience à d’autres, prestigieuses, pour commenter les alliances ou jeter le doute sur les intentions véritables de ceux qui se battaient hier encore contre la dictature. Mais gardons-nous bien de ce piège, il a été souvent question de révolutions ces dernières années, mais dès que le peuple relâche son attention des problèmes véritables, dès que sa fierté est tellement gonflée qu’il en oublie sa propre fragilité, il en redevient manipulable. Il y a en vérité beaucoup plus de révolutions évènementielles que d’évènements réellement révolutionnaires…

Dans l’immédiat, le plus important pour nous est d’assurer la stabilité politique de notre pays. C’est à cette seule condition que nous pourrons remettre sur pied notre économie, rétablir la Justice et préparer nos premières élections sereinement. Mais cela ne suffira évidemment pas. Il n’est pas seulement question pour nous de changer quelques visages. Nous voulons le contrôle de notre propre destin. Et pour cela, de nombreux changements sont encore nécessaires.

Pendant des années, et même des décennies, la corruption a fait partie de nos vies. Elle n’était pas seulement présente à la tête de l’État, elle régissait l’ensemble de notre système. Le paiement d’un bakchich pour éviter une amende ou faciliter une procédure, la désignation d’un chef d’entreprise ou d’un responsable politique en raison de ses liens familiaux ou de son appartenance au parti, tout ou presque était régi par l’arbitraire et l’opacité. Pour changer, il nous faut maintenant inventer un autre système, entièrement neuf, qui ne porterait pas en lui les crimes de notre passé. Il ne s’agit donc pas pour nous de faire une deuxième République, mais de faire la première vraie Démocratie tunisienne.

Nous sommes d’ores et déjà entrés dans une phase de transition, elle nous mènera vers l’avenir de notre pays, mais conditionnera également le cours de notre vie future. Les choix que nous allons faire dans les prochains jours, semaines, mois et années seront probablement les plus importants de notre histoire. Contrairement à une idée trop répandue, nous avons le temps. C’est même là notre principal atout contre le risque d’échec, la division ou les ambitions personnelles de chacun.

Mais avant cela, il nous faut considérer honnêtement les conditions dans lesquelles nous nous trouvons actuellement et les objectifs que nous pouvons nous fixer. Un certain nombre de partis d’opposition sont déjà présents dans notre paysage politique, quelques-uns étaient déjà autorisés, d’autres sont en passe de le devenir. Mais qui pourrait affirmer aujourd’hui que tous les courants existants dans la société sont déjà représentés en Tunisie? La plupart des partis sont plus connus pour leurs leaders que pour leurs programmes, lesquels sont même souvent inconnus de tous. Comment pourrions-nous nous étonner de cette situation, nous venons de vivre plus de cinquante ans d’un régime à parti unique. Il suffisait d’ailleurs souvent d’appartenir à une région ou à une grande famille pour faire carrière dans le parti et beaucoup de ceux qui forment encore notre classe politique n’ont jamais eu à faire véritablement leurs preuves ou à convaincre leurs électeurs. À titre de comparaison, lorsque l’Espagne a entamé son processus de transition démocratique, plus de deux cents partis ont vu le jour en un an.

Mais d’autres problèmes apparaissent à ceux qui veulent bien prendre le temps de les voir. Le premier d’entre eux pourrait être le conflit des générations, ou plutôt son apparente absence. Voilà des décennies que nous sommes gouvernés et représentés, jusque dans l’opposition politique et dans les journaux par des personnes de la même génération, aujourd’hui âgés pour la plupart de plus de soixante ans, voire soixante-dix. Pourtant, il est nécessaire de reconnaître l’importance fondamentale de la jeunesse dans la Révolution, celle-ci est parfois même qualifiée de « révolution Facebook », et nul n’oserait contester le rôle joué par internet dans la contestation. La question qui se pose donc à nous est celle du rôle de la jeunesse dans cette transition, et surtout, dans la Tunisie démocratique. Il est indispensable de commencer sans plus attendre le passage de relais générationnel.

Outre cette question, il en est d’autres, qui paraissent presque plus primordiales tant elle conditionnent toute véritable liberté. À commencer par celle de l’indépendance des médias. Une fois proclamée la liberté d’expression, encore faut-il que les journaux, radios, télévisions et sites internet qui ne demandent qu’à naître ou à continuer d’exister puissent garantir leur indépendance financière. Or cela dépend souvent de leur capacité d’investissement à court et moyen termes. En clair, s’ils veulent se procurer du matériel et surtout pouvoir rémunérer leurs collaborateurs, les groupes médiatiques vont avoir besoin d’argent, ce qui risque de n’être pas chose facile dans un pays où la libéralisation des médias n’a jamais été effective et où certains investisseurs privés, possédant par ailleurs d’autres intérêts, sont déjà présents. Le secteur médiatique n’est pas comme le reste de l’économie, il est une des conditions indispensables à l’information du citoyen, à la liberté d’opinion, à l’égalité des partis et à bien d’autres aspects de la vie démocratique. Il est donc essentiel de le laisser s’épanouir et se développer avant d’envisager toute élection.

