Grèce : on va droit au “génocide financier”


22 septembre 2011
Vienne
Thessalonique, le 16 septembre. Un homme tente de s'immoler par le feu pour protester contre le gouvernement, les banques et les partis politiques.

Thessalonique, le 16 septembre. Un homme tente de s’immoler par le feu pour protester contre le gouvernement, les banques et les partis politiques.

AFP

Ainsi les Grecs “refusent d’économiser” ? Un juriste de Vienne, qui a un pied-à-terre à Athènes, les a observés au quotidien. Sa conclusion : ils économisent à en crever.

On ne peut rester sans réagir aux diverses déclarations des plus hauts responsables de toute l’Europe, certaines frisant l’imbécillité, au sujet de ces « fainéants » de Grecs qui « refusent d’économiser ».

Depuis 16 mois, je dispose d’une résidence secondaire à Athènes, et j’ai vécu cette situation dramatique sur place. On se plaint que les plans d’économie ne fonctionnent pas parce que les revenus fiscaux chutent. On remet en question la volonté des Grecs d’économiser. Quelle surprise ! Voici quelques faits :

– Réductions des salaires et des retraites jusqu’à 30 %.

– Baisse du salaire minimum à 600 euros.

– Hausse des prix dramatique (fioul domestique + 100 % ; essence + 100 %, électricité, chauffage, gaz, transports publics + 50 %) au cours des 15 derniers mois.

Le renflouement de l’UE repart à 97% vers l’Union

– Un tiers des 165 000 entreprises commerciales ont fermé leurs portes, un tiers n’est plus en mesure de payer les salaires. Partout à Athènes, on peut voir ces panneaux jaunes avec le mot « Enoikiazetai » en lettres rouges – « A louer ».

– Dans cette atmosphère de misère, la consommation (l’économie grecque a toujours été fortement axée sur la consommation) a plongée de manière catastrophique. Les couples à double salaire (dont le revenu familial représentait jusqu’alors 4 000 euros) n’ont soudain plus que deux fois 400 euros d’allocations chômage, qui ne commencent à être versées qu’avec des mois de retard.

– Les employés de l’Etat ou d’entreprises proches de l’Etat, comme Olympic Airlines ou les hôpitaux, ne sont plus payés depuis des mois et le versement de leur traitement est repoussé à octobre ou à « l’année prochaine ». C’est le ministère de la Culture qui détient le record. De nombreux employés qui travaillaient sur l’Acropole ne sont plus payés depuis 22 mois. Quand ils ont occupé l’Acropole pour manifestation (pacifiquement !), ils en ont rapidement eu pour leur argent, à coups de gaz lacrymogène.

– Tout le monde s’accorde à dire que les milliards des tranches du renflouement de l’UE repartent à 97 % directement vers l’Union, vers les banques, pour éponger la dette et les nouveaux taux d’intérêt. Ainsi le problème est-il discrètement rejeté sur les contribuables européens. Jusqu’au crash, les banques encaissent encore des intérêts copieux, et les créances sont à la charge des contribuables. Il n’y a donc pas (encore ?) d’argent pour les réformes structurelles.

– Des milliers et des milliers d’auto-entrepreneurs, chauffeurs de taxis et de poids lourds, ont dû débourser des milliers d’euros pour leur licence, et ont pris des crédits à cet effet, mais ils se voient aujourd’hui confrontés à une libéralisation qui fait que les nouveaux venus sur le marché n’ont presque rien à payer, tandis que ceux qui sont présents depuis plus longtemps sont grevés par leurs énormes crédits, qu’ils doivent néanmoins rembourser.

– On invente de nouvelles charges. Ainsi, pour déposer une plainte à la police, il faut payer sur le champ 150 euros. La victime doit sortir son porte-monnaie si elle veut que sa plainte soit prise en compte. Dans le même temps, les policiers sont obligés de se cotiser pour faire le plein de leurs voitures de patrouille.

– Un nouvel impôt foncier, associé à la facture d’électricité, a été créé. S’il n’est pas payé, l’électricité du foyer est coupée.

– Cela fait plusieurs mois que les écoles publiques ne reçoivent plus de manuel scolaire. L’Etat ayant accumulé d’énormes dettes auprès des maisons d’édition, les livraisons ne sont plus effectuées. Les élèves reçoivent désormais des CD et leurs parents doivent acheter des ordinateurs pour leur permettre de suivre les cours. On ignore complètement comment les écoles – surtout celles du Nord – vont régler leurs dépenses de chauffage.

Où est passé l’argent des dernières décennies ?

– Toutes les universités sont de fait paralysées jusqu’à la fin de l’année. Bon nombre d’étudiants ne peuvent ni déposer leurs mémoires ni passer leurs examens.

– Le pays se prépare à une vague d’émigration massive et l’on voit apparaître des cabinets de conseil sur la question. Les jeunes ne se voient plus aucun avenir en Grèce. Le taux de chômage atteint 40 % chez les jeunes diplômés et 30 % chez les jeunes en général. Ceux qui travaillent le font pour un salaire de misère et en partie au noir (sans sécurité sociale) : 35 euros pour dix heures de travail par jour dans la restauration. Les heures supplémentaires s’accumulent sans être payées. Résultat : il ne reste plus rien pour les investissements d’avenir comme l’éducation. Le gouvernement grec ne reçoit plus un sou d’impôt.

– Les réductions massives d’effectif dans la fonction publique sont faites de manière antisociale. On s’est essentiellement débarrassé de personnes quelques mois avant qu’elles n’atteignent leur quota pour la retraite, afin de ne leur verser que 60 % d’une pension normale.

La question est sur toutes les lèvres : où est passé l’argent des dernières décennies ? De toute évidence, pas dans les poches des citoyens. Les Grecs n’ont rien contre l’épargne, ils n’en peuvent tout simplement plus. Ceux qui travaillent se tuent à la tâche (cumul de deux, trois, quatre emplois).

