Radio Judaïca et le CCOJB font-ils la loi à la Ville de Bruxelles ?
22 décembre 2011
Communiqué de presse du Mouvement Citoyen Palestine.

Autorisée depuis 2002, l’action des Pères Noël du Mouvement Citoyen Palestine est aujourd’hui interdite par la Ville de Bruxelles!
Cette action de Noël a lieu depuis 2002 et elle s’est toujours très bien passée, que ce soit avec la police ou avec les passants de la rue Neuve. Chaque année, nous y distribuons des tracts et des bonbons afin d’approcher les gens de manière agréable. Cette action de sensibilisation est une vraie réussite car nous touchons un public non-averti. Chaque année, depuis 9 ans, nous avons reçu beaucoup d’encouragement et de sympathie de la part du public. Nous tenons à remercier les personnes qui sont venues nous rejoindre dans cette action durant toutes ces années
Radio Judaïca et le CCOJB font-ils la loi à la Ville de Bruxelles ?
Sous l’impulsion des autorités israéliennes et de certaines organisations qui se prétendent représentatives de tous les juifs, une vaste opération de terrorisme psychologique est engagée contre ceux, y compris contre des organisations de défense des droits de l’homme, qui osent élever leur voix contre la politique du gouvernement israélien.
En effet, ce jeudi 22 décembre à 16h53, j’ai reçu un coup de fil de la police m’informant que l’action du Mouvement Citoyen Palestine « Quel Père Noël pour les enfants de Gaza ? Le 23 décembre venez dire » occupation : pas en notre nom « » serait interdite, sans apporter aucune autre explication que le bourgmestre ne l’autorise pas (plus) ! « Or, tout acte administratif doit être formellement motivé comme le prévoit la loi du 29 juillet 1991 », nous dit notre avocat.
Le mercredi 21 décembre, Radio Judaïca, à la suite de l’intervention du CCOJB, aurait annoncé que Monsieur Thielemans avait interdit notre action du vendredi à la rue Neuve, et ceci avant même que le Mouvement Citoyen Palestine ait été informé par la police.
Radio Judaïca et le CCOJB seraient-ils ceux qui autorisent ou interdisent les distributions de tracts et de bonbons dans la commune de Bruxelles ?
Soyons présents plus que d’habitude ce Vendredi 23 Décembre, à partir de 16h, Rue Neuve, face à l’église pour défendre le droit des Palestiniens, mais aussi notre propre liberté d’expression !
Alors que le monde entier assiste impuissant au comportement cynique des autorités israéliennes à l’égard des Palestiniens, les défenseurs de la cause palestinienne font l’objet, de plus en plus fréquemment, d’atteintes à la liberté d’expression.
La lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud a montré une solidarité internationale efficace et cohérente avec un peuple opprimé. C’est ce genre d’action que le peuple palestinien opprimé demande. Depuis 2005, la société civile palestinienne, y compris les fédérations syndicales et tous les regroupements politiques syndicaux, ont été unanimes en demandant aux personnes de conscience et institutions du monde entier, notamment les syndicats, d’approuver le BDS (Boycott Désinvestissement et Sanctions) contre Israël et de mettre en œuvre ce boycott des diverses manières, les mieux adaptées à leur contexte respectif. La campagne BDS reste le meilleur espoir de mettre fin à l’occupation et l’apartheid d’Israël, et à faire valoir l’obtention des droits reconnus par l’ONU, en particulier le droit à l’autodétermination.
La liberté de manifestation comme la liberté d’expression sont des droits fondamentaux. Ils sont inscrits dans les traités internationaux, comme la Convention européenne des droits de l’homme, ainsi que dans la Constitution belge. Nous insistons sur le fait qu’en aucun cas la critique d’un État coupable de tant d’infractions au droit international ne peut être ainsi assimilée à un quelconque racisme.
En France, ce jeudi 15 décembre 2011, le tribunal de Mulhouse vient de relaxer douze militants poursuivis pour leur participation à la Campagne BDS.
Ils étaient poursuivis par les officines, habituelles courroies de transmission de la politique de l’Etat d’Israël, ainsi que par la LICRA, pour « discrimination et incitation à la haine et à la violence envers un groupe ou une nation » pour avoir participé à deux actions de boycott de produits israéliens dans le magasin Carrefour Illzach. Ces associations viennent toutes d’être déboutées par la justice française !
Chacune de nos actions se veut pacifique. Nous portons nos tee-shirts verts (sur lesquels figurent l’inscription “Boycott Israël/Palestine Vivra”), des bonnets « Père Noël » rouges, nous distribuons nos tracts en parlant aux gens et leur souhaitons de joyeuses fêtes de fin d’année. Tout se fait dans le calme, nous ne constituons certainement pas une menace pour la sécurité.
Nos actions vont perdurer jusqu’à ce qu’Israël se conforme aux résolutions des Nations Unies et respecte les droits internationaux et humanitaires.
Face à cette atteinte claire à la liberté d’expression, nous invitons tous les citoyens épris de justice à envoyer des mails, fax, coups de fil de protestation aux personnes suivantes :
Freddy Thielemans
Bourgmestre de la Ville de Bruxelles.
