La large victoire des islamistes confirmée en Égypte


Le Point.fr – Publié le 04/12/2011 à 11:56 – Modifié le 04/12/2011 à 12:08

Selon les résultats officiels du premier tour des législatives, les partis religieux auraient remporté 65 % des voix.

Les islamistes sont d'ores et déjà les grands gagnants des premières élections post-Moubarak en Égypte. Les islamistes sont d’ores et déjà les grands gagnants des premières élections post-Moubarak en Égypte. © Ahmad Radi / Landov/Maxppp

Les listes des partis islamistes, dont les Frères musulmans, ont remporté plus de 65 % des voix au premier tour des législatives en Égypte, selon des chiffres fournis par Youssri Abdel Karim, secrétaire général de la Haute Commission électorale. Les listes de l’influente confrérie, du parti salafiste Al-Nour et du parti Wassat (islamistes modérés) ont remporté 65,25 % des voix pour cette première phase des législatives marquant la rupture avec l’ère Moubarak, selon ces données officielles.

Les Frères musulmans ont remporté 36,62 % (3,5 millions de voix), Al-Nour 24,36 % (2,3 millions) et le Wassat 4,27 % (environ 416 000 voix) lors de ce premier tour organisé dans un tiers des gouvernorats, notamment les deux plus grandes villes, Le Caire et Alexandrie. Youssri Abdel Karim a précisé que la Haute Commission électorale n’annoncerait le nombre de sièges attribués à chaque liste qu’après la fin, le 10 janvier, des élections de l’Assemblée du peuple (chambre des députés) dans tous les gouvernorats.

Le cycle électoral se poursuivra du 29 janvier au 11 mars avec l’élection de la Choura (chambre haute consultative). Au deuxième tour, qui commence lundi, ces mouvements islamistes tenteront d’améliorer encore leur score pour confirmer leur domination du futur Parlement. Mais une rude bataille est attendue au sein même de ce camp, avec un duel notamment entre les candidats des Frères musulmans et d’Al-Nour pour une partie des sièges attribués au scrutin uninominal.

Face aux reproches des républicains, Obama s’affiche en ami d’Israël


Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

le 04.12.11 | 16h16

Attaqué par ses adversaires républicains sur son manque de soutien supposé à Israël, le président américain Barack Obama se vante, malgré des tensions, d'être le meilleur ami de l'Etat hébreu à moins d'un an de la présidentielle de 2012

Attaqué par ses adversaires républicains sur son manque de soutien supposé à Israël, le président américain Barack Obama se vante, malgré des tensions, d’être le meilleur ami de l’Etat hébreu à moins d’un an de la présidentielle de 2012.
La plupart des candidats républicains à l’investiture de leur parti pour la consultation du 6 novembre prochain, lorsque M. Obama briguera un second bail de quatre ans à la Maison Blanche, se réunissent mercredi à Washington pour un forum organisé par la « Coalition juive républicaine ».

Ils devraient y renouveler leurs critiques contre l’administration démocrate, qu’ils ont accusée ces derniers mois de manque de soutien à Israël au moment où les bouleversements au Moyen-Orient mettent cet Etat sur la défensive.
Vendredi, le secrétaire à la Défense de M. Obama, Leon Panetta, a appelé Israël à « faire des efforts pour arriver à faire la paix avec les Palestiniens » et à rompre son « isolement » dans la région, en allusion à ses relations tendues depuis plusieurs mois avec l’Egypte et la Turquie.

M. Panetta a assorti ces mises en garde d’assurances sur l’attachement des Etats-Unis à la sécurité d’Israël, un leitmotiv de toutes les administrations. M. Obama est toutefois allé plus loin mercredi en affirmant qu' »aucun allié n’est plus important que l’Etat d’Israël » pour les Etats-Unis.

Le président, qui s’exprimait à New York lors d’une réunion de levée de fonds au domicile du président d’un groupe de défense des intérêts juifs, a aussi assuré que « cette administration a fait davantage pour la sécurité d’Israël que toute autre administration ».

Si M. Obama s’est attiré des critiques en 2010 pour avoir exigé – avant d’y renoncer – un gel de la colonisation israélienne comme préalable à la reprise des négociations de paix, la Maison Blanche souligne que le président a accordé une aide supplémentaire à l’Etat hébreu pour son système antimissile et obtenu de nouvelles sanctions contre l’Iran pour son programme nucléaire controversé.

Des responsables de l’équipe de M. Obama remarquent aussi que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a chaleureusement salué en septembre les déclarations du président contre l’admission à part entière à l’ONU d’un Etat de Palestine avant tout accord de paix.
Mais les républicains ont immédiatement réagi aux propos de M. Obama à New York. « Vous voulez rire? » s’est exclamé le président de la Chambre des représentants, John Boehner, en critiquant une Maison Blanche « qui veut qu’Israël revienne aux lignes indéfendables de 1967 » face aux Palestiniens.

L’un des principaux candidats à l’investiture républicaine, Mitt Romney, a quant à lui affirmé que les mesures entreprises par l’administration démocrate équivalaient à « laisser tomber Israël ».
Spécialiste du dossier et partisan de M. Obama, l’ancien représentant Mel Levine regrette la bronca républicaine, « un exemple révoltant et vraiment irresponsable de division partisane qui ne rend pas service à Israël, en définitive ».
Le contexte est bien sûr celui du soutien de l’électorat juif, qui s’est porté à 78% sur M. Obama en 2008. Il ne représenterait qu’environ 2% du corps électoral, mais pourrait faire la différence dans des Etats-clé où le vote pourrait être serré, comme la Floride (sud-est) et la Pennsylvanie (est).

Les assertions républicaines d’aujourd’hui « ne sont pas différentes de celles que certains républicains essayaient de formuler en 2007-2008 », explique à l’AFP M. Levine, pour qui « nous aurons le même succès en novembre (2012) qu’en 2008 ».
Selon l’institut Gallup, les électeurs juifs n’étaient plus que 54% à soutenir M. Obama en septembre dernier, contre 83% au début de sa présidence. Mais c’est toujours dix points de plus que la moyenne de sa popularité au sein du corps électoral.

AFP