Demain, mercredi 21 septembre


Action pour la reconnaissance de l’Etat Palestinien

Communiqué de presse

Le 21 septembre dès 16 heures, une large plateforme d’ONG, de syndicats et de groupes d’action mènera une action de soutien sur la place de l’Albertine à Bruxelles pour la reconnaissance de l’Etat Palestinien. Reconnaissance de l’Etat Palestinien qui sera tout prochainement au cœur des débats aux Nations Unies.

A 16h30, un drapeau palestinien sera hissé sur la place de l’Albertine tandis qu’un autre drapeau palestinien, de 10 mètres sur 15 sera également exposé. Plusieurs orateurs prendront la parole dont Leila Chahid,déléguée officielle de l’autorité Palestienne pour le Bénélux et l’Union Européenne, Bogdan Vandenberghe, secrétaire général 11.11.11, Arnaud Zacharie, secrétaire général CNCD-11.11.11, Alain Clauwaert, président de la Centrale générale de la FGTB, Ferre Wyckmans, secrétaire général LBC-NVK (CSC) et Henri Wajnblum de l’Union des Progressistes Juifs de Belgique.

Dès 17 heures, un cortège s’ébranlera pour rejoindre le cabinet du Ministre des Affaires étrangères où une délégation sera reçue et un drapeau palestinien sera remis.

Pour la plateforme, cette reconnaissance est la première étape pour permettre de négocier sur un pied d’égalité avec Israël une paix juste. Mais la reconnaissance de la Palestine n’est pas une fin en soi. Elle doit être liée à des mesures concrètes contraignant Israël à respecter le droit international et toutes les résolutions des NU qui reconnaissent le droit d’autodétermination du peuple palestinien, y compris le droit au retour pour les réfugiés palestiniens.

Par cette action, les organisations participantes demandent à la Belgique et à l’Europe de soutenir sans réserve la reconnaissance de l’Etat Palestinien.

Rendez-vous sur la palce de l’Albertine, le mercredi 21 septembre à 16h00.

La Syrie : Mille merci aux Palestiniens !


le 02/09/2011 13:30:00

Les manifestants palestiniens à Nazareth, Jérusalem, Ram Allah, Haïfa, …retirent au pouvoir syrien sa carte de « défenseur de la cause palestinienne » et ruinent définitivement sa crédibilité et son image de « résistant aux impérialistes/capitalistes, sionistes, etc. » aux yeux du monde entier.

Les manifestants palestiniens ont clairement scandé leur refus des tueries perpétrées contre le peuple syrien en leur nom.

A ce jour, et après 6 mois de répressions sanglantes, le régime syrien continue à bénéficier d’un soutient indéfectible à l’intérieur comme à l’extérieur de la Syrie.

Je ne parlerai pas de ce soutien à l’intérieur de la Syrie. Beaucoup a été dit et écrit à ce propos. Je conseille vivement sur ce sujet, en langue française, différents articles parus sur le site « un œil sur la Syrie », blog hébergé par Le Monde. Ils sont bien documentés et l’analyse révèle une très bonne connaissance (de l’auteur/des auteurs) de la situation sociale, économique syrienne mais également une parfaite connaissance du mécanisme politique du régime syrien qui explique sa longévité mais également les raisons d’un certain soutien à l’intérieur du pays.
Quant à ceux qui le soutiennent à l’extérieur, le panel est large : ca va des Etats qui ont des intérêts manifestes, aux grandes entreprises qui ont des contrats et des investissement en Syrie, (en France Total ,entre autres entreprises), mais aussi des partis politiques d’extrême gauche qui voient dans le régime syrien un opposant farouche à l’Amérique, à Israël, etc., en passant par des individus ignorant la situation et craignant pêle-mêle : l’anarchie, les islamistes, les terroristes, etc.

