De Crem, meilleur ami belge de l’Amérique


voyez la date, mais ce va-t-en-guerre est de nouveau sur la brèche pour la Libye
Publié le 28 janvier 2011 par admin

Le premier des câbles diplomatiques concernant la Belgique et dévoilé par De Standaard révèle comment le ministre Pieter De Crem (CD&V) a aidé les Américains à convaincre le Premier ministre Yves Leterme et le ministre des Affaires étrangères Steven Vanackere (tous deux CD&V) de répondre favorablement à la demande américaine d’augmenter la présence militaire belge en Afghanistan et de rester jusqu’à la fin 2011. Pieter De Crem a réagi ce vendredi soir. Il assume, estimant que “WikiLeaks est proche de la vérité”.

Selon les informations mises en ligne ce vendredi par De Standaard, qui relate les câbles diplomatiques diffusés par WikiLeaks, au départ, les Américains n’étaient pas de grands fervents du ministre De Crem. Mais, très vite, ce dernier est devenu un allié privilégié de l’administration Obama, plus particulièrement de la chef du Département d’Etat, Hillary Clinton. En effet, De Crem va se montrer beaucoup plus enclin à satisfaire les requêtes américaines que son prédécesseur à la Défense, André Flahaut (PS).

Selon le câble cité par De Standaard, De Crem a manœuvré pour augmenter la participation belge à la force militaire de l’Otan en Afghanistan. Il savait que son Premier ministre et le PS étaient contre, craignant les répercussions sur le budget de l’Etat.

Le 4 décembre 2009, en marge d’un sommet de l’Otan à Bruxelles, explique De Standaard, Clinton a eu un entretien avec De Crem, Leterme et Vanackere, afin de formuler la demande américaine à la Belgique : 150 militaires belges en plus, des formateurs militaires supplémentaires et la garantie que les Belges resteront au poste jusqu’à la fin 2010.

Or, selon le câble cité par De Standaard, l’ambassadeur américain à Bruxelles note que c’est Pieter De Crem en personne qui a soufflé à Clinton ce qu’elle pourrait obtenir de la Belgique… “Ou comment De Crem a tenté de manipuler Leterme avec l’aide de Clinton”, conclut De Standaard.

En trois ans, entre l’ère Flahaut et l’ère De Crem, le nombre total des militaires belges en Afghanistan est passé de 360 à un maximum de 626 hommes.

EDIT 22h00 : De Crem assume

Pieter De Crem ne dément pas ces informations. C’est “proche de la vérité”, a-t-il affirmé lors de l’émission Terzake de la VRT vendredi soir. Il a toutefois affirmé que c’était lui faire “beaucoup d’honneur” de dire qu’il a agit de concert avec la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, pour convaincre le Premier ministre Yves Leterme d’accroître la
présence militaire belge en Afghanistan.

M. De Crem a nuancé le fait qu’il ait réussi à imposer sa volonté personnelle à l’ensemble du gouvernement. La décision de rester jusque fin 2011 en Agfhanistan est une décision de l’ensemble du gouvernement, pris sur proposition du Premier ministre et des ministres des Affaires étrangères et de la Défense, a-t-il souligné. Il a jugé normal qu’une telle décision soit précédée d’un trafic diplomatique. M. De Crem a réaffirmé son crédo d’une Belgique “petit partenaire, mais fiable” des Etats-Unis.

EDIT 23h00 : Les verts fulminent

(belga) Les députés écologistes Juliette Boulet et Wouter De Vriendt ont exigé ce vendredi soir que la commission de la défense de la Chambre se réunisse « de toute urgence » pour entendre le ministre de la Défense, Pieter De Crem, et le Premier ministre Yves Leterme. Pour les écologistes, il n’est pas normal qu’un ministre belge travaille de concert et dans le secret avec une puissance étrangère, quelle qu’elle soit. « Il y a là un problème grave de confiance entre le ministre et ses collègues », soulignent-ils.