Enfin, il faut aussi considérer le démantèlement des structures de l’ancien régime. Le parti unique bien sûr, mais pas seulement. Le système précédent reposait en grande partie sur la surveillance des citoyens, il faut maintenant nous assurer du sort des informations consignées et recycler les hommes qui assuraient cette mission, sans qu’ils puissent tirer avantage de ce qu’ils faisaient auparavant. Mais il faut aussi garantir leur relative impunité, dans la mesure où ils n’auraient pas commis d’actes trop graves. Là, apparaît bien sûr la question de l’amnistie des crimes de la dictature et des violations des droits de l’homme. Rendons-nous à l’évidence, nous ne pourrons poursuivre tous ceux qui ont profité de la situation, malgré cela, il est inconcevable de procéder à une amnistie générale. Trop de gens ont souffert et pendant trop longtemps pour que nous puissions fermer la porte sans regarder derrière nous. De plus, cela ne ferait que menacer la stabilité de notre démocratie naissante. Il nous faut en terminer avec la dictature avant de pouvoir avancer à nouveau.

C’est bien là d’ailleurs ce qu’il y a de plus rassurant dans la transition que nous avons commencée, elle n’est pas le résultat d’une concession du pouvoir ou du parti, comme cela avait pu être le cas de l’Espagne. Ben Ali n’est pas mort, il a fui devant la Révolution populaire et le cri de la jeunesse : « Dégage! ». Nous n’avons pas à accepter toutes les conditions que nous proposent les éléments restants de l’ancien régime. C’est à nous de fixer nos propres règles. Mais il nous incombe en contrepartie une grande responsabilité si nous ne voulons pas perdre tous nos droits et faire face à une contre-révolution. C’est pourquoi nous ne devons pas pêcher par empressement, et éviter ainsi de voir un jour nos enfants nous reprocher notre legs.

Nous devons dès à présent fabriquer le tissu qui nous permettra de recoudre notre drapeau. Et cela peut passer par des modalités nouvelles et inédites. Les Révolutions engendrent de nouveaux horizons. L’essentiel des principes qui régissent les sociétés démocratiques découle des révolutions anglaise, américaine et française, qui se sont déroulées entre le milieu du dix-septième et la fin du dix-huitième siècle. Cela fait déjà plus de deux cents ans et beaucoup reconnaissent le caractère sclérosé des systèmes européen et américain. Ensemble, nous pouvons inventer une société nouvelle, adaptée à notre temps et à nos exigences. La Tunisie ne manque ni de juristes compétents et habiles, ni d’esprits brillants. Il est donc tout à fait possible d’imaginer les conditions qui garantiraient non seulement le respect de nos droits et de nos libertés, mais nous assureraient également la souveraineté sur notre pays. Déjà, le peuple nous montre à nouveau l’exemple dans les rues, il s’organise et dépasse les clivages dans l’intérêt de tous.

Bien sûr, pour amener notre Révolution jusqu’à son terme, il nous faut aussi savoir la protéger tant qu’elle est encore fragile. Mais là encore des moyens existent et peuvent être mis en oeuvre. Nous pouvons surmonter nos craintes et travailler ensemble, à l’image de notre peuple, à l’intérêt général de notre pays. Afin de diminuer les pouvoirs des dignitaires de l’ancien régime et de limiter la prise de contrôle de l’État par une classe politique que nous ne connaissons pas encore suffisamment, rien ne nous empêche de considérer la constitution abrogée par la volonté souveraine du peuple, exprimée par sa mobilisation extraordinaire et continue. Dès lors, il nous est possible d’organiser un gouvernement provisoire répondant de ses actes à un conseil de surveillance constitué de personnalités de confiance, issues de la société civile et des différents partis politiques. Cette situation peut tout à fait être complétée par l’organisation d’élections législatives dans un délai qui laisserait le temps à un certain nombre de partis d’émerger et de se renforcer, garantissant ainsi un début de démocratie.