Mais le plus frappant dans ce panel est un nombre, non négligeable, du mouvement de solidarité avec la cause palestinienne. Ainsi un certain nombre d’intellectuels/ militants ont écrit pour défendre le régime. Je citerai à titre d’exemple Pierre Piccinin (dont l’article ‘vicissitudes et réalités du printemps arabe paru dans la libre Belgique le 15/7/2011.Piccinin) donne sa version de la révolution syrienne.

Sa vision et explication collent point par point à la version officielle du régime (bandes armées salafistes, révolte des communautés opposées au régime par principe communautaire, etc.). Cet article révèle une parfaite méconnaissance du terrain à tel point qu’il confond les noms des régions et des villes !

D’ailleurs sa version des faits correspond tellement bien à la version du régime syrien que la télévision syrienne a traduit son article et présenté son auteur comme un ami clairvoyant !

Quant à ceux qui soutiennent le Hezbollah, qui s’est affronté courageusement aux troupes israéliennes, oublient qu’il ne faut pas confondre les intérêts des dirigeants qui ont décidé de lier leur sort au régime syrien, et qui manque eux vraiment de clairvoyance, et un combat juste du peuple libanais de défendre son territoire.

Les syriens, qui ont accueilli chaleureusement ces libanais fuyants les tirs de l’armée israélienne, ont du mal à avaler la pilule de ce soutien indéfectible de Hezballah au régime (certains parlent même d’un soutien logistique et en hommes dans la répression en syrie) malgré les morts, les torturés, les disparus, les blessés et pour certains handicapés à vie !).

A ceux qui craignent que la chute du régime syrien porterait un coup fatal au mouvement de Hezbollah, on a envie de demander si, après 40 ans sous l’un des régimes les plus répressifs, quiconque a le droit de sacrifier la soif de liberté et de démocratie de tout un peuple sur l’autel de la survie d’un parti, fût-il Hezbollah ?

De plus, c’est une analyse tout à fait erronée. Elle suppose que la future Syrie démocratique va décréter la mort de la cause qui a toujours mobilisé, et continue à mobiliser les syriens, et là je parle du peuple, à savoir la cause palestinienne Une cause qui a accouché des générations de militants syriens pour la Palestine !

En tout cas les palestiniens le savent, eux. J’en veux pour preuve la multiplication des manifestations des palestiniens qui ont dit : « Non : pas en notre nom ». Curieux ! Nous, à l’ujfp, ce slogan nous dit quelque chose !

Après la manifestation de ‘soutien à la révolution syrienne’ sous le slogan : « Rester silencieux est une honte. » à Nazareth le 5 août 2011, un groupe de jeune militants à Haïfa a organisé le 7 août une manifestation sous l’intitulé : «Un salut palestinien à la révolution syrienne », avec un communiqué dans lequel ils déclarent :

…..Nous ne pouvons, nous les fils et filles de la Palestine, que prendre la partie de la lutte des peuples pour leur liberté, leur dignité et leurs droits ; les mêmes nobles objectifs pour lesquels nos luttons depuis la Nakba.

Nous prenons la partie d’une révolution qui restaurera à la Syrie sa gloire et son prestige, sa souveraineté après s’être devenue la propriété d’une famille,…. »

Et la déclaration de conclure:

«Notre peuple palestinien a connu durant des décennies sous l’occupation le gout du fer et du feu, dégusté la répression criminelle, connu des violations du droit à la liberté et de la vie. Par conséquent, la dernière chose qu’on peut laisser faire est de commettre des crimes contre nos frères au nom de la résistance contre Israël, les crimes en notre nom. »

Le jour même a eu lieu également une manifestation à Ramallah. Les manifestants scandaient leur solidarité avec le peuple syrien.

D’autres manifestations ont eu lieu également à Jérusalem.

Le bombardement par l’armée syrienne le 14 août 2011, par terre et par mer, du camp des réfugiés palestiniens al-Raml à Lattaquié : une attaque provoquant l’exode de quelques milliers de personnes, n’a fait que renforcer la solidarité des palestiniens à l’égard de la révolution syrienne et intensifier le nombre de leurs manifestations.