Tous les acquis sociaux des dernières décennies sur la protection des travailleurs ont été pulvérisés. L’exploitation a désormais le champ libre ; dans les petites entreprises, c’est généralement une question de survie.

Quand on sait que les responsables grecs ont dîné avec les représentants de la troïka [Commission européenne, BCE et FMI] pour 300 euros par personne, on ne peut que se demander quand la situation finira par exploser.

La situation en Grèce devrait alerter la vieille Europe. Aucun parti prônant une raisonable orthodoxie budgétaire n’aurait été en mesure d’appliquer son programme : il n’aurait jamais été élu. Il faut s’attaquer à la dette tant qu’elle est encore relativement sous contrôle et avant qu’elle ne s’apparente à un génocide financier.

L’hypocrise d’Obama sur la Palestine


jeudi 22 septembre 2011 – 12h:34

Abdel Bari Atwan


Le président palestinien Mahmoud Abbas a balancé les dés et s’est rendu à l’Organisation des Nations Unies [ONU] pour soumettre une demande de reconnaissance d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967, défiant ainsi toutes les pressions et menaces américaines et israéliennes qui exigent de lui qu’il revienne sur cette initiative et retourne à nouveau à la table des négociations.

Cette initiative du président Abbas [président autoproclamé, sans mandat électif et par le bon vouloir d’Israël et des Etats-Unis – N.d.T] est une aventure pleine de dangers personnels et nationaux. Se présenter devant le Conseil de sécurité de l’ONU [UNSC] pourrait signifier ne pas obtenir les neuf voix favorables requises par les procédures pour pouvoir ensuite se présenter devant l’Assemblée générale des Nations Unies. Mais même au cas où il obtiendrait ces voix, le « veto » Etats-Unis est prêt. L’envoyé de la Palestine auprès de l’ONU, Riyad Mansour, a exprimé ses craintes que les Etats-Unis décident de ne plus assumer leurs obligations et ait recours au gel de l’application des résolutions du Conseil de Sécurité pendant plusieurs mois, exploitant l’examen et la consultation [de la demande palestinienne] comme une excuse.

La reconnaissance d’un statut de membre observateur – ou même d’Etat à part entière – si elle était obtenue, sera une victoire « morale » qui ne changera rien sur le terrain, malgré toutes les tentatives « d’embellissement » par la machine médiatique qui accompagne le président palestinien. Mais dans une époque dominée par les défaites et « l’immobilisme » des responsables palestiniens, de petites victoires sont gonflées hors de toute proportion.

Le président Abbas est allé à l’ONU pour obtenir la reconnaissance d’un état imaginaire, sans territoire, ni frontières ni souveraineté, dans une position désespérée et faible, une fois fermement convaincu par 20 ans de négociations humiliantes et ignominieuses, de l’impossibilité d’un Etat palestinien indépendant dans le cadre des accords d’Oslo.

Lui, le président Abbas a donc décidé que l’histoire se souviendrait de lui, même si ce n’est qu’avec une seule ligne écrite, comme celui qui a réalisé cet Etat même si ce n’est que sur le papier. Après quoi il prendrait sa retraite de l’ANP [Autorité Nationale Palestinienne] assuré d’avoir réalisé quelque chose.

Cette étape a pris le peuple palestinien par surprise, comme l’ont fait les autres étapes et les accords d’Oslo. Le président de l’ANP n’a consulté personne et n’a réuni aucune assemblée nationale ou législative, même pas une conférence pour mettre ensemble un groupe de personnes qualifiées représentant les diverses tendances, opinions, et expertises, et pas même les parties impliquées dans la réconciliation palestinienne formalisée par l’accord du Caire. Le président a décidé et le peuple n’a qu’à obéir et à soutenir… C’est une situation extrêmement dangereuse dont beaucoup de monde s’inquiète.

Ceux qui sont proches du président affirment qu’aller à l’ONU gêne les Israéliens et place le président américain et son administration dans une position embarrassante, mais cela trouble aussi le peuple palestinien et certains de ses intellectuels. Mais qu’ils soient en faveur de cette étape ou qu’ils y soient opposés, cela est devenue sans incidence.

Soutenir la décision [d’Abbas] signifie faire courir des risques à plusieurs droits légitimes, tels que celui de sacrifier le droit au retour, de faire en sorte que l’OLP ne représente plus le peuple palestinien dans sa patrie et dans la diaspora, et celui de réduire les demandes légitimes du peuple palestinien à moins de 20% de la terre historique de Palestine.

Comme les nouvelles résolutions des Nations Unies invalident automatiquement les précédentes, la nouvelle résolution annulera les plus anciennes. Ceci est une règle connue en droit. La reconnaissance d’un Etat dans les frontières de 1967 pourrait entraîner l’annulation de la résolution de partitionnement N°181 et de la résolution 194 qui garantit le droit au retour. Les Israéliens prétendront – et combien ils sont qualifiés dans l’art des arguties – que ce droit est maintenant limité à l’Etat palestinien dans ses frontières déterminées par la nouvelle résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies. Ils pourraient même aller plus loin et imposer l’application d’un droit de retour à l’encontre des citoyens arabes vivant dans la Palestine occupée en 1948.

Quant à ceux qui s’opposent à cette étape, on pourrait penser qu’ils s’opposent au soi-disant projet national palestinien dont les hommes de l’ANP parlent beaucoup ces jours-ci, qu’ils se tiennent dans la tranchée du côté d’Israël et qu’ils ne veulent pas provoquer l’administration américaine en la mettant dans l’embarras à devoir utiliser son droit de veto. Ce sont des accusations honteuses en plus d’être inacceptables et elles reflètent une sale mentalité de recours au chantage et à l’exclusion.