Tél. : 02 279 50 10
Fax : 02 279 50 21
freddy.thielemans@brucity.be
Faouzia Hariche
Echevine de l’Instruction publique et de la Jeunesse de la Ville de Bruxelles
Tél. : 02 279 49 10
Fax : 02 279 49 21
faouzia.hariche@brucity.be
Philippe Close
Echevin du Tourisme et du Personnel de la Ville de Bruxelles
Tél. : 02 279 47 40
Fax : 02 279 47 49
philippe.close@brucity.be
Mohamed Ouriaghli
Echevin des Propriétés communales et du Parc automobile de la Ville de Bruxelles
Tél. : 02 279 41 30
Fax : 02 279 41 39
Mohamed.Ouriaghli@brucity.be
Christian Ceux
Echevin de l’Urbanisme et de la Mobilité de la Ville de Bruxelles
Tél. : 02 279 45 10
Fax : 02 279 45 21
cabinet.ch.ceux@brucity.be
Karine Lalieux
Echevine de la Propreté publique et de l’Informatique
Tél. : 02 279 48 50
Fax : 02 279 48 59
Kabinet.k.lalieux@brucity.be
Chantal Noël
Echevine de la Famille, de la Petite enfance, des Crèches et des Cultes de la Ville de Bruxelles
Tél. : 02 279 50 60
Fax : 02 279 50 62
cabinet.chantal.noel@brucity.be
Ahmed El Ktibi
Echevin des Travaux publics, de la Participation et de l’Egalité des chances de la Ville de Bruxelles
Tél. : 02 279 48 10
Fax : 02 279 48 29
cabinet.a.elktibi@brucity.be
Bertin Mampaka
Echevin des Sports, des Espaces verts, de l’Environnement, de la Solidarité internationale et de l’Equipement communal
Tél. : 02 279 47 10
Fax : 02 279 47 22
bertin.mampaka@brucity.be
Jean De Hertog
Echevin de l’Economie, du Commerce, de la Centrale d’achats et des Affaires flamandes de la Ville de Bruxelles
Tél. : 02 279 44 10
Fax : 02 279 44 09
Kabinet.Jean.DeHertog@brucity.be
Hamza Fassi-Fihri
Echevin de la Culture, de l’Emploi, de la Formation et de l’Etat civil de la Ville de Bruxelles
Tél. : 02 279 47 51
Fax : 02 279 47 59
hamza.fassi-fihri@brucity.be
Nous invitons ces élus à faire preuve de sagesse et de justesse en intervenant au plus vite, pour sauver l’expression démocratique dans la commune de Bruxelles.
Nous restons à votre disposition pour de plus amples informations :
Contact presse : Nordine Saïdi
Mouvement Citoyen Palestine
Paix,Peace, Pace, Salam, Paz, Shalom, Vrede… À vous.
En quoi consiste le boycott?
Quand nous parlons de boycott, nous parlons en fait de BDS :Boycott, Désinvestissement, Sanctions.
Boycott : c’est un appel à tous les consommateurs et consommatrices du monde entier pour qu’ils s’abstiennent d’acheter :
les produits en provenance d’Israël et/ou des colonies établies en Cisjordanie occupée;
les produits des compagnies qui soutiennent activement Israël par leurs investissements ou leurs actions de lobbying en sa faveur dans divers pays.
Ce boycott s’applique aussi aux biens culturels (livres, films, etc.) aux événements internationaux (expositions, foires, etc.) et aux compétitions sportives.
Désinvestissement : c’est un appel à tous les investisseurs, petits et grands pour qu’ils cessent d’investir dans tout ce qui peut, par la suite, contribuer au développement d’Israël sous quelque forme que ce soit : fonds de retraite, actions boursières, etc. et qu’ils retirent les investissements déjà effectués.
Sanctions : c’est un appel à tous les pays pour que des sanctions internationales soient appliquées contre Israël (comme dans le cas de l’Afrique du Sud) :
§ cessations de relations diplomatiques,
§ annulation d’accords commerciaux et de libre-échange.
le boycott des produits Israélien :
c’est refuser de financer l’occupation des territoires palestiniens
c’est rendre Israël moins compétitif sur la scène internationale
c’est l’obliger à se soumettre au droit international c’est lui imposer d’accepter le droit du peuple palestinien à s’autodéterminer et à vivre dans un Etat viable
Le 23 décembre venez dire » occupation : pas en notre nom «
Quel Père Noël pour les enfants de Gaza ?
Action symbolique de 16h30 à 18h00,
devant l’église située dans la rue Neuve à Bruxelles
Nous y distribuerons des tracts et des bonbons afin d’approcher les gens de manière agréable.
Rejoignez-nous, vêtu(e) de rouge comme le père Noël.
N’hésitez pas à nous contacter pour plus de renseignements : 0476/841.969
Le grand leader est mort vive le grand leader 22 décembre 2011
Posted by kokomag in Edito – KoKomaG.
Camarade, tu as devant ton écran la dernière émission de l’année 2011 de kokomag, magazine virtuel de la tout aussi virtuelle organisation communiste SPECTRE.
En ce jour de grève générale des services publics, il t’indique bénévolement la voie juste qui te mènera jusqu’au communisme !
D’ici là médite en cette période de fête la maxime révolutionnaire du théatre du splendid :
“Parfois, le chemin est dur” (Pierre Mortez in “le père noel est une ordure” 1979)
Le grand leader est mort vive le grand leader
Kim Yong oun, le “jeune général” succède à son regretté père , notre “cheerleader” Kim Young Il
Camarade !http://www.kcna.co.jp/item/2011/201112/news21/20111221-49ee.html
La république populaire et démocratique de Corée, dernier bastion d’un communisme façon “petit père des peuples” pur et dur édition 1953 est aujourd’hui un modèle bien oublié. Sauf par le PTB et son mouvement de jeune Comac seul mouvement a avoir officiellement adressé ses condoléances par l’intermédiaire de son internationale, fidèle pour une fois à la mémoire de leur propre timonier feu Ludo “amamadada” Martens :
http://www.deredactie.be/cm/vrtnieuws/mediatheek/programmas/terzake/2.19117/2.19118/1.1180428
http://www.wfdy.org/2011/12/20/wfdy-message-of-condolences-on-demise-of-comrade-kim-jong-ill/
Pourtant, ce modèle de communisme réel et rationnel laisse encore une grande impression sur les parlementaires belges de tout bord qui eurent l’immense privilège de visiter ce riant pays. Voir ou revoir : http://youtu.be/pw1NMVQO8UU
Alors que nombre de camarades ont soit cédé aux sirènes du révisionnisme ou ont carrément capitulé devant l’ennemi de classe, la RPDC continue à rester fidèle à la tactique de l’antagonisme irrémédiable entre une nation guidée par la lumière éclatante du marxisme léninisme et les gouvernements fantoches aux ordres des Etats-Unis et de leurs alliés impérialo-fascistes japonais. Cette lutte nécéssaire n’est cependant pas toujours facile à faire admettre à certains éléments du peuple coréen, Pour faire face à ces difficultés, la République Populaire Démocratique de Corée s’est dotée de structures de rééducation étendues et d’une législation adaptée en matière de contrôle des influences extérieures. comme ici dans la superbe région de Yodok :
http://www.amnesty.be/doc/s-informer/actualites-2/article/coree-du-nord-des-images-satellite
Pourtant, malgré la justesse de l’idéologie du juche, les traîtres restent encore nombreux, tel l’ex-camarade Hwang Jang “hip” Yop, principal théoricien du juche ayant fait défection vers Séoul en 1997 ou même Kim Jong “not in my “ Nam, propre frère du “jeune général” qui avait été arrêté au japon sous un faux passeport en tentant d’entrer dans…Disneyland Tokyo.
