11-Septembre, qu’est-ce qui a changé ?


vendredi 9 septembre 2011

Dix ans après les attaques contre le World Trade Center et le Pentagone

Les attaques contre les tours de New York et le Pentagone ont-elles marqué la naissance d’une ère nouvelle ? Le monde a-t-il changé de bases parce qu’une poignée de terroristes a commis un des raids les plus audacieux de l’histoire contemporaine ? A voir le nombre de publications consacrées à l’événement, on serait tenté de le croire. Et pourtant…

Ces attentats ont d’abord ébranlé l’Amérique, et certains ont pu affirmer que, après la chute du mur de Berlin, on allait assister à un retour d’autant plus remarqué des Etats-Unis que leur puissance militaire est alors à nulle autre pareille : à eux seuls, ils représentent un peu moins de la moitié des dépenses d’armement dans le monde. Les rapides succès en Afghanistan et en Irak ont corroboré ces analyses. Dix ans après, « la guerre contre le terrorisme », qui visait à éradiquer toute menace, y compris celle des Etats dénoncés comme « voyous », est un échec, et la rhétorique belliciste de Washington s’est atténuée. Les Etats-Unis devraient se retirer d’Irak d’ici à la fin de l’année, laissant derrière eux un pays détruit, avec un gouvernement divisé et corrompu, qui sera plus proche de Téhéran que de Washington. En Afghanistan, malgré les déclarations lénifiantes, la montée en puissance des talibans apparaît irrésistible, tandis que le Pakistan s’enfonce dans la crise. Quant à Al-Qaida, si son chef Oussama Ben Laden et nombre de ses hauts dirigeants ont été tués, elle a essaimé au Maghreb, au Yémen, au Nigeria, etc.

Le prix de ces guerres, avant tout payé par les peuples qui en ont été les victimes, pèse aussi sur les Etats-Unis et plus largement sur l’Occident, de deux manières. Elles ont permis une remise en cause des libertés au nom de la lutte contre le terrorisme, légalisé la torture, les enlèvements, les écoutes illégales, les assassinats ciblés, etc., pratiques qui se sont étendues malgré l’élection du président Barack Obama, comme le montre le maintien du bagne de Guantanamo ou l’utilisation sans restriction de drones.

Le terrorisme est devenu un concept attrape-tout permettant aux Etats de justifier leur politique de répression. Que Paris soit le siège, dans quelques jours, d’une conférence dite « des victimes du terrorisme » reflète cette intense campagne (lire « Au nom des victimes », par Sébastien Fontenelle, dans notre numéro de septembre, en kiosques, et « Un “congrès imposture” sur le terrorisme »).

Malgré les révoltes arabes et la marginalisation des groupes islamistes radicaux et violents, malgré l’affaiblissement d’Al-Qaida, les discours sur « la menace islamiste » ont profondément infiltré les sociétés et les mentalités en Occident et déstabilisé les minorités d’origine musulmane, entraînant un repli communautaire et la montée d’un climat islamophobe qui fait le lit d’une nouvelle droite radicale.

D’autre part, ces guerres déclenchées par Washington ont coûté des sommes folles, entre 3 000 et 5 000 milliards de dollars pour les seuls Etats-Unis, selon le Prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz. Elles ont accéléré l’éclatement de la crise financière (favorisée aussi par les cadeaux aux banques) et réduit les marges de manœuvre de l’Etat. Malgré une situation sans précédent, les Américains semblent disposer de peu de moyens financiers pour relancer leur économie et lutter contre le chômage.

Dix ans après les attaques contre le World Trade Center, c’est le relatif déclin des Etats-Unis, désormais confrontés à la montée en puissance de la Chine, de l’Inde, du Brésil, de l’Afrique du Sud, etc., qui caractérise la situation mondiale. Le 11-Septembre n’aura été, finalement, qu’une étape dans ce basculement du monde.

Alain Gresh

La lutte pacifique de Budrus


LOOS,BAUDOUIN

Jeudi 8 septembre 2011

Proche-Orient L’histoire d’un village palestinien qui résiste

RENCONTRE

La petite centaine de personnes présentes ce mercredi midi au cinquième étage du Parlement européen à Bruxelles en avaient presque le souffle coupé : la projection du documentaire Budrus venait de se clore et l’émotion était perceptible. Budrus ? Un petit village palestinien de Cisjordanie situé non loin de la « ligne verte », la frontière délimitant jusqu’en 1967 le cessez-le-feu de 1948. Si cette localité est devenue célèbre en Palestine, c’est en grande partie en raison de la détermination et la ténacité de ses habitants, qui ont refusé dès le début de son érection, en 2003, le mur-barrière de séparation construit par Israël.