Corentin Di Prima et Anne-Sophie Leurquin

source

Nous irons en Palestine


Actuellement 150 personnes on déjà pris leurs billet !!!!!!
MERCI DE DIFFUSER !!!

Quel est le programme de cette mission ?

Arrivée : le 8 juillet de tous les participants de tous les pays. Début des activités sur place le 9 juillet, date anniversaire de la décision le 9 juillet 2004 de la Cour de Justice Internationale (La Haye) qui a jugé le mur construit par Israël illégal, de même que les colonies installées sur les territoires palestiniens. Ce tribunal a estimé qu’il ne s’agissait pas d’un mur de séparation, mais d’un mur d’annexion et a exigé sa destruction ainsi que le démantèlement des colonies installées au delà de la Ligne Verte (tracé des frontières d’Israël avant le 4 juin 1967).

Un an plus tard, le 9 juillet 2005,170 associations représentant la société civile palestinienne (rejointes depuis par des centaines d’autres) lançaient, en l’absence  de prise en compte de ce jugement par les gouvernements, un appel à la société civile internationale pour qu’elle s’engage à agir et à  faire respecter le droit international.

Du 9 au 16 juillet, nous sommes appelés à venir massivement constater sur place l’aggravation de la situation d’apartheid et de nettoyage ethnique des Palestiniens, à Jérusalem Est comme en Cisjordanie.

Nous serons donc amenés à visiter les villes, villages et camps où les Palestiniens se voient spoliés de leurs terres, chassés de leurs maisons, agressés par des colons, empêchés de circuler librement à l’intérieur des territoires palestiniens.

Qui sont les organisateurs de cette mission ?

Cette mission est coordonnée par les 15 associations qui ont lancé l’appel et l’invitation à venir les accompagner dans leurs  tâches quotidiennes du  8 au 16 juillet. Elles regroupent des Palestiniens musulmans et chrétiens, vivant dans des grandes villes comme Béthléem, Hébron ou Ramallah, Jérusalem-Est, mais aussi des villages comme Bi’lin, Al Walaja, Al Maasara, et des camps de réfugiés comme Aïda, Deishe, Beit Omar, Balata… et participant à la résistance populaire palestinienne par des moyens non violents.

Ils ont l’habitude de recevoir des internationaux, mais estiment que cette fois-ci une grande mission s’impose pour attirer l’attention du monde entier sur leur situation de plus en plus critique. En raison du blocus total et des massacres israéliens, l’attention s’est concentrée sur la situation  dans la bande de Gaza. Israël, en profite, pendant ce temps pour progresser à grand pas dans le vol de terres, l’expulsion, la colonisation et la ghettoïsation des Palestiniens en Cisjordanie et à Jérusalem est. Les organisateurs de la mission  soulignent que la situation est aussi grave dans les deux régions et que le peuple palestinien  ne forme pas deux entités, mais une seule, en butte à la même oppression qui a pour but de chasser les Palestiniens de leurs terres.

Comment se déroulera la prise en charge pendant cette semaine ?

Nous partagerons les activités des Palestiniens, nous serons accueillis par les familles. Toute la logistique (transport,  logement et alimentation) est organisée par le comité d’organisation palestinien, qui évalue à environ 30 euros par jour le coût de la prise en charge pour chaque personne (réductions importantes pour les enfants)

Les règles de conduite sur place
Nous rappelons que la principale règle de conduite de cette mission est la non-violence. Et toutes les activités que nous prévoyons pendant la mission sont pacifiques.

Cette mission n’est pas un voyage du type « club de vacances ». Il nous arrivera donc de croiser des soldats de l’occupation sur notre route. Il est également possible qu’ils tentent de nous intimider ou de nous provoquer. Nous ne répondrons pas, et refuserons toute violence physique ou verbale. Les nombreux Palestiniens qui nous accompagneront dans toutes nos activités nous serviront de ce point de vue de guides.

Comment prendre son billet d’avion ?