Devant cette recrudescence de la lutte des classes au sein même du parti et de la famille de notre “cheerleader”, il faudra beaucoup de force et de ténacité au “jeune général” Kim Jong “un, dos, tres…” pour maintenir fermement l’esprit du Juche et du Songun.
Heureusement, il reste l’armée invincible du peuple coréen avec :
– ses 1 106 000 soldats du peuple sous les armes et ses 8 000 000 de réservistes.
– son programme nucléaire en panne depuis de longues années et incapable de réaliser de manière convaincante le boum de l’ atome (sur le chant des Dupond Dupont “boum quand le neutron fait boum c’est fini les surboums où alors seulement sous la terre…”) mais qui essaye encore…
– ses missiles de “croisière s’amuse” dont la zone d’essais se situe au dessus de l’archipel nippon, et dont les éléments balistiques font la terreur des ours blancs d’Alaska.
– son aviation qui se couvrit de gloire durant la guerre de Corée, à l’époque la plus moderne du monde avec le glorieux Mig 15, avantageusement remplacé par des Mig 23 et 29 depuis.
– son océan (3500 tank ho de profondeur) de char de combat dont encore le fameux T 62 modifié Ch’ŏnma-ho
– ses 46 000 marins tous excellents nageurs et secouristes brevetés comme le savent tous les marins sécessionnistes sud coréen.
Et surtout, mais alors là surtout, son traité de soutien militaire avec la République Populaire de Chine en cas d’attaque visant sa souveraineté….
La péninsule coréenne vue de nuit : http://en.wikipedia.org/wiki/File:Korean_peninsula_at_night.jpg
Devant cette puissance populaire unie en un même élan patriotique unanime, les “tigres de papier” que sont les puissances militaires occidentales (incapables de venir à bout de quelques afghans barbus armés de kalachnikov locales pourries) sont tenues fermement à distance. Pourtant, malgré ses réussites éclatantes, notamment dans la lutte contre l’obésité, signe inéluctable de l’effondrement moral de l’Occident capitaliste, le modèle nord coréen suscite encore la méfiance, au mieux un regard amusé de la part du reste du mouvement communiste… Il a pourtant été le premier à comprendre le caractère fallacieux et non naturel de l’éclairage nocturne ce qui fait de la République Populaire Démocratique de Corée un leader en matière d’économie d’énergie.
Devant cet exemple vivant du paradis Orwellien, le doute n’est pas permis ! (au cas improbable où il en subsisterait, ne fut-ce qu’à un niveau homéopathique, nous avons mentionné supra les facilités de rééducation existantes et toujours accessibles par le transsibérien avec escale à Beijing…).
Le communisme authentique reste pour la République Populaire Démocratique de Corée comme pour le reste du monde, la seule voie !
…mais “parfois, le chemin est dur !”
A l’année prochaine !
Merry xmarx et happy New Leader !
Vlad et Ernest, pom pom bolchevistes
Au Caire, 55 minutes chez les moukhabarat
Le Point.fr – Publié le 18/12/2011 à 07:34 – Modifié le 18/12/2011 à 09:36
Notre envoyé spécial au Caire a été arrêté près de la place Tahrir et soumis à un interrogatoire par les sbires du régime. Récit d’une heure interminable.
Un manifestant, samedi 17 décembre, avenue Qasr al-Eini au Caire. © Keystone / Rex/Sipa
C’est long, une heure. Surtout quand on ne contrôle rien.
Je comptais approcher les manifestations par le sud de l’avenue Qasr al-Eini, principal théâtre des affrontements hier. Au Caire, tout change en quelques mètres et quelques instants. Il faut se déplacer prudemment. Les autorités sont parfois des alliées, parfois des ennemies ; les civils, parfois des ennemis, parfois des alliés.
14 h 45. Je bute sur un solide barrage. Des chevaux de frise, des barbelés, des dizaines de militaires bloquent l’avenue. Impossible de passer. Je tourne à droite, marche cinquante mètres quand un moukhabarat me rattrape. Un moukhabarat, littéralement « informateur », est un membre des services de renseignements. Par dizaines de milliers, ils forment une police politique implacable. Il leur suffit de montrer une carte pour faire taire n’importe quel Égyptien.
Dernière tentative
La première fois que j’ai vu la situation se renverser, c’était en février, au Caire. Des moukhabarat, après m’avoir – encore – arrêté, m’avaient escorté hors du centre-ville. Un comité populaire nous avait stoppés. Des gens simples qui protégeaient leurs quartiers contre les criminels que Moubarak avait fait sortir des prisons. Ces gens simples ont donné des ordres à leurs maîtres. Comme une formule magique qui ne marche plus, les moukhabarat agitaient leurs cartes, criaient fort, mais ne contrôlaient plus rien. Ils ont dû fuir face à la colère de la population. Leur pouvoir immense s’évanouissait, soudain. Ils avaient peur. Peut-être se souviennent-ils de ce moment, à présent. Et peut-être se raidissent-ils dans une dernière tentative pour sauver leur pouvoir.
L’agent en civil me serre le bras, inutilement : je ne compte pas m’échapper. Le problème des moukhabarat, c’est qu’ils sont aussi implacables que compétents. En admettant que j’arrive à m’enfuir, je n’irai pas très loin. Sans un mot, il me ramène au barrage. Nous le franchissons.