Nous nous leurrons si nous acceptons la logique sur laquelle s’appuient les partisans de cette étape, comme quoi la reconnaissance de la Palestine en tant que membre de l’ONU ou comme pays observateur transformera l’occupation et l’agression israélienne en occupation par un pays d’un autre pays également membre des Nations Unies, et permettra ainsi aux Palestiniens de se défendre devant la Cour pénale internationale ( dont Israël n’a pas signé la charte) et donc de poursuivre les criminels de guerre israéliens. Cette vue pourrait être juste en théorie, mais elle n’a aucune valeur sur le terrain. Les Etats-Unis ont agressé et occupé l’Irak et l’Afghanistan et Israël a attaqué le Liban, un État membre, et occupé ses territoires comme il occupe le territoire syrien aujourd’hui et viole les frontières égyptiennes en allant assassiner six soldats égyptiens.

Nous avons le rapport Goldstone, qui a confirmé l’implication de l’armée israélienne dans des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité dans la bande de Gaza. Nous avons la décision de la Cour internationale de Justice qui a jugé illégal le mur raciste en Cisjordanie. Qu’ont fait les Nations Unies pour nous ? Et en quoi un acte d’accusation international nous bénéficie-t-il ?

Le président Mahmoud Abbas tente d’être ferme, jouant une guerre politique et diplomatique, défiant les Américains et les Israéliens, et mobilisant la communauté internationale contre eux. Cela fait plaisir à voir et c’est un effort réel. Mais cela évite de devoir faire face à la réalité que vit la société palestinienne. C’est contre l’occupation israélienne, les colonies, et le pillage des terres et des ressources palestiniennes que doit être menée la bataille d’Abbas.

Les peuples arabes nous ont donné et nous donnent encore d’éloquentes leçons, et non en changeant le statu quo mais en chassant des dictatures profondément enracinées dans la corruption et la répression et qui empêchent toute autre solution. Mendier pour des solutions et une reconnaissance ne change rien, et si cette dernière change quelque chose ce sera pour le pire. Les résultats catastrophiques des accords d’Oslo sont toujours sous nos yeux sous la forme de colonies juives de peuplement, de l’humiliation et de la judaïsation de Jérusalem.

Le printemps palestinien ne doit pas seulement aboutir à une floraison aux Nations Unies, mais aussi dans les territoires palestiniens. Il serait scandaleux que [les Palestiniens] qui sont un des détonateurs de la révolution [arabe] et le modèle absolu d’une situation d’injustice, soient les derniers à prendre le train des révolutions arabes, avec leurs terres toujours occupées, un ennemi plein d’arrogance, et des responsables faibles et paralysés isolés de leur peuple et de la réalité arabe.

Nous allons certainement rester dans la tranchée d’une confrontation avec les Israéliens et les Américains à l’ONU, mais, en même temps, nous n’abandonnerons pas nos réserves, nos craintes, et notre insistance sur les constantes palestiniennes. Nous allons aussi persister à considérer toute victoire à l’ONU comme incomplète tant qu’elle n’est pas suivie par une Intifada populaire qui épuise l’occupation israélienne et la rend coûteuse politiquement et militairement.

Nous voulons voir 100 000 manifestants chaque vendredi au Square Al-Manarah à Ramallah, ou aux barrages routiers de Qalandiya qui privent les différentes générations de Palestiniens de voir Jérusalem et d’aller prier à la Mosquée Al Aqsa. Nous voulons voir l’ANP au service du peuple et non occupée à anesthésier ce peuple avec de minuscules initiatives visant à obtenir un état imaginaire.

Israël ne fait qu’à chaque fois relever le seuil de ses exigences et présente chaque jour une nouvelle demande, comme la reconnaissance d’Israël comme Etat juif afin d’expulser les Arabes pendant que nous-mêmes ou nos dirigeants ne cessons d’abaisser le niveau de nos revendications. La réponse idéale à Israël et à son aile d’extrême-droite n’est pas la demande d’une reconnaissance d’un Etat dans les frontières de 1967, mais d’un état civil démocratique sur toute la terre palestinienne, où les religions et les communautés coexisteront sur un pied d’égalité. Proclamons l’échec de la solution à deux Etats, et relançons l’OLP et ses institutions sur des bases scientifiques et réformistes qui intègrent les différentes générations palestiniennes, luttent pour le changement, se débarrassent de ses chairs mortes et pompe un sang neuf.

Israël est internationalement isolé, pas à cause de la lutte des Palestiniens, mais d’une part en raison de ses grossières erreurs, et d’autre part en raison de l’arrogance de ses dirigeants et des révolutions arabes qui ont renversé et renversent tous ses alliés ou régimes qui cèdent devant son terrorisme. Les Palestiniens et les Arabes doivent approfondir cet isolement grâce à une pression interne encore plus forte sur l’occupation et ses colons. Mais cela ne s’est pas encore produit..

Qui aurait cru que la Turquie, grand allié d’Israël dans la région et dans le monde islamique, se retournerait contre l’Etat sioniste, expulserait son ambassadeur et gèlerait toutes les relations commerciales et militaires ? Qui aurait imaginé que les révolutionnaires égyptiens investiraient l’ambassade israélienne au Caire, la vidant de son contenu, escaladant ses murs et obligeant ses diplomates à se sauver par la porte arrière comme des rats apeurés en quête de sécurité et en se coiffant du koufiyah palestinien qu’ils ont tant haï et combattu depuis si longtemps parce que symbole de dignité et de résistance ?