Chacun doit prendre son propre billet aller-retour. La date d’arrivée doit être le 8 juillet, mais la date de retour est à la convenance personnelle de chacun, en fonction de ses disponibilités. Nous sommes contraints de passer par l’aéroport de Tel Aviv, puisqu’Israël a détruit l’aéroport palestinien et que nous n’avons pas d’autre choix pour nous rendre en Palestine (passer par Amman en Jordanie, non seulement coûte plus cher mais nous amène à être confrontés de la même manière aux services israéliens qui contrôlent l’entrée en Cisjordanie par le Pont Allenby).

Il est conseillé d’acheter son billet sur internet, via des des sites tels que Go Voyages et OPODO, lebonprix.com, ebookers, en choisissant les vols les plus intéressants, et en prenant conseil avant l’achat auprès des contacts indiqués sur ce site.

A l’heure actuelle les prix des aller-retour (le plus souvent avec une escale) varient entre 300 et 500 euros. Il est conseillé de profiter des vols à bas prix pendant qu’ils sont disponibles. Si vous rencontrez des difficultés ou si vous hésitez, vous pouvez contacter en France, comme dans d’autres pays, des militants qui vous aideront à choisir un vol. Voir la rubrique « Participer à la mission » sur ce même site.

Quelles formalités avant le départ ?

Pour les participants de nationalité française, il n’y a pas de formalités particulières à remplir ni de visa à obtenir. Il faut simplement vous assurer que votre passeport est valide au minimum six mois après la date du retour.

Pour les participants de nationalités étrangères, la situation varie d’un pays à l’autre. Pour tous ceux qui ne sont pas ressortissants de l’Union Européenne, il est parfois nécessaire d’obtenir un visa. Israël refoule souvent les ressortissants de pays tels que l’Algérie, le Liban, la Syrie…. Donc, bien se renseigner à ce sujet.

Que faut il emporter ?
Nous serons au début de l’été et il faut donc n’emporter que des vêtements légers. Les personnes plus âgées qui le souhaitent dormiront à l’intérieur des maisons palestiniennes, et les autres participants camperont sur leurs terrains. Donc emporter des tentes et sacs de couchage légers, car les nuits ne sont pas froides.

Prévoir  protection solaire, lunettes de soleil, casquette ou chapeau
Les bagages que l’on ne met pas en soute et que l’on garde en cabine dans l’avion, ne doivent contenir ni objets tranchants, ni liquides.

Emporter des bonbons et biscuits que nous offrirons dans les familles.

N’oubliez pas de prendre vos appareils photo et vos caméras !

Emportez vos instruments de musique s’ils sont transportables, et dites-nous dès maintenant de quel instrument vous jouez !

Argent

Il vaut mieux emporter des espèces, mais il est toujours bon d’avoir sa carte bleue sur soi, en cas de nécessité. Une partie des euros seront  changés en shekels sur place, monnaie en vigueur en Israel comme en Palestine. Prévoir un montant équivalent à une trentaine d’euros par jour et par personne (le transport en car d’une ville à l’autre est cher), et afin de pouvoir laisser un peu d’argent aux familles palestiniennes qui nous accueilleront.

Langues
La langue parlée en Palestine est l’arabe. Le dialecte palestinien est plus proche de l’arabe littéraire que l’arabe dialectal parlé au Maghreb par exemple. L’anglais est la deuxième langue du pays et vous serez dans la plupart des cas facilement compris. Il est conseillé de se remettre un minimum à niveau en anglais, ou de prendre un petit guide de conversation, même si toutes les visites et discussions de groupe seront traduites en Français (et dans d’autres langues). Nous aurons également des échanges avec les internationaux d’autres pays, et l’anglais est la langue de communication la plus répandue.

Communication

Le réseau téléphonique couvre la majeure partie de la Cisjordanie. Si vous possédez un abonnement avec une option vous permettant d’appeler à l’étranger, vous pourrez utiliser votre téléphone directement sur place.  Il est aussi possible d’acheter une carte SIM sur les lieux.

Comment puis-je contribuer à la réussite de cette mission ?
Le succès de cette mission repose sur chacun et chacune d’entre nous à tous les niveaux et notamment avant le départ, c’est à dire dans la période actuelle.