Le gouvernement provisoire ainsi formé pourrait assurer une gestion du pays sous le contrôle du parlement et du conseil de surveillance, tout en rendant possible le travail d’une commission indépendante en vue de produire une nouvelle constitution. On peut dans cette optique envisager que celle-ci soit constituée d’experts et de représentants des principales tendances politiques et sociales tunisiennes dans toute leur diversité. L’avantage de cette modalité, inspirée par d’autres expériences de transition démocratique, serait d’accorder à notre démocratie naissante tout le temps et l’énergie nécessaires à la renforcer et à lui assurer la stabilité dans la durée.

D’autres questions inhérentes aux spécificités de notre société et à l’établissement d’une démocratie dans un pays de culture et de tradition islamiques commencent déjà à poindre, semant ça et là le doute et la méfiance. Notre Révolution est partie de la jeunesse et du peuple, en cela, elle est totalement inédite, elle ne visait ni à limiter le pouvoir absolu d’un monarque, comme la révolution anglaise, ni à chasser une puissance jugée trop encombrante en imposant plus de justice, comme la révolution américaine, ni à chasser la monarchie pour substituer la classe bourgeoise à celle des nobles. Non, notre Révolution est inédite dans l’histoire, elle sera celle qui, partie du peuple, imposa les principes de démocratie participative et de contrôle des décisions par le peuple et pour le peuple. Depuis déjà trop longtemps, la politique dans notre pays est affaire de grandes familles et de régions riches. Nous pouvons changer, aujourd’hui, nous pouvons tout changer. Nous pouvons créer un système parlementaire en Tunisie. Créer un système dans lequel les régions s’administrent elle- même en assemblées. Nous pouvons donner naissance à un système politique dans lequel un enfant de Sidi Bouzid pourrait devenir député de sa région, puis être élu député au parlement national et enfin un jour, pourquoi pas, chef de gouvernement. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, nous avons la possibilité de vraiment donner le pouvoir au peuple, à ce peuple qui, seul et sans leaders, sans commandement, nous a libérés. Aurons-nous le courage de le libérer à notre tour ?

Mourad BESBES

Un guide élémentaire pour les dictateurs Arabes


Sur le site  KABOBfest, l’actualité politique et sociale est souvent abordée avec humour, comme il le fait aujourd’hui pour évoquer la situation politique en Tunisie.
Et il est vrai que ce qui vient de se produire dans ce pays d’Afrique du Nord a un impact tout à fait considérable dans le monde arabe et témoigne par le fait de l’existence d’une conscience arabe populaire marquée généralement par un vécu assez semblable d’oppression et d’injustice.
Même si je ne suis pas forcément d’accord avec tout  le contenu de ce guide et même si  je considère que le peuple tunisien vient de se faire (provisoirement?) voler sa victoire par un coup d’état militaire, c’est avec grand plaisir que je vous propose la traduction de ces petits  conseils à l’usage des autocrates qui souhaitent s’assurer de leur longévité au pouvoir.
Le titre original du post est « The Candid Guide to Arab Dictators ». Je ne suis pas sûr de l’avoir bien traduit et je suis donc à l’écoute de vos propositions.
 

Le guide élémentaire pour les dictateurs Arabes
By Hanitizer, KABOBfest 18 janvier 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

2011 s’annonce comme une année difficile pour les dictateurs Arabes, tous paniquent en voyant un des leurs tomber et que les gens qu’ils ont baisés pendant longtemps en ont finalement eu assez et se sont mis en ordre de bataille. Eh bien, être un dictateur n’est pas aussi facile qu’il n’y paraît. Pour les apprentis, il y a ce truc appelé internet dont vous devez vous préoccuper.
Alors j’ai recueilli quelques astuces utiles pour les dictateurs actuels et futurs:

1 – Désinventez l’internet, si possible.

2 – Donnez aux chômeurs un accès gratuit à internet et à la télévision par câble avec autant de chaines musicales que possible. Que les chômeurs parlent donc d’Haifa Wahbe à longueur de journée.
3 – Ne censurez pas leur accès internet, qu’ils puissent regarder de la pornographie toute la journée. Ceux qui regardent des pornos toute la journée n’auront pas l’énergie de manifester dans les rues, leurs mains sont occupées. 

4 – Ne jouez jamais avec les prix de la farine, du riz, du sucre et du thé. Il est très important de maintenir les prix du thé aussi bas que possible dès lors que c’est une boisson de choix pour que les chômeurs restent à la maison. Touchez aux prix de la farine et du riz et vous aurez des quantités de ménagères en colère qui asticoteront leurs maris, et leurs maris viendront vous asticoter.