Enfin, nous disons au président Abbas de ne pas trop compter sur les victoires diplomatiques, malgré leur importance, et de revenir aux principes premiers de la résistance et de terminer sa carrière avec une victoire réelle sur le terrain et non pas avec une nouvelle résolution des Nations Unies. Il faut libérer le peuple palestinien de l’esclavage des salaires versés [par les donateurs via l’AP – N.d.T], et donner la priorité à l’intérêt national sur les conditions de vie qui génèrent la morosité que nous constatons aujourd’hui.

Nous souhaitons que le président Abbas ajoute à son discours à l’ONU une phrase qui dira : « Président Obama, vous êtes intervenu avec vos avions, vos missiles et l’OTAN en Libye en Irak et en Afghanistan en prétendant soutenir leurs peuples et leur combat pour la libération, et vous utilisez à présent votre veto contre la peuple palestinien pour lui refuser les droits fondamentaux que vous avez été parmi les premiers à reconnaître. Vous demandez à ce peuple d’obtenir un Etat grâce à des négociations avec son ennemi, mais c’est quelque chose que vous n’avez pas demandé ni aux Libyens, ni aux Irakiens, ni à d’autres. Assez d’hypocrisie. »

Mais ce ne sont pas Obama, encore moins Sarkozy, Blair, Cameron, et Angela Merkel, ni les autres hypocrites qui devraient avoir le plus honte, mais nous les Arabes…

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* Abdel Bari Atwan est Palestinien et rédacteur en chef du quotidien al-Quds al-Arabi, grand quotidien en langue arabe édité à Londres. Abdel Bari Atwan est considéré comme l’un des analystes les plus pertinents de toute la presse arabe.

Du même auteur :

-  Al Qaïda 10 ans après – 13 septembre 2011
-  Pour éviter une intervention étrangère, la Syrie doit accepter l’initiative de la Ligue arabe – 11 septembre 2011
-  Dans le vide qui suivra leur victoire, les rebelles libyens se diviseront – 30 août 2011
-  La Syrie est-elle en train de basculer dans la guerre civile ? – 16 août 2011
-  Intifada au Royaume Uni – 13 août 2011
-  L’opportunité du Ramadan – 3 août 2011
-  Leçons syriennes de démocratie – 23 juin 2011
-  L’hypocrisie occidentale face aux soulèvements populaires dans le monde arabe – 1° juin 2011
-  Libye : bientôt le bourbier ? – 21 avril 2011
-  Libye : le piège de la « no-fly zone » – 8 avril 2011
-  Le soulagement sera de courte durée quand nous verrons l’effet réel de l’intervention en Libye – 18 mars 2011

source

Soirée de soutien au Tribunal Russell sur la Palestine



Théâtre Molière
Samedi 24 septembre 2011
Œuvres vendues aux enchères

 

Comme vous le savez, Le Comité belge d’appui au Tribunal Russell sur la Palestine organise un événement culturel en vue de récolter une partie des fonds nécessaires à la tenue de la troisième session du TRP qui aura lieu  en Afrique du Sud en novembre 2011et qui portera sur le thème suivant: « le crime d’apartheid est-il applicable dans la situation qui prévaut dans les territoires palestiniens et en Israël ». La soirée aura lieu à Bruxelles le 24 septembre 2011 au Théâtre Molière situé square du Bastion 3, 1050 Bruxelles de 18h30 à 23h00.

 

Intervention de : Gisèle Halimi, Dirk Van Der Maelen, Serge Hustache, Leïla Shahid, Pierre Galand, …
Concert : Singing Palestine (chants palestiniens) : 15 artistes/groupes répondent à l’appel de Singing Palestine et interprètent des chants traditionnels et contemporains palestiniens (lancement officiel du projet ce 24 septembre). Seront présents pour interpréter des chants palestiniens pour Singing Palestine :
La chorale d’Awsa Belgium (+/- 10 chanteuses + 1 oud + 1 violon)
Canteria (chorale mais version duo guitare/voix pour le concert)
Constanza Guzman (chant) accompagnée d’un violoncelliste et d’un pianiste
Charles Loos (Piano solo)
Philippe Tasquin (Piano solo)
Natacha wuyts (Chant) + Charles Loos (Piano accompagnement
Projections de trois clips de Zin TV, inspirés par les chansons de “Singing. 

 

Une vente aux enchères est prévue lors de cette soirée. La liste complète des œuvres mises en vente (tableaux, bijoux, gravures, …)  est d’ores et déjà disponible. Ci-joint la liste des œuvres mises en vente ainsi que leur prix de départ. Les enchères peuvent commencer!!!

Au plaisir de vous y rencontrer !
———
Hocine Ouazraf
Tribunal Russell sur la Palestine
115, rue Stévin
1000 Bruxelles
ouazraf.trp@gmail.com
0032-2/230.28.48
0032-473/253.547

oeuvres soirée 24 septembre 2011.pdf

« Singing Palestine » ce samedi 24 septembre!


Arab Women’s Solidarity Association – Belgium ASBL
http://www.awsa.be
0486/61 80 82

0881.718.815
363-0002517-35

Bureau : Local A 133, Amazone asbl, 10 rue du Méridien, 1210 Bruxelles.
Tél : 02/ 229 38 10

Siège social : avenue de l’Eternité, 6, 1070, Bruxelles.

Avec le soutien de la Communauté Française, Ministère de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Egalité des Chances.

Le régime syrien ne recule pas devant les prises d’otage


La prise d’otages a été utilisée avec un acharnement et une cruauté particulières au cours des derniers mois contre la famille du lieutenant-colonel Huseïn Harmouch.

La prise en otage de citoyens innocents, une pratique couramment utilisée par les moukhabarat au début des années 1980, lorsque le régime de Hafez Al Assad cherchait par tous les moyens à éliminer de la scène locale les derniers survivants des Frères Musulmans, a connu un regain d’actualité à la faveur du mouvement de protestation contre Bachar Al Assad et son pouvoir.