Plus nous serons nombreux et plus nous serons en mesure de délivrer un message fort. Il faut donc faire connaître largement cette initiative, convaincre ses proches, ses amis d’y participer. Ce site est un bon moyen de faire connaître le projet, mais aussi les flyers à votre disposition, et bien entendu tous les réseaux et autres sites via internet.

Organisons dans toutes les villes un maximum d’événements d’ici juillet pour faire connaître la mission « Bienvenue en Palestine » (projection de films, tables d’information lors de meetings, concerts, soirées couscous…)

Prenons rendez-vous avec nos élus respectifs pour leur parler de la mission, leur proposer d’y participer, et au minimum de la soutenir.

Demandez à des personnalités (élus, universitaires, sportifs, journalistes, artistes, écrivains…) de faire partie du Comité de Soutien de cette mission, aux côtés de Mgr Jacques Gaillot, la sénatrice Alima Boumediene-Thiery, …..

Demandez à celles et ceux qui ne peuvent pas nous accompagner en juillet de parrainer des jeunes qui veulent venir mais ont du mal à réunir la somme nécessaire, en envoyant un don (voir la rubrique « Parrainer un(e) volontaire) »). Si vous-même avez des difficultés à financer ce voyage, demandez à vos amis de vous donner un coup de pouce financier.

Autres informations

Des réunions de préparation du voyage seront organisées dans plusieurs villes de France. Ainsi que dans toute les villes où des participants sont inscrit ( Belgique ).Chaque participant(e) nous ayant laissé ses coordonnées sera dûment informé(e) de la tenue de ces réunions.

info et contact

 

http://bienvenuepalestine.com/

 

http://bienvenuepalestine.com/WordPress/?p=64

 

palestine.libre2011@yahoo.fr

+32485549579

Nadia.B

Le soulagement sera de courte durée quand nous verrons l’effet réel de l’intervention en Libye


dimanche 20 mars 2011 – 20h:56

Abdel al-Bari Atwan


Bien qu’elle semble motivée par des raisons humanitaires, il y a six sérieux problèmes avec cette résolution des Nations Unies.

La première réaction est le soulagement. La résolution du 1973 du Conseil de sécurité autorisant l’intervention 1973 en Libye a été présentée comme une tentative pour protéger les rebelles libyens et alléger leurs souffrances. Et qui ne serait pas d’accord avec cela ? Qui ne voudrait pas que l’on tente d’arrêter un agresseur qui veut « l’élimination » de ceux qui s’opposent à lui ? Mais tout soulagement devrait être tempéré par de sérieux doutes.

Tout d’abord, quelles sont les motivations qui se cachent derrière cette intervention ? Alors que l’ONU a voté l’imposition d’une zone d’exclusion aérienne en Libye, au moins 40 civils ont été tués dans une attaque par un drone américain au Waziristan, au Pakistan.
Et au moment où j’écris ces lignes, Al-Jazeera diffuse des scènes de carnage dans Sanaa au Yémen, où au moins 40 manifestants ont été abattus.

Mais il n’y aura pas de Nations Unies ni de zone d’exclusion aérienne pour protéger les civils pakistanais contre les attaques des États-Unis ou pour protéger les Yéménites. On ne peut s’empêcher de s’interroger sur l’implication sélective de l’Occident dans la série de soulèvements appelée « le printemps arabe ».

Il est vrai que les États-Unis a été réticents à agir et l’ont fait uniquement après des semaines d’indécision. Refusant de se laisser entraîner dans un autre conflit dans une région où ce serait perçu comme une ingérence dans les affaires d’un État souverain, Obama a judicieusement insisté sur la nécessité d’un niveau élevé de participation arabe et musulmane.

Au début, les signes étaient positifs : la Ligue arabe a approuvé l’initiative la semaine dernière, et cinq Etats membres semblaient susceptibles d’y participer. Puis cela s’est réduit au Qatar et aux Émirats arabes unis, avec possibilité de participation de la Jordanie. Cette intervention n’a pas obtenue suffisamment de soutien arabe pour acquérir une légitimité dans la région.