Suite à ce drame, et d’après l’agence de presse palestinienne Wafa : « à Gaza……des jeunes se sont regroupés dans la place de ‘Soldat Inconnu’ pour manifester ‘leur solidarité avec le peuple syrien et les camps palestiniens attaqués par l’armée syrienne’. La police a arrêté alors une dizaine pendant plusieurs heures aux locaux de la sécurité …. »

Bien que les officiels palestiniens aient tenu, au début, à une attitude de « neutralité », leur position a évolué. Yasser Abd Rabo a même qualifié l’attaque du camp à Lattaquié de « crime contre l’humanité ».

A signaler également qu’en Syrie et dès le début des manifestations, le camp de refugiés palestiniens « Yarmouk » à Damas est traversé régulièrement par des manifestations contre le régime. Tous les palestiniens en Syrie ne vivant pas dans les camps, il est bien sûr difficile d’évaluer le nombre de palestiniens dans les cortèges de manifestations très nombreuses qui ont lieu tous les jours un peu partout en Syrie.

« Le message de la jeunesse palestinienne, proclame le communiqué de manifestants à Haïfa, est clair : notre cause est innocente de tueries contre nos frères « .

Najwa

Membre du groupe ujfp lyonnais

Union juive française pour la paix (UJFP)

Le 31août 2011

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mercredi 21 septembre, tous ensemble pour la Palestine


Journée de mobilisation internationale pour la reconnaissance de l’Etat palestinien, à  l’ouverture des débats  de la 66è session de l’Assemblée générale des NU :

A Bruxelles : Rassemblement place de l’Albertine: venez nous retrouver, on aura besoin de vous pour distribuer les tracts, brandir de grands drapeaux, … !

Appel à ce que chaque organisation mette un drapeau palestinien sur sa façade et nous fasse parvenir la photo !

 

J

 

 

Lamentation de Hadja Hassan Mohammed


Le moment est peut-être venu de faire entendre au Liban et dans le monde les lamentations de feu la grand-mère de Mounir, qui a marché 20 km du Sud Liban jusqu’à Chatila… Elle est arrivée à Chatila ce jour de septembre pour constater que 27 membres de sa famille avaient été tués – seuls Mounir et Nabil avaient survécu. Elle dit :

 » Nos colombes sont toujours là. Nos oeillets exalent leur parfum. Les moineaux chantent leurs chants de toujours. Mais Abou Zuhair est introuvable.

Beyrouth tu as pris tout ce que j’avais. Tu as pris ma dernière étincelle de vie et mon coeur gît dans tes rues.

Abou Zuhair, le grand, le jeune arbre a été cruellement coupé de ses racines sur ton sol.

Puisse le sang de celui qui t’a tué se mélanger au tien. Puisse sa mère souffrir la même agonie.

Qui a creusé ta tombe Abou Zuhair ? Qui nous a apporté ce désastre ? Qu’est-ce que je peux dire en ta mémoire ?

Mon coeur est lourd de reproches pour ce monde insensible. Cent navires , deux cents étalons ne suffiront pas pour porter le poids de la douleur dans mon coeur.

Qu’est-ce que je peux dire ? « Mère » tu me dis « va à nos tombes et prie pour ceux qu’elles ont engloutis »

Je vais aux tombes et j’étreins tendrement leur pierre. Je dis « faites que vos pierres entourent chaleureusement les corps de ceux que j’aime, prenez soin d’eux, je vous les confie.

Je pleure votre jeunesse et je pleure toutes les jeunes filles qui n’ont jamais connu un moment de bonheur ou de contentement.. Elles sont allées à la rencontre de la vie pleines d’espoir et d’impatience pour se faire piétiner et déchirer par sa férocité.

Mon Dieu, je n’ai plus de force. Il était l’homme le plus beau et le jeune homme le plus fort des garçons. Il préparait la voie pour les autres afin de faciliter leur marche.