Commune policière
Je rentre maintenant dans une industrie policière immense et puissante contre laquelle, seul, on ne peut rien. C’est pour cela que le soulèvement de février a été si gigantesque : il n’avait pas le choix. Il lui fallait être, littéralement, énorme. C’était la masse du régime contre la masse populaire.
L’endroit dans lequel je me trouve maintenant, entre deux barrages de l’avenue Qasr al-Eini, est pour un temps une survivance de l’ancien régime, une sorte de commune policière où règnent des centaines de militaires, de flics et de moukhabarat. C’est comme si on m’avait jeté dans un fleuve dont le courant accélère sans cesse. La seule chose que je puisse faire, c’est surnager. Ça vaut bien une cigarette. Je l’allume face au doux soleil de décembre pendant que mon moukhabarat parle avec un supérieur, un grand costaud avec un imper très Stasi.
« Je suis journaliste, c’est mon métier »
Il m’accuse : « Je t’ai vu à la manifestation hier. Tu étais devant le parlement. Tu prenais des photos. » « Bien sûr que je prenais des photos ! Je suis journaliste. C’est mon métier. » « Tes papiers ! » Je leur fourre sous le nez mon passeport et mon accréditation égyptienne. Répondre aux questions, montrer mes papiers et attendre seront mes principales activités pendant les trois prochains quarts d’heure. C’est ça, la vie, dans une commune policière.
Je remonte l’avenue Qasr al-Eini de militaire en policier, en moukhabarat, en militaire encore, en moukhabarat enfin. Sur le chemin, j’ai une vue imprenable sur le chaos laissé par les affrontements de vendredi. L’avenue semble avoir subi un tremblement de terre. Des pierres jonchent le sol, des morceaux de verre, restes d’incendies, brûlures d’asphalte. Des petits balayeurs s’affairent.
Occuper le terrain
J’aboutis devant le Majlis al-Choura, la chambre haute, l’équivalent du Sénat. C’est la mairie de cette commune policière. Les moukhabarat me font poireauter devant la grille. Ils me posent de vagues questions, j’y réponds vaguement. Nous sommes à deux cents mètres de Tahrir. La clameur des manifestants résonne. Ils sont si près ! En choeur, ils crient : « Le peuple veut la chute du maréchal. » En face, un camion approche. Dans la benne, d’énormes blocs de béton. Ils vont barricader Qasr al-Eini. Le régime est dirigé par le CSFA, Conseil supérieur des forces armées. Aux émeutes, ces militaires donnent une réponse de militaires : ils prennent les rues les unes après les autres, tiennent position, établissent des défenses et recommencent le lendemain. Ils occupent le terrain. C’est net, pas sans bavures.
J’attends, encore. Les militaires vont et viennent sans cesse tandis que les moukhabarat fument des clopes en se grattant les couilles. Ils sont entre eux.
Jolis tableaux, traces de sang
On me demande de franchir la grille. Le courant dans lequel je suis pris s’accélère ; je surnage toujours. Mon sac et moi sommes fouillés minutieusement. Les informateurs sont surpris de ne pas trouver d’appareil photo. Une pierre jetée hier du haut du parlement a eu raison de lui. Je pense « beau boulot, les gars », mais je préfère me taire.
J’entre dans le sénat après une énième série de questions. Le courant se fait plus fort. Je surnage toujours. C’est un beau bâtiment dont je ne verrai que les couloirs. La décoration est sobre, mais élégante. Des pilastres finement dorés montent jusqu’au plafond, dix mètres plus haut. Aux murs de pierre, de jolis tableaux. Sur le sol de marbre, des traces de sang. Des gouttes, des traînées de sang, sur ce sol de marbre.
Les habitants de cette commune policière ont transformé le sénat en kommandantur. On suit les traînées de sang dans le couloir. À un embranchement, elles se divisent. On prend la traînée de droite.
Ils veulent me faire peur
Tahrir est loin, soudain. Les seules clameurs que j’entends sont des hurlements. On s’approche. J’entends des coups, maintenant. Au bout d’un nouveau couloir, deux ou trois types se font tabasser. Derrière moi, un candidat au passage à tabac vient d’arriver. Il est déjà bien amoché. Il tremble. Il a peur. On le pousse au bout du couloir. Il se joint aux autres hurlements. Cette fois-ci, je suis dans les rapides. Je surnage à peine. Ça vient de commencer.
À quoi on pense, dans ces moments-là ? Au présent. Pas à ce qui peut arriver, pourrait arriver. Ils veulent me faire peur. Oui, je pense que j’ai peur, mais je ne veux pas le montrer. Alors, je ne ressens rien, sauf mon coeur qui bat, très fort. Même si, dans cinq minutes, je me fais tabasser, j’ai encore largement le temps d’être fier. C’est long, cinq minutes. Surtout quand on ne contrôle rien. Je m’adosse au mur, négligemment, pendant que le couloir hurle des cris et des coups. En face de moi, un moukhabarat me surveille. Du coin de l’oeil, il regarde si je flanche.
Je ne pense à rien
À quoi pense-t-il, à ce moment-là ? A-t-il conscience d’être un bourreau ? Non, sûrement : moi-même, je m’habitue déjà aux cris et aux coups. Ils semblent s’éloigner – alors que la bastonnade continue, toujours aussi fort. On s’y fait. Deux agents passent devant moi en traînant un type tabassé. Je le regarde et ne pense à rien. Ce moukhabarat doit avoir une quarantaine d’années, dont une vingtaine en tant que bourreau. Il allume une clope, le plus naturellement du monde. Je bois une rasade d’eau, le plus naturellement du monde.