Les États-Unis s’inquiètent du coût d’une action militaire, compte tenu de son économie chancelante. Abdel Rahman Halqem, l’ambassadeur libyen à l’ONU, m’a dit que le Qatar et les Émirats arabes unis ont accepté de payer la majeure partie de l’opération. Et quel est la réelle motivation de ces Etats autocratiques ? Protéger le peuple libyen ? Une rancune contre Kadhafi ? Ou impliquer les États-Unis plus profondément encore dans la région ?

C’est donc le second problème : les principaux acteurs de cette intervention sont les puissances occidentales dirigées par la Grande-Bretagne et la France avec la probable participation des États-Unis. Si les voisins de la Libye, l’Egypte et la Tunisie jouaient un rôle de premier plan, il y aurait quelque chose à célébrer. Les pays démocratiques aidant leurs voisins, cela aurait été dans l’esprit de la révolution arabe et aurait renforcé le sentiment que les Arabes peuvent prendre en main leur avenir.

Cela aurait pu se produire : l’Egypte reçoit 1,3 milliard de dollars d’aide militaire américaine par an. Une pression diplomatique par Hillary Clinton aurait pu pousser l’armée égyptienne dans l’arène, ou du moins encourager l’Égypte à soutenir les insurgés [libyens]. Au lieu de cela, un porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères a catégoriquement déclaré mercredi : « Il n’y aura aucune intervention, point. »

Le troisième problème est que, bien qu’il est souvent rejeté comme fou, Kadhafi est un stratège et cette intervention joue pour lui. Il a en réponse rapidement annoncé un cessez-le, qui a été revendiqué par certains comme une première victoire pour la résolution de l’ONU. En fait, cela dégonfle à la fois l’initiative des Nations Unies tout en permettant à Kadhafi de paraître raisonnable.
Mais un cessez-le à ce moment-là arrange Kadhafi : sous son couvert, la police secrète peut se remettre au travail. De même, une acceptation par Kadhafi de l’embargo sur les armes – une concession apparente – l’arrangeait. Son régime a un armement sophistiqué, tandis que les insurgés ont peu d’armes.

Kadhafi sait aussi comment jouer de la rue arabe. En ce moment il a peu de soutien du public, son influence est limitée à sa famille et à sa tribu. Mais il peut exploiter cette intervention pour se présenter comme la victime d’ingérence post-coloniale dont l’objectif est le pétrole. Il est susceptible de poser la question que tout le monde se pose dans le monde arabe – pourquoi n’a-t-on pas imposé une zone d’exclusion aérienne au-dessus de Gaza quand les Israéliens l’ont bombardé en 2008/2009 ?

Contrairement à la Tunisie et à l’Egypte, le soulèvement en Libye a rapidement dégénéré en conflit armé. Kadhafi peut demander si ceux que les Nations Unies cherchent à protéger sont encore des « civils » lorsqu’ils sont engagés dans une telle bataille, et il peut suggérer plutôt que l’Occident prend parti dans une guerre civile (où l’agenda politique des insurgés est inconnu).

Et que dire de l’impact à long terme de cette intervention sur la Libye, et le monde ? C’est là que surgit une autre préoccupation. La Libye peut se retrouver divisée en une partie tenue par les rebelles à l’est et un bastion de régime dans le reste du pays et comprenant les champs de pétrole et la ville terminal-pétrolier d’Al-Brega. Il y a un risque fort que la Libye devienne le quatrième Etat de la région en déliquescence, rejoignant l’Irak, l’Afghanistan et le Yémen.

Et ceci amène un autre péril. Al-Qaida se développera dans un tel chaos. Il a joué un rôle clé dans les insurrections irakienne et afghane et est basé au Yémen – et il peut entrer en Libye aussi. Plusieurs des plus proches associés de Ben Laden sont libyens, et Kadhafi et n’est pas étranger aux groupes terroristes – l’organisation Abou Nidal avait trouvé refuge en Libye de 1987 à 1999. Kadhafi a également menacé d’attaquer les avions de transports et le transport maritime en Méditerranée.