Jamais totalement abandonnée, même après la succession en l’an 2000, elle fait partie de la panoplie des moyens illégitimes auxquels les services syriens n’hésitent jamais à recourir contre les opposants/adversaires/ennemis du régime.

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Harmouch annonçant sa défection

Elle a été utilisée avec un acharnement et une cruauté particulière au cours des derniers mois contre la famille du lieutenant-colonel Huseïn Harmouch. Originaire du gouvernorat d’Idlib, dans le nord de la Syrie, cet officier avait annoncé sa défection des rangs de l’armée syrienne le 9 juin dernier.

Il était apparu dans plusieurs vidéos pour justifier sa décision, dénonçant les ordres de tuer des innocents donnés aux militaires et invitant ses camarades à se ranger au côté du peuple.

Les autorités syriennes sont parvenues, au début du mois de septembre, à le récupérer dans la zone frontalière avec la Turquie, sans qu’on sache encore s’il a été livré par les autorités turques en échange de quelques combattants du PKK, livré par des agents alaouites des services de renseignements turcs ou trahi par le compatriote syrien qui lui avait fourni son logement.

Avant de diffuser ses aveux spontanés à la télévision syrienne, le 15 septembre, le régime de Bachar Al Assad s’était vengé de l’humiliation provoquée par sa fuite en arrêtant et en assassinant plusieurs membres de sa famille, parmi lesquels un enfant, qui n’avaient évidemment rien eu à voir dans la décision de l’officier.

Selon les Comités Locaux de Coordination en Syrie, dès l’annonce de sa défection, les moukhabarat et les chabbiha ont commencé à s’en prendre à ses proches, habitant comme lui le village d’Ablin, dans le Jabal al Zawiyeh, au nord-ouest d’Idlib.

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Le village d’Ablin

La première victime a été son frère, Hasan Harmouch, âgé de 33 ans, qui a été enlevé alors qu’il se rendait à Alep pour y rendre visite à des cousins. Les agents de la sécurité militaire auteurs de ce haut fait l’ont ensuite livré aux moukhabarat de l’armée de l’air, un service réputé en Syrie pour sa cruauté et ses manières expéditives, d’où est d’ailleurs issu l’actuel homme fort de la sécurité d’Etat et du renseignement en Syrie, le général Ali Mamlouk.

Les forces de sécurité ont aussi envahi la maison d’un autre de ses frères, Mohammed. Agé de 74 ans, malade et souffrant de déficit cardiaque, il a été emmené en compagnie de son fils Ahmed (30 ans) et de son gendre Mohannad (34 ans).

Sa femme, blessée à l’épaule et à la jambe par des coups de feu tirés au hasard durant l’opération, a également été kidnappée. Quelques jours plus tard, les dépouilles de Mohammed et de Mohannad ont été remises à leur famille.

Elles portaient des traces de tortures sévères. En revanche, aucune information ne lui a été transmise sur le sort de Ahmed et de sa mère. Un troisième frère, Mahmoud, âgé de 44 ans, est parvenu à fuir hors de Syrie après avoir été blessé à la jambe.

Le 8 septembre, à l’aube, des moukhabarat de différents services sont arrivés dans le village d’Ablin, habillés en civil, à bord de deux camions utilisés pour la distribution de pain. Parvenus devant la maison des Harmouch, où se cachaient plusieurs officiers ayant fait défection et ayant rallié le Mouvement des Officiers Libres Syriens, ils l’ont encerclée.

A 7 heures, des véhicules blindés et deux chars sont à leur tour arrivés sur les lieux. Ils ont bombardé et détruit la maison, faisant 5 prisonniers parmi les militaires qui s’y trouvaient.

D’autres moukhabarat appartenant au service de renseignement de l’armée de terre ont enlevé deux cousins du déserteur : Moussa Harmouch, 22 ans, et son jeune frère Hassan, 12 ans. Leurs cadavres portant des traces de sévices et de tortures ont été restitués à leur famille le jour suivant…

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Huseïn Harmouch passe aux aveux

Les Syriens, atterrés par le raffinement de cruauté des services censés assurer la sécurité de leur pays, préfèreraient que les moukhabarat consacrent leur temps et leurs efforts à déjouer les agressions et attentats commis sur le territoire syrien au cours des années écoulées.

Ils constatent que la lumière n’a jamais été faite, officiellement, sur les nombreuses opérations dont la Syrie a été le théâtre au cours de la première décennie de pouvoir de Bachar Al Assad. Et ils regrettent qu’au lieu de se dédier à leur tâche essentielle, ils passent le plus clair de leur temps à poursuivre et torturer des manifestants pacifiques ou à extirper des « aveux spontanés » à leurs prisonniers, de manière à terroriser l’ensemble de la population en faisant des uns et des autres des exemples.

P.S

20 septembre 2011

Source : http://syrie.blog.lemonde.fr/2011/0…

« Contre la tentative d’imposer une fausse paix sur de fausses frontières » –


21 septembre 2011

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communiqué du Mouvement de la Jeunesse palestinienne sur  la déclaration d’Etat de septembre 2011

Par « Mouvement de la Jeunesse palestinienne »

Nous, du Mouvement de la Jeunesse palestinienne (PYM), sommes résolument opposés à la proposition de reconnaissance d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967 qui doit être présentée aux Nations Unies en ce mois de septembre par la direction officielle palestinienne. Nous croyons et nous affirmons que la déclaration d’Etat ne cherche qu’à finaliser le processus de normalisation, qui a débuté avec les accordsde /paix/ mensongers. L’initiative ne reconnaît ni n’aborde le fait que notre peuple continue de vivre sous un régime colonial dont le but est le nettoyage ethnique de notre terre et la soumission et l’exploitation de notre peuple.