Ton jeune corps s’est mélangé au sable trop tôt et le sable remplit tes yeux.

Qu’est-ce que je peux encore donner à mon pays ? Mon coeur est pénétré de souffrance et de reproches à la vie.

Comme je vous envie vous qui étiez là quand ceux que j’aime sont morts. Est-ce qu’ils avaient soif ? Avez-vous eu la bonté de leur donner à boire ?

J’implore chaque oiseau qui passe de vous porter mon angoisse et mon amour et de me ramener des nouvelles de ceux que j’aime.

Mon enfant, ton corps est criblé de balles. Qui t’a envoyé à moi, oiseau de malheur ? Pourquoi m’infliger tous ces désastres à la fois ? Épargne-moi un peu, oh mon Dieu.. Mon Dieu- attends au moins un an , et puis que ta volonté soit faite.

Je vous en supplie, vous les croque-morts, avancez lentement. Ne vous hâtez pas. Laissez-moi voir encore une fois ceux que j’aime.

Je vais vers les tombes et je reste là égarée. J’appelle Abou Zuhair, puis Oum Walid (sa soeur). Pas de réponse. Ils ne sont pas là. Ils ont suivi Oum Zuhair (la femme d’Abou Zuhair) et les enfants. Ils sont tous partis une nuit sous la lune – tous ceux que j’aime.

Mon enfant, tu n’es plus près de moi. Des montagnes de distance nous séparent…

Nabil (neveu d’ Abou Zuhair) appelle sa mère. « Mère » dit-il « à qui m’as- tu confié ? »

Zahra répond « je t’ai laissé à tes oncles. Ils devraient te donner de mes nouvelles et t’emmener jusqu’à ma tombe pour que mes yeux puissent te regarder et que mon coeur puisse t’atteindre ». Mais Abou Zuhair est parti et il ne peut pas accomplir le souhait de Zahra.

Zuhair (fils d’Abou Zuhair) demande à son père « à qui m’as tu confié ? »

« Ton grand-père viendra te chercher. C’est toi qui continues sa vie ».

Mais la vie, qu’est-ce qui nous reste de vie ? Nos coeurs sont morts. Nous n’avons plus de larmes pour tous les jeunes, hommes et femmes qui sont morts.

Où puis-je me tourner ? Où sont mes enfants ?

Mon enfant, que Dieu te montre la voie sacrée et que mon amour et mon affection soient une lanterne qui t’accompagne sur le chemin.

Dieu tout-puissant, donne-moi la patience. Jeunes gens, restez loin de moi : vous rouvrez mes plaies et je suis si lasse. Qu’est ce que je peux dire ? »

Lamentation de Hadja Hassan Mohammed, octobre 1982. (pp. 84.85,86 de From Beirut to Jerusalem).

Veuillez diffuser ce texte – une grand-mère palestinienne à sa famille, massacrée à Sabra et Chatila – j’ai conservé ses paroles et je les lis à tous ceux qui veulent les entendre depuis 28 ans.

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A Damas, une psy au cachot


LEMONDE | 15.09.11 | 12h40

L’arrestation de Rafah Nached, le 10 septembre à Damas, a soulevé une vague d’indignation en Syrie et à Paris.

L’arrestation de Rafah Nached, le 10 septembre à Damas, a soulevé une vague d’indignation en Syrie et à Paris.DR

La révolution freudienne ferait-elle peur au régime de Bachar Al-Assad ? Depuis le samedi 10 septembre, la psychanalyste syrienne Rafah Nached croupit dans l’une de ses geôles. Arrêtée à l’aéroport de Damas par les moukhabarrat, la police politique, alors qu’elle s’apprêtait à s’envoler pour Paris afin d’assister à la naissance de son premier petit-enfant, cette femme de renom, qui fut la première psy de Syrie dans les années 1980 et dont le seul engagement connu est celui qu’elle voue à ses patients, a été inculpée, mercredi 14 septembre, « d’activités susceptibles d’entraîner une déstabilisation de l’Etat ».