Voici venir le chef. Un vieux beau d’une soixantaine d’années, rasé de près, élégant dans son costume parfaitement taillé. C’est le maire de la commune policière. Il fume et me pose des questions en anglais. Les habituelles – ce que je fais, ce que j’ai fait hier -, puis les autres. C’est quoi ces cartes de visite de membres du parti al-Nour ? Du parti des Frères ? Du Wasat ? « Je suis journaliste, je couvre les élections égyptiennes. Je parle à tout le monde. » Il hausse la voix et son air poli et ennuyé semble dire : « Ces cris ! N’est-ce pas irritant ? » Il me couvre de questions : Où j’habite ? Qui je connais ? D’où je viens ? Je réponds. Il est aussi courtois que ses agents sont brutaux.
« Bienvenue en Égypte »
Le couloir continue à hurler. Il sourit et avertit : « Vous savez, je vous conseille vraiment d’éviter les points chauds. Les gens peuvent être dangereux… » Le couloir hurle encore. Je souris et réponds : « Je comprends, mais que voulez-vous, c’est mon métier. » Je fais une bataille de sourires avec le chef des moukhabarat dans un interrogatoire au sénat transformé en kommandantur et, à côté de moi, des types se font tabasser. Je surnage avec ça, ce brin de fierté. C’est ce que j’ai pour l’instant. Si je me fais tabasser, je trouverai autre chose. Le chef me rend les papiers : « Merci, bienvenue en Égypte ! »
Il fait demi-tour. Une chose dénote dans son costume élégant : un mouchoir s’accroche au talon de sa chaussure gauche, comme le sparadrap du capitaine Haddock. C’est le sang : ça colle.
Je sors du sénat. Il fait toujours aussi beau. Le moukhabarat m’envoie vers une sortie. Je franchis les barbelés escorté d’un soldat. Il est 15 h 50. Je suis dehors. Je suis sorti de la commune policière, je suis sorti des rapides.
J’allume une cigarette. Je rejoins les manifestants, place Tahrir.
Le musée de l’Elysée suspend l’organisation du prix dont a été écartée Larissa Sansour
Victoire !
Communiqué de presse
Lausanne, 21 Decembre 2011 – Le Musée de l’Elysée a décidé de suspendre l’organisation du Prix Lacoste Elysée 2011. Introduit en 2010 pour soutenir les jeunes photographes, ce prix est d’un montant de 25.000 euros.
Pour cette édition 2011, 8 artistes ont été sélectionnés pour concourir. Il leur a été demandé de produire 3 photos sur le thème de la joie de vivre.
Chacun d’entre eux, doté d’une bourse de 4000 euros, avait carte blanche pour interpréter ce thème comme il l’entendait, de manière directe ou indirecte, avec authenticité ou ironie, en se basant, ou pas, sur son travail antérieur.
Un jury d’experts devait se réunir à la fin janvier pour choisir le gagnant de ce prix.
Le Musée de L’Elysée vient de prendre cette décision de tout suspendre, en raison du souhait du partenaire privé d’exclure Larissa Sansour, une des 8 candidats retenus.
Nous réaffirmons notre soutien à Larissa Sansour, pour la qualité artisitque de son travail et de son engagement.
Le Musée de L’Elysée lui a même proposé d’exposer sa série « Nation Estate »dans son enceinte.
Depuis 25 ans, le Musée de l’Elysée défend avec force des artistes, leur travail, la liberté artistique et la liberté d’expression. En prenant cette décision aujourd’hui, le Musée de l’Elysée est fidèle à son engagement envers ses valeurs fondamentales.
Contact : Sam Stourdzé, Directeur du Musée de l’Elysée, +41 21 316 99 10, sam.stourdze@vd.ch
(Traduit de l’anglais par CAPJPO-EuroPalestine)
CAPJPO-EuroPalestine
Liberté d’expression et de manifestation pour dénoncer les crimes israéliens !
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Une vingtaine de membres de la Plate-forme Charleroi-Palestine étaient présent ce lundi 19 décembre à l’Hôtel de Ville de Charleroi, juste avant que ne commence le Conseil communal, afin de protester contre le fait qu’elle n’a pas obtenu l’autorisation d’organiser ce mardi 27 décembre une Marche aux flambeaux dans les rues de Charleroi.
Une marche pour ne pas oublier les crimes de guerre israéliens contre la population de Gaza.
Pour rappel : il y a trois ans,le 27 décembre 2008, l’armée israélienne lança sa guerre d’agression contre Gaza.
Pour la Plate-forme Charleroi-Palestine, il était important de rappeler les crimes de guerre qu’a commis l’armée israélienne, ainsi que de tirer l’attention sur les agressions permanentes qui continuent toujours contre le peuple palestinien à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est et qui mettent l’existence même de la société palestinienne en danger.
Alors qu’elle avait fait une demande pour cette marche dans les règles et dans les délais, le bourgmestre faisant fonction, Paul Ficheroulle, a fait savoir dans un courier que pour « des raisons d’ordre et de sécurité », la Plate-forme ne pouvait pas marcher dans les rues (elle devait rester statique), qu’elle pouvait seulement faire ce rassemblement à partir de 18 h 30 (à un moment où il n’y a plus un chat dans les rues de Charleroi), et qu’elle ne pouvait pas utiliser de voiture-radio.
La Plate-forme a estimé qu’il s’agissait d’une entrave à la liberté d’expression et de manifestation, contraire au droit, notamment à la position de la Cour européenne des Droits de l’Homme en ce qu’elle impose sans nécessité une restriction à la liberté d’expression, et que de ce fait la ville risquait une condamnation.
Son avocat, Me Frédéric Ureel a d’ailleurs écrit une lettre au bourgmestre lui demandant de revenir sur sa décision et de « permettre à la Plate-forme Charleroi-Palestine de bénéficier de ses droits fondamentaux en termes de liberté d’opinion, d’expression, de manifestation et de circulation ».
C’est donc avec un bandeau devant la baillon que les membres de la Plate-forme se sont présentés au Conseil communal.
La conseillère ECOLO, Anne Cattiez s’est jointe à l’action en mettant elle ausssi un baillon (voir photo ci-dessus à gauche).
M. Paul Ficheroulle, bourgmestre ff., est venu voir le groupe en proposant une rencontre pour assouplir les modalités formulées par la police administrative.
En tout cas, pour la Plate-forme, la volonté de marcher et de se faire entendre reste intact.