« Budrus conte l’histoire de notre résistance pacifique, nous explique à Bruxelles Ayed Morrar (photo), héros du documentaire, où il apparaît comme le principal instigateur du mouvement. Nous avons été le premier village palestinien lésé par la construction du mur d’apartheid à nous organiser. La lutte a été gagnée en moins d’un an, grâce à notre mobilisation, femmes et enfants compris, et à celles de militants internationaux et de nombreux amis israéliens, comme le film le montre bien. »

En effet ! La solidarité et la connivence qui se nouent entre villageois en résistance et pacifistes israéliens ne laissent pas d’impressionner. A Budrus même aussi, d’ailleurs : la stupéfaction de ce membre du Hamas avouant devant la caméra de la réalisatrice Julia Bacha sa surprise d’avoir rencontré des Israéliens juifs se battant pour les droits des Palestiniens – « ils m’ont même protégé contre leur armée », s’exclame-t-il tout ahuri – vaut son pesant d’or.

Le documentaire, produit en 2009 par l’ONG internationale surtout israélo-palestinienne Just Vision, donne la parole à toutes les parties, même si on sent une empathie pour la lutte pacifique du village. L’ONG s’est donné pour but de montrer ce que le grand public à travers le monde ignore souvent, victime des médias qui privilégient le spectaculaire. Le film connaît une carrière de choix. Il a ainsi raflé une dizaine de prix internationaux, de San Francisco à Madrid en passant par… Jérusalem.

La leçon pacifique de Budrus a porté des fruits. D’abord, en raison de la victoire. « Après nos mois de résistance, l’armée israélienne a évacué 1.200 dunum (environ 120 hectares) de nos terres que le mur englobait côté israélien, et la barrière a été reculée jusqu’à la ligne verte. Mais des centaines d’oliviers, notre activité principale, avaient été déracinés… D’autres villages ont suivi notre exemple, Biilin, Nalin, etc., même s’ils n’ont pu réussir à obtenir des succès aussi grands que le nôtre. »

Une armée désarmée

Ayed Morrar est intarissable s’agissant de la non-violence. « Les Israéliens se sont montrés surpris. Face à notre action, ils étaient… désarmés. L’armée aurait sans doute préféré que nous recourions à des moyens violents, ce qui aurait justifié une répression sans états d’âme, mais là… »

La proximité de la présentation, par l’Autorité palestinienne à New York, de la demande de reconnaissance de l’Etat palestinien par l’ONU suscite chez notre interlocuteur un sentiment mitigé. « Ce sera un grand pas symbolique, mais sur le terrain l’occupation israélienne ne va pas cesser pour autant, il faudra continuer la lutte. »

Reportage de Paul Moreira : Islam, Antéchrist Et Jambon Beurre


http://islamophobie.net/art_read.php?ai=717
Enquête sur les réseaux islamophobes planétaires
Le tueur d’Oslo appartenait à une mouvance islamophobe planétaire. Aux États-Unis et en Europe, un réseau de propagandistes professionnels et d’activistes liés aux extrêmes droites répand la haine contre les musulmans. Son nom : Stop the Islamization. Paul Moreira a infiltré cette étrange et influente coalition.

 Musulmans parqués dans les mosquées à 10 personnes au mètre carré,  Sylvie François (fausse personne mais vrai mensonge assumé du bloc identitaire comme de Riposte Laique) la pauvre française de souche qui se fait harceler par des intégristes qui voudraient la voiler, et qui n’arrive pas à acheter son cochon (le reportage montre la boucherie « au cochon d’or situé à 2 pas d’une mosquée) … Les origines néo nazies des mouvements identitaires islamophobes … Le superbe discours (en caméra cachée) dans les locaux du bloc identitaire sur le métissage et les métèques.
Le reportage rappelle ce que sont les antisémites et islamophobes : des menteurs, des racistes qui sèment la haine grâce à la peur. Merci à Paul Moreira qui signe un reportage sérieux qui colle à ce que l’on vit chaque jour sur le terrain.
Vous voulez agir contre l’islamophobie ? Adhérez

Cette video est vraiment à regarder :

http://www.metacafe.com/fplayer/7176653/reportage_islam_ant_christ_et_jambon_beurre.swf

(Merci à abuNawfal pour cette vidéo)

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