‘Contre la tentative d’imposer une fausse paix sur de fausses frontières’ –

communiqué du Mouvement de la Jeunesse palestinienne sur la déclaration d’Etat de septembre 2011

Cette déclaration est une opération de sauvetage du processus de /paix/ défaillant et de dépolitisation de la lutte pour la *Palestine* en retirant la lutte de son contexte colonial historique. Les tentatives d’imposer une fausse paix par la normalisation du régime colonial n’ont fait que nous conduire à abandonner des portions croissantes de notre terre, les droits de notre peuple et nos aspirations en délégitimant et en marginalisant la lutte de notre peuple et en approfondissant sa fragmentation et sa division. Cette déclaration met en péril les droits et les aspirations de plus des deux-tiers du peuple palestinien qui vivent en tant que réfugiés dans des pays d’accueil et en exil à revenir dans leurs maisons originelles, d’où ils ont été déplacés pendant la Nakba de 1948 et postérieurement à cette date. Elle menace également la position des Palestiniens qui vivent dans les territoires occupés en 1948, qui continuent de résister tous les jours contre le nettoyage ethnique et les pratiques raciales du régime colonial. De plus, elle soutient et renforce ses partenaires palestiniens et arabes à agir comme garde-chiourmes de l’occupation et de la colonisation dans la région dans un cadre néo-colonial.

Le fondement de ce processus ne sert qu’à assurer la continuité de négociations, de la normalisation économique et sociale et de la coopération sécuritaire. La déclaration d’Etat consolidera de fausses frontières sur une petite portion de la *Palestine* historique et elle ne règle aucune des questions les plus fondamentales :*Jérusalem*, les colonies, les réfugiés, les prisonniers politiques, l’occupation, les frontières et le contrôle des ressources. Nous pensons qu’une telle déclaration d’Etat ne garantira ni ne promouvra la justice et la liberté pour les Palestiniens, ce qui signifie en soi qu’il n’y aura pas de paix durable dans la région.

De plus, cette initiative de déclaration d’Etat est présentée aux Nations Unies par des dirigeants palestiniens illégitimes qui n’ont pas été élus pour être en position de représentation du peuple palestinien dans son ensemble par un processus démocratique. Cette proposition est un produit politique que ces dirigeants ont conçu pour masquer leur échec à représenter les besoins et les désirs de leur peuple. En affirmant qu’elle réalise la volonté palestinienne à l’auto-détermination, cette direction détourne et exploite la résistance et les sa**CRIF**ices du peuple palestinien, en particulier nos frères et soeurs de *Gaza*, et elle pirate même le travail de la base populaire de la solidarité internationale, comme le travail de boycott, désinvestissement et sanctions et les initiatives telles celles de la Flottille. Cette proposition ne sert qu’à gaspiller tous les efforts entrepris pour isoler le régime colonial et le tenir pour responsable.

Que la proposition pour la reconnaissance de l’Etat soit acceptée ou non, nous appelons les Palestiniens, dans notre patrie occupée et dans les pays de refuge et d’exil, à rester engagés et convaincus de la valeur de notre lutte et déterminés à la défendre par leurs droits et leurs responsabilités. Nous appelons les gens libres du monde et les alliés du peuple palestinien à exercer une véritable solidarité avec la lutte palestinienne anti-coloniale en ne prenant pas position sur la déclaration d’Etat mais plutôt en continuant à tenir *Israël* pour  responsable par le boycott sous toutes ses formes, économique,  académique et culturel, le désinvestissement et les sanctions.

 *Jusqu’au retour et à la libération,*

*Conseil central international Mouvement de la Jeunesse palestinienne.*

adresse email : pym@pal-youth.org <mailto:pym@pal-youth.org>
site web : www.pal-youth.org <http://www.pal-youth.org> <http://www.pal-youth.org>   <http://pal-youth.org/>

Source : Palestinian Youth Movement<http://pal-youth.org/>

Malek Jandali: Watani Ana مالك جندلي: وطني أنا


[youtube http://youtu.be/fjqR7H6YumE?]
La mère de Malek Jandali après avoir été passée à tabac  à cause du concert de son fils

Malek Jandali dit : Ceci est ma mère, Lina Droubi après avoir été brutalement attaquée dans notre maison à Homs en Syrie.
Photos de mes  parents, Dr. & Mrs. Jandali, après l’attaque brutale perpétrée par les voyoux du gouvernement syrien pour me punir d’avoir joué « Watani Ana » (je suis ma patrie) et avoir assisté au rassemblement « Liberté pour la Syrie » à  Washington, D.C. صور أهلي الكرام بعد الاعتداء الوحشي من قبل شبيحة النظام السوري عليهم داخل منزلهم بحمص، سوريا للانتقام من أدائي « وطني أنا » في مسيرة الحرية بواشنطن دعماً للشعب السوري الشجاع. Watani Ana:
Le site de ce musicien et compositeur : http://malekjandali.com/

CERN : de l’infiniment petit à l’infiniment immoral…


lundi 19 septembre 2011 – 19h:00

G. A. Kirchhoff

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« Israël devient État membre associé du CERN »… L’information est affichée depuis le 16 septembre sur le site de l’organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN).
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Poignée de main historique et peu ragoûtante entre Rolf Heuer et l’ambassadeur israélien – Photo : Cern

L’information en soi n’est plus une surprise car il s’agit d’un événement prévu de longue date… Mais c’est le moment opportun de revenir sur un certain nombre de faits et de rappeler à une communauté de chercheurs (ici les physiciens), ses responsabilités.