Le rassemblement pour la Marche aura lieu le mardi 27 décembre, à 17 h, place Charles II, devant l’Hôtel de Ville, Charleroi.
Mise à jour le Lundi, 19 Décembre 2011 21:22
Si Alep s’y met…
[youtube http://www.youtube.com/watch?v=Aimjtxwln4E&feature=colike?]
Un magazine australien dénonce les tortures israéliennes infligés aux enfants palestiniens
John Lyons – The Australian
Rudd veut agir concernant les allégations de torture sur des enfants palestiniens
et qui affirment avoir subi de graves sévices.
L’Australie va exprimer ses préoccupations auprès d’Israël concernant son système judiciaire militaire pour mineurs, qui est accusé d’emprisonner et de torturer des enfants aussi jeunes que 12 ans.
Suite à un article paru dans The Weekend Australian Magazine il y a trois semaines, le ministre des Affaires étrangères d’Australie, Mr Kevin Rudd, a donné pour instructions aux diplomates australiens d’aller visiter les tribunaux militaires pour mineurs (en Israël).
Les diplomates ont été invités notamment à faire connaître à Mr Rudd les conditions qu’ils avaient trouvées à la prison militaire d’Ofer, près de Jérusalem.
Selon une déclaration du cabinet de Mr Rudd, celui-ci a également demandé aux fonctionnaires australiens d’organiser des rencontres avec les autorités israéliennes pour leur notifier leurs préoccupations à propos du système en vertu duquel les mineurs palestiniens sont jugés.
Soixante éminents psychologues, universitaires et pédiatres d’Israël ont écrit à leur Premier ministre, Benjamin Netanyahu, lui disant que « la vague d’arrestations et d’enquêtes qui ne tiennent aucun compte de la loi ne sert pas à maintenir l’ordre public et la sécurité ».
The Weekend Australian Magazine donne des exemples de ces allégations :
- un garçon gardé à l’isolement pendant 65 jours ;
- d’autres garçons à l’isolement sous une lumière 24 h sur 24 ;
- un garçon de 7 ans, de Jérusalem, emmené pour interrogatoire où il dit avoir été frappé pendant qu’on l’interrogeait ;
- trois enfants ont subi des décharges d’électricité à l’aide d’appareils portatifs pour les obliger à faire des aveux ;
- de la nourriture pour chiens a été mise sur la tête et près des parties génitales d’un garçon qui avait les yeux bandés et on a fait venir un chien pour qu’il la mange, sous les rires de son interrogateur.
Le magazine signale aussi que, depuis janvier 2007, DCI (Défense de l’enfance/Internationale) a recueilli et traduit en anglais 385 déclarations sous serment de mineurs palestiniens gardés en détention par Israël et qui affirment avoir subi de graves sévices :
- chocs par l’électricité ;
- coups ;
- menaces de viol ;
- mise à nu ;
- isolement,
- menaces d’annuler les permis de travail de leurs familles, et
- le « supplice de la position », qui consiste à placer un enfant sur une chaise, à lui enchaîner les pieds et lui attacher les mains dans le dos, et à le laisser comme cela quelquefois pendant des heures.
Un garçon de 10 ans témoigne : « Un soldat a pointé son fusil sur moi. Le canon du fusil était à quelques centimètres de ma figure. J’étais terrifié au point que je me suis mis à trembler. Il s’est moqué de moi et m’a dit :
Tu trembles ? Dis-moi où est le pistolet avant que je ne te tue ».
Un garçon de 15 ans témoigne d’avoir été attaché à un tuyau métallique et frappé par un soldat, et qu’un interrogateur a mis un appareil contre son corps et lui a envoyé une décharge d’électricité en disant :
Si tu n’avoues pas, je continue à te secouer.
Le garçon affirme que l’interrogateur lui donné un autre choc électrique, au point qu’il ne sentait plus ses bras et ses jambes, qu’il avait mal dans la tête, et qu’il a avoué.
Gerard Horton, avocat australien qui traite de nombreux dossiers dans sa fonction à DCI, dit que l’un des interrogateurs israéliens, à l’œuvre dans la colonie Gush Etzion, est « spécialisé dans les menaces de viol des enfants » pour l’obtention d’aveux.
Une femme est engagée dans le programme de l’YMCA (Young Men’s Christian Association – Association chrétienne des jeunes gens) pour la réhabilitation des enfants qui ont été soumis à la détention israélienne, Fadia Saleh, a révélé au magazine The Australian dans le cadre de son enquête : « La semaine dernière, un garçon m’a décrit comment des chiens se trouvaient dans la jeep de l’armée. Dans ces jeeps, vous avez des sièges de chaque côté et un espace vide au milieu ; les enfants placés là, sur le plancher. Parfois, les soldats marchent sur eux.
« A chaque fois que l’enfant bougeait, l’un des chiens le mordait. Quand il est arrivé au centre d’interrogatoires, il avait l’un de ses bras en sang. Le déplacement avait été court, mais lui avait l’impression qu’il avait duré un an ».
The Weekend Australian Magazine rapporte que, si des missions diplomatiques et parlementaires de nombreux pays ont visité les tribunaux pour enfants, les diplomates australiens n’ont paru manifester aucun intérêt évident pour le tribunal.
Pour Maître Horton de DCI, l’Australie est restée « étonnamment silencieuse » face aux violations alléguées des droits humains des enfants palestiniens.
Il a déclaré au magazine : « Il est décevant que, parmi toutes les missions diplomatiques dans la région, l’Australie a brillé par son silence sur la question des tribunaux militaires ».
L’ambassadrice d’Australie en Israël, Andrea Faulkner, a évoqué les traitements sur les enfants, il y a plus d’un an.
Bien qu’au courant de la question, ni Mme Faulkner ni aucun autre représentant australien n’ont visité les tribunaux.
The Weekend Australien Magazine a eu un accès, rare pour un journal, au tribunal – il a été autorisé à le visiter à trois occasions différentes au cours de l’année dernière, avec les FDI (Forces de défense israéliennes), dans le cadre de cette enquête.