5 – Ne renvoyez jamais quelqu’un proche de l’armée, surtout pas. C’est plus souvent que tout le reste le premier clou du cercueil de votre régime.
6 – Construisez des mosquées où on donnera gratuitement de la nourriture, les gens religieux y seront ainsi toute la journée, il sera bien plus facile alors de les tenir à l’oeil.
7 – N’écoutez jamais votre conjoint et ne le/la laissez jamais vous dominer. Tenez fermement la bride sur le cou de votre conjoint comme sait le faire tout bon dictateur., il faut appliquer ce truc de dictateur  24/24 et 7 jours sur 7.
8 – Ne touchez pas à l’argent de l’homme blanc ni à ses investissements, ce serait votre fin et celle de votre régime. Qu’on ne vous prenne jamais à dire le mot « nationalisation. »
9 – Faites qu’un de vos enfants serve dans l’armée, ce qui vous rend plus humain auprès des simples soldats, protège votre régime et assure la sécurité de votre famille.
10 – Laissez les porter le hidjab s’ils le veulent! C’est tout naturel du moment que tout un chacun dans le pays travaille secrètement pour vous.
11 – Ayez la meilleure équipe de football qu’on puisse acheter, c’est le seul moyen pour que les gens détournent leur attention de vous.
12 – Déléguez le monopole, si vous ou des membres de votre famille veulent monopoliser un produit ou un service, utilisez des organisations écran. Si vous devez avoir un monopole sur quelque chose, voyez du côté des bateaux, des smart phones et des articles en cuir. Laissez tranquilles  le tabac et le sucre.
13 – Evitez toute confrontation avec les marchands ambulants, parce que ces gens peuvent crier plus fort que n’importe qui et ils n’ont rien à perdre et tout à gagner, laissez les vendre leurs marchandises tranquillement.
14. Demandez à des musiciens en vogue de chanter pour vous et rappelez au peuple que vous êtes un « génie » et qu’à l’occasion Dieu vous parle étant donné que vous vous tutoyez.
15 – Restez évasif et discret sur le fait que vous servez de tout le pays et de ses ressources comme d’un distributeur automatique géant au gré de votre fantaisie.
16. Gardez vos amis près de vous, mais votre belle famille encore plus près.
17. Allez dans les boucheries, trouvez le boucher le plus méchant, faites de ce type votre ministre de l’intérieur. Puis épousez sa soeur et alors seulement vous pourrez profiter d’une bonne nuit de sommeil.

Des voix par centaines dans le Belgomaton


MOUTON,OLIVIER

Jeudi 20 janvier 2011

Sur Le site lancé par « Le Soir » pour fédérer les messages des citoyens, ils expriment leur impatience. Le Belgomaton sera aussi accessible sans Facebook.

Allez écrire votre avis, au moins on nous écoute quelque part. » « Le Soir a cette sale habitude de récupérer et d’aller dans des espaces qui ne lui appartient pas. » Le lancement dans notre journal et sur notre site du Belgomaton, mercredi matin, a suscité des réactions certes contrastées. Mais globalement, l’existence d’un canal fédérateur des opinions citoyennes a été applaudie en cette ère de blocage politique. Ce jeudi, cela fait 221 jours que la Belgique est sans gouvernement.

Hier soir, plus de 500 messages et photos avaient déjà été postés sur le site belgomaton.be. Et le flux, ininterrompu, témoignait d’une réelle envie d’exprimer un puissant ras-le-bol face à l’incapacité – chronique – de nos responsables politiques à conclure un accord communautaire. L’ouverture du site aux non-détenteurs d’un profil Facebook (lire ci-contre) devrait encore multiplier les témoignages.

« L’union fait la force ». Oui, l’attachement à la diversité culturelle belge s’exprime à de nombreuses reprises dans le Belgomaton. Mais il y a aussi des cris rattachistes et des désirs de réforme multiformes. Des envies de changement et des appels à « un gouvernement sans la N-VA ».

Surtout, c’est un retour à une démocratie efficace qui voit le jour. Combien de voix ne s’élèvent-elles pas pour un référendum – tout en regrettant qu’il soit impossible en Belgique ! Combien d’allusions à ce qui s’est passé ces derniers jours… en Tunisie ! Sans oublier des appels à manifester ce dimanche. « Shame ».

Le Soir publiera dans ses éditions du week-end un vaste échantillon des messages postés dans le Belgomaton. Et poursuivra la diffusion des ces expressions citoyennes jusqu’à ce qu’une issue soit trouvée à la crise. Parce que chaque voix compte.

pratique

Le Belgomaton sans passer par Facebook

Vous avez été nombreux à regretter que l’accès au site belgomaton.be impose la possession d’un profil sur le réseau social Facebook. Dès ce jeudi après-midi, un formulaire sera mis en ligne qui vous permettre de poster un message et votre photo sans Facebook.