La recherche en physique et le politico-militaire : une proximité historique

Plus que d’autres domaines de recherche, la recherche fondamentale et expérimentale en physique, et particulièrement en physique nucléaire, a toujours bénéficié du soutien des pouvoirs en place. Cette proximité avec le politique est surtout liée aux multiples applications que les recherches en physique ont permis dans le domaine de l’énergie et des armements. La mise au point d’armes nucléaires, de filières de production nucléaire pour ne citer que ces deux aspects n’a été possible qu’à la condition de disposer de moyens importants, financiers et logistiques, pour mener à bien des projets coûteux et complexes.
Hiroshima est le pire et le parfait exemple du résultat du comportement de certains groupes de scientifiques lorsque l’excitation liée à la recherche prend le pas sur toutes les considérations humaines et morales. A mon connaissance, aucun des scientifiques ayant participé au programme Manhattan n’a eu la décence de mettre fin à ses jours après cet acte barbare et d’un cruauté infinie. Le fait que la perversion ait été poussée au point de faire exploser LEUR bombe A à l’heure où les habitants se rendent dans les usines, bureaux et écoles pour entraîner le maximum de victimes a dû les laisser totalement indifférents… Gageons que même placé au centre d’Hiroshima le 6 août 1945 à 8 h 16 min, aucun des scientifiques du groupe Manhattan n’aurait vu ni remarqué quoi que ce soit.

La recherche fondamentale en physique est aujourd’hui plus que jamais dépendante de moyens colossaux mis à disposition d’équipes de chercheurs dont les découvertes – et la notoriété qui accompagne ces découvertes mais qui en réalité ne concerne qu’un microcosme vite retombé dans l’oubli général après d’épisodiques coups médiatiques – ne deviennent possibles qu’à la condition d’entretenir une forte imbrication avec les pouvoirs politiques.

Le CERN est-il une organisation pour la recherche, ou est-il devenu une institution relayant les impératifs de ses donateurs, quitte à renier tout sens moral et à déconsidérer profondément la recherche fondamentale ? Cette compromission éhontée avec l’Etat israélien, raciste, colonialiste, ultra-violent et belliciste illustre trop bien que la direction du CERN se comporte en composante zélée de l’oligarchie qui domine le monde contemporain. L’intégration de l’Etat sioniste au CERN comme Etat associé, avec la perspective d’une intégration complète et définitive dans un délai de 24 mois, jette une lumière crue sur l’absence totale de principes dans laquelle ceux et celles qui dirigent la recherche fondamentale sont aujourd’hui tombés.

De nouveaux moyens pour développer un savoir-faire meurtrier

L’Etat israélien est un Etat hors-la-loi, un « rogue State » (ou « Etat voyou »), qui a toujours refusé de signer le traité international sur la non-prolifération des armes nucléaires et a toujours refusé toute inspection des Nations Unies sur son arsenal et ses moyens nucléaires. Placé de façon privilégié dans le domaine extrêmement concurrentiel de la production d’armements toujours plus sophistiqués et meurtriers, l’Etat israélien n’a jamais hésité à se servir de ses différents champs de bataille (Liban, Palestine…) comme terrains d’expérimentation en massacrant des populations sans défense avec des moyens toujours plus élaborés.
Soyons certains que les résultats obtenus, et qui se traduisent en deuils et mutilations innombrables pour les populations du Moyen-Orient, figurent en bonne place dans les catalogues de ses revendeurs de matériel mortifère.

Prétendre que la participation israélienne au CERN serait cantonnée à des travaux de recherche à finalité forcément pacifiste, ou au moins non-belliciste, est une hypocrisie insigne. Pour peu que l’on connaisse le domaine des expérimentations, il est évident que le savoir-faire acquis dans un but spécifique (méthodes de conception de dispositifs innovants, veille technologique, mesures physiques, systèmes temps réel, qualité des logiciels etc…) est aisément transposable dans tout autre domaine ou projet. Nous pouvons être certains que les scientifiques et ingénieurs israéliens sauront faire bénéficier leurs institutions d’origine de toute innovation représentant un intérêt pour des applications répressives et militaires.
« Transfert de compétences, diffusion des savoirs, transferts de technologie » seront les termes alors utilisés pour édulcorer une réalité qui ne sera qu’une collaboration abjecte entre le CERN et l’occupation militaire israélienne en Palestine.

Un boycott… Mais comment ? 

La période de 24 mois qui va s’étaler d’ici à la possible pleine adhésion d’Israël au CERN doit être mise à profit pour qu’une réaction forte venant avant tout des physiciens eux-mêmes mette le holà à cette collaboration scandaleuse entre un organisme dont la mission est la recherche fondamentale au profit du développement humain, et un Etat dont le racisme, la violence et l’absence complète de scrupules sont chaque jour condamnés par une partie de plus en plus large des populations en Europe.

Au niveau individuel, chaque chercheur et ingénieur peut refuser de travailler dans un groupe de projet incluant des chercheurs ou ingénieurs israéliens en invoquant une simple clause morale. Face à une réaction qui devrait être collective, les instances du CERN et des institutions qui y participent seront dans l’incapacité de prendre la moindre mesure de rétorsion à leur égard.

Boycotter l’Etat israélien et ses représentants au CERN est une nécessité du point de vue du soutien que nous devons apporter à la population palestinienne vivant sous occupation en Palestine, dans les camps de réfugiés du Moyen-Orient ou dans la Diaspora. Mais c’est aussi une nécessité pour que la recherche fondamentale ne soit pas encore plus discréditée qu’elle ne l’est aujourd’hui, dans un contexte de crise profonde où les impératifs sociaux pourraient bien un jour prendre le pas sur les énormes investissements imposés par cette même recherche.

Sur le même thème :

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19 septembre 2011 – Communiqué par l’auteur

Les déserteurs organisent la lutte


MINOUI,DELPHINE

Page 12 LeSoir

Lundi 19 septembre 2011

Syrie Défection, rébellion et répression au sein de l’armée syrienne

Reportage

Wadi Khaled

(Liban, frontière syrienne)

DE NOTRE CORRESPONDANTE

Il a troqué son uniforme militaire contre une longue tunique blanche. Dans sa maison-refuge de Wadi Khaled, au bord de la rivière qui sépare, au nord, le Liban de la Syrie, Hassan Abdul Karim al Hamad peut enfin parler à visage découvert.