Cette semaine, un fonctionnaire australien a entamé des réunions sur le sujet en préparation de la visite d’un tribunal pour mineurs par des diplomates australiens.
La plupart des enfants traduits devant les tribunaux militaires sont accusés d’avoir jeté des pierres et condamnés à des peines de prison allant de deux semaines à 10 mois.
D’après les FDI, il y a eu au moins 2766 incidents de jets de pierres contre elles ou sur des voitures qui circulaient, cette année.
La police israélienne a parlé d’un accident en septembre dans lequel un homme et son enfant ont été tués par ce qui pourrait avoir été provoqué par une pierre lancée sur leur voiture.
Les autorités en Israël ne veulent pas discuter des cas individuels d’enfants, mais selon le porte-parole des Affaires étrangères, Yigal Palmor, « beaucoup de choses » doivent être améliorées et Israël travaille avec des organisations des droits de l’homme mais les « réformes et améliorations sont lentes ».
Le traitement des enfants palestiniens en Cisjordanie sous l’occupation militaire israélienne contraste avec celui des enfants en Israël :
- en Israël, un enfant ne peut être envoyé en prison avant l’âge de 14 ans, alors que les enfants palestiniens y vont à partir de 12 ans ;
- en Israël, un enfant ne peut être soumis à interrogatoire sans la présence d’un parent ;
- en Israël, un enfant ne peut être interrogé la nuit, alors que la plupart des enfants palestiniens sont enlevés dans leurs maisons et mis en détention entre minuit et 5 h du matin ;
- en Israël, la durée maximum de détention sans accès à un avocat est de 48 h, alors qu’en Cisjordanie, elle est de… 90 jours.
Ces derniers temps, les tribunaux militaires ont été visités par des délégations de diplomates ou parlementaires du Royaume-Uni, des États-Unis, de l’Union européenne, des Pays-Bas, de France, d’Espagne, de Belgique, d’Allemagne, d’Irlande, de Norvège, de Chypre et des Nations-Unies.
Maître Horton affirme que dans la plupart des cas, DCI exige des déclarations sous serment avant de prendre le dossier en charge.
Il a indiqué au magazine quel était le traitement courant pour beaucoup des enfants : « Une fois attaché et les yeux bandés, l’enfant est conduit à un véhicule militaire qui attend, et dans un tiers des cas, il sera jeté sur le plancher métallique pendant son transfert dans un centre d’interrogatoires.
« Parfois, les enfants sont maintenus le visage plaqué sur le plancher par des soldats qui mettent leurs bottes sur sa nuque, et les enfants sont menottés, parfois avec des menottes en plastique qui leur coupent les poignets. Beaucoup d’enfants arrivent aux centres d’interrogatoires contusionnés et meurtris, manquant de sommeils et apeurés. »
Maître Horton affirme que tout l’intérêt (pour Israël) d’un tel traitement est d’amener les enfants à faire des aveux, aussi vite que possible.
Dans un cas, bien que l’enfant eût insisté en disant que l’aveu qu’il avait signé était faux, qu’il l’avait signé seulement sous la pression, malgré cela, cet aveu a été utilisé pour le condamner.
Une porte-parole de Mr Rudd fait savoir que, lors de la dernière comparution d’Israël devant le Groupe de travail sur l’Examen périodique universel, l’Australie avait interrogé Israël sur les sévices rapportés par des détenus.
Elle indique que le gouvernement (australien) est contre la détention des mineurs.
« L’opinion du gouvernement australien depuis longtemps est que tout enfant, indépendamment de son ethnie, de sa religion, de son sexe et de quelque différence que ce soit, doit bénéficier des mêmes protections légales et des droits humains » dit-elle.
Sur les tortures infligées par Israël, voir notamment :
L’utilisation de la torture par Israël – Al-Haq – REP – n°44 Été 1992
Des médecins israéliens sont complices des tortures infligées aux prisonniers palestiniens – Ma’an News
Situation des enfants palestiniens détenus dans le système judiciaire militaire israélien – DCI-Palestine – Comité pour une paix juste au Proche-Orient – Luxembourg
Ihsan Dababisa raconte les tortures et les humiliations subies – Ma’an News
Les Autorités israéliennes ont torturé 70 détenus palestiniens jusqu’à la mort depuis 1967 – Association Wa’ed – Ma’an News
La psychopathologie suite à emprisonnements et tortures – Samah Jabr
Les enfants palestiniens sont maltraités et torturés dans les prisons israéliennes – Saed Bannoura – DCI
Rapport sur la torture à l’encontre des prisonniers palestiniens en Israël – B’Tselem & HaMoked
Témoignages sur les méthodes de tortures sauvages dans les prisons israéliennes – CPI
Tortures et mauvais traitements infligés aux prisonniers palestiniens – Michel Bôle-Richard – Le Monde
Le triste sort des prisonniers palestiniens – Alternatives International
17 décembre 2011 – The Australian – texte accessible aux seuls abonnés – traduction : JPP
Bref, j’ai passé deux mois en Syrie
anniebannie : c’est exactement comme ça et moi je n’étais même pas journaliste
Max Mustang
Mis en ligne le 17/12/2011
Fin août 2011. J’entre en Syrie avec un visa d’étudiant, aimablement délivré par l’ambassade de Syrie à Bruxelles. « Bon voyage en Syrie », m’avait souhaité l’employé avec un demi-sourire. Malgré l’interdiction faite aux journalistes étrangers d’entrer sur le territoire, ils étaient nombreux à correspondre depuis Damas « undercover« , rivalisant d’excuses loufoques pour justifier leur présence. Sur place, pourtant, personne n’était dupe. Du concierge de l’immeuble à l’épicier du coin, tout le monde pouvait potentiellement être un informateur des services secrets et faire rapport sur nos allers et venues. Très vite, la méfiance s’est imposée comme une règle de vie, et toute amitié sincère fut rendue à peu près illusoire.