Cinquièmement, il n’y a aucune garantie que l’intervention militaire se traduira par la disparition de Kadhafi. En 1992, l’ONU a imposé deux zones d’exclusion aérienne en Irak – pour protéger les Kurdes dans le nord et les Chiites dans le sud. Saddam est resté au pouvoir pendant 11 autres années et ne fut renversé qu’après une invasion. À ce jour, plus d’un million de civils sont morts en Irak.

La communauté internationale a le devoir de veiller à ce que cette triste histoire ne se répète pas en Libye. Enfin, il y a la crainte que le printemps arabe ne soit envoyé dans le fossé par les événements en Libye. Si une insurrection plus une répression violente entraîne une intervention occidentale, les peuples qui souffrent depuis longtemps des autocrates arabes de la région pourraient être contraints de s’en tenir au statu quo.

Le peuple libyen fera face à une longue période de bouleversements violents, quoi qu’il arrive. Mais c’est seulement grâce à leur propre ténacité et à leur propre lutte qu’ils finiront par construire l’Etat pacifique et démocratique dont ils rêvent.

(JPG)

* Abdel Bari Atwan est palestinien et rédacteur en chef du quotidien al-Quds al-Arabi, grand quotidien en langue arabe édité à Londres. Abdel Bari Atwan est considéré comme l’un des analystes les plus pertinents de toute la presse arabe.

Du même auteur :

- Le nouvel Irak …et ses scandales sanguinaires – 10 novembre 2010
- La saison « des abaissements » palestiniens – 31 octobre 2010
- La réponse de Netanyahu humilie les pays arabes dits « modérés » – 19 octobre 2010
- Israël pavoise et Abbas se tait – 29 septembre 2010
- Un président illégitime accepte de participer à des négociations sans but – 31 août 2010
- Négociations indirectes ? Une perte de temps – 15 mai 2010
- Netanyahu défie Obama – 6 avril 2010
- Netanyahu-Obama : une tempête dans un verre d’eau – 29 mars 2010

18 mars 2011 – The Guardian – Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.guardian.co.uk/commentis…
Traduction : Claude Zurbach

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La Syrie touchée à son tour par le vent de révolte arabe