LA PARANOÏA DU RÉGIME

D’après son mari, qui a pu lui rendre visite à la prison pour femmes de la banlieue de Damas, son état de santé est satisfaisant, en dépit de l’insuffisance cardiaque dont elle souffre. Mais le flou qui entoure le chef d’inculpation et la paranoïa qui s’est emparée du régime, en butte depuis six mois à une contestation qui ne faiblit pas, font craindre une détention à rallonge, dans le seul but d’intimider la communauté intellectuelle syrienne.

Dans le milieu psy de Paris où Rafah Nached a étudié dans les années 1970 et où elle compte de nombreux amis, son arrestation a soulevé une vague d’indignation. Une pétition demandant sa « libération immédiate », mise en ligne sur le site d’information Mediapart, a recueilli en quelques heures le soutien du gratin de la psychanalyse française, freudiens et lacaniens confondus.

Le Quai d’Orsay a également réagi, en stigmatisant « le mépris des droits de l’homme les plus élémentaires » dont font preuve les autorités syriennes. « Incarcérer une femme de 66 ans, qui ne s’inscrivait pas dans le combat politique et dont l’ambition est simplement humanitaire et scientifique, cela dénote de la part du régime Assad un degré d’angoisse sur sa propre survie qui est sans précédent », fait remarquer un proche de la famille.

C’est par un coup de téléphone anxieux, passé de l’aéroport, où elle patientait au contrôle des bagages, que le mari de Nafah Rached a deviné l’arrestation. « Ils procèdent à des contrôles avec nervosité. Ils ont des listes… On m’a pris mon passeport et on est parti avec… » Un blanc s’ensuit, puis des bruits, de l’agitation et ces mots: « Madame… enlevez cela. » La communication s’est aussitôt interrompue.

Le mari, un éminent historien, invité régulier du Collège de France à Paris, le temple du savoir universitaire, mais qui insiste pour que son nom ne soit pas mentionné, s’est alors précipité à l’aéroport. Après avoir vérifié auprès d’Air France que Rafah n’avait pas pris son vol, il a erré d’un bureau à l’autre, comme dans un mauvais film égyptien, à la recherche de bribes d’information sur sa femme.

Au guichet de la police d’abord, puis à la Sécurité, puis à la Sécurité générale, puis au poste de contrôle des douanes, avant d’échouer, au bout de la nuit, dans le bureau du commandant en chef de la police de l’aéroport. Mais, là encore, aucun renseignement. « Nos services n’ont pas enregistré le passage de votre épouse », lui dit-on. La conclusion s’impose : Rafah Nached a été enlevée par les moukhabarrat, le service de sécurité qui ne laisse jamais de trace.

UNE PATRIOTE ÉMÉRITE

Depuis ce jour, la famille tente de comprendre. Pourquoi elle ? Que peut bien reprocher le régime Assad à cette petite femme rondelette, aux yeux pétillants, patriote et cuisinière émérite ?

Le parcours de Rafah Nached, assure son entourage, n’est pas celui d’une opposante. En 1985, quand elle se réinstalle à Damas, après ses années parisiennes, c’est en psychanalyse qu’elle s’engage, pas en politique. Le climat de l’époque est pesant, la guerre civile libanaise fait rage. Le président Hafez Al-Assad, le père de l’actuel chef de l’Etat, tient la société au doigt et à l’œil. Les prisons sont – déjà – remplies de gauchistes et de Frères musulmans. La réponse de Rafah sera clinique. Elle veut implanter dans son pays les théories freudiennes, aussi suspectes soient-elles pour un régime obsédé par le contrôle des consciences. Aider les gens à vivre: ce sera son combat.

Le cabinet qu’elle ouvre, dans son petit appartement d’Al-Adawi, un quartier commerçant de Damas, attire vite les patients. Des enfants, des adultes, des hommes et des femmes. Un panel représentatif de la population syrienne et de ses divisions, confessionnelles comme politiques. « Elle se tenait à bonne distance de l’opposition comme du pouvoir », explique l’une de ses amies françaises.