Il fallait tout dissimuler, toujours, tout le temps. Jongler entre deux ou trois pseudonymes, avoir tout en double : boîtes mail, comptes Facebook et Skype, numéros de téléphone. Détruire ses carnets de notes, vider son disque dur. Tenir pour un informateur des services secrets celui qui la veille encore était votre contact privilégié. Ne plus répondre au téléphone à l’un, ne plus en appeler un autre. Changer d’appartement toutes les trois semaines. Fuir un colocataire « mouillé », risquer d’en mouiller d’autres en emménageant avec eux. Etre accusé d’être un salaud en leur dissimulant vos vraies activités, penser que ces salauds vous dénonceraient si vous leur disiez la vérité. Etre accusé de mettre vos contacts en danger en les pressant de témoigner, être critiqué pour être trop prudent.
Voilà à quoi ressemblait notre vie de journalistes « embarqués » en Syrie. Au début, vous faites face. Après un temps, vous vous engluez. Le risque est de se laisser endormir totalement. Relâchez votre attention pour une soirée ou pour une phrase : trop tard, vous êtes pris. — « Ce soir-là, vous étiez en compagnie de X à tel endroit, et vous lui avez dit ceci à propos de la Syrie. » — « Non, je n’ai jamais rencontré cette personne. » — « C’est étrange, parce que nous avons ici un enregistrement de votre conversation. » Histoire vécue par un confrère arrêté début novembre, qui n’aurait pas imaginé que les services de renseignements puissent avoir dressé un inventaire aussi complet de tous ses déplacements, rencontres et coups de fils au cours des deux derniers mois. Qui n’aurait pas imaginé non plus que derrière ses sourires affables, le propriétaire de son appartement avait donné son signalement aux hommes du renseignement.
En Syrie, vous ne pouvez jamais savoir pour qui roule votre voisin : pour un camp, pour l’autre, éventuellement pour les deux. Vous ne pouvez jamais savoir si vous êtes surveillé, mais vous devez toujours supposer que vous l’êtes. De toute façon, vous avez entendu assez d’histoires sur la cruauté qui règne dans les prisons syriennes pour éviter à tout prix de vous y retrouver un jour, bien qu’en règle générale les « étrangers » y soient mieux traités.
Au bout du compte, vous adoptez la même attitude que celle que vous aviez décriée chez les autres : vous vous emmurez dans l’immobilisme, vous vous réfugiez dans le silence, et si on vous demande ce que vous pensez de Bachar al-Assad, vous vous risquez tout juste à dire que c’est « un-type-bien-mais-mal-entouré ».
Au final, je me suis résigné à plier bagages et à fuir au Liban avant d’être arrêté – la fuite est un privilège réservé aux étrangers ; c’est pour les Syriens un rêve auquel beaucoup ont cessé de croire. Mais une fois dissipé le soulagement de la libération, vous réalisez que la paranoïa dans laquelle vous aviez vécu en Syrie continue à vous habiter.
En marchant dans les rues de Beyrouth, vous vous surprenez encore à vous retourner lorsque vous entendez l’accent de Damas et à soupçonner l’inoffensif passant d’être un agent syrien. Vous retrouvez dans un café des journalistes croisés en Syrie, et vous parlez spontanément un ton plus bas lorsque vous prononcez le mot « Assad », en jetant des coups d’œil furtifs par-dessus votre épaule.
S’il me fallait retenir une seule chose de ce que j’ai vécu en Syrie, je dirais ceci : la pérennité du régime syrien tient très certainement aujourd’hui à l’usage immodéré qu’il fait de la violence pour se maintenir en place. Toutefois, sur la distance, elle tient plus fondamentalement encore à ce carcan psychologique qu’il est parvenu à imposer à tous les Syriens, qui les maintient dans une peur constante et qui les réduit durablement au silence.
Ce constat rend encore plus extraordinaire le courage de ces Syriennes et Syriens qui sont précisément parvenus à briser les barreaux de cette prison mentale dans laquelle ils ont été enferrés durant des décennies. Pleuvent les balles, ils n’ont plus peur. Résonne dans les rues le mot « liberté », ils ont mis fin au silence. Au cours des deux mois que je viens de passer à leurs côtés, nombreux ont été ceux à m’avoir ainsi confié cette réflexion étonnante : « Le régime peut bien continuer ses exactions. Pour nous, il est déjà tombé. »
Moncef Marzouki : « L’esprit colonial, c’est terminé »

dimanche 18 décembre 2011, par La Rédaction
Les Français, « prisonniers d’une doxa au sujet de l’islam », sont « souvent ceux qui comprennent le moins le monde arabe », déplore, dimanche, le nouveau président tunisien, Moncef Marzouki, pour qui les craintes des Occidentaux à l’égard des islamistes d’Ennahda sont « absurdes ». « J’ai très peu apprécié des considérations culturalistes, pour ne pas dire racistes, formulées à Paris par certains, dont l’ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine qui se demande si l’Occident doit exporter sa démocratie. Comme si la démocratie était propre aux pays occidentaux », fustige Moncef Marzouki dans un entretien au Journal du dimanche. « L’esprit colonial, c’est terminé. La révolution de janvier 2011 nous a donné la démocratie, la République et finalement l’indépendance », ajoute-t-il.
L’ancien opposant de gauche et défenseur des droits de l’homme, longtemps exilé en France, estime : « Les craintes à l’égard d’Ennahda sont absurdes. Notre société recèle une partie conservatrice et une autre moderne. L’expression politique du conservatisme, c’est l’islamisme. Vous avez des partis démocrates-chrétiens en Europe, nous avons un parti démocrate islamiste. » Moncef Marzouki défend « le bon contrat de gouvernement » conclu avec les islamistes, qui, « pour la première fois, acceptent la démocratie et les droits de l’homme ».
« J’ai aidé à rapprocher les islamistes de la démocratie et des droits de l’homme ; eux m’ont influencé en me persuadant que vous ne pouvez pas réformer ce pays sans prendre en considération la religion et l’histoire », assure-t-il. Moncef Marzouki a nommé officiellement mercredi l’islamiste Hamadi Jebali, numéro deux du parti Ennahda, au poste de chef de gouvernement.