Ce jour-là, l’ex-premier lieutenant syrien, exilé depuis deux mois au pays du cèdre, est en pleine discussion avec d’autres soldats déserteurs. Assis en tailleur autour d’un café turc, ils parlent de « missions nocturnes » de l’autre côté de la frontière. « Je repars toutes les nuits à Homs pour protéger les manifestants et pour encourager d’autres militaires à lâcher le régime », nous confie, en aparté, le lieutenant repenti, aujourd’hui porte-parole de « l’Armée syrienne libre ».

Faut-il y voir l’ébauche d’une rébellion armée contre Bachar el Assad, après six mois de révolte pacifique ? Ces derniers jours, les rumeurs vont bon train sur des cargaisons d’armes qui traverseraient la frontière libanaise en direction de la Syrie. Plusieurs témoins évoquent des combats opposant les forces loyalistes à des militaires insoumis, notamment dans les villes de Homs, Idlib et Deir es Zor. Pour des raisons sécuritaires, Hassan préfère mettre l’accent sur les appels à la défection que son organisation ne cesse de faire circuler.

« Une de nos tactiques consiste en l’enregistrement de vidéos de repentis, postées sur l’Internet et diffusées sur les chaînes satellitaires comme Al Jazira », insiste l’homme à la barbe poivre sel qui officia pendant 29 ans au sein des puissants services de renseignement syriens. Lui-même s’est prêté à l’exercice dès son arrivée, en plein été, au Liban. Face caméra, on le voit présenter sa carte d’identité militaire, avant d’égrener ses griefs contre Damas. « Quand je suis entré dans l’armée, mon objectif était d’assurer la sécurité de mon pays mais la révolution nous a prouvé que le régime nous a trompés avec ses slogans », s’emporte-t-il devant l’objectif, avant d’accuser le pouvoir alaouite de « se faire épauler » par le Hezbollah libanais et les miliciens bassidjis d’Iran pour « tuer son propre peuple ».

Cette ingérence iranienne, condamnée par la communauté internationale, est difficile à vérifier à cause des restrictions imposées à la presse en Syrie. Mais les descriptions offertes par Hassan recoupent d’autres témoignages : « Quelques semaines après le début de la révolte, j’ai eu pour mission de diriger, à Homs, 27 membres du Hezbollah et 23 Iraniens. Ces derniers, connus pour être d’excellents tireurs d’élite, ne parlaient pas l’arabe. Par l’intermédiaire d’un traducteur, je devais leur indiquer les positions à partir desquelles ils devaient viser les protestataires. Au début, ils portaient des uniformes noirs. Puis on leur a donné des tenues militaires », raconte le lieutenant séditieux, dégoûté par ce « recours aux étrangers pour exécuter les basses œuvres ».

Mais c’est contre la « machine à tuer » syrienne dans son intégralité qu’il s’est rebellé en désertant l’armée. « Le déclic, je l’ai eu avec le massacre de la place Se’a Jadida – la place centrale de Homs – à la mi-avril. Les autorités voulaient nous faire croire que les protestataires étaient des « terroristes extrémistes » qu’il fallait éliminer. En fait, c’étaient des civils. Durant cette opération meurtrière, 300 personnes ont été tuées, dont une vingtaine de soldats qui refusèrent de tirer sur la foule. Trop, c’était trop ! », se souvient-il. Commence alors une course contre la mort, de Homs jusqu’aux montagnes du Nord Liban, où il finit par se réfugier.

Depuis l’annonce de sa défection, en juillet, Abdul Karim al Hamad dit avoir convaincu 55 militaires de le rejoindre ici. D’autres ont pris le chemin de la Turquie et de la Jordanie. Selon lui, « des milliers de membres de l’armée, essentiellement des sunnites, ont tombé l’uniforme militaire ». Le phénomène reste difficilement mesurable, la plupart des déserteurs craignant de se déclarer à cause des représailles, comme le récent enlèvement sur le territoire turc du colonel Hossein Harmouch, un des premiers à s’être dissocié de l’armée.

Jeudi soir, ce déserteur, encore endeuillé par l’assassinat de son frère quelques jours plus tôt, est soudainement réapparu à la télévision syrienne pour se livrer à des aveux forcés.

« Ce régime doit tomber ! », s’emporte Eyad – un nom d’emprunt. Croisé dans un centre de réfugiés de Wadi Khaled, cet ex-conscrit de 23 ans revient de loin. Evadé il y a vingt jours de sa caserne de Homs, il a perdu trois de ses six compagnons déserteurs. « Les forces de sécurité ont mis le feu à la maison d’un des villages où nous nous étions camouflés », dit-il. Les souvenirs remontent à la surface : « Dès la révolution tunisienne, en janvier, on nous a retiré nos téléphones portables. A la caserne, il était interdit de regarder la télévision. Quand la Syrie s’est enflammée, en mars, on nous a déployés dans les rues pour tirer sur la foule. Derrière nous, les forces de sécurité nous surveillaient en permanence. Un jour, un de mes amis soldat a refusé d’obéir. Il a été tué d’une balle dans la tête. Quelques jours plus tard, quand un officier a réalisé que je me contentais de tirer en l’air, j’ai pris la fuite avant qu’il ne me tue ». L’ex-soldat ajoute : « Il ne reste qu’une solution : la lutte armée ! » Mais les déserteurs sont sous-équipés, pas organisés. Ils ne feront pas le poids face aux forces dirigées par Maher al Assad, le frère de Bachar. « A moins que les pays étrangers ne nous fournissent des armes…

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