lundi 21 mars 2011, par La Rédaction

Quatre jours de manifestations contre la corruption et le système de parti unique ont montré que la Syrie, l’un des pays les plus fermement tenus de la région, n’était pas à l’abri du vent de révolte qui souffle sur le monde arabe.
Quatre personnes ont trouvé la mort durant ces troubles, dans le sud du pays, où les protestataires ont mis le feu à des bâtiments publics, défiant ouvertement le régime de Bachar el Assad, qui ne tolère habituellement aucune voix dissidente.
Les troubles les plus sérieux se sont cantonnés jusqu’à présent à la ville de Déraa, en lisière de la frontière avec la Jordanie, où l’on a entendu le slogan « Dieu, la Syrie, la Liberté ».
Mais les analystes n’excluent pas que l’agitation s’étende dans le pays tant la population semble désenchantée du régime et enthousiasmée par le vent de liberté qui souffle dans les pays voisins.
« C’est un Etat semi-totalitaire. La corruption est partout », souligne Hazem Saghieh, chroniqueur au quotidien arabophone international Al Hayat. « Tous les ingrédients sont réunis pour s’attendre à un changement radical. »
Tout trouble en Syrie est susceptible d’avoir des répercussions au-delà des frontières du pays, le régime de Damas étant un allié proche de la République islamique d’Iran, un acteur majeur du jeu politique libanais et un parrain des groupes islamistes palestiniens et libanais.
Le parti Baas, au pouvoir depuis bientôt un demi-siècle, gouverne en vertu de l’état d’urgence et interdit toute opposition.
Parmi les autres griefs contre le régime figure la domination de la secte chiite minoritaire des alaouites, dont fait partie le clan Assad, sur la majorité sunnite.
Assad assure que la diplomatie syrienne, qui mêle intransigeance vis-à-vis d’Israël et soutien au Hamas et au Hezbollah, ses ennemis palestinien et libanais, est en phase avec le sentiment de la rue arabe.
Mais cette « exception syrienne » ne protège pas le régime du mécontentement d’une population qui aspire à plus de droits, à plus d’emplois et à une hausse de son niveau de vie.
Lorsque les Frères musulmans syriens se sont révoltés contre le régime en 1982 à Hama, le président Hafez al Assad, père de l’actuel président, n’avait pas hésité à écraser ce soulèvement dans le sang, faisant des milliers de morts.
Pareille répression, dont le monde n’a appris l’ampleur que des semaines plus tard, semble improbable aujourd’hui à l’ère des téléphones portables et d’internet.
« Les Syriens ont montré dans le passé qu’ils étaient capables de moduler leur répression », souligne Habib Malik, enseignant d’histoire à l’université américaine de Beyrouth.
« Je pense qu’ils se rendent compte que ce qui s’est produit à Hama n’est plus possible dans le monde actuel », assure Malik, qui pense Assad en mesure de « tuer dans l’oeuf » toute révolte, même si le défi qu’il affronte paraît sérieux.
Comme d’autres Etats arabes confrontés à la contestation, la Syrie a cherché à la faire taire en rétablissant les subventions aux denrées de base et en augmentant les salaires.
Selon un diplomate en poste à Damas, Assad, arrivé au pouvoir en 2000 à la mort de son père, n’a pas tenu ses promesses de réformer le système politique et a cru à tort qu’une libéralisation économique limitée suffirait à le perpétuer.
« Bachar avait le temps de prendre des mesures préventives et d’engager des réformes authentiques. Au lieu de ça, le régime a commis de grosses erreurs », dit-il.
En dehors des troubles à Déraa, de petites manifestations ont eu lieu après les prières du vendredi dans la ville d’Homs et à Banias, sur la côte. A la grande mosquée de Omeyades de Damas, des fidèles ont brièvement scandé des slogans réclamant plus de liberté.
Mais l’échelle des manifestations de Déraa, auxquelles ont participé des milliers de personnes, montrent que la vraie menace pour Assad vient moins de groupes d’opposition disséminés et affaiblis que de la base de la population.
Selon Hazem Saghieh, si les rebelles libyens, désormais aidés par l’intervention occidentale, devaient marquer des points face au colonel Mouammar Kadhafi, les protestataires syriens pourraient se sentir enhardis.
Mais il voit mal la situation en Syrie prendre la même tournure qu’en Tunisie ou en Egypte, où les présidents Zine Ben Ali et Hosni Moubarak se sont résignés à quitter le pouvoir sous la pression de la rue.
« Je ne pense pas que le régime baasiste de Syrie partira en douceur », dit-il.

(Lundi, 21 mars 2011 – Avec les agences de presse)

Manifestation à Tahrir pour le NON au referendum de demain


Pour l’album, cliquez ICI

Vive polémique au sein de la société égyptienne sur les amendements constitutionnels

Les Egyptiens sont appelés à se rendre samedi aux urnes pour se prononcer par référendum sur des amendements constitutionnels qui ont suscité un débat houleux entre les composantes de la sphère politique.

Aussi bien dans les émissions télévisées, la presse écrite que dans la rue, ont surgi des divergences entre partisans et opposants à ce référendum, dont la date a été fixée par le Conseil suprême des forces armées qui dirige le pays depuis la chute de l’ancien président Hosni Moubarak.

Bien qu’étant d’accord pour participer au référendum, opposants et partisans de ces amendements sont partagés quant au bien fondé des amendements.

Pour les opposants à ce référendum, ils relèvent que malgré les changements de certains articles, il reste toujours des lacunes. Dans ce sens, ils soulignent que l’amendement ne limite pas les pouvoirs du président de la République, « ce qui va mener à une nouvelle dictature ».