Année après année, elle repousse les murs du soupçon. Elle devine que ses séminaires ne sont pas seulement remplis d’étudiants. Elle sait que son divan attire aussi les grandes oreilles du régime. Mais elle s’accroche, navigue entre les écueils et sa pratique, fait des émules. Une petite dizaine de psychanalystes, avec lesquels elle a fondé l’Ecole de psychanalyse de Damas, exercent aujourd’hui en Syrie.

Quand la révolution éclate au mois de mars, à Deraa, dans le sud du pays, elle réagit à nouveau en accoucheuse des souffrances. Avec les jésuites de Damas, elle organise des groupes de parole ouverts aux citoyens de toute obédience. Un espace apolitique pour verbaliser ses angoisses face à la violence qui ravage le pays, pour maintenir le fil ténu du dialogue intercommunautaire.

Mais pour les autorités syriennes, la ligne rouge a été franchie. Libérer la parole dans un Etat adepte des chaînes et du bâillon: le paradoxe n’est plus acceptable.

Benjamin Barthe

France : un policier israélien pour diriger l’office de l’immigration


L’avocat Arno Klarsfeld, proche de Nicolas Sarkozy, a été nommé président de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) par un décret du président de la République paru mardi au Journal officiel.

Sioniste de choc, Klarsfeld, qui est âgé de 46 ans, est notamment connu pour s’être enrôlé en 2003 dans l’armée israélienne, pour participer à la sanglante répression du peuple palestinien sous la houlette du Premier ministre de l’époque, Ariel Sharon.

Arno Klarsfeld sévit dans la région de Bethléem sous l’uniforme des « garde-frontières » : cette unité ne garde évidemment pas de frontières, puisqu’Israël ne s’en est jamais reconnues ; elle est en revanche spécialisée dans la traque des populations civiles palestiniennes.

Chouchou tant de Sarkozy que des voyous de la « Ligue de Défense Juive », Arno Klarsfeld est un grand bénéficiaire du favoritisme gouvernemental. C’est à lui par exemple que Sarkozy confie une mission de défense et illustration de la scandaleuse loi du 23 février 2005 sur « les bienfaits de la colonisation », ou de promotion de la chasse aux enfants de parents sans-papiers.

Quand Sarkozy gagne la présidentielle de 2007, Klarsfeld se voit promettre un poste dans le futur gouvernement, à la condition de se faire élire député. En pleine « vague bleue », l’UMP lui accorde son investiture dans le XIIème arrondissement de Paris, un quartier relativement aisé de la capitale, a priori gagnable par la droite. Mais Klarsfeld se montre trop arrogant, et méprise ouvertement son électorat potentiel. « On me reproche de ne pas connaître le XIIème arrondissement : c’est faux, je suis déjà passé dans ce coin, en courant un marathon ! » ricane-t-il devant les caméras. Il sera sévèrement battu par la candidate du Parti Socialiste.

Qu’à cela ne tienne : à défaut d’entrer au gouvernement, Klarsfeld obtient en consolation un job de « chargé de mission » auprès du nouveau Premier Ministre François Fillon, avant d’être nommé Conseiller d’Etat, une autre faveur octroyée par Sarkozy.

A l’Ofii, Klarsfeld remplace Dominique Paillé, un politicien tombé en disgrâce à l’Elysée depuis qu’il a rejoint l’équipe concurrente de Jean-Louis Borloo. Paillé, viré au bout de quelques mois de son poste, a fait part de son amertume. « J’assurais la présidence de l’Ofii à titre bénévole, ayant volontairement renoncé à l’indemnité de 4.000 € par mois qui va avec. J’espère que mon successeur aura la correction d’en faire autant », a-t-il déclaré au lendemain de son éviction.

CAPJPO-EuroPalestine

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