Parmi les égyptiens ayant récusé les amendements et annoncé leur intention de se porter candidats à la présidentielle, figurent le secrétaire général de la Ligue Arabe Amr Moussa et l’ancien directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Mohammed El Baradei.

Pour Amr Moussa, ces amendements « ne répondent pas aux aspirations du peuple égyptien à une nouvelle ère instaurant les bases de la démocratie ».

Il a relevé que le rejet des changements constitutionnels, qui « est la bonne décision à prendre par les électeurs samedi prochain, est de nature à permettre de réaliser des acquis politiques importants ».

Il a par ailleurs affirmé qu’un vote positif lors de cette consultation populaire permettrait, en maintenant l’essentiel de l’ancienne Constitution, au chef de l’Etat de garder les vastes pouvoirs dont profitait l’ancien président et donc courir le risque de retrouver un régime analogue.

« Préserver l’ancienne Constitution donnerait au futur président de vastes pouvoirs, ce à quoi le peuple s’oppose dans sa quête de démocratie, de liberté et de refus de revenir à l’ancien ordre des choses », poursuit-il.

De son côté, l’opposant le plus en vue, Mohamed El Baradei, a estimé que le vote en faveur des amendements conduira à des élections dans le cadre d’une Constitution « despotique et dénaturée ».

Il a précisé que la préservation de la constitution de « Moubarak » était une « humiliation » pour la révolution, appelant à la formation d’une commission chargée de l’élaboration de la nouvelle Constitution.

La « coalition des jeunes de la révolution » a appelé, quant à elle, à voter « non » au référendum, soulignant l’impératif de la proclamation d’une Constitution provisoire comprenant les revendications de la révolution et définissant les prérogatives du gouvernement de transition.

Il s’agit également, selon la coalition, de constituer un conseil présidentiel civil composé de trois membres qui gérera avec le gouvernement de transition les affaires du pays, préparera les élections législatives et présidentielle et formera une assemblée constituante pour l’élaboration d’une nouvelle Constitution.

L’abrogation du conseil consultatif, l’amendement des lois complétant la Constitution telle la loi sur les partis et l’exercice des droits politiques figurent également parmi ces propositions.

En contrepartie, les Frères musulmans et le parti national démocratique ont appelé à approuver les amendements constitutionnels, soulignant qu’ils feront tout ce qui est en leur pouvoir pour que le référendum soit positif.

Ils ont estimé que le rejet de ces amendements est de nature à prolonger davantage la période de transition et mènera à une confrontation entre le peuple et l’armée en donnant l’opportunité à la contre-révolution.

Tout en reconnaissant l’insuffisance de ces amendements pour répondre aux exigences de la révolution, ils ont affirmé que le pays « passe par une étape décisive qui requiert une sortie de crise au moyen de ces amendements afin de passer de l’étape de transition à celle de la stabilité ».

D’après la commission en charge de l’amendement de cette Constitution, la durée du mandat présidentiel est limitée à quatre ans renouvelables une seule fois.

Ces amendements sont destinés à garantir plus d’ouverture démocratique dans le pays, d’après la commission, qui recommande aussi la limitation du recours aux lois d’urgence -en vigueur en Egypte depuis 30 ans- à une période de six mois avec feu vert d’un Parlement élu.

La prorogation de cette période de six mois devra être soumise à un référendum populaire, selon la commission, qui propose aussi l’assouplissement des conditions requises pour être candidat, afin de permettre aux indépendants et aux petits mouvements d’opposition de se présenter.

Pour être éligible, un candidat devra recueillir 30.000 parrainages de diverses provinces égyptiennes, ou la recommandation de 30 membres du Parlement, ou bien être issu d’un parti titulaire d’au moins un siège au Parlement.

La commission a également proposé que le processus électoral soit désormais surveillé par le pouvoir judiciaire.

Ces propositions « représentent une Constitution temporaire, après laquelle une nouvelle Constitution du pays pourra être rédigée ».

Quelque 45 millions d’Egyptiens âgés de 18 ans et plus sont appelés ainsi à se rendre aux urnes pour accepter ou rejeter les amendements proposés.

MAP